Le rideau se lève sur le futur du Châtelet

Par Jean Michel Pennetier | sam 01 Avril 2017 | Imprimer

Actuellement fermé pour de lourds travaux de réaménagement, le Théâtre du Châtelet ne rouvrira pas avant le second semestre 2019. La date a son importance puisqu’elle coïncide avec la terminaison du Plan Climat Energie en 2020. Pour Célia Blauel, adjointe à la Maire de Paris, chargée de l’environnement, du développement durable, de l’eau, de la politique des canaux et du plan climat énergie territorial, « l’aménagement du Théâtre du Châtelet est le porte-drapeau des objectifs ambitieux portés par Anne Hidalgo en matière de développement durable ». « Les eaux usées seront récupérées pour chauffer le bâtiment. Les lavabos seront alimentés à l’eau de pluie », explique Philippe Pumain, l’architecte en charge des travaux. Ouvert toute la journée, le théâtre accueillera un magasin sous l’enseigne Altermundi, qui vendra des souvenirs touristiques équitables et durables, notamment des répliques éphémères des monuments de Paris, sculptées dans les glaces de l’Himalaya par des artisans tibétains exilés. Les deux établissements attenants à rez-de-chaussée (les cafés, Le Zimmer et Bords de Seine) laisseront place respectivement à un restaurant de produits locaux (géré par la chaîne ProxiMiam : champignons de Paris, jambon de Paris, space-cakes) et par un café éco-solidaire dont la gestion sera confiée à une coopérative locale d’alternatifs altermondialistes. Des aménagements actuels, seules les célèbres « toilettes à la turque » du « Bords de Seine » seront conservées, témoignage du passé « auvergnat » du vieux Paris, et clin d'oeil à Mozart. Le dimanche, les jours de pluie, la scène du Châtelet sera réservée à la pétanque . Le premier adjoint, Bruno Julliard a décidé de donner suite aux doléances des collectifs  « No pasaran » et  « Plus jamais sa » :  la plaque en hommage à Luis Mariano sera déposée, et la terrasse Nijinski, rebaptisée « Belvédère COP 21 ». Le délégué à la Culture explique : « Aujourd'hui, on ne peut plus faire semblant d'ignorer le passé trouble du chanteur durant l’Occupation et la Guerre d’Espagne. Nijinski, quant à lui, est surtout une figure emblématique du danseur mâle russe blanc ».  Le volet artistique n’est pas oublié et la nouvelle directrice artistique, Ruth Mackenzie, travaille déjà d’arrache-pied à définir une programmation au diapason des ambitions de la Mairie, dans laquelle le lyrique ne sera pas oublié. En début de saison, Jean-Christophe Spinosi dirigera ainsi L’Eclair de Fromental Halévy (1835), grâce au sponsoring de Tesla. Le diapason baroque, moins énergivore, sera de rigueur. Les trois rôles de l'ouvrage seront symboliquement interprétés par une distribution blanc, black, beur et les entractes seront l'occasion d'échanges participatifs sur le thème du changement climatique. 

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