L’Opéra de Bordeaux dans une zone de turbulences

Par Christophe Rizoud | ven 10 Février 2017 | Imprimer

Rien ne va plus à l’Opéra de Bordeaux dont la direction vient d’annoncer sa décision de suspendre le directeur de la danse, Charles Jude. « L'Opéra tire, aujourd'hui, les conclusions de la posture globale de refus de collaborer, voire de dénigrement adoptée depuis plusieurs mois par le Directeur du Ballet » explique dans un communiqué Laurence Dessertine, Présidente de la Régie personnalisée (voir ci-dessous). Cette décision intervient dans un contexte tendu. La Snam-CGT annonçait lundi dernier qu’elle allait saisir la justice administrative pour dénoncer la précarisation des contrats des danseurs, sept des 14 postes menacés de suppression n’ayant été reconduits que pour un an. Le label « Opéra national » prévoit un effectif théorique de 39 danseurs alors que l’Opéra de Bordeaux n’en compte aujourd’hui que 32 et que ce label doit être renégocié d’ici fin 2017.

On craint surtout que ces turbulences ne finissent par déstabiliser une institution dont la nomination de Marc Minkowski à sa tête aurait dû représenter un nouveau départ. Si pour le moment, le nom du directeur, récemment décoré de la Médaille d'or Mozart – la plus haute distinction de la Fondation Internationale Mozarteum –, n’apparaît pas dans les discussions, plusieurs sources, dont le webzine rue89bordeaux.com, font état de certaines grognes relatives à ses émoluments et à l’organisation induite par ses fonctions de chef d’orchestre. « On n’a jamais autant parlé de l’Opéra depuis que Marc Minkowski est là » rassure l’Administrateur général de l’Opéra, Olivier Lombardie tandis qu’Alain Juppé, toujours d’après rue89bordeaux.com, continue d’affirmer sa confiance en le fondateur des Musiciens du Louvre « pour concevoir le nouveau projet de l’Opéra, face à des "conservatismes aux aguets" ». En attendant le réglement définitif de la situation, le Maître de Ballet, Eric Quilleré, a été chargé d'assurer temporairement la direction artistique du ballet.