Ne vous fiez pas au teint bronzé d’Aleksandrs Antonenko sur l’affiche annonçant la nouvelle production d’Otello de Verdi qui ouvrira le mois prochain la saison 2015-1016 du Metropolitan Opera. Afin d’éviter toute polémique, Peter Gelb, le directeur général de l’institution lyrique newyorkaise, a annoncé mardi dernier que, pour la première fois depuis 1891, le ténor dans cet opéra n’aurait pas le visage passé au cirage : « Nous sommes récemment arrivés à la conclusion qu’il serait logique de ne pas employer de maquillage [foncé] dans cette production. Je réalise que la question est sensible. […] En ce qui concerne la photo de l’affiche, qui avait été prise indépendamment de la production et plusieurs mois à l’avance, l’apparence sombre du visage a été surtout obtenue grâce à l’éclairage. Elle était censée être très lunatique et atmosphérique. Il n’était pas question de lancer une controverse ou de coller à la réalité du spectacle… S’il s’agit d’un faux pas marketing, le plus important reste la production elle-même. ». La décision si elle est symbolique n’a rien d’original. Plusieurs mises en scène ailleurs dans le monde prennent depuis plusieurs années le parti de ne pas noircir le visage d’Otello. A tort ou à raison ? Il ne faudrait pas que le souci du « politiquement correct » prenne systématiquement le pas sur les impératifs dramatiques d’un ouvrage dont le racisme peut être légitimement considéré comme un des enjeux.
Otello blanchi au Met, à tort ou à raison ?
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Brève
5 août 2015
Otello blanchi au Met, à tort ou à raison ?
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