Un écrin de luxe pour le Ring berlinois de Marek Janowski

Par Julien Marion | mar 10 Janvier 2017 | Imprimer

On avait relaté, dans ces colonnes, la contribution de Marek Janowski au bicentenaire de la naissance de Richard Wagner. Sous les auspices de son label Pentatone, le chef avait entrepris d'enregistrer, avec les forces de l'Orchestre symphonique de la Radio de Berlin, les dix oeuvres majeures du Maître (celles que l'on joue à Bayreuth), en les dirigeant à la Philharmonie de Berlin, en version de concert, de novembre 2010 à mars 2013. Les distributions réunies étaient, à quelques faiblesses près, d'un très bon niveau, qui n'avait rien à envier à celui des grandes scènes lyriques du circuit. Pari fou, insensé, avions-nous écrit à l'époque, tant les discographies respectives sont encombrées, et que la légende y est étalon. Mais le pari fut tenu : Janowski est ainsi parvenu à honorer Wagner en livrant une somme qui frappe par sa cohérence rafraîchissante. Point de liturgie ou de cérémonial compassé ici, mais au contraire une direction nerveuse, fluide, dégraissée, souple et ductile. On en reprendrait volontiers ! C'est du reste, semble t-il, également l'avis de la direction du Festival de Bayreuth, qui a invité Marek Janowski à y diriger le Ring, l'an dernier et cette année.

De cette somme, Pentatone réédite précisément le Ring, sous la forme d'un imposant coffret de 30x30 cm, à la présentation soignée. Le volumineux livret contient plusieurs articles dignes d'intérêt (sur la vie et l'oeuvre de Wagner), les distributions et les livrets, à chaque fois en allemand et en anglais. On renverra aux articles publiés à l'époque pour des analyses plus détaillées de l'Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Crépuscule des dieux. On se contentera d'observer qu'avec le recul, la cohérence du parti pris musical et dramatique de cette entreprise apparaît encore plus nettement. Valorisé par un contenant d'aussi belle facture, ce Ring ne déparera pas dans la discothèque du wagnérien averti.