Personne ne le sait, mais les finances publiques, c’est mon dada. Je lis les PLF ave délectation depuis mon plus jeune âge. Les rectificatifs font ma joie. Je fais tout pour me procurer avant tout le monde les procès-verbaux de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale. J’ai même demandé un autographe à son président, monsieur Gilles Carrez. Il trône dans une vitrine aux côtés d’une photo de Didier Migaud. Diantre, j’aurais adoré être un membre distingué de la Cour des Comptes. |
Mais pour cela, il fallait faire l’ENA, et je n’aurais jamais été reçu : la version grecque ne fait pas partie des épreuves d’entrée. Toujours est-il que j’ai un plan pour redresser les finances publiques de notre pays. C’est simple : il faut enfin s’attaquer sérieusement au circuit lyrique. Et d’abord, à Paris. Les Parisiens aiment la musique, c’est indéniable. Les salles sont pleines. C’est réjouissant. On décida donc jadis de créer une nouvelle salle en périphérie de Paris afin |
d’accueillir le trop-plein d’impétrants. En fait d’absorption des surplus, on finit par adopter la technique des vases communicants, fermant Pleyel au classique pour le déménager à la Villette. C’est déjà un franc recul doctrinal. Mais le vrai sujet, c’est que cette salle périphérique coûte de plus en plus cher. C’est, à tous les sens du terme, un gouffre. Or, on le sait, sa justification économique n’était déjà pas claire. On a répondu à une question en creusant un |
trou : d’abord dans le sol, puis dans les caisses. Personnellement, j’aime bien la Villette. Je trouve excellente l’idée d’implanter dans cette zone un peu patibulaire un phare de la culture parisienne. C’est ainsi qu’on civilise les franges. Et puis, pour moi, ce lieu correspond à un souvenir très précis. Lors de l’inauguration de la Cité de la Musique, il y eut un cocktail où je fus. Des fruits confits et autres mangeailles raffinées étaient plantées dans des murs épais. Il fallait les arracher |