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Monsieur le rédacteur
en chef,
Je
lis régulièrement votre revue et je
l’apprécie énormément. Enfin…
régulièrement si l’on peut dire, car le rythme de
mise à jour me semble soumis à des aléas vraiment
arbitraires et parfois ma curiosité est déçue
pendant de trop longs jours, alors que d’autres fois une
avalanche de nouveautés me donne le vertige. Je ne comprends
pas. Ce n’est quand même pas si difficile. Il suffit
d’échelonner la production de vos critiques. Ce ne devrait
pas exiger tellement d’efforts. Mais non, rien à faire,
c’est le Grand huit ! C’est l’Accordéon
magique ! C’est n’importe quoi ! Aucune
régularité, aucun suivi, aucun respect du lecteur
quotidien qui réclame sa petite dose d’information !
toujours entre famine et déluge ! C’est se foutre du
monde, je vous le dis. Si vous avez besoin de stabilisateurs
d’humeur, allez vous faire soigner dans une bonne pharmacie, mais
cette cyclothymie est consternante même alarmante. Vous
êtes, je pense, complètement malade, c’est
pathétique.
Sylvie Brouillet
Giens
Chère lectrice,
Votre lettre me comble
d’aise. Enfin quelqu’un qui fait un peu attention à la vie la plus intime
de Forum Opéra, à la pulsation secrète de ses hormones en folie.
Vous, on ne vous la fait pas. On repère tout de suite l’experte. Celle qui
sait faire la cartographie précise des moindres soubresauts d’un site
dynamique et entreprenant, soumis aux surprises de la vie quotidienne.
J’aimerais beaucoup avoir de nombreux lecteurs et lectrices comme vous,
pleins de petits soins et de compassion. Simplement, vous me permettrez de
me les souhaiter un peu moins aigres et un peu moins agressifs. Il me
semble que vous confondez le souci pédagogique et la thérapie de choc. Si
vous mettez des électrodes à vos enfants lorsqu’ils ont renversé leur
soupe sur la nappe, ça doit sentir le roussi chez vous. Des frappadingues
qui donnent des leçons à la terre entière, j’en ai connu, mais des
dangereuses comme vous, c’est rare. Ma grande, l’internement n’est pas
loin. Le stade ultime de la schizophrénie pointe son nez bigarré derrière
les rideaux sales et déchirés de votre inconscient scrofuleux. Mon
conseil : renseignez-vous bien avant de choisir l’asile qui aura la bonté
d’accueillir vos déportements sauvages, toutes les cellules de
cantonnement n’ont pas l’ADSL pour recevoir Forum Opéra.
Sylvain
Monsieur,
Je vous ai déjà écrit
il y a quelques temps et vous ne m’avez pas répondu. Vous répondez
pourtant à des déments qui vous insultent. Ma lettre qui vous demandait
simplement où me fournir des disques d’opéra vous aurait-elle paru trop
gentille ? Désolé, on ne peut pas tous être des experts comme Môôôôssieu
Di Rèjke ou Môôôssieu Chrouders !
Antoine Seligmann
Paris
Cher lecteur,
Je
suis véritablement désolé. Votre courrier a
dû me parvenir dans une de ces périodes hélas trop
fréquentes où mon statut de protagoniste de la presse
musicale internationale m’envoie aux quatre coins du monde porter
mon expertise. Je reviens justement du Japon où j’ai
révélé à l’Empereur – un homme
simple et accessible – les secrets du bel canto au XVIIIe
siècle à Naples. Je crois pouvoir dire qu’il a bu
mes paroles avec beaucoup d’affabilité. Je lui parlais
tantôt en français, tantôt en italien, tantôt
en allemand, tantôt en russe – je réserve mon
japonais aux dîners en ville – et il suivait avec une
assiduité fascinée qui ne m’a pas déplu. Le
soir, il a pris l’incognito pour m’accompagner à
l’Opéra, très fameux à Tokyo.
Je pensais assister à un concert lyrique, il s’agit tout simplement d’une
maison d’aisance passablement lépreuse dans un des bas-fonds de la
capitale, où l’on attrape toutes sortes de maladies honteuses sans payer
trop cher. Mais je m’égare. Pour répondre à votre question, je crois me
souvenir que je n’ai plus acheté de disques depuis 1977. Mais je suis
certain que cela se trouve chez Leroy Merlin ou Monsieur Bricolage.
Bien cordialement,
SF
Monsieur Forum Opéra,
Je suis un
collectionneur assez connu sur la place de Paris. J’ai mes réseaux à
Londres, Berlin, Munich, Milan. Je suis ce qu’il est convenu d’appeler un
« érudit de la chose enregistré ». Aussi suis-je un peu surpris de voir
que votre site ne traite que très rarement des « vieilles cires ».
Toujours les dernières nouveautés, jamais les rééditions. C’est une grave
lacune que je vous encourage amicalement à combler.
Bien à vous,
Charles S***
Neuilly-sur-Seine
Cher Charles,
Je vous donne entièrement
raison. Moi-même, j’aime beaucoup les vieilles cires. Je m’en sers assez
régulièrement pour caler l’armoire bretonne léguée par mon oncle René.
Hélas, ces objets sont de faible résistance. La semaine dernière encore,
j’ai entendu un grand « crac » dans la nuit : le croirez-vous ? toute la
collection originale des 78 tours de Mitropoulos venait de céder sous le
poids d’une jolie console en fer forgé. Je ne saurais recommander à nos
lecteurs de si médiocres investissements, vous comprenez ?
Bien à vous aussi,
Sylvain
Monsieur,
Sur votre site certes
divertissant, il est de très bon ton de critiquer vertement les « fausses
valeurs ». Le positionnement réactionnaire de Forum Opéra est une
chose maintenant bien connue. Il ne m’étonne guère de voir ce site
recommandé par l’Association des Choristes de Saint-Dimanche (Ile-et-Vilaine)
à laquelle appartient ma belle-mère (elle est vilaine). C’est elle qui m’a
fait découvrir ce site, d’ailleurs. La vieille bique se pique de GRANDE
musique. Moi, tout ça me fait plutôt penser aux éructations d’un collectif
de bouchers-charcutiers en colère. Je ne vous cache pas que je ne connais
rien à l’opéra. Mais pas besoin de ça pour sentir la teneur politiquement
nauséeuse de votre site vaguement sarkozyste. Pourquoi je vous écris ? Eh
bien, pour faire entendre une voix différente dans le choeur des
béni-oui-oui de droite qui s’agenouillent devant vos prises de position
crypto-vychistes. Inutile de vous dire que j’interviendrai personnellement
pour liquider votre site dès que nous serons au pouvoir, bande de
social-traîtres.
Salutations,
Yann Legras
Bayonne
Monsieur,
Je viens de déposer votre
lettre au comité de défense des bouchers-charcutiers, syndicat très
puissant dans la filière agro-alimentaire qui fait encore l’honneur de
notre bon vieux pays d’agriculture et de terroir. Ils entendent, me
disent-ils, lui donner les suites qui s’imposent, la diffamation étant
constituée de toute évidence. L’avocat du CDBC est un homme exemplaire et
scrupuleux. Je n’en dirais autant du gros Gérard : après la lecture de
votre lettre, le brave homme, père de famille admirable comme notre pays
s’enorgueillit encore d’en compter au sein de la chienlit ambiante, s’est
emparé de son plus beau hachoir à côtes et a hurlé « je vais en faire des
steaks ». Il court, à l’heure où je vous écris, dans les rues de Bayonne,
bien décidé à vous inscrire au palmarès de ses plus beaux jambons. Désolé.
Sylvain
Cher ami,
Issu d’une banque
d’investissement américano-allemande où je viens de passer douze ans de ma
carrière et de ma vie, j’ai décidé de me retirer suite à la perception de
mon dernier « bonus » - une somme rondelette qui me met à l’abri, ainsi
que mes enfants, pour le reste de mes jours. Je compte maintenant investir
dans ma passion : l’opéra. Par exemple en créant une troupe de chanteurs
que je ferais tourner dans toute la France pour donner des spectacles que
je mettrais en scène. Pourriez-vous m’indiquer des agents pouvant me
fournir les artistes adéquats ? Je vous en remercie par avance.
Serge Tittolo
Londres
Cher Monsieur,
Savez-vous comment
s’appelle ce que vous me demandez de faire pour vous ? Du proxénétisme. Je
vous vois venir. On en a connu des comme vous. Ils arrivent l’air de rien,
la gueule enfarinée, avec leurs grosses bagues et leurs dollars qui
dépassent de la poche. Ils font mine de s’intéresser. Ils posent des
questions d’un air dégagé. Ils sifflotent, comme ça, tranquilles. Vous
recrutent des intermédiaires qui les mèneront… à qui ? Mais oui ! Aux
petites danseuses et aux gentilles sopranos ! Toujours le même coup ! On
leur promet Turandot, et elle se retrouvent au « Turandot », la
plaque tournante de la traite des blanches à Bangkok ! Je me suis laissé
avoir, je l’avoue, plusieurs fois. Mon agence a servi involontairement les
intérêts de bandes organisées. Ma meilleure mezzo s’est retrouvée à faire
la plonge dans un bouge immonde de la banlieue pauvre d’Irkoutsk. J’ai été
mis en accusation. Mon procès a piétiné mon honneur. J’ai payé ma dette.
Très cher. Trop cher. Et maintenant, je suis en colère. J’ai la haine. Je
veux retrouver ma réputation bafouée. Je crie vengeance ! Je vous écris de
Irkoustsk. Je l’ai retrouvée, ma petite mezzo. Salement amochée. Je les ai
tous nettoyés. Ca sent le sang au Rebroff’s Boyband Bar. Je leur ai
joué un air qui ne faisait pas partie de leur répertoire. Requiem pour un
russkof, ça s’appelle. Crois-moi, ça leur est resté en travers de la
gorge. C’est plus eux qui vous nous chanter Sibérie mon amour ou
Carmencita reviens ! C’est pas de si tôt qu’ils rejoueront du
Tchaïkovski à la balalaïka ! Allez viens, Suzanne, on rentre chez nous,
faut tout oublier, tout, tout… tout.
SF
Cher Monsieur Fort
Depuis que j'ai troqué la fréquentation de
salles obscures très spécialisées pour celles également obscures mais plus
propres de l'opéra, ma vie a pris un tour nouveau. La contemplation avide
de ces glottes féminines largement ouvertes, offertes à tous les regards,
et de ces luettes vibrionnantes frémissant au moindre son, me transporte
dans des états proches de l'élévation tantrique. Cette découverte
revigorante a bouleversé mon existence et relégué dans le passé des
décennies de veillées conjuguales lugubres en compagnie de Marie-Gilberte,
ma consorte. Depuis que j'assiste aux spectacles des opéras de Paris, j'ai
pu résilier mes coûteux abonnements à diverses publications spécialisées
scandinaves pour me repaître sans crainte d'opprobre de la luxure et de la
débauche qu'on nous y donne à voir sans retenue.
Ah ! Tout cela me rappelle mes jeunes années
passées sous les ordres du général Massu, lorsque nous allions trousser la
fille de ferme pour nous revigorer entre deux interrogatoires.
Lisant depuis peu la revue Diapason,
je n'ai pu m'empêcher de remarquer vos contributions imprimées en
italiques et souvent conclues d'un point d'interrogation. La pertinence de
vos propos me laisse croire que vous êtes bien introduit dans le milieu
lyrique, ce que m'a confirmé une visite sur le site de Forum Opéra.
D'où ma requête qui est l'objet de la présente missive. Je me demandais si
vous pourriez me mettre en rapport avec une de ces créatures de peu de
vertu qui pullulent sur scène. Je pourrais, par exemple, l'inviter dans ma
garçonnière parisienne sous prétexte de lui faire admirer ma collection de
photos prises durant la bataille d'Alger. Une personne de votre qualité et
de votre influence ne saurait certainement pas me refuser une telle
faveur. En gage de ma bonne foi, je vais vous livrer une information
explosive que je tiens de mes contacts haut placés: l'équipe
rédactionnelle de Forum Opéra a, semble-t-il, été infiltrée par un
clan aux moeurs fort douteuses.
J'attends votre réponse avec impatience.
Meilleures salutations,
Lucien Bricard (Quimper)
Cher ami,
Vous avez vu juste : je
suis bien introduit dans le milieu lyrique. Je comprends que vous rêvez de
jouir de cette position surplombante qui est la mienne, pour en tirer des
bénéfices concrets et tangibles, je dirais même : tripotables. Eh bien, ne
croyez pas que je vous tendrai la main. Savez-vous ce qu’il m’en a coûté
pour me hisser où je suis ? Imaginez-vous les sacrifices personnels
auxquels j’ai consenti ? Pas plus que je ne saurais prétendre demain
devenir colonel des parachutistes comme vous (remarquez, je suis déjà
amiral de réserve dans la Royale), vous ne sauriez prétendre gravir d’un
coup d’un seul – et grâce à mon aide ! – les échelons nombreux qui vous
séparent des aériennes régions où je me meus. Oui, je le dis sans honte,
les créatures qui alimentent vos songes les plus fous et les plus moites
sont toutes miennes. Un geste de la paupière gauche et les voici qui
accourent. Et alors ? Je ne l’ai pas volé, que je sache ! Lorsque j’entre
dans une loge de diva, tous les admirateurs sortent et me laissent avec
l’artiste vêtue en tout et pour tout d’un léger déshabillé de soie rose et
vaporeuse pour un entretien particulier caractérisé par une série inédite
de contre-uts tonitruants. Qu’y a-t-il de mal ? Pendant des années, j’ai
écrit des chroniques ingrates, alimenté les news lyriques les plus infimes
des journaux les plus obscurs, j’ai interviewé des barytons en retraite,
j’ai servi la soupe à des ténors tétraplégiques, j’ai couvert de roses des
divas nonagénaires et aveugles, j’ai écouté l’intégrale des
enregistrements de France Clidat pour le compte d’un magazine
luxembourgeois, j’ai trouvé du talent à José Marti et exalté la beauté de
Montserrat Caballé, j’ai fait des voyages de presse en Lituanie
inférieure, essayé la chaîne hi-fi de la dernière Peugeot deux portes,
couvert le festival de Saint-Chougnac (Isère), porté la valise de Camille
de Rijck – garnie de charcuteries et de lingots d’or – dans tous les
aéroports d’Europe de l’Est, j’ai écrit sur les opéras de Zandonai pour le
programme de l’Opéra de Novossibirsk… Jusqu’au jour de la consécration,
tant attendue, si méritée : Camille de Rijck, me croyant atteint d’une
forme précoce de neuropathologie (je bavais beaucoup, j’étais blême),
m’offrit d’être rédacteur en chef de Forum Opéra. Grande était sa
pitié, immense son erreur. Vite rétabli, je me hâtais de m’entourer de
collaborateurs sans scrupules prêts à faire régner autour de moi la peur
et l’envie, mais aussi à œuvrer à ma plus grande gloire. Aujourd’hui, je
suis le Maître. Ce n’est que justice. Pourtant, je suis clément et
compatissant. Par solidarité entre soldats, je consens à vous engager dans
nos équipes. Vous y commencerez avec un petit métier, comme le courrier ou
l’astiquage quotidien de mes Berluti. Ainsi, nous pourrons enfin remplacer
Camille, qui fatigue un peu, le pauvre vieux.
Je vous attends, caporal.
Sylvain
Cher
Monsieur Fort,
J’apprends de source sûre que l’Opéra
de Bordeaux prépare en ce moment même un opéra dédié à la mémoire de
Georges Marchais intitulé « Encore un p’tit coup d’rouge ? » dont le
librettiste serait Florian Zeller et le compositeur nul autre que Thierry
Escaich ! En sauriez vous un peu plus long sur cette entreprise qui me
semble un peu saugrenue quoi que résolument sympathique de la part d’une
maison d’opéra dont le directeur possède un portrait des époux Chirac sur
son bureau ?
Jean-Hubert de Lacretelle –
Paris 16
Cher Jean-Hubert,
Je
reconnais bien là ton esprit farceur. Si tu crois que je ne
t’ai pas immédiatement repéré malgré
ce nom grotesque de « De Lacretelle » dont tu
t’affubles, tu te trompes. L’humour d’un camarade,
c’est comme sa voix, c’est comme son regard :
ça ne s’oublie pas facilement. Nous n’avons pas
ensemble passé pour rien des nuits blanches au QG de campagne de
Robert Hue, à picoler du litron avec André Lajoinie. Ah
la la ! Qu’est-ce que tu leur mettais aux fachos, aux
réacs, aux bourgeois et aux rupins ! C’était
un plaisir de te voir tanner la figure poupine des semi-puceaux de
l’avenue Georges Mandel ! Je me souviendrai toujours de
cette bonne farce, quand tu avais obligé une scoute
intégriste à défiler nue rue de la Pompe
vêtue en tout et pour tout d’une écharpe à
l’effigie de Kroutchev et Georges Marchais ! La pauvre, je
crois que c’est après cet épisode qu’elle
s’est mariée à un ingénieur agronome
lepéniste et naturiste. La lutte des classes emprunte parfois
des voies bizarres. Moi, vois-tu, j’ai un peu changé. Je
n’exagérerais pas en disant qu’Alain Juppé me
semble singulièrement modéré et que Nicolas
Sarkozy m’apparaît parfois comme un apôtre du
tiers-mondisme. Ainsi va la vie. Et toi ? Toujours
lieutenant-colonel dans les paratroops zimbawéienne ?
Cher Sylvain,
Je tenais à donner suite à votre
édito et à prouver, par cette lettre, que les courriers des lecteurs sont
authentiques. En vous l’écrivant, je me pince, et je vous assure que
j’existe. Une petite rougeur apparaît sur ma peau à l’endroit où je me
suis pincé. Puis-je vous faire suivre les images « webcam » prises pour le
prouver ? (Vous pardonnerez ma nudité qui est vraiment fortuite…)
Clément Peroni – Maubeuge
Cher ami,
Fortuite, fortuite… même quand
il m’arrive, par hasard, de promener ma musculature dénudée à travers les
vastes pièces de ma demeure, j’omets de le faire en tenue de parade
brésilienne : alors que vous… Sont-ce d’authentiques plumes d’autruche ?
Sylvain
Monsieur Fort !
Je suis indignée, vraiment
indignée ! Ah, comme je vous trouvais cruels envers cette petite écervelée
de Marie-Aude Roux qui, certes présente l’étonnant paradoxe d’être
critique musical dans l’un des principaux quotidiens de France et de ne
connaître strictement rien à la musique. Voyez-vous, je suis toujours un
peu secouée quand on s’en prend à une femme. Mais là je suis bien obligée
de rejoindre les forces d’opposition de Forum Opéra et de crier avec la
meute : ces journalistes du Monde sont vraiment de sombres crétins
! Je lis de la plume de Renaud Machart que le sympathique directeur de l’Opéra
National du Rhin, Nicholas Snowman (qui en plus est fort bel homme)
n’aurait pas encore trouvé ses marques dans la maison alsacienne. J’en ai
avalé mes Gesundheitskuchen de travers à tel point qu’il me fallut vider
une pleine bouteille de Gewurztraminer pour retrouver mon souffle.
Nicholas Snowman n’a pas fait que trouver ses marques : il porte cette
maison à bouts de bras et en a fait l’une des toutes premières maisons
d’Europe avec des metteurs en scène comme Christoph Loy et des chanteurs
comme Robert Chafin. Je me suis dit que ce gros couillon de Machart avait
dû à de nombreux spectacles pour tirer une conclusion aussi cruelle… eh
bien, vous savez quoi ? Renseignements pris, il n’est venu qu’une seule
fois ! Donc voilà, monsieur Machart arrive, juge et condamne, hop, c’est
aussi facile que ça. Quelle honte !
Réginette Neveu (78 ans !) –
Epinal
Réginette chérie,
Je vous prie de ne pas mettre à
aussi rude épreuve votre pacemaker. Cela n’en vaut pas la peine.
Laissez-moi vous dire que Monsieur Machart passe aujourd’hui dans le monde
musical pour le plus délicieux des hommes et le plus informé des
critiques. Ce que vous dites me laisse perplexe et même pantois. Car
j’aime Renaud Machart ! Renaud, je t’aime ! Ah, quelle émotion de voir RM
se glisser discrètement parmi les rangs d’orchestre quand baissent les
lumières de la salle. Peu de spectateurs le remarquent, car il a toujours
sauvegardé jalousement son anonymat. Il salue de loin une altesse
luxembourgeoise, un membre de l’Académie des Sciences, un virtuose russe
et, parfois, une jeune mannequin de l’Agence Elite, de celles à qui il
sait depuis toujours faire aimer la musique. Moi, tapi dans l’ombre, je
vois immédiatement sa crinière blonde et les moirures de son costume de
soie vierge. A l’entracte, pendant qu’il répond avec la courtoisie qui lui
est propre aux importuns et aux puissants de ce monde qui se croient
musiciens, je l’observe depuis un coin du foyer, coincé entre un gros
monsieur qui sirote bruyamment son prosecco et un adolescent qui envoie
des SMS cochons, et j’admire sa contenance, son style, ce sourire fin avec
lequel il corrige les approximations pédantes de ses interlocuteurs… ah !
ce sourcil droit qui imperceptiblement se lève lorsqu’une lectrice du
Monde lui propose une conférence en Mer Egée sur son yacht de
trente-sept mètres peuplé de lituaniennes célibataires de moins de vingt
ans ! Il décline poliment. Sa vie n’est pas celle-là. Sa vie, c’est la
conversation quotidienne, l’entretien des âmes, avec Beethoven et Dvorak,
Kurtag et Monteverdi, Steve Reich et Heinichen. De sa poche dépasse un
petit in-folio, sans doute la première édition des Pensées ou bien
la fameuse édition hollandaise des Caractères.
N’y touchez pas, il est sacré.
Sylvain
Monsieur Fort,
Vous ne me connaissez pas, je
suis le petit ami de Monsieur Le M****. J’ai passé de folles nuits en sa
compagnie à lire Mein Kampf en chantant des grands airs de Carl
Orff et en faisant semblant de défiler avec nos grosses bottines dans sa
chambre sans réveiller ses parents qui ne supportent pas les homosexuels.
Seulement, depuis votre dernière dispute avec D****, qui –je vous l’avoue-
l’a un peu secoué, je ne reconnais plus mon D*** : il me refuse tout
autodafé de livres subversifs, il refuse d’aller casser du nègre avec moi
; vous me l’avez rendu tout grognon. La journée entière il s’enferme dans
son cabinet de travail et traduit les mémoires de Julius Streicher, le
sympathique créateur de « Der Stürmer » dont le très vague antisémitisme
lui valut une pendaison scandaleuse suite à cette supercherie que fut le
procès de Nürnberg. Dans une tentative désespérée, j’ai acheté sur E-Bay
d’authentiques copies des sous vêtements affriolants que portait Eva Braun
dans le bunker, pour redonner du courage à son grand fou d’Adolf. D*** n’a
été que très peu intéressé de me voir me tortiller dans ces reliques qui
m’ont fait très mal, particulièrement à cause du string en fil de fer
barbelé. Non, vraiment, je crois que vous avez heurté une corde sensible,
pas tant en le taxant de nazi, mais surtout en disant qu’il était un peu
bête. Ca, ça lui a fait mal. Pourriez-vous vous dédire ? Il en va de la
santé de notre couple… Vraiment je n’aimerais pas aller défiler sans lui
au prochain rassemblement des homosexuels négationnistes qui se tiendra à
Wiesbaden dans quelques semaines, que dirais-je aux organisateurs à qui
D*** a promis un discours sur le parallélisme avéré entre le plaisir de
sodomie et de crémation d’un Shtreimel… ?
Ludovic de la Môle – Bordeaux
Ludovic,
Vous faites partie de la trop
nombreuse cohorte des cancrelats qui défigurent l’idée que je me fais de
l’homosexualité. Pour moi – et je le dis en bon père de famille rassis et
tranquille – l’homosexuel n’est plaisant que muni d’une vaste culture,
d’amis choisis et de goûts délicats. Parfois aussi, ils ont de jolies
bagues. Vos simagrées barbares me donnent le même haut-le-corps que les
cris de joie éraillés poussés par la critique littéraire française à la
lecture de ce navet goncourisé que sont Les Bienveillantes. La
fascination morbide de nos contemporains pour les reconstructions
historiques mêlée à leur curiosité malsaine pour les choses qui
entretiennent un rapport direct ou indirect avec la région anale me
laissent à penser qu’il est des enfants dans ce pays que l’on a dû torcher
un peu trop violemment.
Je ne vous salue bien évidemment
pas.
Sylvain
Cher Sylvain Fort,
C’est
en lisant votre édito sur le courrier des lecteurs que
l’idée m’est venue à mon tour…de vous
écrire. J’ai 23 ans et j’ai découverts
l’opéra il n’y à pas longtemps, et votre site
m’aide beaucoup à combler mes lacunes ! C’est vrai
que je ne sais pas bien ce qu’est un contre-ut, ce qu’est
la différence entre bel canto et vérisme (j’entends
déjà hurler vos lecteurs les plus orthodoxes) mais je
sais que je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer en
écoutant La Bohème pour la première fois, alors
j’en ai déduit qu’aimer l’opéra
c’était sans doute ça…Alors voilà je
voudrais vous remercier pour les précieuses informations que
vous nous donnez, pour l’humour de vos textes (chose que vos
orthodoxes lecteurs ont aussi du mal à saisir…). Je pense
que l’art d’une manière générale est
synonyme de liberté, de passion et d’éthique. On a
le droit de ne pas aimer une œuvre, de ne pas apprécier un
artiste, mais rien ne peut justifier l’intolérance et la
violence. Je suis la preuve qu’on peut avoir vingt ans, aimer
l’opéra et le rock sans aucune forme
d’intolérance. J’entends encore vos orthodoxes
lecteurs mais, ils sont la preuve vivante qu’ils ont
définitivement tort.
Merci encore, cordialement
Hélène, Nîmes.
Chère Hélène,
Vous vous doutez bien que vos
appréciations me vont droit au cœur. Elles sont empreintes de cette
naïveté légèrement érotique qui comble le vieux baroudeur au grand cœur
que je suis. Vous raconterai-je comment j’ai découvert l’opéra ? Ah !
J’avais à peu près votre âge ! Je vivais alors parmi la tribu Falapipu,
dans le nord de l’Amazonie. La vie était rude, mais belle. Nous nous
nourrissions de fruits sauvages et de boas constrictors grillés. Ne me
demandez pas comment j’étais arrivé là. Je vous le dirai une autre fois,
lorsque vous serez grande.---- Sachez seulement qu’un jour, une vieille
carlingue s’écrasa près de notre village, un matin. Fracas épouvantable.
Nous courons vers les lieux du crash. Oh, ce n’était pas la première fois
qu’un tel accident survenait. La jungle est pleine de ces navires volants
qui parfois retrouvent malgré eux la bonne terre ferme – un peu
violemment. Cette fois-ci, quelle ne fut pas notre surprise de trouver à
bord de l’appareil, outre un pilote affreusement broyé et déjà à moitié
consommé par les fourmis gourigouri (une variété carnivore et féroce de
bestioles, excellentes dans la salade de fougères), une famille de race
blanche. Le père était empalé sur l’hélice qui tournait encore. Il ne
ressemblait plus beaucoup à la photo de son passeport. Les enfants
offraient le spectacle attendrissant de trois petits rôtis noircis dans
les flammes du cockpit, sagement alignés, prêts à déguster. Ce qui
bougeait encore ressemblait à une femme, et une étude plus approfondie
menée par moi et mes douze compagnons nous le confirma. Nous ne parlions
pas sa langue. Nous ne comprenions rien à ses paroles. Mais le soir,
lorsque les moustiques zébrés faisaient taire leur rumeur, il s’élevait de
sa gorge rebondie une complainte à faire pleurer un indien hattigu au
moment du supplice de la corde sèche. Avec le temps, elle remit en l’état
un étrange outil qui se trouvait à bord de l’avion. C’était un pick up.
Elle put nous faire entendre les plus beaux opéras de Puccini et Mascagni
en 78 tours. Mes compagnons se bouchaient les oreilles. Moi, je regardais
Elizabeth et je lui souriais. Elle resta avec nous pendant une petite
semaine. Après quoi, nous nous la servîmes en méchoui avec d’excellentes
patates douces. Depuis ce temps-là, l’opéra me donne l’eau à la bouche.
Sylvain
Monsieur,
Avide lectrice de la revue Forum
Opéra, je me positionne dans le camps des verdinophiles ou puccinolâtres.
Je n'aime rien tant que le grand lyrisme italien, ces ténors très virils
et ces femmes offertes à la force du destin (et pas uniquement...) : c'est
tellement magnifique ! Ce qui me plaît aussi ce sont les barytons au
timbre noir, les basses de deux mètres, toutes ces voix entremêlées, ces
corps qui se déchirent. Génial ! Quand même, il faut bien dire que José
Cura est une bête et qu'Anna Netrebko est une femelle comme on en fait
plus, avec des ovaires qui crient famine ! Ah là là j'aimerais tellement
les voir ces deux-là dans Otello, lui bondissant sur elle comme un fauve,
elle le pauvre petit agneau vierge plein de sang et de substance virile !
Ou bien ce que j'aimerais aussi c'est dans Turandot, quand elle offre son
corps de femme sans tabou à sa bestialité frustrée ! ! ! Et à la fin, tous
ces êtres superposés dans une grande mêlée obscène, rhalala !...
Karine G., Paris.
Chère lectrice,
Tout d'abord, ne m'en veuillez pas de ne
publier que les toutes première lignes de votre aimable courrier. Le reste
ne m'était guère intelligible, bien que je crusse y remarquer des mots que
je n'avais plus employés depuis les temps bénis de ma douloureuse
adolescence. Je pense en outre, sur un plan purement linguistique, qu'une
onomatopée ne remplace jamais l'expression d'un sentiment. Je ne suis pas
un adepte des phylactères remplis en tout et pour tout de quelques lettres
écrites gros. Sur le fond, je ne puis être d'accord avec vous, car pour
moi l'opéra est par excellence un genre chaste. Il n'est rien de plus
tendrement innocent que ces grosses dames qui chantent leur solitude
aride, de plus sympathiquement prude que ces ténors qui hurlent leur désir
pour ensuite le contenter dans d'improbables - mais toujours très
vertueuses - étreintes. Un bisou du bout des lèvres est le geste érotique
le plus intense que j'aie jamais vu sur une scène d'opéra. Il est certes
de bon ton, parfois, de présenter des corps dénudés ou des simulations de
coït, mais je pense que nous sommes suffisamment adultes pour n'y rien
voir d'autre que la provocation attendrissante de metteurs en scène
coincés au stade anal. Bref, si vous allez à l'opéra pour y trouver un
aliment à vos aspirations les plus primales, j'y vais, moi, pour me
reposer dans une douce pénombre, voler quelques heures de sommeil à
l'agitation de la rue, bercé par les voix suaves de professionnelles de la
glotte, et je ressors de là avec un seul désir ardent : celui de manger
une bonne côtelette.
Bien cordialement,
Sylvain
PS : Il est naturellement hors de
question que je vous porte à domicile un exemplaire dédicacé de mes
éditoriaux.
Bonjour,
Je suis super intéressée par votre
site, car je ne connais pas du tout l'opéra mais j'aimerai très beaucoup à
le connaître. Alors la question que j'ai elle est super simple c'est
qu'est-ce que je pourrais commencer par où pour apprendre l'opéra et aimer
ça très bien ? Je ne sais pas mais je ne suis jamais allé à l'opéra et
j'ai écouté un disque de la chanteuse Boceli qui m'a pas vraiment beaucoup
plu, pourtant l'opéra c'est très beau sur les photos avec les fauteuils et
les rideaux partout, mais aussi la musique comme celle des serviettes
hygiéniques et des nouilles. Merci de répondre. Avec mes amitiés pour tous
et bravo.
Stéphanie Ratsele,
Colmar
Chère Stéphanie,
Je vous avouerai que je partage votre
enthousiasme. A moi aussi l'opéra plaît très beaucoup. Cela nous fait un
point commun, y compris grammatical. Vous orienter ? Mais très
certainement. Rien n'est plus simple. Tout d'abord, je pense qu'il faut
écouter quelques disques afin de vous familiariser avec le genre, si
spécifique, certains diraient : si codifié. Pour cela, commencez par le
plus accessible : l'admirable Kopernikus, de Claude Vivier . Vous verrez,
cela ressemble beaucoup à un film de TF1. Vous pourrez continuer par la
Révolte des Escholiers de Szeligowski, à moins que vous ne soyez séduite
par les oeuvres tardives de Morton Feldman. J'imagine que, votre passion
prenant forme, vous serez désireuse de vous tourner vers la forme vivante
du spectacle. Les installations lyriques de Jeff Bartenson dans les
anciens abattoirs de Chartres vous convaincront. Moins peut-être que les
spectacles tout simples et si touchants de Kate Grigoriam, notamment son
excellent Chiffon-Crachat-III, présenté ces jours-ci à la salle
polyvalente de Staft-sur-Hessen. Je vous conseillerai toutefois d'arriver
à ces présentations totalement dépourvue de préjugés. Ce n'est qu'après
que je vous recommande de lire les Théories pour une Esthétique
Contrariale et Macératoire de la "Musik" de Enrique Perez-Stroheim,
notamment le très drôle volume VII ("Quelques protases anticipatorielles
sur la métaphorisation de la "Quenouille de Dante", postface de Gérard
Mortier).
Bienvenue au club,
Sylvain
Redac
chef,
Depuis qu'il n'y a plus de forum, je lis la revue Forum Opéra avec plus
d'attention. Comment vous remercier ? Toujours fourre sur le forum, je.
Ne m'étais pas rendu compte de la pertinence de cette revue, de sa
richesse : vu le genre du forum (très marrant), je croyais que c'était
un fanzine. Eh bien je découvre une revue merveilleuse. Merci !
Emilien Goury
Ixelles
Cher lecteur,
Heureux de votre découverte. Vous verrez que nous ferons tout pour
entretenir votre joie. Pour commencer, nous avons décide de supprimer
aussi la partie revue, afin de nous en tenir a l'essentiel.
Cordialement
Sylvain
Sylvain, Camille,
Vous croyez vraiment qu'on vient sur FO pour lire les articles
prétentieux de vos pseudo journalistes ? Le forum était nul, mais le
crasher ça montre votre insupportable arrogance : si on doit lire
seulement les editos de monsieur Sylvain et les articles de Schreuders,
autant se tirer une balle !
Steve Mauceri
Biarritz
Cher ami,
Nous n'avions pas le choix. Le groupe Hachette nous proposait une telle
somme pour le rachat du Forum que nous avons craque. A cette occasion,
Bernard Schreuders s'est enfin offert la villa toscane dont il rêvait :
il s'y retirera et n'écrira plus une ligne. Quant a moi, je ne ferai
plus d'editos : cette tache est trop ingrate. Je publierai les photos
prises depuis ma terrasse de Saint Jean Cap Ferrat. Les ocres
admirables du soleil couchant sur le golfe remplaceront assez bien les
moirures délicates de ma prose. Quant aux aurores mediterraneennes,
elles vous rappelleront peut-etre la flamboyance de mon style
incomparable. Mais ce sont les cascades de bougainvilliers en fleurs qui
traduiront le mieux cette écriture précise et lyrique dont je suis
désormais fatigue de vous régaler. Quant a Camille de Rijck, seule une
photo des dauphins virevoltant dans le bassin du parc pourra vous faire
ressouvenir de son intelligence stupéfiante quoique pauvre en
vocabulaire.
Bien a vous,
S.Fort
Monsieur,
Grâce au forum j'étais en contact suivi avec Monsieur Clément Taillia.
Comme j'apprécie énormément les jeunes adolescents qui donneraient tout
pour un petit billet pour Bayreuth, je suis très triste d'avoir perdu ce
contact. C'est simple : je n'en dors plus. L'image nébuleuse de ce
Tadzio flotte dans mon demi-sommeil. Je songe a toutes les promesses
qu'il m'a faites pour un autographe de Waltraud Meier. Il m'avait même
dit que j'aurais le droit de la lui glisser «dans le caleçon». Et même
il m'avait dit qu'il prierait sa duègne de sortir de la pièce le jour ou
je lui remettrais une plume du cygne de Heppner. J'ai aussi ici un petit
slip violet a lui offrir. Auriez-vous son adresse personnelle ?
Merci d'avance,
Lucien, Saint-Nazaire
Cher Lucien.
Je vous remercie de la photo du petit slip violet. Le rossignol qui en
décore la partie antérieure est du plus joli effet. Cependant, ce
vêtement me semble étriqué pour la belle musculature de notre juvénile
collaborateur. J'ai même cru un instant qu'il s'agissait d'un
lance-pierre... Mais soyons franc, vos manoeuvres sont vaines : Clément
était un la mascotte virtuelle générée automatiquement par le serveur du
Forum. Je suis désole que vous ayez cru a ce cyber-ectoplasme aussi
comique qu'improbable : nous aurons beaucoup ri de cet «ado wagnerien»,
mais il est devenu une molécule impalpable circulant a la vitesse de la
lumière dans les canaux glaces de l'Internet.
Salutations
Sylvain
Cher Monsieur Fort,
Loin de moi l'idée de prôner la
préférence nationale mais je trouve que le paysage lyrique français
devient très belge ! Gérard Mortier à Paris, Paul-Emile Fourny à Nice,
Serge Dorny à Lyon et maintenant Bernard Foccroulle à Aix ! Pourquoi
tant de belges qui ramènent dans leurs valises ces horribles mises en
scènes flamandes à la Jan Fabre où on fait caca sur scène et où des
femmes portant enfant se trémoussent nue*s sur des rythmes endiablés ?
Je hais le slogan "la France aux français", mais tout de même, pourquoi
cet envahissement belge ? ça sent la frite ici !
Mylène Parimu
Nantes
Chère Mylène,
Votre message me scandalise. Ce n'est pas
parce que le directeur de la publication de Forum Opéra est belge, que
le rédacteur en chef adjoint est belge, que certains rédacteurs sont
largement belges, mais enfin. Comme vous, il peut m'arriver d'avoir des
sursauts de défiance ou de dégoût. Comment n'en serait-il pas ainsi
lorsqu'on met les pieds dans une de leurs tavernes infâmes, où le
remugle de la frite grasse et de la moule gluante vous prend
littéralement à la gorge ? (moins toutefois que le spectacle atterrant
de gros messieurs faisant trempette dans une mayonnaise tournée où ils
laissent à chaque fois quelques poils de leurs doigts velus). Mais moi,
je ne me laisse pas aller à mes bas instincts. Je me reprends et je me
dis : "la différence des cultures, c'est notre richesse". Et aussitôt,
je trinque à l'amitié franco-belge - non sans avoir, précaution d'usage,
désinfecté le bock douteux où m'est servi ce qu'on voudrait faire passer
pour de la bière mais qui renifle comme une urine de cheval arthritique.
D'ailleurs, ces gens parlent notre langue, et les incorrections
nombreuses qu'ils apportent à cette pratique sont plutôt comiques et
attendrissantes, non ? Après tout, ce n'est pas leur langue, et ils font
bien des efforts pour la parler. On peut leur pardonner les solécismes
et je vous assure qu'avec un peu de temps on comprend ce qu'ils veulent
dire à travers l'écran opaque de leur accent râpeux. On voit bien
d'ailleurs qu'ils ont donné de formidables chanteurs et artistes: Annie
Cordy, Hergé, et surtout Annie Cordy, toujours aussi gaillarde ! Et Jan
Fabre, me direz-vous? Eh bien, certes il nous inflige le spectacle
désolant de vieilles femmes faisant sous elle pour mieux souligner les
rapports dominés-dominants dans l'opéra de Haendel, mais chez lui, à
Anvers, il lui arrive de ne pas tirer la chasse après la grosse
commission : ah, la tête de Madame Fabre ! je vous assure qu'elle ne
crie pas au génie conceptuel Enfin, il est une dernière chose qui
achève de me rendre les Belges sympathiques : ils se sont fait une
spécialité de la taxidermie de quelques-une de nos vieilles gloires -
Giscard, Delors, Cohn-Bendit, Johnny : ils assurent la formolisation et
la momification. Ca vaut bien quelques étrons sur les planches de l'ONP,
non ?
Meilleures salutations,
Sylvain
Monsieur Fort !
J'apprends de source quasiment sûre que
le spectacle RHEINGOLD auquel j'ai participé en tant que soliste de tout
premier plan (je ne vous révèlerai pas mon nom, cela vous ferait trop
plaisir), j'apprends donc que ce spectacle du festival d'Aix a été
chroniqué dans vos colonnes par un adolescent de quinze ans et demi !
Croyez-vous que ce soit vraiment un gage de sérieux que de nous envoyer
un journaliste en culottes courtes ayant encore plein la bouche des
dents de lait prêtes à cracher leur jeune fiel sur les artistes malmenés
que nous sommes ?
Monsieur X
Cher ami,
Dit comme cela, évidemment, cela prête à
interrogation. Laissez-moi vous expliquer. Le jeune homme dont vous
parlez pourrait presque être mon fils. D'ailleurs, je suis pour lui
comme un père spirituel, et Camille de Rijck est en quelque sorte sa
grand-mère gâteuse et adorée. Lorsqu'il est venu me trouver pour
chroniquer ce spectacle, j'ai cru à une blague de mon ami Alain Guédé,
jamais en retard d'un bon canular. Mais non. C'était une véritable
candidature, étayée et sérieuse. Nous avons alors décidé de tester
l'impétrant. Pendant sept jours, nous nous sommes isolés dans un mien
château, en Bourgogne, avec pour seuls compagnons : les viandes de boeuf
séchées et parfumées offertes par Madame Lechut (mon ancienne
gouvernante, toujours très attachée à ma personne), les crus anciens
pris dans la cave, un peu au hasard des 14517 bouteilles (je me vante de
n'avoir eu que de grandes années) et Wagner. A mon immense surprise, le
jeune impétrant savait son Ring par coeur. Mieux : à l'audition de trois
notes, il pouvait vous dire de quelle mesure il s'agissait, dans quelle
journée. Il savait analyser musicalement n'importe quel Leitmotiv et en
retrouver les variations dans n'importe quel passage. Il connaissait sur
le bout des doigts les écrits théoriques de Wagner, mais aussi toutes
les implications nietzschéennes et schopenhauériennes du Ring. Aucun
événement intellectuel de l'Allemagne des années 1820-1860 ne lui était
étranger. il vous récitait le Second Faust par coeur et vous expliquait
sans coup férir les sous-entendus alchimiques chez E.T.A. Hoffmann. Les
bandes dessinées clandestines et pornographiques du Berlin des années
1850 lui étaient familières. Les chansons à boire des tavernes de Dresde
vers 1851 étaient sa spécialité. Rien ne lui était mieux connu que
traités d'apiculture laissés par Ernst Böllendorf, camarade de classe de
Wagner dans les années 1817. Grâce à sa fortune familiale, il avait
financé intégralement la restauration du plafond de Wahnfried et permis
le nettoyage des toilettes de Bayreuth, souillées par des générations de
consommateurs de bière et de saucisse. Il dormait dans le pyjama mauve
que Richard portait lors de ses séjours à Venise. Son hamster d'appelait
Alberich. Enfin, quoique de constitution chétive voire franchement
débile, affligé d'un zozotement pathétique et d'un regard torve, il
arborait au niveau du poignet droit une musculature digne de Siegmund.
Nous avons bien entendu reçu d'autres propositions. Les plus fameux
wagnériens de la presse française se sont pressés à nos portes - nous
avons même dû refuser une accréditation à Monsieur Jacques S., de
Lausanne, qui s'était pour l'occasion grimé en Walkyrie replète (il fut
trahi par ses sandales). L'article réalisé par ce jeune et méritant
rédacteur vient d'obtenir le prix de composition française du concours
de journalisme organisé par le Cercle Wagnérien de Mühlsheim-sur-Bader
(Haut-Rhin) : nous remercions vivement les vieux croulants
réactionnaires qui ont décerné cette récompense.
Bien à vous,
Sylvain
Cher Monsieur Fort,
D'abord je vous admire beaucoup et je
regrette qu'on ait supprimé votre photo de l'éditorial. Vous qui savez
tout, j'aimerais connaître votre avis sur la succession de Gérard
Mortier à l'Opéra de Paris ? Franchement j'espère que ce sera Nicolas
Joël, j'aime tant ses belles mises en scène fidèles aux livrets qui nous
rappellent un peu l'opéra du temps où nos arrières grands parents nous y
traînaient de force. Si c'est Lissner en tout cas, je ne m'abonne plus.
Si c'est pour avoir Delunsch en Traviata, merci !
Aldo Balducci
Paris
Cher Aldo,
Comme je vous comprends ! La photo qui
ornait mon éditorial était des plus réussies ! Quelques jours avant la
séance, j'avais fait maigre afin de perdre un peu ce double menton qui
affirme mon autorité naturelle, mais porte atteinte, selon certains, au
charme juvénile qu'entretient ma pensée caracolante et mon verbe
flamboyant. J'avais mis une chemise cerise écrasée du plus bel effet.
Les prises de vue ont eu lieu dans les hauteurs de Biarritz. C'était le
plein été. Ma chevelure épaisse et léonine était battue par le vent
atlantique et retrouvait à ce contact toute sa brillance. Le soleil
généreux défiait mes paupières, mais, se coulant dans le vert lumineux
de mes yeux, leur donnait quelque chose de radieux et de conquérant. Le
sel marin burinait mes traits d'athlète grec. Enfin, le photographe
était une jeune femme dans les vingt-cinq ans, dont la chevelure blond
vénitien révélait, en cet été aveuglant, des moirures étourdissantes,
tout en épousant parfaitement la ligne sinusoïdale de ses hanches et de
ses reins - d'où sans doute ce sourire mâle et impérieux que vous pouvez
observer sur la photo. Bref, je pense tout à fait comme vous et je
n'aurai rien contre une pétition visant au retour de mon portrait. Je ne
sais plus où j'ai mis votre courrier, mais il me semble vous avoir
exhaustivement répondu, non?
Je vous embrasse
Sylvain
Non vraiment c'est
trop fort. Passer sous silence le passé fasciste de Madame Schwarzkopf,
dans votre article tire larmes, vraiment, on est pas dupes ! Alain
Lompech, responsable de la rubrique jardinage et loisirs du Monde l'a
longtemps dit: Elisabeth Schwarzkopf a été présidente des jeunesses
Hitleriennes, ça ne se passe pas sous silence ça, monsieur, même si on
aime les sons qui sortaient de son vilain gosier de nazie. Je vous
trouve très complaisant avec l'extrême droite.
Marthe de Merode
Chère Madame,
Ce n'est pas tous les jours que l'Histoire
nous offre des téléscopages acides. Ainsi, à l'heure où les écrivaillons
de tout poil dont les oreilles sont de toute façon bouchées par une
pratique largement post-adolescente de l'onanisme matinal s'en prennent
au prétendu nazisme de Madame Schwarzkopf, voici qu'une rumination de
remords contraint Monsieur Günter Grass, prix Nobel de littérature, à
avouer qu'il fit partie des Waffen-SS, où il s'engagea volontairement à
17 ans. Autrement dit, pendant qu'une femme, artiste de vingt-cinq ans,
prenait sa carte du parti nazi parce qu'elle entrait dans la troupe
régulière de Berlin, un jeune nazillon de 17 ans s'engageait pour casser
du coco et du juif. Résultat : la première avoua cette appartenance, en
livra les circonstances, manifesta en toute transparence le type
d'activité qu'elle eut à accomplir et se tut ; le second garda le
silence, donna pendant soixante ans des leçons de bonne conscience à
tout-va et fit à toute l'Allemagne repentante des injections de moraline,
pour finalement, au soir de sa vie et de son oeuvre, lâcher la sinistre
vérité et ajouter : "mais je n'y ai commis aucun crime", tant il est
connu que les Waffen-SS se signalèrent essentiellement par leur douceur
et leur humanité. Tous deux étaient de naissance polonaise. L'une voua
sa vie à réhabiliter la culture allemande, à en faire refleurir les
beautés, à en reconquérir les secrets dévastés par le nazisme ; l'autre
acheva le travail de ruine en fouaillant les plaies, excavant les
esprits, en jouant les procureurs tenaces et amers. L'une eut à se
justifier des années, à subir les revers de la dénazification, les
réserves des directeurs de théâtre, l'agressivité des journalistes, le
feu nourri des biographies non-autorisées, pendant que l'autre mettait
sa plus belle jaquette pour aller recueillir le prix Nobel (richement
doté) et, paupière lourde et pipe au bec, poursuivre son travail
d'intellectuel chassant les fantômes puants de la germanité. Eh bien,
voyez-vous, Madame, que cet incident advienne au moment où Elisabeth
Schwarzkopf s'éteint dans la rumeur encore bruissante des accusateurs de
la vingt-cinquième heure, est une leçon d'histoire, de morale et de vie
dont j'espère qu'elle pourra faire taire les historiens en chambre, si
toutefois ils savent l'entendre et l'apprendre. J'ajouterai une chose,
si vous me le permettez. C'est qu'Elisabeth Schwarzkopf nous laisse un
legs qui rend au monde d'après l'apocalypse de merveilleuses couleurs,
des reflets tendres et profonds, une subtilité alcyonienne, pendant que
le gros Günter, qui sent fort le tabac et dont les dents pourries ne
disent rien qui vaille, a accumulé les pavés indigestes et les romans
les plus illisibles, présentant des paraboles controuvées et des
messages véhémentement banals, allant jusqu'à épouser les soubresauts de
l'opinion publique la plus petite-bourgeoise avec ses voyages en Inde et
tout le toutim, non sans accumuler au passage les rôles officiels et les
médailles nationales. Bref, vous me permettrez de trouver tous ceux qui,
s'étant essuyés les savates sur Madame Schwarzkopf, ne reprendront pas
le refrain - avec sforzando ! - au sujet de Monsieur Grass, oui, vous me
permettrez de les trouver bien complaisants avec les Waffen-SS !
Cher Monsieur Fort,
A la lecture de vos articles sur
monsieur Herlin je suis très troublé. Étant moi-même d'extrême droite et
n'ayant à ce sujet aucune honte, je me demande pourquoi mes collègues
spirituels sont aussi mal traités dans vos colonnes. On passe sa vie à
casser du sucre sur le dos des nazis à cause des camps de la mort et
j'avoue moi-même que cette idée n'était pas la plus défendable du
troisième Reich... mais n'est-ce pas oublier un peu vite les grandeurs
de cette magnifique entreprise humaine ? Pour un Goebbles un peu
siphonné (j'avoue) combien de grands hommes ? Le ReichMarchal Göring
n'était-il pas un homme d'un goût exquis ? Il suffit pour s'en
convaincre de lire Le Roi des Aulnes de Michel Tournier, qui le
décrit comme un être fin, passionné de chasse, d'art baroque et de
charcuterie fine ? Tout cela pour dire que nous aussi, les gens
d'extrême droite, aimons les arts, les enfants et les chiots. Pourquoi
n'aurions-nous pas le droit d'exister, de vivre en paix avec nos idées
et d'avoir une place de choix dans le monde de l'opéra ?
Wilfried Heydrich - Alsace
Monsieur,
Bien qu'émanant d'une correspondance privée, vos provocations
nazillonnes tombent sous le coup de la loi pour apologie de crimes de
guerre, pro-nazisme, appel à la violence, falsification historique,
négationnisme et tout le toutim. Dans la mesure où c'est déjà la onzième
fois que vous me harcelez avec vos insinuations de vieillard pathétique,
je publie votre lettre afin de jeter sur vous l'opprobre public et la
honte nationale. Je suis absolument convaincu que même l'individu dont
vous faites mention au début de votre torchon serait indigné par ces
prises de position.
Sylvain FORT
Monsieur Fort,
Vous dites dans les colonnes de Diapason beaucoup de mal de Peter
Schreier. Comme à Diapason on ne publie pas mes lettres, je me tourne
vers Forum Opéra où j'ose espérer qu'on aura plus de courage. Vous
traitez Schreier comme s'il couinait, or c'est un artiste de grand
mérite qui personnellement me fait un effet monstre et dont les suavités
de la voix n'ont pas fini d'animer mes ébats maritaux. Un peu de respect
SVP pour les gens qui n'ont pas les mêmes goûts que vous. Inutile d'en
dégoûter les autres. Surtout que vous n'y connaissez rien.
Robert Bonaventure - Fort-de-France
Cher Robert,
Vous avez raison, Peter Schreier ne couine pas. Il grince. Pour me faire
pardonner cette approximation, je vais vous envoyer par courrier le
disque 6 de sa récente intégrale chez Berlin Classics : il y chante
quelques rengaines classiques du répertoire teuton accompagné par une
guitare (à moins que ce ne soit un banjo bavarois). Vous devriez, à
l'écoute de ce cédé, recouvrer la vigueur de vos vingt ans. Un détail
amusant : savez-vous comment fait Peter Schreier pour avoir les mêmes
lunettes carrées à triple foyer depuis 1946 ? Simple : il en acheté une
cargaison de 7657 à un soldat américain ivre, le soir de la reddition
allemande.
Bien à vous
Sylvain
Cher Monsieur Fort,
Sur Resmusica.com on annonce 60.000 lecteurs individuels par mois.
Combien vous faites, vous, sur votre petit sitaillon de m... hein ? On
rigolerait bien si on savait !
Mylène C. Schollermann - Le Mans
Chère Madame,
Resmusica n'est pas un site rival. C'est notre modèle. Notre source
première d'inspiration. Lorsque les équipes de Forum Opéra, épuisées par
les orgies louches auxquelles les convie un directeur de la publication
généreux mais dévoyé, errent hagardes dans les rues de Hambourg à la
recherche du dernier bar ouvert où elles pourraient (les équipes) laver
dans la bière grasse les traces de rouges à lèvre bon marché et de
déodorant à l'alcool de menthe, et purifier un tant soit peu leur
haleine affectée par la consommation excessive de chamallows frits,
lorsque ces équipes, donc, constatent qu'une nuit entière de décadence
et d'ivrognerie ne leur a pas apporté le début d'un soupçon
d'inspiration, que les colonnes du journal vont une nouvelle fois être
remplies d'inepties, voire de vide sidéral, que les photographies des
artistes vont être floues, que le forum va devenir le théâtre de
logomachies lamentables dont sortiront vainqueurs non les plus
talentueux ni les plus savants, mais à coup sûr les esprits les plus
retrempés de fiel et de haine, alors, oui alors, une petite voix s'élève
du fond du bistro infâme des sous-sols de la gare de Rotterdam où la
petite bande a fini par atterrir (et cette voix est souvent celle du
brave Bernard, dont le rimel dégoulinant et les bas filés n'étouffent
pas le coeur d'or ni l'âme d'enfant) et cette petite voix dit : "hé les
filles, si on allait voir sur Resmusica". Alors, de son immense poche de
devant, où il enfourne aussi bien ses tickets de péage usagé que ses
gâteaux au chocolat et à la vanille que son chien puant , notre
directeur de la publication extirpe son ordinateur portable de marque
Hewlett Packard acheté comptant à la Fnac, et tous les yeux fatigués se
plissent lorsque s'allume l'écran de nos songes : nous dévorons, comme
un dernier os à ronger avant de succomber aux vapeurs d'éther et
d'ammoniaque, le site Resmusica. Et nous savons alors, dans la confusion
morbide de nos cervelles enténébrées, que nous pouvons dormir
tranquilles sur nos lauriers fripés : c'est pas demain la veille qu'un
site causera aussi bien de musique que le nôtre.
Amicalement,
Sylvain
Cher Monsieur Fort,
Je suis très étonné de ne lire sur votre site aucun compte rendu des
concerts ayant lieu dans le cadre du Festival au Château de la Follie.
Mon épouse et moi nous y rendons tous les week-ends, c'est très beau:
une belle bâtisse, un repas champêtre et des artistes fabuleux, le tout
baigné dans le soleil si chaud du Pays de Charleroi. Quel dommage qu'on
ne s'intéresse qu'aux Festivals majeurs...
Robert Van de Putte - Ecaussinnes
Cher ami,
Et ego in Ecaussines... Comment ne pas partager votre point de vue, pour
ce Festival qui fut cher à mon coeur l'espace d'un hiver. Hélas, le
printemps a amené avec lui son lot de déceptions, de fleurs mortes, de
bourgeons avortés. Ce qui aurait pu être un Festival de bonne tenue a
pitoyablement trébuché pour se vautrer dans une fange huileuse. Je ne
puis en dire davantage sur ce sujet. Je suis tenu au secret par mon
avocat, qui filtre tous mes courriers et en déchire la plupart. Du fond
de la cave humide où il me tient, je vous assure simplement que ce ne
fut pas par oubli, mais par volonté que je ne foulai pas les
plates-bandes jaunies de ce Festival, que je ne posai point mon séant
dans les fauteuils incommodes de ce lieu, bien que les artistes s'y
produisant fussent de mes amis. En dire plus, non, je ne le puis. Mon
avocat me ferait les gros yeux. J'avais écrit toute une tribune. Il l'a
déchirée et m'a dit : "quel torchon". Depuis, il me passe une fois par
jour une gamelle de haricots rouges par le guichet de l'huis ferré. Je
voudrais parler. M'exprimer. Tout révéler. Mais c'est impossible. Ca y
est j'entends son pas qui approche. Il va couper la connexion. Je n'ai
plus que quelques secondes. Ce Festival c'est vraiment de la...
arggghhhh.... le réseau est coupé.... il fait noir....
aidez-m.............;
Monsieur Fort,
On a compris: Alagna est votre pote: est-ce pour autant que vous devez
manquer de toute objectivité par rapport à ses prestations ? Ce gosier
prétentieux n'est plus que l'ombre de ce qu'il était. Il est temps que
quelqu'un le dise HAUT ET FORT. Moi je n'ai pas peur de cette brute
épaisse.
Mylène C. Schollermann - Le Mans
Chère Madame,
Roberto Alagna n'est pas mon pote. Nous ne nous promenons pas le soir,
en joyeuse bande riante, sur les plages de Miami, pieds nus, refaisant
le monde et nous réjouissant à l'idée de la folle nuit qui nous attend
dans les bars à tapas de cette scintillante cité. Nous n'avons jamais,
que je sache, grignoté un morceau de saucisson sec en haut de la Tour
Eiffel (un geste qui, selon moi, fonde les pactes d'amitié). Nous
n'avons même pas partagé, que je me souvienne, une grappa bien forte sur
le quai degli Schiavoni, au moment où le soleil caresse amoureusement
les fesses des Atlas qui ornent la Douane de Mer. En revanche, j'ai ma
carte des brigades du TPAR (Touche pas a Roberto) : avec mes camarades
albanais, roumains et siciliens, nous protégeons la réputation du boss
contre les fâcheux comme toi. Avec ton adresse IP, on t'a déjà loggé, on
sait où tu habites et maintenant on sait aussi que ton dernier achat au
Leclerc du Mans, c'est l'intégrale de RécréA2 remixée par Corbier. A
l'heure où j'écris, je te vois distinctement sur les écrans satellite
dont le mur de mon bureau est tapissé reprendre pour la septième fois le
couplet du "Nez de Dorothée" en te goinfrant de chouquettes au beurre.
Dans une de ces chouquettes, l'agent Alpha Metro a injecté une dose
infinitésimale et indétectable de cyanure concentré à effet fulgurant.
De toi ne restera qu'une flaque de bave blanchâtre. C'est la réponse aux
insolentes dans ton genre. Bonne nuit.
Commandant Zébra Kangourou. Zone d'intervention B12. Brigade TPAR.
Cher Monsieur Fort,
Vous parlez régulièrement du site Opera Giocoso. Ca a l'air rudemet bien
! Quelle en est l'adresse ?
Mylène C. Schollermann - Le Mans
Mais bien sûr. Tu trouveras ce site à cette adresse : http://www.momes.net/BD/schtroumpfs.html.
(Si le lien est redirigé vers : http://www.generationslepen.com/ c'est
peut-être une erreur, ou peut-être pas)
Salope
de Français, si tu n’aimes pas Nella Anfuso, c’est que tu es un connard
d’ignorant de français qui ne connais rien et qui sort de la merde parce
que l’opéra c’est de la merde et toi tu crois que tu connais mais Nella
Anfuso a découvert le vrai sens du chant italien et elle est capable de
faire des choses qu’elle seule est capable de faire, et vous les gens
d’opéra et les salopes de Français vous ne savez rien, vous devriez
apprendre l’italien et moi sinon je vais vous tuer vous allez voir qui
va rire bande de cons (etc.etc.)
(Traduit et synthétisé de l’italien)
Nous ne
doutons pas que Nella Anfuso sache faire des choses qu’elle seule sait
faire avec sa grande bouche. C’est d’ailleurs bien ce qui nous plaît
tant chez elle. Depuis que Raymond Devos est mort, elle est décidément
la seule à pouvoir nous offrir d’authentiques tranches de rigolade avec
ses bruitages exotiques. Pourriez-vous toutefois nous indiquer si dans
la plage 9 de son plus récent disque elle produit elle-même ces
roucoulades gloussantes ou bien si elle a eu besoin pour ce passage de
son fidèle mainate Alberto ? Merci d’avance.
Sylvain
Bonjour,
Connaissez-vous David Le Marrec ? Il n’apparaît plus sur Opera Giocoso
mais il contribue encore à des sites
littéraro-linguistico-philosophiques. Que devient-il ? Merci.
Muriel, Arles
Chère
lectrice,
Je ne
connais David Le Marrec que fort mal. Je lui avais proposé jadis de
créer des liens entre son sympathique forum et le nôtre, mais il a
refusé tout net. Il est vrai que je ne lui avais pas proposé de titre
ronflant à la clef - une erreur psychologique de ma part. Il a ensuite
trouvé bon de calomnier Forum Opéra et ses responsables parce que
nous nous étonnions de l’inculture et des propos étrangement biaisés de
son ami Philippe Herlin. Moyennant quoi nous ne parlions pas de Monsieur
Le Marrec, mais Monsieur Le Marrec n’aime pas quand on traite ses amis
du Front National de fascistes. Lui les trouve « sympathiques et
cultivés ». Cette polémique s’est heureusement terminée par
l’évaporation de David Le Marrec. Quant aux contributions qu’il peut
éventuellement faire sur d’autres sites, permettez-moi de dire que je
vois autant de rapport entre David Le Marrec et la philosophie qu’entre
un canard sauvage atteint de rougeole et un fer à repasser.
Bien
cordialement,
Sylvain
Monsieur le Rédacteur en Chef,
Ca
fait maintenant trois mois qu’Edita Gruberova a donné un récital à Minsk
et toujours pas un mot dans vos colonnes, mais qu’est-ce que c’est que
ce site pourri ? (Traduit du russe)
Fiodor
(Minsk)
Cher
Monsieur,
Nous
sommes un site d’opéra sans prétentions encyclopédiques. Je crois savoir
que Jussi Björling a récemment donné son récital d’adieu dans la forêt
équatorienne : eh bien, nous n’y étions pas, et pourtant, c’était
autrement intriguant que ce dont vous parlez. Notre seule règle est de
faire exactement ce qui nous plaît, car Forum Opéra est à peu
près le seul endroit en ce bas-monde où les raseurs et les lourdauds ne
peuvent entraver notre bon-vouloir.
Sylvain
Tu
veux avoir un pénis enlargi ? Viens achète PENIS 3RG4, tu vas avoir plus
grand bonheur avec ta femme dans le lit et aussi attirer beaucoup
partenaires nouveau dans ta vie de sexe avec ton sperme plus riche
Mario
Cher
Monsieur,
Merci de
limiter vos ardeurs. La présence à mes côtés de deux enfants rebondis et
joyeux atteste l’inutilité de votre offre. Veuillez la rediriger vers le
site d’Opéra Magazine dont la rédaction octogénaire requiert
certainement vos services.
Sylvain
Monsieur le Rédacteur en Chef,
Je
trouve votre site de plus en plus intéressant. Toutefois, votre dossier
Mozart n’a connu qu’un numéro. Pourquoi ? Meilleures salutations.
Brigitte Pommier (Rouen)
Chère
Lectrice,
Vous êtes
observatrice. Rassurez-vous : la suite arrive. D’abord, 2006 n’est pas
fini. Nous n’en sommes qu’à la moitié. Ensuite, nous avons voulu laisser
passer la vague des dossiers en tout genre dans toutes les publications
possibles, pour offrir notre propre vision dans un moindre brouhaha.
Nous vous proposerons donc la suite et la fin de notre dossier dans les
mois à venir, en tout état de cause avant la fin 2006. A coup sûr, il
balaiera à lui seul tout ce que vous aurez pu lire ailleurs en cette
année célébrante.
Bien à
vous,
Sylvain
Monsieur,
Bravo
pour votre site. Dommage qu’il soit entaché par les méchancetés que vous
distillez sur Natalie Dessay dans votre dernier éditorial, même si je
n’ai pas entendu sa Traviata. D’autant que vous la comparez
défavorablement à Anna Netrebko, pur produit marketing. Je ne comprends
pas bien votre système de valeurs.
Jean-Pierre Arrighi (Paris)
Cher
lecteur,
Je fus
des premiers admirateurs de Madame Dessay – je puis même vous dire que
je pris pour elle un billet pour le concert des lauréats du concours
Mozart à Paris en 1991, j’avais alors six ans. Eh bien, elle annula ce
soir-là (mais je ne lui en veux pas). J’ai vu moult productions avec
Madame Dessay, que j’ai toujours applaudie au prix de la bonne santé des
mes cartilages. Aujourd’hui, après des épreuves que peu auraient
surmontées aussi crânement, elle trouve bon de réaliser quelques
fantasmes vocaux : nous en comprenons les raisons, mais sans doute ne
devrait-elle pas oublier que nous ne venons pas assister à une séance de
thérapie libératoire, mais à un récital de chant. Sa Traviata était,
entre nous, piteuse. Et le Iago triomphant d’arrogance et de noirceur de
Monsieur Naouri augmenta notre malaise, un peu comme si Dessay c’était
François Hollande et Naouri Ségolène Royal – enfin, à peu près.
Personnellement, je n’ai rien contre le marketing lorsqu’il nous oblige
à découvrir des chanteuses de la trempe de Madame Netrebko. Je suis
moi-même un pur produit marketing.
Sylvain
(février 2006)
Cher Monsieur,
Depuis longtemps je rêvais d’emmener ma petite fille à l’opéra. M’y
étant enfin décidé, je réservai deux places de première catégorie au
Grand Théâtre pour Tannhäuser de Wagner. Quelle ne fut pas ma
stupéfaction de voir sur scène un homme marchant, entièrement nu avec un
énorme pénis en érection dressé vers les cintres. A mon âge, je ne me
fais pas d’illusions sur l’innocence relative d’une jeune fille de 13
ans, pour qui les choses de la sexualité ne doivent avoir aucun mystère
; mais tout de même, je regrette le temps où j’aurais pu me rendre à
l’opéra avec ma petite fille, sans risquer une rencontre aussi « tendue
».
Jacques Damien Schmidt – Genève
Cher lecteur,
Père de famille moi-même, je partage votre émoi. Comme vous avez dû
frémir ! Quelle gêne dut être la vôtre ! Pour ma part, je n’ai qu’un
conseil à vous donner : prenez ces instants difficiles comme autant
d’épreuves envoyées par le Ciel. La Tentation diabolique prend des
formes et des attributs divers ! Voilà bien longtemps que j’ai décidé de
surmonter les pernicieux signaux que nous envoie Satan, et je ne me
rends plus à l’Opéra que pour le Dialogue des Carmélites ou, tout au
plus, Saint François d’Assise (toutefois assez olé-olé). Mais le déluge
de fesses observé à l’Opéra Comique, les abouchements lascifs que nous
proposent les metteurs en scène dès qu’il est question de sentiments, et
maintenant cette verge offerte à la vue témoignent assez que l’Opéra est
devenue la proie des Sardanapales et des succubes. Je vous donne
rendez-vous le 15 août prochain devant le Grand Théâtre pour une
procession de rédemption. Nous offrirons alors, si vous en êtes
d’accord, votre charmante petite fille en holocauste à la Purification
sacrificielle. Cette offrande sera suivie d’un couscous-merguez dans le
Jardin botanique. D’ici là, prenez bien soin de ce petit agneau.
Sylvain
Cher Sylvain,
Forum Opéra attribue une récompense à un ténor mégalomane qui s’illustre
dans de la musique d’une qualité relative et vous fustigez Gérard
Mortier qui a ses défauts, c’est clair, mais qui nous offre des
spectacles fabuleux comme Cardillac et Tristan und Isolde. Je me demande
dans quelle mesure vous ne récompensez pas le ténor car il vous a
accordé une longue interview et tirez à boulets rouges sur Mortier parce
qu’il refuse d’accréditer votre site.
Eric Limier – Montélimar
Cher lecteur,
Quelle clairvoyance ! Vous avez raison ! J’aime beaucoup Roberto Alagna,
sa fougue, son audace, son talent, son allant. Et je n’aime pas de
Gérard Mortier les allures de Monsieur Prudhomme matois, les
programmations clinquantes, les choix médiatiques, les déclarations
consensuelles, mais pas très sensuelles quand même. Mais… vous oubliez
une chose ! Ce vote n’est pas le mien ! C’est celui de la rédaction dans
sa grande sagesse, et dans sa totale indépendance. Je ne puis que
l’approuver, mais je ne l’ai pas téléguidé. Vous me flattez en pensant
que je suis, sur ce site, le Grand Guide, le Maître des Clefs, le Gourou
Stratosphérique, alors que je suis le modeste capitaine d’une troupe de
francs-tireurs bourrés de talent et pleins de morgue altière. Ah ! Comme
ils sont beaux lorsque le dimanche ils viennent déjeuner au Château,
tout de blanc vêtus, la fleur à la boutonnière et, pour les femmes,
quelques saphirs ou émeraudes discrets autour du cou. Ils devisent,
boivent des crus anciens, se livrent à des jeux de bravoure et
d’adresse, puis repartent, frais comme l’œil, sur leurs montures
puissantes, et caracolent vers d’autres horizons où la gloire les
attend.
Sylvain
Alors là, franchement, c’est fort. Bravo pour votre
article sur Patrick Thil qui n’a cessé de rendre la vie culturelle à
Metz de moins en moins intéressante. A quand le label « Vie culturelle
zéro » décerné par Forum Opéra à certaines villes ? Pourquoi ne pas
avoir balancé votre Ortrud de Cristal à la figure de Thil ?
Elsa Chapier – Épinal
Chère Elsa,
Votre joie fait plaisir à voir. Je vous imagine trépignant d’aise devant
l’écran de votre ordinateur. Vous avez raison pour l’Ortrud de Cristal.
Mais les votes étaient clos. Ce n’est que partie remise. Quant à la
labellisation dont vous parlez, c’est une idée brillante que je me
désespère de n’avoir pas eue. Elle reposerait toutefois sur une
connaissance fine des réalités locales. Ainsi, il n’est pas certain que
l’extinction des réverbères à dix heures du soir dans la bonne ville de
Troumeillan-les-Abois soit le signe d’une « vie culturelle zéro », car
il se peut que, quelque part, dans une cave, un pianiste ignoré de tous
donne en récital privé pour des amis troumeillannais l’intégrale des
transpositions de Liszt, dans une interprétation à faire pâlir d’envie
Lugansky ou Brendel. En tout cas, Epinal ne ferait pas partie de ces
villes épinglées par notre site : vous avez le bonheur de profiter d’un
Festival musical de très haut vol, et surtout de voir fleurir aux
devantures du moindre épicier ces images immortelles qui rappellent le
passé glorieux de notre glorieuse France, images qui jettent sur la
médiocrité de certains édiles se réclamant du suffrage populaire une
lumière cruelle et démystifiante – sans doute tirez-vous de leur
contemplation cette fierté de ton que j’aime tant, cette insolence
pleine de jovialité qui me ravit !
Je vous embrasse sur les deux joues
Sylvain
Monsieur,
J’ai entendu votre directeur à la radio l’autre jour. Il disait que
Forum Opéra n’avait aucune espèce de rentrée financière. Y a-t-il un
moyen d’apporter une petite contribution à votre site que je lis
fidèlement depuis bientôt quatre ans ?
Michel Van Haag – Bruxelles
Cher Michel,
Ce que vous avez entendu de la bouche d’or de notre aimable guide est
hélas véridique. Nous faisons nos réunions de rédaction dans une cave
que nous prête l’association Emmaüs et nos repas se composent de riz
pourri et de vin éventé. Nous ne sommes riches grâce au patrimoine
exceptionnel dudit guide, directeur de la publication. Encore ce
patrimoine est-il de plus en plus illiquide – se composant de
propriétés, d’œuvres d’art, de vaisselles anciennes plus que de bon
argent. Pour nous aider, le plus simple serait peut-être de vous porter
acquéreur de ce petit Ruysbroeck qui sera bientôt mis en vente par notre
directeur de la publication chez Sotheby’s à Londres. Guettez les
catalogues et faites monter les enchères ! Un autre moyen vous est
désormais fourni sur notre site : grâce au paiement sécurisé Paypal,
vous pourrez à tout moment verser votre écot à notre bonne santé
financière, donc morale et physique. Ce bon argent que vous nous
donnerez, nous en ferons le meilleur usage. D’ores et déjà, nous avons
repéré chez un antiquaire un alambic flambant neuf dans lequel nous
pourrons distiller des eaux-de-vie de qualité, de celles qui vous
donnent un tournis plein d’inspiration, vous chatouillent la plume, et
font naître dans nos colonnes les aperçus les plus saisissants, les
formules les plus percutantes, les jugements les plus justes et les
synthèses les plus spectaculaires. Vous pouvez aussi envoyer vos
bouteilles de vieux Cognac directement à la rédaction.
D’avance merci
Sylvain
Cher Sylvain Fort,
À l’heure où le scandale des caricatures du prophète Mahomet secoue le
monde libre, je suis consternée de constater que vous présentez
Catherine Scholler, rédactrice en chef de Resmusica.com, sous les traits
d’un gros chien qui bave (j’ai vu ça sur votre forum il y a quelques
jours !). Je ne vois pas non plus ce que votre allusion au nez de cette
dame apporte au très bel éditorial que vous signez ce mois-ci. Est-ce de
la misogynie ? Ne comprenez vous pas que des méthodes aussi douteuses
desservent votre site ? Forum Opéra est une très belle publication, je
n’en comprends malheureusement pas certaines dérives.
Nathalie Laumier – Paris
Nathalie adorée,
C’est avec une grande tristesse que je prends connaissance de votre
mail. Il est vrai que, suite à une erreur de montage, Catherine Scholler
n’apparaît pas dans le cadre aux côtés du grand José Van Dam et de son
fidèle labrador (répondant au doux nom de Gérard). En regardant bien à
droite, vous apercevrez le bout du nez de Catherine. Par quelle immense
confusion avez-vous pu penser que nous désignions le chien comme étant
Catherine ? Nous prenez-vous pour de vils garnements ? pour d’immondes
affabulateurs ? pour des plaisantins de bas-étage élevés au lait de
bique galeuse ? pour les victimes présumées d’une encéphalite
spongiforme galopante ? Ou bien avez-vous oublié de faire votre visite
annuelle chez l’ophtalmologue ?
Quant à ce nez balzacien, je ne vois vraiment pas ce qui vous chiffonne.
Connaissez-vous un écrivain plus puissant, plus enthousiasmant que
Balzac ? Et si j’avais parlé de son front hugolien ? de ses yeux
byroniens ? L’eussiez-vous mal pris ? Non, chère Nathalie, vous vous
méprenez par trop sur nos intentions, et ce degré de malentendu entre
nous m’arrache des larmes amères. Oui ! je pleure sur l’incompréhension
et l’incommunication, sur cette solitude foncière qui fait de nous des
êtres à la dérive, dérisoires brindilles sur un océan d’indifférence
voire d’hostilité sourde et muette. Auriez-vous un mouchoir, je vous
prie ?
Sylvain
Cher Sylvain,
Je suis atteint depuis plusieurs années d’un mal génétique qui me
consume et qui viendra bientôt à bout de mon énergie. Dans mon isolement
de plus en plus important, votre site m’a permis de me tenir au courant
des affaires de l’opéra. Ne pouvant plus sortir de chez moi depuis
presque cinq ans, vous comprenez que c’est très important. J’ai fait
quelques économies et j’aimerais savoir comment m’y prendre pour les
léguer à votre site quand ma dernière heure sera venue ? J’avoue aussi,
non sans rougir, que votre photo – qu’on trouve près de votre dernier
éditorial – m’a fait soupirer d’aise.
Musicalement,
Lucienne Simon – Bourg-en-Bresse
Chère Lucienne,
Permettez-moi de vous exprimer tout mon soutien, et celui de la
rédaction. Il est réconfortant de savoir que nous servons à soulager (un
peu) la douleur des êtres dans la difficulté. Nous avons tellement
l’habitude de nous faire injurier par des malotrus pétant de santé ! Je
dois, naturellement, refuser votre proposition financière. Nous n’en
sommes certes pas dignes. Je craindrais trop que certains responsables
du site en fasse un usage dispendieux et, pour tout dire, condamnable
(savez-vous que l’un de nos rédacteurs a été pris en flagrant délit
d’achat de films de Max Pécas ?). Toutefois, je vous indique par mail
séparé mes coordonnées bancaires. Quant aux compliments que vous
m’adressez sur mon physique, ils me touchent beaucoup – et ce d’autant
plus que la photo est très mauvaise et ne rend pas compte du rayonnement
sensuel et charismatique qu’on s’accorde à me reconnaître avec des
sifflements d’admiration baveuse.
Gros bisous
Sylvain
(Janvier 2006)
Monsieur,
Au moment des vœux, je voudrais en tant que
fidèle lectrice de Forum Opéra vous faire part de mon
agacement face aux dérives du Forum qui ressemble de plus en
plus à un lieu de rendez-vous pour des gens qui semblent se
connaître par ailleurs et faire montre de goûts
particuliers pour ne pas dire malsains. Je regrette que ce Forum ne
soit pas à la hauteur du site d’information. Faites
quelque chose ! Meilleurs vœux.
Liliane Chaise
Aubervilliers
Chère Madame,
Le site d’information est conçu
et réalisé par nos rédacteurs, avec le soutien et
parfois le contrôle du rédacteur en chef et du
rédacteur en chef adjoint. A ce titre, il est toujours porteur
d’une morale saine et des valeurs traditionnelles auxquelles nous
sommes attachés autant que vous. Nous nourrissons
également un sens aigu de l’esthétique, du bon
goût et de la belle langue. Sur le
« Forum » lui-même triomphent, j’en
conviens, l’obscénité et le dévergondage.
C’est en me bouchant les narines que je m’y connecte, et
j’y dépose parfois des rappels à l’ordre que
les visiteurs du Forum, odieux succubes vendus à Satan,
s’empressent de moquer, redoublant la violence ignoble de leurs
éructations diaboliques. Je ne puis que le regretter et
m’associer à votre indignation.
Tous mes vœux fraternels,
Sylvain
Cher Redac Chef,
Ou devrais-je dire « Réac
Chef » ? vous râlez, vous pestez, vous critiquez,
mais allez-y vous : chantez un peu, mettez un opéra en
scène, et après on en reparle ! Franchement en tant
que chanteur ça me dégoûte de devoir lécher
les bottes de gens qui se croient tout permis et croient tout
savoir !
Antoine G.
Toulon
Cher Antoine,
Vous avez raison, je ne suis qu’une
émanation fétide du néant, à peine capable
d’exhaler de temps en temps une haleine nauséabonde que
certains ont la bonté de considérer comme des
« points de vue ». Rien à voir avec les
notes puissantes et mordorées qu’exhale votre gosier
glorieux ni avec les stupéfiantes œuvres d’art que
les metteurs en scène offrent à nos regards.
Toutefois, je me permets de vous indiquer que j’apprécie
un mouvement lent et concentrique, sans trop de salive, et surtout sans
les dents, lorsque vous lécherez mes bottes pour que je
mentionne votre misérable figuration dans une production de
troisième ordre. D’avance merci.
Sylvain
Monsieur le Rédacteur en chef,
Je vous souhaite ainsi qu’à votre
équipe de très joyeuses fêtes.
J’apprécie beaucoup votre site mais je suis inquiet de ne
pas voir plus souvent traiter l’opérette car
c’est un genre tout à fait noble. Récemment
près de chez moi (j’habite une petite ville) une troupe
tout à fait valeureuse a représenté La Fille de
Madame Angot et ma foi c’était très bien et
très musical avec ces véritables artistes jeunes mais
très bien. Merci de votre réponse.
Henri Valoria (74 ans)
Cuers
Cher vieil Henri,
Nous aimons l’opérette, comme
vous. Nous n’en rendons que rarement compte parce que nous ne
sommes pas en contact avec les personnes chargées d’en
assurer la promotion. Nous le déplorons, car nous passerions
très volontiers certaines de nos soirées dans des salles
surchauffées fleurant bon le Petrol Hahn et l’eau de
Cologne ou de rose à contempler les simagrées lamentables
de prétendus chanteurs grimés comme des clowns de bas
étage, et à nous ruiner les tympans au son de leurs
criailleries stridentes ornant des textes ineptes supposés
bâtir une intrigue vraisemblable mais justifiant surtout le
mépris complet où les gens de goût tiennent ce
genre. Comme vous toutefois, nous sommes également très
intéressés par la quantité presque absurde de
nichons et de fesses qu’exposent bien souvent les productions
dont semblent être friandes les surveillantes
générales de maisons de retraite, mais nous avons
d’autres adresses pour cela, je vous les communiquerai par lettre
séparée.
Bien à vous, et bonne année,
Sylvain
Cher Sylvain,
Merci pour votre site. Comme vous êtes
souvent à la limite de la diffamation, je vous propose de vous
épauler dans toutes vos démarches juridiques. Bien
à vous.
Maître D., avocat au barreau de Bordeaux
Mérignac
Cher Maître,
Merci de votre offre de services. Nous sommes
déjà « épaulés » par
deux des meilleurs avocats de la place, l’un à Paris,
l’autre à Bruxelles. Cette année, nous avons
gagné tous nos procès, et avons pu empocher de
très juteux dommages et intérêts que nous avons
pour partie (une fois déduites les charges fixes du manoir
normand hébergeant notre site) reversé aux veuves de ceux
qui, après nous avoir accusés à tort,
s’étaient, pour laver l’affront de leur échec
devant les tribunaux et rétablir l’honneur de leur
lignée, suicidés d’une balle dans la bouche.
Cordialement vôtre
Sylvain
Chère équipe de Forum Opéra,
Joyeux Noël à vous tous. J’ai
une question, j’espère que vous pouvez
répondre : comment fait-on pour écrire dans Forum
Opéra ? Amicalement.
Elodie Rodinski (21 ans)
Roubaix
Chère Elodie,
Merci de vos bons vœux. Je me permets de
répondre à votre question au nom de la Rédaction
de Forum Opéra. La réponse est très simple :
il faut avoir du talent. C’est-à-dire réaliser
l’alchimie si rare et si mystérieuse d’une
compétence inattaquable en matière d’opéra
et, plus largement, de répertoire vocal, et d’une plume
alerte apte à décrire les moindres nuances d’une
représentation ou d’un enregistrement. La beauté
physique qui caractérise les membres de la rédaction
n’est qu’une option, mais nous ne voudrions pas
déparer nos réunions de rédaction en favorisant
l’embauche de quelque gnomesse hideuse. Merci donc de
m’envoyer votre photo de face, en pied et en maillot de bain.
A bientôt j’espère,
Sylvain
(Décembre 2005)
Monsieur le rédacteur en chef,
En tant que fidèle lecteur de Forum Opéra, je voudrais vous féliciter de
tout le travail réalisé depuis quelques mois. La ligne éditoriale, la
rigueur des articles, le renouvellement des contributions, la pertinence de
vos éditoriaux - et leur humour ravageur - m'emplissent de joie ! Comme je
regrette que tant de gens autour de moi ne connaissent pas votre site : il
devrait être remboursé par la Sécurité Sociale, car il a un double effet
rajeunissant et éducatif ! Je me charge d'en faire la promotion auprès de
tous mes amis !
Respectueusement,
Berthille Lamarque
Nancy
Chère Lectrice,
Vos compliments me vont droit au coeur. Les équipes de Forum Opéra font de
leur mieux pour vous informer et vous donner de quoi réfléchir. Nous
poursuivrons notre tâche malgré les animosités et les jalousies que cela
nous vaut trop souvent.
Sylvain
Monsieur,
Je suis un lecteur assidu de votre site, le seul à donner une idée vivante
et éclairante de l'opéra tel qu'il est aujourd'hui. Je regrette toutefois
que vous ne couvriez pas toutes les productions de l'Opéra de Paris, entre
autres. Pourquoi ce manque d'exhaustivité ?
Jean-Gilbert Glum
Sarrebourg
Cher Lecteur,
Vous soulevez là un problème épineux et douloureux. Nous ne souhaitons pas
fondamentalement le mettre sur la place publique, mais enfin, il faut aussi
que nos lecteurs sachent la vérité. Cette vérité, c'est que les sites
internet ne sont pas les bienvenus dans nombre de théâtres lyriques. Les
excès du passé (sites fantômes, ou peu professionnels, ou malséants...) ont
valu aux sites sérieux comme le nôtre une très grande méfiance de la part
des attaché(e)s de presse. Nous le comprenons et nous en expliquons le plus
ouvertement possible avec les théâtres. Nous avons ainsi pu être accrédités
- non sans réserves et contraintes, il est vrai - au Châtelet et à l'Opéra
de Paris. Toutefois, concernant cette dernière maison, nous n'avons pas
pour autant cessés d'être en butte à une hostilité manifeste, arbitraire et
très désobligeante, allant jusqu'au souhait clairement exprimé de
s'immiscer dans le contenu rédactionnel. Nous couvrons donc la saison de
L'Opéra de Paris par nos propres moyens c'est-à-dire par le biais de nos
rédacteurs abonnés, ce qui évidemment nous interdit toute exhausivité, mais
garantit une totale liberté de parole et d'expression, dont nous faisons un
usage absolu et inconditionnel.
Meilleures salutations,
Sylvain Fort
Monsieur le Rédac chef,
Votre édito sur Deschamps est nul. C'est scandaleux de contester un type
qui n'a encore rien fait. Vous n'aimez pas les Deschiens ? Eh bien moi ça
me fait mourir de rire. Tous les goûts sont dans la nature ! Et puis,
rassure-toi, espèce de vieux réactionnaire, il a dit qu'il ne ferait pas
les Deschiens à l'Opéra Comique, alors de quoi te plains-tu ?
Cédric Humbert
Paris
Cher ami,
Tout d'abord, je ne suis pas un vieux réactionnaire, mais un jeune homme
fringant qui trouve que les Deschiens puent le renfermé et le mépris de
classe, camarade. Ensuite, permets-moi de te dire que je ne reproche pas à
Deschamps ce qu'il va faire, puisque par définition je ne sais pas ce qu'il
va faire. Relis mon éditorial entre deux Club des Cinq. Prends une loupe,
si besoin : la mas tur bation t'a fait baisser la vue, comme disait ma
grand mère. Ce que je reproche à Deschamps c'est de devoir sa réputation et
donc son élection aux Deschiens, et de jurer qu'il ne le refera plus - il a
honte ou quoi ? Bref, c'est comme si je te choisissais comme garde du corps
pour ta mauvaise haleine légendaire et que tu te présentais le lendemain
les dents propres et la langue nettoyée. L'autre point, c'est que
Deschamps avait un programme, mais on voit bien qu'il est vague,
opportuniste et de court terme : pas moyen de savoir quoi que ce soit, il
nous arrose de généralités consensuelles, brossant tout le monde dans le
sens du poil, de Minkowski à Pierre Boulez en passant par ta mère. Donc :
nomination purement politique.
A la revoyure,
Sylvain
Cher Monsieur,
Je trouve Forum Opéra super, et même de mieux en mieux ! Le Forum m'amuse
beaucoup, même si je n'y participe pas en raison de mon âge (67ans). Mais
mon neveu (19 ans) s'y connecte tout le temps avec son pseudo que je ne
cite pas si vous permettez. Par contre, ce n'est pas très pratique
internet, il faudrait un journal en papier pour prolonger la lecture, ce
serait bien : pourquoi pas reprendre Opéra International ?
Amicalement vôtre,
Yves Recoing
Bordeaux
Cher lecteur,
Merci de vos impressions. Concernant Opéra International, sachez
tout d'abord que notre lectorat est de trois à quatre fois plus
important.
Toutefois, les magazines papier ont leur intérêt. Il
faudrait relancer Opéra International, ou un autre journal - on
parle beaucoup ces temps-ci de la publication d'Opéra Magazine
-, et le faire bénéficier du savoir-faire des
déjantés du web. Comme dit Bill Gates : "internet est le
seul avenir de la presse" ! Parole d'augure !
Amicalement,
Sylvain
Sylvain,
Êtes-vous Camille de Rijck ? Je me le demande parce que Camille n'écrit
plus dans le magazine, alors qu'il était omniprésent. Pouvez-vous prouver
votre existence ?
Merci
Maximine Jacquier
Laon
Chère Maximine,
Les personnes à qui j'ai prouvé mon existence constituent aujourd'hui un
petit cercle d'adorateurs et surtout -trices privilégié(e)s que je ne
souhaite pas agrandir à ce jour, étant marié et père de famille. Apprenez
toutefois que Camille est resté directeur de publication de Forum Opéra. A
ce titre, il donne toujours son avis sur le magazine, et perçoit
d'importants dividendes financiers annuels suite à l'introduction en bourse
du site. Vivant désormais à La Barbade, il s'est un peu éloigné des
réalités du monde de l'opéra. Toutefois, vous retrouverez sa griffe
inimitable sur le Forum, où il continue de sévir sur tous les sujets lui
permettant de manifester son esprit caustique et de montrer sa grosse
verve.
Amicalement,
Sylvain
De : JJ. Mathieu (France)
(août 2005)
Bonjour ,
Je suis très surpris de n'avoir lu jusqu'à présent aucune critique de
Elektra, une des nouvelles productions de la saison 2004 / 2005 de l'opéra de
Paris.
J'ai pu assister à l'une des représentations et j'ai été très impressionné
par la mise en scène ; j'aurais aimé connaître l'avis de vos critiques .
J'observe aussi que la dame de pique , production de l'opéra de Paris en mai ,
n'a
fait l'objet d'aucune critique non plus . J'attends aussi avec impatience une
critique de la nouvelle production de cosi fan tutte à Aix mais je crois qu'elle
va être diffusée prochainement sur Arte . Désolé pour ces commentaires mais ,
ceci étant , je continue à consulter votre site avec beaucoup d'intérêt . J'y
découvre entre autres que de nombreuses scènes lyriques qui n'ont pas la
réputation de celles des grandes capitales,
produisent des spectacles passionnants .
Meilleures salutations
Cher lecteur,
Vous offrez vous-même la réponse la plus adéquate à votre question :
nous sommes convaincus de l'importance des grandes scènes nationales,
mais attachons une attention toute particulière aux scènes moins
visibles, proposant souvent un travail de haute valeur. Malgré nos
requêtes nombreuses, le don d'ubiquité ne nous a hélas pas été accordé
à ce jour - et il nous arrive donc de ne pas couvrir tous les
spectacles ! Ajoutons que le service de presse de l'Opéra de Paris a
engagé une politique malthusienne devant la prolifération de sites
internet dépourvus de sérieux. Nous avons attiré l'attention de l'Opéra
de Paris sur la longévité et la rigueur de notre site. Nous espérons
n'être pas victimes de la vaste "remise à plat" qui s'opère ces
temps-ci, et assimilerait regrettablement Forum Opéra aux
sites-vitrines créés par des malandrins dans l'espoir de capter des
places de presse pour leur seul agrément. Merci en tout cas de vos
encouragements, qui nous touchent beaucoup.
Meilleures salutations,
Sylvain
De : Scylla Ravignon (Paris)
(13/07/05)
Cher Rédac Chef,
Je suis moi même le rédac chef d'un site internet consacré à la littérature,
plutôt en fait noire, trash, beat, etc. On a décidé d'arrêter la musique, parce
que ça n'intéresse pas les gens. Par contre, moi je suis fan d'opéra : allez
comprendre ! Je me disais qu'on pourrait tenter des échanges entre votre site et
le nôtre, que ça enrichirait le débat....... pour moi, l'opéra est aussi un
genre trash vraiment, qui sue qui pue qui hurle c'est pour cela que j'aime bcp
Berg, mais aussi Verdi , ou carrément les transsexuels chez Monteverdi --- je
suis fan de Laurent Péli et des mises en scène trash ou de Pete Sellars.
J'aimerai aussi écrire un dossier sur la poésie de Dantec et son rapport avec
l'opéra contemporain . Pour moi, Eminem est un grand baryton, c'est pas comme
Florent Pagny !
Cher confrère,
J'aime à voir que les amateurs d'opéra savent donner à leur goût une épaisseur
charnelle, au lieu de résumer l'art lyrique à d'évanescentes poses et
d'immatérielles extases. J'accepte d'enthousiasme votre proposition, toutefois,
je suis contraint par les règles internes du site de soumettre cet échange à
l'approbation du directeur de la publication. Or, vous n'ignorez sans doute pas
que Camille de Rijck présente tous les traits du parfait réactionnaire, et a
bloqué le compteur à 1860, portant haut la nostalgie d'un dilettantisme et d'un
esthétisme de classe qui ont fait leur temps, comme l'ont fait les cocottes et
les fracs. A bientôt j'espère.
Sylvain
De : Albert Cieutat (Nantes)
(12/07/05)
Monsieur,
Je veux vous féliciter pour votre éditorial, qui nous convie à ne pas écouter de
musique cet été. Je pense que c'est ce genre de recommandations stupides qui
rend les gens bêtes, les détourne de la culture et de la connaissance.
Finalement, vous préférez ceux qui bouffent des frites sur la plage ou qui
jouent au foot au camping : ça, c'est sain, ça c'est les vacances, pas la
musique, les festivals, la Culture ! Je suis très déçu qu'un site comme le vôtre
se fasse le défenseur de ce poujadisme culturel !
Cher lecteur,
Vous avez raison : pour ma part, je passerai mon été à m'asperger de monoï et à
disputer la Coupe des Canards, qui est à la pétanque ce que le Tour de France
est au cyclisme. Du reste, je ne perdrai pas une miette des retransmissions qui
nous permettront de voir Lance Armstrong remporter son septième Tour. Le reste
du temps sera consacré à la dégustation de mon anisette et à la contemplation
émue de l'élection de Miss Champougnac-les-Vagues. Plus sérieusement, cher
lecteur, je vous invite à distinguer le poujadisme du juste éloge de ce que
l'été offre à nos organismes et à nos méninges épuisés. Vous ne me ferez pas
croire que le Nantais que vous êtes ne se lancera pas sur l'océan à la barre de
son fier voilier, flèche silencieuse sur les flots, et ne renoncera pas au
Festival d'Art Lyrique des Amateurs de Chouchen au profit de la contemplation
extatique d'un coucher de soleil sur la côte sauvage. Bref, je ne persiste à
vous convier à un usage raisonné des saisons.
Sylvain
De : Bruno Maret (Toulon)
(23/05/05)
Bonjour,
je n'adhère en rien à votre critique du Don Juan de Marseille. J'ai assisté à la
représentation du 14/05. Un spectacle réussi est une alchimie dans laquelle il
faut aussi de la modestie et de l'esprit, et là, hors la satisfaction évidente
du chef de sa propre direction, tout tombait à plat. Et les très belles
prestations de Zerline, de Don Ottavio et du Commandeur restent isolées et n'ont
fait que mettre en évidence la triste platitude de l'ensemble de la
représentation : Direction, chant, mise en scène laissent un goût d'inutile et
de gâchis. L'on santait bien que chacun tentait de s'investir, mais les graves
carences vocales de Donna Anna dont on ne distinguait pas la ligne de chant, la
transparence de Don Juan et de Leporello et la direction qui ne nous offrait
qu'un magma sonore, ont eu raison de toute résolution de prendre plaisir. Un
spectacle peut être réussi malgré des imperfections quand il est animé d'un
certain esprit. C'est ce qui manquait finalement le plus.
Cher lecteur,
Tout d'abord, merci de votre lecture attentive et engagée de nos comptes rendus.
J'ai moi-même assisté à la représentation de Don Giovanni, pas le même jour que
vous il est vrai. J'ai noté comme Maurice Salles de grandes qualités, et des
défauts pour le moins frustrants. Toutefois, vous conviendrez avec moi que
l'enthousiasme de notre collaborateur est argumenté, voire documenté - il me
plaît qu'il ait su découvrir dans cette représentation des intentions, une
cohérence, qui ont su le conquérir. Que mon point de vue diverge légèrement du
sien n'est pas pour me gêner, et que le vôtre en diverge radicalement ne
saurait empiéter sur les privilèges de la subjectivité. En quelque sorte, c'est
à ceux-ci que nous rendons hommage en publiant votre intéressant courrier.
Bien cordialement
Sylvain
De : Danièle Just (France)
(19/05/05)
Bonjour,
J'admire depuis longtemps ce que fait François Leroux et j'aime profondément la
musique. En cliquant je découvre votre magazine.
Comment devenir une abonnée ? .. j'habite un minuscule village perdu mais situé
entre les Chorégies d'Orange et le Festival d'Aix en provence ..
à bientôt.
Danièle Just
Chère Madame,
Je vous remercie de vos chaleureux encouragements. Sachez que notre site est
intégralement gratuit et ne fonctionne pas sur le système financièrement juteux
mais moralement douteux de l'abonnement. Pour obtenir toutes les nouvelles que
vous souhaitez, il suffit de vous connecter régulièrement, les mises à jour se
faisant globalement hebdomadairement.
Vous êtes également bienvenue sur notre Forum.
Comme vous, je suis un grand admirateur de François Le Roux. Il nous serait aisé
de vous adresser de lui une photo amicalement dédicacée, car Forum opéra, comme
vous le savez peut-être, entretient avec lui des relations amicales.
Avec mes meilleurs hommages,
Sylvain Fort
De : Damien Roulier - Roubaix
(France)
(16/05/05)
Monsieur le rédacteur en chef,
Je prends la plume aujourd’hui parce qu’étant un amateur d’art lyrique je sais
que je trouverai sur votre site les informations que je recherche avec beaucoup
de persévérance depuis des années déjà. Je suis un admirateur forcené des
grandes voix de l’opéra et je suis en train d’écrire une nouvelle biographie de
Maria Callas. Sur un autre sujet, je suis aussi un admirateur ébloui de Madame
Von Otter qui pour moi, de ce que je vois ici à Roubaix, est le symbole de la
beauté et du succès de l’art vocal de notre temps. Toutefois je me serais laissé
dire que Madame Von Otter a récemment subi une opération lui permettant
d’interpréter Kundry à Nancy en 2007. Etant grand admirateur, je voudrais savoir
si cette information est exacte et qui chantera Parsifal si cette information
est disponible mais je ne l’ai pas trouvée sur le site de Nancy.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le rédacteur en chef, mes plus sincère
remerciements et bravo pour votre site.
Cher lecteur,
Je ne puis m’empêcher de sourire à la lecture de votre lettre. Non que j’y
trouve quelque blâmable naïveté. Mais enfin, vous conviendrez que si Madame Von
Otter, suite à une banale opération, était en mesure de chanter Kundry en 2007,
je serais moi-même en train de coiffer la tiare papale ou de remonter le fleuve
Amazone en dos crawlé. Votre admiration, tout à fait légitime, et que nous
partageons tous, pour Anne-Sofie Von Otter, ne saurait vous égarer à demander
l’impossible, eussiez-vous le cœur vaillant. En revanche, il nous est permis
d’annoncer que la grande Anne-Sofie (1,83m) prépare chez Deutsche Grammophon un
enregistrement consacré au répertoire suédois le plus idiomatique, puisqu’il
reprendra les succès planétaires du groupe Abba. Gageons que cela ouvrira des
perspectives à tous ses confrères et rêvons d’entendre Bryn Terfel dans le
répertoire de Meatloaf, Simon Keenlyside reprendre les standards de Serge
Gainsbourg et Roberto Alagna les tubes de Mariano !
De : Vlassios Greibich - Metz (France)
(16/05/05)
Monsieur le rédacteur en chef,
J’ai ouï dire qu’Angela Gheorghiu a récemment annulé sa participation à l’Edison
Gala d’Amsterdam parce que son nom était écrit trop petit sur l’affiche. J’ai
ouï dire aussi que c’était fini entre elle et Roberto : pendant qu’elle était à
Amsterdam, il était à New York et ils n’auraient plus de projets communs, ni au
disque ni sur scène, que par contre Angela ne serait pas insensible aux charmes
d’un chef d’orchestre barbu exerçant aux Pays-Bas, et que …
Cher Vlassios,
Je me suis permis de censurer quelque peu votre lettre ; vous voudrez bien m’en
excuser. Je tenais toutefois à en reprendre les premières lignes, tant cette
missive a suscité en moi de colère et d’indignation. Il me semble que vous allez
chercher vos informations dans les détritus des publications les moins
honorables, et ajoutez foi à des ragots ignobles qui déshonorent le milieu
pourtant distingué des amateurs d’opéra. Comment contenir la nausée qui me prend
à la lecture d’allégations dictées manifestement par la malveillance la plus
putride ? comment ne pas y reconnaître l’effet délétère d’une jalousie
écoeurante qui puise ses racines dans le métalent, la nullité et la bêtise ?
Décidément, il est interdit, dans ce pays, d’être riche, heureux et célèbre !
Les raisons qui ont poussé Angela à annuler sa participation n’ étaient, ne vous
déplaise, que professionnelles : le vilain temps d’Amsterdam, ses canaux
humides, ses nuits glaciales ont eu raison de son gosier adamantin ; songez
plutôt à la triste soirée qu’elle a dû passer dans sa chambre d’hôtel, aphone,
loin de son mari retenu aux Etats-Unis pour y chanter un Faust glorieux – cette
pensée vous ôtera l’envie de déverser sur sa précieuse personne les tombereaux
d’ordures que je me félicite d’avoir remis à leur place : la poubelle.
De: Joseph Pinto - Liège (Belgique)
(16/05/05)
Monsieur le rédacteur en chef,
Je sais que vous ne publierez pas cette lettre : ça me donne encore plus de
raisons de ne pas mâcher mes mots. Soyons clairs : je trouve que le métier de
critique musical est [dégoûtant]. C’est vraiment le seul moyen qu’ont trouvé des
artistes ratés pour se faire de la pub sur le dos des vrais artistes. Quand on
lit la haine Madame [ici est cité le nom d’une consoeur respectée, appartenant à
un grand quotidien français du soir] qui s’essuie les talons sur [le faciès] de
chanteurs et de chanteuses qui font bien leur métier, on a envie de [vomir].
[Zut] à la fin ! Quand est-ce qu’on comprendra que les artistes ne travaillent
pas pour les deux ou trois [personnes intellectuellement limitées] qui sont
venues les écouter [à titre gracieux], mais pour tous les autres, souvent pas
très savants, mais souvent aussi dotés d’une sensibilité musicale indiscutable !
Bref, vous êtes pour moi un ramassis de [personnes à l’hygiène approximative]
payés à [ne pas dépenser une énergie significative], je vous [estime peu] et
même, je vous [enduis de matière fécale]. Je ne vous salue pas.
Cher Monsieur,
N’allez pas croire que c’est pour le seul plaisir de vous contrarier que je
publie tout de même votre lettre. La présence parmi les lecteurs de Forum Opéra
de jeunes personnes m’impose toutefois de rehausser le niveau verbal de votre
missive ; vous le comprendrez j’en suis certain. Votre opinion est des plus
reçues, et a pour elle le suffrage des artistes depuis fort longtemps. Je trouve
comme vous assez comique que l’on puisse contester les capacités de tel ou tel
interprète alors même que l’on est, à titre personnel, bien incapable de chanter
la moindre phrase sans faire songer aux jappements d’un chien égrotant. Cette
incapacité est une souffrance, qui se transfigure de deux manières. La première
manière, c’est l’envie, la jalousie, l’aigreur du nain devant les géants ; ce
n’est que trop humain, et sans doute peut-on déplorer chez certains confrères
décédés aujourd’hui – car nos contemporains immédiats ne présentent fort
heureusement aucun de ces travers – une hargne virulente masquant mal le
sentiment rageur d’une douloureuse impuissance artistique. De la même façon,
vous verrez des hommes contrefaits et puants accabler la moindre femme dotée de
quelque charme d’invectives odieuses et pornographiques. La jeune femme en
question s’en remettra dans les bras d’un bellâtre fortuné, mais l’artiste, lui,
ne peut toujours interdire aux flèches empoisonnées d’atteindre son cœur
sensible – et nous avons vu trop souvent certains d’entre eux mettre un terme
prématuré à leur carrière, ou à leur existence, à force de lassitude et de
blessures face à la rage ardente de certains critiques. L’autre manière, c’est
de tirer de ses propres insuffisances la matière d’un respect inconditionnel,
lui-même terreau d’admirations sans mélange. L’amour du beau et du bon a ceci de
particulier qu’il actionne dans le cœur l’énergie du partage : c’est cela qui
anime nos rédacteurs, et rien d’autre. Vous conviendrez toutefois, cher lecteur,
qu’il vous est arrivé de concevoir, assistant à certains spectacles, que le
statut d’artiste est trop exigeant pour être accordé à de vaines poules qui
confondent caquet piaillant et colorature, ou encore à des bûcherons sortis tout
droit du paléolithique et qui ahanent leurs notes avec la sensibilité d’un
billot. Ceux-là, il est aussi de notre devoir de les traquer et de les frapper
d’indignité : non parce que nous nous considérons comme plus capables qu’eux de
tenir une ligne de chant, mais parce que nous devons sauver notre Art favori des
approximations de ceux qui, supposés en être les grands prêtres, en sont si
souvent les lugubres fossoyeurs.
De: Camille De Rijck - Bruxelles (Belgique)
(16/05/05)
Monsieur le rédacteur en chef,
Cher Sylvain,
Je profite de cette nouvelle rubrique pour exprimer ma satisfaction la plus vive
quant à ta récente nomination au poste que j'occupais jadis avec le talent et la
fortune que tu sais (et envies - sentiment bien humain à défaut d'être
fair-play). Ta sagesse proverbiale et ta grande expérience du métier de
rédacteur - qui fit la joie de publications prestigieuses - sont à présent
nôtres et je ne puis m'empêcher, en écrasant une larme, de me féliciter de ta
nomination. Le choix fut pourtant cornélien car à nos portes se pressait la fine
fleur du monde de la critique, on vit dormir sous mes fenêtres la correspondante
d'un grand quotidien français de centre-gauche qui au bout de trois jours de
sitting n'avait plus d'autre argument que d'exhiber sa poitrine volumineuse sur
laquelle elle avait fait tatouer des promesses éternelles à ma seule attention.
Un romancier et critique célèbre au patronyme espagnolisant me fit envoyer une
dizaine de kilos d'or, en importation directe des Indes et un sympathique
psychopathe moustachu, ancien rédacteur en chef d'une publication fameuse et
président désormais aux destinées d'une grande maison d'opéra italienne alla
jusqu'à renier sa haine de Montserrat Caballé et son amour pour June Anderson en
espérant -le naïf- que mes appétences se détourneraient de celui qui avait été
initialement choisi pour occuper tes fonctions, à savoir: toi. Car dans ta
Jaguar flambant neuve et derrière ta plume gracieuse que t'envient nos plus
illustres prosateurs, de Tite-Live en passant par Florian Zeller, un air
fabuleux de Gatsby le magnifique émane de toi et seul un tel charisme serait à
la fois en mesure de tenir en respect les fauves qui peuplent notre rédaction et
de ne pas trop souffrir du souvenir que mon talent aura laissé à cette
rédaction. En somme, cher Sylvain, permets-moi de t'adresser un compliment qui
t'ira droit au coeur: tu es digne de moi et sois-en fier.
Cher lecteur, et respecté confrère,
La vive sensibilité qui est la mienne ne peut brider les larmes que ma modestie
voudrait contenir. C'est moins la reconnaissance accordée à mon modeste génie
que la perspective inespérée de me voir hisser à un rang m'autorisant
l'illusoire pensée d'un début de ressemblance (reflet furtif sur un miroir
déformant) avec ton auguste talent, qui me jette dans des manifestations
lacrymales irrépressibles, pour la plus grande surprise de mon entourage, qui
voit en moi un homme froid, sûr de son excellence et pétri de cette morgue
distante qui signale les esprits supérieurs. Ainsi, je vais par les rues,
exhibant mes yeux rougis et mes paupières tuméfiées au regard de passants
stupéfaits et curieux - les sots ! s'ils savaient ! mais il semble que ce soit
notre destin de hanter seuls et incompris les hauteurs glacées où le grand Art
rejoint l'expression la plus pure de l'Intelligence - c'est un bonheur sans
mélange qu'être admis par toi à fouler de mon pas prudent les salles riches et
vastes de ce palais réservé aux Elus, qu'on appelle Elysée, ou encore Walhalla.
Si vivement ému par ce salut que tu m'adresses, je ne puis non plus m'interdire
la crainte de voir les rédacteurs de Forum Opéra établir sans cesse la
comparaison entre mon maigre savoir-faire et tes fulgurances répétées. Sache
d'ores et déjà que ma place sera toujours la tienne, que nos portes te restent
grand ouvertes, et que nous t'accueillerons au plus haut rang au moindre de tes
signes - je te vois déjà, revenir harassé, bourbeux, tanné par le soleil des
espaces lointains, le regard plein encore de pays inconnus et d'êtres rares,
déguenillé comme les princes seuls savent l'être, quémandant d'une voix
rocailleuse ayant oublié les sons de nos parlers françois ton trône : eh bien,
crois-moi, ce jour-là, tu n'auras pas à regretter de m'avoir nommé aux dépens de
noms prestigieux et de personnalités reconnues, car alors, oui, alors, tu
pourras toujours courir pour reprendre ce siège que j'ai amplement mérité et qui
me revient désormais de droit.
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