Le neveu de Rameau en musique

Par Jérôme Giersé | jeu 06 Novembre 2008 | Imprimer
Le cycle Musique et Poésie du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles s’invite à l’opéra. Le spectacle présenté au Théâtre Royal de la Monnaie le 15 novembre prochain explorera l’univers foisonnant de Diderot, ami et défenseur d’un des musiciens les plus modernes mais aussi les plus décriés de son temps : Jean-Philippe Rameau. Ambiance de taverne et débats échevelés autour de l’art, et d’une société encore étrangement actuelle…
Parce que Musique et Poésie s’intéresse à tous les répertoires, au-delà des âges et des frontières, l’occasion était trop belle de présenter, dans le cadre de la semaine « Rameau » de Bozar Music, un spectacle consacré au lien privilégié unissant Denis Diderot et « le père de l’harmonie moderne ». Décrié par nombre de ses contemporains (Rousseau en tête), Rameau n’aura de cesse de défendre son art, soutenu dans l’ombre par l’indéfectible amitié de Diderot.
Véritable épine dorsale du spectacle, Le neveu de Rameau est une joute verbale d’une prodigieuse virtuosité : Lui et Moi, deux facettes aussi différentes que complémentaires d’une même vision du monde, dialoguent à bâtons rompus autour de sujets diversifiés tels que la morale, le génie, l’éducation, l’art… C’est toute une époque qui transparaît à travers cet ouvrage unique en son genre, à la fois tragique et burlesque, plein de sagesse et traversé d’un puissant vent de folie.
Le spectacle proposé par Musique et Poésie suit l’auteur à travers certaines de ses pages les plus brillantes et met l’accent sur la très grande proximité de ton qui caractérise le texte de Diderot et la musique de Rameau. Le choix de la personnalité de Jean-François Rameau, ce neveu décrit comme « un composé de hauteur et de bassesse, de bon sens et de déraison », permet à Diderot d’évoquer largement le « cher oncle » et sa modernité. Un style d’une apparente négligence, où se côtoient le bas et le sublime, le grave et le fantasque, marque d’un même sceau le langage du poète et du musicien.
Le comédien Sébastien Dutrieux donne la réplique à la soprano Céline Scheen et au baryton Alain Buet dans un dialogue où se croisent musique, philosophie et littérature. L’ensemble « Les Ambassadeurs » emmené par le jeune chef Alexis Kossenko est lui aussi un acteur à part entière. A mi-chemin entre l’opéra et le théâtre, le spectacle mis en espace par Sybille Wilson, rassemblera sur scène près d’une vingtaine d’artistes, au sein d’un projet inédit, conçu comme un événement transversal original et fort.
Jérôme Giersé
 
 Le Neveu de Rameau, samedi 15 novembre 2008 à 20h30, Bruxelles (La Monnaie, Salle Fiocco) - Les Ambassadeurs (direction Alexis Kossenko), Céline Scheen (soprano), Alain Buet (baryton), Sébastien Dutrieux (comédien ), Sybille Wilson (mise en espace)
 
 

 

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