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	<title>Nader ABBASSI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nader ABBASSI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>MEYERBEER, L&#8217;Africaine &#8211; Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/meyerbeer-lafricaine-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Oct 2023 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’épidémie de Covid avait entraîné le report de cette nouvelle production de L’Africaine à l’Opéra de Marseille, où elle vient d’ouvrir la saison dans une version de la partition très proche de celle qui avait été donnée à Strasbourg. Rappelons que Meyerbeer écrivait beaucoup de musique et procédait, au fil de l’avancée des répétitions, aux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’épidémie de Covid avait entraîné le report de cette nouvelle production de <em>L’Africaine </em>à l’Opéra de Marseille, où elle vient d’ouvrir la saison dans une version de la partition très proche de celle qui avait été donnée à Strasbourg. Rappelons que Meyerbeer écrivait beaucoup de musique et procédait, au fil de l’avancée des répétitions, aux ablations qui semblaient nécessaires pour renforcer l’impact dramatique. Comme il mourut avant la création, en 1865, ces ajustements furent laissés par l’Opéra de Paris à l’initiative de son contemporain François-Joseph Fétis, dont les choix furent discutés aussitôt puisqu’une édition rivale parut chez l’éditeur allemand Bote &amp; Bock où figurait du matériel musical et vocal que Fétis avait écarté.</p>
<p>Autant dire que, comme les témoins de la création, nous ne savons pas ce qu’aurait été la version choisie par le compositeur et que l’œuvre que nous connaissons ne correspond probablement pas exactement pas à ses volontés, ni même son titre, auquel il avait pensé avant de lui préférer <em>Vasco de Gama</em>. Autant dire que ce que nous entendons n’est peut-être pas la composition originale, dans la mesure où elle réclame un orchestre pléthorique – quatre harpes, au moins douze saxophones. Autant dire que notre perception ne peut de toute façon s’étonner des innovations sonores qui enchantaient les admirateurs de Meyerbeer. Et autant constater que ce que nous voyons n’est pas un « grand spectacle », genre duquel relève le « grand opéra » puisque le mettre en scène fidèlement impliquerait le déploiement de moyens humains et matériels hors de portée des théâtres actuels.</p>
<p>Ceci étant posé, nous sommes sorti satisfait de la représentation, et les clameurs finales qui ont salué la fosse et le plateau prouvaient l’enthousiasme des spectateurs. Premier motif de satisfaction, une exécution musicale qui dès l’ouverture, convainc par sa précision : les couleurs, le modelé, les inflexions,  les échos, les volutes, les contrastes, on ne résiste pas à la séduction. L’admirable est qu’elle va durer sans aucun fléchissement. <strong>Nader Abbassi,</strong> venu remplacer le chef initialement annoncé dont il a adopté la version, maintient un équilibre quasiment idéal entre la fosse et le plateau et remporte à juste titre un triomphe personnel pour sa direction qui allie le lyrisme et la fermeté. Un pur moment de bonheur : l’interlude au début de l’acte III où l’hommage à Berlioz est rendu avec le raffinement espéré.</p>
<p>Au lever du rideau le décor révèle la salle du Conseil où les grands du royaume de Portugal vont voter en faveur ou non d&rsquo;une expédition maritime pour connaître le sort de l’explorateur Bartolomé Diaz. Un plafond haut bordé d’une corniche surplombe un vaste espace où deux blocs de sièges bas annoncent les antagonismes. Sur le mur du fond le blason royal se détache en relief. Quelle mouche a donc piqué <strong>Katia Duflot</strong> pour qu’elle habille Inès et sa suivante Anna en mode « newlook » du début des années 1950 ? Comme toujours avec elle, ces costumes sont très élégants. Passons sur les uniformes des hommes, moins datés à nos yeux, même si anachroniques. Pourquoi avoir choisi ce hiatus ?  Heureusement, le camaïeu des couleurs des saris et des kurtas a un charme qui compense la déception.</p>
<p>Ce dispositif scénique minimaliste, signé <strong>Emmanuelle Favre</strong>, évolue d’un acte à l’autre à la faveur de précipités. Pour la prison, le plafond s’est abaissé, les sièges ont disparu et le mur du fond est nu, sans ornements. Au troisième acte, la corniche est dans les cintres et le spectateur découvre d’abord une mer étale sous un ciel entièrement dégagé, avant que les vidéos de <strong>Camille Lebourges</strong> n’ennuagent progressivement le ciel jusqu’au déchaînement de la tempête. C’est spectaculaire, mais on se prend à douter que les assaillants se soient lancés à l’abordage au milieu des flots déchaînés. A l’acte IV un escalier central sert de lien entre le plateau profane et les espaces sacrés invisibles. Au dernier acte, pas de mancenillier mais la mer calmée, l’horizon immobile et dans ce cadre, un cadre où Selika cherche la mort. L’épure est séduisante et suffisante ; à quoi bon y ajouter la projection kitschissime de fleurs ?</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LAfricaine-11-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1697176160640" />© DR</pre>
<p>Rien de rédhibitoire en revanche pour les voix. Celles de la maison – à propos, pourquoi un chœur féminin sur les navires de l’expédition royale ? – ont été remarquablement bien préparées par le chevronné Christophe Talmont. Dans leurs brèves interventions, <strong>Wilfried Tissot </strong>et <strong>Jean-Pierre Revest </strong>sont justes et bien sonores. Le Grand Inquisiteur de <strong>Jean-Vincent Blot</strong> a la profondeur abyssale requise même si la projection n’est pas aussi impressionnante qu’on pourrait l’espérer. On aurait aimé que son équivalent chez les fidèles de Brahma, le Grand Prêtre, ait une voix aussi sombre, alors que celle de <strong>Cyril Rovery </strong>sonne plutôt clair. <strong>François Lis </strong>campe un père crédible, si soucieux de ne pas déplaire au roi qu’il est prêt à imposer à sa fille un mari qu’elle n’aime pas, dans un mélange d’autorité tempérée par la tendresse. <strong>Christophe Berry </strong>trouve le ton juste pour Don Alvar, conseiller et courtisan, ferme dans ses convictions mais modéré dans leur expression. On aurait aimé plus d’âpreté dans le timbre de <strong>Patrick Bolleire</strong>, dans le difficile rôle du Portugais borné, imbu de lui-même et tricheur sans scrupules, mais la musicalité est impeccable comme de coutume. Qualité indéniable à <strong>Jérôme Boutillier, </strong>dont le Nélusko a la fougue vocale et la tenue scénique nécessaires – remarquable dans la scène du serment &#8211; mais qu’on aurait aimé entendre avec une voix plus sombre. Bonne réussite aussi pour le Vasco de <strong>Florian Laconi</strong>, qui affronte et maîtrise les difficultés vocales avec aplomb et compose avec sobriété un personnage crédible dans ses fluctuations.</p>
<p>Si le personnage d’Anna, la suivante, est très secondaire, on peut compter sur <strong>Laurence Janot </strong>pour lui donner toute l’épaisseur scénique possible, ce qui supplée à la direction d’acteurs très discrète de <strong>Charles Roubaud</strong>. Au moins sa mise en scène n’impose pas au spectateur de se mettre martel en tête pour la déchiffrer et lui laisse le soin de réfléchir à la conduite des Européens à l&rsquo;égard d&rsquo;être humains qu&rsquo;à priori ils considèrent comme inférieurs. On a parfois l&rsquo;impression qu&rsquo;il lâche la bride : le solo d’Anna, au premier acte, est autant une réponse à Anna qu’une introspection. L&rsquo;interprète est à l’avant-scène, comme s’immergeant progressivement dans le souvenir qu’elle évoque. C’est simple, efficace, et cela place <strong>Hélène Carpentier</strong> dans les meilleures conditions. Cela ne suffit peut-être pas à dissiper le trac qui pourrait expliquer un vibratello initial, peu opportun mais rapidement il disparaît et la voix s’élance alors librement et se déploie dans son étendue, comme on l’attend pour cette effusion.</p>
<p>Dans le rôle-titre, <strong>Karine Deshayes</strong> ajoute un nouveau fleuron à la guirlande de ses rôles. Si quelques graves très poitrinés troublent à son entrée, ils seront les seuls, l’écriture centrale du rôle de Selika favorisant les échappées faciles dans l’aigu qui sont à l’avantage de l’interprète. Il faudrait citer l’air du sommeil, le duo avec Ines, le duo avec Vasco, mais c’est la scène finale qui s’impose, quand, seule en scène, l’artiste cisèle avec la légèreté nécessaire les nuances successives conduisant à la mort de Selika. Une frange du public n’y résiste pas et applaudit avant la mort de la musique, immédiatement suivie d’une tempête d’approbations. Alors, <em>L’Africaine </em>du siècle ? Probablement pas, mais une indéniable réussite lyrique, car l&rsquo;absence du grandiose met en valeur les scène d&rsquo;intimité et met en lumière ce qu&rsquo; <em>Aida </em>ou <em>Lakmé </em>doivent à <em>L&rsquo;Africaine</em>.</p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-marseille-lillusion-sublimee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Mar 2016 05:28:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Carton plein en ce dimanche après-midi à l’Opéra de Marseille, pour une production de Madama Butterfly née au même endroit en 2002, reprise en 2007 et qui a depuis tourné dans divers théâtres. Elle n’a pas changé fondamentalement. Les hameçons destinés à capter la bienveillance d’un public prêt à se laisser attendrir sont toujours là, et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Carton plein en ce dimanche après-midi à l’Opéra de Marseille, pour une production de <em>Madama Butterfly </em>née au même endroit en 2002, reprise en 2007 et qui a depuis tourné dans divers théâtres. Elle n’a pas changé fondamentalement. Les hameçons destinés à capter la bienveillance d’un public prêt à se laisser attendrir sont toujours là, et même multipliés, car l’enfant de l’amour est flanqué de compagnons de jeu probablement nés comme lui d’unions éphémères. La séance de photographie participe de l’intention d’ancrer le drame dans la réalité de l’époque considérée sans dorer la pilule. Ainsi la maisonnette a toujours l’air d’une baraque de bric et de broc, et le « fiorito asil » l’est toujours aussi peu quand Pinkerton le chante. Quant au « rêve » où l’oncle de Cio-Cio San dirige une troupe de spectres menaçants surgis de l’au-delà tels des ancêtres bafoués il ne nous convainc toujours pas de sa nécessité dramatique. Mais, soit que les mouvements de cette « chorégraphie » aient été revus, soit que les lumières aient été elles aussi modifiées, la scène n’a pas suscité de rejet. Ajoutons que la direction d’acteurs est globalement d’une grande fidélité aux didascalies ; presque tous les intervenants s’immergent dans le drame avec une intensité immédiatement perceptible car l’interprétation est étroitement modelée sur les nuances du texte.</p>
<p>Seul problème, l’opéra, ce n’est pas que du théâtre, et dans le premier acte le rôle-titre semble à la peine. <strong>Svetla Vassileva</strong> est dotée d’un physique avenant, gracieux et juvénile, et elle semble à son aise sur les planches. C’est la voix qui pose problème, tant le chant est dépourvu de la souplesse du ramage de Butterfly, Fatigue passagère que la chanteuse cherche à compenser en forçant ? Il est vrai que la vaillance de <strong>Teodor Ilincai</strong>, au registre aigu très sûr, exprime sans réserve la santé d’un corps robuste, la relative rareté des nuances découlant de la nature frustre d’un jeune homme étranger aux délicatesses du sentiment. La solidité et la gravité des accents de Sharpless sont bien celles de l’homme responsable en qui la fonction n’a pas étouffé la sensibilité, et <strong>Paulo Szot</strong> les fait entendre et voir magistralement. S’il est des Suzuki aux graves plus spectaculaires, celle de <strong>Cornelia Oncioiu</strong> conquiert par une musicalité exempte d’effets grossissants qui donne au personnage de la suivante un charme et une dignité rares. Ce dosage équilibré entre effronterie et servilité, <strong>Rodolphe Briand</strong> en Goro le réalise avec une maestria légère qui rendrait presque sympathique cet ignoble commerçant. Somme toute, les qualités des uns compensent les limites de l’autre.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_4811_photo_christian_dresse_2016_butterfly_5.jpg?itok=Jmnp6-gG" title="Basile Mélis (Douleur) et Svetla vassileva (Cio-Cio San)  © Christian Dresse" width="468" /><br />
	Basile Mélis (Douleur) et Svetla vassileva (Cio-Cio San)  © Christian Dresse</p>
<p>Mystères de l’être humain ! Après l’entracte, la voix de Svetla Vassileva n’a pas changé mais elle semble moins raide, moins tendue. La zone grave est toujours aussi peu sonore, mais le chant a gagné en fluidité. Cessant d’être l’émission crispée d’une chanteuse en train de remplir un contrat, il va devenir l’âme de la malheureuse qui se cramponne bravement, désespérément, à ses illusions. Il en sera ainsi jusqu’à la fin et du coup, animé par l’engagement théâtral déjà mentionné, le spectacle va décoller, la représentation en matinée devenant enfin le drame qu’elle avait pour sujet. Jusque-là tenue à distance l’émotion peut enfin affluer et l’écoute passive du spectateur se transformer en vibrante connivence. Même le riche Yamadori sobrement incarné par <strong>Camille Tresmontant</strong> semblera sincèrement meurtri par les refus de Cio-Cio San. Touchante aussi la brève intervention de <strong>Jennifer Michel</strong> en Kate Pinkerton. Peu convaincants pour nous pendant la noce, les chœurs enchantent à la fin du deuxième acte, dans l’air à bouches fermées auquel l’effet de lointain donne une douceur et une mélancolie poignantes, ainsi que dans le chant des mariniers du troisième acte. On ne saurait enfin passer sous silence la performance du garçonnet qui incarne le fils de Pinkerton et Butterfly avec une sûreté digne d’un professionnel aguerri.</p>
<p>Dans la fosse <strong>Nader Abbassi</strong> a retrouvé un orchestre avec lequel il entretient des relations épisodiques mais relativement anciennes. Aucun histrionisme dans sa direction, tout entière au service de l’œuvre. D’une vigilance constante à l’égard des divers pupitres il obtient une exécution sans bavures et un contrôle du volume qui sans nuire au lyrisme favorise certainement les chanteurs tout en ciselant les nuances orchestrales amoureusement instillées par Puccini dans la partition. C’est un bel exemple d’interaction propre à l’opéra et indispensable au succès d’une représentation. Celle-ci s’achève en triomphe pour Svetla Vassileva, dont la grâce et le jeu pathétique ont fait oublier les limites vocales. Après tout, l’opéra n’est-il pas l’art qui sublime l’illusion ?</p>
<p> </p>
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		<title>Dialogues des Carmélites — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dialogues-des-carmelites-bordeaux-preparez-vos-mouchoirs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Feb 2013 09:12:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est intéressant de constater, dans un opéra comme Dialogues de carmélites, combien l&#8217;acmé émotionnelle se déplace d&#8217;un tableau à l&#8217;autre selon les interprètes. La dernière scène, celle de la montée vers l&#8217;échafaud des religieuses, n&#8217;est pas toujours la plus poignante. A Tours en 2010, Marie-Ange Todorovich déportait l&#8217;émotion sur la mort de Madame de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est intéressant de constater, dans un opéra comme<em> Dialogues de carmélites</em>, combien l&rsquo;acmé émotionnelle se déplace d&rsquo;un tableau à l&rsquo;autre selon les interprètes. La dernière scène, celle de la montée vers l&rsquo;échafaud des religieuses, n&rsquo;est pas toujours la plus poignante. A <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1612&amp;cntnt01returnid=54">Tours en 2010</a>, Marie-Ange Todorovich déportait l&rsquo;émotion sur la mort de Madame de Croissy. A Bordeaux, <strong>Sylvie Brunet</strong> ne réitère pas l&rsquo;exploit. Peut-être parce que l&rsquo;on attendait beaucoup – trop – de sa Première Prieure et que l&rsquo;on est déçu de voir une artiste de son envergure multiplier les effets expressionnistes dans un rôle qui nous semble appeler plus de sobriété. Parce qu&rsquo;aussi le dispositif scénique, en entravant ses gestes, l&#8217;empêche d&rsquo;habiter le personnage autant qu&rsquo;elle le pourrait. Consignée à l&rsquo;arrière-scène par un tapis de cierges lors de sa première conversation avec Blanche, la Révérende Mère se trouve ensuite contrainte d&rsquo;agoniser sur une table recouverte d&rsquo;un drap blanc qui lui tient lieu de lit et dont la hauteur nuit à la fluidité du mouvement.</p>
<p>Cette option n&rsquo;est pas la seule qui nous paraisse discutable dans la « <em>première grande mise en scène </em>» de <strong>Mireille Delunsch</strong>. Le choix d&rsquo;enchaîner les tableaux, sans le moindre temps mort, nuit autant à la lisibilité qu&rsquo;à la respiration de l&rsquo;œuvre. La représentation de l&rsquo;exécution de Blanche sur le plateau déserté, comme dans un rêve&nbsp; (celui de Sœur Constance, on suppose), va à l&rsquo;encontre du livret qui veut que la jeune carmélite « <em>émerge de la foule</em> ». Ce contresens est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles l&rsquo;ultime tableau laisse plus insensible que de coutume. L’autre raison tient à une direction musicale dont l&rsquo;insuffisance ne se limite malheureusement pas à la scène de la guillotine. Pâte sonore en miettes, cuivres en déroute, bois verts comme une Granny Smith, équilibre instable des volumes, l&rsquo;Orchestre National de Bordeaux Aquitaine, sous la baguette de <strong>Nader Abassi</strong>, ne montre pas son meilleur visage. Une Deuxième Prieure en berne – <strong>Cécile Perrin</strong> –, une Sœur Constance – <strong>Hélène Le Corre</strong> – dont la flamme brûle d&rsquo;un feu trop modeste pour rayonner, quelques seconds rôles en deçà&#8230; La messe serait-elle dite ?</p>
<p>Non, n&rsquo;allons pas trop vite en besogne. Tous d&rsquo;abord chantent un français qui autorise à ne pas lire les surtitres. <strong>Geraldine Chauvet</strong>, ensuite, propose un portrait de Mère Marie plus complexe que celui de la religieuse intégriste à laquelle on a trop souvent droit. La voix s&rsquo;épanouit dans l&rsquo;aigu ; le chant y gagne en impact ce qu&rsquo;il y perd en poids. <strong>Xavier Mas</strong> et <strong>Sophie Marin-Degor </strong>enfin composent un couple fraternel proche de l&rsquo;idéal. Voilà un Chevalier de La Force qui a l&rsquo;élégance de son rang et négocie sans s&rsquo;égosiller, ni abuser du falsetto les notes les plus élevées de la partition. Depuis les représentations tourangelles, la soprano a adouci les contours de son interprétation. La voix épouse avec toujours autant de naturel l&rsquo;intégralité de la tessiture mais, moins tranchante, cette Blanche n&rsquo;en apparaît que plus sensible, et donc plus crédible. Résultat : le duo entre le frère et la sœur au deuxième acte atteint une intensité rare. Dans ce passage que Poulenc voulait chanté à gorge déployé, comme dans un opéra italien, les notes sont des armes que l&rsquo;on fourbit ; le tapis de cierges délimite le champ de bataille, à juste titre cette fois ; les voix se cherchent, s&rsquo;esquivent ou s&rsquo;affrontent sans jamais se mêler ; les mots, durs et tendres, s&rsquo;habillent de sens ; les répliques font mouche ; les coups portés blessent davantage que les coups reçus ; les cœurs saignent. Et c&rsquo;est là que l&rsquo;on sort son mouchoir.</p>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-mireille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Dec 2010 09:10:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« A Jacques Offenbach, les directeurs de théâtres lyriques reconnaissants ». Verra-t-on un jour une célébration publique de ce musicien, véritable providence au moment des fêtes de fin d’année? A la location, La Belle Hélène a déjà fait un malheur à Marseille, où l’on a dû rajouter une représentation. A la popularité du titre s’ajoute peut-être celle de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          « A Jacques Offenbach, les directeurs de théâtres lyriques reconnaissants ». Verra-t-on un jour une célébration publique de ce musicien, véritable providence au moment des fêtes de fin d’année? A la location, <em>La Belle Hélène</em> a déjà fait un malheur à Marseille, où l’on a dû rajouter une représentation. A la popularité du titre s’ajoute peut-être celle de <strong>Jérôme Savary</strong>, auteur de la mise en scène choisie. Conçue il y a plus de deux décennies, elle offre depuis avec succès sa surenchère d’animation scénique, avec acrobates, danseurs et figurantes aux seins nus, et déluge répété de confettis et serpentins. A ces « hardiesses » près, on reste dans une Grèce antique de fantaisie, que la longévité de la production a fini peut-être par rendre conventionnelle. Un fronton triangulaire et un escalier du décor de <strong>Michel Lebois</strong> et quelques costumes de <strong>Michel Dussarat</strong> apportent la touche de couleur locale, simple concession à la vraisemblance vite oubliée par les tenues anachroniques, voire extravagantes et souvent légères pour l’élément féminin. On peut évidemment se demander s’il est légitime de transformer <em>La Belle</em><em> Hélène</em> en revue de music hall mais les réactions de la salle le prouvent, cela plait.</p>
<p>Et pourtant, quelle que soit l’efficacité du spectacle, c’est bien les versants musicaux et vocaux qui en font pour nous le prix. Un grand bravo d’abord à <strong>Nader Abassi</strong>, qui obtient un presque sans faute de l’orchestre de l’Opéra. N’était la présence excessive des percussions dans la valse du troisième acte, qui tirent un peu trop la musique vers le caf’conc’, on ne peut que se réjouir de cette nouvelle collaboration entre la fosse et ce chef éclectique. Les préludes aux actes deux et trois sont de purs ravissements. La conduite du chef est d’une légèreté de touche qui rend justice à l’élégance de la musique d’Offenbach, et permet de comprendre et de ressentir l’admiration du compositeur pour les musiciens qu’il parodie. C’est vraiment du beau travail !</p>
<p>La distribution est dominée par <strong>Mireille Delunsch</strong>, qui incarne pour la première fois la belle Hellène et s’en tire haut la main ; elle n’a aucun mal avec la tessiture du rôle et brille sans effort dans les roulades imposées, en un festival de nuances, avec un charme parfois hautain digne de Micheline Presle ou d’héroïnes de Guitry. Du coup la barre est haute pour ses partenaires. Ils s’en sortent bien globalement, d&rsquo;<strong>Eric Huchet</strong>, Ménélas benêt à souhait, à <strong>Marc Barrard</strong>, Agamemnon un chouia trop débonnaire, en passant par<strong> Francis Dudziak</strong>, Calchas porté sur la chose ; leur trio du troisième acte est des plus réussis. Bonne prestation aussi de <strong>Christine Tocci</strong>, nullement handicapée par sa petite taille en Oreste adolescent fêtard, avec le concours de <strong>Charlotte Filou</strong> et <strong>Julie Morgane</strong> en petites vertus. Les deux Ajax (<strong>Jacques Lemaire</strong> et <strong>Dominique Côté</strong>) et Achille (<strong>Till Fechner</strong>) sont sans reproche. Reste le fauteur de trouble, Pâris. Qu’est-il arrivé à<strong> Alexander Swan</strong> ? Sans être de stentor, sa voix passait bien l’an dernier dans <em>La vie parisienne</em> à Toulouse. Tout au long du premier acte on l’entend à peine, et les aigus donnés en force n’ont rien de plaisant. Au deuxième acte, il semble retrouver sa puissance d’émission et le duo avec Hélène se passe plutôt bien; mais cela ne dure pas et au troisième acte la voix fluctue à nouveau. Problèmes de santé ? Trac ? L’homogénéité du plateau en pâtit quelque peu. Celle des chœurs, incertaine à l’ouverture, s’affirme rapidement et leurs interventions sont d’une musicalité fort satisfaisante. Ajoutons la participation apparemment infatigable de danseurs et danseuses, la plastique des figurantes dévêtues et, que l’on raffole ou non des calembours du livret et des partis pris savaryens, cette <em>Belle Hélène</em> va en conquérir plus d’un ! <strong> </strong></p>
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