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	<title>Roberto ALAGNA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 26 Mar 2026 08:19:38 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Roberto ALAGNA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>A Toulouse, une saison 2026-27 riche en retrouvailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-toulouse-une-saison-2026-27-riche-en-retrouvailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 06:35:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au mi-temps d&#8217;un cru 2025-26 déjà riche en réussites (Thaïs de Massenet, la rare Passagère de Weinberg, la reprise de Lucia di Lammermoor de Donizetti mise en scène par Nicolas Joel) et encore porteur de promesses (Verdi et Strauss arrivent, avec Otello et Salome), Christophe Ghristi a présenté à la presse la prochaine saison de l&#8217;Opéra national du Capitole de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au mi-temps d&rsquo;un cru 2025-26 déjà riche en réussites (<em>Thaïs</em> de Massenet, la rare <em>Passagère </em>de Weinberg, la reprise de <em>Lucia di Lammermoor </em>de Donizetti mise en scène par <strong>Nicolas Joel</strong>) et encore porteur de promesses (Verdi et Strauss arrivent, avec <em>Otello </em>et <em>Salome</em>), <strong>Christophe Ghristi</strong> a présenté à la presse la prochaine saison de l&rsquo;Opéra national du Capitole de Toulouse, qui occasionnera plusieurs retrouvailles attendues. Avec le répertoire d&rsquo;abord : la reprise de <em>Rusalka </em>de Dvorak dans la mise en scène somptueusement aquatique de<strong> Stefano Poda</strong> ouvrira les festivités, avec une distribution réunissant <strong>Ruzan Mantashyan</strong>, <strong>Pavol Breslik</strong> et <strong>Ricarda Merbeth</strong> sous la direction de <strong>Giacomo Sagripanti</strong>. Avec des œuvres plus entendues depuis longtemps ensuite : après cinquante ans d&rsquo;absence, le <em>Lohengrin </em>de Wagner fera son retour dans la ville rose, dans une nouvelle production d&rsquo;un habitué des lieux, <strong>Michel Fau</strong>, et avec une distribution que Christophe Ghristi a voulue « méridionale » (<strong>Michele Spotti</strong> dans la fosse, <strong>Airam Hernandez</strong> dans le rôle-titre, <strong>Chiara Isotton</strong> en Elsa, mais aussi la première Ortrud de <strong>Sophie Koch</strong>). <em>Peter Grimes </em>de Britten, n&rsquo;avait, de son côté, pas été joué depuis plus de 20 ans ; il reviendra dans la mise en scène signée <strong>David Alden</strong> pour l&rsquo;English National Opera, et permettra d&rsquo;entendre les débuts de <strong>Nikolai Schukoff</strong> dans le rôle éponyme, ainsi que ceux de <strong>Yolanda Auyanet</strong> en Ellen Orford, tandis que <strong>Frank Beermann</strong> sera à la baguette. Entre un <em>Barbier de Séville </em>mettant en lumière plusieurs étoiles montantes du chant rossinien sous la direction d&rsquo;<strong>Alfonso Todisco</strong> et un nouveau <em>Couronnement de Poppée </em>de Monteverdi confié à l&rsquo;Ensemble I Gemelli de <strong>Mathilde Etienne</strong> et <strong>Emilio Gonzalez Toro</strong>, avec notamment <strong>Adèle Charvet</strong> et <strong>Maximiliano Danta</strong> dans les rôles principaux, on guettera la création <em>in loco </em>du <em>Roi Arthus </em>de Chausson, que chantera pour la première fois <strong>Stéphane Degout</strong>. épaulé par <strong>Catherine Hunold</strong> et <strong>Bror Magnus Todenes</strong> (direction musicale <strong>Victorien Vanoosten</strong>, mise en scène <strong>Aurélien Bory</strong>). Ce dernier ouvrage dialoguera avec son lointain prédécesseur signé Purcell, ce <em>King Arthur </em>joué en version de concert par le Concert Spirituel de <strong>Hervé Niquet</strong>. De même, la <em>Médée</em> de Charpentier (également en concert, avec <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>,<strong> Juliette Mey</strong>, <strong>Frédéric Caton</strong> ou encore<strong> Claire Lefilliâtre</strong> et l&rsquo;Ensemble Les Epopées de <strong>Stéphane Fuget</strong>) fera écho à celle de Cherubini, jouée en fin de saison dans sa version italienne, avec les prises de rôle de <strong>Karine Deshayes</strong> et <strong>Roberto Alagna</strong> &#8211; retrouvailles là encore, et non des moindres puisque la dernière apparition du ténor français dans une production du Capitole date de&#8230; 1997 !</p>
<p>Aux côtés d&rsquo;une saison chorégraphique qui mettra à l&rsquo;honneur <strong>George Balanchine</strong> et <strong>Peter Martins</strong>, <strong>Hans van Manen</strong> et <strong>Edward Clug</strong> et proposera également une création de <strong>Benjamin Pech</strong> (<em>Les Trois Mousquetaires</em>) et un spectacle jeune public autour de la figure du Petit chaperon rouge (musique<strong> Benoît Menu</strong>, chorégraphie <strong>Andreas Heise</strong>), la saison des récitals, proposée à un tarif défiant toute concurrence (20 euros la place, et ça descend même à 5 euros pour les Midis du Capitole, qui permettront tout de même d&rsquo;entendre <strong>Sandrine Piau</strong> et <strong>David Kadouch</strong>, <strong>Jean-François Lapointe</strong> ou <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong>) confirme les ambitions de la maison en la matière : au programme, rien moins que <strong> Rachel Willis-Sorensen</strong>,<strong> Joseph Calleja</strong> ou encore <strong>Asmik Grigorian</strong>, qui se souvient être venue enfant à Toulouse, quand son père, le ténor Gegam Grigorian, y chantait. Encore une histoire de retrouvailles !</p>
<p>La réservation pour les abonnements ouvrira dès le 31 mars sur <a href="https://opera.toulouse.fr/">le site de l&rsquo;Opéra National Capitole de Toulouse</a></p>
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		<title>Récital Roberto Alagna – Paris (Gaveau)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-roberto-alagna-paris-gaveau-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 07:58:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est devant une salle comble que Roberto Alagna, élégamment vêtu d’un costume noir, fait son entrée sur la scène de Gaveau sous les acclamations du public. Souriant, le teint légèrement hâlé, notre ténor paraît en forme. Il annonce cependant qu’il rentre des Etats-Unis et que c’’est encore sous l’effet du « jet lag » qu’il s’apprête à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est devant une salle comble que <strong>Roberto Alagna,</strong> élégamment vêtu d’un costume noir, fait son entrée sur la scène de Gaveau sous les acclamations du public. Souriant, le teint légèrement hâlé, notre ténor paraît en forme. Il annonce cependant qu’il rentre des Etats-Unis et que c’’est encore sous l’effet du « jet lag » qu’il s’apprête à chanter un programme qu’il qualifie d’« inchantable », avec un sourire complice, déclenchant l’hilarité des spectateurs et une nouvelle salve d’applaudissement. Le programme est en effet ambitieux. Après son « <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-roberto-alagna-paris-gaveau/">Tout Puccini </a>» de l’an passé voilà qu’il dédie entièrement à Verdi ce nouveau récital qui comporte des airs pour différents types de voix, du ténor lyrique d’Alfredo au ténor héroïque d’Otello, alignant les opéras dans l’ordre chronologique de leur création.</p>
<p>La première partie, consacrée aux œuvres de jeunesse, débute avec <em>I Lombardi</em>, quatrième opéra de Verdi. Roberto Alagna aborde l’air d’Arvino avec un medium nourri et puissant, qui captive immédiatement le public. Le timbre se pare de couleurs cuivrées du meilleur effet. Quelques graillons trahissent une légère fatigue vite dissipée dès le morceau suivant : la déploration de Macduff, qui est interprétée avec une grande émotion, dans un silence recueilli. Vient ensuite la seule page en français du programme. Juxtaposer l’air de Gaston dans <em>Jérusalem</em> avec son équivalent dans <em>I Lombardi</em> est une idée particulièrement intéressante. Si l’on entend habituellement une voix plus lyrique dans cette page, Roberto Alagna convainc néanmoins par son style impeccable et sa diction souveraine. A la fin de l’air, Verdi a ajouté une cadence qui culmine au contre-ut, à l’attention de Gilbert-Louis Duprez, créateur du rôle de Gaston, que son ut de poitrine avait rendu célèbre. Roberto Alagna donne cette note en voix de tête, avec une infinie délicatesse qui réjouit l’assistance. C’est avec <em>Luisa Miller</em> que s’achève cette partie. Le grand air de Rodolfo, « Quando le sere al placido », et son récitatif particulièrement poignant sont interprétés avec un engagement dramatique intense qui révèle toute la détresse du personnage.<br />
La deuxième partie s’ouvre avec la fameuse trilogie <em>Rigoletto </em>/ <em>trovatore </em>/ <em>traviata</em>, des ouvrages que le ténor a abordés à divers moments de sa carrière. A propos de « Parmi vedere le lacrime », craignant un trou de mémoire, il précise que la dernière fois qu’il a chanté cet air, sa première fille avait six mois, avant d’ajouter qu’aujourd’hui, elle l’a fait grand-père. Le public s’amuse tandis que nous admirons l’art avec lequel Roberto Alagna sait créer une complicité bon enfant avec ses admirateurs. Le ténor chante avec aisance ces trois pages qui mettent en valeur son legato, son art de varier les couleurs et d’habiter les mots. Si l’absence de cabalette à la suite de « Parmi veder le lacrime » et « Lunge da lei » ne se fait pas sentir, en revanche « Di quella pira » manque cruellement après « Ah si ben mio ». Roberto Alagna le sait bien, c&rsquo;est pourquoi il comblera ce manque dès le premier bis. Entretemps il livre une interprétation mémorable de la grande scène qui ouvre le troisième acte de La forza del destino, « La vita è inferno all’infelice ». Sa voix puissante et souveraine, ses nuances subtiles et l’impact émotionnel saisissant dont il charge cette page, tout concourt à déclencher une interminable ovation. En bis, nous l’avons dit, Roberto Alagna propose un « Di quella pira » – dans le ton – précise-t-il, avec un ut longuement tenu, une « Donna è mobile » qui lui permet de faire briller ses aigus une dernière fois et une mort d’Otello poignante. A la fin du concert, il annonce qu’il reviendra à Gaveau la saison prochaine, pour la quatrième année consécutive, avec un programme surprenant, sans en dire davantage.</p>
<p>A la tête d’un orchestre Colonne en bonne forme, en dépit d’un ou deux légers écarts de justesse dans l’introduction de « Celeste Aida »<strong>, Giorgio</strong> <strong>Croci</strong>, toujours attentif à son interprète qu’il a souvent accompagné à la scène comme au disque, propose une direction efficace dans le respect des styles de chaque ouvrage. Si l’ouverture de <em>La forza</em> comporte quelques effets par trop retentissants dans sa conclusion, celle de <em>Luisa Miller </em>est parfaitement équilibrée. Soulignons enfin la superbe introduction de l&rsquo;air « La vita è inferno all’infelice » et son impeccable solo de clarinette.</p>
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		<item>
		<title>A Londres, Roberto Alagna déclare forfait au 3e acte de Turandot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-londres-roberto-alagna-declare-forfait-au-3e-acte-de-turandot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 20:21:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le journal Le Figaro relate la défection de Roberto Alagna mardi soir à Londres (Covent Garden) à l’occasion d’une représentation de Turandot. Roberto Alagna « s’est senti mal pendant la représentation de Turandot, ce qui l’a empêché de terminer l’acte III », a déclaré la direction du ROH. Au lieu d’interrompre le spectacle, l’opéra a remplacé le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le journal <a href="https://www.lefigaro.fr/musique/roberto-alagna-declare-forfait-en-pleine-representation-a-londres-son-remplacant-hue-par-une-partie-du-public-20260129"><em>Le Figaro</em></a> relate la défection de <strong>Roberto Alagna</strong> mardi soir à Londres (Covent Garden) à l’occasion d’une représentation de <em>Turandot</em>.<br />
Roberto Alagna « s’est senti mal pendant la représentation<em> de Turandot, </em>ce qui l’a empêché de terminer l’acte III »<em>, </em>a déclaré la direction du ROH. Au lieu d’interrompre le spectacle, l’opéra a remplacé le ténor français par <strong>Richard Hetherington</strong>, directeur musical de l’établissement, chef d’orchestre et pianiste, mais pas chanteur d’opéra professionnel, et dont la prestation n’a pas été du goût de tous les spectateurs.<br />
Hetherington a dû prendre le rôle de Calaf en basket et sweat à capuche. Il a chanté depuis les coulisses tandis qu’une chorégraphe incarnait le personnage sur scène, mais a dû faire l’impasse sur « Nessun Dorma ».<br />
Des huées ont retenti, des spectateurs se sont levés en pleine représentation, il y aurait même eu des jets de projectile.<br />
Dans un message aux spectateurs ce mercredi, le ROH a souligné qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;<em>« une situation exceptionnellement rare »</em> et leur a accordé un dédommagement correspondant à 50% du prix de leur billet.<br />
Nous présentons au ténor français nos meilleurs vœux de rétablissement.</p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Tosca &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2025 05:46:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Salle comble à l’Opéra Bastille pour cette nouvelle reprise de La Tosca selon Pierre Audi, la sixième depuis sa création en 2014, qui comporte deux séries de représentations, la seconde étant prévue pour le mois de mars. A l’affiche, pas moins de quatre sopranos, cinq ténors et trois barytons se partagent les trois rôles principaux. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Salle comble à l’Opéra Bastille pour cette nouvelle reprise de <em>La Tosca</em> selon Pierre Audi, la sixième depuis <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-paris-bastille-croix-de-bois-croix-de-fer-si-on-ment/">sa création en 2014</a>, qui comporte deux séries de représentations, la seconde étant prévue pour le mois de mars. A l’affiche, pas moins de quatre sopranos, cinq ténors et trois barytons se partagent les trois rôles principaux. Si certains d’entre eux étaient déjà présents lors de précédentes reprises, Roberto Alagna incarne pour la première fois le rôle de Mario Cavaradossi à l’Opéra de Paris, un événement attendu de longue date par ses fans.<br />La production du metteur en scène, disparu en mai dernier, ayant été largement commentée dans nos colonnes, nous nous contenterons de mentionner ses aspects les plus notables. Tout le spectacle s’articule autour d’une croix en bois gigantesque suspendue horizontalement au-dessus du plateau aux actes deux et trois, qui évoque le poids de la religion sur les personnages, qu’elle soit glorifiée avec ferveur (Tosca) ou bafouée (Scarpia). Au premier acte, cette croix posée sur le sol divise l’intérieur de l’église en deux zones : côté jardin, une chapelle austère éclairée par des chandeliers, côté cour un espace dont le mur est tapissé par l’œuvre de Cavaradossi qui représente, non pas une Marie-Madeleine, mais un ensemble de corps féminins à-demi dénudés. Le deuxième acte est le plus réussi : le bureau de Scarpia imaginé par <strong>Christof Hetzer</strong> se présente comme un hémicycle sans fenêtre, tapissé de rouge, qui crée un climat étouffant. Enfin l’exécution du peintre à lieu dans un campement en rase campagne. Tout comme la croix de bois, la scène finale est une allégorie, Tosca ne saute pas dans le vide, elle se dirige lentement vers une lumière blanche aveuglante située au fond de la scène qui représente sans doute l’au-delà.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Tosca.-Vincent-Pontet-©Opera-National-de-Paris.-5.jpg" alt="" class="wp-image-204109" style="width:910px;height:auto"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Tosca. Vincent Pontet ©Opéra National de Paris.</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Amin Ahangaran</strong> s’acquitte honorablement du rôle d’Angelotti, <strong>André Heyboer</strong> est un sacristain obséquieux à souhait et sonore, <strong>Carlo Bosi</strong> campe avec subtilité un Spoletta timoré et soumis, à la voix bien projetée. Le Scarpia d’<strong>Alexei Markov</strong> est d’une froideur inquiétante, si sa voix solide passe aisément la rampe, il lui manque un peu plus de noirceur dans le timbre et une caractérisation du personnage plus fouillée, notamment au deuxième acte, pour être pleinement convaincant. <strong>Saioa Hernández</strong> avait fait ses débuts à Paris  dans le rôle de Tosca en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-paris-bastille-ovation-debout-pour-gustavo-dudamel-et-son-equipe/">2022</a> et déjà l’ampleur de ses moyens et le volume sonore qu’elle déployait nous avaient impressionné. Force est de reconnaître cependant qu’au premier acte le timbre a paru métallique, notamment dans le haut de la tessiture, et l’implication dramatique inaboutie. En revanche, dès l’acte deux, la soprano prend pleinement possession de son personnage et livre une interprétation spectaculaire de son affrontement avec Scarpia. Son « Vissi d’arte » émouvant lui vaut une belle ovation. A l’acte trois, sa prestation est du même niveau. En grande forme, <strong>Roberto Alagna</strong> est un Cavaradossi proche de l’idéal. Dès son entrée en scène, on est frappé par sa silhouette juvénile et sa santé vocale. Qui pourrait croire que ce fringant ténor a déjà passé la soixantaine ? Le medium est solide, l’aigu rayonnant &#8211; splendides « Vittoria, vittoria » au deux &#8211; et le timbre homogène sur toute la tessiture ne trahit à aucun moment le passage des ans. Au dernier acte son « E luccevan le stelle » tout en sobriété et retenue n’en est que plus poignant. Il convient de mentionner également la prestation grandiose des Chœurs, préparés par <strong>Ching-Lien</strong> <strong>Wu</strong> lors du <em>Te Deum</em> qui conclut l’acte un.</p>
<p> <strong>Oksana Lyniv</strong> propose une direction nette et précise. En début de soirée la cheffe ukrainienne adopte des tempos particulièrement étirés qui ralentissent la progression de l’action. Mais dès le deuxième acte sa battue s’accélère graduellement à mesure que le drame s’amplifie, jusqu’à la conclusion d’une grande intensité théâtrale. Son troisième acte, subtilement dosé, souligne le contraste entre l’exaltation du duo et la catastrophe finale.         </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-paris-bastille/">PUCCINI, Tosca &#8211; Paris (Bastille)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Dans la loge de&#8230; Roberto Alagna</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dans-la-loge-de-roberto-alagna/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Brane]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 06:07:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ce deuxième épisode de « Dans la loge de… »,  Edouard Brane est parti en compagnie du surintendant Mathieu Jouvin à la rencontre de Roberto Alagna à l’occasion de la nouvelle production de Francesca da Rimini au Teatro Regio di Torino signée Andrea Bernard jusqu&#8217;au 23 octobre 2025 (plus d&#8217;informations). Le chef d&#8217;œuvre lyrique de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span class="yt-core-attributed-string yt-core-attributed-string--white-space-pre-wrap" dir="auto" role="text"><span class="yt-core-attributed-string--link-inherit-color" dir="auto">Pour ce deuxième épisode de </span></span>« Dans la loge de… », <span class="yt-core-attributed-string yt-core-attributed-string--white-space-pre-wrap" dir="auto" role="text"><span class="yt-core-attributed-string--link-inherit-color" dir="auto"> Edouard Brane est parti en compagnie du surintendant Mathieu Jouvin à la rencontre de <strong>Roberto Alagna</strong> à l’occasion de la nouvelle production de <em>Francesca da Rimini</em> au Teatro Regio di Torino signée Andrea Bernard jusqu&rsquo;au 23 octobre 2025 (<a href="https://teatroregio.torino.it/opera-e-balletto-2025-2026/francesca-da-rimini">plus d&rsquo;informations</a>). Le chef d&rsquo;œuvre lyrique de Zandonai a été créé sur cette même scène en 1914. Le ténor français retrouve un rôle dans lequel il avait triomphé <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-ritorno-di-roberto-in-patria/">en 2011 à la Bastille</a>. </span></span></p>
<p>« Dans la loge de… » vous plonge dans les coulisses d’une maison d’opéra en compagnie d’un ou d’une artiste qui nous fait découvrir l’envers du décor en un plan séquence.<br />👉Voir <a href="https://www.forumopera.com/zapping/dans-la-loge-de-benjamin-bernheim/">le premier épisode de « Dans la loge de… »  avec Benjamin Bernheim</a></p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Dans la loge de... Roberto Alagna (Torino, octobre 2025)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/yCjwU9UHf0Y?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<item>
		<title>Regards sur Béatrice Uria Monzon : « Elle était solaire »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2025 10:02:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Béatrice URIA-MONZON]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Roberto ALAGNA, ténor « Béatrice est mon amie, ma complice, ma Chimène, ma Didon, ma Santuzza , ma Carmen et tant d’autres héroïnes.Elle est ma jeunesse, elle est là, près de moi et en moi, compagne et artiste de rêve, symbole et protagoniste de nos espoirs, de notre devenir. Elle est la symbiose parfaite d’une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Roberto ALAGNA, ténor</strong></p>
<p>« Béatrice est mon amie, ma complice, ma Chimène, ma Didon, ma Santuzza , ma Carmen et tant d’autres héroïnes.<br>Elle est ma jeunesse, elle est là, près de moi et en moi, compagne et artiste de rêve, symbole et protagoniste de nos espoirs, de notre devenir. Elle est la symbiose parfaite d’une interprète et son personnage. Pas besoin de mots pour expliquer cette fusion. <br>Elle est ma Carmen et ma Béa pour toujours. »</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Roberto Alagna &amp; Béatrice Uria-Monzon | TV &quot;300 CHOEURS&quot; - Extraits de CARMEN (Bizet) France 3" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/m-sjJJWy_Wo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p><strong>Roselyne BACHELOT, ancienne Ministre de la Culture</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Quand une artiste de l’envergure de Béatrice Uria-Monzon part pour le grand voyage, vous revient alors en un chagrin insondable et une gratitude vibrante les héroïnes qu’elle a transfigurées de sa magnifique personnalité, Carmen, Charlotte, Chimène, Dalila, Sarah, Eboli, Tosca pour ne citer que celles pour lesquelles je l’ai applaudie. Puis, comme une dague plantée en plein cœur, c’est la Santuzza déchirante de ce soir d’aout 2009 au Théâtre antique d’Orange qui envahit tout l’espace de l’émotion.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce n’est sans doute pas le personnage que Béatrice aurait choisi si un critique lui avait demandé de dresser le palmarès de ses rôles. Mais il est des moments où la communion est si forte que l’on comprend au plus profond ce qui fait la pâte humaine d’un interprète.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je l’ai rencontrée sur le mode amical, joyeuse et chaleureuse, en gala caritatif où sa générosité n’était jamais prise en défaut, en compagnonnage lors de jurys de concours expliquant aux concurrents avec humanité et sans démagogie comment ils ou elles pouvaient progresser, et&nbsp; en sortie de scène après tant de triomphes qui nous avaient transportés.&nbsp;</p>
<p style="font-weight: 400;">Béatrice, c’était d’abord le respect absolu de l’œuvre. Pas d’échappatoire, de trucage, de ces facilités que ne détectent que les spécialistes. Au moment où l’on croit sauver l’art lyrique par la politique du grand n’importe quoi, sa rigueur devrait servir de fil conducteur aux barbares qui le martyrisent.</p>
<p style="font-weight: 400;">Béatrice, c’était aussi la certitude qu’on sert l’œuvre et le personnage non pas en se moulant dans un académisme réducteur, mais en fouillant les tréfonds de sa sensibilité pour mieux les cerner. «&nbsp;Je veux &nbsp;faire bouger les choses&nbsp;» nous disait-elle pour la sortie de son album <em>Assoluta. </em>Le respect pour elle n’était pas de l’immobilisme.</p>
<p style="font-weight: 400;">Béatrice, c’était aussi une dignité absolue sans morgue et sans facilité populacière. C’est sans doute cette dimension que j’avais intimement comprise en cette nuit d’aout&nbsp;: interpréter une simple paysanne en lui donnant la stature d’une aristocrate, donner à une fille du peuple la grandeur d’un destin brisé.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2021, comme ministre de la Culture, j’avais fait Béatrice commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres. Si la dignité de Grand-Croix avait existé dans cet Ordre, c’est bien ceinte de cette écharpe qu’elle serait au paradis.</span></p>


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<p><strong>Bertrand DE BILLY, chef d&rsquo;orchestre</strong></p>
<p>J&rsquo;ai travaillé pour la première fois avec Béatrice Uria-Monzon à l&rsquo;occasion d&rsquo;une production de <em>Hamlet</em>, d&rsquo;Ambroise Thomas, au Liceu de Barcelone, avec Natalie Dessay et Simon Keenlyside. Elle interprétait la Reine Gertrude, et donnait à ce personnage une dimension dramatique captivante. Mais en coulisses, c&rsquo;est par son sens de l&rsquo;auto-dérision qu&rsquo;elle se distinguait. J&rsquo;ai compris dès ce moment-là que Béatrice faisait partie de ces artistes qui prennent leur travail très au sérieux sans se prendre eux-mêmes au sérieux. Une qualité rare et précieuse ! En travaillant Carmen avec elle, j&rsquo;ai aussi découvert un autre aspect de sa personnalité artistique : sa capacité à se remettre en question, sa volonté d&rsquo;essayer de nouvelles choses. Avoir été l&rsquo;une des plus grandes interprètes de Carmen ne l&#8217;empêchait pas de rester curieuse et ouverte, à l&rsquo;écoute. Enfin, un autre souvenir marquant me revient en mémoire, celui de son Eboli, dans le<em> Don Carlos</em> de Verdi, en version française, à l&rsquo;Opéra de Vienne. Ce rôle constituait un vrai défi pour elle, défi qu&rsquo;elle a relevé avec panache, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas cherché à travestir sa voix. Elle a gardé ce qu&rsquo;elle avait de mieux en elle, et qu&rsquo;elle pouvait apporter à ce rôle : son timbre chaud et capiteux, « Samt und Seide » comme on dit en Allemagne (« velours et soie »), sa superbe présence scénique, et son format vocal, d&rsquo;essence profondément lyrique. Et elle a obtenu, à Vienne, dans ce rôle si difficile, un grand succès, grâce à son talent, son intelligence et son humilité. Autant de qualités dont, avec son humour, nous nous souviendrons toujours lorsque nous penserons à Béatrice.</p>


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<p><strong>Jean-François BORRAS, ténor</strong></p>
<p>Je suis très ému par sa disparition. J’ai eu le privilège de faire son dernier opéra <em>Mefistofele</em> de Boito à Toulouse en juin 2023. Elle était en pleine forme, souriante et espiègle. J’ai connu Béatrice relativement tard sur <em>La Vestale</em> de Spontini au Théâtre des Champs-Elysées. Lors de la présentation du metteur en scène, nous nous sommes regardés et nous nous sommes directement parlé comme si nous nous connaissions depuis des années. C’était une très belle femme, une immense artiste avec son caractère mais toujours le sourire aux lèvres. Elle fut ma Marguerite aux Chorégies d’Orange. C’était aussi une artiste généreuse avec les jeunes et une amatrice de bon vin et de la vie.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jean-francois-borras-souvenirs-de-monte-carlo/"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/mefistofele_Jean-Francois-Borras-Faust-Beatrice-Uria-Monzon-Marguerite-©-Philippe-Gromelle-2018-18-c-philippe-gromelle.jpg" alt=""/></a><figcaption class="wp-element-caption">Avec Béatrice Uria-Monzon dans Mefistofele en 2018 © Philippe Gromelle</figcaption></figure>


<p><strong>Jean-Sébastien BOU, baryton</strong></p>
<p>Ce qui était fascinant chez Béatrice, c’était sa capacité à se livrer telle qu’elle était sur scène dans toute sa vérité et toute son humanité. Lorsqu’elle chantait, lorsqu’elle jouait, lorsqu’elle évoluait sur un plateau, le temps s’arrêtait et nous partagions émotionnellement son histoire. C’était une magnifique artiste parce que c’était une magnifique personne. Il est rare de rencontrer quelqu’un d’aussi généreux dans une vie. Je vous envoie également une photo d’elle que j’ai faite alors que nous étions en pause à l’Opera de Paris. <em>Le soulier de satin</em> est la dernière production où nous avons partagé la scène. C’était en 2021.<br>Jean-Sébastien</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="472" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/57792ee7-6d1d-45bc-85cb-75ee9d3156d4-472x1024.jpg" alt="" class="wp-image-195308"/><figcaption class="wp-element-caption">Béatrice Uria Monzon par Jean-Sébastien Bou, Paris.</figcaption></figure>


<p><strong>Yann BEURON, ténor</strong></p>
<p>J’ai connu Béatrice sur <em>Così fan tutte</em> en 1996, la seule Dorabella de sa carrière je pense. Magnifique de mon point de vue. De timbre surtout. Puis nous nous sommes retrouvés la dernière fois sur la création du <em>Soulier de satin</em> en 2021. Je serai économe. Elle était solaire, cela la définissait essentiellement à mes yeux. Et adorait rire. Et j’adorais la faire rire. Elle était bon public…suis profondément peiné.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.radiofrance.fr/s3/cruiser-production-eu3/2021/06/54eccbf9-59ee-4256-8f2e-86be5ec51b8f/640x340_1_2_le_soulier_de_satin_opera_national_de_paris-20-21-c-elisa_haberer_onp-41-.jpg" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le Soulier de Satin de Marc-André Dalbavie, 2021, Opéra de Paris.</em></figcaption></figure>


<p><strong>Laurent CAMPELLONE, chef d&rsquo;orchestre</strong></p>
<p>Béatrice faisait partie de ces artistes qui entrent en scène et nous saisissent immédiatement d’un état bouleversant : être à la fois pleinement un personnage et demeurer la vérité de soi-même. Béatrice épousait chaque incarnation de tout son être, avec une sincérité et un engagement sans limite. Mais, elle le faisait toujours du haut de toute son élégance et de toute son intelligence. Pour cela, on ressortait chaque fois d’une représentation chantée par Béatrice en ayant appris des choses fondamentales sur un rôle qu’on connaissait pourtant déjà.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Un souvenir de Béatrice au Festival Berlioz de 2006. Elle interprétait&nbsp; <em>La Mort de Cléopâtre</em>.</p>
<p>Nous avions eu une séance de travail passionnante au piano avant que de répéter avec l’orchestre. Alors qu’elle était encore une fois sublime de justesse, son humilité face à cette partition et sa volonté d’aller toujours plus loin dans la compréhension des ressorts de chaque mot et de chaque note n’avaient pas de limite.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Je me souviens du concert. Et plus<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>particulièrement, de toute la palette de couleurs de sa voix dans la dernière partie de la cantate, lorsque le venin de la vipère commence à glacer le sang de Cléopâtre et que le rythme de son cœur (les contrebasses de l’orchestre) commence à défaillir, à devenir irrégulier jusqu’à cesser. Sous la voûte étoilée de ce mois d’août, tout le monde avait été saisi par tant de vérité : Cléopâtre était là. Et tous nos cœurs réunis devenaient, mesure après mesure, son cœur qui s’arrêta d’un seul coup de battre et nous laissa tous suspendus dans le néant.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Depuis l’annonce de sa mort, je repense à ce moment de musique inouï.</p>
<p>Moment de musique qui, parce que c’était cela aussi Béatrice, avait eu, bien entendu un prolongement humain de partage et de générosité tout aussi puissant.</p>
<p>De retour à l’hôtel après la fin du concert, très tard donc, alors que le service de restauration était terminé depuis longtemps, elle avait, en un seul sourire, fait chavirer le patron en lui disant simplement : «&nbsp;Même si je suis encore une fois morte sur scène, vous n’allez pas me laisser mourir de faim quand même !&nbsp;». Les frigos et celliers de cet établissement, renommé pour sa formidable cuisine, s’étaient ouverts instantanément. Et nous avions alors passé un moment extraordinaire à table, avec force pâtés en croûte, fromages et vins de la vallée du Rhône, à parler de la joie de vivre et du bonheur qui était le notre de pouvoir porter chaque soir vers le public les traits sublimes des compositeurs que nous admirons tant.</p>
<p>Laurent Campellone</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://cult.news/app/uploads/2025/07/Lecteur-spotify-1-e1752942364103.jpg" alt=""/></figure>


<p><strong>Marc-André DALBAVIE, compositeur</strong></p>
<p>Béatrice a été très importante pour la création de mon opéra le <em>Soulier de Satin</em> à l&rsquo;opéra de Paris en 2021. Elle chantait le rôle d&rsquo;Isabel et comme compositeur et comme chef d&rsquo;orchestre, notre collaboration a été formidable. Néanmoins, je n&rsquo;ai pas pu approfondir mes contacts avec Béatrice car c&rsquo;était pendant la période COVID et les rapports en dehors des répétitions étaient inexistants. Je ne suis pas assez proche de Béatrice pour écrire quelque chose sur elle dans cette circonstance. Je ne la connais pas assez et je le regrette. Je garde malgré tout un souvenir émerveillé de notre très courte mais très intense collaboration.</p>
<p>Marc-André Dalbavie</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/187867064_6283252065021856_6908073737013533791_n-1000x600.jpg?v=1753033033" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le Soulier de Satin de Marc-André Dalbavie, 2021, Opéra de Paris.</em></figcaption></figure>



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<p><strong>Karine DESHAYES, mezzo-soprano</strong></p>
<p>BUM , parmi tous les grands rôles qu’elle a interprétés , était pour moi l’incarnation même de Carmen. Lorsque je l’ai entendue la première fois à L’Opéra de Paris à la fin des années 90, sa voix , son timbre chaud , sa présence scénique, sa classe et son élégance naturelle m’ont marquée à jamais. J’ai ensuite eu la chance de chanter à ses cotés dans <em>Carmen</em> aux Chorégies d’Orange en 2004 dans la production de Jérôme Savary. Alors que j’étais en prise de rôle pour Mercedes et que je faisais mes débuts à Orange, elle s’est montrée très généreuse avec moi, m’a beaucoup soutenue et même guidée. Dés lors nous sommes devenues des amies proches … elle a toujours suivi ma carrière jusqu’en avril dernier, où elle est venue m’écouter dans Norma à Toulouse. <br>Béatrice était une femme extraordinaire, qui aimait la vie, rire, les soirées entre amis… et qui a toujours été souriante et attentionnée.</p>
<p>Karine Deshayes</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/64d11e0ce7d6aa1f510d4dcd/large/image.jpg?v=1" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Béatrice Uria Monzon, Karine Deshayes et Chantal Perraud sont à l’affiche de l’édition 2023 du festival lyrique du Grand Villeneuvois./ DDM G.G.&nbsp;DDM G.G.</em></figcaption></figure>


<p><strong>Julien DRAN, ténor</strong></p>
<p>Selon moi, Béatrice, était tout ce qu’un.e artiste doit représenter : l’élégance, la classe, l’intégrité, la générosité et la simplicité dans la grandeur. Elle était perfectionniste et l’intensité avec laquelle elle montait sur scène était stupéfiante. Elle a, pour moi, toujours été un exemple du chemin que ceux qui désirent brûler les planches doivent suivre.<br>J’ai eu l’honneur et l’immense plaisir de partager la scène avec Béatrice quelques fois et la fierté que j’en éprouvais me marque encore maintenant, et pour le reste de ma vie.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;<br></span>En tant que femme, j’ai aussi eu la chance d’être touché par sa générosité, son écoute et son soutien indéfectible. Je lui en serai éternellement reconnaissant.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;<br></span>Une grande dame, une immense artiste qui va beaucoup manquer à toutes les personnes qu’elle a touché.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;<br></span></p>
<p>Julien DRAN</p>


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<p><strong>Delphine HAIDAN, mezzo-soprano</strong></p>
<p>Un des plus beaux timbres de voix , une amie fidèle depuis plus de 30 ans ,une femme genereuse et courageuse<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>! Elle va me manquer</p>
<p>Delphine Haidan</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.olyrix.com/files/picture/photos/PhotoPage/46461/mickael-bardin-delphine-haidan-et-beatrice-uria-monzon.jpg" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Mickaël Bardin, Delphine Haidan et Beatrice Uria-Monzon © Vichy Culture</em></figcaption></figure>


<p><strong>Jean-François LAPOINTE, baryton</strong></p>
<p>Béatrice était une grande artiste et une femme d&rsquo;exception. Nous avons fait plusieurs <em>Carmen</em> ensemble. Elle transcendait l&rsquo;image qu&rsquo;on se faisait du rôle. Elle m&rsquo;a toujours impressionné. Je garde aussi en tête son petit côté rebelle presque rockeuse. Je la vois encore arriver sur sa grosse moto à Toulouse dans les années 90. Elle était belle, elle était libre, elle était magnifique!<br>Je crois que de toutes les productions que nous avons faites ensemble, c&rsquo;est <em>Cléopâtre</em> de Massenet à l&rsquo;Opéra de Marseille qui nous aura permis de développer notre plus grande complicité scénique. Je garderai toujours dans mon coeur ce souvenir merveilleux et précieux où nous avons incarné ces personnages mythiques. Béatrice était une reine magistrale, éblouissante. Elle est maintenant éternelle.</p>
<p>Jean-François Lapointe</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2013/06/Massenet-Cléopâtre-photo-Christian-Dresse.jpg" alt=""/></figure>



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<p><strong>Antoine PALLOC, pianiste et chef de chant</strong></p>
<p>Il y a des chanteurs et il y a des artistes, des âmes, des êtres chantants avec qui il n&rsquo;est pas utile de répéter car la musique, la connexion et le partage se font naturellement.<br>Béa appartient à cette catégorie : en un clin d&rsquo;œil rieur et heureux, le partage, la connexion, la connivence sont là, simplement, joyeusement et tendrement. Le travail peut commencer pour aller au plus profond des émotions en quête de cette vérité, de sincérité que tout artiste recherche.<br>Cette force généreuse et créatrice, Béatrice, Béa, ma cocotte, BUM, LA BUM, l&rsquo;a toujours eue, avec classe et élégance, en humilité, en simplicité, en doutes, en questions, en travail, en rigueur, mais toujours en joie de vivre.</p>
<p>Antoine Palloc</p>


<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BUM3.jpg" alt="" class="wp-image-195200"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>L&rsquo;Instant Lyrique de Béatrice Uria Monzon et Antoine Palloc, Paris, 2021</em></figcaption></figure>


<p><strong>Alexandra MARCELLIER, soprano</strong></p>
<p>Béatrice Uria-Monzon, c’était bien plus qu’une voix : c’était une présence, une lumière, une force tranquille. Dès notre première rencontre à Agen, elle a marqué ma vie. Elle était une artiste rare, une vraie, animée par une passion brûlante pour la musique, pour la vie, pour les autres et pour la nature. Elle avait ce lien profond avec la terre, avec ce qui est essentiel, vrai, vivant. Je la revois dans son jardin, rayonnante, enracinée, pleinement elle-même. Ce que j’aimais profondément chez elle, c’était cette alliance unique de grandeur et de douceur, de feu et de grâce, de générosité et de pudeur. Même face à la maladie, elle ne montrait jamais sa peur, préférant protéger ceux qu’elle aimait. Elle m’a transmis l’exigence, la liberté, le courage, et cette idée précieuse qu’il faut vivre pleinement. Aujourd’hui, chaque note que je chante lui est dédiée. Béatrice était, et restera, l’un des piliers de ma vie.</p>


<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/94C89936-9014-435D-A98B-756180E2B1A7-1024x673.jpg" alt="" class="wp-image-195138" width="910" height="598"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Alexandra Marcellier et Béatrice Uria Monzon, collection privée</em></figcaption></figure>


<p><strong>Christophe GHRISTI, directeur du Capitole de Toulouse</strong></p>
<p class="elementToProof">De Béatrice Uria-Monzon, j&rsquo;ai évidemment beaucoup d&rsquo;images sur scène. J&rsquo;en évoquerai deux.</p>
<p class="elementToProof">La première dans mon souvenir, alors que j&rsquo;étais tout jeune dramaturge au Capitole : Béatrice chantait Carmen, Michel Plasson dirigeait. Elle faisait sa première entrée sur une passerelle à quelques mètres du sol (sublime décor de Frigerio), les bras nus, les cheveux négligeamment attachés, narguant le monde entier, d&rsquo;une beauté tranchante et irrésistible. Plasson l&rsquo;enveloppait de mille rayons de soleil. Et, je m&rsquo;en souviens extrêmement bien, je m&rsquo;étais dit du haut de ma jeunesse imprudente : « plus jamais je n&rsquo;entendrai Carmen comme ça ». Et en effet, j&rsquo;en ai entendu d&rsquo;autres, et des magnifiques, mais plus jamais ce sentiment de volupté et de vérité sans limite, absolument nietzschéen.</p>
<p class="elementToProof">La dernière, pendant <em>Mefistofele</em> au Capitole en juin 2023, ses derniers spectacles. Béatrice était très déprimée, sans doute déjà épuisée par le mal qui allait se déclarer peu après. Sublime en scène, elle éblouissait dans ce rôle pourtant si ingrat de Hélène de Troie, arrivant pour un seul tableau à la fin d&rsquo;un ouvrage si prolixe. A la dernière, elle m&rsquo;a dit avoir le triste sentiment qu&rsquo;elle venait de chanter là pour la dernière fois. J&rsquo;ai ri et j&rsquo;ai balayé ses craintes d&rsquo;un revers de la main, avec mes projets pour elle dans la tête.</p>
<div class="elementToProof">Les grands artistes sont bien des médiums, ils sentent les vérités auxquelles un simple humain n&rsquo;a pas accès.</div>
<p>Christophe GHRISTI</p>


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<p><strong>Olivier FREDJ, metteur-en-scène</strong></p>
<p>Béatrice était une magicienne. Rayonnante de bonheur quand elle s&rsquo;occupait de ses plants de tomates et dressait les grandes tables de sa maison, en haut de sa colline. Des vues peintes par son père, une colline sur laquelle trônait sa maison, toujours ouverte aux amis. J&rsquo;ai rencontré Béatrice à Bruxelles, elle était ma Lady Macbeth, y prenait le rôle. Elle travaillait d&rsquo;arrache pied ses « trois cerveaux » comme elle les appelait. Celui de la voix et de la musique, celui du texte et du sens, celui de la mise en scène et de ses partenaires de jeux. Elle irradiait, pourtant terrorisée à tout instant de ne pas être à la hauteur. Parce que c&rsquo;était elle, elle est devenue Lauren Bacall dans l&rsquo;acte I, Jackie Kennedy à l&rsquo;acte II, Nancy Reagan<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>au III&#8230; et sublime plus que tout dans la fragilité du somnambulisme. Comme état physique, je souhaitais qu&rsquo;elle se nourrisse de la fameuse scène de Pina Baush dans Café Muller. Elle la regarda, une fois, avec moi, puis répéta la scène. Dés la première tentative, devant une salle de répétition médusée, elle a lancé, inquiète, au jeune débutant que j&rsquo;étais : « ça va, comme ça, c&rsquo;est bien? ». C&rsquo;était bien. Et je comprenais dans son souci de bien faire qu&rsquo;elle ne savait pas, ne voulait pas sans doute savoir à quel point elle dégageait quelque chose qui transcendait les directions données. J&rsquo;ai essayé de longues années à le lui faire entendre, à ce qu&rsquo;elle ose cette confiance dans ce qu&rsquo;elle proposait. En vain, elle était au service d&rsquo;un tout, et l&rsquo;inquiétude de ne pas être assez ne s&rsquo;apaiserait qu&rsquo;aux pieds de ses tomates, plus tard, ailleurs. J&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on s&rsquo;était reconnus. Parce qu&rsquo;on ne s&rsquo;attachait qu&rsquo;à l&rsquo;ensemble, qu&rsquo;au résultat global, bien au delà de nos enjeux personnels. Je garderai toujours deux images d&rsquo;elle, chez elle, un verre de vin et une cigarette si rarement<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>possible quand elle travaillait, à rire aux larmes sur la terrasse. Et celle empruntée à Blue Velvet, en Lady Macbeth, une lampe de chantier à la main en guise de micro, ouvrant la bouche d&rsquo;un hurlement muet, son corps entier disparu dans cette Lady. Adieu ma Lady, je suis sur que je ne suis pas le seul que tu as changé par ta présence.</p>
<p>Olivier FREDJ</p>


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<p><strong>Michel PLASSON, chef d&rsquo;orchestre</strong></p>
<p class="s6"><span class="s7">Béatrice… c’était le timbre et le charme&nbsp;!</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">Elle avait ce charme, pas celui qu’on affiche, pas celui qu’on joue mais celui qui ne s’use pas, qui ne se montre pas, qui ne s’exploite pas. Elle portait le charme comme gravité. Comme les planètes, comme le magnétisme. Un mystère venu d’ailleurs. Elle ne l’utilisait pas, elle l’avait, tout simplement. Et c’est ça qui me bouleversait. Le charme, le vrai, est inexplicable. Ce n’est ni technique, ni scolaire. C’est au-delà. Et Béatrice l’avait, elle le portait comme une étoile brillante au firmament. </span><span class="s7"><br></span><span class="s7"><br></span><span class="s7">Elle n’était jamais dans l’artifice. Elle était vraie. Dérangeante de vérité parfois. Et cette vérité, je voulais la révéler, pas la diriger. Accompagner, oui mais indiquer, jamais. Car ce que je cherche, dans la musique, c’est la personne. Et avec Béatrice, il y avait une personne entière, grave, joyeuse, troublante.</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">Elle avait un timbre très particulier. Franco-espagnol peut-être ? Ni tout à fait espagnol, ni tout à fait français. Mais surtout un timbre à elle. Le timbre, c’est l’ADN du chanteur. On ne le change pas, il est inaltérable. Le sien était surtout singulier. Ce timbre racontait quelque chose. On sentait derrière lui un cœur qui n’était pas toujours heureux. Et moi, j’y sentais une fragilité, une absence de bonheur. Cette tristesse délicate mêlée à la lumière était bouleversante.</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">J’ai eu pour elle une tendresse rare. Une tendresse que je n’ai pas eue pour beaucoup de chanteuses. Et je le dis sans détours car avec elle, il n’y avait pas de faux-semblants.</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">Elle est partie. Et je sens qu’elle n’a pas tout dit, pas tout chanté. Mais ce qu’elle a laissé, c’est cette vibration intérieure qui dépasse les rôles et les scènes. Elle était accordée à quelque chose de plus grand. Et ça, ça ne s’oublie pas.</span></p>
<p>Michel Plasson</p>


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<p><strong>José VAN DAM, baryton-basse</strong></p>
<p>Béatrice était une chanteuse unique. Une belle âme, une grande artiste, une superbe voix et une personnalité en dehors du commun avec qui il était toujours très agréable de partager la scène. <br>Quelle tristesse de la savoir partie….</p>
<p>José van Dam</p>


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<p><strong>Maurice XIBERRAS, directeur de l&rsquo;Opéra de Marseille</strong></p>
<p>Écrire quelques lignes sur Béatrice est difficile pour moi.</p>
<p>J&rsquo;avais beau m&rsquo;attendre à cette nouvelle, mais depuis je suis anéanti et pense à tous nos multiples souvenirs communs, amicaux et artistiques.</p>
<p>Mon « histoire » avec Béatrice, commence il y a fort longtemps lorsqu&rsquo;elle&nbsp; était stagiaire au Cnipal à Marseille dans la phalange consacrée aux apprentis choristes.</p>
<p>Je passais voir des amis chanteurs, et je suis interpellé par une voix que j’entendais derrière une porte. J&rsquo;écoute avec curiosité , la personne sort.&nbsp; C&rsquo;était Béatrice qui prenait un cours avec son professeur Pali Marinov. Je m&rsquo;enhardis en me présentant et en lui disant que la qualité de sa voix était plus que prometteuse et celle d&rsquo;une soliste. Depuis ce jour, nous sommes restés amis.</p>
<p>Le hasard des parcours a voulu que je devienne Directeur de l&rsquo;Opéra de Marseille et bien entendu j&rsquo;ai tout de suite appelé Béatrice. Elle m&rsquo;a fait le cadeau de venir à de nombreuses reprises à Marseille,, se sentant à la « maison » comme elle le disait.&nbsp; Je pense à <em>Carmen</em> bien sur, à <em>Hérodiade</em>, à <em>Roberto Devereux</em>, <em>Gioconda</em>, <em>Le Cid</em> et<em> Les Troyens</em> avec Roberto, <em>Le Roi d&rsquo;Ys</em>, <em>Cléopâtre</em>&#8230; A chaque fois c&rsquo;était un plaisir renouvelé. Tout d&rsquo;abord celui d&rsquo;amis qui se retrouvent, comme si ils s&rsquo;étaient quittés la veille , mais également un délice aux couleurs de bonheur musical et artistique.</p>
<p>Malgré son statut de star internationale , Béatrice était restée d&rsquo;une simplicité étonnante, avenante, à l&rsquo;écoute de jeunes chanteurs ou de la moindre personne qui avait envie de lui parler.</p>
<p>Elle laisse un grand vide, un gouffre dans mon cercle d&rsquo;amis. Je pense à sa fille, à son compagnon, aux personnes qui ont pu l&rsquo;aimer .</p>
<p>Il nous reste de nombreux témoignages où on la voit incandescente et investie. Mais il va me falloir du temps avant de pouvoir la réécouter ou la revoir.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/">Regards sur Béatrice Uria Monzon : « Elle était solaire »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Récital Roberto Alagna &#8211; Paris (Gaveau)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-roberto-alagna-paris-gaveau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Mar 2025 06:22:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour son retour sur la scène de la Salle Gaveau, Roberto Alagna a choisi de rendre hommage à Puccini à travers un programme ambitieux qui aligne la totalité des opéras du compositeur toscan, en proposant au moins un extrait de chacun d’eux. Chanter à la fois Rodolfo et Dick Johnson, Rinuccio et Cavaradossi ou Calaf, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour son retour sur la scène de la Salle Gaveau, <strong>Roberto Alagna</strong> a choisi de rendre hommage à Puccini à travers un programme ambitieux qui aligne la totalité des opéras du compositeur toscan, en proposant au moins un extrait de chacun d’eux. Chanter à la fois Rodolfo et Dick Johnson, Rinuccio et Cavaradossi ou Calaf, constitue déjà une prouesse pour un ténor à l’apogée de ses moyens, alors quand on a quarante ans de carrière sur les épaules, cela tient du miracle. Ce miracle, le ténor l’avait déjà accompli sur la scène de La Scala en juin 2024, soutenu par le piano de Jeff Cohen. Cette fois c’est l’Orchestre Colonne qui l’accompagne sous la direction de Jean-Louis Ossonce et l’exploit s’avère quasiment irréprochable. Alors évidemment, certains airs lui tombent mieux dans la voix que d’autres, il le reconnaît d’ailleurs lui-même puisqu’avant de chanter l’air de Rinuccio il explique que cet air pose un problème car, tout comme celui de Rodolfo, il n’est plus de son âge et comme le public proteste gentiment, il ajoute « Mais je vais le chanter quand même » déclenchant l’hilarité générale. De fait les pages où ils se montre le plus convaincant sont celle dévolues à un ténor <em>spinto</em> voire dramatique.</p>
<p>C’est devant une salle comble que Roberto Alagna fait son entrée sur le plateau, très élégamment vêtu d’un habit à queue de pie noir, d’une chemise, d’un gilet et d’un nœud papillon noirs également, accueilli par une salve d’applaudissements nourris. Les deux premières pages sont chantées en force, un traitement qui convient mieux à l’air d’Edgar avec ses aigus claironnants qu’à la plainte nostalgique de Roberto dans <em>Le Villi</em>. Suivent les trois airs de Des Grieux, au cours desquels, la voix petit à petit se réchauffe, le medium s’assouplit et se pare de sonorités veloutées tandis que le chant se fait plus nuancé. Cette partie s’achève avec l’air de Des Grieux qui conclut l’acte trois de <em>Manon Lescaut</em>. L’interprétation bouleversante du ténor lui vaut une ovation méritée.</p>
<p>La seconde partie s’ouvre avec l’incontournable « Che gelida manina » extrait de <em>La Bohème</em>, un ouvrage que Roberto Alagna a mis à son répertoire voici plus de trois décennies, qu’il a interprété sur les plus grandes scènes, et dont il a laissé deux intégrales au disque qui font référence. Si sa prestation ne manque pas de séduction et si la magie opère toujours en dépit d’un timbre moins solaire, force est de reconnaître que l’aigu a perdu sa rondeur d’autrefois, l’effort est désormais perceptible. Saluons néanmoins la performance d&rsquo;autant plus que l&rsquo;air est chanté dans le ton. En revanche l’air de Cavaradossi n’appelle que des éloges tout comme « Addio fiorito asil » interprété avec une facilité déconcertante. Avant d’aborder <em>La fanciulla del West</em>, notre ténor explique qu’il regrette de n’avoir pas eu l’occasion de jouer les cowboys sur scène en incarnant Dick Johnson dont il donne une interprétation remarquable de « Ch’ella mi creda libero ». Le programme s’achève avec un « Nessun dorma » de bonne tenue, couronné par un si percutant qui réjouit la salle.</p>
<p>Fidèle à sa générosité notoire, Roberto Alagna offrira à son public quatre bis, et non des moindres,  qui lui permettront de parachever son parcours « puccinien », l’air de Ruggero dans <em>La rondine</em><em>,</em> qu’il conclut sur un<em> piano</em> longuement tenu, le premier air de Calaf, « Non piangere Liù » et l’air de Luigi dans <em>Il Tabarro</em>, tous trois magnifiquement interprétés, avec une forme vocale retrouvée, et enfin l’air de Rinuccio, tout à fait défendable, même s’il ne possède plus la voix légère et  juvénile qu’on attend ici. Chaque bis est précédé d’un commentaire, non dénué d’humour qui témoigne de l’aisance avec laquelle notre ténor a toujours su créer une complicité avec les spectateurs, grâce à sa faconde et son irrésistible charisme. Roberto Alagna aime son public et celui-ci le lui rend bien.</p>
<p>A la tête d’un Orchestre Colonne en bonne forme, en dépit de quelques écarts de justesse, J<strong>ean-Yves Ossonce</strong> adopte des tempos retenus et propose une direction fouillée avec un sens évident du théâtre. Toujours attentif à son interprète, leur connivence est réjouissante.</p>
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		<title>Déstockage massif Salle Gaveau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/destockage-massif-salle-gaveau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Feb 2025 15:16:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après le concert Sonya Yoncheva du 25 janvier dernier, on apprend que ce sont ceux de Javier Camarena (5 mai) et Leo Nucci (3 juin) qui sont à leur tour annulés. La direction précise également que les dates ne seront pas reportées. Ventes en berne, mauvaise communication (certains concerts sont parfois annoncés en cours de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après le concert <strong>Sonya Yoncheva</strong> du 25 janvier dernier, on apprend que ce sont ceux de <strong>Javier Camarena</strong> (5 mai) et <strong>Leo Nucci</strong> (3 juin) qui sont à leur tour annulés. La direction précise également que les dates ne seront pas reportées. Ventes en berne, mauvaise communication (certains concerts sont parfois annoncés en cours de saison et passent inaperçus), nouvelle politique artistique suite au rachat de la salle par Jean-Marc Dumontet en octobre 2024 (celui-ci avait annoncé vouloir « changer l’image de Gaveau » mais aussi « essayer de doper la programmation déjà faite jusqu’à juin 2025 »)&#8230; aucune explication n&rsquo;a été donnée sur ces annulations, trop nombreuses pour être le fruit hasard. Pour l&rsquo;instant, les apparitions de <strong>Roberto Alagna</strong> (11 mars) et de <strong>Plácido Domingo</strong> (<em>Macbeth</em> en concert le 1er avril) figurent encore sur le calendrier, lequel affiche à ce jour de longues périodes de relâche (aucun spectacle entre le 6 avril et le 10 mai, et un seul en juin), peut-être pour accueillir les concerts acoustiques, seuls-en-scène et spectacles d’humour annoncés par le nouveau propriétaire.</p>
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		<title>GIORDANO, Fedora &#8211; Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/giordano-fedora-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La renommée d’Andrea Chénier dissimule l’œuvre d’Umberto Giordano comme Pagliacci et Cavalleria Rusticana dissimulent celles de ces contemporains Leoncavallo et Mascagni. Pourtant, il est l’auteur d’une petite quinzaine d’opéras, dont Fedora, peut-être la plus jouée de ses « œuvres secondaires » avec Madame Sans-Gêne et Siberia. Adaptation d’une pièce que Victorien Sardou avait écrite pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">La renommée d’<em>Andrea Chénier</em> dissimule l’œuvre d’Umberto Giordano comme <em>Pagliacci </em>et <em>Cavalleria Rusticana </em>dissimulent celles de ces contemporains Leoncavallo et Mascagni. Pourtant, il est l’auteur d’une petite quinzaine d’opéras, dont <em>Fedora</em>, peut-être la plus jouée de ses « œuvres secondaires » avec <em>Madame Sans-Gêne</em> et <em>Siberia</em>.</p>
<p style="font-weight: 400;">Adaptation d’une pièce que Victorien Sardou avait écrite pour Sarah Bernhardt, cette œuvre relate la destinée de la princesse russe Fedora Romazoff. À Saint-Pétersbourg, au premier acte, elle assiste impuissante à la mort de son fiancé Vladimir, assassiné. Quelques semaines plus tard, à Paris, elle suit la trace de l’assassin et déploie des trésors de séduction pour recueillir ses aveux et le livrer à la police. Elle découvre cependant que Vladimir la trompait avec l’épouse de Loris, ce qui explique et excuse son geste. Prise à son propre jeu, elle tombe follement amoureuse de Loris et fuit avec lui en Suisse. Mais la mécanique tragique est déjà en branle : suite à la dénonciation anticipée de Fedora, le frère de Loris s’est noyé dans sa cellule au bord de la Neva et sa mère meurt de chagrin. Persuadée de ne pouvoir obtenir son pardon, Fedora avale le poison qu’elle portait toujours en pendentif autour de son cou et meurt dans les bras de Loris qui l’absout, désespéré.</p>
<p><figure id="attachment_179266" aria-describedby="caption-attachment-179266" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-179266 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025A030_Fedora_G_20241210_CaroleParodi_HD-0480-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-179266" class="wp-caption-text">© Carole Parodi</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">Le metteur en scène <strong>Arnaud Bernard</strong> puise dans l’arrière-plan politique de l’œuvre pour la faire résonner avec l’actualité et mettre en relief son allure de thriller policier. Le spectacle s’ouvre avec une capture d’écran d’une recherche internet sur « Fedora Romazoff ». En surfant sur le web, on rencontre la notion de <em>kompromat</em>, dont on lit une définition à l’écran : un moyen mis en œuvre par les services secrets pour compromettre un ennemi politique. Le rideau se lève et s’en suit une longue pantomime où l’on découvre Vladimir en pleine partie de jambes en l’air avec une jeune femme. Au même moment, des agents des services secrets observent les faits en vidéo sur une table de visionnage. C’est alors que surgit Loris dans la chambre : il tire sur Vladimir qui venait de sortir son arme. Cette scène originelle illustre le récit qu’en fera Loris à Fedora au deuxième acte, tout en introduisant dans l’intrigue un imaginaire de l’espionnage.</p>
<p style="font-weight: 400;">La présence obscure et constante d’espions au plateau au cours des trois actes semble révéler que Fedora elle aussi est victime d’une machination, comme si tout était manigancé pour la mener au suicide. Mais les raisons d’une telle élimination demeurent inconnues et cette complexification du livret ne fait que rendre l’intrigue un peu plus confuse et vaine, en quelque sorte, car elle la fait s’éloigner du romantisme noir et immédiat du livret. Ceci est d’autant plus vrai qu’on ne sait jamais vraiment à quelle époque on se situe, les costumes, les décors ou les situations oscillant entre des références aux années 1960 et 1990.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le metteur en scène sait cependant s’appuyer sur une direction d’acteur fine et précise, permettant de suivre le parcours de chaque personnage et de frémir avec eux dans les moments les plus prenants. Les décors de <strong>Johannes Leiacker</strong>, majestueux et entièrement dorés (sauf là où agissent les agents du FSB, plongés dans un noir profond qui absorbe même les murs), assume la dimension fastueuse des lieux où se situe l’action. Au début du deuxième acte, le public applaudit même au lever du rideau, saluant comme au bon vieux temps la richesse du décor et la virtuosité des interprètes figés dans des poses diverses.</p>
<p style="font-weight: 400;">À la fin de l’œuvre, on retrouve l’écran de recherche internet du début. Le cadre de scène se referme sur une photographie des lieux de la mort de Fedora, en face d’un texte lacunaire et analytique qui rapporte son suicide. L’effet de cette conclusion est assez émouvant, car il ramène les torrents de passion qui viennent de déferler sur le plateau à un fait divers et nous rappelle que sous les lignes figées des informations journalistiques, rapportant les faits avec détachement, des cœurs ont palpité.</p>
<p><figure id="attachment_179268" aria-describedby="caption-attachment-179268" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-179268 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025A030_Fedora_G_20241210_CaroleParodi_HD-9734-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-179268" class="wp-caption-text">© Carole Parodi</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">Giordano a réservé à ce livret foisonnant, aux accents de polar, une musique généreuse et pleine de variété. Sous la battue soutenue d’<strong>Antonino Fogliani</strong>, le premier acte file avec énergie jusqu’à l’annonce de la mort de Vladimir. Le second acte est plus varié, avec ses grandes scènes festives et son duo accompagné par un pianiste présent sur scène, jusqu’à l’interlude débordant de lyrisme où le chef mène l’<strong>Orchestre de la Suisse romande</strong> sur des cimes de sensualité débridée. Le chef est si engagé et en osmose avec les chanteurs à la fin de l’acte II qu&rsquo;il en lance sa baguette sur le plateau.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le dernier acte ménage quelques touches de couleurs locales, comme le chant d’un jeune garçon accompagné par l’accordéon, dont la douce mélancolie resurgit lors de l&rsquo;agonie de Fedora. Fogliani prend au sérieux cette partition pleine de qualités, trop souvent disqualifiée pour son allure disparate ou ses épanchements lyriques, et met en valeur ses richesses et ses raffinements avec une conviction et un enthousiasme exemplaires.</p>
<p><figure id="attachment_179265" aria-describedby="caption-attachment-179265" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-179265 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025A030_Fedora_G_20241210_CaroleParodi_HD-0443-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-179265" class="wp-caption-text">© Carole Parodi</figcaption></figure></p>
<p>Fedora est un rôle qui a toujours attiré les grandes divas, de Magda Olivero à Renata Scotto, en passant par Mirella Freni ou plus récemment Sonya Yoncheva. <strong>Aleksandra Kurzak</strong> ne fait qu&rsquo;une bouchée de ce rôle à la mesure de sa démesure. La voix, d&rsquo;une plénitude ébouriffante, est impeccablement maîtrisée, d&rsquo;aigus filés délicats en graves poitrinés autoritaires. Le timbre laisse affleurer, sous ses couleurs lyriques, des marbrures de ténèbres qui révèlent la dimension tourmentée du personnage. Très mobile sur le plateau, délivrant toujours le texte à fleur de lèvres, l&rsquo;interprète sait se faire tour à tour tigresse et enchanteresse. Les moments les plus bouleversants de la partition demeurent l&rsquo;air de Fedora au premier acte « O grandi occhi lucent di fede », où Kurzak déploie une grande palette de nuances et d&rsquo;expressions variées, ainsi que son agonie finale, qui nous arrache des larmes par son mélange d&rsquo;intensité contenue et d&rsquo;abandon désespéré.</p>
<p>L&rsquo;alchimie de la soprano avec le ténor <strong>Roberto Alagna</strong> n&rsquo;est plus à démontrer. Leur duo à la fin du deuxième acte, où Fedora avoue son amour à Loris et le supplie de rester chez elle pour ne pas tomber entre les mains de la police, est d&rsquo;une virulence sauvage. La voix du ténor, qui fête cette année ses soixante ans, n&rsquo;a rien perdu de sa franchise d&rsquo;émission, de son mordant et de sa clarté, désormais éclaboussée de teintes minérales. On s&rsquo;inquiète d&rsquo;abord face à quelques aigus à l&rsquo;intonation défaillante, mais ces inquiétudes sont vite balayées par la maîtrise des moyens vocaux et par l&rsquo;engagement total de l&rsquo;artiste. Il semble se consumer sur le plateau comme si c&rsquo;était la dernière fois qu&rsquo;il montait sur scène, ne reculant devant aucun excès expressif, toujours d&rsquo;une justesse désarmante car pleinement vécus.</p>
<p><figure id="attachment_179271" aria-describedby="caption-attachment-179271" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-179271 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025A030_Fedora_G_20241210_CaroleParodi_HD-9927-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-179271" class="wp-caption-text">© Carole Parodi</figcaption></figure></p>
<p><em>Fedora</em> est une œuvre toute entière dévorée par la présence de son rôle-titre et qui laisse peu de place aux rôles secondaires pour se développer. <strong>Simone Del Savio</strong> est un De Siriex convaincant, à la voix de baryton habilement conduite et pleine de caractère. <strong>Yuliia Zasimova</strong>, admirée ici il y a quelques mois dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-clemenza-di-tito-geneve/"><em>La clemenza di Tito</em></a>, est une Olga absolument charmante, à la présence incandescente et au timbre frais et fruité. Quant à <strong>Mark Kurmanbayev</strong>, il incarne avec beaucoup de probité l&rsquo;inspecteur de police Gretch. Des autres rôles secondaires qui ne font que des apparitions éclair, on retiendra surtout le Cirillo de <strong>Vladimir Kazakov</strong>, très expressif, et le serviteur de <strong>Céline Kot</strong>, qui fait montre d&rsquo;une belle présence. La plupart de ces seconds rôles sont d&rsquo;ailleurs tenus par des membres du <strong>Chœur du Grand Théâtre de Genève</strong>, persuasif dans ses interventions du deuxième acte.</p>
<p>Pour conclure, on ne peut que regretter que la mise en scène de cette production ne soit pas plus à la hauteur de l&rsquo;excellence de l&rsquo;équipe musicale, dont le couple principal constitue sans aucun doute un idéal pour cette œuvre aujourd&rsquo;hui. La tension et la finesse de leur incarnation ne saurait que se développer encore plus brillamment d&rsquo;ici la fin des représentations. Notons par ailleurs que le Grand Théâtre de Genève propose également deux représentations avec deux jeunes chanteurs russes, Elena Guseva et Najmiddin Mavlyanov, les 14 et 21 décembre.</p>
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		<title>Puccini &#8211; The Warner Classics Edition</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/puccini-the-warner-classics-edition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louise Momal]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Nov 2024 16:54:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion du centenaire de la mort de Giacomo Puccini, Warner Classics publie, à une distance judicieuse des fêtes de fin d’année, un coffret réunissant la majeure partie de son œuvre vocale. Avec des distributions rassemblant les grands pucciniens du XXe siècle, cette réédition offre un beau panorama du paysage puccinien du siècle dernier. Seul &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;occasion du centenaire de la mort de Giacomo Puccini, Warner Classics publie, à une distance judicieuse des fêtes de fin d’année, un coffret réunissant la majeure partie de son œuvre vocale. Avec des distributions rassemblant les grands pucciniens du XXe siècle, cette réédition offre un beau panorama du paysage puccinien du siècle dernier.</p>
<p>Seul bémol de cette édition : l’absence d’intégrale de <em>Le Villi </em>et d’<em>Edgar</em>, premiers opéras du maître de Lucques qui ne figurent pas au catalogue Warner Classics, et dont il faut se contenter d’extraits, certes forts réussis, enregistrés par<strong> Roberto Alagna</strong> en 1996. Pour le reste, tous les opéras de Puccini sont là, certains dans des versions superlatives, d’autres dans des enregistrements plus anecdotiques. <em>La Bohème</em> de 1987 sous la baguette de <strong>James Conlon</strong> manque ainsi significativement d’<em>italianità</em>, chose assez regrettable dans un opéra si connu et rebattu, mais elle vaut tout de même pour le Rodolfo charismatique de <strong>José Carreras</strong>. De même, avouons ne pas être pleinement séduit par la Ciò-Ciò-San de Renata Scotto, émouvante, mais sans les splendeurs plastiques d’autres titulaires du rôle. À ses côtés en revanche, le Pinkerton solaire et fougueux &nbsp;de <strong>Carlo Bergonzi</strong> et le Sharpless tout en rondeur de <strong>Rolando Panerai</strong> donnent un éclat irrésistible à ces rôles plus secondaires.</p>
<p>Dans l’excellent, notons le couple explosif formé par <strong>Montserrat Caballé</strong> et <strong>Plácido Domingo</strong>, emportant tout sur leur passage dans <em>Manon Lescaut</em>, et celui, au charme plus discret, d’<strong>Angela Gheorghiu</strong> et Robert Alagna dans <em>La rondine</em>, elle déroulant des legati dans lesquels son timbre moiré se reflète avec élégance, lui brillant par une projection franche et claire conférant une fougue juvénile à son Ruggero. Parmi le meilleur de ce coffret également, la <em>Turandot</em> de 1977 dirigée par <strong>Alain Lombard</strong>, dans laquelle le Calaf lumineux de José Carreras affronte la Turandot glacée de Montserrat Caballé. Surtout, on y retrouve avec délice la Liù idéale de <strong>Mirella Freni</strong>, au timbre rond, chaud, velouté qui semble créé spécialement pour les délicates volutes vocales de la mort de la petite esclave.</p>
<p>Mais le protagoniste le plus saillant de cette intégrale, de manière peut-être quelque peu inattendue, c’est <strong>Tito Gobbi</strong>, qui y apparaît en Scarpia, Michele d’<em>Il Tabarro</em> et <em>Gianni Schicchi</em>. Dans Scarpia, rôle iconique, il affronte évidemment la Tosca de <strong>Callas</strong>, tous deux incandescents, d’une violence théâtrale viscérale, mythiques. On retrouve l’art du mot incisif de Gobbi, sa capacité fascinante à créer un personnage entier en quelques inflexions de voix, dans les deux ouvrages du <em>Trittico</em> qu’il interprète. Son Michele d’<em>Il Tabarro</em> est terrifiant, troublant dans son monologue grinçant précédent le meurtre de Luigi. Quant à son Gianni Schicchi, entouré d’un excellent groupe de chanteurs de caractère en parents avides, il brille par son humour, tirant là aussi parti d’une diction toujours au service du théâtre, dont la scène du faux testament est l’apogée.</p>
<p>Quelques récitals en solo viennent compléter ces intégrales d’opéra. Montserrat Caballé, dans un enregistrement de 1970, y interprète notamment un « Donde lieta uscite » absolument enchanteur, étirant des crescendi et decrescendi sans aucune limite apparente. Quant à Maria Callas, son récital de 1954 brille par son art théâtral, chaque personnage prenant corps en un ou deux airs. Son « Sola, perduta, abandonatta » (<em>Manon Lescaut</em>) est frémissant de sensualité et d’émotion, un condensé de tout son art en quelques minutes.</p>
<p>Large panorama puccinien alternant indispensables de la discographie et enregistrements moins connus, parfois à tort, ce coffret remplit donc tout à fait ses promesses, et peut tout aussi bien compléter une discothèque déjà bien fournie que servir de première pierre à un néophyte.</p>
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