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	<title>Licia ALBANESE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Licia ALBANESE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Décès de Licia Albanese</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/deces-de-licia-albanese/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Aug 2014 08:22:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Née à Bari le 22 juillet 1913, la soprano Licia Albanese s&#8217;est éteinte hier 15 août à 101 ans. Grande interprète de Puccini, elle avait été l&#8217;une des artistes préférées d&#8217;Arturo Toscanini, pour qui elle fut notamment Mimi ou Violetta. Elle fit ses débuts en 1934, dans Madame Butterfly, à Parme et à Milan où &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Née à Bari le 22 juillet 1913, la soprano Licia Albanese s&rsquo;est éteinte hier 15 août à 101 ans. Grande interprète de Puccini, elle avait été l&rsquo;une des artistes préférées d&rsquo;Arturo Toscanini, pour qui elle fut notamment Mimi ou Violetta. Elle fit ses débuts en 1934, dans <em>Madame Butterfly</em>, à Parme et à Milan où elle remplaça au pied-levé la titulaire du rôle-titre. C&rsquo;est également en Cio-Cio-San qu&rsquo;elle débuta au Met en 1940 ; en un quart-de-siècle, elle devait assurer 427 représentations sur la scène new-yorkaise. Elle revint sous le feu des projecteurs dans les années 1980, lorsqu&rsquo;elle fut engagée pour une reprise du musical <em>Follies</em> de Stephen Sondheim.</p>
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		<item>
		<title>Verdi au Metropolitan Opera</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cru-bourgeois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jun 2014 16:52:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Histoire de prolonger encore un peu les effluves capiteux du bicentenaire verdien, après un coffret regroupant des intégrales verdiennes live de Maria Callas dans ses années glorieuses (voir compte rendu), Forlane consacre un coffret à des enregistrements verdiens du MET provenant de la fin des années 50 et du début des années 60, époque où &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	Histoire de prolonger encore un peu les effluves capiteux du bicentenaire verdien, après un coffret regroupant des <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=6535&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=55">intégrales verdiennes <em>live</em> de Maria Callas</a> dans ses années glorieuses (voir <a href="http://www.forumopera.com/cd/quand-la-meneghini-etait-grosse">compte rendu</a>)<em>,</em> Forlane consacre un coffret à des enregistrements verdiens du MET provenant de la fin des années 50 et du début des années 60, époque où les gosiers en or affluaient sur la scène new-yorkaise. Comme dans le cas de Callas, cette compilation a été établie pour Forlane par la firme Malibran.</p>
<p>
	Par son propos, ce coffret ressemble singulièrement à celui publié par Sony Classical à l&rsquo;automne dernier, et commenté dans <a href="/cd/verdi-toutes-voiles-dehors">ces colonnes</a><em>.</em> Deux différences néanmoins: moins d&rsquo;opéras pour Forlane (8, contre 10 chez Sony: on perd <em>Falstaff</em>, <em>Forza</em>, <em>Nabucco</em> et <em>Simon Boccanegra</em>, mais on gagne <em>Le Trouvère</em> et <em>Don Carlo</em>), et une amplitude temporelle plus resserrée. Les représentations retenues couvrent en effet 7 années (de <em>La Traviata</em> de 1955 au <em>Macbeth</em> de 1962) quand le coffret Sony couvrait plus de 30 ans de chant verdien.</p>
<p>
	Ce coffret offre un reflet assez fidèle du niveau moyen du MET des années de l&rsquo;ère Bing, avec ses atouts indéniables, mais aussi ses limites.</p>
<p>
	A l&rsquo;actif, on placera naturellement la capacité à réunir des distributions dans l&rsquo;ensemble flatteuses. Au passif, il est difficile de ne pas mentionner un certain négligé dans l&rsquo;exécution (assez largement imputable aux chefs, mais aussi aux lacunes intrinsèques des forces maison), mais aussi – à de rares exceptions près – une conception assez primaire du chant verdien : les grands noms ne font pas tout.</p>
<p>
	Un mot enfin sur le choix des représentations qui composent ce coffret : elles se situent en règle générale, pour ce qui est de leur intérêt musical, en léger retrait par rapport à d’autres captations disponibles, à commencer par celles retenues dans le coffret de Sony Classical. Étonnamment, ce sont surtout les sopranos qui en font les frais : en lieu et place de Leontyne Price, Virginia Zeani ou Eleanor Steber, on retrouve ici <strong>Antonietta Stella</strong>, <strong>Gabriella Tucci</strong>, <strong>Mary Curtis-Verna</strong>, qui sans démériter franchement, ne sont pas ce que la scène verdienne avait à offrir de plus convaincant à l&rsquo;époque. Du côté des voix d&rsquo;homme, en revanche, rien à redire: avec Corelli, Bergonzi et Del Monaco, on a sous la main les trois plus incontestables ténors verdiens du moment, tandis que les barytons, avec Warren, Merrill et Bastianini, sont royalement servis.</p>
<p>
	Procédons à la revue de détail.</p>
<p>
	<em>Le Trouvère</em> qui ouvre le coffret est plutôt flatteur. Captée le 27 février 1960, cette soirée permet, à défaut de la quinte flush rêvée, d’apprécier un solide brelan, avec <strong>Ettore Bastianini</strong>, Luna à la voix d’airain, <strong>Giulietta Simionato</strong>, une des meilleures Azucena du moment, et surtout le Manrico suprêmement poète et magistralement styliste de <strong>Carlo Bergonzi</strong>, idéal complément à celui exactement contemporain de Franco Corelli. On placera un cran derrière la Leonora d&rsquo;Antonietta Stella, qui n’est que solide (mais ose quand même «<em> Di tale amor </em>» au I), et le Ferrando de <strong>William Wildermann</strong>, assez transparent. Au pupitre, <strong>Fausto Cleva</strong> fait le job, avec métier mais sans génie.</p>
<p>
	<em>La Traviata</em> nous ramène 5 ans en arrière, le 1er janvier 1955. En termes d&rsquo;intérêt musical, on recule également par rapport au <em>Trouvère</em> qui précède. En Violetta minaudante,<strong> Licia Albanese</strong>, abonnée au rôle sur la scène du MET pendant 20 ans, apparaît irrémédiablement datée (au III, on ne sait pas qui de Violetta ou du public tousse le plus), rendue obsolète par celles qui sont venues après elle, à commencer par Callas. Son Alfredo, <strong>Giacinto Prandelli</strong>, est clairement un second choix. Seul le jeune Ettore Bastianini vient rehausser le niveau d&rsquo;ensemble, en Germont fringant et sonore.</p>
<p>
	Le <em>Rigoletto</em> qui suit offre à l’auditeur des bonheurs contrastés. À l’actif figure évidemment le Bossu de <strong>Leonard Warren</strong>, capté ici tout juste un an avant sa mort sur scène, très en voix et qui sait émouvoir. Le Duc d&rsquo;<strong>Eugenio Fernandi</strong>, sincère et engagé, mais au timbre ingrat, ne saurait rivaliser une seconde avec ceux de Bergonzi ou Kraus. Pour le <em>sex appeal</em>, on repassera. Quant à la Gilda de<strong> Roberta Peters</strong>, elle fait partie de ces soubrettes, qui certes peuvent afficher une certaine virtuosité, appréciable dans « Caro nome<em> </em>», mais passent définitivement à côté de la dimension tragique du rôle : un aimable contresens, en quelque sorte. Comme trop souvent, Maddalena et Sparafucile sont hélas confiés à des seconds plans. Fausto Cleva est de nouveau un chef professionnel, qui sait garantir un minimum d’intégrité musicale à la soirée. Un détail : on maudit le souffleur du MET qui, à la fin du IV, alors que Gilda vient de rendre son dernier soupir, et que son père, tout en désespoir éploré, vient de lancer un « Gilda… Gilda… » à faire pleurer les pierres, croit utile de souffler à Warren (qui doit chanter ce soir-là son 85e Rigoletto au MET) un sonore «<em> E morta !</em> ». Maledetto !</p>
<p>
	L&rsquo;<em>Aïda</em> du 3 mars 1962 fait partie des bonnes surprises du coffret. En Radamès, <strong>Franco Corelli </strong>est insolent de santé et de splendeur sonore : c’est irrésistible à défaut d’être toujours très surveillé. <strong>Cornell MacNeil </strong>assure également en Amonasro, sa malédiction au Nil ferait s’effondrer le palais de Pharaon : effet garanti. L’Aïda de Gabriella Tucci est mieux que convaincante : musicienne, au timbre charnu, elle emporte l’adhésion, sans aller jusqu’à éclipser le souvenir de Price, inapprochable en ces années-là. On n’en dira pas autant de l&rsquo;Amneris d&rsquo;<strong>Irene Dalis</strong>, bien peu crédible en fille de roi, par ailleurs en difficulté dans le registre grave.</p>
<p>
	On monte encore un cran au-dessus avec <em>Un Bal masqué</em>. La représentation du 17 mars 1962 est bien connue et figure, à bon droit, parmi les <em>live</em> les plus recommandables de la discographie. Le mérite en revient d’abord au Riccardo définitif de Carlo Bergonzi, sans doute ici dans son meilleur rôle verdien. C’est de bout en bout une leçon, à savourer et méditer comme telle. Autour de lui, c’est la fête : <strong>Leonie Rysanek</strong> est une Amelia peu idiomatique, c’est vrai, mais aux moyens impressionnants et à l’investissement dramatique qui emporte tout sur son passage. On retrouve avec plaisir <strong>Robert Merrill</strong>, digne successeur de Leonard Warren dans les rôles de baryton verdien, et dont le Renato très bien chantant s’impose. <strong>Anneliese Rothenberger</strong> campe un page étincelant, et<strong> Jean Madeira </strong>ne dépareille pas l’ensemble en Ulrica (elle se sort même très bien de son «<em> Re dell’abisso </em>»). Pour parachever l’ensemble, la direction inspirée du maestro <strong>Nello Santi </strong>fait merveille. Une authentique réussite, et une très belle soirée verdienne.</p>
<p>
	On reste sur les sommets avec <em>Otello</em>. Là encore, cette représentation de mars 1958 est bien connue des discophiles. Elle permet d’apprécier, au sommet de sa gloire vocale, le Maure de <strong>Mario Del Monaco</strong>, abonné au rôle en cette période, et multirécidiviste dans la discographie. Tout a déjà été dit sur cette incarnation tout en force et en puissance, mais qui franchit plus d’une fois les limites du bon goût. Cette représentation trouve Del Monaco toujours aussi impressionnant, mais plus sobre que dans la moyenne de ses prestations au disque : on n’en s’en plaindra pas. Il a pour partenaire la Desdémone de <strong>Victoria de Los Angeles</strong>, qui n’est que miel et amandes, d’une pureté angélique, même si les emportements du duo du III («<em> E io son l’innocente cagion di tanto pianto</em> ») la poussent dans ses limites, ainsi que le Iago un brin monolithique de Leonard Warren. On signalera les remarquables bonus qui complètent le second disque, et proviennent d’une représentation de mars 1955 : dans la quasi-totalité du IV, <strong>Renata Tebaldi</strong> incarne une Desdémone de premier ordre, supérieurement émouvante dans l’air du Saule et l’Ave Maria. Un miracle n’arrivant jamais seul, Del Monaco est encore plus sobre qu’en 1958, ce qui nous vaut un « <em>Niun mi tema </em>» d’anthologie, garanti sans sanglot intempestif !</p>
<p>
	Après de telles splendeurs, on déchante (dans tous les sens du terme…) avec le <em>Don Carlo</em> capté le 15 avril 1961. On devrait plutôt parler de bribes de <em>Don Carlo</em>, tant l’œuvre est mutilée par des coupures au-delà du raisonnable (jusqu’en plein milieu de l’autodafé) : à la longue, cela devient difficilement supportable. Sur scène Corelli est toujours aussi solaire et engagé, mais livré à lui-même, il a tendance à s’écouter chanter. Le Philippe de <strong>Jerome Hines</strong> est sonore, mais manque cruellement de profondeur. Quant à l’Inquisiteur de <strong>Hermann Uhde</strong>, il n’a manifestement pas trouvé la baguette magique permettant de transformer un (très bon) baryton en basse profonde. Cela s’entend cruellement dans la confrontation avec le Roi au IV. Seul le Posa de<strong> Mario Sereni</strong>, généralement sous-estimé, tire convenablement son épingle du jeu. Chez les femmes, l&rsquo;Elisabeth matrone et vocalement instable de Mary Curtis Verna est très rapidement oubliable : un second choix, à l’évidence. L&rsquo;Eboli d&rsquo;<strong>Irene Dalis</strong> bénéficie d’une voix plus saine et homogène, mais elle n’en fait pas grand-chose. Shirley Verett et Grace Bumbry, Amnéris définitives, peuvent dormir en paix. La direction du chef<strong> Kurt Adler</strong> se signale par son caractère brouillon, et n’empêche pas l’installation d’une certaine anarchie dans la conduite de cette représentation.</p>
<p>
	Le coffret se clôt par un <em>Macbeth</em> capté le 24 mars 1962. Qui veut apprécier Macbeth sur la scène du MET privilégiera la soirée de février 1959 : Leonie Rysanek y est en bien meilleure forme (ici, la voix est audiblement instable, les vocalises sont savonnées comme rarement, le ré de la scène du somnambulisme escamoté…), Macbeth y est incarné par Leonard Warren, d’une autre trempe vocale et dramatique qu&rsquo;<strong>Anselmo Colzani</strong>, et on retrouve dès 1959 le Macduff majuscule de Carlo Bergonzi, dont on soulignera la constance dans l’excellence. La direction de Thomas Schippers, enfin, nerveuse et théâtrale, est de loin préférable à celle, bien brouillonne, du maestro <strong>Rosenstock</strong>. Là encore, des coupures difficilement compréhensibles (pourquoi avoir rétabli le ballet si c’est pour supprimer les dernières mesures de la scène des apparitions ?).</p>
<p>
	Voilà en définitive un coffret qui, à partir d’une unité de lieu et de temps, mélange quelques grands crus (<em>Otello</em>, <em>Un Bal masqué</em>), qui à eux seuls suffisent à en recommander l’acquisition, d’appréciables seconds vins (<em>Trouvère</em>, <em>Aïda</em>) et quelques productions locales moins indispensables, voire carrément acidulées (<em>Traviata</em>, <em>Don Carlo</em>) : l’art lyrique, pas plus que l’œnologie, ne saurait être une science exacte.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Bohème</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bergonzi-plus-vrai-que-nature/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude-Pascal Perna]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Mar 2011 12:41:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette soirée du 15 février 1958, proposée par Sony Classical dans sa série TheMetropolitanOpera1, est mémorable à plus d’un titre : si La Bohème fait partie des opéras les plus représentés au Met, ses exécutions ne sont pas toutes inoubliables, loin s’en faut. Celle-ci l’est indiscutablement : brochette de solistes de premier plan, présence de troupiers de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Cette soirée du 15 février 1958, proposée par Sony Classical dans sa série <em>TheMetropolitanOpera</em>1, est mémorable à plus d’un titre : si <em>La Bohème</em> fait partie des opéras les plus représentés au Met, ses exécutions ne sont pas toutes inoubliables, loin s’en faut. Celle-ci l’est indiscutablement : brochette de solistes de premier plan, présence de troupiers de grande qualité, orchestre et chœur particulièrement inspirés sous la baguette passionnée de Thomas Schippers.</p>
<p> </p>
<p><strong>Carlo Bergonzi</strong> incarne ici Rodolfo : sa deuxième saison à New York, après ses débuts dans Radamès, saison 1956-1957, fait de lui – lui le ténor verdien par excellence &#8211; l’un des favoris du public, et il ne déçoit pas. La somptuosité du timbre, la richesse harmonique de la voix et sa palette expressive en font un poète irrésistible. Son « Che gelida manina » est enlevé avec un élan et une chaleur communicative : le medium est charnu et à ce stade de sa carrière, l’aigu triomphant. Au cours de la représentation, on ressent un engagement émotionnel de la part d’un artiste qui n’a pourtant jamais brillé par l’insolence de son jeu scénique. Jusqu’aux dernières mesures du 4e acte, Carlo Bergonzi nous séduit, autant par la classe innée de son chant, que par son parfait phrasé et le contrôle abouti de la ligne.</p>
<p> </p>
<p>Sa Mimì est <strong>Licia Albanese</strong>, un pilier du Met, qui célèbre ici sa 18e saison, après ses débuts dans le rôle-titre de <em>Madama Butterfly</em> en 1940. Artiste intègre et extrêmement populaire à New York, le soprano jouit d’un immense capital de sympathie. Ses caractérisations d’héroïnes pucciniennes servent désormais de références en matière d’interprétation. Si on peut ne pas apprécier le timbre prématurément vieilli de l’artiste ou son émission « à l’ancienne », son engagement force l’admiration. Dès son entrée en scène, on ressent cette indéniable présence, ce frémissement et cette capacité inouïe à restituer le phrasé. avec une diction et un pathos confondants. Son « Sì, mi chiamano Mimí » est une leçon de style et Licia Albanese investit son personnage à un tel point que d’acte en acte, on vit le drame à ses côtés, jusqu’au poignant « Sono andati ? » culminant au dernier acte. Cet ultime murmure couronne certainement la magistrale interprétation d’une grande dame de l’art lyrique en qui résonne le credo : <em>« prima le parole, poi la musica. »</em> </p>
<p> </p>
<p>Autres agréables surprises : le Marcello de <strong>Mario Sereni </strong>et la Musetta de <strong>Laurel Hurley. </strong>Le premier insuffle à son personnage une belle intensité, grâce à sa voix chaleureuse et à un style consommé. Si Laurel Hurley est méconnue en Europe, elle jouit en revanche d’une bonne notoriété aux Etats-Unis : voix magnifiquement timbrée, habilement conduite, elle campe une Musetta coquine et enjouée, mais éloignée des sempiternels clichés et de la vulgarité collant souvent à la peau du personnage.</p>
<p>Le reste de la distribution est de fort bonne tenue, en parfaite adéquation avec la mosaïque de caractères opposés exigés par le compositeur. Cette réussite ne pourrait être totale sans la direction d’orchestre dynamique du charismatique <strong>Thomas Schippers</strong>. Autre personnage-clé de la vie musicale new-yorkaise et américaine, ce brillant musicien, fauché en pleine fleur de l’âge à 47 ans, anime et fait briller un orchestre parfois routinier mais qui est ici excellent.</p>
<p><strong>Claude-Pascal PERNA</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>1 Sony Classical propose, dans sa série <em>TheMetropolitanOpera,</em> des enregistrements publics qui méritent le qualificatif parfois galvaudé d’historique : l’initiative en vaut le détour ! Les archives radiophoniques des <em>Saturday matinée broadcasts</em> regorgent de trésors, témoins privilégiés d’une époque paraissant, à un demi-siècle de nous, révolue.</p>
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