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	<title>Franc ALEU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Franc ALEU - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-streaming-barcelone-princesse-high-tech-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming de Turandot  (visible jusqu&#8217;au 14 octobre 2020), nous vous proposons de retrouver ci-après le compte rendu de la représentation du 07 octobre 2019 . En 1999, après le terrible incendie qui détruisit totalement la salle et la scène, le Liceu rouvrait avec Turandot (Giovanna Casolla). Vingt ans ont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming de <em>Turandot </em> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.arte.tv/fr/videos/091009-000-A/turandot-de-puccini-au-gran-teatre-del-liceu-de-barcelone/">visible jusqu&rsquo;au 14 octobre 2020</a>), nous vous proposons de retrouver ci-après le compte rendu de la représentation du 07 octobre 2019 .</strong></p>
<hr />
<p>En 1999, après le terrible incendie qui détruisit totalement la salle et la scène, le Liceu rouvrait avec <em>Turandot</em> (Giovanna Casolla). Vingt ans ont passé, et c’est à nouveau Turandot qui est à l’affiche. Mais aujourd’hui, il semblerait presque que l’entreprise catalane de spectacle <em>La Fura dels Baus</em> se soit appropriée Turandot un peu partout dans le monde, en direct ou par personne interposée. Camille De Rijck titrait son compte rendu de la récente mise en scène d’Alex Ollé à Tokyo « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/turandot-tokyo-new-national-theater-turandot-mater-dolorosa">Turandot mater dolorosa</a> », et Guillaume Saintagne celle plus ancienne de Carlus Padrissa à Munich « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/turandot-munich-turandot-cyber-punk">Turandot cyber punk</a> ». Ce soir, c’est le spécialiste de créations vidéo <strong>Franc Aleu</strong> qui s’attaque pour la première fois à un opéra, avec un passé également <em>Fura dels Baus</em>. Il y a donc dans tout cela un petit air de connivence, car les procédés sont souvent les mêmes, et la dramaturgie torturée de manière voisine. Son choix a été de transposer l’œuvre dans le futur… Pourquoi pas ! Transposons, transposons, il en restera toujours quelque chose…</p>
<p>	Tout tourne ici autour de l’œil : on se trouve d’abord dans un œil, qui est un peu celui d’un cyclone, puis l’on comprend que les lunettes lumineuses que tous les interprètes portent sont des signes de vie (télévision, tablette, téléphone portable, réalité augmentée, 3D, etc.) et qu’ôter ses lunettes à quelqu’un revient à lui ôter la vie. On n’est pas loin de l’acte d’Olympia des <em>Contes d’Hoffmann</em>. Mais s’y ajoutent bien d’autres choses, car le metteur en scène veut aussi dénoncer le machisme, sans pour autant gommer la rédemption de Turandot par l’amour, dont elle comprend la réalité grâce au sacrifice de Liù. Et donc, après avoir puisé dans l’imagerie populaire de la Vierge du Pilar, de Sœur Marie de l’Incarnation selon les canons de l’école de Beuron, ou même des madones troubles de Pierre et Gilles, il impose à la malheureuse Turandot de terminer l’opéra penchée en <em>mater dolorosa</em> sur le corps inanimé de Liù.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="301" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/5002-507ca_bofill.jpg?itok=HjCjtCLN" width="468" /><br />
	© Photo Antoni Bofill</p>
<p>Le spectacle en lui-même est somptueux, mais trop c’est trop. Tournette en délire perpétuel, pyramide évoquant le pouvoir mais crachant des fumées comme un volcan, Ping, Pang et Pong finissant enfermés dans d’énormes bulles de savon, débauche de laser, d’images synthétiques, de couleurs et de lumières, on ne sait plus où regarder, et les personnages principaux sont un peu noyés dans la masse. Et puis on a une impression d’étouffement, un peu comme si cette mise en scène avait été prévue pour une scène plus grande et se trouvait ici à l’étroit. Par ailleurs l’énorme casque-lunettes porté par Turandot (on pense à Métropolis autant qu’au système automatique de choix de verres correcteurs inventé par les Frères Lissac) rend peu perceptibles ses expressions, même de près. Donc elle exprime peu de choses, si ce n’est par la voix.</p>
<p>	Et là, les choses sont plus positives, avec une distribution dont la qualité première est l’unité et l’équilibre. <strong>Iréne Theorin</strong> réussit ce soir un sans-faute, avec une voix stable encore qu’un peu prudente au début, se libérant totalement ensuite pour surmonter sans effort apparent les éclats d’un orchestre boosté par un <strong>Josep Pons</strong> en grande forme. Sans doute le casque qu’elle porte est-il plutôt inconfortable et ne l’aide-t-il pas, et c’est vrai que l’on ne retrouve ni la puissance ni l’expressivité de deux des grandes interprètes du passé, Birgit Nilsson et Eva Marton. Mais cela est largement compensé par une prestance et une implication sans faille, rendant le personnage attachant à défaut d’être vraiment sympathique.</p>
<p>	Car la sympathie va forcément à la pauvre Liù, plus malheureuse que les pierres, et cela se voit. A l’applaudimètre, <strong>Ermonela Jaho</strong> l’emporte haut la main. Et pourtant, qu’apporte-t-elle au personnage en dehors d’interminables minauderies ? Elle joue simplement le rôle d’une cantatrice en train de chanter Liù, mais cela plaît au public. En revanche, son chant est de qualité, d’une grande technicité, et quelques notes filées, surtout au début, emportent l’adhésion.</p>
<p>	<strong>Jorge de León</strong> est un Calaf d’excellente tenue, dont la voix se marie fort bien avec celle de la princesse de ses rêves. Sans doute atteint-il rapidement ses limites en matière d’identification au personnage, et à la fin de l’opéra, le voir contempler interminablement le casque qu’il a arraché à Turandot sans pouvoir rien exprimer d’autre que l’étonnement d’une poule ayant trouvé un canif, montre aussi les limites atteintes ce soir en termes de direction d’acteurs. Mais côté vocal, la voix est belle, la projection parfaite, et la puissance bien en adéquation avec le lieu.</p>
<p>	L’excellent Timur d’<strong>Alexander Vinogradov</strong> est, comme Liù, un peu trop traditionnel, mais la voix est magnifique et l’interprète attachant. Les Ping, Pang et Pong de <strong>Toni Marsol</strong>, <strong>Francisco Vas</strong> et <strong>Mikeldi Atxalandabaso</strong> arrivent à s’extraire du poids des éléments scéniques pour faire vivre aussi bien que possible leurs trois personnages si ambigus par une musicalité et des ensembles quasi sans faille. Saluons <strong>Chris Merritt</strong> (Altoum), qui a l’air de beaucoup s’amuser à contempler, depuis son trône haut perché, toute l’agitation ambiante.<br />
	Enfin, dans le petit rôle d’un mandarin, on remarque la prestation très prometteuse de <strong>Michael Borth</strong>. Les chœurs assurent avec vaillance leur partie.</p>
<p>	<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.arte.tv/fr/videos/091009-000-A/turandot-de-puccini-au-gran-teatre-del-liceu-de-barcelone/">Voir la vidéo</a></p>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-barcelone-princesse-high-tech/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Oct 2019 21:27:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1999, après le terrible incendie qui détruisit totalement la salle et la scène, le Liceu rouvrait avec Turandot (Giovanna Casolla). Vingt ans ont passé, et c’est à nouveau Turandot qui est à l’affiche. Mais aujourd’hui, il semblerait presque que l’entreprise catalane de spectacle La Fura dels Baus se soit appropriée Turandot un peu partout &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1999, après le terrible incendie qui détruisit totalement la salle et la scène, le Liceu rouvrait avec <em>Turandot</em> (Giovanna Casolla). Vingt ans ont passé, et c’est à nouveau Turandot qui est à l’affiche. Mais aujourd’hui, il semblerait presque que l’entreprise catalane de spectacle <em>La Fura dels Baus</em> se soit appropriée Turandot un peu partout dans le monde, en direct ou par personne interposée. Camille De Rijck titrait son compte rendu de la récente mise en scène d’Alex Ollé à Tokyo « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/turandot-tokyo-new-national-theater-turandot-mater-dolorosa">Turandot mater dolorosa</a> », et Guillaume Saintagne celle plus ancienne de Carlus Padrissa à Munich « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/turandot-munich-turandot-cyber-punk">Turandot cyber punk</a> ». Ce soir, c’est le spécialiste de créations vidéo <strong>Franc Aleu</strong> qui s’attaque pour la première fois à un opéra, avec un passé également <em>Fura dels Baus</em>. Il y a donc dans tout cela un petit air de connivence, car les procédés sont souvent les mêmes, et la dramaturgie torturée de manière voisine. Son choix a été de transposer l’œuvre dans le futur… Pourquoi pas ! Transposons, transposons, il en restera toujours quelque chose…</p>
<p>	Tout tourne ici autour de l’œil : on se trouve d’abord dans un œil, qui est un peu celui d’un cyclone, puis l’on comprend que les lunettes lumineuses que tous les interprètes portent sont des signes de vie (télévision, tablette, téléphone portable, réalité augmentée, 3D, etc.) et qu’ôter ses lunettes à quelqu’un revient à lui ôter la vie. On n’est pas loin de l’acte d’Olympia des <em>Contes d’Hoffmann</em>. Mais s’y ajoutent bien d’autres choses, car le metteur en scène veut aussi dénoncer le machisme, sans pour autant gommer la rédemption de Turandot par l’amour, dont elle comprend la réalité grâce au sacrifice de Liù. Et donc, après avoir puisé dans l’imagerie populaire de la Vierge du Pilar, de Sœur Marie de l’Incarnation selon les canons de l’école de Beuron, ou même des madones troubles de Pierre et Gilles, il impose à la malheureuse Turandot de terminer l’opéra penchée en <em>mater dolorosa</em> sur le corps inanimé de Liù.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="301" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/5002-507ca_bofill.jpg?itok=HjCjtCLN" width="468" /><br />
	© Photo Antoni Bofill</p>
<p>Le spectacle en lui-même est somptueux, mais trop c’est trop. Tournette en délire perpétuel, pyramide évoquant le pouvoir mais crachant des fumées comme un volcan, Ping, Pang et Pong finissant enfermés dans d’énormes bulles de savon, débauche de laser, d’images synthétiques, de couleurs et de lumières, on ne sait plus où regarder, et les personnages principaux sont un peu noyés dans la masse. Et puis on a une impression d’étouffement, un peu comme si cette mise en scène avait été prévue pour une scène plus grande et se trouvait ici à l’étroit. Par ailleurs l’énorme casque-lunettes porté par Turandot (on pense à Métropolis autant qu’au système automatique de choix de verres correcteurs inventé par les Frères Lissac) rend peu perceptibles ses expressions, même de près. Donc elle exprime peu de choses, si ce n’est par la voix.</p>
<p>	Et là, les choses sont plus positives, avec une distribution dont la qualité première est l’unité et l’équilibre. <strong>Iréne Theorin</strong> réussit ce soir un sans-faute, avec une voix stable encore qu’un peu prudente au début, se libérant totalement ensuite pour surmonter sans effort apparent les éclats d’un orchestre boosté par un <strong>Josep Pons</strong> en grande forme. Sans doute le casque qu’elle porte est-il plutôt inconfortable et ne l’aide-t-il pas, et c’est vrai que l’on ne retrouve ni la puissance ni l’expressivité de deux des grandes interprètes du passé, Birgit Nilsson et Eva Marton. Mais cela est largement compensé par une prestance et une implication sans faille, rendant le personnage attachant à défaut d’être vraiment sympathique.</p>
<p>	Car la sympathie va forcément à la pauvre Liù, plus malheureuse que les pierres, et cela se voit. A l’applaudimètre, <strong>Ermonela Jaho</strong> l’emporte haut la main. Et pourtant, qu’apporte-t-elle au personnage en dehors d’interminables minauderies ? Elle joue simplement le rôle d’une cantatrice en train de chanter Liù, mais cela plaît au public. En revanche, son chant est de qualité, d’une grande technicité, et quelques notes filées, surtout au début, emportent l’adhésion.</p>
<p>	<strong>Jorge de León</strong> est un Calaf d’excellente tenue, dont la voix se marie fort bien avec celle de la princesse de ses rêves. Sans doute atteint-il rapidement ses limites en matière d’identification au personnage, et à la fin de l’opéra, le voir contempler interminablement le casque qu’il a arraché à Turandot sans pouvoir rien exprimer d’autre que l’étonnement d’une poule ayant trouvé un canif, montre aussi les limites atteintes ce soir en termes de direction d’acteurs. Mais côté vocal, la voix est belle, la projection parfaite, et la puissance bien en adéquation avec le lieu.</p>
<p>	L’excellent Timur d’<strong>Alexander Vinogradov</strong> est, comme Liù, un peu trop traditionnel, mais la voix est magnifique et l’interprète attachant. Les Ping, Pang et Pong de <strong>Toni Marsol</strong>, <strong>Francisco Vas</strong> et <strong>Mikeldi Atxalandabaso</strong> arrivent à s’extraire du poids des éléments scéniques pour faire vivre aussi bien que possible leurs trois personnages si ambigus par une musicalité et des ensembles quasi sans faille. Saluons <strong>Chris Merritt</strong> (Altoum), qui a l’air de beaucoup s’amuser à contempler, depuis son trône haut perché, toute l’agitation ambiante.<br />
	Enfin, dans le petit rôle d’un mandarin, on remarque la prestation très prometteuse de <strong>Michael Borth</strong>. Les chœurs assurent avec vaillance leur partie.</p>
<p>	Diffusion en direct par Arte Concert le 15 octobre 2019, en inauguration de la saison d’opéra d’Arte qui proposera cette année une quinzaine de retransmissions depuis les plus grandes maisons européennes d’opéra. <u><a>https://www.arte.tv › arte-concert</a></u></p>
<p> </p>
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		<title>Turandot pour les 20 ans de la réouverture du Liceu</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/turandot-pour-les-20-ans-de-la-reouverture-du-liceu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2017 15:28:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1994, un incendie accidentel ravageait le Teatro del Liceu à Barcelone, causant un vif émoi dans le monde de l&#8217;opéra. Grâce à la mobilisation exceptionnelle des pouvoirs publics et des mécènes, le bâtiment fut reconstruit en un temps record et put rouvrir ces portes dès 1999. Une représentation de Turandot dans une mise en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1994, un incendie accidentel ravageait le Teatro del Liceu à Barcelone, causant un vif émoi dans le monde de l&rsquo;opéra. Grâce à la mobilisation exceptionnelle des pouvoirs publics et des mécènes, le bâtiment fut reconstruit en un temps record et put rouvrir ces portes dès 1999. Une représentation de <em>Turandot</em> dans une mise en scène par <strong>Franck Aleu</strong> célébrera les 20 ans de cette réouverture le 7 octobre 2019. Franck Aleu connaît bien le dernier opéra de Puccini pour avoir notamment participé aux effets visuels de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/turandot-munich-nina-stemme-sous-employee">la production munichoise en 3D réalisée par <strong>Carlus Padrissa</strong> de La Fura dels Baus</a>.</p>
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