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	<title>Woody ALLEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Woody ALLEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Gianni Schicchi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jonathan Parisi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 10:41:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2008 à l&#8217;opéra de Los Angeles, la mise en scène décapante de Gianni Schicchi par Woody Allen trouve avec l&#8217;interprétation de Placido Domingo une deuxième excellente raison de prendre place dans nos DVD-thèques. Conçue par le cinéaste américain à l&#8217;occasion du 150e anniversaire de la naissance de Puccini, la production avait été reprise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Créée en 2008 à l&rsquo;opéra de Los Angeles, la mise en scène décapante de <em>Gianni Schicchi </em>par Woody Allen trouve avec l&rsquo;interprétation de<strong> Placido Domingo</strong> une deuxième excellente raison de prendre place dans nos DVD-thèques. Conçue par le cinéaste américain à l&rsquo;occasion du 150e anniversaire de la naissance de Puccini, la production avait été reprise avec fidélité et inventivité par Kathleen Smith Belcher en septembre 2015, en lancement d&rsquo;une saison qui allait célébrer le 30e anniversaire du L.A. Opera. Son président Christophe Koelcher souhaitait alors mettre à l&rsquo;honneur sa programmation en y associant de grands noms du cinéma hollywoodien.</p>
<p class="rtejustify">Woody Allen signe ici sa première mise en scène d&rsquo;opéra, et force est de reconnaître que lui avoir confié <em>Gianni Schicchi</em> est une idée de génie ! Ramassée sur cinquante minutes et nourrie de l&rsquo;écriture franche et colorée du compositeur toscan, l&rsquo;œuvre se présente comme une grande scène collective, propice à la relecture amusée du cinéaste. Mettant l&rsquo;accent sur son ton satirique et la traitant dans la veine du cinéma néo-réaliste de l&rsquo;Italie d&rsquo;après-guerre, Woody Allen confère à l&rsquo;œuvre toute l&rsquo;animation qu&rsquo;elle réclame, verve et énergie autant que légèreté de ton. Le registre comique, traité avec le flegme habituel du réalisateur, évolue entre la parodie et l&rsquo;autodérision au point de rendre cette grande farce héritière de l&rsquo;opéra-bouffe plus fine et plus savoureuse encore.</p>
<p class="rtejustify">Le spectacle revendique son traitement cinématographique et assume d&#8217;emblée la satire en s&rsquo;ouvrant sur la projection d&rsquo;un générique qui annonce « <em>a Prosciutto e Melone Production</em> » (une production Jambon et Melon), tandis qu&rsquo;une musique napolitaine déplace l&rsquo;action de la Florence du XIIIe siècle vers la Naples mafieuse du milieu du XXe. Allongé sur son lit au centre d&rsquo;un décor en noir et blanc où se confondent intérieur et extérieur, privé et public, le défunt Buoso Donati est faussement pleuré par ses proches. Car la cupidité succède très vite au sentimentalisme et l&rsquo;on se met de part et d&rsquo;autre à chercher le testament du vieil oncle jusqu&rsquo;à le trouver au fond d&rsquo;une marmite de spaghettis ! Cousines, nièces, neveux et autres beaux-frères révèlent de nouveaux visages tandis qu&rsquo;Allen cisèle chaque tempérament, faisant de Zitta une mamma aussi rustre qu&rsquo;attendrissante, de Nella une épouse bien rangée, de la Ciesca une pin-up glamour, de Betto di Signa un ouvrier, de Simone un notable, de Marco un macho séducteur, abusant certes de la caricature mais dotant l&rsquo;ensemble de subtils détails capables d&rsquo;enrichir de bout en bout une action ordinairement sommaire. Certes il y a le couple d&rsquo;amoureux Rinuccio/Lauretta pour assurer – passages obligés – quelques élans lyriques traités dans un souriant premier degré et menant jusqu&rsquo;au célèbre « O mio babbino caro » de la soprano, qui assure à lui seul le succès populaire de la partition. Mais c&rsquo;est incontestablement au rôle titre que revient la tâche d&#8217;emmener l&rsquo;ensemble.</p>
<p class="rtejustify">Acclamé dès son entrée en scène, Placido Domingo incarne Schicchi avec tant de naturel, de brillance comme de roublardise, qu&rsquo;il hisse son personnage au-delà de ses contours. La grande scène durant laquelle ce « nouveau riche » met au point le stratagème qui permettra la réécriture du testament porte l&rsquo;action vers son point culminant, où les références au cinéma de Vittorio de Sica nourrissent une auto-parodie du genre absolument exquise. Revêtant l&rsquo;habit du défunt, lui-même installé en mendiant devant la porte, Domingo confirme une performance de haute volée et traverse avec nuances et subtilité les différents registres vocaux que sollicitent le rôle, jusqu&rsquo;à l&rsquo;épilogue parlé où, poignardé par Zita, Schicchi réclame l&rsquo;indulgence d&rsquo;un public pourtant pleinement acquis !       </p>
<p class="rtejustify">Aux côtés du monstre sacré, le reste de la distribution n&rsquo;a pas à rougir. Rôle de premier plan, la Zita de <strong>Meredith Arwady</strong> montre un rare équilibre entre de nombreux extrêmes graves et d&rsquo;impétueux aigus, se doublant d&rsquo;une présence scénique aguerrie. Le Rinuccio d&rsquo;<strong>Arturo Chacon-Cruz</strong> convainc lui aussi par l&rsquo;assurance d&rsquo;une voix aux couleurs résolument pucciniennes et forme un duo idéal avec la Lauretta d&rsquo;<strong>Andriana Chuchman</strong>, éblouissante de sincérité dans « O mio babbino caro ». Coté fosse le maestro <strong>Grant Gershon</strong> insuffle à la partition tout le dynamisme et la lisibilité qu&rsquo;elle requiert par son architecture en motifs courts, devenant tour à tour tonitruants ou plaintifs sous l&rsquo;active baguette du chef.</p>
<p class="rtejustify">Ce <em>Gianni Schicchi</em> lyrico-cinématographique nourri à chaque seconde par le génie de Woody Allen confirme la double raison d&rsquo;être de la scène et de la vidéo et trouve une place de choix dans ce répertoire lyrique du nouveau millénaire où la parenté se partage désormais entre compositeur et metteur en scène.</p>
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		<title>Goyescas&#124;Gianni Schicchi — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/goyescas-gianni-schicchi-recital-de-placido-domingo-madrid-contre-mauvaise-fortune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2015 06:10:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Placido Domingo traverse une période difficile sur le plan personnel : sa sœur est hospitalisée aux Etats-Unis et l’ex-ténor, reconverti baryton, annule régulièrement ses participations prévues de longue date. Au Teatro Real de Madrid, il devait interpréter Gianni Schicchi, le personnage bouffe du dernier opéra complet de Puccini. La situation actuelle l’en a dissuadé. L’histoire aurait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Placido Domingo</strong> traverse une période difficile sur le plan personnel : sa sœur est hospitalisée aux Etats-Unis et l’ex-ténor, reconverti baryton, annule régulièrement ses participations prévues de longue date. Au Teatro Real de Madrid, il devait interpréter Gianni Schicchi, le personnage bouffe du dernier opéra complet de Puccini. La situation actuelle l’en a dissuadé. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais par égard pour le public de sa ville natale, le baryton offre un petit récital entre la version concert de<em> Goyescas</em> (Granados) et de la farce puccinienne mise en scène par le cinéaste américain <strong>Woody Allen</strong>.</p>
<p>Et ce qui passe pour politesse devient électrisant dès le premier air. « Nemico della patria », extrait d’<em>Andrea Chenier</em>, tombe parfaitement bien dans la voix du madrilène. Le style est forgé par des décennies de chant, la ligne se développe irréprochable et assise sur un souffle impressionnant ; enfin la présence scénique laisse pantois, car même en costume trois pièces le personnage est là, dans l’instant. D’autant que le timbre s’est assombri un chouïa depuis les<em> Due Foscari </em>de Londres en novembre 2014 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/vu-au-cinema-i-due-foscari-en-direct-de-covent-garden">où l’auteur de ses lignes l’entendit <em>live </em>pour la dernière fois</a>). La salle exulte dès ce premier air. Ce n’est rien en comparaison de l’interprétation qu’il donnera quelques minutes plus tard de l’air de Macbeth : « Pietà, rispetto, amore », très intérieur et recueilli puis enflé dans un crescendo de puissance et d’intensité phénoménales ! En guise de conclusion, le chanteur invite<strong> Maite Alberola</strong> à le rejoindre pour donner toute la scène entre Germont Père et Violetta à l’acte II de la Traviata. On retrouve les mêmes qualités que précédemment mais c’est peut-être là que le timbre trahit davantage  l’Alfredo qu’il fût. Sensible, la soprano lui donne une réplique touchante où la différence d’âge est d’autant plus troublante. On passera plus rapidement sur <strong>Bruno Pratico</strong> au vibrato incontrôlé, aux vocalises à la traine et aux effets malcantistes rondement menés. <strong>Luis Cassino</strong> est honorable en Falstaff malgré un manque de soutien dans le medium.    </p>
<p>Cet interlude réveille une salle que la version de concert de <em>Goyescas</em> avait quelque peu laissé de marbre. Il faut dire que l’œuvre brille plus par son orchestration (adaptée de la partition initiale au piano) que par son livret (écrit pour coller à l’existant). En conséquence c’est l’orchestre très bien préparé de <strong>Guillermo García Calvo</strong> qui l’emporte par le lyrisme et la suavité notamment dans les interludes entre les tableaux. Sur une écriture complexe rythmiquement, le chœur, très sollicité, n’est pas en reste pendant les deux premiers tableaux. Les solistes sont au global décevants. La Rosario de <strong>María Bayo</strong>, fâchée avec la justesse, déploie un chant monocolore plutôt acide qui ne parvient pas ne serait-ce qu’à esquisser l’amoureuse. A l’opposé, le ténor <strong>Andeka Gorrotxategi</strong> bénéficie d’un timbre chaleureux et de beaux aigus. En Pepa, <strong>Ana Ibarra</strong> rend crédible son personnage au prix de graves forcés et poitrinés. Son compagnon de scène <strong>César San Martín </strong>(Piquero) est assez transparent.</p>
<p>Au retour de l’entracte, c’est <strong>Woody Allen</strong> qui présente en Europe le dernier volet du Triptyque qu’il a mis en scène pour le Los Angeles Opera. Presque classique si l’on oublie l’écran de cinéma qui introduit la représentation avant le début de la musique, l’américain traite la farce par l’hyper-réalisme. La maison, un peu décatie, fourmille de détails et de babioles, et l’on aperçoit les toits de Florence au loin entre sous-vêtements et autres frocs qui sèchent sur les cordes à linge. Seul l’habit indique que ces personnages ne feraient pas tâche dans un Chicago des années de la prohibition. Le costume raillé blanc et noir de Schicchi, laisse peu de doute sur la vision que s’en fait le cinéaste : c’est un truand. D’ailleurs il déclame son adresse au public en agonisant, poignardé par une Zita vengeresse cependant que le petit Gherardo pleure sur son corps. Quelques idées comiques sont du plus bel effet : le testament est retrouvé dans une casserole de spaghetti que Zita sème aux quatre vents à mesure qu’elle en prend connaissance. L’ironie mordante, est, bien entendu un autre ressort de Woody Allen. Aussi il fait placer le corps de Buoso devant la porte d’entrée de la maison avec un chapeau miteux. Chacun des visiteurs (docteur, notaire) lui laissera une aumône en partant. La direction d’acteur navigue entre réalisme et grand boulevard pour le plus grand plaisir des interprètes. On retrouve dans des emplois à leur mesure les deux clés de fa du récital, de même que <strong>Maite Albertola</strong> en Laureta sémillante tant scéniquement que vocalement. Le Rinuccio d’<strong>Albert Casals</strong> est juvénile à souhait même si l’on aimerait un peu plus de générosité à l’aigu. Enfin, ce dernier soir c’est <strong>Lucio Gallo</strong> qui remplace Placido Domingo. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/lelisir-damore-zurich-un-elixir-evente">Entendu la semaine précédente à Zurich en Dulcamara aphone</a>, l’interprète surprend par une voix saine et franche, doublée d’une roublardise scénique particulièrement jubilatoire. </p>
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