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	<title>Joséphine AMBROSELLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Joséphine AMBROSELLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Moving Songs , Récital Marine Chagnon &#038; Joséphine Ambroselli &#8211; Dijon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre la première de <em>Rigoletto</em> (où elle incarne Giovanna) à Bastille et ses sept reprises, <strong>Marine Chagnon</strong> se pose à Dijon, le temps d’un récital dans sa ville d’origine (1). Accompagnée par sa complice la pianiste <strong>Joséphine Ambroselli</strong>, avec laquelle elle a gravé son premier CD, consacré à des mélodies suédoises de notre temps (<em>Ljus</em>, chez Mirare), elle propose <em>Moving Songs</em>, un programme très personnel, auquel elle associe le violoncelle de <strong>Gabriel Bernès</strong>.</p>
<p>Si d’autres chanteurs se sont déjà prêtés à cet exercice de mêler les répertoires en assortissant leur récital d’une mise en espace, je ne me souviens pas avoir assisté à un spectacle aussi abouti, où tout fait sens. On oublie la démesure de l’auditorium, du cadre scénique, noir Soulages, pas vraiment approprié à l’exercice, tant les mouvements, les éclairages, les rares accessoires, et, surtout, la voix nous captivent. La vision d’un piano droit, que le rideau de fond de scène laisse entrevoir, un micro sur pied (dont elle n’a pas vraiment besoin, mais qui participe à la chanson de variété), une fleur effeuillée, quelques paillettes suffisent à la magie, servis par des éclairages sobres et pertinents. Marine Chagnon s’approprie l’espace, brûlant les planches. Artiste complète, authentique comédienne, maîtresse de son corps comme de sa voix, de ses expressions, elle semble se jouer de tout. Son excellence nous éblouit, dans l’éventail le plus large de l’expression vocale, du <em>musical </em>(<em>Cabaret</em>, de Kanders), de la chanson de variété, de la mélodie française à la scène lyrique, sans oublier la voix parlée. Car elle a choisi de se raconter, dialoguant avec sa propre voix off, pour dérouler une douzaine de mélodies, avec deux césures instrumentales qui s’inscrivent dans ce fil. La direction d’acteur est efficace et inventive : ponctuellement, ses partenaires quitteront leur instrument l’espace d’un instant, sans oublier une spectatrice invitée surprise, témoin de la confession de l’artiste.</p>
<p>Des textes et des musiques qui portent l’émotion se succèdent. L’attention constante portée aux paroles, la saveur des mots et des phrases sont d’exception : Marine Chagnon est plus qu’une voix, une diseuse dont le propos nous captive (2). Seul regret, les textes, découverts pour une large partie du public, bien qu’intelligibles aux premiers rangs, l’étaient-ils pour les plus éloignés dans l’immense vaisseau ? Le programme de salle ne les reproduisait pas, et aucun sur-titrage n’était prévu. Le regret est d’autant plus vif qu’aucun ne laisse indifférent, de Hugo à Régine, quelles qu’en soient les déclinaisons musicales. Le chant, habité, stylé, toujours nous émeut. On ne commentera pas Saint-Saëns, ni Poulenc, leçons de prosodie et d’intelligence. Quelle bonne idée d’avoir fait se succéder Offenbach et Kanders, qui relèvent de la même esthétique, tendres et toniques en diable, y compris dans les couplets de l’Aveu de <em>la Périchole. </em>Pauline Viardot, dont la reconnaissance commence à se faire jour, mérite tout autant notre intérêt, comme Cécile Chaminade. Quant à « Puisque j’ai mis ma lèvre », (de Reynaldo Hahn, sur des vers de Victor Hugo) c’est certainement l’une des plus belles versions jamais entendues (avec celle d’Anne Sofie von Otter). Le charme, l’insouciance, tout séduit dans ce chant habité. Quel que soit le propos, la présence vocale et physique de Marine Chagnon traduit une vérité constante, assortie d’une gestique, d’une chorégraphie sobres, justes, raffinées et expressives.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/image00005-1294x600.jpg" alt="" />© Robin Lebervet</pre>
<p>Anne Sylvestre aurait certainement admiré ses<em> Gens qui doutent</em> dans la bouche de notre mezzo : la confidence émue est aussi juste que chantée par sa créatrice. Oubliée la rengaine sentimentale de<em> C’était bien</em> (« Le p’tit bal perdu ») pour une chanson qui nous émeut. Les pizzicatti du violoncelle seul pour l’introduire, avant que chantent les deux femmes, Joséphine Ambroselli regagnant son clavier pour le second couplet dans le tournoiement de la valse (java), c’est le bonheur. La poignante plongée dans la souffrance endurée de la femme (<em>les bleus</em>), soulignée par l’éclairage, est d’une vérité, d’une justesse qui font oublier Gainsbourg. Sur les deux mesures obstinées du piano, la chanson mélancolique, sombre, de Dulcinée, du <em>Don Quichotte </em>de Massenet, nous renvoie à Berganza avant Crespin, auxquelles Marine Chagnon n’a que peu à envier. La beauté singulière de la pièce, où le récitatif est aussi captivant que la mélodie, nous vaut une émotion renouvelée, portée par le corps et la voix. C’est l’éblouissement.</p>
<p>Un piano de luxe et un admirable violoncelle, Marine Chagnon forme avec ses deux complices une équipe idéale. La qualité des arrangements emporte l’adhésion. Des pièces instrumentales, on retiendra avant tout le postlude des <em>Quatre poèmes</em> de Ropartz (3), suivi d’un extrait du premier quatuor de Fauré. Si l’ample <em>Grand tango</em>, de Piazzolla, redoutable, virtuose (écrit pour Rostropovitch), appelait peut-être davantage les déhanchements du tango dans ses mouvements extrêmes, la performance est remarquable.</p>
<p>Malgré des œuvres qui vous prennent aux tripes, qui n’appellent pas les acclamations exaltées de pièces de virtuosité technique, le public ovationne longuement nos trois musiciens, auxquels se joignent le metteur en scène et l’éclairagiste. Une soirée forte, que l&rsquo;on gardera en  mémoire.</p>
<pre>(1) C’est en chantant dans le chœur d’enfants du Conservatoire, à l’opéra de Dijon, qu’elle a découvert la scène et le chant. Elle nous en parlera, comme de son admiration pour Anne-Sofie von Otter, dans une interview à paraître. 
(2) « Une diction vraiment impressionnante prend naissance dans le cœur ou dans l’esprit du chanteur » déclarait Reynaldo Hahn, après « La diction est à la parole ce que le regard est aux yeux... ». C’était l’évidence ce soir. 
(3) Quel dommage que nous soyons limités à ce fragment ultime ! Faut-il y voir la promesse d’une interprétation prochaine de la totalité du cycle, qui mérite pleinement d’être connu ?</pre>
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		<title>Récital Marie Perbost/Joséphine Ambroselli — Paris (Musée Guimet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marie-perbostjosephine-ambroselli-paris-musee-guimet-reverie-poetique-au-coeur-de-lhiver/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Feb 2021 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sous l’égide du Centre International Nadia et Lili Boulanger, Marie Perbost et la pianiste Joséphine Ambroselli, nous ont offert, hier soir, un spectacle pétri de singularité et de poésie. Ceux qui ont eu le privilège d’entendre le disque éclectique et transversal Une jeunesse à Paris, où les deux artistes mélaient leur art, savaient déjà que le duo, chambriste dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium">Sous l’égide du Centre International Nadia et Lili Boulanger, <strong>Marie Perbost</strong> et la pianiste <strong>Joséphine Ambroselli</strong>, nous ont offert, hier soir, un spectacle pétri de singularité et de poésie. Ceux qui ont eu le privilège d’entendre le disque éclectique et transversal <em>Une jeunesse à Paris</em>, où les deux artistes mélaient leur art, savaient déjà que le duo, chambriste dans l’âme et amoureux des mots, ne pécherait pas par manque d’originalité. A l&rsquo;occasion de ce récital au Musée Guimet, les deux complices de longue date se sont adjoint la participation de <strong>François Le Roux</strong>, en présentateur et interviewer d’un soir, artiste rare, lui aussi rompu au récital et à l’art des mots. Par son entremise, il nous est précisé que le présent spectacle « n’est pas un récital proprement dit, mais un roman lyrique, scénique, presque opératique » imaginé par Marie Perbost et Joséphine Ambroselli<em>.</em><i> </i>Dans une mise en perspective du roman <em>Une vie</em> de Maupassant et des mélodies et Lieder de Fauré, Debussy Brahms ou Wolf,  les deux artistes se font tour à tour diseuses du texte littéraire et interprètes des œuvres musicales.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium">Ce spectacle mérite la palme de la versatilité et de l&rsquo;originalité. Ce bel éclectisme nous vaut de passer des mots de l’auteur à la musique qui se répondent en échos comme un effet de miroir de par leur thèmes communs : la relation des êtres, en l’occurence celle d’une mère et de son fils, de l’amour dit du bout des lèvres à l&rsquo;amour déclaré à pleine voix. Marie Perbost et Joséphine Ambroselli sont actrices de scénettes intimistes, incarnant deux jeunes filles qui découvrent le roman de Maupassant à l’aune de la musique. La pianiste quitte alors, de temps à autre, le clavier pour le devant de la scène, la chanteuse s’échappe de la lumière pour s’installer dans l’intimité d’un coin de scène, dans l’écrin moelleux et rassurant d’un fauteuil, d’où elle fait voyager les pensées introspectives des Lieder de Wolf.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium">La voix de soprano veloutée de Marie Perbost fait merveille dans les mélodies de Hahn et de Debussy, répertoire que d’ailleurs elle affectionne particulièrement. Elle sait parfaitement doser la part de légèreté et de gravité dans ces œuvres en incarnant pleinement les sentiments portés par les mots. Chez Debussy, l’on est d&#8217;emblée séduit par la sensualité  de « C’est l’extase », le chant enveloppé dans une langueur voluptueuse. Tout est ici exprimé avec naturel et élégance. « Spleen » du même Debussy sur les mots de Baudelaire, qui cristallise une douleur lancinante et « Sanglots »<em> </em>de Poulenc trempé dans l’encre d’Apollinaire<em>,</em><i> </i>portant une fin qui n’en est pas une, peuvent être piégeuses d’affliction exacerbée ou de fausse félicité. Mais Marie Perbost les chante avec retenue n’en rajoutant jamais dans l&rsquo;affect. Les pièces de Brahms, Wolf, et Schubert qui poursuivent le programme sont marquées par la même sobriété et implication dans le verbe : on admire la netteté de l&rsquo;élocution, on entend le travail rigoureux sur les rythmes et les phrasés. On comprend alors, dans cet art du dire, l’impact que peuvent avoir les mots parfaitement ciselés.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium">Mais une telle sobriété dans l’interprétation n’empêche toutefois nullement la légèreté, l’élan enthousiaste de la découverte de deux jeunes âmes qui voyagent dans deux univers parallèles mais qui se rejoignent par intermittence dans le langage universel de la musique. Ainsi, dans « Puisque l’aube grandit » de Fauré répondant en écho au « Et elle se mit à rêver d’amour » de Maupassant, les deux artistes donnent, de par leur complicité, un souffle presque jubilatoire à l’espoir nouveau au seuil d’une vie qui commence.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium">L’élégance du jeu de Joséphine Ambroselli accentue davantage encore cette subtile mise à nu des émotions.  A cet égard, la grande complicité de la chanteuse et de la pianiste n’est pas étrangère à la réussite de cette soirée. On sent ici un accord parfait entre les deux artistes qui portent une vision commune de ces poèmes vivants. Sous le signe d’un bonheur partagé se referme une rêverie poétique portée par deux jeunes artistes dont la synergie est un véritable enchantement.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium"> </p>
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