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	<title>Stig ANDERSEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Stig ANDERSEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS, Salome — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/en-arriere-toute/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Sep 2011 21:51:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De tous les ouvrages lyriques de Richard Strauss, Salomé est évidemment un des plus populaires, que les directeurs d’opéra ont à cœur de monter : pas moins de quatre productions différentes entre 1986 et 2003. Nicolas Joël avait donc toutes les raisons de le programmer. Mais au lieu d’en offrir une nouvelle mise en scène, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          De tous les ouvrages lyriques de Richard Strauss, <em>Salomé</em> est évidemment un des plus populaires, que les directeurs d’opéra ont à cœur de monter : pas moins de quatre productions différentes entre 1986 et 2003. Nicolas Joël avait donc toutes les raisons de le programmer. Mais au lieu d’en offrir une nouvelle mise en scène, il a décidé de sortir des réserves celle d’André Engel, créée en 1994 et reprise en 1996, rejetant aux poubelles de l’histoire celle de Lev Dodin (2003, reprise en 2006 et 2009). Même si l’heure est à l’économie, ce choix semble surtout relever du principe selon lequel « C’était (forcément) mieux avant ». Et même si la production Dodin est antérieure à l’arrivée de Gérard Mortier, elle n’a pas cette patine des ans que Nicolas Joël apprécie tant, et qui ne se trouve peut-être vraiment que dans l’œuvre immortelle de Margherita Wallmann. Attendons-nous donc dans un avenir proche à voir remiser <em>Les Indes Galantes </em>d’Andrei Serban, production à laquelle sera préférée celle de Maurice Lehmann (1952), avec instruments modernes et orchestration d’Henri Busser. Mieux encore, ouvrons tout grand nos yeux ébahis pour assister bientôt à la reprise du <em>Couronnement de Poppée </em>de l’ère Liebermann (1978), où brillaient d’aussi éminents baroqueux que Jon Vickers, Nicolaï Ghiaurov et Christa Ludwig. Qui sait, connaissant Gwyneth Jones, elle serait sans doute ravie de reprendre du service dans le rôle de Poppée. Et Nicolas Joël aurait peut-être même pu lui demander de revenir cette année en Salomé…</p>
<p>
Mais pour cette fois, Salomé est <strong>Angela Denoke</strong>, et c’est tant mieux, car elle est sans doute ce qu’on peut rêver de mieux dans le rôle à l’heure actuelle. La chanteuse n’a qu’à ouvrir la bouche pour être Salomé, sans effort apparent. Sale gamine émoustillée, comme le veut André Engel, elle ne marche pas, elle danse, et offre tantôt de splendides aigus pianos suspendus, tantôt de magnifiques graves. Entre Bette Davis et Alice Sapritch, <strong>Doris Soffel </strong>est une Herodias très en voix, inénarrable parodie de la Reine de Blanche-Neige. Potentat libidineux, <strong>Stig Andersen</strong> a le mérite de chanter Hérode au lieu de le parler, alors que d’autres, sur cette même scène, étaient conduits par leur délabrement vocal à se borner au sprechgesang. Moins bonne pioche avec <strong>Juha Uusitalo</strong> dont le Jokanaan, ici réduit à un gorille brutal, est affecté d’un vibrato pénible dans l’aigu (surtout dans les « Wenn er kommt » du début de l’opéra). Malgré son uniforme de garde syldave, <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> est un beau Narraboth, qu’on a hâte de revoir dans des rôles plus étoffés, tandis qu’<strong>Isabelle Druet</strong> se débat comme elle peut avec la tessiture bien grave du Page. Parmi les nombreux seconds rôles, on retiendra surtout le magnifique Premier Nazaréen de <strong>Scott Wilde</strong>.</p>
<p>Dans l’immense Bastille, les détails de l’orchestration straussienne ont tendance à se perdre, et ce n’est pas la direction rapide de <strong>Pinchas Steinberg</strong> qui les rattrapera. Quant à la production orientaliste et gentiment décorative d’<strong>André Engel</strong>, on se contentera, en attendant mieux, de fermer les yeux sur ses détails prosaïques, loin, très loin du mystère de l’amour et de la mort…</p>
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<p><strong>Laurent Bury</strong></p>
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		<item>
		<title>Tannhäuser</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lart-cest-sale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Jul 2011 17:14:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sans manifester l’obsession du cradingue d’un Martin Kusej, ce Tannhäuser monté par Kasper Holten partage avec d’autres récentes mises en scène wagnériennes un concept central : l’art, c’est sale, ou du moins salissant. Dans la production des Maîtres-chanteurs de Katharina Wagner (Bayreuth 2008), Walther, devenu peintre, barbouillait allègrement de peinture blanche tout ce qu’il croisait sur &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Sans manifester l’obsession du cradingue d’un Martin Kusej, ce Tannhäuser monté par <strong>Kasper Holten</strong> partage avec d’autres récentes mises en scène wagnériennes un concept central : l’art, c’est sale, ou du moins salissant. Dans la production des<em> Maîtres-chanteurs </em>de Katharina Wagner (Bayreuth 2008), Walther, devenu peintre, barbouillait allègrement de peinture blanche tout ce qu’il croisait sur son chemin, jusqu’à la robe d’Eva. Dans le <em>Tannhäuser</em> de Robert Carsen vu à la Bastille, le héros devenait également peintre, et quelques dizaines de figurants-sosies prenaient pendant la Bacchanale une douche de peinture rouge, en proie au délire de l’inspiration. A Copenhague, Tannhäuser est un écrivain qui, pris d’une frénésie de gribouillage, se met à griffonner sur tout ce qu’il voit, de préférence sur le corps des femmes.</p>
<p> </p>
<p>Tout commence dans un intérieur bourgeois Belle Epoque où le héros, habillé comme Wagner sur ses plus célèbres portraits, goûte le délicieux ennui d’un bonheur conjugal avec sa légitime et leur fiston, qui le condamne à l’impuissance créatrice. Tout à coup surgit Vénus, son double femelle aux cheveux rouges, et l’inspiration arrive avec elle, cependant que la maisonnée bascule dans le délire, les domestiques se déshabillent et se balancent des seaux d’eau à la tête… Elizabeth, la bonne épouse, croit reprendre la situation en main en privant son mari du crayon qu’il laissait courir sur le papier, mais Tannhäuser le lui reprend bien vite pour se mettre à écrire partout, sur le front de Madame, sur les jambes des servantes, sur le décor où les escaliers se sont mis à proliférer, avec même certains où l’on marche la tête en bas, comme dans les magnifiques <em>Noces de Figaro</em> de Claus Guth à Salzbourg. </p>
<p> </p>
<p>Ce qui, pour un public américain, serait le comble de l’Eurotrash, ressemble fort à du recyclage d’idées branchées vues ailleurs. Cette mise en scène a surtout le défaut de brider les interprètes, pris dans le carcan d’un concept contraignant. Vénus narquoise, à la colère froide, <strong>Susanne Resmark</strong> possède une voix ample mais n’a guère l’occasion d’exprimer la volupté : plus Nicklausse que déesse, plus muse que séductrice, elle n’entretient avec son <em>Geliebter</em> qu’une relation intellectuelle. L’Elisabeth de <strong>Tina Kiberg</strong> est une rombière crispée, dénuée d’enthousiasme (un « Dich teure Halle » sans frémissement), qui glapit de vilains aigus en savonnant le moindre ornement dans le duo. Elle est la duchesse de Guermantes du pince-fesse proustien qu’organise au deuxième acte la jeune basse <strong>Stephen Milling</strong>, Landgrave en difficulté dans les extrêmes de la tessiture. <strong>Tommi Hakala</strong> prête à Wolfram son physique de jeune premier romantique et un joli baryton clair, un peu léger pour le rôle. <strong>Stig Andersen</strong>, enfin, est un solide ténor wagnérien, mais dont les plus belles heures appartiennent au passé (Il fera en septembre ses débuts à l’opéra de Paris dans LE rôle des ténors à bout de voix : Hérode de <em>Salomé</em>). Il compose un Tannhäuser bonhomme et fatiguée, un brave bourgeois pris par une débauche bien abstraite.</p>
<p> </p>
<p>Avec sa direction pleine de retenue, sinon de lenteur, <strong>Friedemann Layer </strong>se met lui aussi au diapason de cette mise en scène, pour une version « protestante », sans aspérités, sans véhémences, plus proche de la Laponie que de la Bavière. Allez, un Krisproll à la cardamome, et au lit.</p>
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<p><strong>Laurent Bury</strong></p>
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