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	<title>André CALLEGARO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly &#8211; Stockholm</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madama-butterfly-stockholm/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fait assez rare pour être souligné, depuis le début du printemps, l&#8217;Opéra de Stockholm ne propose pas un mais deux Puccini en alternance avec des choix dramaturgiques fort différents. Après une Turandot de fantaisie hier, c&#8217;est une Madame Butterfly très littérale que nous découvrons ce soir, un choix auquel nous ne sommes plus si habitués. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fait assez rare pour être souligné, depuis le début du printemps, l&rsquo;Opéra de Stockholm ne propose pas un mais deux Puccini en alternance avec des choix dramaturgiques fort différents. Après une <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-stockholm/">Turandot</a></em> de fantaisie hier, c&rsquo;est une <em>Madame Butterfly</em> très littérale que nous découvrons ce soir, un choix auquel nous ne sommes plus si habitués.</p>
<p>La très belle scénographie d&rsquo;<strong>Erlend Birkeland</strong> nous transporte dans une artère traditionnelle de Maruyama, le quartier des maisons closes de Nagasaki. Cette rue est projetée en avant-scène, privant l&rsquo;espace de perspective, de toute issue. Cio Cio San évolue donc pendant toute la représentation dans une boîte où elle est déjà enfermée, avant même que Pinkerton ne l&rsquo;épingle à son tableau de chasse d’entomologiste. Les maisons voisines permettent de découvrir le quotidien trivial de ces femmes soumises aux désirs lubriques des étrangers. Ainsi, même sans actualisation de la mise en scène, la double domination sexuelle et colonialiste dont est victime Butterfly se trouve-t&rsquo;elle parfaitement rendue.</p>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;architecture des maisons traditionnelles japonaises, leurs panneaux coulissants, les ombres qu&rsquo;on y devinent, favorisent naturellement les jeux de dedans/dehors, de caché/dévoilé et partant, l&rsquo;exposition de l&rsquo;intime dont <strong>Sofia Adrian Jupither</strong> use avec un talent consommé. Le rendu final s&rsquo;avère extrêmement esthétique, mais sans ostentation, avec, plutôt, un certain réalisme y compris dans les kimonos aux couleurs passées.</p>
<pre><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Madama-Butterfly-2026.-Foto_-Kungliga-Operan-_Soren-Vilks-1-1294x600.jpg" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© Kungliga Operan/Sören Vilks</pre>
<p>Hormis l&rsquo;apparition de Kate Pinkerton, aussi obscure que la présence d<strong>&lsquo;Alice Sjölin</strong> est lumineuse avec ses manches gigot et sa jupe à cerceau (tellement 1820), nous nous trouvons au cœur d&rsquo;une estampe quelque peu surannée, embellie par de très jolies harmonies lumineuses et colorées. Cet espace clôt, fané, dit bien le monde en déliquescence où Pinkerton s&rsquo;impose en conquérant. <strong>Dmytro Popov</strong>, son interprète, porte beau son odieuse confiance en lui, nous faisant profiter d&rsquo;une émission nette, d&rsquo;un phrasé intelligent au beau métal. Son duo avec Cio Cio San est superbe et glaçant tant la concupiscence de l&rsquo;homme est évidente face à la pudeur de la jeune fille.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Madama-Butterfly-2026.-Foto_-Kungliga-Operan_Soren-Vilks-1-1-1294x600.jpg" alt="" />© Kungliga Operan/Sören Vilks</pre>
<p>C&rsquo;est elle, naturellement, en la personne d&rsquo;Izabela Matuła, qui occupe l&rsquo;espace du début à la fin de l&rsquo;œuvre, avec une montée en puissance vocale formidablement maîtrisée. Technique impeccable, la soprano joue des couleurs en virtuose pour donner une dimension tour à tour juvénile ou déchirante à son personnage. Les notes poitrinées sont prenantes, le focus de l&rsquo;aigu excellent.</p>
<p>Comme la veille, il faut saluer la direction d&rsquo;acteurs au cordeau qui individualise chaque membre du chœur, chaque figurant ; qui donne aux personnages principaux une épaisseur, une justesse scénique évidente. Si la voix si large de <strong>Katarina Leoson</strong> manque de focus pour une Suzuki un peu en retrait, Sharpless, bellement interprété par <strong>Karl-Magnus Fredriksson</strong>, bénéficie d&rsquo;une progression émotionnelle hautement convaincante tandis que Jonas Degerfeldt campe un Goro odieux à souhait. Comme l&rsquo;ensemble de la distribution, il jouit d&rsquo;une excellente diction qui rend le texte totalement audible.</p>
<p>L&rsquo;orchestre, enfin, est à son meilleur sous la direction voluptueuse d&rsquo;<strong>André Callegaro</strong>. Là encore, soulignons – comme chez les solistes – le superbe travail des nuances, des couleurs et un art consommé de l&rsquo;installation des atmosphères qui culmine dans le somptueux passage orchestral de l&rsquo;acte III, magnifié par cette nuit qui passe, par l&rsquo;immobilité des personnages. Toute la pulsation de la vie réside alors dans la musique et le spectateur en est profondément touché.</p>
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