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	<title>Andres SULBARAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Andres SULBARAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Otello &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-otello-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 05:44:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au théâtre du Capitole de Toulouse, pour Otello, la fièvre gagne. D’abord la fièvre que l’on sait particulière un soir de première ; et puis celle d’un pari osé : offrir en même temps à Michael Fabiano et Adriana Gonzalez leurs prises de rôles d’Otello et Desdemona. C’est en effet Toulouse qui a en premier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au théâtre du Capitole de Toulouse, pour <em>Otello</em>, la fièvre gagne. D’abord la fièvre que l’on sait particulière un soir de première ; et puis celle d’un pari osé : offrir en même temps à <strong>Michael Fabiano</strong> et <strong>Adriana Gonzalez</strong> leurs prises de rôles d’Otello et Desdemona. C’est en effet Toulouse qui a en premier proposé ce rôle à la soprano franco-guatémaltèque, qu’elle a pu initier <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-otello-strasbourg-en-cours/">à Strasbourg.</a><br />
Mais surtout il y a cette fièvre ardente, maligne, qui prend possession d’Otello, et qui sera le fil conducteur de la tragédie. Cette fièvre qui gagne petit à petit, au fur et à mesure que le venin instillé par Iago fait son effet.<br />
Cet <em>Otello</em>, que <strong>Nicolas Joël</strong> avait proposé in loco en 2001 (fort bien repris ce soir par <strong>Emilie Delbée</strong>) n’a en rien perdu de sa beauté à la fois percutante et simple (des décors efficaces, des costumes d’époques impeccables), parfois lapidaire aussi comme ce dernier acte où la scène est étonnamment envahie par un lit king size. Cet Otello c’est d’abord un personnage entièrement reconstruit pour et sans doute aussi par Michael Fabiano. Avant d’évoquer le chanteur, parlons de l’incarnation du personnage qu’il propose. Elle est passionnante en ce qu’elle semble nous montrer un homme revisité, actualisé, comme mis à jour et capable, au-delà du temps, de nous interroger sur sa psyché. Il est inhabituellement complexe cet Otello et n’est à coup sûr pas fait de bois brut. Il n’est pas le soldat revenu de la guerre, en quête du repos du guerrier et qui tombe dans le piège de la jalousie à la première escarmouche. Ce beau jeune homme fringant, à la stature d’athlète sans en faire trop, c’est un trentenaire amoureux. Amoureux fou et fougueux. Ses baisers sont sensuels, son duo d’amour est enfiévré, déjà, (au dernier acte il embrassera plusieurs fois Desdemona endormie sur son lit, avant de la tuer) et il ne se laisse certainement pas embrigader par Iago sans y réfléchir à deux fois ; on le voit d’ailleurs souvent tourner en rond, se prenant la tête, plongé dans ses réflexions, en quête de compréhension avant de céder, bien sûr, à la fièvre qui s’empare de lui, et comment pourrait-il en être autrement ?<br />
Avec les premiers soupçons apparaissent les premiers symptômes de cette fièvre ; un tremblement de la main droite, léger tout d’abord puis bien vite envahissant. Et puis, au III, la fièvre qui monte et nécessite le fameux mouchoir pour éponger le front, la fièvre qui monte encore et qui conduit Iago à couvrir d’un manteau un Otello plus fébrile que jamais. Ensuite, plus rien n’arrêtera la machine infernale qui s’est emparée de l’esprit définitivement enfiévré de l’homme trompé, trompé non par sa femme mais par son plus proche affidé. Qu’elle est pertinente cette vision du personnage d’Otello, qui montre comment un mécanisme de féminicide peut se mettre irréversiblement en marche.<br />
Michael Fabiano pose, pour son premier <em>Otello</em>, de magnifiques jalons. Si certains pouvaient s’interroger sur la pertinence de cette prise de rôle, cette représentation aura fourni quelques éléments de réponse intéressants. Oui, Fabiano (qui a déjà chanté Cassio) a la voix pour Otello, c’est incontestable. Il en possède la force, la virilité, portées par un timbre clair du plus bel effet. Sans doute faudra-t-il encore se pencher sur les notes les plus aigües (certaines sont inatteignables ce soir) et mesurer leur puissance (dans le duo du I), mais lui qui a étrenné ce rôle qu’il portera cet été au Théâtre Colon de Buenos Aires, puis au Met la saison prochaine, peut être pleinement rassuré.<br />
Et que dire d’Adriana  Gonzalez ? Sa Desdemona est stupéfiante de technique. Dès le duo du premier acte elle multiplie les aigus filés et offre un dernier acte qui restera dans les mémoires. La Chanson du Saule trouve une vigueur et des nuances jusque-là inconnues, l<em>’Ave maria</em> vous fait trembler par tous les membres, son « Emilia addio » est foudroyant et la scène de mort (Otello ne l’étouffe pas sous un oreiller mais sous sa robe de mariée) nous emporte définitivement. Adriana Gonzalez possède à la fois le lyrique et le dramatique nécessaire à la parfaite incarnation de Desdemona.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_7902-1294x600.jpg" />© Mirco Magliocca</pre>
<p><strong>Nikoloz Lagvilava</strong> a bien failli emporter tous les suffrages au baisser de rideau. Il faut dire que son Iago nous entraîne au plus profond des entrailles du mal, et le pire c’est qu’on en redemande… Il a tout pour se faire détester, c’est le démon fait homme, la vermine sur terre (il passe d’ailleurs beaucoup de temps à genoux sur scène). Son <em>Credo</em> du II est un modèle de diablerie.<br />
Cassio est joliment incarné par <strong>Julien Dran</strong> dont le timbre clair contraste avec ceux, bien plus complexes, de ses partenaires. <strong>Irina Sherazadishviki</strong> campe une Emilia bien décidée à ne pas se laisser abuser par son époux. On connaît l’énergie qu’elle met dans ses interventions ; celle de la toute fin du IV est particulièrement efficace. <strong>Jean-Fernand Setti</strong> (Lodovico), <strong>Andrés Sulbarán</strong> (Roderigo) et <strong>Zaza Gagua</strong> (Montano) complètent parfaitement la distribution.<br />
Mention toute particulière une fois de plus aux chœurs d’hommes et plus encore de femmes qui ont fait preuve, pour un soir de première, d’une maîtrise enviable. Et enfin à un Orchestre national du Capitole en grande forme, grâce à la lecture passionnante de <strong>Carlo Montanaro</strong> qui a mené des tempi souvent retenus, mais toujours réfléchis et préservé en permanence l’équilibre entre la fosse et la scène.</p>
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		<title>BOITO, Mefistofele &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/boito-mefistofele-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jun 2023 04:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Défendre une certaine idée de l’opéra. Tel est le point de vue que Christophe Ghristi, le directeur du Capitole de Toulouse, dit partager avec Jean-Louis Grinda, à l’occasion de l’adaptation in loco de sa mise en scène de Mefistofele, étrennée à Liège en 2007. Un grand spectacle en technicolor où l’approche scénique n’a d’autres objectifs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Défendre une certaine idée de l’opéra. Tel est le point de vue que Christophe Ghristi, le directeur du Capitole de Toulouse, dit partager avec <strong>Jean-Louis Grinda</strong>, à l’occasion de l’adaptation <em>in loco</em> de sa mise en scène de <em>Mefistofele</em>, étrennée à Liège en 2007. Un grand spectacle en technicolor où l’approche scénique n’a d’autres objectifs que de servir l’œuvre. Il serait vain de chercher dans cette lecture du seul opéra de Boito inscrit au répertoire un double sens, un manifeste, voire un message subliminal destiné à aider le spectateur d’aujourd’hui à mieux appréhender un ouvrage d’hier.</p>
<p>Un plateau circulaire englobé dans une sphère utilisée comme un écran de projection : voilà le champ de bataille entre forces du mal et du bien ; voilà le monde dans lequel Faust entreprend son voyage spirituel. L’usage discret de la vidéo (<strong>Arnaud Portier</strong>), le choix de costumes explicites (<strong>Buki Shiff</strong>) aident à la représentation des tableaux successifs d’où se détachent les scènes de foule gérées avec virtuosité – le carnaval, le sabbat. Est-il nécessaire de préciser que le programme ne comprend pas de note d’intention à lire préalablement sous peine d’inutiles nœuds au cerveau…</p>
<pre><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mefistofele-3.jpg?&amp;cacheBreak=1687621722791" />© Mirco Magliocca</pre>
<p>Place donc à la musique dans une salle à l’acoustique idéale pour les voix, si proches qu’on les croirait sonorisées. Nul faux pas dans la distribution, même s’il est possible de préférer une interprétation moins vériste de Margherita. Mais <strong>Chiara Isotton</strong> met tant d’ardeur dans « L’altra notte » et de sincérité dans « Spunta l’aurora pallida » qu’on en oublierait presque l’absence de nuances et de trille, d’autant que son soprano possède une ampleur, dans le grave une projection naturelle, dans l’aigu une violence, qui sont aujourd’hui qualités rares. Comme à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mefistofele-orange-un-trop-bon-diable/">Orange en 2018</a>, <strong>Beatrice Uria-Monzon</strong> prête à Elena un glamour ravageur, des accents fauves et les effluves capiteuses d’une voix qui serait Gigondas si elle était vin, seules conditions plausibles à l’interprétation d’une icône mythologique, fille de Jupiter et cause de la guerre de Troie. Le mezzo profond de <strong>Marie-Ange Todorovitch</strong>, en Marta puis Pantalis, apporte le contrepoint attendu dans les ensembles et <strong>Andres Sulbaran</strong> compose un Wagner presque trop élégant pour un personnage <em>buffo</em> mais un Nereo de luxe. En quête de repères dans « Dai campi, dai prati », <strong>Jean-François Borras</strong> confirme qu’il possède un des plus beaux timbres de ténor du circuit et une technique imparable, italienne dans la conduite souple de la ligne et le rayonnement d’aigus émis en voix de poitrine – « Lontano, lontano » doux, rêveur et plus encore, dans l’épilogue, « Giunto sul passo estremo » dépouillé de ses atours factices de romance hédoniste pour prendre une dimension métaphysique. Après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/meyerbeer-les-huguenots-marseille/">Marcel dans <em>Les Huguenots</em> à Marseille en début de mois</a>, <strong>Nicolas Courjal</strong> ajoute Mefistofele à son palmarès, sans l’ombre d’un doute. La déclamation que l’on a trouvée parfois hachée épouse sans raideur, ni appuis malvenus le débit liquide de la langue italienne. La noirceur de la voix, la puissance, la prestance aident à la composition d’un démon dual comme il convient, inquiétant et ironique, sans histrionisme (et dans « Son lo spirito che nega » sans sifflet), simplement juste, ce qui n’est pas si évident dans un rôle où la tentation d’en faire trop se dispute aux multiples défis vocaux.</p>
<p>En l’absence d’un directeur musical permanent, il revient à <strong>Francesco Angelico</strong> de dompter une partition dont l’absence de fil narratif n’est pas la moindre des particularités et la multiplicité des humeurs rythmiques la moindre des difficultés. Plus à l’aise dans la gestion des masses chorales que dans les scènes intimes, sa direction bénéficie de la prodigalité des forces du capitole – un orchestre au grand complet, banda inclue, percussions en extra, et la cinquantaine d’artistes du Chœur et de la Maîtrise, placés sous la direction de Gabriel Bourgoin – gage d’une orgie sonore dont on ressort, tel Faust des bras d’Elena, essoré et heureux.</p>
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