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	<title>Anna KISSJUDIT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Anna KISSJUDIT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-berlin-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2026 07:24:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’enregistrement que propose le label Unitel est la captation du deuxième des trois cycles de la Tétralogie proposés par le Staatsoper Berlin à l’automne 2022. Celle-ci fut reprise au printemps 2024, puis à l’automne 2025. Il s’agissait de la nouvelle production signée Dmitri Tcherniakov, sous la baguette de Christian Thielemann à la tête de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’enregistrement que propose le label Unitel est la captation du deuxième des trois cycles de la Tétralogie proposés par le Staatsoper Berlin à l’automne 2022. Celle-ci fut reprise au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-berlin-staatsoper/">printemps 2024</a>, puis à l’automne 2025.<br />
Il s’agissait de la nouvelle production signée <strong>Dmitri Tcherniakov</strong>, sous la baguette de <strong>Christian Thielemann</strong> à la tête de la Staatskapelle Berlin. Cette captation avait fait l’objet d’une diffusion sur arte.tv, disponible plusieurs semaines en 2023.<br />
C’est précisément ce deuxième cycle que nous avions chroniqué les 30 octobre (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/">Das Rheingold</a>), 31 octobre (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-berlin-staatsoper-emotions-questions-et-regrets/">Die Walküre</a>), 5 novembre (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/siegfried-berlin-staatsoper-plateau-vocal-hors-norme/">Siegfried</a>) et 8 novembre 2022 ( <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-staatsoper-un-plaisir-a-prolonger/">Die Götterdämmerung</a>).<br />
L’initiative de cette nouvelle production revient, il convient de ne pas l’oublier, à <strong>Daniel Barenboïm</strong>, qui souhaitait à cette occasion célébrer un double anniversaire : les 80 années de son existence et ses 30 années passées au poste de GMD, Generalmusikdirektor de la Staatskapelle Berlin. On sait que malheureusement la maladie contraindra Barenboïm à la fois à renoncer à diriger cette production, mais aussi à céder la place de GMD à Christian Thielemann, que chacun du reste pressentait comme successeur. «  Nous nous connaissons depuis des années et je sais qu’avec lui le <em>Ring</em> est entre de bonnes mains », dira-t-il.<br />
De fait, la presse allemande et internationale (dont Forum Opéra) a encensé cet Anneau dont il fut dit qu’il a posé, au moins en ce qui concerne la direction musicale, de nouveaux jalons dans l’interprétation du cycle. Il faut dire que la distribution XXL (Volle, Kampe, Schager, Mahnke, Doron, Rügamer, Urmana, Watson, Villazón, Kissjudit, Vasar, Kränzle, Kares) laissait présager les plus hauts sommets vocaux – les attentes, autant le dire tout de suite, ne furent pas déçues.<br />
<strong>Michael Volle</strong> en Wotan/Wanderer scelle avec ce cycle berlinois une prestation de très haute tenue. Présent sur les quatre (!) épisodes (on le comprendra plus bas), il possède, outre la puissance, un moelleux dans le grave qui ne semble toujours pas prendre de rides, même <a href="https://www.forumopera.com/michael-volle-il-ny-a-quun-seul-bayreuth/">si cette question le taraude</a>. Son premier arioso de <em>Rheingold</em> donne le la, ses actes II et III de <em>Walküre</em> et particulièrement le duo avec Brünhilde feront référence (« Leb wohl, du kühnes, herrliches Kind » ). Et quelle articulation ! La Brünnhilde d’<strong>Anja</strong> <strong>Kampe</strong> est elle aussi superlative ; son omniprésence dans <em>Götterdämmerung</em> ne semble pas l’atteindre et elle finit son monologue d’adieu en majesté. Et que dire du Siegfried d’<strong>Andreas</strong> <strong>Schager</strong>, qui ne connaît aucune limite, aucune faiblesse. Malgré tout ce que lui impose la mise en scène (fracasser des tables à coup de masse, porter ses partenaires, prendre une douche sur scène, etc. !), le Heldentenor ne vacille jamais et emplit la salle du Staatsoper de sa surpuissance. Autre héros du cycle, <strong>Mika Kares</strong> qui chante Fasolt puis Hunding et enfin Hagen. Terrible méchant qui possède la profondeur et la noirceur de la basse et qui font de lui le diable qu’on adore détester. Son tonitruant « Hoiho » dans Götterdämmerung nous donne encore le frisson.<br />
Dans <em>Walküre</em>, le couple Sieglinde (<strong>Vida Miknevičiūtė</strong>) – Siegmund (<strong>Robert</strong> <strong>Watson</strong>) fait merveille en jeunes amoureux somme toute maudits. Leur duo d’amour est d’une immense tendresse. <strong>Johannes Martin Kränzle</strong> est un habitué du rôle d’Alberich. On ne sait s’il faut louer l’acteur d’abord ou le chanteur. Il se plie avec grande humilité à tout ce qu’exige de lui la conduite d’acteurs et ce n’est pas mince. <strong>Stephan Rügamer</strong> est un Mime qui se révèle diabolique dans <em>Siegfried</em>, après un <em>Rheingold</em> déjà réussi. <strong>Peter Rose</strong> est Fafner à la voix peut-être pas caverneuse mais qui donne au personnage (qui est tout sauf un dragon) toute crédibilité dans la noirceur. <strong>Lauri Vasar</strong> se révèle davantage en Gunter que dans le modeste rôle de Donner, <strong>Siyabonga Maqungo</strong> étant un Froh tout aussi juste. <strong>Rolando Villazón </strong>est-il aussi juste en Loge ?  Ses pitreries et ses manières semblent un peu excessives, et la diction (même si Villazón parle un allemand courant) laisse un peu à désirer. <strong>Anett Fritsch</strong> est une Freia bien fragile (elle sera Ortlinde dans la première journée), soutenue par la Fricka de <strong>Claudia Mahnke</strong> qui donne toute sa mesure dans <em>Walküre</em>. A l’inverse, c’est dans <em>Rheingold</em> que <strong>Anna Kissjudit</strong> brille de mille feux (plus que dans <em>Siegfried</em> où le rôle est moins prégnant). L’alto est magnifique de douceur et de force tout à la fois, le timbre d’une chaleur enivrante. A noter que Kissjudit va « monter en grade » à l’été 2026 puisqu’elle sera la Fricka du <em>Ring</em> anniversaire.<br />
Les Walkyries (<strong>Clara Nadeshdin</strong>, <strong>Christiane</strong> <strong>Kohl</strong>, <strong>Michal</strong> <strong>Doron</strong>, <strong>Alexandra</strong> <strong>Ionis</strong>, <strong>Anett</strong> <strong>Fritsch</strong>, <strong>Natalia</strong> <strong>Skrycka</strong>, <strong>Anna</strong> <strong>Lapkovskaja</strong>, <strong>Kristina</strong> <strong>Stanek</strong>) feront une dôle de chevauchée (dans un amphithéâtre plutôt qu’à cheval !). A noter que pour <em>Götterdämmerung</em> c’est <strong>Violeta Urmana</strong> en Waltraute qui affrontera sa sœur. Les filles du Rhin (<strong>Evelin Novak</strong>, <strong>Natalia Skrycka</strong>, <strong>Anna Lapkovskaya</strong>) possèdent à la fois la légèreté et la souplesse pour venir à bout de leurs interventions initiales et conclusives. Même satisfecit pour les trois nornes (<strong>Noa</strong> <strong>Beinart</strong>, <strong>Kristina</strong> <strong>Stanek</strong>, <strong>Anna</strong> <strong>Samuil</strong>) : rôles brefs et parfaitement tenus. <strong>Victoria Randem</strong> est un oiseau bien agile de la voix, et <strong>Mandy Fredrich</strong> une Gutrune idéale.<br />
<strong>Christian Thielemann</strong> gagne à tous les coups à l’applaudimètre. La Staatskapelle Berlin brille comme jamais ; tous les intermèdes orchestraux sont des pièces de choix en soi (à commencer par la Rheinfahrt entre le Prologue et le I de <em>Götterdämmeung</em> et la marche funèbre) et même s’il est difficile de ne pas citer chaque pupitre, on ne peut pas ne pas rendre un hommage tout à fait admiratif aux cuivres, absolument irréprochables d’un bout à l’autre et qui ont donné une assise orchestrale parfaite pour permettre aux autres musiciens (et en premier lieu les cordes) de faire chanter l’orchestre.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/das_rheingold_B_102-scaled-1-1294x600.jpg" />© Monika Rittershaus</pre>
<p>On le voit, pratiquement aucune réserve sur le plateau vocal ni en fosse ; on ne pourra pas en dire autant de la mise en scène signée <strong>Dmitri Tcherniakov</strong>.<br />
Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, la deuxième vision de sa mise en scène ne résout pas tous les problèmes dont nous avions déjà rendu compte. Tout n’est pas clair dans sa proposition même si l’idée de base (une expérimentation des comportements humains, dont Wotan serait l’instigateur) semble assez claire. Moins évidents apparaissent les positionnements de Siegfried et Brünnhilde qui feront tout au III de <em>Siegfried</em> pour éviter l’amour dans leur duo.<br />
Voyons quelques détails des spécificités du travail de Tcherniakov.<br />
Tout commence avant le lever de rideau de <em>Rheingold</em> ; une vidéo projette une image montrant comment un produit est inoculé dans le cerveau (on supposera qu’il s’agit de celui d’Alberich). On comprend que nous ne sommes pas au bord du Rhin, mais dans un centre d’expérimentation à l’acronyme (E.S.C.H.E.) signifiant le « frêne » , arbre que l’on retrouvera à la fin du dernier tableau. Les trois filles du Rhin sont des infirmières qui prennent des notes sur le comportement d’Alberich, enfermé dans une chambre où il est branché de partout. Point d’or (si ce n’est l’anneau qui apparaîtra plus tard), c’est incontestablement le parti pris cette mise en scène ; quand Alberich s’enfuit à la fin du premier tableau, il part avec sous le bras tout le matériel d’expérimentation dont il aura au préalable furieusement arraché tous les câbles, laissant les observateurs sans réaction.<br />
Au second tableau de <em>Rheingold</em>, les plans du château (pas encore baptisé Walhalla) sont vidéoprojetés et nous nous retrouvons dans les bureaux de Wotan qui se transforment vite en salle de négociations lorsqu’il s’agit de rendre à Fafner et Fasolt leur dû. Ceux-ci apparaissent en vulgaires mafieux (enlevant Freia en l’emportant comme un vulgaire sac à patates) ce qui se confirmera au quatrième tableau, quand Fafner abattra son frère d’un coup de revolver dans le dos. Loge semble un entremetteur un peu farfelu, Froh, Donner et Freia totalement dépassés par les enjeux du deal. Quant à Wotan, c’est le parrain, affublé du reste de la bague (l’«anneau » en réalité).  Un ascenseur permet de descendre au Nibelheim. Les Nibelungen sont des esclaves maltraités par Alberich qui s’en prend brutalement à Mime lorsque celui-ci veut embarquer le Tarnhelm ; chacun porte un uniforme identique avec son nom. Alberich ne se transforme en dragon puis en crapaud que dans sa tête, de même qu’il imagine les Nibelungen apportant l’or en rançon, un or que l’on ne verra jamais, si ce n’est sous la forme donc de la bague-anneau. La dernière scène de <em>L’Or du Rhin</em> restera sans doute la moins réussie du cycle, d’un kitsch risible pour ne pas dire ridicule.</p>
<p>Dans <em>Walküre</em>, là encore une vidéoprojection précède le lever de rideau. Elle nous apprend qu’un criminel « dangereux et instable » vient de s’échapper. Des images de vidéosurveillance vont très vite nous permettre de reconnaître dans le fuyard Siegmund qui se présente dans la maison de Sieglinde et Hunding. Celle-ci est située dans le centre d’expérimentation que nous avions découvert dans le Prologue. En réalité il est situé derrière le bureau de Wotan qui, grâce à une vitre opaque, voit l’intérieur de l’appartement sans être vu. Hunding est un policier à la recherche du dangereux criminel. Sa journée finie, celui qui nous est présenté comme un butor boit sans modération de la Vodka Parlament, on le voit manger, pisser et maltraiter sa femme qu’il oblige à passer les menottes à Siegmund pendant qu’il va dormir, l’épée Nothung fichée au-dessus de la porte d’entrée !<br />
Au II, on voit Sieglinde et Sigmund s’enfuir pendant que Hunding dort encore. Arrivent alors dans cet appartement Wotan et Brünnhilde qui sabrent le champagne, avant que Wotan retrouve sa femme dans son bureau pour lui faire signer un contrat l’engageant à ne pas défendre Sigmund.<br />
Dans la 3<sup>e</sup> scène on retrouve le couple de fuyard dans les sous-sols (le Nibelheim). Le combat entre Hunding et Sigmund ne nous est pas montré, on le vit au travers des réactions de Sieglinde. Finalement Sigmund ne sera pas tué mais attrapé par les mêmes policiers auxquels on l’avait vu échapper dans la vidéo précédant le lever de rideau.<br />
Le troisième acte se déroule dans l’amphithéâtre du centre de recherche ; on va évaluer le degré de violence de plusieurs criminels, dont le pedigree est vidéoprojeté. On comprendra vite que ce sont des combattants que les Walkyries doivent conduire au Walhalla. Dans l’amphi les huit Walkyries, hilares,  écoutent de la musique, prennent des photos, attendent Brünnhilde. Le cercle de feu où Brünnhilde sera enfermée est piètrement représenté par un cercle de chaises, sur lesquelles Brünnhilde dessinera des flammes au marqueur fluo. Très belle image conclusive en revanche avec les adieux du père et de la fille. Le décor de l’amphithéâtre recule en fond de scène et dans le noir, laissant Brünnhilde, seule sur l’avant scène, comme livrée à elle-même.<br />
<em>Siegfried</em> commence encore par une vidéoprojection. On y voit Siegried enfant malheureux au milieu de ses jouets, ne sachant que faire avec. Siegfried et Mime sont toujours dans le même appartement, surveillés de loin par Wotan et, cette fois-ci, les trois nornes. Point d’enclume on le devine mais du matériel de cuisine. Dans l’appartement les jouets de Siegfried vont être brisés au moment où le héros va forger Nothung. On comprendra que le feu mis aux jouets marque la fin de l’enfance et le début des années de formation d’un gamin hyperactif, sale et mal éduqué. Le Voyageur a bien vieilli depuis le Prologue et la première journée. Il s’appuie sur une canne. Son œil droit est totalement fermé.<br />
Au deuxième acte, la grotte est une salle d’expérimentation. Les six phases de l’expérimentation (c’est Siegfried qui en est l’objet) se déroulent. La phase 5 est la « confrontation au conflit, la réaction au danger » : c’est le combat entre Siegfried et Fafner. Celui-ci est amené par deux infirmiers geôliers. Il est muselé comme un dangereux criminel. L’affrontement entre Siegfried et son grand-père se tiendra dans la salle de négociations. C’est finalement Wotan qui brise lui-même et comme malgré lui sa propre lance. <em>Götterdämmerung</em> débute toujours dans le même appartement ; les 3 nornes sont maintenant de très vieilles femmes et les fils du destin qui se brisent correspondent à la porcelaine qui se casse sous leurs mains tremblantes alors qu’elles prennent le thé. Tout le monde a vieilli, sauf Brünnhilde et Siegfried qui ne prennent pas une ride ; Alberich est maintenant un vieillard presque nu et qui tricote des chaussettes pour son fils Hagen. A noter que quand Siegfried se rend chez Brünnhilde, il ne porte pas le Tarnhelm et ne prend pas l’aspect de Gunther. Au III, Siegfreid sera tué pendant son match de basket, par la hampe d’un drapeau de supporter. Brünnhilde pleure son amant, de même que les principaux personnages qui viennent se recueillir auprès de Siegfried (dont Erda et Wotan) et s’en va, seule avec sa valise, pendant que le centre d’expérimentation (le Walhalla) se dissout.</p>
<p>On le voit, et nous n’avons donné là que quelques exemples marquants ; les idées foisonnent, Tcherniakov est soucieux du moindre détail,<a href="https://www.forumopera.com/andreas-schager-une-representation-reussie-cest-quand-on-se-dit-au-baisser-de-rideau-allez-on/"> ce que confirmera Schager</a>. Mais n’y en a-t-il pas trop et sont-ils surtout toujours cohérents ?<br />
Telle est la question qui, au final, demeure.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-berlin-staatsoper/">WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Berlin (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Bayreuth 2026 : demandez – déjà – le programme !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2026-demandez-deja-le-programme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 09:42:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A peine les portes de l’édition 2025 se sont-elles refermées sur le Festspielhaus que les regards se tournent vers l’édition du Jubilé. En 2026, Bayreuth célèbrera les 150 ans d’existence des Bayreuther Festspiele et le programme vient d’en être communiqué. Après le désormais traditionnel (et gratuit) Festspiel Open-Air, l’édition s’ouvrira le 25 juillet avec la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A peine les portes de l’édition 2025 se sont-elles refermées sur le Festspielhaus que les regards se tournent vers l’édition du Jubilé.<br />
En 2026, Bayreuth célèbrera les 150 ans d’existence des Bayreuther Festspiele et le programme vient d’en être communiqué.<br />
Après le désormais traditionnel (et gratuit) Festspiel Open-Air, l’édition s’ouvrira le 25 juillet avec la <em>IXe symphonie</em> de Beethoven (<strong>Thielemann</strong> / <strong>van den Heever</strong>, <strong>Mayer</strong>, <strong>Beczala</strong>, <strong>Zeppenfeld</strong>).<br />
Puis <em>Rienzi</em> sera donné pour la première fois <em>in loco</em> (cast non encore connu). Il y aura cette année trois cycles complets d’un <em>Ring</em> mis en scène par l’IA, sous le patronnage de <strong>Christian Thielemann </strong>(<strong>Vogt</strong>, <strong>Volle</strong>, <strong>Nylund</strong>, <strong>Kissjudit</strong>, van den Heever, <strong>Kares</strong>). <em>Der</em> <em>fliegende</em> <em>Holländer</em> (avec la Senta d&rsquo;<strong>Asmik</strong> <strong>Grigorian</strong>) et <em>Parsifal</em> (<strong>Schager</strong>, Volle, Zeppenfeld) sont également à l&rsquo;affiche.<br />
Tout le programme est à <a href="https://www.bayreuther-festspiele.de/programm/spielplan/">découvrir sur le site du Festival</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième journée du Ring et voici l’opus magnum Siegfried sévèrement revu par l’éprouvante vacuité de la proposition de Valentin Schwarz. On retrouvera la cape couverture indienne dévolue aux sauveurs, mystérieusement abandonnée chez Mime, la casquette du garçonnet mal élevé du Prologue, le manteau mité et rouillé de Siegmund sur le dos de Siegfried et l’inévitable &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deuxième journée du Ring et voici l’opus magnum <em>Siegfried</em> sévèrement revu par l’éprouvante vacuité de la proposition de <strong>Valentin Schwarz</strong>.<br />
On retrouvera la cape couverture indienne dévolue aux sauveurs, mystérieusement abandonnée chez Mime, la casquette du garçonnet mal élevé du Prologue, le manteau mité et rouillé de Siegmund sur le dos de Siegfried et l’inévitable antre du nain (dans le genre d’un taudis de l’Ost Berlin vers 1970). On y trouve des marionnettes et un petit théâtre avec rideau de velours où chacun va tenter d’imposer sa vison de l’histoire près de l’étage où se situe une chambre d’enfant – dans laquelle Mime se masturbe consciencieusement après avoir déployé un calendrier dit de charme avec femmes dénudées, alors que Siegfried explique comment il va tuer le dragon Fafner, gardien de l’or. Bref la vulgarité est toujours au rendez-vous dans la suite de cette proposition pleine d’absurdités. Citons pêle-mêle « l’épée » Notung forgée à partir d’une canne de blessé (symbolisant sans doute l’échec de Siegmund), un Wotan toujours en complet beurre frais flanqué d’hommes de mains en visite chez Mime, entre autres. Bref, on se moque comme d’une guigne du narratif du metteur en scène autrichien puisqu’il ne nous parle pas. L’essentiel est heureusement ailleurs avec un orchestre sans génie mais en phase avec les climats de ce premier acte : la noirceur initiale des desseins de Mime, puis son monologue fou, le leitmotiv du dragon, l’arrivée héroïque de Siegfried, entre autres motifs. Mime, c’est encore l’excellent <strong>Ya-Chung Huang</strong>, qui compose un personnage burlesque, naïf, malmené par Siegfried et par toutes les contorsions sur scène auxquelles l’a condamné V. Schwarz. Le Siegfried de <strong>Klaus Florian Vogt</strong> est tout simplement parfait (tel qu’attendu) ; non seulement doté du physique idéal (sans perruque) mais aussi de la vocalité héroïque idoine. Si les chants de la forge et de la fonte sont ridiculisés dans la mise en scène, Siegfried enflamme les spectateurs du Festspielhaus avec un chant à la projection aisée, jamais forcée, d’une rondeur sonore délectable. Dans son cantabile (qui en a déjà laissé plus d’un en chemin par le passé) Klaus Florian Vogt fait preuve d’endurance et d’une parfaite tenue des registres éprouvants tels qu’écrits sur la partition. Le temps semble n’avoir décidément pas de prise sur ce superbe chanteur : nul ne pourrait douter en effet que son personnage ignore la peur. Le Wotan de <strong>Tomasz Konieczny</strong> s’impose sans peine (malgré quelques défauts déjà relevés) mais le vibrato y est moins envahissant et il fait preuve d’une solennité mystérieuse qui ne dessert pas le Wanderer. Le jeu des questions avec Mime est ici brillant, tenant éloigné des fadaises du récit schwarzien.<br />
Le deuxième acte se situe dans la villa de Fafner, vieillard malfaisant et lubrique, en lit médicalisé. Est-ce à cause de cette trouvaille ridicule qu’on aura attendu en vain un fortissimo un peu plus éclatant dans la fosse au Prélude ? <strong>Tobias Kehrer</strong> est un magnifique Fafner, aussi impressionnant dans ce rôle que dans celui de Titurel la veille – où on l’a entendu dans le <em>Parsifal</em> de Jay Scheib. Ce vieillard est soigné par son aide ménagère, l’Oiseau de la forêt. Le grave caverneux, abyssal (même chantant de dos) de Tobias Kehrer est décidément formidable, accompagné du tuba et de la contrebasse de l’orchestre. L’Alberich d’<strong>Olafur Sigurdason</strong> convainc à nouveau mais le Mime grimaçant de <strong>Ya-Chung Huang</strong> est absolument exceptionnel dans sa scène de révélation. Il joue des riches ressources de son baryton dans tous les registres de sa tessiture pour livrer un personnage tantôt grotesque tantôt inquiétant, une performance très chaleureusement saluée par le public (qui offrira de longues ovations méritées à tous). Siegfried offre évidemment un moment de pur bonheur avec son aria « Dass der Mein Vater nicht ist» après le lyrisme délicat venu de la fosse des Murmures de la Forêt. Durant la soirée, sa maitrise du rôle et de ses nuances est un plaisir de chaque instant. Alors que l’Oiseau de la Forêt a rendu son tablier d’aide soignante et flirté avec le héros (<strong>Victoria Randem</strong> en fait un oiseau de paradis) qui brûle bientôt pour lui en retour, le dialogue entre Fafner mourant et Siegfried tient toutes ses promesses, mais Wotan ici ne semble guère avoir compris la leçon d’humilité que le livret lui réserve. Nul doute que cette histoire de lutte des classes qu’on veut nous asséner n’en soit responsable, dans cette proposition scénique, vainement philistine dans ses foisonnantes et vaines péripéties. Un figurant (adulte) représentant (nous dit-on) Hagen enfant n’apporte strictement rien au récit. La signification de sa disparition avec Siegfried, tous deux crevant un tableau (dans le goût de Klimt) en passe-muraille en fin d’acte demeurera un mystère, qui ne nous hantera pas.<br />
A l’Acte III en lieu et place du défilé montagneux de la première scène et du rocher encerclé de flammes où dort Brünnhilde, Siegfried se retrouve dans la maison en ruines de Wotan, ce dernier muni du chapeau texan de la Walkyrie rebelle et d’une valise. Sa dernière scène dans le Ring n’aura pas la grandeur tragique attendue même si l’intervention de l’Erda d’<strong>Anna Kissjudit</strong> est de nouveau superbe, déployant un timbre sombre et ambré évoquant sans peine les ressorts cachés du destin. Dommage qu’elle soit déguisée en SDF. Son duo avec Wotan <strong>(Tomasz</strong> <strong>Konieczny</strong> très investi) semble dénoter qu’elle-même a aussi été violée par lui. Un tel goût pour l’obscène dans la mise en scène interroge.<br />
Dans le deuxième tableau, le duo se fait immense entre Brünnhilde et Siegfried, à la hauteur des enjeux de l’œuvre, grâce à ces deux très grands chanteurs, au sommet de leurs moyens. On essaie d’oublier qu’elle est de retour d’une clinique esthétique, y ayant été obligée comme ses sœurs dans la Première journée. <strong>Catherine Foster</strong> livre un hymne de toute beauté, plein de noblesse, avec une justesse admirable (sans les hurlements que nous assènent parfois ses consœurs dans « Heil Dir, Sonne, heil dir, Licht »). Siegfried, lui, effrayé par la femme parvient à grandir et s’imposer contre Grane, l’assistant personnel (souvenez-vous) de la Walkyrie, et contre ses scrupules de déesse. Malgré un son un peu trop fondu venu de la fosse, <strong>Simone Young</strong> ayant enfin donné la part belle aux pupitres graves depuis le début de la soirée, mais un peu moins aux belles échappées des cordes, la représentation de ce lundi soir d’août du deuxième cycle du Ring 2025 est de haute volée grâce à un plateau vocal d’exception.</p>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-on prétendre mêler nombrilisme scénique et génie interprétatif ? (Question rhétorique). Le Wotan (Tomasz Konieczny) de ce Ring obligé de jouer du vibrato (mais avec une technique très sûre, pour masquer les insuffisances des extrêmes de sa tessiture et parfois du médium, sans parler de la projection), est ici un riche industriel autoritaire, aux beaux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-on prétendre mêler nombrilisme scénique et génie interprétatif ? (Question rhétorique).<br />
Le Wotan (<strong>Tomasz Konieczny</strong>) de ce Ring obligé de jouer du vibrato (mais avec une technique très sûre, pour masquer les insuffisances des extrêmes de sa tessiture et parfois du médium, sans parler de la projection), est ici un riche industriel autoritaire, aux beaux restes, en short puis en costume clair. Voilà qui est à l’image de cette proposition scénique : presque impressionnante à l’extérieur, compliquée à lire mais vide à l’intérieur.<br />
Seul beau moment bouleversant de cette soirée : l’intervention d’Erda (superbe <strong>Anna Kissjudit</strong>) au quatrième tableau, (c’est tard) car soudain l’orchestre jusqu’ici souvent banal, se transcende, la suit et s’élève à la hauteur mythique du moment qu’on espérait vainement.<br />
Exit le mythe, place aux chamailleries et coups bas d’une famille, avec son avocat (le Loge d’un <strong>Daniel Behle</strong> en déficit de charisme et de projection), avec ses associés mafieux (Fafner et Fasolt), avec son personnel (Erda est l’assistante personnelle d’une Freia grande bourgeoise hagarde sous tranquillisants). Cette proposition se révèle au mieux absurde, entièrement influencée par les clichés du  <em>Regietheater</em> vus absolument partout depuis des décennies. L’admiration pour la réalisation technique s’impose tout de même avec la façon dont les panneaux du décor se combinent sur scène avec glissement, ellipses d’éléments apparaissant, disparaissant, et se superposant pour fabriquer cette petite scène écrasée à l’horizontale (cages, cubes, vitrines, voiture au garage (quelle originalité, quelle nécessité !) qui enferment les personnages. Pour la recension des topoï de cette esthétique qui eut parfois ses réussites dans le passé, notons les lumières hideuses, les costumes ringards, les perruques peu seyantes. Le tout assené avec un mâle pathétique, masquant mal une absence de vision roborative de l’œuvre. Comme les personnages tels qu’ils sont montrés ici (Fantasia chez les riches ploucs ou famille dysfonctionnelle façon « Festen »), la laideur et la caricature œuvrent au rapetissement et sont érigées en suprême étiologie des phénomènes. C’est fatigant de paresse intellectuelle – même si la prudence nous demande d’attendre la suite de cette tétralogie. Rassurons-nous : on devine que les éléments du décor sont recyclables, que tout cela est accompagné d’un discours très au point, séduisant. Pourtant, c’est l’ennui d’une lecture inutilement casuistique qui nous assomme.<br />
Ne demandez pas si les petites filles prisonnières d’une cage en verre chevauchant des jouets dans le 3e tableau (celui du Nibelheim, où les coups de pioche semblent ici des clés à molette qu’on entrechoque) sont les futures walkyries, si la petite fille sauvée par Erda est Sieglinde, si le sale garçonnet mal élevé et au comportement clairement pathologique (peut-être violé par Alberich ?) est Hunding ou Siegmund : on s’en moque. Tout ce prêchi-prêcha sans queue ni tête (car « librement inspiré du livret de R. Wagner » sic) est dispensable, même inspiré de photos réalistes prises à Croydon et autres villes anglaises ou américaines en déshérence dans les années 80.<br />
Bref où va-t-on ?<br />
Avec un Dieu fatigué, corrompu, saoul, (Wotan comme une sorte de Jeffrey Epstein), on revisite son Sigmund (Freud) laborieusement. Ne manquent dans l’intérieur de l’habitat divin ni le tableau pompier de la curée d’une chasse à courre, ni les photos d’enfants représentant (nous assure-t’on) les futurs jumeaux de « La Walkyrie » dans la chambre au confort suédois du dieu du Walhalla (nom propre qui ne désigne ici que le synonyme d’une super cuite à la fin).<br />
Alberich (formidable <strong>Olafur Sigurdarson</strong>, retors, d’une animosité souvent jubilatoire) est le frère, nous dit-on, jumeau de Wotan. Il lui a arraché un œil dans le ventre de sa mère (vidéo du Prélude, assez fade musicalement), ensuite il trempe dans un bassin avec les Filles du Rhin – en fait les nurses des enfants susnommés, un tantinet nymphomanes et impuissantes face au rapt dudit jeune garçon. Toute cette enfance représente le fameux or du titre qu’on veut s’approprier pour des orgies (sans doute) et pour la continuité de la race. On notera les performances de <strong>Marie-Antoinette Reinhold</strong> (Flosshilde) et de <strong>Natalie Skrycka</strong> (Wellgunde), au très beau mezzo. Cet enfant pour qui on se bat est un vrai sale gosse, constate-t’on dès le deuxième tableau, iconoclaste (sans doute <strong>Valentin Schwarz</strong> lui-même qui s’affiche en photo à neuf ans devant la partition de « Rheingold » avec la même coupe, la même casquette et le même casque d’écoute que le jeune figurant dans le programme destiné au public). Ce dernier va asperger la cage du Nibelheim de peinture rouge et jouer du revolver plusieurs fois comme son mauvais maître Alberich, nous empêchant avec cette agitation perpétuelle de profiter du récit de l’excellent Mime de <strong>Ya-Chung Huang</strong>.<br />
La Freia de <strong>Christina Nilsson</strong> et la Fricka de<strong> Christa Mayer</strong> offrent une interprétation hors pair (mais la seconde montre des signes de fatigue ou de refroidissement avec une voix un peu acidifiée au dernier tableau), quoique toujours réduites au commentaire.<br />
Fafner et Fasolt sont donc des nervis peu fascinants, même si les deux chanteurs font entendre un luxe de moyens parfois inégal : <strong>Tobias Kehrer</strong> résonne enfin dans le dernier tableau quand dès le premier tableau, <strong>Patrick Zielke</strong> a convaincu.<br />
Donner (<strong>Nicholas Brownlee</strong>) et Froh (<strong>Mirko Roschkowski</strong>) font le travail sans intéresser plus que ça le spectateur. La faute aux rôles que Valentin Schwarz leur assigne, totalement ternes.<br />
Alors si les dieux ne sont plus les dieux, puisque Wotan est un ploutocrate qui a perdu son charisme et sa lance taillée dans le frêne du monde, ne nous étonnons pas que l’orchestre, déjà cantonné à sa place d’élément parmi d’autres par le dispositif de la fosse souterraine de Bayreuth, ne soit guère passionnant non plus, à la pâte sonore ni suffisamment colorée, ni vraiment fuligineuse. Il n’est plus ce personnage comme nous en avons pris le goût dans d’autres théâtres et sous la baguette de chefs légendaires anciens ou modernes. Le discours musical est ici parfois illustratif sous la baguette de <strong>Simone Young</strong>, même si homogénéité des pupitres, parfaite adéquation entre fosse et chanteurs, et exactitude rythmique sont bel et bien au rendez-vous. Les instruments en intervention solo ou en tutti font parfois des miracles, vraies épiphanies de l’instant. À Bayreuth il faut des chefs d’exception. Pour conclure, le spectacle se révèle le plus souvent insipide, ce qui interroge pour les épisodes de cette reprise du cycle 2025 du Ring en ce mois d’août. Notons que la vision myope du jeune metteur en scène autrichien est très applaudie ce soir du 15 août – comme quoi le public ne sait pas ce qu’il veut après trois années de justes huées. Un enthousiasme aussi destiné aux chanteurs, me direz-vous.</p>
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		<title>Bayreuth 2026 : premières annonces</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2026-premieres-annonces/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 14:59:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la veille de l’ouverture du Festival de Bayreuth (Die Meistersinger von Nürnberg), le service de communication donne, via le réseau social Instagram, les premières indications sur l’édition 2026 qui marquera le 150e anniversaire. Et elles sont intéressantes. Rienzi, troisième opéra de jeunesse de Wagner, sera donné exceptionnellement dans le cadre du Festival. Andreas Schager &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la veille de l’ouverture du Festival de Bayreuth (<em>Die Meistersinger von Nürnberg</em>), le service de communication donne, via le réseau social Instagram, les premières indications sur l’édition 2026 qui marquera le 150<sup>e</sup> anniversaire. Et elles sont intéressantes.<br />
<em>Rienzi</em>, troisième opéra de jeunesse de Wagner, sera donné exceptionnellement dans le cadre du Festival. <strong>Andreas Schager</strong> tiendra le rôle-titre, <strong>Gabriela Scherer</strong> sera Irene, <strong>Jennyfer Holloway</strong> Adriano. La mise en scène, les décors et les costumes seront signés <strong>Magdolna Parditka</strong> et <strong>Alexandra</strong> <strong>Szemeredy</strong>. C’est une autre femme, <strong>Nathalie Stutzmann</strong>, qui sera dans la fosse.<br />
Quant à l’annonce du Ring, elle est assez énigmatique : « Ring 1001011 – vom Mythos zum Code » (« du mythe à l’encodage ») : l’intelligence artificielle est en effet explicitement annoncée comme partie intégrante de la saga des Nibelungen. C’est <strong>Christian Thielemann</strong> qui dirigera cette tétralogie.<br />
Concernant la distribution, <strong>Michael Volle</strong>, sans surprise, sera Wotan/Der Wanderer, et <strong>Camilla Nylund</strong> incarnera Brünnehilde. <strong>Anna Kissjudit</strong>, habituée au rôle d’Erda, sera cette fois-ci Fricka, <strong>Mika Kares</strong> est toujours incontournable en Hunding. Sieglinde sera tenue par <strong>Elza van den Heever</strong>. A noter que c’est le même chanteur, à savoir <strong>Klaus-Florian Vogt</strong>, qui incarnera Loge dans <em>Rheingold</em>, Siegmund, puis Siegfried – le seul donc à être présent dans les quatre pièces de la tétralogie, ce qui, en soi, s’annonce comme une performance. On nous annonce également un <em>Fliegender Holländer</em> de très haute volée : <strong>Oksana Lyniv</strong> dirigera Mika Kares (Daland), <strong>Nicolas Brownlee</strong> (Holländer) et…<strong>Asmik Grigorian</strong> (Senta). <em>Parsifal</em> ne sera pas en reste ; <strong>Pablo Heras-Casado</strong> dirigera <strong>Volle</strong> (Amfortas), <strong>Zeppenfeld</strong> (Gurnemanz), Schager (Parsifal), <strong>Shanahan</strong> (Klingsor) et <strong>Miina</strong>&#8211;<strong>Lisa</strong> <strong>Värelä</strong> (Kundry).<br />
A titre exceptionnel, la <em>IXe symphonie</em> de Beethoven sera interprétée dans le cadre du Festival. C’est encore Thieleman qui dirigera et le quatuor de chanteurs sera composé de van den Heever, <strong>Christa</strong> <strong>Meyer</strong>, <strong>Beczala</strong> et Zeppenfeld.</p>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-milan-scala/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jun 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>David McVicar poursuit son nouveau Ring wagnérien avec un Siegfried encore plus littéral que les &#160;Rheingold et Walküre précédents, parti pris qui séduira les tenants d’un certain traditionalisme mais qui ne comblera certainement pas les amateurs de relectures modernistes. Cette option était sans doute la plus à même de séduire le public scaligère, d’autant qu’elle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/035_096A3227-Vogt-e-Ablinger-Sperrhacke-ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-192819"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Brescia e Amisano ©Teatro alla Scala</sub></figcaption></figure>


<p><strong>David McVicar</strong> poursuit son nouveau <em>Ring</em> wagnérien avec un <em>Siegfried</em> encore plus littéral que les &nbsp;<em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-milan-scala/">Rheingold</a></em> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/__trashed-2/"><em>Walküre</em></a> précédents, parti pris qui séduira les tenants d’un certain traditionalisme mais qui ne comblera certainement pas les amateurs de relectures modernistes. Cette option était sans doute la plus à même de séduire le public scaligère, d’autant qu’elle est associée à une approche visuelle spectaculaire, renforcée par une excellente direction d&rsquo;acteurs, ciselée dans les moindres détails et souvent d’une grande justesse. A l’acte I, on verra donc Siegfried en tablier limer l’épée brisée, faire fondre la limaille dans un creuset rougeoyant, la faire couler dans un moule, actionner le soufflet de forge, sortir Nothung chauffée au rouge, la plonger dans un bain refroidissant au milieu des vapeurs, faire des étincelles avec son marteau de forge, etc… C’est d’ailleurs assez réjouissant, d’autant que la touche de second degré est apportée par un Mime qui virevolte et sautille, surexcité, tout en tentant de préparer la soupe sur le même foyer (et en s’y brulant le fessier). Les autres décors sont variés et somptueux. A l’acte II, on découvrira ainsi une forêt mystérieuse dont les troncs d’arbres sont comme des humanoïdes fossilisés. Le dragon est une marionnette géante (à la manipulation bruyante), sorte de squelette de King-Kong. Au dernier acte, on retrouvera bien entendu le décor de <em>Die Walküre</em>, avec, d’abord endormie, Grane, le cheval de Brunehilde (un artiste déguisé monté sur des sortes d’échasses à ressort). Au global, un spectacle lisible et esthétique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/050_GN1A0214.ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-192820"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Brescia e Amisano ©Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p>Le Mime de <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke</strong> domine le premier acte. Certes, le ténor autrichien est un habitué du rôle (il incarnait Mime <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jaime-le-son-du-cor-le-soir-au-fond-des-bois/">lors de la précédente production parisienne de Günter Krämer à Bastille par exemple</a>), mais nous ne l’avions jamais vu à ce point déchaîné, avec une composition histrionique absolument phénoménale, un peu à la limite de<em> La Cage au Chaste Fol</em> il faut bien le dire. Ce Mime irrésistible est même attendrissant dans son délire monomaniaque, et on finit par se sentir triste de le voir éliminer par cette brute de Siegfried. À ses côtés, <strong>Klaus Florian Vogt</strong> fait un peu pâle figure, d’autant que les projections vocales sont assez similaires. La technique du ténor allemand est bien connue, avec notamment une émission du registre aigu constamment mixée entre voix de tête et voix de poitrine. Inutile donc d’attendre les aigus <em>spinto</em> fracassants d’un authentique <em>heldentenor</em> (1) : les notes sont bien là, et avec ce qu’il faut de volume, mais elles ne sont jamais percutantes. Son entrée le voit d&rsquo;ailleurs en difficultés : si l’on en entend bien le début de celle-ci (« Hoi-ho! Hoi-ho! Hau&rsquo;ein! hau’ein! »), les seize notes qui suivent (répétées en piqués sur « Ha! » ) sont inaudibles depuis la salle, à l’exception d’une ou deux plus aiguës, la clarté du timbre permettant alors au chanteur de surmonter la masse orchestrale. Enfin, la voix est toujours trop claire, même si elle a gagné en largeur de timbre : elle peut convenir à un Lohengrin évanescent, voire à un Siegmund, mais peine a traduire la dimension héroïque du personnage. Le chant est toutefois moins haché que par le passé, avec un meilleur <em>legato</em>. Au final, on admirera la performance et l’engagement dramatique du ténor allemand, même s’il nous laisse quelque peu notre faim. Le Wanderer est ici en capuche plutôt que coiffé du traditionnel chapeau (c’est dire le niveau de disruption de la mise en scène) : <strong>Michael Volle</strong> y fait un pas de plus dans la légende, et les mots peinent à rendre compte de l’intensité et de l’intelligence de son chant. Son interprétation du Wanderer est fine et complexe, exprimant à la fois, le désarroi, la révolte, les velléités de puissance ou de grandeur, et la résignation… Du grand art. La voix est puissante, d’une belle fraicheur, superbement articulée : à 65 ans et dans ce répertoire, cela tient du miracle. L’Alberich d&rsquo;<strong>Ólafur Sigurdarson</strong> est ici moins exposé que dans le <em>Rheingold</em>. Le baryton islandais confirme toutefois ses grandes qualités, avec un chant posé, d’une certaine noblesse, composant un personnage qui semble un peu revenu de tout (un discret haussement d’épaules tandis qu’il disparait suffit à exprimer avec finesse cette résignation). <strong>Anna Kissjudit</strong> remplaçait Christa Mayer souffrante. La voix est belle, avec un timbre rare de contralto, mais la projection est insuffisante pour la Scala, et elle ne peut assumer l’ampleur tellurique exigée. C’est une Erda discrète, sans mystère. <strong>Ain Anger</strong> est à nouveau Fafner, voix correcte mais sans grand relief et à l&rsquo;impact limité.&nbsp; <a href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-francesca-aspromonte/">Appréciée dans le répertoire baroque</a>, <strong>Francesca Aspromonte</strong> est un oiseau à la voix bien projetée mais à l&rsquo;aigu un peu tendu. <strong>Camilla</strong> <strong>Nylund</strong> avait presque réussi à nous convaincre dans <em>Die Walküre</em>. La deuxième journée la voit davantage à la peine. La prudence la pousse d&rsquo;ailleurs à se ménager : la seconde partie du grand duo, « Ewig war ich, ewig bin ich », démarre ainsi avec un simple filet de voix à peine audible, puis le soprano donne de plus en plus de puissance pour terminer sur un contre-ut lumineux et mieux projeté. Surtout, la voix, dépourvue de largeur de timbre, manque de chaleur, d’ampleur et d’opulence. La musicalité est réelle, mais le soprano finlandais ne peut offrir que des moyens de soprano lyrique quand on attend ceux d&rsquo;un authentique soprano dramatique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/164_GN1A0615.ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-192828"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Brescia e Amisano ©Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Alexander Soddy</strong> confirme sa maîtrise du discours wagnérien avec une direction lumineuse sans être chambriste, une grande attention au plateau (sans compromis sur l&rsquo;exigence musicale toutefois). Le chef d&rsquo;orchestre britannique choisit par ailleurs d&rsquo;exposer davantage certains pupitres aux sonorités plus aiguës, produisant une pâte sonore plus claire qu&rsquo;à l&rsquo;ordinaire. Son <em>Siegfried</em> est ainsi moins sombre, moins oppressant, plus dynamique, assez original et tout à fait cohérent. L&rsquo;Orchestre de la Scala de Milan est en état de grâce. Certains pupitres sont tellement excellents qu’on croit parfois entendre des solistes alors que la phalange est simplement à l’unisson. L’introduction orchestrale de l’acte III, vibrante et contrastée, est l&rsquo;un des sommets de la soirée.</p>
<p><a href="https://www.teatroallascala.org/en/ring-des-nibelungen.html">Rappelons que la Scala proposera deux <em>Ring</em> complets en mars 2026</a>, le premier sous la baguette d’Alexander Soddy et le second sous celle de Simone Young.</p>
<pre>(1) On se gardera toutefois de trop grandes généralités historiques : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=WGRIjzHw1ws">les extraits de Jean de Reszke</a>, référence wagnérienne à son époque, enregistrés sur le vif en 1901, semblent évoquer une voix plus près de celle de Vogt que ce celle de Lauritz Melchior.</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-milan-scala/">WAGNER, Siegfried &#8211; Milan</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Der fliegende Holländer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-fliegende-hollander/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est sur le nom de Lise Davidsen que Decca fonde toute la communication autour de cet enregistrement du Vaisseau fantôme. Le grand soprano norvégien, aux moyens spectaculaires, n’a jamais chanté Senta à la scène, et, dit-elle, ne le chantera peut-être jamais, requise qu’elle est par d’autres grands rôles wagnériens (on devine lesquels). Elle y est &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est sur le nom de<strong> Lise Davidsen</strong> que Decca fonde toute la communication autour de cet enregistrement du <em>Vaisseau fantôme</em>. Le grand soprano norvégien, aux moyens spectaculaires, n’a jamais chanté Senta à la scène, et, dit-elle, ne le chantera peut-être jamais, requise qu’elle est par d’autres grands rôles wagnériens (on devine lesquels).</p>
<p>Elle y est évidemment remarquable, mais pas seulement elle. Toute la distribution est de premier ordre. De surcroît cette version présente l’avantage d’avoir été saisie sur le vif au fil de deux exécutions en concert (et vraisemblablement de deux répétitions aussi) dans des conditions acoustiques idéales, dans la salle de l’Opéra National de Norvège, pour inaugurer la prise de fonction du chef britannique <strong>Edward Gardner</strong> comme directeur musical de cette maison d’opéra.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="759" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1080x800-Flying-Dutchman-2024-Foto-Erik-Berg-0555-1024x759.jpg" alt="" class="wp-image-188662"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Erik Berg</sub></figcaption></figure>


<p>Un Gardner dont, dès l’ouverture, prise sur un tempo rapide, on remarque la fougue et la poigne, et l’attention constante aux textures et au dosage des couleurs orchestrales (les bois dans l’épisode <em>andante</em>) avant un développement d’une énergie foudroyante et constamment clair (les superpositions de thèmes), et une fin éclatante (les ténèbres vaincues par la lumière c’est toute l’histoire de cet opéra).</p>
<h4><strong>L&rsquo;humanité du Hollandais</strong></h4>
<p>Certains critiques ont émis quelques réserves sur la prestation de <strong>Gerald Finley</strong> dans le rôle du Hollandais, qu’il a chanté sur maintes scènes, estimant qu’une dimension héroïque lui manquait désormais. Il nous semble, au contraire, qu’il pose ici un éclairage particulièrement intéressant sur ce rôle, quelque chose qui tient sans doute aussi à la maturité du timbre. Le baryton-basse anglais, styliste s’il en est, et grand <em>liedersänger</em>, a soixante-quatre ans. Et ce qu’on entend, c’est tout un poids de vie, quelque chose de profondément réfléchi, de dense, qui s’ajoutant au velouté des phrasés confère au Hollandais une épaisseur humaine, et surtout une douleur, une blessure insondables, qui sont l’esprit même du personnage.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Flyng-Finley-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-188660"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Gerald Finley © Erik Berg</sub></figcaption></figure>


<p>Son récit d’entrée « Die Frist ist um » est particulièrement magnifique, par la palette de couleurs vocales qu’il met en jeu, l’attention à chaque mot, à chaque nuance de sentiment, du désespoir profond jusqu’à l’insurrection contre son destin – et alors quel puissance ! La progression est superbement conduite : l’accablement de fatigue initial, la sombre évocation des errances sans espoir, le jeu sinistre avec la mort, et Finley construit cela à la manière des ballades romantiques de Schumann ou de Loewe, porté par les vagues que soulève Gardner à l’orchestre.</p>
<p>Un peu après, son récit à Daland, « Durch Sturm und bösen Wind », sera d’un troublante et enjôleuse noblesse à laquelle le rugueux marin se laissera prendre, autant qu’aux trésors qu’il lui fera miroiter. Les suavités de Finley contrastent ironiquement avec les rudesses du brave Daland. Brave ? <strong>Brindley Sherratt</strong>, qui est de la même génération que Finley, accentue savoureusement la roublardise un peu naïve du personnage, dans un duo dont Gardner souligne le côté Donizetti.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="759" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1080x800-Flying-Dutchman-2024-Foto-Erik-Berg-0520-1024x759.jpg" alt="" class="wp-image-188661"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lise Davidsen, Edward Gardner, Gerald Filnley © Erik Berg</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Marmoréenne</strong></h4>
<p>Mais c’est bien sûr l’acte II qu’on attend et l’apparition de la fille de Daland.</p>
<p>La ballade de Senta est une nouvelle démonstration des possibilités vocales extravagantes dont la nature a gratifié Lise Davidsen. Des aigus en acier, une sûreté d’intonation à toute épreuve, une clarté de cristal, une projection cinglante, des sauts de notes dans la deuxième partie, « Bei bösen Wind », dont elle ne fait qu’une bouchée, et même des pianissimos et des trilles, quelque chose de surhumain et de prodigieux, de marmoréen, mais aussi de polaire ! Si on salue l’athlète du chant, évidemment, osera-t-on avouer rester extérieur à ces exploits. Et se souvenir avec nostalgie d’une Senta de la même génération, Norvégienne elle aussi, Elisabeth Teige, dans la même séquence à Bayreuth il y a trois ans, non moins à l’aise avec la partition de Wagner, mais combien troublante et émouvante. Senta est habitée par une vision, qui va s’avérer une prémonition de sa destinée. Nulle trace ici de la mystérieuse attirance de la jeune fille pour le pâle capitaine (<em>bleicher Seemann</em>) qu’elle n’a encore rencontré que dans son rêve éveillé. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Flyng-Barbayrac-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-188658"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Stanislas de Barbeyrac © Erik Berg</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le virage vers Wagner de Barbeyrac</strong></h4>
<p>En revanche <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong>, en plein virage wagnérien, dessine un Erik vibrant de lyrisme. Il venait alors de le chanter au Staatsoper de Berlin et lui prête une voix qui s’est enrichie dans le grave sans rien perdre de son éclat dans les aigus. Le duo « Bleib, Senta ! Bleib nur einen Augenblick ! » met en évidence deux manières d’envisager Wagner, celle ardente, fougueuse, charnelle, de Barbeyrac, et celle attentive d’abord à la pureté vocale de Davidsen (et son « Ach, was dir Ruhe für ewig ihm nahm » est pur bel canto <em>spianato</em>…, comme sa reprise de la ballade, « Ach, möchteste du, bleicher Seemann, sie finden ! »)</p>
<p>Cette scène est aussi une belle démonstration de la manière de Gardner, très souple dans les passages élégiaques (la rêverie d’Erik, « Auf hohem felsen », où Barbeyrac est superbe de largeur, d’effusion et d’opulence vocale), et ailleurs d’une énergie presque violente – cf. la batterie d’accords avant cette rêverie).</p>
<p>Souplesse à nouveau et vivacité pleine de panache dans sa conduite de l’air de Daland, « Mögst du, mein Kind », qui met en valeur le timbre assez noir de Brindley Sherratt, dont la faconde rendrait presque sympathique le bonhomme. <br />Mais le sommet de cet acte et peut-être de l’opéra, c’est bien sûr le duo entre le Hollandais et Senta. Avec d’abord une aria, « Wie aus der Ferne », où Gerald Finley est d’une douceur de phrasé, d’une langueur mélancolique, d’un velouté, et d’une beauté de ligne irrésistibles. Et d’ailleurs Senta ne lui résistera pas.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Flyind-Daland-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-188656"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Brindley Sherratt © Erik Berg</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La transfiguration de Senta</strong></h4>
<p>Le duo proprement dit est impressionnant. On ne peut pas ne pas avoir en mémoire le duo Birgit Nilsson-Hans Hotter. On est dans un paysage vocal de cette couleur et de cette hauteur. Seule réserve, la puissance de Mme Davidsen a tendance à couvrir les subtilités de Gerald Finley, qui gomme le côté démoniaque qu’on prête souvent au personnage, pour n’en éclairer que mieux la souffrance.<br>Mais le chant marmoréen de cette Senta surdimensionnée prend ici toute sa valeur, pour exprimer la transfiguration de la jeune femme, acceptant son destin et le puissant sortilège (<em>mächtiger Zauber</em>) qui l’emporte.</p>
<p>La vaste scène confrontant les marins norvégiens aux jeunes filles du village, puis aux marins du Hollandais met en valeur la solidité du <strong>Chœur de l’Opéra de Norvège</strong> (et au passage la virtuosité de Wagner, passant d’une atmosphère de fête à une formidable tempête). Les brèves interventions du Pilote sont ici l’occasion de réentendre <strong>Eirik Grøtvedt</strong>, ténor lyrique, dont l’air d’entrée « Mit Gewitter und Sturm » avait été particulièrement remarquable, avec dans sa deuxième partie des effets d’allègements et une beauté de ligne rappelant tout ce que Wagner doit à l’école italienne…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Flyng-davidsen-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-188659"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lise Davidsen © Erik Berg</sub></figcaption></figure>


<p>Introduit par une très belle cavatine d’Erik où Stanislas de Barbeyrac sera à nouveau superbe d’ampleur et de chaleur (avec un judicieux passage en voix mixte sur <em>mir Liebe</em>), le final de l’opéra, dans son efficacité (la fulgurance des finals sera désormais une spécialité de Wagner), sera mené par Gardner d’une main résolue.</p>
<h4><strong>Noblesse</strong></h4>
<p>Avec un autre grand moment de Gerald Finley, le récit « Vom Fluch eun Weib » : l’heure est venue pour lui d’avouer qu’il est le Hollandais volant et d’avertir Senta que, si elle le trahissait, elle serait vouée à la damnation éternelle. À nouveau c’est la noblesse du personnage que Finley fait rayonner, avec une puissance montant du plus profond de lui-même. <br>Les précautions du marin maudit seront inutiles : Senta savait depuis longtemps qu’elle le suivrait jusqu’au bout et les deux <em>si</em> aigus sur <em>Treu</em> puis sur <em>treu</em> (fidélité et fidèle) seront l’apothéose de Davidsen, décidément à son aise dans le registre héroïque.</p>
<p>Et tout s’apaisera dans un bienfaisant accord de <em>ré</em> majeur, en guise de point d’orgue à cette très belle version d’un opéra qui en somme revient à son port de départ ou presque, puisque c’est lors d’une escale forcée en Norvège que Wagner entendit en juillet 1839 sur le port de Sandwike interpeller une certaine « tjenta »… Le mot qui signifie « servante » allait devenir quatre ans plus tard le nom de son héroïne.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-fliegende-hollander/">WAGNER, Der fliegende Holländer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Staatsoper Berlin : la saison 2025-26 est déjà sur les rails</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/staatsoper-berlin-la-saison-2025-26-est-deja-sur-les-rails/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2025 13:47:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que les saisons 2025-26 n’ont pas encore été dévoilées, l’Opéra d’État de Berlin (Staatsoper) annonce précocement la programmation de deux cycles complets de la Tétralogie pour l’automne 2025. Suite à l’immense succès, tant critique que public, de la nouvelle production de Dmitri Tcherniakov en 2022 avec un casting hors pair, l’institution berlinoise a décidé &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que les saisons 2025-26 n’ont pas encore été dévoilées, l’Opéra d’État de Berlin (Staatsoper) annonce précocement la programmation de deux cycles complets de la Tétralogie pour l’automne 2025.<br />
Suite à l’immense succès, tant critique que public, de la nouvelle production de <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> e<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/">n 2022 avec un casting hors pair</a>, l’institution berlinoise a décidé de reprendre ce Ring à l’identique.<br />
On retrouvera donc <strong>Christian Thielemann</strong> à la baguette, le Wotan/Wanderer de <strong>Michael Volle</strong>, le couple <strong>Andreas Schager</strong> (Siegfried) / <strong>Anja Kampe</strong> (Brünnhilde), mais aussi <strong>Vida Miknevičiūtė</strong> (Sieglinde), <strong>Johannes Martin Kränzle</strong> (Alberich), <strong>Claudia Mahnke</strong> (Fricka), <strong>Anna Kissjudit</strong> (Erda), <strong>Stephan Rügamer</strong> (Mime), <strong>Roman</strong> <strong>Trekel</strong> (Donner), <strong>Lauri</strong> <strong>Vasar</strong> (Gunther), <strong>Peter</strong> <strong>Rose</strong> (Fafner), <strong>Marina</strong> <strong>Prudenskaya</strong> (Waltraute).<br />
Sûre de son succès, l’institution berlinoise lance une campagne de souscription uniquement réservés aux abonnements, puisque dès le 18 février 2025 seuls des cycles complets peuvent être réservés, pour des prix allant de 75 à 1100 €.<br />
Premier cycle : du 27 septembre au 3 octobre. Second cycle, du 5 au 12 octobre 2025.<br />
A noter que le Deutsche Oper ne sera pas en reste, qui prévoit également deux cycles <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-berlin-deutsche-oper/">du Ring de <strong>Stefan Herheim</strong></a>, mais au printemps 2026.</p>
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		<title>Bayreuth 2025 : 31 levers de rideau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2025-31-levers-de-rideau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2024 14:37:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant la grande édition anniversaire 2026 (qui fêtera les 150 ans du Festival) et son programme hors-norme, la direction des Bayreuther Festspiele vient de dévoiler la teneur de l’édition 2025 et ses 31 dates. On y retrouve (sans doute pour la dernière fois) le très décrié Ring de Valentin Schwarz: il sera donné deux fois &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant la grande édition anniversaire 2026 (qui fêtera les 150 ans du Festival) et son programme hors-norme, la direction des Bayreuther Festspiele vient de dévoiler la teneur de l’édition 2025 et ses 31 dates.<br />
On y retrouve (sans doute pour la dernière fois) le très décrié <em>Ring</em> de <strong>Valentin Schwarz</strong>: il sera donné deux fois sous la direction de <strong>Simone Young</strong> qui <a href="https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2024-simone-young-premiere-femme-a-diriger-le-ring/">sera la première femme</a> à diriger l’<em>Anneau</em>. Pour le prologue, <strong>Thomas Konieczny </strong>sera Wotan, <strong>Olafur Sigurdarson</strong> Alberich, <strong>Ya-Chung Huang</strong> Mime et <strong>Anna Kissjudit</strong> Erda. <strong>Michael Spyres</strong> sera le Siegmund de <em>Walküre</em> (Sieglinde n’est pas encore distribuée, <strong>Catherine Foster</strong> sera Brünnhilde et ce pour les trois journées). Siegfried sera tenu par <strong>Klaus-Florian Vogt</strong>.<br />
Le Festival ouvrira par <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em> (donné sept fois) avec <strong>Daniele Gatti</strong> à la baguette, <strong>Matthias Davids</strong> à la mise en scène et une distribution de luxe : entre autres <strong>Georg Zeppenfeld</strong>, <strong>Michael Spyres</strong>, <strong>Christina Nilsson</strong>.<br />
Retour de <strong>Christian Thielemann</strong> pour <em>Lohengrin</em> (mise en scène de <strong>Yuval Sharon</strong>). Lohengrin sera <strong>Piotr Beczala</strong>, on ne sait pas encore qui chantera Elsa.<br />
Enfin un <em>Tristan</em> de luxe (<strong>Bychkov</strong>/<strong>Schager</strong>, <strong>Groissböck</strong>, <strong>Nylund</strong>, <strong>Gubanova</strong>) qui vaudra le déplacement. Tout comme un <em>Parsifal</em> non moins prestigieux (<strong>Heras-Casado</strong>/<strong>Volle</strong>, <strong>Zeppenfeld</strong>, <strong>Schager</strong>, <strong>Garanča</strong>).<br />
Le Festival se tiendra du 24 juillet au 26 août 2025. Tout le programme est à découvrir sur <a href="https://www.bayreuther-festspiele.de/en/programme/programme/">le site du Festival</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 May 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 30 avril 2022, le Festspielhaus de Baden-Baden entamait un Ring avec l’Or du Rhin dirigé par Yannick Nézet-Séguin. Donnée en version de concert, l’œuvre avait été entendue au TCE quelques jours plus tôt où elle avait été l’objet d’un immense succès, ce qu’avait rapporté Christophe Rizoud ici-même. Las, nous n’étions pas disponibles à l’époque &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 30 avril 2022, le Festspielhaus de Baden-Baden entamait un Ring avec l’<em>Or du Rhin </em>dirigé par <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong>. Donnée en version de concert, l’œuvre avait été entendue au TCE quelques jours plus tôt où elle avait été l’objet d’un immense succès, ce qu’avait rapporté Christophe Rizoud <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-paris-tce-a-un-pas-du-walhalla/">ici-même</a>. Las, nous n’étions pas disponibles à l’époque pour assister dans la salle badoise à la redite du triomphe, ce dont ont attesté les privilégiés présents. Mais il était hors de question de manquer le deuxième épisode du cycle de tous les superlatifs de Wagner. C’est donc avec ferveur que le Rhin a été traversé pour cette <em>Walkyrie </em>programmée en plein milieu de l’après-midi, à 15h, ce qui a pu permettre à un public repu d’aller se remettre de ses émotions à 20h autour d’une bonne table et parler de ce moment d’exception jusqu’à plus soif.</p>
<p>Que dire d’une représentation où l’on s’est mise à pleurer dès le début du premier acte, pour achever en sanglots au terme de cinq heures de délices violentes et délicates, électrisée, embrasée et épuisée de tant de sollicitations sonores et émotionnelles&nbsp;? Tout d’abord, l’envie de remercier collégialement tous les interprètes de nous avoir gratifiés de tant de beauté. Et bien sûr, le besoin de souligner le rôle essentiel du chef d’orchestre, formidable <strong>Yannick Nézet-Seguin</strong>, directeur musical de Metropolitan Opera, mais qui retrouvait ici son ancienne formation du Rotterdam Philharmonic Orchestra. Manifestement, le courant passe entre eux et la partition de Wagner a été servie merveilleusement par chacun des interprètes. Certains pointilleux auront sans doute, ici et là, entendu quelque note mal positionnée. Qu’importe… L’auditeur a été largement comblé, pris par la main dans les vastes étendues au cours de la fuite éperdue de Sigmund, bercé et choyé par la délicieuse Sieglinde, houspillé par une irascible Fricka, soufflé par une extraordinaire chevauchée de créatures majestueuses et bouleversé par un Wotan anéanti de condamner l’élue de son âme, une Brünnhilde éblouissante et inoubliable. L’absence de mise en scène était à peine perceptible, tant cet orchestre a pu produire des équivalences visuelles que les interprètes ont su merveilleusement sublimer.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Walkuere_192-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-161854"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Andrea Kremper</sup></figcaption></figure>


<p>D’ailleurs, le choix des tenues portées par les chanteurs, s’il était peut-être aléatoire, avait l’air d’être plus que concerté. Robe lamée vif-argent et fausse armure à la <em>Excalibur </em>de John Boorman pour l’interprète de Brünnhilde, vêtement couleur bronze sur la peau idoine du sculptural Hunding, atours noir de jais pour les fières guerrières, motif écru et noir à la Matisse pour l’épouse tout en duplicité et robe fleurie printanière pour la jumelle désespérée qui s’éveille à l’amour à la fois pur et vénéneux, tout un univers visuel a pu jaillir de cette production époustouflante. Chaque instrument semble avoir pu s’exprimer à l’égal de chacun des solistes.</p>
<p>Venons-en, à ces solistes d’exception&nbsp;: à qui donner la préséance&nbsp;? Sans doute à <strong>Tamara Wilson</strong>, extraordinaire Brünnhilde, dont l’autorité et la précision vocale met encore davantage en valeur le caractère juvénile de son interprétation du personnage. La soprano américaine a su insuffler à la guerrière toute une palette de sentiments et d’émotions dont émergent une sagesse et une maturité impressionnantes. <strong>Brian Mulligan</strong> confère à son Wotan une délicatesse doublée de fragilité particulièrement touchantes. Ce dieu aux pieds d’argile est terriblement humain, dépassé par ses propres contradictions. Le timbre séduisant du baryton transcende les colères et atermoiements d’un personnage attachant au possible. S’il incarne Siegmund pour la première fois, <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> semble avoir tout compris de ce rôle qui lui sied comme un gant. À ses côtés, la fabuleuse <strong>Elza van den Heever</strong> illumine une Sieglinde tour à tour effacée et puissamment amoureuse et déterminée. Elle nous avait, sur cette même scène, fait chavirer en impératrice dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-baden-baden/">Die Frau ohne schatten</a></em>, nous avait profondément émue en Chrysothemis dans la récente <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-elektra-baden-baden/">Elektra</a></em> et nous éblouit encore. Puisse-t-elle continuer longtemps à briller au Festspielhaus… En habituée du rôle, l’Écossaise <strong>Karen Cargill</strong> restitue toute la puissance pernicieuse d’une déesse qui est également une épouse trahie et humiliée avec brio et aisance. Par ailleurs, <strong>Soloman Howard</strong> en Hunding est un époux irritable et maléfique d’une sensualité rare. Son physique avantageux taillé à la serpe lui confère une séduction violente de superhéros échappé des <em>300</em> qui se met en accord avec une voix de bronze aux nuances délicates. Enfin, les huit guerrières forment un octuor dont on se souviendra longtemps… La diction reste à peaufiner chez l’une ou l’autre d’entre elles, mais toutes sont formidables et très prometteuses.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="552" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Walkuere_Applaus_010-1024x552.jpg" alt="" class="wp-image-161855"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Andrea Kremper</sup></figcaption></figure>


<p>Ces solistes et leur chef auront donc produit une très grande impression au bord du Rhin, faisant presque oublier la fabuleuse <em>Walkyrie </em>donnée sur la scène du Festspielhaus en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-baden-baden-au-doigt-et-sans-baguette/">2016</a>. On espère pour le public parisien que le miracle puisse se reproduire ce samedi 4 mai au TCE, avec la même distribution. Un rendez-vous à ne surtout pas manquer ! On attend les deux prochains épisodes avec une immense impatience…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-baden-baden/">WAGNER, Die Walküre – Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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