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	<title>Anne DELBÉE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Anne DELBÉE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BELLINI, Norma &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 08:02:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Reprise au Capitole de Toulouse de la production d’Anne Delbée, créée in&#160;loco en 2019. A l’époque c’est Marina Rebeka qui triomphait dans le rôle-titre et Karine Deshayes était son Adalgisa. Cela faisait longtemps toutefois qu’on avait proposé à la mezzo française de tenter le grand saut et de se confronter à l’un des rôles les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Reprise au Capitole de Toulouse de la production d’<strong>Anne Delbée</strong>, créée <em>in&nbsp;loco</em> en 2019. A l’époque c’est Marina Rebeka qui triomphait dans le rôle-titre et <strong>Karine Deshayes</strong> était son Adalgisa. Cela faisait longtemps toutefois qu’on avait proposé à la mezzo française de tenter le grand saut et de se confronter à l’un des rôles les plus éprouvants du répertoire belcantiste. Finalement Karine Deshayes s’est laissée convaincre et sa prise de rôle s’est faite progressivement&nbsp;; d’abord en version de concert au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/norma-aix-en-provence-karine-deshayes-face-a-la-legende/">Festival d’Art Lyrique</a> d’Aix-en-Provence en 2022, et puis la scène, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-strasbourg/">Strasbourg en premier</a> dans une mise en scène de Marie-Eve Signeyrole puis <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-marseille/">Marseille</a>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-bordeaux/">Bordeaux</a> et maintenant Toulouse, à chaque fois dans la proposition d’Anne Delbée. Nous n’arriverons pas à dire grand-chose d’enthousiasmant de cette mise en scène, dont nous avons eu beaucoup de mal à saisir les tenants et les aboutissants&nbsp;; c’est tout de même rare qu’on ressorte d’un spectacle avec plus de questions que de réponses. Qui nous dira ce que vient faire ce grand cerf blanc (la très belle &#8211; esthétiquement parlant &#8211; scène introductive nous fait subrepticement penser à l’univers shakespearien du <em>Songe d’une Nuit d’été&nbsp;</em>!) qui, de plus, plaque ça et là sur la musique des propos aussi abscons qu’irritants ? Qui nous dira l’intérêt de représenter les deux enfants de Norma soit par des projections vidéos, soit par leurs vêtements ou leurs jouets ? Qui nous dira enfin, et nous nous arrêterons là, à quoi peut bien servir ce plan incliné que chacun des personnages monte et descend à l’envi et qui, dans la scène finale, se redresse tel un pont levis pour découvrir une barque, la barque de Charon peut-être, qui, faute de bûcher, conduira Norma et Pollione aux Enfers ?</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_0170-Migliorato-NR-2-1294x600.jpg" alt="" width="773" height="358">
© Mirco Magliocca</pre>
<p>Laissons cela, l’essentiel est ailleurs. Chez Bellini du reste, l’essentiel c’est la musique et en ce soir de première la musique est première servie.<br />
On sait bien qu’il y a trois rôles à tenir dans Norma&nbsp;; allez, disons qu’il y en a quatre, mais en réalité, il n’y en a qu’un. C’est le rôle des rôles belcantistes, capable de broyer des voix, de consumer les plus folles énergies&nbsp;; Karine Deshayes s’en empare ce soir et en vient à bout sans coup férir. On se surprend à répéter que Deshayes atteint maintenant la plénitude de sa voix – on le dit depuis si longtemps. Ce soir l’ambitus est sidérant, les suraigus plantés comme des poignards, sans failles ni tremblements. La technique est époustouflante grâce à laquelle elle vient à bout du «&nbsp;Casta Diva&nbsp;» et de sa cabalette à suivre, grâce aussi à un trésor de technique et d’ingéniosité qui lui permet de passer (et non de contourner) tous les obstacles de ce monument qui nous prend tous à froid. La tessiture est celle d’un soprano mais la couleur, dans les graves, est bien celle d’un mezzo. Et c’est ce grave qui confère à Deshayes, outre la gestuelle maîtrisée et le port magistral, tout ce que l’on demande à une tragédienne. <em>Norma</em> est, avec elle, de fait une indicible tragédie, qui nous force à crier au fou quand le couple maudit finit par se sacrifier. Pour rendre tout cela crédible il nous faut une héroïne tragique : Karine Deshayes l’est ce soir. Pleinement tragédienne et tellement héroïque. Le public ne s’y trompe pas et lui réserve une ovation qui n’a surpris personne.<br />
Nous découvrons ce soir le formidable ténor de <strong>Luciano Ganci</strong> en Pollione qui nous a donné quelques frayeurs dans la première partie de son «&nbsp;Meco all’altar di Venere&nbsp;» un tout petit peu débridée. Tout rentre dans l’ordre avec la reprise et l’on ne peut qu’admirer la force de la projection, la clarté de l’émission et, tout au long de la pièce, le soin particulier porté aux récitatifs. Quel bonheur que ce ténor qui se donne sans compter mais qui devra tout de même faire attention à mesurer ses efforts. <strong>Chiara Amarù</strong> est une Adalgisa qui se veut dans l’ombre de Norma&nbsp;; le mezzo est un peu timide au I, beaucoup plus épanoui et autoritaire au II&nbsp;; il met en valeur un timbre très séduisant avec ce qu’il faut de mystère pour entretenir les doutes quant aux désirs réels de la jeune prêtresse. Les deux duos Norma-Adalgisa des deux actes resteront de beaux moments de la soirée, tout comme le trio avec Pollione à la fin du premier acte. Il revient à <strong>Roberto Scandiuzzi</strong> (Oroveso) la tâche de débuter le premier acte par le redoutable «&nbsp;Ite sul colle&nbsp;», ce dont il s’acquitte fort bien grâce à une basse chantante, et un cantabile bien maintenu y compris dans le <em>forte</em>. Le chef espagnol <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong> fait ses débuts dans la fosse du Théâtre du Capitole. La première partie de l’ouverture est prise extrêmement lentement (sans qu’on y ait trouvé plus loin de justification)&nbsp;; Pérez-Sierra fait corps avec des musiciens (magnifique quatuor de vents&nbsp;: flûte, piccolo, hautbois, clarinette) une fois de plus irréprochables ce soir. Tout aussi irréprochables les chœurs d’hommes et de femmes dont l’enthousiasme et l’énergie les ont poussés parfois à couvrir l’orchestre&nbsp;!</p>
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		<title>BELLINI, Norma &#8211; Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Feb 2025 05:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Empruntons l’expression à César – avant de s’empresser de la lui rendre puisqu’elle lui appartient : c’est « en même temps » que la reprise de Norma à Bordeaux jusqu&#8217;au 6 février ravira les contempteurs et les amateurs de belcanto romantique. Ceux qui vouent le genre aux gémonies, lui reprochant tout à la fois son &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Empruntons l’expression à César – avant de s’empresser de la lui rendre puisqu’elle lui appartient : c’est « en même temps » que la reprise de <em>Norma</em> à Bordeaux jusqu&rsquo;au 6 février ravira les contempteurs et les amateurs de belcanto romantique.</p>
<p>Ceux qui vouent le genre aux gémonies, lui reprochant tout à la fois son absence de théâtre et son indigence orchestrale, trouveront dans la mise en scène d’<strong>Anne Delbée </strong>et la direction de <strong>Francesco Angelico </strong>des arguments en leur faveur. Non que la lecture musicale soit indigne, elle a la vertu de l’équilibre et apporte aux chanteurs son indispensable soutien. Le <em>terzetto </em>à la fin du premier acte est même agité du frisson que l’on attendait depuis une ouverture sans grand relief, mais la tension retombe après l’entracte et l’orchestre de Bordeaux Aquitaine, peu inspiré par le clair-obscur bellinien, pousse la note.</p>
<p>Déjà commentée – et éreintée – dans nos colonnes à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-marseille/">Marseille en début de saison</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/norma-streaming-toulouse-quand-norma-embrase-le-capitole-streaming/">Toulouse en 2019</a>, la mise en scène a le mérite d’aligner de beaux costumes (<strong>Mine Vergès</strong>) et de belles lumières (<strong>Vinicio Cheli</strong>). De drame, il ne saurait cependant être question lorsque le geste scénique se réduit à quelques mouvements de bras, que la vidéo se substitue à la présence physique des enfants de Norma, représentés par des joujoux dorés, et qu’un personnage supplémentaire, baptisé Dieu Cerf, débite par-dessus la musique des poèmes celtiques</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Norma_1-1-1294x600.jpg" />© Frédéric Desmesure</pre>
<p>A la bonne heure ! Voilà qui offre tout loisir aux amoureux du beau chant pour se concentrer sur les voix, à commencer par le chœur, uni dans la même ferveur, qu’il s’agisse de supplier ou de vociférer – « Il fragor dell armi » à pas de velours, menaçant, comme une promesse de l’orage qui éclatera un peu plus loin dans un « Guerra, guerra » à décrocher le lustre de la coupole peinte par Robin.</p>
<p><strong>Davide Tuscano</strong> campe un Flavio solide dont on pressent qu’il pourrait briguer un jour le poste de proconsul romain. Premier prix du concours Bellini 2019 – ce qui est un gage de maîtrise belcantiste –, <strong>Déborah Salazar</strong> offre à Clotilde une vivacité qui sied à un rôle devenu l’objet d’une attention accrue depuis que la jeune Joan Sutherland le chanta en 1952 aux côtés de Maria Callas.</p>
<p>Dans un répertoire qui ne lui est pas familier, <strong>Jean-François Borras</strong> opte pour un Pollione musclé, d’autant plus viril qu’il ne recourt pas au <em>falsetto</em> – contrairement aux ténors de l’époque, nous rappelle l’excellent Jean-Jacques Groleau dans le programme du spectacle. Sa séduction tient moins aux intentions stylistiques qu’à l’attrait irrésistible du timbre égal sur toute la tessiture, quitte à chanter parfois un peu bas. Originaire de Géorgie, <strong>Goderdzi Janelidze</strong> possède les sonorités chaudes et caverneuses des voix venues de l’est. Rugosité et projection, deux autres caractéristiques slaves, ajoutent à la stature féroce d’Oroveso. « Ah ! del Tebro », son air du deuxième acte, expose la science du legato tout en dévoilant l’autre visage du chef des Druides, solennel et paternel.</p>
<p>Le musicographe et apôtre du bel canto Rodolphe Celletti déplorait qu’Adalgisa fût désormais confié à un mezzo-soprano, conséquence de la distribution de Norma à des sopranos. La présence de <strong>Karine Deshayes</strong> dans le rôle-titre aurait pu favoriser le retour à la configuration originelle mais Bordeaux a choisi de ne pas déroger à la tradition. <strong>Olga Syniakova</strong> possède une voix plus sombre que sa consœur, plus courte aussi, assez souple cependant pour vocaliser et ornementer. Le velours soyeux de l’étoffe explique l’attraction exercée par la jeune prêtresse sur Pollione. Surtout, dans un opéra dominé par les duos entre les deux <em>prime donne</em>, son timbre se marie à merveille avec celui de Karine Deshayes.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Norma_5-1-1294x600.jpg" />© Frédéric Desmesure</pre>
<p>De la Norma de notre mezzo-soprano nationale, nous avons déjà disserté à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/norma-aix-en-provence-karine-deshayes-face-a-la-legende/">Aix-en-Provence</a> puis <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-strasbourg/">Strasbourg</a>. Qu’écrire de plus sans se répéter ? S’émerveiller une nouvelle fois de la maîtrise belcantiste, de l’agilité, de l’éventail des couleurs et des nuances indispensables pour surmonter les difficultés de la partition et donner à saisir la complexité des sentiments en jeu. Redire combien cet art du chant ne se place pas au service de la démonstration mais de l’expression. Constater qu’en dépit des traits furieux, des écarts véhéments et des aigus vengeurs dont elle est capable, cette Norma se présente d’abord maternelle, ce qui aide mieux à comprendre son revirement compassionnel au 2e acte. Se délecter encore et encore des notes effilées et dorées à la façon d’un caramel lorsque le chant se fait élégiaque. Et sans rechercher comme Celletti une vérité originelle qui finalement importe peu, se réjouir de bénéficier dans ce que Sergio Segalini, autre thuriféraire du bel canto, appelait « le rôle des rôles » d’une proposition qui, aujourd’hui comme hier, connaît peu d’exemples.</p>
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		<item>
		<title>BELLINI, Norma &#8211; Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Oct 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis des années, en Gaule, Norma vit dans la dissimulation. Elle ment à ses proches, qui l’entourent du respect dû à celle qui est l’oracle du monde divin. Elle leur dit que le Dieu de la Guerre s’oppose à leurs projets de révolte contre les Romains qui occupent le territoire, que ce n&#8217;est pas encore &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis des années, en Gaule, Norma vit dans la dissimulation. Elle ment à ses proches, qui l’entourent du respect dû à celle qui est l’oracle du monde divin. Elle leur dit que le Dieu de la Guerre s’oppose à leurs projets de révolte contre les Romains qui occupent le territoire, que ce n&rsquo;est pas encore le moment, et elle peut continuer à vivre sa liaison secrète avec le chef de la garnison ennemie, dont elle a eu deux enfants. Quand l’œuvre commence, elle s’inquiète : il s’éloigne, elle le sent. Quand ses craintes seront confirmées, éperonnée par la jalousie et le ressentiment elle affirmera que les Dieux sont enfin favorables à l’entreprise guerrière. Mais incapable de tuer l&rsquo;infidèle que les Gaulois ont capturé, elle fera l’aveu public de sa faute et affrontera la mort aux côtés de son amant, que cette conduite héroïque a à nouveau subjugué.</p>
<p>Ce résumé pour qu’il soit bien clair que Norma n’est pas une faible femme : pour avoir mené à bien si longtemps cette double vie, elle doit avoir les nerfs solides ! Mais que son homme se détache d’elle, et la voilà fragilisée par l’émotion. Il faudrait peu de chose, lorsque Norma recueille l’aveu de la jeune fille que son partenaire courtise et envisage d’emmener à Rome où il est rappelé, pour que la situation tourne au vaudeville. Pourquoi l’idée ne nous effleure-t-elle pas ? Parce que la musique de Bellini ne nous le permet pas, parce qu’elle nous enlace, nous étreint, et nous captive dans le déployé des cantilènes et l’harmonie des unissons. D’où la question : <strong>Anne Delbée</strong> aime-t-elle cette musique ? On peut légitimement se le demander, quand elle impose à l’œuvre la présence d’un personnage qui n’y figure pas, et lui confie la déclamation d&rsquo;obscurités boursouflées, y compris parfois sur la musique. A quoi rime ce « Grand Cerf » que la metteuse en scène justifie parce qu’il est mentionné dans la mythologie celte ? Quel éclairage nouveau et précis apporte-t-il au drame de Norma ? <strong>Valentin Fruitier </strong>s’acquitte scrupuleusement, on le suppose, de ce qui lui a été demandé, mais sa prestance et sa souplesse renforcent paradoxalement l’impression de vide de l’approche d’Anne Delbée, et ce n’est pas le traitement des masses, peu animées, peu expressives, qui la corrigera.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1700106%C2%A9-photo-Christian-DRESSE-2024-1294x600.jpg">© Christian Dresse</pre>
<p>Les décors ne sont pas plus convaincants, ni séduisants ni pertinents ; la construction en miroir des actes, le premier du dehors au-dedans – de l’espace public de la forêt à l’espace privé du refuge de Norma – et le second à l’inverse, constitue pourtant un guide. Il est beaucoup demandé à l’imagination du spectateur pour voir une forêt dans un alignement de pendrillons, pour voir dans la dalle qui évoque pour nous une immense pierre tombale un autel, et confondre les bois de cerf dont Norma est couronnée avec la verveine consacrée, et retrouver la même surface dans l’espace censé être celui de l’intimité. Quant aux costumes, ceux des Gaulois ne sont guère seyants, et le manteau doré de Norma est un rien bling bling.</p>
<p>Heureusement il était permis de fermer les yeux. C’est ainsi que le malaise qui a contraint <strong>Michele Spotti</strong> à abandonner la fosse pendant le final du premier acte est passé inaperçu, parce qu’il a été aussitôt remplacé par son assistant, <strong>Federico Tibone, </strong>et aucun hiatus n’était perceptible. Le retour du directeur musical au pupitre après l&rsquo;entracte a été salué bruyamment par l’orchestre, qui s’était montré jusque là impeccablement réactif et a continué avec une admirable introduction à l’acte II. De sa main gauche si précise le chef indique toutes les attaques et toutes les nuances au plateau tandis qu’il suscite et modèle pour les musiciens vigueur, tensions ou langueurs de l’autre, confirmant une fois encore le bien-fondé de sa belle réputation.</p>
<p>La Clotilde de <strong>Laurence Janot </strong>est-elle celle conçue à l’origine&nbsp;? Cette interprète tâche toujours d’enrichir les emplois même les plus secondaires&nbsp;; son apparition en garde du corps armé fait peut-être partie de ses trouvailles. Le rôle ne gâte pas la chanteuse, pas plus que celui de Flavio ne permet à <strong>Marc Larcher </strong>de chanter vraiment, mais il veille lui aussi à ne rien gaspiller de sa présence en scène.</p>
<p>Le père de Norma, l’aveugle Oroveso, trouve en <strong>Patrick Bolleire </strong>la stature et la pâte vocale nécessaires pour camper le personnage, dont la position d’autorité a été bafouée si longtemps par sa propre fille. Il sait en faire percevoir l’impuissance du chef, soumis aux intentions divines, et la frustration de l’homme humilié quand il découvre le crime de sa fille, sans empois et sans lourdeur. Ses échanges avec le chœur montrent ce dernier sous un jour très flatteur.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1690721%C2%A9-photo-Christian-DRESSE-2024-1.jpg?&amp;cacheBreak=1727785270973">© Christian Dresse</pre>
<p>Rossinienne émérite, <strong>Salomé Jicia</strong> a dans la voix et la souplesse et l&rsquo;étendue nécessaires pour exprimer les élans et les craintes de la jeune fille amoureuse, et elle sait introduire dans son jeu scénique la déception et le rejet nés de sa découverte de la conduite de Pollione. Ce dernier est incarné par <strong>Enea Scala</strong>, dont le fan club marseillais salue chaque intervention avec un enthousiasme qu’on ne partage pas forcément, parce que faire montre de la générosité de l’émission semble l’emporter systématiquement au détriment de la recherche stylistique. C’est d’autant plus dommage que le comportement théâtral est plutôt d’une sobriété de bon aloi.</p>
<p>Dans le rôle-titre, après son Adalgisa à Toulouse, où le spectacle a été créé, <strong>Karine Deshayes </strong>redevient la druidesse qu’elle avait incarnée en concert à Aix et sur scène à Strasbourg. Attendions-nous trop&nbsp;? La santé vocale superbe que nous lui avions connue à Pesaro annonçait les grandes joies dont Christophe Rizoud s’était fait l’écho à Strasbourg. Mais la santé fluctue, et la voix trahit toutes ses variations. Karine Deshayes était probablement fatiguée, et son visage à la fin de la représentation semblait laisser filtrer une insatisfaction. Pourtant son interprétation aurait probablement comblé une consœur à la technique belcantiste moins affutée. Mais quelque appui un peu forcé, quelque note trop lancée, quelque son plus ouvert, autant de micro-signes que la maîtrise de l’émission n’était pas aussi exceptionnelle qu’espéré. C’est peut-être pourquoi le personnage était un peu en retrait, sans le contraste nécessaire pour le spectateur de l’assurance apparente et de la fragilité induite par la crainte liée à l’éloignement affectif de Pollione. Reste une interprétation digne non seulement de respect mais d’admiration. Le public le lui a bien prouvé&nbsp;!</p>
<p>Une dernière remarque&nbsp;: nous avons cru, en approchant du théâtre, à une manifestation qui en bloquait l’accès. En fait, l’affluence était telle qu’une muraille humaine s’étendait depuis la rue jusqu’aux marches de l’entrée…</p>
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		<title>BRITTEN, The Rape of Lucretia &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/britten-the-rape-of-lucretia-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 May 2023 06:28:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entrée retardée au répertoire du Théâtre National du Capitole de Toulouse pour ce Viol de Lucrèce&#160;; pour cause de Covid la nouvelle production signée Anne Delbée aura dû patienter dans les cartons trois années. Entrée retardée mais pour quelle réussite&#160;! Anne Delbée, née alors qu’était créé ce Rape of Lucretia à Glyndebourne, nous offre une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Entrée retardée au répertoire du Théâtre National du Capitole de Toulouse pour ce <em>Viol de Lucrèce</em>&nbsp;; pour cause de Covid la nouvelle production signée <strong>Anne Delbée</strong> aura dû patienter dans les cartons trois années. Entrée retardée mais pour quelle réussite&nbsp;! Anne Delbée, née alors qu’était créé ce <em>Rape of Lucretia</em> à Glyndebourne, nous offre une vision d’une fine élaboration et traversée d’une époustouflante intelligence. L’émotion de l’artiste, palpable au baisser du rideau, alors qu’elle remerciait les chanteurs, disait assez que pour elle l’œuvre était accomplie. Nous souscrivons.<br>C’est pourtant un opéra piège que ce <em>Viol</em> ; les deux personnages principaux et surtout le chœur masculin concentré en un seul chanteur (idem pour le chœur féminin) sont à la fois les commentateurs de l’action et des protagonistes à part entière. Il s’agit donc de les montrer à la fois en dehors et au cœur du drame. L’action par ailleurs est extrêmement ramassée et se perd au milieu de considérations morales, esthétiques ou religieuses. La religion justement ; on a beaucoup reproché à Britten le caractère inopportun de l’épilogue quasi paulinien dans lequel le chœur masculin nous dit que le Christ, par sa mort, a racheté nos fautes et que seul l’amour peut nous sauver.</p>
<p>Or, Anne Delbée se joue de ces pièges&nbsp;; elle ramasse l’action en deux actes sans interruption, accentuant la poussée dramatique qui va culminer au début du II par le viol de Lucrèce&nbsp;; elle habite tous les monologues grâce à une conduite d’acteurs pesée au trébuchet. Il y a du Barrie Kosky dans les contorsions pour ainsi dire chorégraphiées exigées du chœur masculin, qui occupe l’espace et le temps grâce à une omniprésence sans aucune faille. Outre la performance vocale de <strong>Cyrille Dubois</strong>, sur laquelle il faudra revenir, saluons en lui un chœur époustouflant de vérité et d’engagement.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/19052023-_MIR3884-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-132108" /><figcaption class="wp-element-caption">© Mirco Magliocca</figcaption></figure>


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<p>La dimension religieuse n’est jamais cachée, au contraire, elle est crânement revendiquée. Ainsi, les mâts obliques du navire stylisé en fond de scène (Anne Delbée a retenu combien l’eau, l’océan, comptait pour Britten, l’eau qui vous engloutit comme un viol), se redressent au moment de la mort de Lucrèce en une immense croix. La toile qui se déploie alors que tout est consommé est une reproduction du visage du Christ sur le Saint Suaire. Lucrèce ainsi, sorte de vierge sanctifiée (comment, sinon, expliquer le sang sur sa robe blanche&nbsp;après la terrible nuit ?) meurt de n’avoir pu se préserver mais communie à la mort (et donc à la résurrection&nbsp;?) du Christ. Il faudrait citer d’autres détails, comme cette immense table au lever de rideau, digne d’une<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Cena</em><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>de Leonardo da Vinci, où quelques-uns des apôtres, privés de leur Maître, communient sauvagement au même vin.</p>
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<p>N’oublions pas, dans la réussite visuelle et scénique, les éclairages de<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Jacopo Pantani</strong>, qui jettent des ambiances toujours à propos sur les différents épisodes du drame. On citera ainsi l’instant troublant où est dévoilé l’immense buste renversé de Collatinus jeune, symbole de sa chute que la chute de Lucrèce a entraînée.</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/19052023-_MIR4227-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-132110" /><figcaption class="wp-element-caption">© Mirco Magliocca</figcaption></figure>


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<p>L’orchestre du<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><em>Rape</em><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>est on ne peut plus réduit. Douze musiciens seulement dirigés depuis le piano par<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Marius Stieghorst</strong>. Treize instruments donc capables du plus fort tutti comme de l’accompagnement chambriste. Une harpiste en permanence sollicitée et un cor anglais magnifique sont à l’image d’une formation irréprochable dans sa capacité à créer elle aussi mille et une ambiances.</p>
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<p>Face aux treize musiciens, huit chanteurs, quatre hommes et quatre femmes. Disons-le d’emblée, la diction anglaise est parfaite. Cyrille Dubois trouve ici un rôle inattendu et déjà totalement convaincant. Malgré un abattage de tous les instants il propose un chant assuré, soutenu par un timbre qui se déploie sans faiblesse et avec quelle conviction. Il recevra les vivats les plus fougueux du public. &nbsp;Mais c’est tout le quatuor masculin qu’en vérité il faut saluer&nbsp;; le Collatinus de<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Dominic Barberi</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>est touchant au possible – son amour inconditionnel mais impuissant le détruit littéralement. La basse est profonde, sombre donc – elle présage, dès les ébats alcoolisés, que le drame va le toucher de plein fouet.<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Duncan Rock</strong>, Tarquinius, se prend à son propre piège et provoque la chute de Lucrèce en voulant démontrer sa vertu. Le baryton est solide, tout en ambiguïté.<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Philippe-Nicolas Martin</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>est un Junius diabolique – c’est lui qui est à l’origine du drame, certains accents nous font penser à un Jago.</p>
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<p>Chez les femmes&nbsp;:<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Agniezka Rehlis</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>est Lucrèce. La voix tarde un peu à s’épanouir, mais les accents ultimes sont déchirants et le drame sans cesse à fleur de voix. Bianca est tenue par<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Juliette Mars</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>qui forme avec la Lucia de<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Céline Laborie</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>un duo entièrement convaincant. Saluons cette dernière et ses suraigus qu’elle va décrocher tout en finesse au long d’une partition bien plus difficile qu’il n’y paraît. On aura quelques réserves pour le chœur féminin, tenu par<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Marie-Laure Garnier</strong>&nbsp;; ce n’est pas tant sa présence, toujours magnifique, qui est en question mais le métal, trop rugueux dans le forte aigu, qui dénote dans les ensembles, et quelques aigus piano qui détimbrent parfois.</p>
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<p>Exceptionnellement la salle du théâtre du Capitole n’était pas comble&nbsp;pour la première. Dommage, l’œuvre est certes exigeante, mais pose des questions qui n’ont pas perdu de leur acuité&nbsp;: les rapports hommes-femmes, les notions de consentement, de fidélité, de faute, de pardon. Autant de sujets qui parlent aujourd’hui ô combien.</p>
</div><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/britten-the-rape-of-lucretia-toulouse/">BRITTEN, The Rape of Lucretia &#8211; Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Norma — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/norma-streaming-toulouse-quand-norma-embrase-le-capitole-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En septembre dernier la saison du Capitole de Toulouse s’ouvrait avec une nouvelle production de Norma qui avait fait grand bruit. Ce spectacle est retransmis par France 5 ce samedi 23 mai à 22h25. Voici le compte-rendu que nous avions fait lors de la première diffusion en streaming sur le site de France TV. La &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/norma-streaming-toulouse-quand-norma-embrase-le-capitole-streaming/"> <span class="screen-reader-text">Norma — Toulouse</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En septembre dernier la saison du Capitole de Toulouse s’ouvrait avec une nouvelle production de <em>Norma</em> qui avait fait grand bruit. Ce spectacle est retransmis par <a href="https://www.france.tv/france-5/passage-des-arts/">France 5</a> ce samedi 23 mai à 22h25. Voici le compte-rendu que nous avions fait lors de la première diffusion en streaming sur le site de France TV.</strong></p>
<hr>
<p>La mise en scène, de facture classique, était signée <b>Anne Delbée</b>. Le décor d’<strong>Abel Orain</strong> s’articule autour d’une sorte de podium sur lequel les personnages prennent place pour chanter leurs airs. De part et d’autre, des rideaux blanc ornés de motifs végétaux au premier acte, auxquels succèdent à l’acte suivant des panneaux triangulaires et luisants de couleur argentée ou dorée selon les tableaux. Au fond apparaissent des vidéos, notamment celles des enfants de Norma qu’on ne verra pas sur la scène. On aura apprécié les beaux éclairages de <strong>Vinicio Cheli</strong> notamment celui du premier acte où le plateau est nimbé d’une lumière bleutée du plus bel effet. En revanche on regrettera la présence superflue d’un comédien grimé en cerf blanc qui déclame pendant la musique (&nbsp;!) un texte abscons avec des accents qui se veulent prophétiques. La direction d’acteur, minimaliste, semble laisser plus souvent qu’à leur tour, les protagonistes livrés à eux-mêmes.</p>
<p>La distribution est dominée par les deux principales interprètes féminines&nbsp;: <strong>Marina Rebeka</strong>, d’une beauté sculpturale dès son entrée en scène, possède les moyens que réclame le rôle, une voix longue et puissante, un timbre capiteux, homogène sur toute la tessiture, un aigu solide et un registre grave d’une profondeur insoupçonnée. Elle affronte les innombrables difficultés qui parsèment sa partie avec un contrôle du souffle et une maîtrise sans faille de l’ornementation. A son entrée au premier acte, elle déclame son récitatif avec toute l’autorité requise. Très applaudi, le «&nbsp;Casta diva&nbsp;» subtilement nuancé révèle un impeccable legato. En revanche, dans la cabalette, réduite à un seul couplet, les consonnes manquent quelque peu de mordant ce qui nuit à la compréhension du texte, péché véniel au regard de l’ensemble de sa prestation. La soprano lettone se montre pleinement convaincante dans les duos avec Adalgisa ainsi que dans la scène finale où elle laisse libre court à ses dons de tragédienne. <strong>Karine Deshaye</strong> est sans conteste l’une des meilleures Adalgisa du moment, l’étendue de sa voix qui flirte désormais avec le soprano, lui permet d’atteindre le contre-ut sans difficulté, la pureté de son timbre mordoré évoque à la fois la jeunesse et la détermination du personnage. Enfin, en grande habituée du répertoire rossinien, la cantatrice connaît sa grammaire belcantiste sur le bout des doigts et livre une interprétation de tout premier ordre dès son entrée en scène&nbsp;où son «&nbsp;Sgombra è la sacra selva&nbsp;» phrasé avec une délicatesse infinie exprime la pudeur féminine de son personnage.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/norma_2_0.jpg?itok=S9r54pqx" title="Norma © Cosimo Mirco Magliocca" width="468"><br />
Norma © Cosimo Mirco Magliocca</p>
<p>A leurs côtés le jeune <strong>Airam Hernández</strong> effectue une prise de rôle remarquée en Pollione. Le ténor espagnol possède une voix claire et une belle technique qui lui permet de s’imposer dès le premier acte avec un «&nbsp;Meco all’altar di Venere&nbsp;» remarquable qui dévoile un registre aigu d’une grande facilité. De plus il ose des ornementations du plus bel effet dans l’unique couplet de sa cabalette. Si le comédien est encore un peu sur la réserve, le chanteur peut déjà prétendre à un bel avenir.</p>
<p>L’Oroveso de <strong>Bálint Szabó</strong> dispose de moyens solides qui captent l’attention dès sa grande scène du premier acte. Enfin <strong>Andreea Soare</strong> est une Clotilde à la voix fraîche et prometteuse.</p>
<p>Belle prestation des chœurs préparés par&nbsp;<strong>Alfonso Caiani</strong>.</p>
<p>Au pupitre <strong>Giampaolo Bisanti</strong> propose une direction tout en nuance qui privilégie l’élégie au détriment parfois de certains passages dramatiques comme le trio de la fin du premier acte. La scène finale en revanche est spectaculaire dans sa grandeur tragique. Lors des saluts, le public enthousiaste a réservé un accueil des plus chaleureux à l&rsquo;ensemble des protagonistes.</p>
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		<title>Quand Norma embrase le Capitole</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/quand-norma-embrase-le-capitole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2020 01:19:34 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/quand-norma-embrase-le-capitole/</guid>

					<description><![CDATA[<p>En septembre dernier la saison du Capitole de Toulouse s’ouvrait avec une nouvelle production de Norma qui avait fait grand bruit. Ce spectacle est désormais visible sur le site France TV jusqu’au 11 avril prochain, une aubaine pour tous les amateurs de bel canto. La mise en scène, de facture classique, était signée Anne Delbée, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En septembre dernier la saison du Capitole de Toulouse s’ouvrait avec une nouvelle production de <em>Norma</em> qui avait fait grand bruit. Ce spectacle est désormais visible sur le site <a href="https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-et-musique-classique/1086701-norma-de-bellini-au-theatre-du-capitole-de-toulouse.html">France TV</a> jusqu’au 11 avril prochain, une aubaine pour tous les amateurs de bel canto. La mise en scène, de facture classique, était signée <strong>Anne Delbée</strong>, le décor d’<strong>Abel Orain</strong> s’articule autour d’une sorte de podium sur lequel les personnages prennent place pour chanter leurs airs. De part et d’autre, des rideaux blanc ornés de motifs végétaux au premier acte, auxquels succèdent à l’acte suivant des panneaux triangulaires et luisants de couleur argentée ou dorée selon les tableaux. Au fond apparaissent des vidéos, notamment celles des enfants de Norma qu’on ne verra pas sur la scène. On aura apprécié les beaux éclairages de <strong>Vinicio Cheli</strong> notamment celui du premier acte où le plateau est nimbé d’une lumière bleutée du plus bel effet. En revanche on regrettera la présence superflue d’un comédien grimé en cerf blanc qui déclame un texte abscons avec des accents qui se veulent prophétiques pendant la musique. La direction d’acteur, minimaliste, semble laisser plus souvent qu’à leur tour, les protagonistes livrés à eux-mêmes.</p>
<p>La distribution est dominée par les deux principales interprètes féminines&nbsp;: <strong>Marina Rebeka</strong>, d’une beauté sculpturale dès son entrée en scène, possède les moyens que réclame le rôle, une voix longue et puissante, un timbre capiteux, homogène sur toute la tessiture, un aigu solide et un registre grave d’une profondeur insoupçonnée. Elle affronte les innombrables difficultés qui parsèment sa partie avec un contrôle du souffle et une maîtrise sans faille de l’ornementation. A son entrée au premier acte, elle déclame son récitatif avec toute l’autorité requise. Très applaudi, le «&nbsp;Casta diva&nbsp;» délicatement nuancé révèle un impeccable legato. En revanche, dans la cabalette, réduite à un seul couplet les consonnes manquent un peu de mordant ce qui nuit à la compréhension du texte. La soprano lettone se montre pleinement convaincante dans les duos avec Adalgisa ainsi que dans la scène finale où elle laisse libre court à ses dons de tragédienne. <strong>Karine Deshaye</strong> est sans conteste l’une des meilleures Adalgisa du moment, l’étendue de la voix qui flirte désormais avec le soprano, lui permet d’attendre le contre-ut sans difficulté, le timbre mordoré évoque la jeunesse et la détermination du personnage, enfin, en grande habituée du répertoire rossinien, la cantatrice connaît sa grammaire belcantiste sur le bout des doigts et livre une interprétation de tout premier ordre dès le premier acte où son «&nbsp;Sgombra è la sacra selva&nbsp;» phrasé avec une délicatesse infinie exprime la fragilité et la pudeur de ce personnage.</p>
<p>A leurs côtés le jeune <strong>Airam Hernández</strong> effectue une prise de rôle remarquée en Pollione. Le ténor espagnol possède une voix claire et une belle technique qui lui permet de proposer une scène d’entrée tout à fait remarquable, son air «&nbsp;Meco all’altar di Venere&nbsp;» dévoile un registre aigu d’une grande facilité, de plus il ose des ornementations du plus bel effet dans l’unique couplet de sa cabalette. Si le comédien est encore un peu sur la réserve, le chanteur peut déjà prétendre à un bel avenir.</p>
<p>L’Oroveso de <strong>Bálint Szabó</strong> dispose de moyens solides qui captent l’attention dès sa scène d’entrée au premier acte. Enfin <strong>Andreea Soare</strong> est une Clotilde à la voix fraîche et prometteuse.</p>
<p>Belle prestation des chœurs préparés par&nbsp;<strong>Alfonso Caiani</strong>.</p>
<p>Au pupitre <strong>Giampaolo Bisanti</strong> propose une direction toute en nuance qui privilégie l’élégie au détriment parfois de certains passages dramatiques comme le trio de la fin du premier acte. La scène finale en revanche est tout à fait spectaculaire dans sa grandeur tragique. Lors des saluts, le public enthousiaste a réservé un accueil des plus chaleureux à l&rsquo;ensemble des protagonistes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/quand-norma-embrase-le-capitole/">Quand Norma embrase le Capitole</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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