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	<title>Antony MCDONALD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Antony MCDONALD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Manon Lescaut &#8211; Vienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-manon-lescaut-vienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le personnage de Manon Lescaut est-il facilement transposable à l&#8217;époque contemporaine ? Robert Carsen avait déjà réalisé une version de l&#8217;ouvrage de Puccini pour l’Opéra des Flandres (1991), reprise à Paris (Bastille, 1993) onirique et intemporelle. Cette nouvelle production du metteur en scène canadien, conçue pour l’Opéra de Vienne (2005), assume cette fois une transposition &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le personnage de Manon Lescaut est-il facilement transposable à l&rsquo;époque contemporaine ? <strong>Robert Carsen</strong> avait déjà réalisé une version de l&rsquo;ouvrage de Puccini pour l’Opéra des Flandres (1991), reprise à Paris (Bastille, 1993) onirique et intemporelle. Cette nouvelle production du metteur en scène canadien, conçue pour l’Opéra de Vienne (2005), assume cette fois une transposition au tournant des XXe et XXIe siècles, en miroir de sa <em>Traviata</em> créée à Venise (2004) et régulièrement remise à l’affiche de La Fenice depuis. Robert Carsen semble en effet travailler par « séries ». Son <em>Nabucco</em> (Bastille, 1995) ressemble à son <em>Jérusalem</em> (Vienne, 1995), sa <em>Frau ohne Schatten</em> (Vienne, 1996) à sa <em>Rusalka</em> (Bastille, 2002) et, plus récemment, son <em>Elektra</em> (Bastille, 2013) à son <em>Orphée et Eurydice</em> (TCE, 2018). Cette réutilisation d’un même univers visuel n’est pas un défaut en soi : les productions citées sont d&rsquo;authentiques réussites et les correspondances entre ces ouvrages sont évidentes. La <em>Traviata</em> de la Fenice transposait le chef-d’œuvre de Verdi dans l’univers du <em>Blow-up</em> de Michelangelo Antonioni, revampé dans un style fin 90, Alfredo photographe <em>people</em> en blouson de cuir évoluant dans le monde de la jet-set. On retrouve dans cette <em>Manon Lescaut</em> les mêmes ingrédients, mais le résultat est moins convaincant. Le premier acte représente une sorte de galerie commerciale incluant un hôtel dans laquelle déambulent quelques femmes luxueusement vêtues, mais aussi un public nettement moins distingué de badauds divers. Cette fois, c’est l&rsquo;étudiant Edmondo qui joue les photographes au milieu de la foule. Geronte est une sorte de mafieux, entouré de gardes du corps à oreillette, et les deux amants s’enfuiront &nbsp;à la fin de l’acte avec sa berline (1). A l’acte II (les appartements de Geronte), la structure du décor est identique mais les boutiques ont disparu, remplacées par des baies vitrées donnant sur la ville environnante (qui ressemble à La Défense). L’hôtel est devenu le dressing de Manon. Après son duo d’amour avec Des Grieux (qui a emprunté le blouson d’Alfredo), les moqueries de Manon envers le physique de Geronte tombent à plat : celui-ci ressemble en effet davantage à John Malkovitch qu’à un vieillard bedonnant. Sans surprise, Geronte viole Manon. Au troisième acte (Le Havre), nous retrouvons encore la même structure, mais des volets roulants cachent les ouvertures. Les élégantes du premier acte sont devenues des prostituées condamnées à l’exil (à l&rsquo;époque moderne ?). Pendant ce temps, les chœurs se déhanchent en mode <em>Saturday night fever</em> et en tapant dans les mains. Geronte frappe Manon mais aussi deux autres jeunes femmes (avait-il 3 maîtresses en même temps ?). Il confisque ici les répliques dévolues au Capitaine : c&rsquo;est donc lui, après avoir violé et frappé l&rsquo;héroïne, qui autorise finalement Des Grieux à suivre Manon vers la Louisiane, indulgence bonasse assez incohérente avec ce qui précède. Nous retrouvons au dernier acte le décor du premier, désert cette fois (l’action se passe en effet dans un désert). Sommes-nous à Paris, au Havre ou à La Nouvelle-Orléans ? Tous les <em>Duty free</em> se ressemblent. Manon meurt, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi, mais il est vrai que les centres commerciaux peuvent être épuisants. Si la transposition ne convainc guère, elle est, comme toujours chez Carsen, visuellement superbe et fourmille de détails qui rendent le spectacle vivant et plaisant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="785" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Manon-Lescaut_6_NETREBKO-785x1024.jpg" alt="" class="wp-image-149408"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Wiener Staatsoper / Michael Pöhn</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Anna Netrebko</strong> se plie sans effort à cette modernisation, qui aujourd’hui évoque aussi l’univers des oligarques russes, très élégante dans une série de robes plus magnifiques les unes que les autres. La voix est imposante, d’une puissance impressionnante, mais sans que jamais on sente l’effort. La technique impose le respect, avec des trilles exécutés sans effort. Une telle santé après près de 30 ans de carrière reste assez unique, même si le chant n&rsquo;est pas toujours extrêmement juste. Le timbre est assez uniformément sombre (dans la lignée de ses Lady Macbeth), et le registre grave apparait artificiellement noirci, un peu tubé, en décalage avec ce personnage de toute jeune fille (15 ans au début de l’opéra). Affaire de couleurs plutôt que de moyens : le soprano nous gratifie en effet d’un contre-ut piano sans effort à la fin de la scène du menuet. Dramatiquement, peu de fragilité chez cette Manon qui ne semble réaliser son destin qu&rsquo;au dernier acte. Partenaire à la ville comme à la scène, <strong>Yusif Eyvazov</strong> est dramatiquement plus concerné que son épouse. Même si l’acteur reste un peu statique, le ténor sait faire passer l’émotion au travers des couleurs de sa voix, avec un bel engagement musical. Ténor plus <em>lirico</em> que <em>spinto</em>, il offre un registre homogène, une puissance confortable et une belle tenue de souffle. Les aigus sont sonores et longuement tenus, mais un peu trop souvent teintés de registre mixte, ce qui les privent un peu d&rsquo;impact. La voix du ténor s’est, elle aussi, un peu assombrie, au bénéfice à l’inverse d’un timbre apparaissant plus riche et plus flatteur. Au global, son Des Grieux est intelligemment équilibré. <strong>Davide Luciano</strong> est un Lescaut de belle facture, d’un naturel scénique et vocal remarquable, avec une belle projection et un timbre riche. Les autres partenaires ont un peu plus de mal à franchir la barre de l’orchestre. En Géronte, <strong>Evgeny Solodovnikov&nbsp;</strong>manque de projection et certaines notes graves ne sortent tout simplement pas. <strong>Juliette Mars</strong> est délicieuse en Maître de ballet, façon Marlene Dietrich dans l’<em>Ange bleu</em> (et qui sans beaucoup de surprise embrassera Manon sur la bouche). <strong>Carlos Osuna&nbsp;</strong>partage avec Luciano le naturel de l’émission mais reste un peu trop limité en projection. Bizarrement, Carsen en fait plutôt une caricature d’italien (cheveux gominés et coups de peigne répétitifs).&nbsp;</p>
<p>A la tête de l’excellent orchestre de l’opéra, <strong>Jader Bignamini</strong> ne parvient pas à construire un arc dramatique convaincant. Quelques décalages sont à noter, malgré les moulinets du souffleur, remercié par certains solistes aux saluts. Les tempi sont parfois trop rapides, à d’autres moments trop lents, et le tout manque de théâtralité : il y a toujours un peu de guimauve dans Puccini (c’était un grand sentimental !), et il faut savoir faire avec si on veut rendre justice à ses ouvrages. Enfin, le volume sonore est trop élevé, submergeant continuellement le plateau. Le chef sera d’ailleurs un peu contesté. Aux saluts, le public fera toutefois une fête au couple vedette.</p>
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<li>
<pre>Il ne s’agit bien évidemment pas d’une berline à quatre chevaux mais d’une Lexus (sponsor officiel du Staastoper de Vienne), modèle SL1400. Ce véhicule marqua l’introduction de la marque sur le marché européen au début des années 90. Il affiche de surcroît une plaque d’immatriculation parisienne (931 MLN 75 : date de première immatriculation en juin 1998). Tout est donc cohérent.</pre>
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		<title>Une égérie des Beatles à l’opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/une-egerie-des-beatles-a-lopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Apr 2018 05:58:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans Ariane à Naxos mis en scène actuellement au Scottish Opera par Antony McDonald, le majordome (rôle parlé) est une femme. Pas n’importe laquelle : Eleanor Bron, mieux connue des amateurs de pop que d’art lyrique depuis qu’elle est apparue dans le film Help! et que son nom aurait inspiré à Paul McCartney la chanson « Eleanor &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans <em>Ariane à Naxos</em> mis en scène actuellement au Scottish Opera par <strong>Antony McDonald</strong>, le majordome (rôle parlé) est une femme. Pas n’importe laquelle : <strong>Eleanor Bron</strong>, mieux connue des amateurs de pop que d’art lyrique depuis qu’elle est apparue dans le film <em>Help!</em> et que son nom aurait inspiré à Paul McCartney la chanson « Eleanor Rigby ». Aujourd’hui âgée de 80 ans, elle poursuit sur une scène d’opéra une carrière d’actrice d’abord tournée vers la télévision. Par exemple, en 2012, elle était Lady DeQuetteville dans un épisode d’<em>Inspecteur Barnaby</em>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="366" src="/sites/default/files/styles/large/public/methode_times_prod_web_bin_07ccad88-3739-11e8-9a8f-0b0aae019371.jpg?itok=Qh39_HN1" title="Eleanor Bron avec les Beatles dans Help! © ALAMY" width="468" /></p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-strasbourg-le-chevalier-au-tricycle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2015 06:24:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Strasbourg, les metteurs en scène britanniques règnent sur Wagner. Pour le meilleur – la Tétralogie vue par David McVicar, réussite absolue – ou pour le pire, comme le récent Tannhäuser de Keith Warner, chargé de symboles plutôt encombrants. Entre ces extrêmes, Antony McDonald nous ramène pour Tristan et Isolde à un univers réaliste, proche du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A Strasbourg, les metteurs en scène britanniques règnent sur Wagner. Pour le meilleur – la Tétralogie vue par David McVicar, réussite absolue – ou pour le pire, comme le récent <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/loeil-etait-dans-les-cintres-et-regardait-heinrich"><em>Tannhäuser</em> de Keith Warner</a>, chargé de symboles plutôt encombrants. Entre ces extrêmes, <strong>Antony McDonald</strong> nous ramène pour <em>Tristan et Isolde </em>à un univers réaliste, proche du cinéma anglais des années 1940 qu’il cite parmi ses références visuelles. Les costumes nous renvoient d’ailleurs explicitement à cette époque, pour les dames surtout : robes modérément seyantes, chaussures de bonne sœur et perruque crantée à la Veronica Lake pour Isolde, rayonne plissée et popeline pour Brangäne à qui il ne manque qu’un fichu sur la tête. Bien connu pour son travail de décorateur avec d’autres metteurs en scène, Antony McDonald pense surtout en image peut-être plus qu’en mouvement : au deuxième acte, les murs du décor se soulèvent peu à peu pour laisser voir d’abord une chambre à coucher, puis la mer omniprésente, les protagonistes se livrant à de lentes évolutions pour occuper leur (très) long duo. Au dernier acte, le château de Karéol a sans doute connu des heures meilleures, mais avec ces trois fenêtres à guillotine et ce fauteuil tendu de tissu <em>Strawberry Thief</em> de William Morris, nous sommes incontestablement en Angleterre ; dans un coin gît un tricycle, allusion à l’enfance de Tristan, or cet accessoire reste purement décoratif et personne – heureusement, peut-être – ne montera dessus. Les héros ici ne sont pas ridiculisés, seules les mimiques d’une Brangäne à mi-chemin entre Jacqueline Maillant et Angela Lansbury prêtant à sourire. Devant tant de réalité (Tristan saigne abondamment quand il arrache son bandage), on en viendrait presque à regretter que le mythe semble bien loin, même si la mort d’Isolde est interprétée hors de ce cadre, devant un rideau noir qui se baisse lentement avant de se relever finalement sur la chambre vide.</p>
<p>A Strasbourg, Wagner est mis en scène par des Britanniques mais dirigé par des Allemands. Frénétiquement applaudi par le public à l’issue de la représentation, le chef <strong>Axel Kober</strong> n’en suscite pas moins des avis mitigés, sans doute parce que sa direction vise l’efficacité sans trop s’embarrasser de subtilités, n’hésitant pas à déchaîner des tutti fracassants mais un peu à cours d’inspiration pour la <em>Liebestod</em>. On lui reconnaîtra du moins le mérite de ne pas s’être laissé démonter lorsque, quelques secondes après le début du prélude, le téléphone d’une consœur journaliste égraina bruyamment de guillerettes notes de Bach par-dessus les accords du maître de Bayreuth. Aussitôt l’objet éteint, l’orchestre philharmonique de Strasbourg put reprendre à zéro et laisser éclore les senteurs boisées de ses vents, la chaleur de ses cordes et l’éclat de ses cuivres. Quant aux voix, l’essentiel est là, et curieusement, le moins satisfaisant ne se trouve pas dans l’emploi les plus lourd : on reste ainsi très dubitatif devant le Kurwenal de <strong>Raimund Nolte</strong>, trop léger, trop policé pour un personnage qu’on voudrait plus bourru et plus richement doté dans les deux extrêmes de la tessiture. Le roi Marke d’<strong>Attila Jun </strong>prouve une fois de plus qu’il faut désormais aller s’approvisionner en  Extrême-Orient pour trouver d’authentiques basses. Propulsé sous le feu des projecteurs par son Tristan milanais aux côtés de Waltraud Meier dans la mise en scène de Patrice Chéreau en 2007, <strong>Ian Storey</strong> commence par causer une terrible déception : aucune prestance, vibrato incontrôlable, parlando prosaïque, ce Tristan-là ne nous dit rien qui vaille au premier acte. Au deuxième, tout s’arrange : l’habit de chasseur lui va mieux que la vareuse de marin, et surtout la partition lui permet de mettre en avant ses vrais atouts, ses réserves de souffle et son aigu solide et sonore. <strong>Michelle Breedt</strong> est une belle Brangäne, malgré la totale absence de noblesse du personnage, et même si l’on pourrait souhaiter un timbre plus grave, plus nettement différencié de celui de sa maîtresse. Applaudie en Maréchale sur cette même scène, <strong>Melanie Diener</strong> comble nos attentes dans un rôle abordé il y a deux ans à peine : longtemps abonnée aux rôles de « gentille », elle doit un peu forcer sa nature au premier acte, mais cela nous évite les viragos tonitruantes, et l’on apprécie le médium riche autant que l’aisance dans les aigus de cette Isolde frémissante et passionnée.</p>
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