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	<title>Thiago ARANCAM - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Thiago ARANCAM - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Il tabarro&#124;Don Carlo — Verbier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jul 2014 05:35:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel point commun entre Il Tabarro et Don Carlo ? L&#8217;un, grand opéra à la française, se passe à la cour d&#8217;Espagne au XVIe siècle et se résume à une enfilade de numéros héroïques lorsqu&#8217;il est, comme à Verbier, traduit en italien et allégé de ses deux premiers actes. L&#8217;autre est le volet tragique duTrittico, un ensemble de trois &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel point commun entre <em>Il Tabarro</em> et <em>Don Carlo</em> ? L&rsquo;un, grand opéra à la française, se passe à la cour d&rsquo;Espagne au XVIe siècle et se résume à une enfilade de numéros héroïques lorsqu&rsquo;il est, comme à Verbier, traduit en italien et allégé de ses deux premiers actes. L&rsquo;autre est le volet tragique du<em>Trittico</em>, un ensemble de trois opéras que Puccini ne voulait pas voir jouer séparément – dommage pour lui. L&rsquo;œuvre, vériste, vaut d&rsquo;abord par son climat orchestral qui s&rsquo;attache à dépeindre les quais de Seine à Paris au début du XXe siècle. Apparier en version de concert des partitions si dissemblables reviendrait à marier la carpe et le lapin si l&rsquo;affiche proposée par le Festival de Verbier n&rsquo;était digne des maisons d&rsquo;opéra les plus prestigieuses.</p>
<p>En première partie, <em>Il Tabarro</em> s’enorgueillit de la présence de <strong>Barbara Frittoli. </strong>La soprano italienne troque Elisabetta qu’elle chantait à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/gache-en-partie-par-le-rechauffement-climatique">Paris l’an passé</a> – avec d’ailleurs quelques-uns des chanteurs présents ce soir (Ildar Abdrazakov, Daniela Barcellona) – contre Giorgetta. Bonne idée ! Puccini convient aujourd’hui mieux que Verdi à ce chant, dont la maturité rejoint celle du personnage. Les griffures du timbre, la chair épanouie d’un medium préservé dessinent une femme blessée, à la sensualité inquiète. Plus que la voix, il y a la diction, la présence et, au-delà, les multiples intentions qui insufflent à cette version concertante de l’ouvrage une vie théâtrale qu’un jeu d’entrées et de sorties, indéchiffrable pour qui ne connait pas son<em>Tabarro</em> sur le bout des doigts, aurait pu mettre en péril. La vérité d’une telle interprétation déteint inévitablement sur ses partenaires. S’il n’avait auprès de lui cette Giorgetta incarnée, <strong>Thiago Arancam</strong> donnerait l’impression de dissiper ses jeunes moyens. Les passages en force, les appuis maladroits, l’émission engorgée augurent mal de la longévité d’un ténor somme toute séduisant qui déjà, dans <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/demi-teinte">Le villi à Paris cet hiver</a>, </em>suscitait de la part de notre confrère, Christian Peter les mêmes réserves. Pourtant, Luigi fait mieux que chanter, il existe et le duo d’amour en forme d’hymne à Belleville est un de ceux qui donnent le frisson. <strong>Lucio Gallo</strong> a lui aussi des sons forcés, voire laids. Son Michele paraitrait plus usé encore que ne le veut l’histoire si l’investissement dont il fait montre ne finissait par rendre saisissante la scène finale. A leurs côtés, <strong>Ekaterina Semenchuk</strong>, Frugola d’une probité inhabituelle dans un rôle que l’on destine d’habitude à des chanteuses au bout du rouleau, <strong>Maurizio Leoni</strong>, Talpa gouailleur, soutenus en coulisse par quatre solistes du Collegiate Chorale, apportent leur gueule d’atmosphère à ce fait divers réaliste. Après un départ d’une lenteur surprenante, <strong>Daniel Harding</strong>, tel un peintre impressionniste, avive peu à peu les couleurs orchestrales puis accélère la machine et resserre l’étau jusqu’à ce que d’un coup sec, l’accord conclusif lacère la toile sonore. Applaudissements.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/27.07.14_combins19h_opera_c_nicolas_brodard_02.jpeg?itok=9Z5LoB-a" title="Barbara Frittoli (Giorgetta), Thiago Arancam (Luigi), Daniel Harding (direction musicale) © Nicolas Brodart" width="468" /><br />
	Barbara Frittoli (Giorgetta), Thiago Arancam (Luigi), Daniel Harding (direction musicale) © Nicolas Brodart</p>
<p>En deuxième partie, l’Escurial se présente davantage comme une splendide galerie de portraits que comme le bourbier irrespirable dans lequel est censé suffoquer Don Carlo. Plusieurs décalages signalent le manque de répétitions et la direction d’orchestre, malgré quelques fulgurances, perd de son éloquence.<strong> Vittorio Grigolo</strong> sanglote chacune de ses notes d’une voix de ténor qui est aujourd’hui l’une des plus belles qui soit. Reste que la beauté seule ne saurait suffire à rendre crédible un infant inexpressif à force d’expression. Serré dans de tels bras, <strong>Lucio Gallo </strong>ne peut, comme dans la première partie, changer le plomb en or. Son Posa, irrémédiablement grisâtre, se débat avec sa tessiture et meurt sans qu’on verse une larme. Mais <strong>Daniela Barcellona</strong> est une Eboli flamboyante dont la voix, tel le caméléon, a pris les teintes écarlates de la robe. « O Don fatale » et ses écarts de registre surprenants passe comme une tornade. <strong>Lianna Haroutounian</strong> fait désormais partie des sopranos verdiennes avec lesquelles il faut compter. Cette Elisabeth a une maîtrise de la ligne qui soulève l’enthousiasme, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des notes sur le souffle, aériennes ou des éclats altiers qui voient la femme redevenir reine. On s’interroge juste sur un « Tu che le vanità » chanté curieusement bas dans le médium quand l’aigu reste d’une précision à toute épreuve. <strong>Mikhail Petrenko</strong> tente en vain d’effrayer <strong>Ildar Abdrazakov</strong>. Quitte à faire mentir le livret, l&rsquo;orgueil du Roi ne fléchit pas devant celui du Prêtre, si monstrueux soit-il avec ces graves outrés et ces aigus blanchis. Comment lutter de toute façon avec un Philippe II de cette envergure, doué d’un velours dont il sait varier le touché, tantôt soyeux, tantôt rogue, monarque invulnérable et pourtant fragile. « Ella giammai m’amo » dit d’un ton las, comme si la voix manquait de projection, est aussitôt contredit par un « Se il serto regal » superbe, d’une autorité incontestable. En un mot : royal.</p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Le Villi — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-villi-paris-tce-demi-teinte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Feb 2014 07:42:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Dès la fin de ses études musicales, Puccini a l&#8217;opportunité de composer son premier opéra, Le Villi, grâce à Ponchielli, son professeur au Conservatoire de Milan, qui l&#8217;encourage à se présenter au concours d&#8217;opéras en un acte organisé par l&#8217;éditeur Sonzogno et le met en relation avec le poète Ferdinando Fontana pour le livret. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
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			Dès la fin de ses études musicales, Puccini a l&rsquo;opportunité de composer son premier opéra,<em> Le Villi</em>, grâce à Ponchielli, son professeur au Conservatoire de Milan, qui l&rsquo;encourage à se présenter au concours d&rsquo;opéras en un acte organisé par l&rsquo;éditeur Sonzogno et le met en relation avec le poète Ferdinando Fontana pour le livret. Le choix des deux hommes se porte sur une nouvelle de Jean-Baptiste Alphonse Karr, <em>Les Willis</em>, tirée d&rsquo;une légende germanique qui avait déjà inspiré à Adolphe Adam son ballet <em>Giselle</em>. L&rsquo;ouvrage est refusé par le jury du concours, mais avec l&rsquo;aide de son maître, Puccini, parvient à le faire représenter avec succès au Teatro dal Verme à Milan, puis quelques mois plus tard à Turin, dans sa version définitive en deux actes.</p>
<p>			Le premier acte se situe dans la Forêt-Noire où des villageois célèbrent les fiançailles d&rsquo;Anna, fille du garde forestier et de Roberto. Celui-ci doit partir pour Mayence afin d&rsquo;y recevoir un héritage. Là, il succombe au charme d&rsquo;une courtisane et oublie sa fiancée qui meurt de chagrin. Aux deuxème acte, Roberto, pris de remords, revient dans son village mais en traversant la forêt il rencontre les Willis, parmi lesquelles se trouve Anna, assoiffée de vengeance. Elles vont l&rsquo;entraîner dans une danse effrénée à la fin de laquelle Roberto tombera mort aux pieds du fantôme de sa fiancée.</p>
<p>			La première partie du concert est consacrée à des pages d&rsquo;opéras contemporains de l&rsquo;oeuvre de Puccini qui mettent en évidence les limites vocales d&rsquo;une partie des solistes. C&rsquo;est <strong>Àngel Òdena</strong> qui ouvre la soirée avec un prologue de <em>Pagliacci </em>tout à fait satisfaisant. Le baryton espagnol, dont ce sont les débuts à Paris, dispose d&rsquo;une voix ample et solide, égale sur toute la tessiture et d&rsquo;un timbre sombre qui lui permet de camper avec bonheur Guglielmo, le père d&rsquo;Anna. Son air du deuxième acte « No, possibil non é » où le personnage exprime sa douleur d&rsquo;avoir perdu sa fille et son désir de vengeance est particulièrement convaincant.</p>
<p>			Autres débuts à Paris, ceux de <strong>Thiago Arancam</strong>, lauréat du concours Opéralia en 2008, que les Lyonnais ont pu entendre dans le rôle de Luigi du<em> Tabarro</em> en 2012. Ce ténor italo-brésilien ne manque pas d&rsquo;atouts: doté d&rsquo;un physique de jeune premier, le sourire ravageur, il charme sans peine l&rsquo;auditoire dès son entrée en scène. Le timbre clair ne manque pas de séduction mais la voix paraît engorgée par moment et semble dépassée par la tessiture de l&rsquo;air de Paillasse qui contraint le chanteur à forcer ses moyens. L&rsquo;air de Turridu le montre un peu plus à son aise mais la ligne de chant est malmenée et le legato aux abonnés absents. Sans doute, ce jeune artiste aborde-t-il prématurément ces pages qui réclament des moyens de ténor dramatique, ce qu&rsquo;il n&rsquo;est visiblement pas ou du moins pas encore. Le rôle de Roberto dans<em> Le Villi </em>semble plus adapté à ses possibilités actuelles, il parvient même à être touchant dans son air du deux, « Ecco la casa ».</p>
<p><strong>Ermonela Jaho</strong>, en revanche, est bien connue du public du Théâtre des Champs-Élysées où elle interprétait en début de saison le rôle de Julia dans <em>La Vestale</em>. Cueillie à froid dans « L&rsquo;altra notte in fondo al mare », la cantatrice est à la peine, l&rsquo;aigu paraît tendu et le trille passe à la trappe. En revanche l&rsquo;air d&rsquo;Adrienne Lecouvreur, la montre plus à son avantage, le legato est impeccable et les jolies nuances dont elle orne son chant contribuent à l&rsquo;émotion qu&rsquo;elle parvient à susciter. Enfin, dans l&rsquo;opéra de Puccini la soprano albanaise tire son épingle du jeu avec brio: jeune fille amoureuse au premier acte, femme trahie, assoiffée de vengeance au second, son interprétation n&rsquo;appelle aucune réserve.</p>
<p>			Il convient de mentionner les interventions tout à fait en situation du récitant de <strong>Marcello Scuderi</strong>. Belle prestation également du Choeur de Radio France, villageois débonnaires au premier acte des<em> Villi </em>et fantômes inquiétants au second.</p>
<p>			A la tête de l&rsquo;orchestre National de France, <strong>Luciano Accocella</strong> dirige l&rsquo;ensemble du concert avec élégance et fait preuve dans l&rsquo;opéra de Puccini d&rsquo;un sens aigu du théâtre.</p>
<p>			 </p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Sanxay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/douce-nuit-que-detoiles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Aug 2013 05:38:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Le site gallo-romain de Sanxay, en Poitou-Charentes, distant d’une trentaine de kilomètres de Poitiers, s’affirme depuis l’an 2000 comme le troisième festival lyrique en plein air de France, grâce à l’inépuisable dynamisme de son directeur artistique, Christophe Blugeon, qui a su très tôt repérer de grandes voix comme Luca Lombardo, Stefano Secco, Lianna Haroutounian &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Le site gallo-romain de Sanxay, en Poitou-Charentes, distant d’une trentaine de kilomètres de Poitiers, s’affirme depuis l’an 2000 comme le troisième festival lyrique en plein air de France, grâce à l’inépuisable dynamisme de son directeur artistique, Christophe Blugeon, qui a su très tôt repérer de grandes voix comme Luca Lombardo, Stefano Secco, Lianna Haroutounian ou Florian Sempey, restées fidèles à ce rendez-vous. Pour la 14e édition des Soirées Lyriques de Sanxay (prononcer « Sanssay »), le choix s’est porté sur <em>Madame Butterfly</em>. Il s&rsquo;agit d’un souhait ancien de Christophe Blugeon, attaché à Puccini et à cette œuvre, mais aussi parce que ce festival a été conçu pour faire découvrir l’opéra au plus grand nombre et que pour cela les grandes œuvres – mais non point les plus faciles – s’imposent. Après <em>Rigoletto</em>, <em>Carmen</em>, <em>La Traviata</em>, <em>Nabucco</em>, <em>Tosca</em>, <em>La Bohème</em>, <em>Le Trouvère</em>,<em> Aïda</em>, <em>Norma</em> et plusieurs soirées de concerts lyriques, le cadre bucolique du bocage poitevin accueille donc l’imagerie orientale de cette tragédie japonaise. Décors sobres, efficaces et raffinés de la mise en scène du Brésilien <strong>Mario Pontiggia</strong>, travail tout en nuances du créateur des lumières, l’Espagnol<strong> Eduardo Bravo</strong>, avec de magnifiques variations de couleurs à l’acte II notamment, superbes costumes de la Japonaise <strong>Shizuko Omachi</strong> – le spectacle, d’une grande poésie visuelle et d’un classicisme de bon aloi, est proprement éblouissant et incite au rêve.</p>
<p>			La disposition de la scène – structure provisoire installée le temps du festival sur l’emplacement du théâtre actuellement en ruines – permet au public de voir simultanément, pendant le premier acte, le coucher de soleil sur le paysage de la Vienne et les cloisons colorées de la maison de Cio-Cio San au pays du Soleil levant. À l’issue du deuxième acte, c’est le spectacle des étoiles et en particulier de la Grande Ourse, située juste au-dessus de la scène ce soir, qui succède, comme un rappel du duo de la fin du premier acte (« Dolce notte ! Quante stelle ! » Douce nuit ! Que d’étoiles !) à celui des arbres en fleurs. Le drame intimiste s’élargit aux dimensions de l’univers, Nagasaki s’invite dans le canton de Lusignan.</p>
<p>			L’orchestre, constitué de soixante-quinze musiciens invités à titre personnel et issus de l’orchestre de Poitou-Charentes mais aussi de Paris, du Capitole de Toulouse, de Tours, de Nancy et du CNSMD de Paris, placés sous la direction subtile et nuancée de <strong>Didier Lucchesi</strong>, donne une interprétation raffinée, après quelques flottements initiaux, sachant se faire discret parfois et prenant de l’ampleur dans les moments les plus expressifs sans pour autant écraser les voix. On ne peut que louer la prestation des chœurs dirigés par <strong>Stefano Visconti</strong>, et l’équilibre entre les voix et la musique est parfaitement réussi.</p>
<p>
			De la même manière, les rôles sont judicieusement distribués : la soprano <strong>Lianna Haroutounian</strong>, qui a été l’année dernière en ces lieux une Traviata remarquée et qui a récemment remplacé brillamment Anja Harteros dans<em> Don Carlo</em> au Royal Opera de Londres, est une Cio-Cio San bouleversante, débordante de passion et servie par la puissance de sa voix dont le vibrato initialement très marqué est rapidement maîtrisé au profit d’une belle projection et de magnifiques aigus. Suzuki est interprétée par la mezzo-soprano roumaine<strong> Elena Cassian</strong>, particulièrement émouvante et crédible dans ce rôle où elle affirme un véritable talent. La soprano <strong>Sarah Vaysset</strong> compose avec beaucoup d’élégance une Kate Pinkerton pressante et distante à la fois.</p>
<p>			Du côté des hommes, la voix chaleureuse et la prestance du ténor brésilien <strong>Thiago Arancam</strong> – un habitué de Sanxay où il a interprété Radamès dans <em>Aïda </em>en 2009, Pollione dans <em>Norma </em>en 2010 et Don José dans <em>Carmen</em> en 2011 –, alliées à un timbre clair et à une émission parfaite, lui permettent de modeler toutes les facettes du personnage de Pinkerton, plus complexe qu’il ne paraît et auquel il prête son charisme. Le duo de la fin de l’acte I est un moment enchanteur. Le baryton suédois <strong>Kosma Ranuer</strong> est un consul très digne, personnage auquel il donne fière allure grâce à son timbre de bronze et à une diction exemplaire. Et quel luxe d’entendre en Goro le ténor chinois <strong>Xin Wang</strong>, titulaire de nombreux prix lyriques, qui donne au personnage de l’entremetteur une consistance inhabituelle – avec quelques passages joués de manière comique, formant un contrepoint bienvenu à l’insoutenable tragédie qui se joue. Luxe encore de pouvoir écouter la voix noire et le timbre profond de la basse hongroise <strong>Balint Szabo</strong> en Oncle Bonze, et l’excellent baryton français<strong> Florian Sempey</strong>, remarqué depuis quelque temps déjà sur diverses scènes, notamment en Figaro la saison dernière, qui interprète ici avec toute la solennité requise le prince Yamadori. Ces deux artistes sont d’ailleurs aussi des habitués de Sanxay et restent fidèles aux Soirées Lyriques en continuant d’apporter leur concours, même pour de petits rôles.</p>
<p>			Signalons enfin la présence très réussie de figurants habitant la région, qui ont participé aux répétitions durant plusieurs semaines. S’ils ne peuvent être tous cités ici, évoquons simplement le benjamin, le petit <strong>Robin Mèneteau</strong> qui interprète avec vaillance le fils de Cio-Cio San.</p>
<p>			Parmi les quelque 1800 spectateurs réunis ce soir, nombreux étaient ceux qui assistaient pour la première fois à un opéra : en entendant au cœur de la Vonne, dans un cadre champêtre et en même temps marqué par l’histoire, des voix parmi les plus grandes, ils ont eu accès d’emblée à un spectacle d’excellente qualité et qui suscite le désir d’opéra. D’autres à l’inverse revenaient après avoir découvert ici-même ce qu’est un spectacle lyrique. La magie a opéré, le défi est relevé. Saluons le travail des deux cent cinquante bénévoles qui ont œuvré pour le succès de ces soirées, et souhaitons à présent que les autres rêves de cet amoureux d’opéra qu’est Christophe Blugeon, le directeur du festival, se réalisent dans les années à venir. La programmation de 2014 devrait être connue au début de l’automne.</p>
<p>			 <br />
			.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Aida — Sanxay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-petit-mickey-qui-na-pas-peur-des-grands/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 05:33:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Se présentant comme le troisième festival lyrique français de plein air par le nombre de spectateurs après Aix-en-Provence et Orange, les Soirées Lyriques de Sanxay (petite commune de 600 habitants de la Vienne), qui fêtent cette année leur 10e anniversaire, n’ont pas la notoriété ni ne disposent des moyens financiers de leurs illustres aînés. Elles &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Se présentant comme le troisième festival lyrique français de plein air par le nombre de spectateurs après Aix-en-Provence et Orange, les Soirées Lyriques de Sanxay (petite commune de 600 habitants de la Vienne), qui fêtent cette année leur 10e anniversaire, n’ont pas la notoriété ni ne disposent des moyens financiers de leurs illustres aînés. Elles se déroulent dans les ruines du théâtre antique de Sanxay, sur un site gallo-romain situé en pleine campagne et redécouvert en 1881, qui regroupe un théâtre qui pouvait accueillir 6 590 spectateurs, des thermes et un temple construits et remaniés entre le Ier et le IIIe siècle. En fait, aujourd’hui, comme il ne reste de la construction ancienne que quelques bases de murs et la colline qui portait les gradins, la scène est installée sur une vaste structure tubulaire du type de celles que l’on construit pour les concerts pop, et les quelque 2 000 spectateurs sont assis sur des coques en plastique. Un projet des Monuments Historiques prévoit de restituer les gradins.</p>
<p> </p>
<p>Le festival de Sanxay a déjà représenté en moins de dix ans, devant 55 000 spectateurs, tous les grands incontournables du théâtre lyrique de plein air, qui semblaient l’apanage des festivals de Vérone, Macerata et autres Orange : <em>Carmen, Traviata, Nabucco, Tosca, La Bohème </em>et<em> Le Trouvère</em>. Ces productions pourraient apparaître comme des doublons de ce qui se fait ailleurs, mais le but est ici fort différent, puisqu’il s’agit d’apporter à domicile, à des spectateurs en majorité ruraux, des productions de qualité qu’ils n’iraient pas voir ailleurs. Et le succès populaire (un jeune en sortant commentait : « je ne verrais pas ce genre de truc régulièrement, mais ça m’a bien plu ») montre combien la démarche est pertinente, d’autant que les distributions ont toujours été de très haut niveau (Michèle Lagrange, Olga Romanko, Carlos Almaguer, Stefano Secco, Stefania Toczyska, Luca Lombardo…), et que l’éventail du prix des places proposé, du gazon aux chaises d’orchestre (de 15 à 72 € hors réductions diverses), permet à tout un chacun de participer selon ses moyens tout en étant assuré d’une visibilité et d’une audition parfaites (excellente acoustique sans sonorisation). <em>Aïda</em>, qui manquait donc à cette vaste programmation lyrique, est donné ici quatre fois en une semaine, avec la même distribution.</p>
<p> </p>
<p>Sur un dispositif scénique simple, composé d’un mur de tombeau s’ouvrant en deux par le milieu, et d’un fond de scène avec des niches en haut de marches, le metteur en scène <strong>Antoine Selva</strong> adapte à un grand plateau, avec des résultats variables, sa médiocre production de Limoges (2004). Ses innovations ne sont pas toujours payantes (Radamès chantant son air à Aïda, la présence de Radamès et d’Aïda au début du 4e acte, etc.). En fait, la représentation a du mal à se mettre en place (démarrage interminable de la procession avant le prélude, lenteur étonnante de déplacement des choristes, etc.), et les actes I et II traînent sans déclencher l’intérêt, avec notamment des enchaînements d’un manque de vivacité effroyable, totalement à revoir. En revanche, fort curieusement, les actes III et IV sont tout à fait remarquables, tant au niveau de la musicalité que de la réalisation scénique, et le procès par exemple, avec une statue d’Anubis poursuivant Amnéris, puis des danseurs avec masques d’Anubis qui sautent autour d’elle, laisse un souvenir frappant. Malheureusement, les éclairages restent, certainement par manque de moyens, un peu trop frustes tout au long de la représentation. </p>
<p> </p>
<p>Signalons l’excellente qualité des ballets, ce qui est rare dans <em>Aïda</em>, sur une belle chorégraphie de <strong>Laurence Fanon</strong> : même si le parti pris de danses tribales africaines est parfois en décalage avec l’action, il apporte un zest d’exotisme bien venu, tout particulièrement grâce à la participation de danseurs exceptionnels. </p>
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<p>Les solistes sont d’une qualité générale excellente, que l’on ne s’attendait pas à trouver en ce lieu peu connu. Roxana Briban, souffrante, n’a pas assuré comme prévu le rôle d’Aïda. Ce n’est peut-être pas un mal, car sa prestation à Limoges en 2004 dans ce même rôle nous a laissé un souvenir plutôt mitigé. Elle a été remplacée au pied levé par la jeune chanteuse uruguayenne <strong>María José Siri</strong>, dont nous avons dit le plus grand bien à l’occasion de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=557&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">la récente nouvelle production décoiffante de Stuttgart</a> ; Aïda est un rôle qu’elle a déjà beaucoup chanté depuis 2003 (Teatro El Circulo, Rosario [Argentine], Palerme, Dortmund, Stuttgart et la Scala). Sa voix passe bien en plein air, et son interprétation scénique et vocale, ici totalement classique, est de haute qualité ; il conviendra toutefois de surveiller le léger vibrato qui apparaît parfois, et qu’il faudrait surtout ne pas laisser s’installer. </p>
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<p>À côté d’une Aïda de 29 ans, un Radamès de 27 ans, c’est chose plutôt rare ! <strong>Thiago Arancam</strong>, jeune ténor brésilien, chante lui aussi pour la première fois en France, après avoir été sélectionné par Placido Domingo pour participer au concours « Operalia » d’octobre 2008 où il a remporté plusieurs prix. Depuis, il a chanté Don José à Washington, Mario Cavaradossi à Francfort, et le Comte de Saxe (<em>Adrienne Lecouvreur</em>) à Turin ; il chantera prochainement dans <em>Cyrano </em>à San Francisco sous la direction de Domingo, et dans <em>Macbeth </em>à Monte-Carlo. Il est doté d’un physique de jeune premier et d’une belle voix qui n’est toutefois pas encore celle d’un fort ténor ; sa technique est bonne et il chante avec une grande musicalité ; une fois qu’il aura parfait sa tenue en scène (notamment la position de la tête et la gestuelle) et qu’il arrivera à entrer dans le personnage en traduisant mieux ce qui se passe, il pourra alors prétendre à être un des grands ténors de demain. </p>
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<p>Les autres solistes, tout à fait excellents, font pour la plupart des carrières internationales pour l’essentiel en Europe centrale, y compris Vienne. L’excellent <strong>Balint Szabo</strong> (Ramphis) va chanter dans <em>Don Carlo</em> à Bastille, <strong>Dan Paul Dumitrescu</strong> (le Roi) a également chanté à Vérone. Quant à la cantatrice polonaise <strong>Malgorzata Walewska</strong>, elle interprète Dalila, Amnéris et Santuzza au Met ; son Amnéris est au niveau sonore des autres protagonistes, c’est-à-dire que ce n’est ni crié ni en décalage au niveau décibels ; en outre, elle a l’avantage de ne pas être vulgaire, contrairement à beaucoup des titulaires de ce rôle ; mais le large vibrato que sa voix développe dans les aigus est plutôt gênant. <strong>Michele Kalmandi</strong> (Amonasro) a tous les moyens du rôle, qu’il joue dans la plus pure tradition. Une mention particulière pour la grande prêtresse de Sarah Vaysset, peut-être la plus atroce bêlante jamais entendue dans ce rôle. </p>
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<p>La direction musicale et la qualité des instrumentistes restent le point faible de la représentation. Peut-être en partie par manque de répétitions ? On entend venir de la fosse d’orchestre des sons divers qui ne figurent pas dans la partition, mais surtout, la direction de <strong>Didier Lucchesi</strong> (qui nous avait habitué à mieux dans le cadre d’Opéra-Éclaté) est d’une pesanteur confondante, entrant en compétition au moins pour les tempi avec Klemperer et Harnoncourt, et en arrive à gêner les chanteurs ; enfin, de courts arrêts entre les scènes remplacent des enchaînements qui auraient dû être fluides et dynamiques, et déconcentrent le public, sans parler de la difficulté qu’a parfois le chef de suivre les chanteurs en cas de problème (acte du Nil). Les chœurs, de leur côté, s’en sortent tout à fait honorablement.</p>
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<p>Toujours est-il que l’on sort néanmoins de la représentation plutôt très satisfait, comme l’ensemble des spectateurs qui pour beaucoup ont pris l’habitude de ce rendez-vous annuel qui n’est pas sans faire penser à Bussang pour le théâtre, encore qu’ici il ne semble pas que la population locale intervienne dans la figuration. Il serait très regrettable que les coupes budgétaires qui sont en train de se mettre en place en France (comme en Italie) empêchent cette belle initiative de perdurer. </p>
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