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	<title>Aris ARGIRIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Aris ARGIRIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>DONIZETTI, L&#039;elisir d&#039;amore — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lelisir-damore-streaming-bruxelles-la-monnaie-plus-cest-laid-plus-cest-drole-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming de L&#8217;elisir d&#8217;amore (visible jusqu&#8217;au 30 juin 2020), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 08 septembre 2015. Spectacle de rentrée d’une saison qui s’annonce hybride, (La Monnaie a quitté sa salle pour une année pour cause de travaux) cet Elixir d’amour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming de <em>L&rsquo;elisir d&rsquo;amore </em>(<a href="https://www.lamonnaie.be/fr/streaming/1722-l-elisir-d-amore">visible jusqu&rsquo;au 30 juin 2020</a>), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 08 septembre 2015</strong><strong>. </strong></p>
<hr />
<p>Spectacle de rentrée d’une saison qui s’annonce hybride, (La Monnaie a quitté sa salle pour une année pour cause de travaux) cet <em>Elixir d’amour </em>complètement déjanté semble avoir conquis le public, malgré quelques faiblesses.</p>
<p>Le Cirque Royal de Bruxelles qui accueille ce spectacle est une sorte de vaste amphithéâtre avec une scène centrale assez peu propice à l’opéra, une acoustique difficile et une atmosphère aussi peu festive que possible, très étrangère à la magie du théâtre. Tachant de transformer ces faiblesse en atouts, le metteur en scène <strong>Damiano Michieletto </strong>prolonge en quelque sorte l’été, puisqu’il a transposé l’action dans une station balnéaire italienne envahie par la foule des vacanciers : sièges en plastique, bouées fluo, château gonflable, jeux de plage, serviettes bariolées et accessoires en tout genre envahissent la scène dès le début du spectacle, créant un univers visuel complètement kitch, fourmillant de mille petites actions anecdotiques, joyeux portrait satyrique d’une classe moyenne toute préoccupée d’elle-même et soucieuse d’en profiter au maximum. Le metteur en scène est passé maître dans la mise au point très virtuose de tous ces détails, créant un univers parfaitement cohérant : Nemorino est le plagiste de ce lieu, Adina la propriétaire du bar, Dulcamara un petit dealer local soutenu par une marque de boissons énergisantes et Belcore une sorte d’Aldo Maccione, séducteur sur le retour. Tout cela est criant de réalisme, c’est à dire affreusement laid, et irrésistiblement drôle tant la transposition fonctionne bien. Le deuxième acte qui pourrait s’intituler « soirée mousse à Benidorm » pousse la caricature à son comble, ménageant quand même quelques moments d’émotion plus intime, notamment pour le grand air de Nemorino, chanté depuis le toit du bar. Le prix à payer pour tant de drôlerie, la faiblesse de cette conception, est qu’elle masque presque complètement une des dimension de l’œuvre, sa simplicité, son caractère naïf et touchant, réduits ici à la portion congrue ou enfouis sous les débordements en tout genre.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/8797_529press.jpg?itok=LzQk9gq8" title="Olga Peretyatko (Adina) et Dmitri Korchak (Nemorino) © Karl et Monica Forster" width="468" /><br />
	Olga Peretyatko (Adina) et Dmitri Korchak (Nemorino) © Karl et Monica Forster</p>
<p>Sur le plan musical, la production souffre – c’est peu dire – des conditions difficiles imposées par la disposition des lieux. L’orchestre (en tenue de plage lui aussi, il participe à la mise en scène), est placé derrière les chanteurs, de sorte que le chef ne voit pas le plateau (les chanteurs, eux, bénéficient d’un relai vidéo) ; il en résulte de nombreux décalages, une absence de connexion et, lorsqu’on est placé au parterre, une balance peu satisfaisante reléguant l’orchestre au second plan. Si on ajoute à cela une direction molle, sans relief, peu imaginative et pour tout dire peu inspirée de <strong>Thomas Rösner</strong>, on comprendra que le hiatus était grand entre l’orchestre et la mise en scène. La distribution bénéficie du brillant concours d’<strong>Olga Peretyatko</strong>, voix légère et souple, très précise dans ses vocalises, excellente comédienne de surcroit, qui campe Adina avec beaucoup d’entrain. Le ténor russe <strong>Dmity Korchak</strong> incarne Nemorino avec une touchante candeur et si la voix un peu nasillarde n’a pas toutes les richesses de timbre qu’on pourrait souhaiter, sa musicalité lui permet de donner au rôle beaucoup de présence et de substance dramatique, notamment lorsqu’il entame « una furtiva lagrima », le grand air du second acte particulièrement réussi. Moins convaincant vocalement que scéniquement, <strong>Aris Argiris</strong> (Belcore) peine à s’imposer au début du spectacle : la voix est peu timbrée, instable et sans charme. Cela s’arrange un peu au fil de l’action, mais l’impression première demeure néanmoins. Voix souple et chantante, le baryton basse espagnol <strong>Simón Orfila</strong> donne davantage de relief au rôle du Docteur Dulcamara, très caractérisé et bien enlevé malgré un vibrato trop large. <strong>Maria Savastano</strong> remplit efficacement et avec malice le petit rôle de Giannetta. Les chœurs, très nombreux et sans doute exagérément sollicités par la mise en scène, peinent un peu – à l’instar de l’orchestre – à trouver la précision, la variété d’expressions et de couleurs ainsi que l’énergie vocale qui conviendraient.</p>
<p><a href="https://www.lamonnaie.be/fr/streaming/1722-l-elisir-d-amore">Voir la vidéo</a></p>
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		<item>
		<title>VERDI, Simon Boccanegra — Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/simon-boccanegra-luxembourg-coup-de-maitre-de-david-hermann/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Mar 2017 05:27:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a un vrai bonheur à partager son enthousiasme devant une mise en scène pleinement réussie, qui met l’œuvre en valeur en soulignant les tensions dramatiques indispensables au cheminement de l’intrigue, qui offre aux chanteurs un cadre émotionnel idéal assorti de situations de confort et qui jamais ne trahit le livret. Cette réussite, produite &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a un vrai bonheur à partager son enthousiasme devant une mise en scène pleinement réussie, qui met l’œuvre en valeur en soulignant les tensions dramatiques indispensables au cheminement de l’intrigue, qui offre aux chanteurs un cadre émotionnel idéal assorti de situations de confort et qui jamais ne trahit le livret. Cette réussite, produite initialement par l’Opéra de Flandres (voir <a href="/simon-boccanegra-anvers-conjonction-de-phenomenes-rares">le compte rendu de notre confrère Christophe Rizoud</a>) et reprise à Luxembourg, est due au travail très abouti de <strong>David Hermann</strong>, un jeune metteur en scène franco allemand, qui nous montre tout au long du spectacle un travail à la fois complexe et cohérent, très soigné sur le plan esthétique, mais aussi très fouillé quant à la recherche de sens et la profonde connaissance de son sujet.</p>
<p>Hermann affronte sans complexe les méandres d’une des intrigue les plus compliquée qui soit. Sans chercher à la simplifier, il jongle avec le temps et règle avec intelligence le subtil mélange des époques qui émaille le livret en jouant notamment sur l’alternance ou la  juxtaposition de costumes d’époque et de costumes modernes. Il souligne aussi quelques thèmes forts actuels et, sans trop solliciter le livret, nous parle – par exemple – de la fracture sociale de cette Gènes où s’affrontent les clans rivaux, ou de la vanité du combat contre le temps – ce thème là est universel. Il établit une véritable vision de chaque personnage, pétri de bonnes intentions et volontiers christique pour ce qui est du rôle titre, et mariale pour les deux rôles de femmes, celui de la mère et celui de la fille. Il souligne la solitude engendrée par l’exercice du pouvoir, le sentiment d’abandon de celui qui commença sa vie comme corsaire, homme simple attiré par la mer, et qui se retrouve ensuite prisonnier du pouvoir, seul, triste et brisé par les épreuves de la vie, engoncé par l’orgueil et la vanité tout en voulant faire le bien, et finalement privé d’amour, privé de tout ce qui lui tient à cœur, privé même de sa propre mort.</p>
<p>La partie visuelle du spectacle doit beaucoup au monumental décor de <strong>Christof Hetzer</strong> , fait de larges colonnes définissant d’une part un espace solennel et froid, et d’autre part de menaçant couloirs, sombres et voûtés. Les mêmes éléments permettront aussi de délimiter des espaces plus intimes, au gré des besoins du livret. Dans ce cadre somptueux, le spectacle propose de très belles compositions picturales, de véritables tableaux vivants, certains inspirés de la peinture hollandaise, et jusqu’ à la dernière scène de Leonard de Vinci, sous les magnifiques éclairages de <strong>Fabrice Kebour</strong>, introduisant ainsi une dimension dramatique complémentaire et sans que rien de ceci ne paraisse artificiel ou fabriqué.</p>
<p>Le casting vocal n’est pas exactement celui qui prévalait à Anvers en février dernier. Il a même été très récemment chamboulé par l’arrivée du baryton italien <strong>Franco Vassallo</strong>, heureusement familier des grands rôles verdiens, qui reprend avec beaucoup de professionnalisme le rôle titre préalablement dévolu à Nicola Alaimo. Parfaitement à son aise malgré très peu de répétitions, Vassallo campe un Simon Boccanegra sombre dans son rôle de Doge et émouvant dans celui de père, vocalement très convaincant. <strong>Myrtò Papatanasiu</strong> apporte elle aussi énormément d’émotion au rôle de Maria, même si la voix n’a pas toute l’ampleur requise dans le grave du registre. La qualité du timbre et l’intelligence de l’interprète suffisent largement à emporter l’adhésion et à camper le personnage avec chaleur et justesse dramatique.</p>
<p>Le ténor <strong>Najmiddim Mavlyanov</strong>, originaire d’Ouzbékistan, à la voix particulièrement bien timbrée, puissante et dramatiquement très efficace donne du personnage de Gabriele Adorno une vision un peu compacte mais juste, tout comme la basse <strong>Liang Li</strong> dans le rôle de Jacopo.</p>
<p>Pablo Albiani, l’amoureux éconduit, est chanté par le baryton grec <strong>Aris Argiris</strong>, récemment entendu en Sharpless à la Monnaie, voix profonde et déterminée, très bien conduite. A ses côtés, notons les débuts remarquables de la jeune basse belge <strong>Charles Dekeyser</strong> dans le rôle de Pietro, l’autre faiseur d’intrigues. <strong>Marta Babic</strong>, dans le bref rôle de la servante, complète la distribution. Et n’oublions pas les chœurs, remarquablement utilisés par le metteur en scène comme élément dramatique à part entière, et musicalement impeccables.</p>
<p><strong>Gustavo Gimeno</strong>, récemment assistant de Mariss Jansons à l’orchestre du Concertgebouw, encore vert dans le monde de l’opéra, mais déjà très précis, avec un beau sens de la couleur, un lyrisme généreux et une attention bienveillante aux chanteurs, dirige l’orchestre luxembourgeois, sans doute le seul élément un peu plus faible de cette soirée, avec conviction.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Madama Butterfly —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-coup-de-froid-sur-nagasaki/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2017 15:34:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est sur le dédoublement du rôle titre qu’est basée l&#8217;étrange mise en scène de Madama Butterfly à Bruxelles, due à l’inventivité originale et un peu décalée de Kirsten Dehlholm : d’une part, un chanteuse de chair et d’os incarnant une Butterfly vieillissante, le cheveu gris épars, placée le plus souvent hors champ, à l’avant scène, et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est sur le dédoublement du rôle titre qu’est basée l&rsquo;étrange mise en scène de <em>Madama Butterfly</em> à Bruxelles, due à l’inventivité originale et un peu décalée de <strong>Kirsten Dehlholm </strong>: d’une part, un chanteuse de chair et d’os incarnant une Butterfly vieillissante, le cheveu gris épars, placée le plus souvent hors champ, à l’avant scène, et d’autre part une poupée grandeur nature, fragile, inexpressive, encombrée de ses trois marionnettistes, placée au cœur de l’action, mais à qui jamais personne ne s’adresse, sorte de jouet manipulé, inutile, impersonnelle et vaine.</p>
<p>Ce parti pris s’avère vite fort contraignant : la plupart des scènes importantes de l’œuvre – sur le plan musical ou dramatique &#8211;  ne parviennent pas à s’y plier. Par exemple, le duo d’amour de la fin de l’acte I, le duo entre Cio-Cio-San et Suzuki sous les cerisiers ou la relation entre la mère et l’enfant, et jusqu’à la mort de l’héroïne sont autant de moments ratés ou simplement éludés, faute de trouver une solution adéquate. Les chœurs quant à eux sont tout bonnement renvoyés en coulisse, on n’a que faire de tous ces encombrants chanteurs sur la scène !</p>
<p>Toute l’esthétique du spectacle va chercher ses références au Japon, comme par surenchère avec l’Orient de salon – mais sans aucune prétention, lui &#8211; qui tient lieu d’exotisme à la partition de Puccini. A travers divers éléments de décor (une jolie toiture de pagode en est l’élément principal) des projections vidéo et des costumes de papier plié aux limites de l’abstraction, par la gestuelle très codifiée des personnages, c’est le Japon ancestral qui est ici convoqué, dans une atmosphère de froideur extrême, en complète contradiction avec la sensualité à fleur de peau de la partition. Sourde aux appels pressant de la musique, c’est cette sensualité, précisément, que la mise en scène refuse catégoriquement, préférant l’esquive, le contresens ou le grand écart esthétique.</p>
<p>L’émotion visuelle est ainsi quasi absente et le regard du spectateur, sans cesse partagé entre la chanteuse, excellente et émouvante, et la marionnette, sans âme malgré la virtuosité de ceux qui la manipulent, finit assez vite par faire son choix, de sorte qu’il est guidé hors du champ de l’action vers l’avant scène, délaissant ce que la metteur en scène avait voulu placer au centre. Restent par moment quelques beaux tableaux où dominent le vide, l’abstraction et la raideur. Le ridicule n’est souvent pas loin, comme lorsque Pinkerton revient à bord d’un paquebot façon croisière pour retraités de la classe moyenne, ou que, dans la scène finale, l’enfant devient un énorme bibendum gonflable du plus mauvais goût.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="234" src="/sites/default/files/styles/large/public/madama_butterfly_n._liang_suzuki_a._heo_il_principe_yamadori_r._botta_goro_a._argiris_sharpless_a.voulgaridou_cio-cio-san_c_baus.jpg?itok=voQlqSDe" title="Ning Liang, Suzuki, la marionette, Aldo Heo, Yamadori, Riccardo Botta, Goro, Aris Argiris, Sharpless, Alexia Voulgaridou, Cio-Cio-San© Baus" width="468" /><br />
	© Baus</p>
<p>Heureusement, il y a la musique, suave, envoûtante et délicieusement efficace de Puccini pour redonner un peu de baume au cœur du spectateur qui, sinon, s’ennuierait fort. La direction de <strong>Roberto Rizzi Brignoli</strong> est précise et très attentive aux chanteurs, avec une évidente connaissance de la partition, de ses ressorts émotionnels et dramatiques dont il joue avec beaucoup de maîtrise. L’orchestre sous sa baguette donne le meilleur de lui même, avec des très belles couleurs aux vents, un belle souplesse des cordes et beaucoup d’homogénéité tout au long du spectacle. Et les voix ne sont pas en reste : la Cio-Cio-San d’<strong>Alexia Voulgaridou </strong>est absolument magistrale, à la fois puissante sans excès, émouvante avec justesse, jouant sans cesse sur plusieurs registres à la fois et extrêmement convaincante sur le plan dramatique, alors que la mise en scène la place sans cesse en dehors de l’action. Quel dommage de se priver de la contribution théâtrale d’une aussi bonne recrue ! Dans le rôle de Pinkerton, <strong>Marcelo Puente</strong> fait preuve de peu de raffinement musical, mais la voix puissante et bien timbrée convient tout à fait bien au rôle. <strong>Aris Argiris</strong> en Sharpless, affublé d’une étrange coiffure à l’orientale, est fort bien distribué également ; la Suzuki de <strong>Ning Liang</strong> est très émouvante, vocalement très solide et pleine d’une douce humanité qui ravit l’âme et le cœur. Parmi les plus petits rôles, soulignons encore les excellentes performances de <strong>Aldo Heo</strong> en Prince Yamadori ou de <strong>Riccardo Botta</strong> en Goro.</p>
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		<item>
		<title>DONIZETTI, L&#039;elisir d&#039;amore — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lelisir-damore-bruxelles-la-monnaie-plus-cest-laid-plus-cest-drole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2015 07:43:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Spectacle de rentrée d’une saison qui s’annonce hybride, (La Monnaie a quitté sa salle pour une année pour cause de travaux) cet Elixir d’amour complètement déjanté semble avoir conquis le public, malgré quelques faiblesses. Le Cirque Royal de Bruxelles qui accueille ce spectacle est une sorte de vaste amphithéâtre avec une scène centrale assez peu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Spectacle de rentrée d’une saison qui s’annonce hybride, (La Monnaie a quitté sa salle pour une année pour cause de travaux) cet <em>Elixir d’amour </em>complètement déjanté semble avoir conquis le public, malgré quelques faiblesses.</p>
<p>Le Cirque Royal de Bruxelles qui accueille ce spectacle est une sorte de vaste amphithéâtre avec une scène centrale assez peu propice à l’opéra, une acoustique difficile et une atmosphère aussi peu festive que possible, très étrangère à la magie du théâtre. Tachant de transformer ces faiblesse en atouts, le metteur en scène <strong>Damiano Michieletto </strong>prolonge en quelque sorte l’été, puisqu’il a transposé l’action dans une station balnéaire italienne envahie par la foule des vacanciers : sièges en plastique, bouées fluo, château gonflable, jeux de plage, serviettes bariolées et accessoires en tout genre envahissent la scène dès le début du spectacle, créant un univers visuel complètement kitch, fourmillant de mille petites actions anecdotiques, joyeux portrait satyrique d’une classe moyenne toute préoccupée d’elle-même et soucieuse d’en profiter au maximum. Le metteur en scène est passé maître dans la mise au point très virtuose de tous ces détails, créant un univers parfaitement cohérant : Nemorino est le plagiste de ce lieu, Adina la propriétaire du bar, Dulcamara un petit dealer local soutenu par une marque de boissons énergisantes et Belcore une sorte d’Aldo Maccione, séducteur sur le retour. Tout cela est criant de réalisme, c’est à dire affreusement laid, et irrésistiblement drôle tant la transposition fonctionne bien. Le deuxième acte qui pourrait s’intituler « soirée mousse à Benidorm » pousse la caricature à son comble, ménageant quand même quelques moments d’émotion plus intime, notamment pour le grand air de Nemorino, chanté depuis le toit du bar. Le prix à payer pour tant de drôlerie, la faiblesse de cette conception, est qu’elle masque presque complètement une des dimension de l’œuvre, sa simplicité, son caractère naïf et touchant, réduits ici à la portion congrue ou enfouis sous les débordements en tout genre.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/8797_529press.jpg?itok=LzQk9gq8" title="Olga Peretyatko (Adina) et Dmitri Korchak (Nemorino) © Karl et Monica Forster" width="468" /><br />
	Olga Peretyatko (Adina) et Dmitri Korchak (Nemorino) © Karl et Monica Forster</p>
<p>Sur le plan musical, la production souffre – c’est peu dire – des conditions difficiles imposées par la disposition des lieux. L’orchestre (en tenue de plage lui aussi, il participe à la mise en scène), est placé derrière les chanteurs, de sorte que le chef ne voit pas le plateau (les chanteurs, eux, bénéficient d’un relai vidéo) ; il en résulte de nombreux décalages, une absence de connexion et, lorsqu’on est placé au parterre, une balance peu satisfaisante reléguant l’orchestre au second plan. Si on ajoute à cela une direction molle, sans relief, peu imaginative et pour tout dire peu inspirée de <strong>Thomas Rösner</strong>, on comprendra que le hiatus était grand entre l’orchestre et la mise en scène. La distribution bénéficie du brillant concours d’<strong>Olga Peretyatko</strong>, voix légère et souple, très précise dans ses vocalises, excellente comédienne de surcroit, qui campe Adina avec beaucoup d’entrain. Le ténor russe <strong>Dmity Korchak</strong> incarne Nemorino avec une touchante candeur et si la voix un peu nasillarde n’a pas toutes les richesses de timbre qu’on pourrait souhaiter, sa musicalité lui permet de donner au rôle beaucoup de présence et de substance dramatique, notamment lorsqu’il entame « una furtiva lagrima », le grand air du second acte particulièrement réussi. Moins convaincant vocalement que scéniquement, <strong>Aris Argiris</strong> (Belcore) peine à s’imposer au début du spectacle : la voix est peu timbrée, instable et sans charme. Cela s’arrange un peu au fil de l’action, mais l’impression première demeure néanmoins. Voix souple et chantante, le baryton basse espagnol <strong>Simón Orfila</strong> donne davantage de relief au rôle du Docteur Dulcamara, très caractérisé et bien enlevé malgré un vibrato trop large. <strong>Maria Savastano</strong> remplit efficacement et avec malice le petit rôle de Giannetta. Les chœurs, très nombreux et sans doute exagérément sollicités par la mise en scène, peinent un peu – à l’instar de l’orchestre – à trouver la précision, la variété d’expressions et de couleurs ainsi que l’énergie vocale qui conviendraient.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lelisir-damore-bruxelles-la-monnaie-plus-cest-laid-plus-cest-drole/">DONIZETTI, L&#039;elisir d&#039;amore — Bruxelles (La Monnaie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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