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	<title>Asmik GRIGORIAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 06 May 2026 14:32:34 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Asmik GRIGORIAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>TCHAïKOVSKI, Eugène Onéguine – New-York (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-new-york-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 06:01:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opéra retransmet pour la troisième fois dans les cinémas Eugène Onéguine dans la production de Deborah Warner. Diffusée lors de sa création en septembre 2013, avec dans les rôles principaux Anna Netrebko et Mariusz Kwiecen, spectacle qui a fait l’objet d’une parution en DVD, puis  lors de la reprise de 2017, toujours avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opéra retransmet pour la troisième fois dans les cinémas Eugène Onéguine dans la production de Deborah Warner. Diffusée lors de sa création en septembre 2013, avec dans les rôles principaux Anna Netrebko et Mariusz Kwiecen, spectacle qui a fait l’objet d’une parution en DVD, puis  lors de la reprise de 2017, toujours avec Netrebko face à Peter Mattei dans le rôle-titre, la voici de retour sur les écrans ce samedi 2 mai, sans doute pour mettre à l’honneur l’une des meilleures titulaires actuelles du rôle de Tatiana.</p>
<p>Deborah Warner a déplacé l’action à l’époque de la création de l’œuvre comme en témoignent les superbes costumes de <strong>Chloe Obolenski</strong> notamment lors du bal du dernier acte. En début de soirée, le rideau se lève sur l’intérieur de la propriété des Larina, le décor de <strong>Tom Pye</strong> représente une sorte de grange tout en longueur dans laquelle se trouvent des tables, des chaises, de la vaisselle. Le tableau du duel se situe sous la neige dans une campagne quasi désertique, faiblement éclairé par les premières lueurs du jour. Enfin le décor du troisième acte frappe par sa sobriété : quatre paires de colonnes gigantesques se détachant sur un fond bleuté et quelques chaises disséminées sur le plateau figurent la salle de bal dans laquelle les voix ont tendance à se perdre. Le dernier tableau ne se situe pas, comme à l&rsquo;accoutumée, à l&rsquo;intérieur de la demeure de Tatiana, mais en extérieur, avec toujours les mêmes colonnes au premier plan, derrière lesquelles on devine à nouveau un paysage enneigé dans la nuit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/EUGENE_ONEGIN_EVAN_ZIMMERMAN_8044_v002-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212846"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Eugène Onéguine © Evan Zimmermann / Met</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution, de haute volée, réunit pour les seconds rôles des chanteurs familiers de l’ouvrage. Ainsi, Filipievna et Madame Larina sont incarnées par <strong>Larissa Diatkova</strong> et <strong>Elena Zaremba</strong>, déjà présentes en 2017 dans les mêmes rôles. Les deux chanteuses ont conservé leurs moyens intacts, notamment Zaremba qui affiche une voix riche et pleine. Doté d’un timbre sonore, <strong>Richard Bernstein</strong> ne passe pas inaperçu en témoin de Lenski. Fine comédienne, <strong>Maria Barakova</strong> est une Olga à la voix fluide et juvénile qui évolue sur scène avec grâce et légèreté. Grand habitué du rôle, qu’il incarne depuis 2009, <strong>Tony Stevenson</strong> est un Monsieur Triquet délicieux à la diction française impeccable et au phrasé élégant. Ses couplets à l’attention de Tatiana sont chaleureusement applaudis. Le Prince Grémine trouve en <strong>Alexander Tsymbalyuk</strong> un interprète de choix, la noblesse de sa ligne de chant, la profondeur de son timbre et l’émotion qu’il insuffle à son air du dernier acte lui valent une ovation méritée. <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> campe un Lenski sanguin aux moyens imposants. Sa jalousie vis-à-vis d’Onéguine éclate de façon spectaculaire au cours de la fête chez les Larina mais c’est son grand air « Kouda, kouda, vy oudalilis » chanté tout en nuances, dans lequel transparait l’ampleur de son désespoir, qui déclenche l’enthousiasme du public. <strong>Iurii Samoilov</strong> possède un physique de jeune premier et un timbre onctueux qui ne manque pas de séduction, autant de qualité qui font de lui un Onéguine de choix. On pourrait cependant lui reprocher un excès d’arrogance au cours du premier acte. En revanche durant le bal à Saint-Pétersbourg et tout le duo final avec Tatiana, il exprime sa passion ardente et son tourment avec des accents poignants. <strong>Asmik Gregorian</strong> est sans conteste la grande triomphatrice de la soirée. Son incarnation traduit avec subtilité l’évolution psychologique du personnage, de la jeune fille naïve et un peu gauche du premier acte, à la femme élégante et maîtresse d’elle-même de la scène finale. Même si elle n’a plus tout à fait l’âge de la jeune Tatiana elle parvient à rendre convaincante la scène de la lettre en exprimant avec une sincérité désarmante l’intensité du premier amour. Lors du dernier tableau, c’est avec des accent déchirants qu’elle repousse les avances d’Onéguine. Une incarnation magistrale de bout en bout.</p>
<p>Au pupitre, le jeune chef <strong>Timur Zangiev</strong> propose une direction extrêmement dramatique avec des tempos retenus, notamment dans les airs, qui laissent s’épanouir les voix des protagonistes. Oublions quelques légers décalages dans le quatuor qui ouvre le premier acte et soulignons les splendeurs orchestrales qu’il déploie dans les danses et la polonaise du troisième acte.</p>
<p>Le 30 mai prochain, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live, <em>Le</em> <em>Dernier Rêve de Frida et Diego</em> de Gabriela Lena Frank, avec Isabelle Leonard dans le rôle de Frida Khalo.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-new-york-streaming/">TCHAïKOVSKI, Eugène Onéguine – New-York (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Affaire San Carlo : de nouveaux chanteurs cités</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/affaire-san-carlo-de-nouveaux-chanteurs-cites/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Apr 2026 06:39:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’enquête qui secoue le Teatro San Carlo de Naples continue de s’élargir au-delà des noms déjà évoqués comme Jonas Kaufmann et Stéphane Lissner (voir brève du 16 avril dernier). D’autres artistes lyriques de premier plan apparaissent désormais dans le dossier. La soprano américaine Sondra Radvanovsky a ainsi réagi après avoir été mentionnée dans l’affaire, contestant &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="40" data-end="267">L’enquête qui secoue le Teatro San Carlo de Naples continue de s’élargir au-delà des noms déjà évoqués comme <strong>Jonas Kaufmann</strong> et <strong>Stéphane Lissner</strong> (voir <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-et-stephane-lissner-au-coeur-dune-enquete-pour-detournement-presume-de-fonds-au-teatro-san-carlo/">brève du 16 avril dernier</a>). D’autres artistes lyriques de premier plan apparaissent désormais dans le dossier.</p>
<p data-start="269" data-end="478">La soprano américaine <strong>Sondra Radvanovsky</strong> a ainsi réagi après avoir été mentionnée dans l’affaire, contestant toute irrégularité concernant des prestations pédagogiques aujourd’hui examinées par les enquêteurs (voir ci-dessous).</p>
<p data-start="480" data-end="735">Le nom de la soprano lituanienne <strong>Asmik Grigorian</strong> est également cité. Son entourage a toutefois précisé qu’elle n’était pas visée par une procédure judiciaire et qu’elle avait été normalement rémunérée pour son travail au sein de l’institution napolitaine.</p>
<p data-start="737" data-end="972" data-is-last-node="" data-is-only-node="">L’enquête porte sur des versements liés à des activités telles que des masterclasses, dont certaines pourraient ne pas avoir eu lieu. À ce stade, aucune culpabilité n’est établie, et les artistes concernés défendent leur intégrité.</p>


<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/DXP46YWjatY/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/p/DXP46YWjatY/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; 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		<item>
		<title>A Toulouse, une saison 2026-27 riche en retrouvailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-toulouse-une-saison-2026-27-riche-en-retrouvailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 06:35:55 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=210666</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au mi-temps d&#8217;un cru 2025-26 déjà riche en réussites (Thaïs de Massenet, la rare Passagère de Weinberg, la reprise de Lucia di Lammermoor de Donizetti mise en scène par Nicolas Joel) et encore porteur de promesses (Verdi et Strauss arrivent, avec Otello et Salome), Christophe Ghristi a présenté à la presse la prochaine saison de l&#8217;Opéra national du Capitole de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au mi-temps d&rsquo;un cru 2025-26 déjà riche en réussites (<em>Thaïs</em> de Massenet, la rare <em>Passagère </em>de Weinberg, la reprise de <em>Lucia di Lammermoor </em>de Donizetti mise en scène par <strong>Nicolas Joel</strong>) et encore porteur de promesses (Verdi et Strauss arrivent, avec <em>Otello </em>et <em>Salome</em>), <strong>Christophe Ghristi</strong> a présenté à la presse la prochaine saison de l&rsquo;Opéra national du Capitole de Toulouse, qui occasionnera plusieurs retrouvailles attendues. Avec le répertoire d&rsquo;abord : la reprise de <em>Rusalka </em>de Dvorak dans la mise en scène somptueusement aquatique de<strong> Stefano Poda</strong> ouvrira les festivités, avec une distribution réunissant <strong>Ruzan Mantashyan</strong>, <strong>Pavol Breslik</strong> et <strong>Ricarda Merbeth</strong> sous la direction de <strong>Giacomo Sagripanti</strong>. Avec des œuvres plus entendues depuis longtemps ensuite : après cinquante ans d&rsquo;absence, le <em>Lohengrin </em>de Wagner fera son retour dans la ville rose, dans une nouvelle production d&rsquo;un habitué des lieux, <strong>Michel Fau</strong>, et avec une distribution que Christophe Ghristi a voulue « méridionale » (<strong>Michele Spotti</strong> dans la fosse, <strong>Airam Hernandez</strong> dans le rôle-titre, <strong>Chiara Isotton</strong> en Elsa, mais aussi la première Ortrud de <strong>Sophie Koch</strong>). <em>Peter Grimes </em>de Britten, n&rsquo;avait, de son côté, pas été joué depuis plus de 20 ans ; il reviendra dans la mise en scène signée <strong>David Alden</strong> pour l&rsquo;English National Opera, et permettra d&rsquo;entendre les débuts de <strong>Nikolai Schukoff</strong> dans le rôle éponyme, ainsi que ceux de <strong>Yolanda Auyanet</strong> en Ellen Orford, tandis que <strong>Frank Beermann</strong> sera à la baguette. Entre un <em>Barbier de Séville </em>mettant en lumière plusieurs étoiles montantes du chant rossinien sous la direction d&rsquo;<strong>Alfonso Todisco</strong> et un nouveau <em>Couronnement de Poppée </em>de Monteverdi confié à l&rsquo;Ensemble I Gemelli de <strong>Mathilde Etienne</strong> et <strong>Emilio Gonzalez Toro</strong>, avec notamment <strong>Adèle Charvet</strong> et <strong>Maximiliano Danta</strong> dans les rôles principaux, on guettera la création <em>in loco </em>du <em>Roi Arthus </em>de Chausson, que chantera pour la première fois <strong>Stéphane Degout</strong>. épaulé par <strong>Catherine Hunold</strong> et <strong>Bror Magnus Todenes</strong> (direction musicale <strong>Victorien Vanoosten</strong>, mise en scène <strong>Aurélien Bory</strong>). Ce dernier ouvrage dialoguera avec son lointain prédécesseur signé Purcell, ce <em>King Arthur </em>joué en version de concert par le Concert Spirituel de <strong>Hervé Niquet</strong>. De même, la <em>Médée</em> de Charpentier (également en concert, avec <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>,<strong> Juliette Mey</strong>, <strong>Frédéric Caton</strong> ou encore<strong> Claire Lefilliâtre</strong> et l&rsquo;Ensemble Les Epopées de <strong>Stéphane Fuget</strong>) fera écho à celle de Cherubini, jouée en fin de saison dans sa version italienne, avec les prises de rôle de <strong>Karine Deshayes</strong> et <strong>Roberto Alagna</strong> &#8211; retrouvailles là encore, et non des moindres puisque la dernière apparition du ténor français dans une production du Capitole date de&#8230; 1997 !</p>
<p>Aux côtés d&rsquo;une saison chorégraphique qui mettra à l&rsquo;honneur <strong>George Balanchine</strong> et <strong>Peter Martins</strong>, <strong>Hans van Manen</strong> et <strong>Edward Clug</strong> et proposera également une création de <strong>Benjamin Pech</strong> (<em>Les Trois Mousquetaires</em>) et un spectacle jeune public autour de la figure du Petit chaperon rouge (musique<strong> Benoît Menu</strong>, chorégraphie <strong>Andreas Heise</strong>), la saison des récitals, proposée à un tarif défiant toute concurrence (20 euros la place, et ça descend même à 5 euros pour les Midis du Capitole, qui permettront tout de même d&rsquo;entendre <strong>Sandrine Piau</strong> et <strong>David Kadouch</strong>, <strong>Jean-François Lapointe</strong> ou <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong>) confirme les ambitions de la maison en la matière : au programme, rien moins que <strong> Rachel Willis-Sorensen</strong>,<strong> Joseph Calleja</strong> ou encore <strong>Asmik Grigorian</strong>, qui se souvient être venue enfant à Toulouse, quand son père, le ténor Gegam Grigorian, y chantait. Encore une histoire de retrouvailles !</p>
<p>La réservation pour les abonnements ouvrira dès le 31 mars sur <a href="https://opera.toulouse.fr/">le site de l&rsquo;Opéra National Capitole de Toulouse</a></p>
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		<title>STRAUSS, Salome – Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2019, la production de Krzysztof Warlikowski transpose Salome dans un intérieur juif bourgeois des années 30-40. Les dates coïncident d&#8217;une part avec la montée du nazisme et, d&#8217;autre part, avec la fin brutale de l&#8217;âge d&#8217;or berlinois de la psychanalyse. Le décor est constitué d&#8217;une longue table décorée de ménorahs, d&#8217;une bibliothèque immense &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 2019, la production de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong> transpose <em>Salome</em> dans un intérieur juif bourgeois des années 30-40. Les dates coïncident d&rsquo;une part avec la montée du nazisme et, d&rsquo;autre part, avec la fin brutale de l&rsquo;âge d&rsquo;or berlinois de la psychanalyse. Le décor est constitué d&rsquo;une longue table décorée de ménorahs, d&rsquo;une bibliothèque immense mais saccagée (comme si des livres en avaient brutalement disparu, peut-être parce qu&rsquo;il s&rsquo;agissait « d&rsquo;art dégénéré »). Semblant enfermés dans cette demeure, les participants donnent l&rsquo;impression de rejouer l&rsquo;histoire de la princesse biblique, tout en regardant régulièrement vers une porte côté jardin, comme si à tout moment un danger pouvait en surgir. La Salome de Warlikowski n&rsquo;est pas dominatrice, pas trop séductrice, plutôt femme-enfant. Elle réclame ainsi la tête de Jochanaan avec des exaspérations d&rsquo;ado gâtée qui rappellerait presque Natalie Dessay dans <em>La fille du régiment</em>. Ce dernier n&rsquo;est pas vraiment davantage prisonnier que les autres : on le verra déambuler, cigarette aux lèvres, pendant la danse des sept voiles. Sans doute le prophète avait-il prédit qu&rsquo;il fallait fuir, mais personne ne l&rsquo;aura écouté. Par moment, le fond de scène s&rsquo;anime d&rsquo;une vidéo figurant un bestiaire biblique (une licorne, symbole de pureté, face à un loup, symbole de pulsion prédatrice, de violence sexuelle et de destruction de l&rsquo;innocence). Dans cette version, la relation malsaine entre Salome et Herodes s&rsquo;estompe toutefois largement. La danse n&rsquo;en est pas vraiment une, et aucun érotisme, aucune sensualité, aucune perversion sexuelle ne vient animer la scène, transformée en un dialogue muet entre la jeune fille et un danseur incarnant la mort. Pas davantage de tête coupée pour la scène finale, ni de baiser sur les lèvres de Jochanaan&#8230; Dans les dernières mesures, le bourreau ensanglanté tourne son pistolet vers les divers occupants de la demeure : ceux-ci craignaient un danger mortel venus de l&rsquo;extérieur, mais la mort était déjà à l&rsquo;intérieur. Comme toujours chez le metteur en scène polonais, on trouvera des références à demi cachées mais un peu vaines, propres à titiller les exégètes modernes, quitte à ce qu&rsquo;ils se crêpent le chignon sur les interprétations à donner (comme justement les cinq juifs de <em>Salome</em>). <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/salome-munich-la-grenouille-et-le-boeuf/">Notre confrère Yannick Boussaert en propose d&rsquo;ailleurs ici quelques unes</a>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/135-Salome_2026_c_G.Schied-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-209112"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied<br></sup></figcaption></figure>


<p>Les interprètes jouent le jeu de la mise en scène. La Salome d&rsquo;<strong>Asmik Grigorian</strong> est ainsi assez différente d&rsquo;incarnations dans un contexte lui laissant davantage de liberté interprétative (au hasard, en concert à Londres sous la baguette d&rsquo;Antonio Pappano). Le soprano lituanien reste toutefois une bête de scène, avec un jeu à la fois varié et moderne, réaliste. Comme semble le vouloir Warlikowski, sa Salome est dépourvue de perversité lubrique, mais ce n&rsquo;est pas non plus une pure jeune fille. Si le registre aigu ne lui pose aucun problème, la voix, très droite, manque par ailleurs de la largeur de timbre nécessaire pour exprimer ici une vraie sensualité. <strong>Wolfgang Koch</strong> met quelques minutes à chauffer sa voix, mais chante le rôle avec une grande facilité, sans jamais sembler forcer. Comme souvent, on reste confondu par l&rsquo;intelligence de l&rsquo;interprète. Le rôle d&rsquo;Herodes est parfois confié à des vieux chanteurs sur le retour compensant par leur histrionisme l&rsquo;usure de leurs moyens. Ce n&rsquo;est pas le cas de <strong>Gerhard</strong> <strong>Siegel</strong>, acteur subtil, très correctement chantant, sans fausseté, avec une belle projection, et c&rsquo;est d&rsquo;autant plus nécessaire que la mise en scène lui impose une relative sobriété : il n&rsquo;était pas possible ici de compenser le chant par un jeu outré. <strong>Claudia Mahnke</strong> est une Herodias tout aussi sobre, au timbre cuivré. <strong>Joachim Bäckström</strong> offre en Narraboth une voix particulièrement percutante, au métal d&rsquo;une clarté juvénile. <strong>Avery Amereau</strong> sait se faire remarquer dans le court rôle du page grâce à une voix bien projetée, une vraie capacité à dire le texte et une belle présence scénique. L&rsquo;ensemble des rôles secondaires sont excellemment tenus. Actuel directeur musical de l&rsquo;Opéra de Francfort, le jeune <strong>Thomas Guggeis</strong> (33 ans) offre une lecture plus hédoniste qu&rsquo;expressionniste. L&rsquo;orchestre sonne magnifiquement mais toujours proprement, sans véritable théâtre : pas de couleurs glauques, de tension morbide, d&rsquo;érotisme pervers. Au diapason de la mise en scène, la violence émotionnelle se retrouve ainsi quelque peu extériorisée.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich/">STRAUSS, Salome – Munich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Asmik Grigorian : le défi Carmen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/asmik-grigorian-le-defi-carmen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 06:13:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En attendant Isolde*, Asmik Grigorian s’apprête à ajouter à son palmarès – déjà glorieux – un des rôles les plus emblématiques du répertoire : Carmen de Bizet au Festival de Salzbourg 2026 – dans une production dirigée par Gabriela Carrizo et sous la baguette de Teodor Currentzis, à partir du 26 juillet, pour huit représentations, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En attendant Isolde*, <strong>Asmik Grigorian</strong> s’apprête à ajouter à son palmarès – déjà glorieux – un des rôles les plus emblématiques du répertoire : <em>Carmen</em> de Bizet au Festival de Salzbourg 2026 – dans une production dirigée par <strong>Gabriela Carrizo</strong> et sous la baguette de <strong>Teodor Currentzis</strong>, à partir du <strong>26 juillet</strong>, pour huit représentations, aux côtés de <strong>Jonathan Tetelman</strong> (Don José) et <strong>Kristina Mkhitaryan </strong>(Micaëla).</p>
<p>Ce choix artistique apparaît audacieux car le rôle est traditionnellement dévolu aux mezzo-sopranos. La soprano lituanienne, 44 ans, explique ne pas vouloir attendre un âge où la tessiture pourrait être encore plus problématique ; elle souhaite le chanter tant qu’elle en a la possibilité et l’énergie. Sa présence scénique et son tempérament incandescent suffiront-ils à renouveler l’un des mythes les plus rebattus de l’opéra ? Les attentes sont à la hauteur du pari.</p>
<pre>* cf. <a href="https://www.forumopera.com/asmik-grigorian-je-suis-quelquun-qui-ne-reve-pas-de-choses-quil-ne-peut-pas-avoir/">l’interview d’Asmik Grigorian par Thierry Verger</a> en septembre dernier</pre>
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		<title>Asmik Grigorian : « Je suis quelqu’un qui ne rêve pas de choses qu’il ne peut pas avoir »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/asmik-grigorian-je-suis-quelquun-qui-ne-reve-pas-de-choses-quil-ne-peut-pas-avoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Oct 2025 05:57:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Desdemona, est-ce vraiment un rôle pour Asmik Grigorian ? Est-elle quelqu’un en qui vous pouvez vous identifier ? Vous savez ce n’est pas une question que je me pose ; je n’ai encore jamais rencontré de rôle pour lequel je me serais dit : « Ce rôle n’est pas pour moi ». Et puis personne ne sait qui est Asmik Grigorian, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Desdemona, est-ce vraiment un rôle pour Asmik Grigorian ? Est-elle quelqu’un en qui vous pouvez vous identifier ?<br />
</strong>Vous savez ce n’est pas une question que je me pose ; je n’ai encore jamais rencontré de rôle pour lequel je me serais dit : « Ce rôle n’est pas pour moi ». Et puis personne ne sait qui est Asmik Grigorian, même pas moi-même ! En chantant de plus en plus de rôles je trouve des dualités en moi, des nuances, des couleurs de mon caractère que, sans cela, je n’aurais jamais découvertes. C’est une des plus belles caractéristiques de ce métier que j’aime tant que de pouvoir vivre autant de vies différentes durant une seule existence. Cela me donne tellement d’occasions d’apprendre à mieux me connaître ; et c’est aussi le cas du rôle de Desdémone. Je comprends cette femme. Vous voyez, moi-même j’ai été trahie, et je ne sais pas si c’est de la naïveté que de toujours vouloir trouver le bon côté des gens, même quand ce « bon côté » semble ne pas exister ! Je crois que c’est aussi et surtout une grande force intérieure.</p>
<p><strong>Vous pourriez refuser une mise en scène qui ne correspondrait pas à un rôle tel que vous l’imaginez ?<br />
</strong>Refuser non, discuter toujours ! Dans les vingt et un ans de ma carrière il ne m’est jamais arrivé de rencontrer un metteur en scène qui me dise : « Fais ci, fais ça » qui m’aurait contraint à faire ceci ou cela. Et si cela se produisait, il va de soi que je refuserais ; mais jusque-là nous avons toujours trouvé des terrains d’entente.</p>
<p><strong>Que pensez-vous aujourd’hui de l’équilibre entre metteur en scène et chef ?<br />
</strong>Si l’on compare avec une certaine époque où c’était le chef qui décidait de tout, de l’équipe artistique etc., il faut reconnaître que les choses ont beaucoup évolué et je dirais que les metteurs en scène ont repris toute leur place. Aujourd’hui je trouve qu’il y a une sorte d’équilibre entre les deux. Et si, par malheur, on se retrouve avec deux personnalités trop importantes, la cohabitation peut être délicate.<br />
Pour cet <em>Otello</em>, il s’agit d’une reprise, ce n’est donc pas une nouvelle production,  ce qui est très différent. Autant vous créez de A à Z un personnage dans une nouvelle production, autant vous devez vous fondre dans une reprise. Dans un sens la reprise est plus simple parce qu’il n’y a pas toute l’énergie à dépenser dans la conception d’un personnage ; mais d’un autre côté, il faut savoir se glisser exactement dans un rôle dont vous n’êtes pas maître <em>a priori</em>. Même si, quand on reprend un rôle, on peut changer des choses et j’ai toujours changé de petites choses, apporté ma touche personnelle aux personnages. Mais c’est vrai que je plains souvent les chanteuses qui doivent prendre ma suite dans les nouvelles productions que j’ai faites !<br />
Je tiens beaucoup à ce rôle de Desdemona, d’abord parce que la musique est d’une incroyable beauté et puis parce qu’il m’importe beaucoup de chanter, entre plusieurs rôles très dramatiques, des rôles plus lyriques, comme celui-ci, qui me conviennent particulièrement.</p>
<p><strong>Il y a eu cette </strong><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-hambourg/"><strong>Salome de Hambourg</strong></a><strong> avec Tcherniakov, la Senta de Bayreuth, toujours avec Tcherniakov. C’est un metteur en scène que vous appréciez particulièrement.<br />
</strong>Je considère Dmitri Tcherniakov comme l’un des quelques génies que j’ai eu la chance de côtoyer. En plus de cela il est quelqu’un qui m’est très cher ; il peut arriver que nous soyons plusieurs années sans nous voir, mais nous nous retrouvons toujours, je pense souvent à lui et je sais que c’est quelqu’un qui me comprend.</p>
<p><strong>Y a –t-il aussi des chefs dont vous êtes particulièrement proche ?<br />
</strong>Oui je m’entends artistiquement vraiment très bien avec Franz Welser-Möst, vous le savez [Asmik Grigorian a chanté sous sa direction <em>Salome</em> à Salzbourg en 2018, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/elektra-salzbourg-lorsque-tout-fait-sens/">Chrysothemis à Salzbourg en 2020 et 2021</a> et les trois rôles du <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-trittico-salzbourg-le-triomphe-dasmik-grigorian/"><em>Trittico</em> à Salzbourg en 2022</a> ] et j’ai vécu avec lui des moments que je n’oublierai jamais. Mais c’est toujours difficile de citer une seule personne, car il y en a tant que je porte dans mon cœur, qui m’ont tenue par la main, m’ont fait progresser durant toute ma carrière. J’ai vraiment eu une chance incroyable de rencontrer autant de personnes de talent et de générosité à mon endroit.</p>
<p><strong>Il y a eu aussi </strong><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-il-trittico-paris-bastille/"><strong>ce triomphe parisien avec <em>Il trittico</em></strong></a><strong><em>.<br />
</em></strong>Pour moi ce moment a été comme un conte de fée. Vous savez, au moment où arrive ce genre de choses, vous ne comprenez pas exactement ce qui se passe ; vous imaginez bien qu’il ne m’était jusqu’alors jamais arrivé que les musiciens <a href="https://www.forumopera.com/breve/pluie-de-roses-pour-asmik-grigorian-a-la-bastille/">d’un orchestre me jettent des fleurs</a> au moment des saluts comme cela s’est passé. Sur le moment vous ne comprenez rien et puis après, quand vous revivez ces moments par la pensée, vous vous rendez compte que ces gens vous donnent tant de marques de reconnaissance, d’amour. Je dois dire que cela a été l’un des plus beaux moments de toute ma vie.</p>
<p><strong>Y aurait-il des moments charnières dans votre carrière que vous auriez repérés ?<br />
</strong>C’est difficile à dire. Je pense qu’il y en a eu plusieurs. Vous savez, je crois que j’ai commencé ma carrière sans vraiment comprendre ce que je faisais, si je voulais vraiment de cette vie-là. Et puis il y a eu cette production en 2004 de Jonathan Miller [Donna Anna à Kristiansand en Norvège] qui a certainement été un moment important pour moi, car c’est là que je me suis dit que finalement j’aimerais tenter ma chance dans cette carrière. Ensuite bien sûr en 2006, quand j’ai décidé de chanter Musette et non pas Mimi [à l’opéra de Vilnius elle aura chanté les deux rôles]. Là je me suis dit : « Je vais réussir à trouver mon propre chemin et non pas celui édicté par mes parents ». J’ai chanté toutes sortes de rôles à cette époque et aujourd’hui je suis heureuse de l’avoir fait. Je ne pense pas que cela ait été une erreur de chanter des rôles déjà lourds avant trente ans. En tous cas si ce sont des erreurs je suis heureuse de les avoir faites ! En revanche 2012 a été une année très difficile pour moi avec aussi des problèmes de santé ; je n’arrivais plus à chanter comme je voulais. J’ai pris alors un certain nombre de décisions pour revoir ma technique. En fait ma carrière n’est pas une somme de moments clés, cela ressemble davantage à un long voyage.</p>
<p><strong>Votre voix a-t-elle changé durant ces vingt dernières années ?<br />
</strong>Je ne sais pas si ma voix a vraiment changé. Je dirais plutôt que j’ai appris comment bien utiliser mon instrument. Mais fondamentalement, je pense que m’a voix n’a pas changé.</p>
<p><strong>Des rôles encore dont vous rêvez ?<br />
</strong>Honnêtement je n’ai jamais rêvé de chanter tel ou tel rôle et pas davantage aujourd’hui. Il y a eu beaucoup de rôles que j’ai voulu chanter sous l’influence de ma mère. Chaque nouveau rôle est une sorte de voyage intérieur pour moi qui me permet aussi de mieux me connaître. Par exemple après avoir chanté Chrysothemis, je chanterai Elektra c’est sûr mais ce n’est pas à proprement parler un rêve. Il y aussi que mon agenda est tellement plein (actuellement jusqu’en 2031-32 je crois). Tellement d’ailleurs que j’ai décidé qu’après 2030, je ferai une pause de quelques années dans l’apprentissage de nouveaux rôles. Vous savez, apprendre de nouveaux rôles est épuisant. Et puis je vais vous dire :  je n’ai jamais eu le temps de « polir » mes rôles. J’aimerais avoir le temps d’approfondir les personnages. Par exemple Norma, l’un des rôles les plus fantastiques qui existent. Je sais que je peux le chanter très très bien, mais il faut du temps pour cela ! Voilà, il y a des rôles pour lesquels j’ai envie de m’arrêter pour réfléchir à ce que je veux en faire. J’ai parlé de Norma mais il y a aussi Isolde, qui est déjà prévu d’ailleurs. C’est typiquement un rôle qui ne peut pas être parfait dès la première fois, il faudra du temps pour le polir. Ou bien Turandot, qui nécessiterait d’être chanté souvent, et non pas avec des interruptions de plusieurs années.</p>
<p><strong>Y a-t-il alors des rôles dont vous auriez rêvé mais pour lesquels vous n’avez pas la voix ?<br />
</strong>Je suis quelqu’un qui ne rêve pas de choses qu’il ne peut pas avoir ! Rêver de chanter de tels rôles n’apporte que de la souffrance, et je n’aime pas souffrir. J’ai tellement de chance de posséder cette voix avec un tel éventail de possibilités !</p>
<p><strong>Vous avez évoqué vos parents. Votre père était chanteur, il a été votre professeur, votre mère était chanteuse, vous avez un frère chef d’orchestre. Y a –t-il une vie après l’opéra pour Asmik Grigorian ?<br />
</strong>Bonne question ! C’est vrai que l’opéra c’est toute ma vie comme depuis toujours et je crois d’ailleurs que cela le sera toujours. Mais le sens de la vie pour moi c’est la joie. Tant que l’opéra m’apportera cette joie, ce sera ma vie. Et actuellement c’est le cas. Je n’ai jamais eu le temps ni la chance d’avoir des hobbys. Il y a aussi le fait que je suis une mère de deux enfants. Or ce n’est vraiment pas facile d’avoir une vie « normale ». D’un autre côté j’ai conscience que je vis en ce moment le meilleur moment de ma carrière ; toutes les graines que j’ai semées ces vingt dernières années sont en train de se transformer en un magnifique jardin de fleurs. J’ai souvent envie de me poser et de me dire : « Regarde Asmik, profite maintenant ! » . J’ai du mal à le faire mais depuis quelques mois j’y pense sérieusement, parce que je sais que, tôt ou tard, tout cela aura une fin.</p>
<p><em>Propos recueillis dimanche 28 septembre 2025 au Teatro Real de Madrid</em></p>
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		<title>Récital Asmik Grigorian &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-asmik-grigorian-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Oct 2025 06:54:07 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=200104</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au début de l’année 2022, Asmik Grigorian et le pianiste russo-lituanien Lukas Geniušas faisaient paraître l’album Dissonance, consacré aux mélodies de Sergeï Rachmaninov, premier album de récital avec piano de la soprano lituanienne. Au printemps de la même année, tous deux entamaient une longue tournée de concerts (qui les a conduits notamment à Genève et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au début de l’année 2022, <strong>Asmik Grigorian</strong> et le pianiste russo-lituanien <strong>Lukas Geniušas</strong> faisaient paraître <a href="https://www.forumopera.com/breve/dissonance-un-manque-dharmonie-le-message-dasmik-grigorian/">l’album <em>Dissonance</em></a>, consacré aux mélodies de Sergeï Rachmaninov, premier album de récital avec piano de la soprano lituanienne. Au printemps de la même année, tous deux entamaient une longue tournée de concerts (qui les a conduits notamment à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/asmik-grigorian-en-recital-avec-lukas-geniusas-puissance-de-feu/">Genève</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovsky-rachmaninov-melodies-romances-bucarest/">Bucarest</a>), avec, toujours comme fil rouge, Rachamninov. Au gré des récitals, le programme pouvait être complété par des pièces d’autres compositeurs de l’Europe de l’Est.<br />
Tournée toujours en cours trois ans plus tard ; et elle va se poursuivre à Valence, Vienne, Luxembourg, Naples, New York en 2025 et Francfort en 2026. A l’occasion de sa venue à Madrid pour une reprise d’<em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovsky-rachmaninov-melodies-romances-bucarest/">Otello</a></em>, Asmik Grigorian propose ce concert aux Madrilènes, entre deux représentations du chef d’œuvre de Verdi.<br />
L’écrin est magnifique, le Teatro Real étant l’un des plus beaux théâtres à l’italienne qu’on puisse imaginer, avec une qualité acoustique assez confondante qui permet à la voix et au piano (dont le couvercle reste la plupart du temps entrouvert) de parfaitement diffuser dans l’immense salle. Programme chambriste, soirée entre amis.<br />
Lukas Geniušas est le compagnon de studio et de route d’Asmik Grigorian en cette tournée. Les morceaux qu’il a choisi d’intercaler entre deux romances chantées se fondent admirablement dans l’économie d’ensemble du programme. On retiendra la romance en fa mineur op. 5 de Tchaïkovski, qui prolonge la rêverie de <em>Une larme tremble</em> qui précède, rendue tout en délicatesse et, en seconde partie le dernier des treize préludes de l’opus 32 de Rachmaninov dans lequel Geniušas fait montre d’une vista et d’une virtuosité enviables. D’une façon générale, il sera un accompagnateur discret et attentif. De toute évidence, ces deux-là n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre.<br />
Grigorian, dans la veine de son enregistrement studio, donne dans la nostalgie et la romance. Une première partie est consacrée à Tchaïkovski. Six romances qui nous parlent d’amour, de souffrance et de mélancolie. Les registres médian voire grave sont à l’ordre du jour. Toute une chaleur les habite ; nul n’est besoin de forcer la voix pour dire la peine et l’espoir ; souvent le public saura respecter le silence entre deux pièces.<br />
Dans la seconde partie, consacrée à Rachmaninov, c’est la complexité de l’âme torturée et la violence des sentiments qui sont illustrées, confinant à la <em>Dissonance</em>, qui donne son titre à l’album et sa conclusion au concert. Et c’est alors (<em>Ne chante pas pour moi</em>) que la voix se débride et se permet quelques rares incursions dans le <em>forte</em>.<br />
Mais ce soir l’intensité n’est pas dans la puissance de la voix, mais dans l’évocation de sentiments authentiques.</p>
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		<title>VERDI, Otello &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-otello-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Somptueuse ouverture de saison au Teatro Real de Madrid avec la reprise de l’Otello, produit in loco en 2016 par David Alden. Douze représentations resserrées sur trois semaines avec en alternance pas moins de trois distributions. David Alden la joue sûr en réduisant les décors au minimum et en situant l’action à une période indéterminée, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Somptueuse ouverture de saison au Teatro Real de Madrid avec la reprise de l’<em>Otello</em>, produit <em>in loco</em> en 2016 par <strong>David Alden</strong>. Douze représentations resserrées sur trois semaines avec en alternance pas moins de trois distributions.<br />
David Alden la joue sûr en réduisant les décors au minimum et en situant l’action à une période indéterminée, son propos, tel qu’il l’explicite lui-même, étant avant tout de peindre la violence des sentiments humains et leurs conséquences, quitte à s’extraire du contexte original. Ce ne sont pas tant les aléas d’un livret un peu alambiqué qui l’intéresse que les ressorts humains que ceux-ci mettent en œuvre. Ainsi, Otello ne se cache pas quand Iago fait parler Cassio de sa prétendue liaison avec Desdemona (III), Desdémone n’est pas allongée dans son lit (pour l&rsquo;anecdote dépourvu d’oreiller !) en attendant la mort, et Iago ne s’enfuit pas au finale quand il est démasqué. Car ce qui compte c’est en quelque sorte l’essentialisation des personnages, leur implacable logique et, <em>in fine</em>, leurs funestes destins ; Iago n’est pas un traitre, Desdémone une blanche colombe et Otello un guerrier furieusement jaloux. Tous trois figurent en réalité un infernal triangle vicieux avec en ses sommets la traîtrise, la candeur et le féminicide.<br />
Alors oui, nous apercevons bien les murailles d’un château-forteresse, les éclairs d’un orage-tempête, nous assistons bien à un semblant de beuverie qui dégénère en bagarre généralisée, mais c’est à peu près tout. La scène est en permanence vide ou quasiment, mais ce vide n&rsquo;est pas gênant en soi car il est l’espace dans lequel la complexité du drame va pouvoir se mouvoir à sa guise.<br />
A cet égard le quatrième acte est un modèle du genre. Toujours le même fond de scène, les murailles du château-forteresse, nous ne sommes donc évidemment pas dans une chambre. Le lit en fer avec juste un matelas et un traversin est plaqué à droite de la scène, à peine visible. Desdemona ne le rejoindra qu’après avoir déambulé sur la chanson du saule et l’Ave Maria. Mais elle ne s’y couchera pas. Elle s’assoit en bord de lit et fait face à la porte qui s’ouvre de l’autre côté de la scène, comme faisant face à son destin. L’ombre projetée géante d’Otello apparaît d’abord. Il entre, reste en retrait, ne s’approche pas. Leur dialogue se fait à distance, rien ne peut plus les rapprocher et quand, dans sa folie meurtrière, le mari s’approche brutalement de sa femme, il l’embrasse d’abord, désespérément, avant de l’étrangler avec une brutalité sans nom. Et il n’y aura pas d’ « ultimo baccio ». Que dire alors de ce Iago qui, finalement confondu, reste là, assis en fond de scène, dans l’ombre, comme indifférent. Finalement c’est bien lui le maître du jeu, sorte de satanique <em>deus ex machina</em>  (Verdi avait initialement pensé à <em>Iago</em> comme titre de cette œuvre) ; il assiste à la conclusion d’un drame dont il aura tiré toutes les ficelles, du début à la fin. Il reste seul après la mort d’Otello. Tout est fait, donc, pour décontextualiser le drame, le montrer dans sa crudité la plus nue et son évidente contemporanéité.<br />
Tout n’est pas pleinement réussi dans cette mise en scène où la conduite d’acteurs est parfois réduite au strict minimum et où l’aura des personnages est confiée au seul talent des chanteurs. On aura ainsi eu du mal à comprendre pourquoi Desdemona est montrée au II costumée en héroïne de Charlotte Brontë avec robe longue, chapeau élégant et ombrelle, et ce qu’apporte à la compréhension de l’ouvrage la partie de fléchettes à laquelle se livrent Iago et Otello, avec comme cible une icône orientale de la Vierge, peinte sur bois.<br />
Le chœur de voix d’hommes et de femmes du Teatro Real est fourni ; il se tire bien d’une partition où les pièges (surtout au début du I) sont nombreux. Bonne synchronisation avec l’orchestre et un italien de qualité. <strong>Nicola Luisotti</strong>, principal chef invité à Madrid, a tout compris de la densité du drame. Le solo de contrebasses qui précède l’arrivée d’Otello au IV en a fait frémir plus d’un. Le hautbois du « Salice » est de toute beauté. C’est la conduite de l’ensemble qui nous aura davantage surpris avec notamment quelques retenues à l’orchestre là où on aurait attendu que les chevaux se libèrent.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Otelo25-2943-1294x600.jpg" />© Javier del Real</pre>
<p>Nous assistons au Cast A (seuls les trois protagonistes principaux sont en alternance). <strong>Enkelejda Shkoza</strong> (Emilia) met à profit sa menue partition au IV pour séduire la salle. La mezzo albanaise démontre en effet une vigueur dans le jeu et dans la voix qui rendent parfaitement crédible son personnage, souvent montré comme restant dans l’ombre. Les personnages de Roderigo (<strong>Albert Casals</strong>), Lodovico (<strong>In Sung Sim</strong>) et Montano (<strong>Fernando</strong> <strong>Radó</strong>) se fondent dans le drame et y prennent toute leur place. <strong>Airam</strong> <strong>Hernández</strong> est un Cassio dépassé par les événements. La voix est claire et passe bien la rampe de l’immense scène du Teatro Real.<br />
Le point commun aux trois chanteurs des rôles principaux est certainement de gommer toutes les aspérités qui affaibliraient la crédibilité de leurs discours. Il n’y a chez eux aucune exacerbation des caractères, nulle tentative de caricaturer les personnages en poussant à leurs extrêmes les particularités de leurs caractéristiques psychologiques. En ce sens, ils servent parfaitement le propos du metteur en scène explicité plus haut.<br />
<strong>Gabriele Viviani</strong> est un Iago perfide certes, manipulateur bien sûr, mais pas d’accent diabolique ou grinçant, pas de venin dans la voix. Viviani est un acteur hors pair ; son baryton est juste, plus faible toutefois dans les tréfonds de la gamme (monologue du II) mais la puissance ne fait pas défaut. <strong>Asmik Grigorian</strong> devient pleinement Desdemona à partir du III où elle surplombe de toute la puissance et la plénitude de son aura l’ensemble à l’arrivée de l’envoyé de Venise. Et que dire de son IV, porté à incandescence par une Grigorian qui tirerait les larmes aux murailles du château-forteresse. C’est peu de dire qu’elle habite Desdemona, elle en partage toutes les émotions, elle qui sait la mort venir et fait défiler devant elle toute l’existence. Il faut pour cela une infinité de moyens pour chanter la cruauté, l’horreur d’une mort aussi inattendue qu’injuste, la piété d’un Ave Maria de jeune moniale ou encore le désespoir déchirant d’un ultime « Addio » tragique lancé à Emilia. Grigorian, on le sait, est actuellement au sommet de son art, prions pour qu’elle y reste !<br />
<strong>Brian Jagde</strong> n’est définitivement pas un Otello guerrier, baroudeur, rustre ou fruste. Il n’est qu’un mari jaloux, naïf, emporté par les élucubrations d’un faux-frère. Timbre clair, sans aucune raucité ni ombre dans la voix qui enrichirait la peinture du personnage. Son « Esultate » d’entrée est percutant à souhait et, d’une façon générale, rien de ce qui est puissant dans le rôle ne lui fait peur. C’est, au final, une parfaite adéquation entre l’Otello voulu par Alden et celui proposé à Jagde. Et ce n’est pas rien.</p>
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		<title>Récital Asmik Grigorian &#8211; Bucarest</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovsky-rachmaninov-melodies-romances-bucarest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 07:03:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De ce George Enescu Festival, fondé en 1958, on ne chantera jamais assez les louanges. Et ce n&#8217;est pas cette 27e édition, sous la direction artistique depuis 2022 de Cristian Macelaru (directeur musical de notre Orchestre national de France, pour ceux qui ne suivraient pas), qui dérogera. Conçu pour alterner une année sur deux avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De ce <strong>George Enescu Festival, </strong>fondé en 1958, on ne chantera jamais assez les louanges. Et ce n&rsquo;est pas cette 27e édition, sous la direction artistique depuis 2022 de Cristian Macelaru (directeur musical de notre Orchestre national de France, pour ceux qui ne suivraient pas), qui dérogera. Conçu pour alterner une année sur deux avec le <strong>Concours international George Enescu</strong>, le festival dont Zubin Mehta est le Président honoraire, se déroule désormais , non seulement à Bucarest mais aussi dans d&rsquo;autres villes sises dans les belles régions de la Roumanie – ceci sous l&rsquo;impulsion de la jeune et dynamique directrice exécutive de cette manifestation (une des plus importantes en Europe de l&rsquo;Est), Cristina Uruc. Cette dernière nous rappelant que malgré les graves difficultés politiques d&rsquo;il y a quelques mois, le Ministère de la Culture roumain n&rsquo;a jamais remis en question cette nouvelle édition. Bien au contraire, elle représente assurément les idéaux de rencontre et de partage démocratiques. Cette 27e édition réunit depuis le 24 août jusqu&rsquo;au 21 septembre l&rsquo;élite des artistes, des formations et orchestres du monde. Les Français semblent encore ignorer ce festival, et c&rsquo;est bien dommage puisqu&rsquo;aux charmes slaves (entre Art Déco et architecture brutaliste soviétique) des salles de concert de la capitale et ceux du pays se marie une proposition hallucinante en termes de qualité : quatre mille artistes des plus plébiscités dans cent concerts (pour chaque week-end, quatre concerts de 11h à 22h) donnant à voir et à entendre quarante-cinq œuvres du compositeur George Enescu (dont l&rsquo;opéra<em> Oedipe</em> cette année), des hommages à Maurice Ravel (150 ans de sa naissance), à Arvo Pärt (90 ans cette année), à la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen (fondée il y a 45 ans), au Danish National Symphony Orchestra (fondé il y a 100 ans), le Transylvania Philharmonic Orchestra créé 70 ans auparavant à Cluj, sans oublier le George Enescu Philharmonic Choir &#8211; et bien-sûr des ballets, des opéras, de la musique de chambre et symphonique. Le violoniste <strong>David Grimal</strong> a par ailleurs dirigé l&rsquo;habituel stage de jeunes musiciens début septembre, Les Lumières d&rsquo;Europe Academy.</p>
<p>Parmi tant de belles propositions, un des concerts de minuit (commençant à 22h30) avec à l&rsquo;affiche le récital d<strong>&lsquo;Asmik Grigorian</strong> accompagnée par <strong>Lukas Geniusas</strong> semblait incontournable. Et ce fut une petite déception. Dans la belle salle du Romania Athenaeum, le public est présent en nombre. Le programme est celui de la tournée européenne de la soprano lituanienne : des extraits de recueils de mélodies et de romances de Piotr Ilitch Tchaïkovski et de Serge Rachmaninov, auquel s&rsquo;ajoute le <em>Nocturne en</em> <em>ré bémol majeur</em> de George Enescu (une œuvre impressionnante mais de plus de vingt minutes, nuisant à l&rsquo;équilibre du récital). Ces recueils de mélodies et de romances ont en commun la langue russe des textes de grands poètes choisis par les deux compositeurs, la sensibilité toute slave de l&rsquo;expression musicale, tout un petit théâtre parcourant l&rsquo;étendue des sentiments, des lieux, des personnages du folklore national. Avec Tchaïkovski, nous voilà d&rsquo;abord « Au milieu du vacarme du bal » (opus 38), la valse au piano accompagnant la naissance de l&rsquo;amour, avant le constat d&rsquo;échec de la mélodie n° 6 (« De nouveau seul, comme avant », opus 73), composée quelques mois avant sa mort. Cette tristesse précède la cantilène de la mélodie n° 4 de l&rsquo;opus 6, « Non, seul celui qui connaît la nostalgie », au ton plus noble, moins déchirant. L&rsquo;interprétation de la chanteuse verse cependant (souvent excessivement) dans l&rsquo;éloquence opératique pour un répertoire plutôt dédié aux confidences et aux hymnes subtiles (« Je vous bénis, forêts, vallées&#8230; » opus 47). Jusqu&rsquo;à la fin du récital, y compris avec certains airs de Rachmaninov, Asmik Grigorian ne ménage pas assez l&rsquo;oreille de l&rsquo;auditeur, faisant un peu trop étalage de sa large amplitude vocale. La riche et sombre texture de son timbre de soprano lyrique est remarquable, mais les hautes notes semblent artificiellement tenues. Même si elle sait chanter mezza voce, recourir à d&rsquo;expertes variations dynamiques, à aucun moment l&rsquo;émotion ne surgit. La sérénade de la mélodie n° 3 (opus 4) nous laisse de glace, de même que dans la romance n°4 (« Ma jolie, ne chante pas », opus 4) la souplesse de la voix épouse bien les variations du sentiment mais sans réelle puissance d&rsquo;évocation. Elle n&rsquo;est pas vraiment aidée par son remuant pianiste, qui semble vouloir rivaliser avec elle (si certaines pièces se caractérisent par de longues introductions et conclusions, force est de constater que Lukas Genusias n&rsquo;a pas encore trouvé sa place d&rsquo;accompagnateur). Ce sera ainsi jusqu&rsquo;à la fin du récital, où la mélodie « Dissonans » (opus 34) de 1912, vrai air d&rsquo;opéra, permet encore à Asmik Grigorian de montrer ses vastes capacités, sans parvenir à nous intéresser au désespoir de la jeune fille qu&rsquo;elle interprète. Tout le contraire de l&rsquo;interprétation la veille des <em>Folk Songs</em> de Luciano Berio par Magdalena Kozena. Accompagnée par le grand Daniel Harding à la tête de l&rsquo;Orchestre de l&rsquo;Académie Sainte-Cécile, la mezzo tchèque a su déployer une science technique jamais dénuée de sensibilité. Même si son timbre s&rsquo;est un peu durci, la chanteuse a su, elle, nous happer grâce à une incarnation des plus foisonnantes et poétiques.</p>
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		<title>Bayreuth 2026 : demandez – déjà – le programme !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2026-demandez-deja-le-programme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 09:42:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A peine les portes de l’édition 2025 se sont-elles refermées sur le Festspielhaus que les regards se tournent vers l’édition du Jubilé. En 2026, Bayreuth célèbrera les 150 ans d’existence des Bayreuther Festspiele et le programme vient d’en être communiqué. Après le désormais traditionnel (et gratuit) Festspiel Open-Air, l’édition s’ouvrira le 25 juillet avec la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A peine les portes de l’édition 2025 se sont-elles refermées sur le Festspielhaus que les regards se tournent vers l’édition du Jubilé.<br />
En 2026, Bayreuth célèbrera les 150 ans d’existence des Bayreuther Festspiele et le programme vient d’en être communiqué.<br />
Après le désormais traditionnel (et gratuit) Festspiel Open-Air, l’édition s’ouvrira le 25 juillet avec la <em>IXe symphonie</em> de Beethoven (<strong>Thielemann</strong> / <strong>van den Heever</strong>, <strong>Mayer</strong>, <strong>Beczala</strong>, <strong>Zeppenfeld</strong>).<br />
Puis <em>Rienzi</em> sera donné pour la première fois <em>in loco</em> (cast non encore connu). Il y aura cette année trois cycles complets d’un <em>Ring</em> mis en scène par l’IA, sous le patronnage de <strong>Christian Thielemann </strong>(<strong>Vogt</strong>, <strong>Volle</strong>, <strong>Nylund</strong>, <strong>Kissjudit</strong>, van den Heever, <strong>Kares</strong>). <em>Der</em> <em>fliegende</em> <em>Holländer</em> (avec la Senta d&rsquo;<strong>Asmik</strong> <strong>Grigorian</strong>) et <em>Parsifal</em> (<strong>Schager</strong>, Volle, Zeppenfeld) sont également à l&rsquo;affiche.<br />
Tout le programme est à <a href="https://www.bayreuther-festspiele.de/programm/spielplan/">découvrir sur le site du Festival</a>.</p>
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