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	<title>Aurélie JARJAYE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Aurélie JARJAYE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Questionnaire de Proust : Aurélie Jarjaye</title>
		<link>https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-aurelie-jarjaye/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 May 2024 04:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le grand public a pu la découvrir et l&#8217;apprécier à l&#8217;occasion de l&#8217;édition 2023 de Musique en fêtes. Aurélie Jarjaye fait partie de cette nouvelle et riche génération de chanteurs en train de s&#8217;installer dans le paysage de l&#8217;opéra et qui nous permettent d&#8217;envisager avec optimisme la relève lyrique. Avant de répondre à notre Questionnaire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le grand public a pu la découvrir et l&rsquo;apprécier <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/musiques-en-fete-2023/">à l&rsquo;occasion de l&rsquo;édition 2023 de Musique en fêtes</a>. <strong>Aurélie Jarjaye</strong> fait partie de cette nouvelle et riche génération de chanteurs en train de s&rsquo;installer dans le paysage de l&rsquo;opéra et qui nous permettent d&rsquo;envisager avec optimisme la relève lyrique.</p>
<p><strong>Avant de répondre à notre Questionnaire de Proust, pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos prochains débuts en Juliette à Hong Kong le 11 mai prochain ?</strong></p>
<p>C&rsquo;est le rôle que j&rsquo;attendais depuis toujours ! <em>Roméo et Juliette</em> de Shakespeare est une œuvre universelle, qui parle à tout le monde. Juliette est un rôle intense, passionnant pour une chanteuse. On traverse tellement d&rsquo;états émotionnels et le personnage évolue si vite sur scène que l&rsquo;on peut vraiment explorer toutes nos capacités&#8230; Ce rôle correspond à mon énergie, c&rsquo;est un réel plaisir de jouer ce côté juvénile et insouciant mais également ce feu dramatique que l&rsquo;on peut donner en scène, jusqu&rsquo;au bout du cinquième et dernier acte. Je rêvais de faire ce rôle! J&rsquo;ai la chance aussi d&rsquo;être entourée de collègues fabuleux et bienveillants, qui répondent et accompagnent notre propre personnalité sur scène. Je pense que c&rsquo;est un vrai partage que l&rsquo;on vit tous ensemble. Kévin Amiel fait ses débuts en Roméo à mes côtés, on s’aide mutuellement, on échange, on a la même vision de l&rsquo;œuvre, des rôles, on a aussi la même énergie donc c&rsquo;est un vrai travail commun et naturel et c&rsquo;est parfait pour créer quelque chose de beau.<br />
C&rsquo;est incroyable de présenter cette oeuvre et l&rsquo;art français à l&rsquo;international. L&rsquo;idéal aujourd&rsquo;hui après Hong-Kong, serait de jouer Juliette à nouveau en Europe et bien sûr en France !</p>
<p><strong>Mon meilleur souvenir dans une salle d&rsquo;opéra :</strong><br />
La première fois que je suis allée à l&rsquo;opéra. C&rsquo;était pour voir <em>Chantons sous la pluie</em>, dans une mise en scène de Jean-Louis Grinda à l&rsquo;Opéra d&rsquo;Avignon. En voyant ce spectacle, je découvrais que la scène était un rêve à l&rsquo;état pur. Cela a créé un déclic au plus profond de mon être.</p>
<p><strong>L&rsquo;expérience qui m&rsquo;a le plus inspirée :</strong><br />
C&rsquo;est un voyage. Il y a quelques années, je suis partie seule avec mon sac à dos pendant 3 semaines au Pérou. J&rsquo;ai appris une chose essentielle: ce qu&rsquo;était de vivre pleinement le moment présent. Qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien de plus vrai. D&rsquo;être en communion avec ce qui nous entoure, la nature, les gens. Avec notre métier nous devons sans cesse penser à la prochaine saison, au prochain rôle, au futur en somme&#8230;<br />
Là, comme je suis en train de faire ma première Juliette, je me concentre et profite de chaque répétition, chaque journée passée aux côtés de ce rôle. Je m&rsquo;organise en amont pour ne penser à aucun autre projet le temps de la production. Et ça change la vie!</p>
<p><strong>Les rencontres qui m&rsquo;ont fait évoluer :</strong><br />
Mon professeur de chant, Heidi Brunner, ma coach mentale Caroline Hurtut, et Claire Avias, styliste. Des femmes incroyables chacune dans leur travail.</p>
<p><strong>Un livre qui m&rsquo;a bouleversé :</strong><br />
<em>Lettre d’une inconnue</em> de Stefan Zweig</p>
<p><strong>Mon plus grand moment de grâce face à une œuvre d&rsquo;art :</strong><br />
<em>Les Nymphéas</em> de Monet au Musée de l&rsquo;Orangerie à Paris.</p>
<p><strong>La ville où je me sens chez moi :</strong><br />
En Provence, proche de mes racines, bien sûr ! Par contre ma ville de cœur est Vienne. J&rsquo;y ai vécu quelques années. Mais quand on fait ce métier, on doit faire en sorte de se sentir bien dans chaque endroit où l’on se trouve, être citoyen du monde, du moins essayer de vivre ces moments comme une découverte.</p>
<p><strong>La ville qui m&rsquo;angoisse :</strong><br />
Je vis à la campagne, je dirais donc plutôt tout endroit où il y aurait trop de monde, trop de bruit ! J&rsquo;aime Paris mais avec parcimonie&#8230; Haha !</p>
<p><strong>Ce qui dans mes origines, mon pays, me rend la plus fière :</strong><br />
La beauté de ma Provence, ma terre natale. La langue française, l&rsquo;élégance. Et bien évidemment notre culture, elle est exceptionnelle depuis des siècles. C&rsquo;est un trésor pour tout un chacun, c&rsquo;est le reflet même de notre humanité, je trouve que ce doit être un devoir de la perpétuer et non la malmener.</p>
<p><strong>Le metteur en scène avec qui j&rsquo;aimerai travailler :</strong><br />
Il est bon d&rsquo;apprendre de chacun tant que cela se fait dans le respect du chanteur et de l&rsquo;œuvre. Sinon, il n&rsquo;est plus de ce monde mais j&rsquo;aurais aimé rencontrer Patrice Chéreau.</p>
<p><strong>Le chef qui m&rsquo;a le plus appris :</strong><br />
Bertrand de Billy. Le premier chef qui m&rsquo;a offert mes premiers concerts avec orchestre. Même le voir diriger depuis la salle est déjà une leçon.</p>
<p><strong>Si je n&rsquo;avais pas été chanteuse, qu&rsquo;aurais-je fait dans la vie :</strong><br />
Chanteuse ! 🙂<br />
En réfléchissant, hôtesse de l&rsquo;air ou psychologue&#8230; mais, tout de même, chanteuse, c&rsquo;est bien !</p>
<p><strong>Si je pouvais être virtuose d&rsquo;un instrument du jour au lendemain :</strong><br />
Même après plus de 15 ans de piano je ne suis pas devenue virtuose donc je dirai le piano (pour m&rsquo;éviter des tonnes d&rsquo;heures de travail en plus) mais sinon, le violoncelle, c&rsquo;est l’instrument dont le son se rapproche le plus de la voix&#8230;</p>
<p><strong>Un opéra dont j&rsquo;aurais voulu être la créatrice du rôle-titre :</strong><br />
<em>Tosca</em> ! Car c&rsquo;est aussi le tout premier opéra que j&rsquo;ai écouté lors d&rsquo;un cours au conservatoire et c&rsquo;est ce qui m&rsquo;a fait aimer l&rsquo;art lyrique !</p>
<p><strong>Le chanteur du présent que je trouve d&rsquo;une générosité rare :</strong><br />
Il y a des êtres extrêmement passionnés qui se donnent entièrement à la scène (je suis de cette famille-là). J&rsquo;aime à penser tout de même que tous les chanteurs ont quelque chose de généreux dès le moment où ils entrent en scène. C&rsquo;est un don de soi. C&rsquo;est comme ça que je vois les choses. On laisse un peu de nous à chaque fois que l&rsquo;on rencontre un public.</p>
<p><strong>Si j&rsquo;étais un personnage Disney :</strong><br />
<em>Pocahontas</em>, un de mes tout premiers Disney. Pour sa force, son courage, l&rsquo;harmonie avec la nature qu&rsquo;elle incarne&#8230;</p>
<p><strong>Mon plus grand moment d&#8217;embarras : </strong></p>
<p>Je suis un peu myope&#8230; Lors de <em>Musiques en Fêtes</em> aux Chorégies d&rsquo;Orange, j&rsquo;ai totalement ignoré le présentateur Cyril Feraud en pensant qu&rsquo;il s&rsquo;adressait à quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre en coulisses, et je n&rsquo;ai pas vu le top depart de mon entrée, on m&rsquo;a attendu quelques secondes de trop… Depuis, je porte des lentilles !!!</p>
<p><strong>Le compositeur auquel j&rsquo;ai envie de dire « Mon cher, ta musique n&rsquo;est pas pour moi » :</strong><br />
Boulez</p>
<p><strong>Ma personnalité historique préféré :</strong><br />
Nelson Mandela. Je me suis beaucoup documentée sur sa vie. Quelle abnégation, quel courage.</p>
<p><strong>Si j&rsquo;étais un lied ou une mélodie :</strong><br />
J&rsquo;ai une grande passion pour les deux, difficile de choisir, je citerai donc des compositeurs : Poulenc pour la mélodie et Strauss et Schubert pour le lied (j&rsquo;ai même appelé mon chien Schubert&#8230;)</p>
<p><strong>Ma devise :</strong><br />
À cœur vaillant, rien d’impossible !</p>
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		<title>Musiques en Fête &#8211; Orange</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/musiques-en-fete-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Musiques en Fête, incontournable levé de rideau des Chorégies, donne chaque année un avant-gout de la parure revêtue par le festival. Cette année, la volonté affichée par Jean-Louis Grinda est de placer les Chorégies sous le signe du renouveau et cela se remarque dès cette parenthèse introductive, grande fête populaire de l’art lyrique. Outre les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Musiques en Fête</em>, incontournable levé de rideau des Chorégies, donne chaque année un avant-gout de la parure revêtue par le festival. Cette année, la volonté affichée par <strong>Jean-Louis Grinda</strong> est de placer les Chorégies sous le signe du renouveau et cela se remarque dès cette parenthèse introductive, grande fête populaire de l’art lyrique. Outre les nombreux nouveaux talents mis sur le devant de la scène du Théâtre antique, le programme traditionnellement pluriel, a été recentré sur la voix et l’opéra avec des solos, duos, trios, quatuors et même un hilarant  septuor, allant du <em>Bel Canto</em> au répertoire dramatique, en passant par le Baroque. « Cette année, j’ai voulu renouveler les distributions avec de nouvelles voix que je suis allé chercher un peu partout et qui participent de l’espoir que l’opéra perdure en dépit de tous les Cassandre ! Et puis j’ai voulu en même temps renouveler le répertoire avec des œuvres que pour la plupart nous n’avons pas encore entendues à Musiques en Fête »<em>,</em> nous a confié <strong>Alain Duault, </strong>concepteur historique du programme.</p>
<p>Lundi soir, <em>Musiques en fêtes</em>, s’est donc décliné sur un air nouveau. La famille s’est enrichie de jeunes visages, et parmi ceux-ci, l’heureuse surprise de ce florilège vocal, la soprano d’origine éthiopienne <strong>Mariam Battistelli</strong>. Débordant d’énergie, facétieuse, elle reprend ici avec brio le rôle de Musetta qu&rsquo;elle avait déjà interprété à Monte Carlo en 2020. On peut aujourd&rsquo;hui mesurer tout le chemin parcouru par la jeune chanteuse depuis sa prestation monégasque. Son passage par l’Ecole de perfectionnement du Palais des Arts de la Reine Sofia, lui a été manifestement bénéfique.  Elle interprète Musette avec une facilité et une décontraction qui montre déjà tout du potentiel de la jeune soprano. Autre attraction vocale de la soirée, la mezzo-soprano <strong>Anna Goryachova</strong>, qui a fait sensation l&rsquo;année dernière en Roméo dans <em>I Capuletti et I Montecchi, </em>se lance ici dans le répertoire baroque avec « Venti, turbini, prestate » du <em>Rinaldo</em> de Haendel avec des moyens vocaux exceptionnels servis par un timbre à la fois sombre et moiré conférant à son interprétation profondeur couleurs, et expressivité. Elle cultive la virtuosité et un art consommé de l’ornementation qui révèlent une artiste de fière et belle allure. Autres nouvelles venues : <strong>Aurélie Jarjaye</strong> à la voix émouvante dotée d’un léger vibrato, touche au cœur dans « Memories » de <em>Cats</em> et <strong>Sandra Hammoui</strong>, au chant soigné et au timbre clair, mais qui ne possède pas tout à fait la légèreté et la dimension aérienne requises pour le « Ah non credea mirarti » de <em>La Somnambula</em>.</p>
<p>Coté masculin, le ténor <strong>Julien Henric </strong>a suscité le frisson dans l’air de Roméo « Lève-toi Soleil » servi par un timbre superbe, une voix homogène et assurée, un aigu percutant, avec une projection et une diction impeccables. Le ténor <strong>Diego Godoy</strong> impressionne par l’ampleur de ses moyens et son engagement dans « Di quella pira » de <em>Il Trovatore</em>. L’artiste ne manque pas d’ardeur et d’héroïsme, même si on s’attendrait toutefois, avec une telle puissance, à plus de nuances et davantage d’amplitude et de virtuosité. Il s’est en revanche montré beaucoup plus à son aise en  Duc de Mantoue, dont il a la brillance et l’assurance, motivé sans doute par sa partenaire (que de baisers dans ce duo !) <strong>Emy Gazeilles</strong>, Gilda au timbre clair et à luminosité  juvénile. Les ténors étaient d’ailleurs fort bien représentés dans cette soirée, puisqu’outre Julien Henric et Diego Godoy, <em>Musiques en fête </em>accueillait également <strong>Kaëlig Boché</strong> en Don José. Il n’a guère été aisé au jeune chanteur de trouver ses marques face à la Carmen stratosphérique de <strong>Marina Viotti</strong> dans le duo final de l’acte 1. Dans <em>La Fleur que tu m&rsquo;avais jetée</em>, au-delà de qualités évidentes de timbre et de ligne de chant, il a toutefois manqué puissance et charisme au jeune ténor pour être pleinement convaincant. Le rôle de Don José n&rsquo;est donc pas (encore) pour lui. En revanche, à ce stade, il ferait merveille dans Ferrando de<em> Cosi</em> <em>Fan tutte</em> dont il possède le phrasé, le timbre et les nuances piano. La basse <strong>Adrien Mathonat</strong> confère à l’air « O wie will ich triumphieren » de somptueuses couleurs vocales.  Sa descente vers les tréfonds abyssaux de sa tessiture pourrait toutefois être moins tendue et davantage audible, mais la voix convoque à l&rsquo;évidence l’émotion. Aucune basse française ne possède actuellement comme celle-ci une telle densité de timbre si caractéristique des chanteurs de l’Europe de l’Est.</p>
<p>Parmi les artistes davantage familiers de l’évènement, Le baryton-basse argentin <strong>Nahuel di Pierro</strong> s’est quant à lui distingué par la noblesse du grain profond d’une voix chaude, mais aussi une diction impeccable qui rendent son interprétation de « Vi ravviso, o luoghi ameni » de <em>La Somnambula</em> magistrale.</p>
<p>Outre les nouveaux visages, certaines voix de la grande famille de <em>Musiques en Fête</em> ont répondu présent, tel <strong>Florian Sempey</strong> superbe d’autorité et de présence dans « Estuans Interius », du <em>Carmina Burana</em> de Orff, <strong>Jerôme Boutillier</strong> égal à lui-même dans le Toast d’Escamillo qu’il habite comme à son habitude avec maestria, Côté féminin, les stars de la soirée, ont incontestablement été Marina Viotti et <strong>Catherine Hunold</strong>, venue en <em>invitée </em>de dernière minute. Sa participation à <em>Musiques en Fêtes</em> a permis de faire découvrir au public qu’elle n’est pas seulement wagnérienne, mais également une grande interprète dramatique capable de s’emparer avec brio de Macbeth ou Norma, dans laquelle elle a d&rsquo;ailleurs brillé en duo avec une Marina Viotti, superlative. Cette dernière a montré qu’elle était en effet capable d’épouser tous les répertoires avec une aisance déconcertante : de Bellini à Bizet en passant par une « Historia de un amor » d’Almaran, où elle se fond à la perfection dans le style andalou jouant de son timbre rond et corsé pour livrer une lecture éminemment sensuelle. Pour rester dans l’exceptionnel et le spectaculaire, il convient de mentionner le moment de bravoure et la pyrotechnie vocale de la soprano Catalane <strong>Sarah Blanch Freixes</strong> dans l’exubérant « Glitter and be gay » tiré de <em>Candide</em> de Berstein. La colorature virtuose est aussi une comédienne hors paire qui tient la scène en véritable show-woman, obligeant d&rsquo;ailleurs le caméraman à épouser son ballet de contorsions scéniques pour pouvoir la suivre ! Dans la même veine de l&rsquo;<em>entertainment</em> de haute volée, et complétant ce florilège vocal, la chanteuse <strong>Isabelle Georges</strong> s’est illustrée avec brio dans  « My heart belongs to Daddy » de Cole Porter. Portant haut la tradition du Music-Hall combinée à la maestria et l&rsquo;éclectisme de l&rsquo;entertainer à l&rsquo;Américaine, elle nous livre un numéro pétillant et plein d&rsquo;allant.</p>
<p>Pour accompagner ce parterre d’artistes, l’Orchestre national de Montpellier, le Chœur de Parme et le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo, avec la maîtrise de l’Opéra d’Avignon dirigés par les chefs <strong>Luciano Acoccella</strong> et <strong>Didier Benetti</strong> qui ont été rejoints cette années par la jeune cheffe <strong>Chloé Dufresne</strong> Révélations « chef d&rsquo;orchestre » aux Victoires de la musique et assistante de <strong>Gustavo Dudamel</strong> la direction musicale du Los Angeles Philharmonic. Mentionnons également le chœur d&rsquo;enfants de <em>Pop the Opera</em> dans un émouvant medley Disney.</p>
<p>Musiques en Fête nous a offert lundi soir une belle soirée lyrique, qui ne se perd pas sur des chemins de traverse. Renouant ainsi avec l’esprit de ses années fondatrices, cette treizième édition conçue comme une ode à la voix (et aussi à la joie) a su, sans nul doute,  capturer le regard et l&rsquo;intérêt tant du grand public que de l’amateur éclairé.</p>
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		<title>La voix d&#8217;opéra rend hommage à Barbara</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-voix-dopera-rend-hommage-a-barbara/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Nov 2021 05:04:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les publics de l’opéra et de la chanson ne sont pas hermétiques et nombreux sont les lyricophiles également amoureux de la légendaire Barbara. En hommage à la chanteuse-auteur-compositrice, la soprano lyrique Aurélie Jarjaye et le pianiste et chanteur Mathieu Picard ont conçu un spectacle intitulé Elle, Lui, Les Autres, où « l’image de Barbara se &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les publics de l’opéra et de la chanson ne sont pas hermétiques et nombreux sont les lyricophiles également amoureux de la légendaire Barbara. En hommage à la chanteuse-auteur-compositrice, la soprano lyrique <strong>Aurélie Jarjaye</strong> et le pianiste et chanteur <strong>Mathieu Picard</strong> ont conçu un spectacle intitulé <em>Elle, Lui, Les Autres</em>, où « l’image de Barbara se mélange à celle de cette femme sur scène et même à celles de toutes les femmes. Une Femme, un Homme. Elle et Lui interprètent la musique de Barbara dont s’échappent des histoires, vécues ou rêvées. En musique, les deux musiciens se racontent à travers leurs sentiments, de leurs jeunes années à la vieillesse, l’amour en particulier traversant une vie entière. Les deux personnages-musiciens n’ont pas de nom : ce sont Elle et Lui, leurs émotions sont universelles, parlent à tout le monde et sont vécues par tous, comme Barbara les a vécues avant eux<em> </em>». Aurélie Jarjaye a obtenu le 2e Grand Prix Opéra et le prix spécial Jules Massenet accordé par l&rsquo;association Jules Massenet international à l’occasion du Concours International de Chant Georges Enesco d’octobre dernier. Elle a récemment enregistré le rôle-titre de la <em>Veuve Joyeuse</em> avec l’Orchestre National d’Ile-de France avec la compagnie Blanca Li et le chef Laurent Campellone. Son interprétation mixe l&rsquo;approche lyrique et la chanson traditionnelle. <a href="http://www.comedienation.fr/content/elle-lui-les-autres?fbclid=IwAR3lvVzCiutTrSKJRFIREOkEBIod1MNi8adRNaI29bReX1be_dVEXIglYOk">Prochaines représentations à la Comédie Nation</a>, 77 Rue de Montreuil, Paris XIe, les 28 novembre et 5 décembre à 19h30.</p>
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		<item>
		<title>VON ZEMLINSKY, Der Traumgörge — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-traumgorge-nancy-le-bel-endormi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Oct 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mener à terme une nouvelle production lyrique relève déjà de l’exploit dans les temps présents – l’annulation à Reims nous l’a cruellement rappelé – et c’est peut-être encore plus vrai quand on se donne pour projet de monter la première française d’un opéra longtemps oublié dans un carton des archives viennoises. Der Traumgörge  d’Alexander von Zemlinsky, commandé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mener à terme une nouvelle production lyrique relève déjà de l’exploit dans les temps présents – l’annulation à Reims nous l’a cruellement rappelé – et c’est peut-être encore plus vrai quand on se donne pour projet de monter la première française d’un opéra longtemps oublié dans un carton des archives viennoises. <em>Der Traumgörge </em> d’Alexander von Zemlinsky, commandé par Mahler alors directeur de l’Opéra de Vienne, livré en 1905 et rangé soigneusement avec le départ de ce dernier de l’Opéra, ne sera redécouvert que soixante-quinze ans plus tard, pour connaître une création posthume à Nuremberg en 1980. Depuis, l’œuvre n’a retrouvé la scène qu’à quelques reprises en Allemagne. C’était donc la première française de cet opus d’un compositeur charnière que le nouveau directeur de l’Opéra de Nancy Matthieu Dussouillez se proposait de mettre à la scène quand fut annoncée la saison. Un certain virus passé par là, il aura fallu adapter les ambitions. Belle anticipation que de commander à <strong>Jan-Benjamin Homolka</strong> une adaptation pour orchestre de chambre et satisfaire ainsi aux règles de distance physique qui régissent jusqu’à nouvel ordre nos vies sociales.</p>
<p>	Voici donc l’orchestre de l’Opéra national de Lorraine réduit peu ou prou au tiers de ses effectifs et surtout de ceux exigés par le compositeur. La jeune <strong>Marta Gardolinska</strong>, élève de Gustavo Dudamel à Los Angeles, se sort avec brio de cette situation étrange. L’œuvre, un roman picaresque (<em>Bildungsroman</em>) évoque aussi bien Siegfried et les murmures de la forêt – le côté antipathique du héros en moins – que les affres d’Alvaro dans <em>Die Gezeichneten</em> de Schreker. En temps normal, le défi pour le chef est d’organiser des masses orchestrales pléthoriques, de travailler sans relâche couleurs, ambiances et contrastes pour assaisonner au plus juste la trame dramatique d&rsquo;un récit qui se ménage des transitions et des climax gargantuesques. Bien évidemment, avec des vents cantonnés à un instrument par pupitre, des cordes réduites de deux tiers etc., les codas et interludes tombent à plat malgré une sonorisation discrète. Pourtant la cheffe polonaise scande d’une battue précise le récit tout en mettant en musique, tel un DJ devant plusieurs platines, un ensemble de sonates pour instruments solistes afin de rendre justice à la suavité vénéneuse de cette partition. Le succès de la soirée lui revient en très large partie.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/gorge-le-reveurcjean-louis-fernandez-3.jpg?itok=-XunPEES" title="© Louis Fernandez" width="468" /><br />
	© Louis Fernandez<br />
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<p>Le plateau vocal défend l’œuvre et ses nombreuses chausse-trappes. Musique post-wagnérienne, expressionniste si l’on veut forcer le trait, elle exige tout comme chez Strauss, de survoler des écarts redoutables et d’assoir sa ligne vocale sur un souffle robuste. La taille de l’orchestre exige enfin des formats vocaux conséquents. Les<strong> Chœurs de l’Opéra national de Lorraine</strong> et de celui de Dijon délivrent une prestation millimétrée qui épouse la versatilité dévolue aux foules par le livret : tantôt hargneuses tantôt dans la douceur et l’empathie. Les seconds rôles s’insèrent dans ce dispositif avec la même réussite. On notera tout particulièrement <strong>Wieland Satter</strong> qui fait de Kaspar une sorte de Hagen révolutionnaire, la puissance du stentor avec ; <strong>Aurélie Jarjaye </strong>qui croque Marei en véritable harpie ; ou encore <strong>Andrew Greenan</strong> dont le Meunier irascible rend parfaitement lisible tout le conflit familial larvé qui se joue au premier acte. Seul <strong>Allen Boxer</strong> manque de puissance vocale pour affirmer Hans, fat personnage évoquant Belcore dans les chausses vocales d&rsquo;un Tambour Major version baryton. La partition réserve surtout trois rôles principaux ardus. Grete, la fiancée que Görge abandonnera à Hans, dont le soprano plus léger épouse les facilités et la douceur de timbre de <strong>Susanna Hurrel</strong>. Piani et demi-teintes accompagnent la verve comique de la chanteuse dans un portrait attendrissant de jeune-fille à fort caractère. <strong>Helena Juntunen</strong> incarne avec métier Gertraud, « la sorcière » qui deviendra princesse : longueur du souffle et aigu cristallin pour le personnage de lumière s’opposent aux couleurs fauves et la diction acérée qu’elle réserve à la prétendue sorcière ostracisée. <strong>Daniel Brenna</strong> enfin joue à se faire peur pendant le premier acte, celui qui rapproche le plus son personnage de Siegfried, rôle autrement plus lourd et long que le ténor américain défend souvent. Aucune difficulté dans les passages élégiaques où son timbre clair assis sur une projection remarquable lui permettent de très belles nuances et couleurs qui viennent enluminer les récits de Görge le rêveur conteur : le chat Murr, les murmures de la rivière. Pourtant deux envolées le conduisent à l’accident où l’aigu se charge de graillon. La deuxième partie le trouve plus à son aise tant dans les scènes solitaires que dans les longs duos avec Gertraud.</p>
<p>	A la mise en scène, <strong>Laurent Delvert</strong> fait le choix d’un dispositif unique : un plan incliné sur lequel s’écoule assez bruyamment une petite rivière et des praticables amovibles qui vont délimiter les espaces intimes : la maison du meunier, l’auberge etc. Le tout est élégamment surpiqué par des éclairages (<strong>Nathalie Perrier</strong>) et quelques pyrotechnies au deuxième acte. Malgré les références à Napoléon, c’est plutôt un conte intemporel qui nous est présenté. Las, le livret pas toujours très bien ficelé (Görge passe d’idéaliste à ivrogne désabusé d’un acte à un autre, refuse de s’engager avec la jacquerie pour une raison obscure etc.) ne trouve guère plus de réponse dans l’illustration proposée. A tout le moins celle-ci réussit à construire le merveilleux, ressort principal du livret et support de Zemlinsky pour déployer des trésors de composition.</p>
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