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	<title>Monica BACELLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Monica BACELLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro (distr. B)- Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-distr-b-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Dec 2025 06:38:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Succès absolu pour la reprise des Noces de Figaro selon Netia Jones à Garnier dont les quatorze représentations se sont jouées à guichet fermé. Nous avions déjà écrit à l’occasion de la première du 15 novembre, ce que nous pensions de la production, somme toute astucieuse, qui privilégie l’aspect comique de l’ouvrage et capte durablement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Succès absolu pour la reprise des <em>Noces de Figaro</em> selon Netia Jones à Garnier dont les quatorze représentations se sont jouées à guichet fermé. Nous avions déjà écrit à l’occasion de<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-paris-garnier/"> la première du 15 novembre</a>, ce que nous pensions de la production, somme toute astucieuse, qui privilégie l’aspect comique de l’ouvrage et capte durablement l’intérêt du spectateur. Force est de reconnaître que cette nouvelle vision met en lumière certains éléments qui finissent par paraître répétitifs, comme ces extraits de la pièce de Beaumarchais écrits sur le rideau de scène, ou d’autres qui s’avèrent superflus comme le dispositif du premier acte qui représente trois loges d’artistes côte à côte. L’action principale se joue à l’intérieur de la loge centrale, tandis que, sur les côtés, nous assistons à des actions secondaires, censées éclairer le comportement des personnages, alors qu’en fait elles détournent l’attention du public. Malgré tout, ce spectacle conserve son aspect original et distrayant jusqu’à l’apparition éblouissante en fond de scène, du foyer de la danse durant l’ensemble final</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/%C2%A9-Franck-Ferville-OnP-2-1294x600.jpg" />© Franck Ferville / OnP</pre>
<p>Pour les deux dernières représentations, la distribution a partiellement changé, accueillant de nouveaux interprètes pour les rôles principaux dont certains sont issus de la troupe de l’Opéra de Paris. <strong>Franck Leguérinel</strong> amuse toujours autant l’auditoire avec son Antonio buté et cocasse. <strong>Monica Bacelli</strong> est égale à elle-même dans son numéro d’<em>executive woman </em>affairée, de même que <strong>James Creswell</strong>, imposant Bartolo à la voix sonore et aux graves profonds. <strong>Eric Huchet</strong>, habitué du personnage, campe un Basile obséquieux et médisant à souhait. Le timbre juvénile de <strong>Boglárka Brindás</strong> ne passe pas inaperçu dans son air « L’ho perduta, me meschina », chanté avec une naïveté touchante. <strong>Seray Pinar </strong>campe un délicieux Cherubino à tout point de vue. Scéniquement convaincante dans son jogging rouge, la mezzo-soprano turque, chante avec une voix assurée et agile « Non so più » au premier acte avant de proposer à l’acte suivant un « Voi che sapete » délicatement nuancé. Montée en grade pour <strong>Ilanah Lobel-Torres</strong> qui après avoir chanté Barberine lors des premières représentations incarne à présent une Susanne piquante, dotée d’un medium consistant, qui livre au dernier acte un « Deh vieni non tardar » irréprochable. <strong>Margarita Polonskaia</strong> aborde son « Porgi amor » avec une voix solide et une belle projection, cependant le registre aigu n’est pas exempt de duretés. Il faut dire qu’aborder cet air sans que la voix ait eu le temps de se chauffer est un exercice périlleux. Elle se montre plus à son aise dans « Dove sono i bei momenti » dont on aura apprécié la reprise en demi-teintes. Si les premières représentations tournaient autour du comte Almaviva bouillonnant et totalement déjanté de Christian Gerhaher, le centre de gravité du spectacle s’est déplacé sur le personnage de Figaro. Non que <strong>Jérôme Boutillier</strong> ait démérité de quelque manière que ce soit, bien au contraire. Très à l’aise sur le plateau, le baryton français incarne un comte plus introverti, souvent sur la réserve, dont les colères froides ne sont pas moins convaincantes. Le timbre est somptueux et le style tout à fait accompli. Triomphateur de la soirée à l’applaudimètre, <strong>Vartan Gabrielian</strong>, campe un Figaro éblouissant. Doté d’une voix d’airain, sonore et bien projetée, le baryton arménien séduit le public dès son premier air « Non più andrai », enjoué et tendrement moqueur. Tout au long de la soirée, son Figaro jovial et rusé capte durablement l’attention. Le récitatif de son air du quatrième acte « Aprite un po’ quegl’ occhi » est théâtralement habité et l’air impeccablement interprété. <br />Toujours aussi respectueux du style de cette musique, <strong>Antonio Manacorda</strong> n’a pas évité pour autant quelques décalages. Sa direction soignée lui a cependant valu un bel accueil du public au salut final</p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro &#8211; Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Nov 2025 07:46:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2022, la production des Noces de Figaro concoctée par Netia Jones revient sur la scène du Palais Garnier pour une série de représentations qui d’ores et déjà affichent complet. La popularité de l’œuvre justifie cet engouement mais pas seulement. Le plaisir de voir les interprètes vêtus de costumes dix-huitième comme autrefois y est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 2022, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-noces-de-figaro-paris-garnier-au-theatre-ce-soir/">la production des <em>Noces de Figaro</em></a> concoctée par <strong>Netia Jones</strong> revient sur la scène du Palais Garnier pour une série de représentations qui d’ores et déjà affichent complet. La popularité de l’œuvre justifie cet engouement mais pas seulement. Le plaisir de voir les interprètes vêtus de costumes dix-huitième comme autrefois y est sans doute pour beaucoup. De fait, la robe rouge de la comtesse est presque identique à celle portée par ce personnage dans la célèbre production de Giorgio Strehler que l’Opéra de Paris a reprise pendant quatre décennies. L’une des tenues du Comte également. Un hommage pour le moins habile à l’attention des mélomanes nostalgique. Mais en réalité, la metteuse en scène britannique situe l’action de nos jours dans les coulisses du Palais Garnier où l’on répète le chef-d’œuvre de Mozart, ce qui permet de savoureux jeux de scène où se mêlent les deux époques, comme par exemple Figaro qui téléphone ou le Comte qui pianote sur son ordinateur avec leur costumes d’antan. Dans cette optique, Suzanne exerce le métier d’habilleuse, Figaro, celui de perruquier, Don Bazile est chef de chant et Barberine un petit rat. Bartolo et Marceline font partie de l’équipe de direction, le comte et la comtesse étant les vedettes du spectacle. D’autre part, Netia Jones profite du ressort principal de l’intrigue, autrement dit le rétablissement du droit de cuissage par le Comte Almaviva dans le but de s’envoyer Suzanne, pour inclure dans son travail une dénonciation des violences faites aux femmes, tout cela en pleine expansion du mouvement #metoo. Ainsi, l’hommage du personnel à la fin de l’acte un se présente comme une manifestation féministe avec distribution de tracts à l’appui, et l’apparition du Foyer de la danse au dernier tableau rappelle les turpitudes qu’abritait ce lieu où les riches bourgeois venaient s’approvisionner en chair fraîche au dix-neuvième siècle. Pour le reste, les décors représentent une enfilade de loges dans lesquelles se joue l’intrigue principale au centre, et quelques scènes muettes signifiantes sur les côtés. Ainsi lorsque Figaro chante son air dans la loge centrale, on aperçoit dans celle de droite Basile qui harcèle une apprentie chanteuse. Plus tard, c’est le Comte qui lutine une jeune danseuse dans la loge de gauche. Le décor di troisième acte est constitué d&rsquo;un gigantesque vestiaire sur trois niveaux, rempli de portants chargés de costumes. Des projections vidéo et quelques incrustations de phrases tirées de la pièce de Beaumarchais viennent compléter l’aspect visuel du spectacle. La direction d’acteurs, qui a sans doute été retravaillée en profondeur, multiplie les gags visuels, Netia Jones ayant voulu privilégier l’aspect comique de l’intrigue parallèlement à son message social.</p>


<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Franck-Ferville-.ONP_.-12.jpg" alt="" class="wp-image-203663"/><figcaption class="wp-element-caption">Franck Ferville © ONP</figcaption></figure>


<p>Sans être exceptionnelle, la distribution a le mérite d’être homogène, tous les protagonistes étant bons comédiens dans l’ensemble. <strong>Franck Leguérinel</strong> campe un Antonio truculent. <strong>Nicholas Jones</strong> et <strong>Ilanah Lobel-Torres</strong> sont tous deux membres de la troupe de l’ONP, le premier est un Don Curzio tout à fait crédible, la seconde possède un medium charnu et une voix sonore qui ne passe pas inaperçue. Doté d’un timbre clair, <strong>Leonardo Cortelazzi</strong> est un Don Basile obséquieux à souhait. <strong>Monica Bacelli</strong>, impayable dans sa tenue de DRH énergique, campe une Marceline au timbre corsé et au volume sonore conséquent. Déjà présent en 2022, <strong>James Creswell</strong>, est doté d’une voix de bronze au grave profond, son Bartolo impressionne, notamment dans son air « La vendetta » chanté avec une vélocité et une précision sans faille. <strong>Léa Desandre</strong> faisait également partie de la première distribution, elle incarne un Chérubin tout à fait convaincant, sa gestuelle est bien celle d’un adolescent. Sa voix qui s’est étoffée et son legato souverain font merveille dans un « Voi che sapete » accompli.  <strong>Gordon Bintner</strong> dispose d’une voix homogène mais peu nuancée. Plutôt raide sur le plateau, Il lui manque encore, pour être un Figaro convaincant, un soupçon de malice et de roublardise. Fine musicienne et comédienne subtile, <strong>Sabine</strong> <strong>Devieilhe</strong>, éblouit l’auditoire dans le rôle de Susanne. Son air du trois « Deh vieni » non tardar » est un modèle de style mozartien. Qu’il nous soit permis cependant de préférer dans cette page une voix au medium plus riche et consistant. Au deuxième acte, <strong>Hanna-Elisabeth Müller</strong> semble quelque peu extérieure à son air « Porgi amor ». En revanche, elle interprète « Dove sono » avec juste ce qu’il faut de nostalgie dans la voix, une ligne de chant élégante et une belle longueur de souffle. Dommage que dans la partie rapide les deux la aigus soient légèrement tendus. <strong>Christian Gerhaher</strong> est sans conteste le grand triomphateur de la soirée. Cet éminent interprète de lieder se révèle un excellent comédien, doté d’une <em>vis comica</em> irrésistible. Il campe un comte Almaviva agité et dépassé par les événements, quelquefois même ridicule, mais toujours « en chasse ». Au dernier tableau, Marceline, la DRH, déchire son contrat et le renvoie, au milieu de la liesse générale. La voix est bien projetée, le style idoine et son air « Vedro’ mentr’io sospiro » chanté avec la rage du dépit. On lui pardonnera un léger cafouillage dans les dernières mesures, tant sa prestation est admirable.</p>
<p>Toujours attentif aux chanteurs, <strong>Antonello Manacorda</strong> propose une direction souple, sachant maintenir un juste dosage entre les passages enlevés et les moments suspendus comme la partie lente de « Dove sono » . Les ensembles sont conduits de main de maître avec un sens aigu du théâtre.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-paris-garnier/">MOZART, Le nozze di Figaro &#8211; Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-nozze-di-figaro-aix-en-provence-la-molle-journee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jul 2021 09:47:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quatorze juillet à l’Archevêché. Un lit placé au centre de la scène devant une réplique stylisée du rideau du Palais Garnier accueille le spectateur. Pas d’équivoque possible : nous sommes à l’opéra. Les Noces de Figaro ; Mozart en son génie ; tout le festival d’Aix-en-Provence est là. L’ouverture résume la comédie à venir en une sarabande de masques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quatorze juillet à l’Archevêché. Un lit placé au centre de la scène devant une réplique stylisée du rideau du Palais Garnier accueille le spectateur. Pas d’équivoque possible : nous sommes à l’opéra. <em>Les Noces de Figaro</em> ; Mozart en son génie ; tout le festival d’Aix-en-Provence est là. L’ouverture résume la comédie à venir en une sarabande de masques et de zannis où Pantalone, derrière lequel on devine le Comte Almaviva, cherche à lutiner le premier jupon à sa portée. Susanna en Colombine, Barberine… : autant de victimes soumises au priapisme du maître de ces lieux. <strong>Thomas Hengelbrock</strong>, à la tête du Balthasar Neumann Ensemble, veut Mozart débarrassé de son empois classique, naturel et vif. Bio en quelque sorte. Figaro devrait être à la noce. La journée s&rsquo;annonce folle.</p>
<p>Voici d’ailleurs l&rsquo;ex-barbier de Séville en train de prendre les mesures de son futur logement : une laverie située entre une chambre et un salon équipés de tout le confort moderne. <strong>André Schuen </strong>lui offre un baryton que l’on dirait normal si l’adjectif n’avait été déprécié. Simple, sain, égal sur la longueur. Trois airs, quand les autres protagonistes en comptent moins, placent le valet en tête de la distribution. L’interprète n’abuse pas de sa position. Déjà Susanna lui a volé la vedette. Difficile de ne pas avoir pour <strong>Julie Fuchs</strong> les yeux concupiscents du Comte. La présence, la ligne, le fruit, le charme. L’état de grâce. La Comtesse veut se suicider. On comprend <strong>Jacquelyn Wagner</strong>. Quelle soprano pourrait rivaliser, fût-elle pourvue de deux des plus beaux airs écrits par Mozart ? <strong>Lea Desandre</strong> tire Cherubino vers le blanc-bec. Le vibratello est signe de jeunesse. L’adolescent n&rsquo;a pas franchi le cap de la puberté. La nature l’a pourtant généreusement doté, si l’on en juge à la proéminence de l&rsquo;engin sous la liquette. Soudain, le Comte fait irruption et l’agitation cesse d’être vaine. Le prédateur est à la hauteur de sa proie. <strong>Gyula Orendt</strong> possède le magnétisme des grands fauves. Question d’hérédité : le baryton est originaire de Transylvanie. D’autant plus dangereux qu’il est séduisant. Moins noir que certains grands titulaires du rôle mais dans le timbre, un velours et dans l’inflexion, une caresse qui hypnotisent. Pourquoi faut-il que la mise en scène de <strong>Lotte De Beer</strong>, jusqu’alors drôle et enlevée, s’englue dans la scène du placard. Les portes n’en finissent pas de claquer. La faute à Mozart et Da Ponte ? Avec l’irruption de zizis et de poupées gonflables, le finale part en sucette, au propre comme au figuré. L’entracte est bienvenu ; le temps commençait à se faire long.</p>
<p>Changement d’approche dans la deuxième partie, comme si la pièce avait été confiée à un autre metteur en scène. Assez ri. Place à la pédagogie. Le décor devient abstrait : un cube dessiné par des néons. On y danse le menuet comme dans une boîte de nuit, serrés les uns contre les autres au mépris des gestes barrières. Des mots luminescents forment une phrase pour occuper l’espace. En anglais, <em>please</em> : Aix est un festival international. Les coussins dont Marceline était rembourrée dans la première partie dénonçaient la grossophobie – on nous l’a soufflé à l’oreille ; comment sinon le deviner ? Allégée à présent de son surpoids, <strong>Monica Bacelli</strong> tricote. Fallait-il pour autant conserver son <em>aria di sorbetto</em> ? Amuser n&rsquo;interdit pas de vocaliser.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/noc0.jpg?itok=aFgOAYuU" title="© Jean-Louis Fernandez" width="468" /><br />
	© Jean-Louis Fernandez</p>
<p>C’est le moment de sortir son programme pour lire l’histoire du tricot militant, ou comment de tous temps, les femmes ont utilisé laines et aiguilles afin de « sensibiliser l’opinion à certaines causes progressistes ». Tel est le sens des tricotages obscènes et bariolés appelés à envahir la scène. On les préférerait dans la salle. Le mistral s’est invité et les températures sont fraîches. On étouffe un bâillement sous le masque. Au loin, le bruit des pétards maintient éveillé. Est-il interdit de préférer des mises en scènes qui ne nécessitent pas de lectures préalables pour être comprises ?</p>
<p>La scène du jardin  s’ankylose autour d’un seul arbre, en patchwork lui aussi, d’abord phallique puis au fur et à mesure de son érection envahi de trompes qui lui servent de branches. Les extra-terrestres sont parmi nous. Mais puisque la Comtesse pardonne, il serait malséant de se montrer inflexible. De toute façon, notre cœur s’est arrêté de battre peu de temps auparavant, lorsque Julie Fuchs, vêtue d’une simple robe blanche froissée par le vent, a offert aux étoiles un « Deh vieni non tardar » ciselé comme une couronne. Là réside, à nos yeux et nos oreilles enchantés, telle qu’on l’a rêvée, telle qu’on la conçoit, la magie d’Aix.   </p>
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		<title>Karine Deshayes, débuts à Pesaro en 2020</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/karine-deshayes-debuts-a-pesaro-en-2020/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Dec 2019 01:42:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis le temps qu&#8217;on la dit « née pour chanter Rossini » ! Après avoir communiqué cet été les titres à l&#8217;affiche de son édition 2020, ainsi que le nom des chefs et des metteurs en scène, le festival de Pesaro vient d&#8217;annoncer et quels seraient les chanteurs distribués, et la grande et bonne surprise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le temps qu&rsquo;on la dit « née pour chanter Rossini » ! Après avoir communiqué <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/rof-avant-programme-2020">cet été les titres à l&rsquo;affiche</a> de son édition 2020, ainsi que le nom des chefs et des metteurs en scène, le festival de Pesaro vient d&rsquo;annoncer et quels seraient les chanteurs distribués, et la grande et bonne surprise est celle-ci : <strong>Karine Deshayes</strong> va enfin faire ses débuts au Rossini Opera Festival, dans <em>Elisabetta regina d&rsquo;Inghilterra</em>, où lui donneront la réplique <strong>Sonia Prina</strong> et <strong>Sergei Romanovsky</strong>. On remarque aussi le grand retour d&rsquo;<strong>Olga Peretyatko</strong>, dans <em>Moïse et Pharaon</em>, aux côtés de<strong> Roberto Tagliavini</strong>, qui n&rsquo;a encore jamais chanté à Pesaro, d&rsquo;<strong>Erwin Schrott </strong>et <strong>Monica Bacelli</strong>, entre autres. Outre <em>La cambiale di matrimonio</em> couplé à la cantate <em>Giovanna d&rsquo;Arco </em>interprétée par <strong>Marianna Pizzolato</strong>, il est également question d&rsquo;un récital de raretés par <strong>Juan Diego Florez</strong>, et d&rsquo;une étonnante version scénique du <em>Stabat mater</em>.</p>
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		<title>Le Nozze di Figaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-nozze-di-figaro-integral-de-chez-integral/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Aug 2018 05:16:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les enregistrements des Nozze di Figaro se comptent par dizaines, et nombreux sont ceux qui font figure de références, totalement impossibles à départager, et couvrant un large éventail d&#8217;approches stylistiques. Sans atteindre les sommets de la discographie, cette version enregistrée en 1992 ne manque pas d&#8217;intérêt et sa réédition en est bienvenue. La distribution fait la part belle &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-nozze-di-figaro-integral-de-chez-integral/"> <span class="screen-reader-text">Le Nozze di Figaro</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les enregistrements des <em>Nozze di Figaro </em>se comptent par dizaines, et nombreux sont ceux qui font figure de références, totalement impossibles à départager, et couvrant un large éventail d&rsquo;approches stylistiques. Sans atteindre les sommets de la discographie, cette version enregistrée en 1992 ne manque pas d&rsquo;intérêt et sa réédition en est bienvenue. La distribution fait la part belle aux jeunes talents pour les rôles principaux, et plus généralement aux chanteurs italiens, et ceux-ci ont été préalablement rodés à la scène. Il s&rsquo;en suit que nous avons souvent l&rsquo;impression d&rsquo;entendre une représentation en direct, mais avec la qualité d&rsquo;une prise de son studio. <strong>Lucio Gallo</strong> est un magnifique Comte Almaviva, chanteur-acteur, superbe de style. Le baryton italien n&rsquo;a que 33 ans et n&rsquo;a pas encore gâché sa voix en abordant des rôles plus lourds. Les moyens sont alors formidables, et l&rsquo;une des surprises de cet enregistrement est de nous offrir, en appendice, une version alternative de l&rsquo;air « Hai già vinta la causa » datant de 1789, et attribuée à Mozart, qui sollicite le registre aigu du chanteur au travers d&rsquo;une bonne demi-douzaine de sol aigus offerts avec un aplomb et une assurance phénoménale. <strong>Michele Pertusi</strong> (27 ans) est un Figaro aussi superbement chantant, expressif mais sans outrances dramatiques. Il est toutefois dommage que les timbres de ces deux artistes soient insuffisamment différenciés. La Susanna de <strong>Marie McLaughlin</strong> (38 ans cette fois) ne se situe pas au même niveau. On sent que le personnage est bien rodé, la musicalité de l&rsquo;artiste est indéniable, mais il y a un certain manque d&rsquo;originalité dans cette interprétation et le timbre du soprano écossais est un peu passe-partout. Voir affichée <strong>Karita Mattila</strong> en Comtesse est une surprise pour l&rsquo;auditeur d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, habitué à entendre le soprano finnois dans des ouvrages bien plus dramatiques. A 32 ans, la voix se révèle d&rsquo;une magnifique fraîcheur et la chanteuse nous offre d&rsquo;indéniables beautés dans ces airs, de superbes <em>piani</em>, un timbre opulent, mais avec déjà parfois des approximations dans la justesse et un aigu en force. <strong>Monica Bacelli</strong> n&rsquo;a pas trente ans, mais son Cherubino est déjà un peu trop mature, tant vocalement que dramatiquement. <strong>Laura Cherici </strong>offre toute la fraîcheur attendue en Barbarina. Pour une fois, l&rsquo;air de Marcellina, « Il capro e la capretta » à l&rsquo;acte IV, n&rsquo;est pas coupé : on s&rsquo;en réjouit d&rsquo;autant plus que <strong>Nicoletta Curiel</strong> en interprète impeccablement les coloratures. De même, le vétéran <strong>Ugo Benelli </strong>se voit confier la rare opportunité de défendre, avec talent, l&rsquo;air de Basilio, toujours à l&rsquo;acte IV, et généralement coupé lui aussi.</p>
<p>La direction de<strong> Zubin Mehta </strong>est une autre des bonnes surprises de cet enregistrement, dans une interprétation qu&rsquo;on pourrait qualifier d&rsquo;italienne, à la Riccardo Muti, un entre-deux entre une certaine tradition germanique ou viennoise et les approches modernes issues du baroque. La baguette est souvent nerveuse, mais fluide et légère, avec une pâte orchestrale plutôt classique (Mehta ne va pas chercher à faire ressortir systématiquement des contrechants par exemple, mais il lui arrive de le faire). On lui saura particulièrement gré d&rsquo;avoir rétabli les passages habituellement coupés (outre ceux précités, un finale de l&rsquo;acte II un peu plus développé) : il est tout de même incroyable de constater que le monde musical s&rsquo;accorde depuis des décennies à qualifier Mozart de génie, tout en continuant sans remords à couper dans ses partitions !</p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-nozze-di-figaro-geneve-troubles-et-desirs-sensuels-dune-folle-journee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Sep 2017 08:05:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la déception d’un Barbier de Séville, joliet mais anémique, on était en droit d’appréhender ce volet central de la « Trilogie de Figaro ». Les artistes meublent le plateau, gesticulant gratuitement – ficelle très usée – alors que le public arrive nombreux dans les dernières minutes précédant le début du spectacle.  Comme la veille,  le rideau &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la déception d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/il-barbiere-di-siviglia-geneve-du-mousseux-en-guise-de-champagne">un <em>Barbier de Séville</em>, joliet mais anémique,</a> on était en droit d’appréhender ce volet central de la « Trilogie de Figaro ». Les artistes meublent le plateau, gesticulant gratuitement – ficelle très usée – alors que le public arrive nombreux dans les dernières minutes précédant le début du spectacle.  Comme la veille,  le rideau se ferme pour une projection : deux cœurs entrelacés remplacent celui que traversait une flêche. L’Orchestre de la Suisse Romande, au mieux de sa forme, nous offre une ouverture prometteuse, que rien ne démentira plus. Autant nous cherchions vainement Rossini hier, autant Mozart habite notre soirée, plus vivante que jamais.  La réalisation porte la marque du chef, <strong>Marko Letonja</strong> et du metteur en scène, <strong>Tobias Richter</strong>, dont l’entente est idéale : tous deux insufflent un esprit de troupe – propre à la comédie – à cette distribution hétérogène, qui fédère jeunes pousses et vieux routiers. Tous deux accordent autant d’importance aux récitatifs qu’aux airs et ensembles. Nous sommes au théâtre, pour un spectacle où la vérité des personnages paraît évidente, servis par une direction d’acteur achevée, millimétrée, mais qui semble toujours naturelle, improvisée. L’émotion est au rendez-vous. Chacun use avec intelligence des sous-entendus, qui confèrent leur humanité à tous les personnages : un geste, un regard, une inflexion musicale en disent toujours plus que le livret.</p>
<p>Marko Letonja dirige sans baguette. Son énergie souriante communique à chacun les intentions et les ressources nécessaires pour installer cette unité de ton, cette cohérence sur lesquelles repose l’opéra. La gestique est claire, articulée, théâtrale au meilleur sens du terme, lumineuse, avec un souci constant de transparence. Il sait ménager les respirations, les attentes, donner un sens musical aux suspensions. La vitalité est constante, avec une légèreté de touche et une élégance rares, de la vigueur, des équilibres proches de l’idéal, dans la fosse comme entre celle-ci et le plateau. Il construit ses progressions, porte les ensembles, les finales (ceux du II et du IV tout particulièrement) à l’incandescence.</p>
<p>Comme si le temps avait été suspendu, Tobias Richter renoue avec une esthétique des années 90, au service exclusif de l’ouvrage, avec un travail théâtral exemplaire. Le dispositif scénique consiste en deux vastes panneaux suspendus, susceptibles de pivoter, de coulisser et de moduler des espaces qui déplaceront l’action, de la chambre de Figaro et Susanna à la forêt du quatrième acte, à la faveur d’éclairages renouvelés et de quelques accessoires. Les costumes, comme les coiffures, du XVIIIe, d’une élégance raffinée, sont ravissants et caractérisent chacun de façon idéale. Les tableaux, toujours changeants, sont un régal pour l’œil.  Les personnages sont autre chose que des stéréotypes, ils évoluent, nous émeuvent. Le libertinage, la vérité psychologique donnent à chacun une épaisseur humaine. Tout est bien là, juste, même si sont estompées les outrances du <em>buffa</em> (bégaiements de Curzio, ébriété et rusticité d’Antonio).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="270" src="/sites/default/files/styles/large/public/le_nozze_di_figaro_gp_gtg_c_mdougados_02-thumb.jpg?itok=kHuLPyqP" title="Regula Mühlemann et Guido Loconsolo © Magali Dougados" width="410" /><br />
	Regula Mühlemann et Guido Loconsolo © Magali Dougados</p>
<p>La <em>prima donna</em> des Nozze, c’est Susanna, souvenons-nous de Nancy Storace. Ses interventions sont les plus nombreuses, les plus longues. On redoutait une soubrette inexpressive après un CD Mozart sans relief. Or, la prise de rôle, le travail de plateau l’ont transfigurée. <strong>Regula Mühlemann</strong> avait besoin des planches pour s’épanouir pleinement.  Elle a la jeunesse, la séduction, la verve limpide, sans affectation, avec des <em>mezza voce</em> adorables. Vive, sensuelle, elle croque la vie à belles dents, le sourire dans la voix, avec des aigus aisés, lumineux. Sa tendresse est dépourvue d’acidité, sauf dans ses escarmouches avec Marceline, la scène de réconciliation avec Figaro, d’une grande douceur, débordante de poésie et de sensualité, est un sommet (le « Deh Vieni », du 4<sup>e</sup> acte, empreint d’une mélancolie émouvante). La Comtesse de <strong>Nicole Cabell</strong> n’est pas cette figure désincarnée, vertueuse et éthérée qu’on nous sert parfois. Un timbre chaud, ambré, au service d’un chant noble, évident, qui ne laisse jamais indifférent. La mélancolie ne marque que les airs, les récitatifs respirent la vie. L’intonation est miraculeuse avec un « Porgi amor » retenu, sublime, un « Dove sono » émouvant, aux aigus lumineux, un vrai legato. L’émotion est palpable, particulièrement dans sa reprise <em>pianissimo</em>. Familier du rôle du Comte, <strong>Ildebrando d’Arcangelo</strong> en a la séduction, la prestance, l’énergie requises. Il campe un jeune loup, un Don Giovanni en puissance, jouisseur impénitent, brutal et caressant. Son autorité naturelle, sa noblesse, son caractère affirmé, avec ses emportements colériques et ses fragilités, sont servis par une voix imposante, aux couleurs cuivrées, agile dans toute la large tessiture. L’homme blessé, dans le monologue de sa grande scène, nous émeut particulièrement.<strong> Guido Loconsolo</strong> nous vaut un Figaro passionnant, jamais trivial, comme ses origines le confirmeront, mais d’une présence évidente, assortie de gouaille si besoin est. Le timbre est clair et ses qualités dramatiques lui permettent de donner au personnage une vérité psychologique incontestable. On attend davantage de contrastes dans le « Se vuol ballare », mais Guido Loconsolo donnera ensuite la mesure de son talent. Chérubin, c’est <strong>Avery Amereau</strong>, jeune mezzo canadienne, dont la féminité est heureusement estompée, voix fraîche, fruitée, d’une ardeur émotive, à la fois juvénile et presqu’adulte. Non seulement ses deux airs sont exemplaires, mais ses récitatifs traduisent la vitalité frémissante de l’adolescence. <strong>Monica Bacelli</strong> est un splendide mezzo, aux moyens superlatifs, à l’abattage impressionnant. La voix, pleine, comme la présence, impressionnent par leur vivacité, leur naturel, par la vigueur des récitatifs, par l’expression convaincante. On imagine difficilement qu&rsquo;après Chérubin, qu&rsquo;elle chantait il y a trente ans, elle s&rsquo;est muée en une parfaite Marceline. Or, les aigus, comme l&rsquo;agilité, sont toujours là, sans que le médium et le grave soient altérés. L’émission est idéale pour le personnage. Et quelle vie, quel naturel ! Son air « Il capro e la capretta » est chanté une flûte de champagne à la main, en déambulation devant le premier rang de spectateurs. Le chef se retourne, muni d’une bouteille, et un petit jeu d’invite et de remplissage s’ensuit, bienvenu, rafraichissant, savoureux, entre les couplets. La Barberine de <strong>Melody Louledjian</strong> est charmante, fraîche et délurée, presqu’adulte, elle nous gratifie de sa belle cavatine, au début, nocturne, du 4<sup>e</sup> acte, où elle cherche l’épingle que lui a remis le Comte. D’une délicatesse exquise, intime et triste, où l’orchestre se montre particulièrement subtil, c’est la promesse d’une belle carrière. Le groupe des comprimarii défend bien ses personnages. Bartolo, <strong>Bálint Szabó</strong>, familier du répertoire italien, en a assimilé la vocalité, imposant et drôle, sans excès. Son attachement sincère à Marceline est perceptible dès le début. S’il a tendance, ponctuellement,  à presser le tempo, son air « La vendetta » est fort bien conduit, avec ce qu’il faut de colère haineuse. Basilio, personnage médiocre et soumis, est <strong>Bruce Rankin</strong>, voix puissante, bien timbrée, à l’émission claire et sonore, parfaitement articulée. Ni outrance, ni recherche d’effet : la voix et un jeu juste lui suffisent  à camper le délateur fourbe, si ordinaire. L’Antonio de <strong>Romaric Braun</strong>, comme le Curzio de <strong>Fabrice Farina</strong> font l’affaire. Mais pourquoi  faire pénétrer Antonio avec son pot de géranium par la fenêtre haute d’où Chérubin a sauté ? Les chœurs participent évidemment aux évolutions et à la chorégraphie : la qualité d’émission, l’homogénéité des voix méritent d’être signalées ; les deux paysannes chantant en solistes ne déméritent pas. L’orchestre, très engagé, collectivement avec de splendides soli, n’appelle que des éloges : les vents, bois en particulier, y excellent et les cordes sont exemplaires. Une folle soirée nimbée de bonheur et de tendresse, à retrouver sur ARTE concert du 19 au 22 septembre !</p>
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		<title>MOZART, Così fan tutte — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-geneve-moi-jessuie-les-verres-au-fond-du-cafe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 May 2017 06:09:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On sait désormais que Così fan tutte n’a rien d’une franche rigolade, et que l’histoire de ces couples d’un jour se termine presque aussi mal que celle des amants d’un jour chantés par Edith Piaf. Après le Despina’s Diner où Peter Sellars avait jadis situé sa mise en scène de la Scuola degli amanti, David &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On sait désormais que <em>Così fan tutte</em> n’a rien d’une franche rigolade, et que l’histoire de ces couples d’un jour se termine presque aussi mal que celle des amants d’un jour chantés par Edith Piaf. Après le Despina’s Diner où Peter Sellars avait jadis situé sa mise en scène de la <em>Scuola degli amanti</em>, <strong>David Bösch</strong> nous emmène à l’Alfonso’s Bar, où le vieux cynique, entre deux essuyages de verres, propose à ses jeunes amis son pari échangiste. Malgré tout, cette production genevoise a tendance à prendre la chose à la légère le plus longtemps possible : on s’amuse donc, même si les gags ne sont pas toujours des plus fins (lorsqu’on joue avec les sous-vêtements de ces dames, notamment), mais les premiers moments de sérieux semblent d’autant plus difficiles à justifier avant la désillusion finale. Si la pantomime pendant l’ouverture laissait présager un spectacle parent des <em>Noces de Figaro</em> amstellodamoises particulièrement réussies, le décor tournant semble ici un luxe inutile, l’envers du bar (la chambre des deux sœurs) n’étant utilisé que très brièvement, à deux ou trois reprises. Excepté quelques anachronismes sans doute voulus, l’action est clairement située dans les années 1950, et le déguisement des « Albanais » les transforme en clones de Marlon Brando, mi-<em>Equipée sauvage</em>, mi-<em>Homme à la peau de serpent </em>(pour Ferrando, du moins, car Guglielmo, lui, semble carrément lorgner vers les rockers des <em>sixties</em>).</p>
<p>Musicalement, on se pince en découvrant le nom du chef : quoi, ce même <strong>Hartmut Haenchen </strong>qui, il y a à peine plus d’un mois, dirigeait <em>Elektra</em> et <em>Tristan</em> à l’Opéra de Lyon ? Quelle polyvalence ! Va donc pour un <em>Così</em> à l’ancienne, qui rompt, non sans lourdeurs, avec tout ce que les chefs baroqueux ont apporté dans leurs lectures de cette partition. On retrouve aussi les coupures « traditionnelles », non seulement dans les récitatifs, mais jusque dans les airs (deuxième aria de Despina, duo Ferrando-Fiordiligi…), ce qui est plus grave. Face à un continuo où le clavecin bénéficie de l’étoffe supplémentaire d’un violoncelle, l’Orchestre de la Suisse romande ne peut éviter les décalages avec les chanteurs, particulièrement au dernier tableau – nous sommes pourtant déjà à la deuxième représentation –, et le chœur en coulisses semble s’évanouir bien avant d’avoir terminé son intervention dans la sérénade.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/cosi5_0.jpg?itok=YyNeMTfL" width="468" /><br />
	© Carole Parodi</p>
<p><strong>Laurent Naouri</strong> met au service d’un Don Alfonso particulièrement désabusé tout son talent d’acteur et son timbre à nul autre pareil, s’imposant sans peine malgré l’absence d’air véritable. De retour à Genève après son Ruggiero dans l’<em>Alcina</em> montée par le même David Bösch l’an dernier, <strong>Monica Bacelli</strong> peut s’appuyer sur son expérience de l’opéra-bouffe napolitain pour camper une Despina vénale et narquoise, mais se refuse à changer de voix pour ses deux travestissements.</p>
<p>Avant le lever du rideau, une annonce signale que <strong>Steve Davislim</strong> a tenu à chanter malgré une indisposition causée par le pollen et par le froid. Dommage, vraiment, car le ténor australien est un mozartien de haute volée, on l’entend bien malgré tout, même si l’on ne peut qu’imaginer ce qu’il aurait fait de son « aura amorosa » eût-il été en pleine possession de ses aigus. <strong>Vittorio Prato</strong> compose un Guglielmo sympathique, vite épuisé par les exigences de Dorabella, mais Mozart n’a manifestement guère été inspiré par le personnage.</p>
<p>Pour les deux sœurs bien différenciées, l’une aussi brune et pulpeuse que l’autre est blonde et longiligne, on a fait appel à deux chanteuses venues de l’Est. On a pu entendre à Paris, dans <em>La Cerisaie</em> de Philippe Fénelon, l’Ukrainienne <strong>Alexandra Kadurina </strong>: si les moyens sont incontestables, sans doute faudrait-elle qu’elle améliore son italien, dont l’articulation semble un peu relâchée. Originaire d’Ossétie, <strong>Veronika Dzhioeva</strong> séduit d’abord par une opulence vocale inhabituelle dans ce répertoire, avec des graves sonores qui n’empêchent pas une maîtrise du piano subito dans l’aigu. Rigolarde et énergique, sa Fiordiligi est tout aussi inhabituelle, loin de la pudeur réservée dans laquelle on cantonne souvent le personnage ; revers de la médaille, si son « Come scoglio » convainc pleinement, avec un côté virago qui n’a rien de malvenu, la chanteuse passe à côté de « Per pietà », pris trop rapidement pour que s’en dégage toute la beauté. Mais là encore, le chef n’y est peut-être pas pour rien.</p>
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		<title>MOZART, La clemenza di Tito — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-clemenza-di-tito-madrid-la-clemence-de-mortier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Nov 2016 04:47:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si on se donne un instant la peine de revenir sur les circonstances de l’éviction de Gérard Mortier de la direction artistique de Teatro Real, la reprise de cette Clemenza di Tito ne peut s’envisager sans un certain malaise. Sur son site, l’institution madrilène retrace la généalogie d’une production que Mortier avait montée lors de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Si on se donne un instant la peine de revenir sur les circonstances de l’éviction de <strong>Gérard Mortier</strong> de la direction artistique de Teatro Real, la reprise de cette <em>Clemenza di Tito</em> ne peut s’envisager sans un certain malaise. Sur son site, l’institution madrilène retrace la généalogie d’une production que Mortier avait montée lors de sa première saison à La Monnaie et qui, depuis, l’avait suivi presque partout : à Salzbourg, à Paris et à Madrid. Malade, affaibli et englué dans des querelles avec les instances directrices du Teatro Real, Mortier avait été sèchement licencié quelques mois à peine avant de s’éteindre. La presse dénonça une manœuvre d’une indignité morale rare, dans une profession qui pourtant n’est pas avare en bassesses. Plus tard, des proches du Belge – comme Christoph von Dohnányi et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/sylvain-cambreling-gerard-mortier-na-jamais-eu-peur-de-se-mettre-en-danger">Sylvain Cambreling</a> – imputèrent aux dirigeants madrilènes la responsabilité de son décès. « <em>J&rsquo;espère que les responsables de Madrid savent qu&rsquo;ils l&rsquo;ont tué »</em>, déclarait l’illustre chef allemand.</p>
<p class="rtejustify">N’est-il pas remarquable que Mortier ait conservé à ses côtés, comme production fétiche, une œuvre qui n’est rien d’autre qu’une étude du pouvoir et de ses aléas ? Titus, trahi par ses plus proches courtisans. Mortier, en guerre avec Salzbourg, avec le public parisien, avec le conseil d’administration du Teatro Real. Quel parallèle vertigineux. Dans la mise en scène de <strong>Karl-Ernst et Ursel Herrmann</strong>, la dernière image est particulièrement saisissante : l’empereur gracie ses anciens amis mais sans leur pardonner. Quand on connaît sa mythologie mortierienne, on mesure ici à quel point la direction du Teatro Real a dû s’identifier à Sesto et à Vitellia, les félons de service.</p>
<p class="rtejustify">En 1982, une génération de metteurs en scène d’opéra venait d’éclore ; une génération qui entendait donner un élan nouveau au genre, sans le dénaturer. Au milieu des pires inanités du regietheater – qui battait son plein – Chéreau, Bondy, Stein, Herrmann imposaient une esthétique aux parfums de renaissance : faire du neuf avec les éléments du passé. Trente-quatre ans après sa création – et à la faveur de quelques légers liftings – force est de reconnaître que cette production n’a pas pris une ride. Sans doute est-ce son classicisme et son respect militant des valeurs fondatrices de l’œuvre qui font qu’elle apparaît au public de 2016 aussi puissante et belle qu’au public de 1982. L’esthétique magritienne de Herrmann, son goût du détail – qui se manifeste dans la doublure ornementée d’un habit, dans l’apparition furtive d’oiselets –, ses décors profonds et solennels, ce brassage de dix-huitième et d’une modernité pastel ont admirablement passé le cap des ans.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="193" src="/sites/default/files/styles/large/public/clemenza_5.jpg?itok=GHvuxutV" title="© Javier del Real | Teatro Real" width="468" /><br />
	© Javier del Real | Teatro Real</p>
<p class="rtejustify">Dans la fosse, <strong>Christophe Rousset</strong> semble obsédé par la grâce de son protagoniste. Titus est un homme doux, désabusé, que la vilenie environnante ne parvient pas à désarçonner. En écho, le chef français déroule des tempi majestueux dans une clarté de timbres assez sensationnelle, tirant de l’Orchestre Symphonique de Madrid une éloquence qu’on ne lui connaissait pas. Il faut entendre comme l’architecture des ensembles est limpide, presque visible à l’œil nu, sans jamais rien perdre de son dramatisme ni de sa force.</p>
<p class="rtejustify">Combien est attachant le Sesto de <strong>Monica Bacelli</strong>, artiste d’une rare intelligence et musicienne jusqu’aux fibres les plus infinitésimales de son anatomie. Comme son rapport au temps est haletant. L’Annio de <strong>Sophie Harmsen</strong> est lui-aussi de classe mondiale : belle voix richement timbrée sur tout l’ambitus et une masculinité d’une crédibilité rare. On sait à quel point <strong>Karina Gauvin</strong> est discrète à l’opéra ; la soprano québécoise ayant depuis longtemps trouvé son épanouissement dans les versions de concert. Son engagement total et censément physique dans cette production prouve à quel point sa place est sur les scènes, où ses fulgurances vocales n’ont pas fini d’impressionner. Qui, aujourd’hui, peut se targuer de chanter Vitellia avec une telle richesse d’harmoniques, vocalisant sans problème, assumant une tessiture parmi les plus ingrates du répertoire, jusque dans l’extrême aigu d’un trio où on la trouve étrangement à l’aise ? À l’applaudimètre, les rôles de méchantes sont chichement récompensés, comme l’est celui de Titus, campé par un<strong> Jeremy Ovenden</strong> en forme olympique, qui ne sacrifie ni la virtuosité de son rôle aux enjeux musicaux, ni sa musicalité aux traitres attraits de la virtuosité.</p>
<p class="rtejustify">Gérard Mortier est mort. La première génération de metteurs-en-scène qu’il avait lancée est en train de s’éteindre comme une bougie courbaturée. Demeure – 34 ans plus tard – la trace d’un travail qui allait redéfinir l’opéra, lui redonner vie et lumière et qui, aujourd’hui encore, n’a rien perdu de son éclat. Y adjoindre le talent de musiciens d’un tel calibre, c’est pérenniser son œuvre. Voilà qui est à porter au crédit du Teatro Real. </p>
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		<item>
		<title>Concerto di belcanto Monica Bacelli — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concerto-di-belcanto-monica-bacelli-pesaro-schubert-dans-lapres-midi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 05:13:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les plus anciens se souviennent, non sans tristesse aujourd&#8217;hui, de Guillaume Tell en 1995 au Rossini Opera Festival (ROF). Aux côtés de Daniela Dessi, prématurément disparue il y a quelques jours, Monica Bacelli chantait Hedwige. Depuis, la mezzo-soprano, originaire de Chieti, au sud de l&#8217;Italie dans la région des Abruzzes, a poursuivi une carrière d&#8217;abord &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les plus anciens se souviennent, non sans tristesse aujourd&rsquo;hui, de <em>Guillaume Tell</em> en 1995 au Rossini Opera Festival (ROF). Aux côtés de Daniela Dessi, prématurément disparue il y a quelques jours, <strong>Monica Bacelli</strong> chantait Hedwige. Depuis, la mezzo-soprano, originaire de Chieti, au sud de l&rsquo;Italie dans la région des Abruzzes, a poursuivi une carrière d&rsquo;abord mozartienne mais n&rsquo;avait jamais remis les pieds à Pesaro. Pourquoi ? Nous ne saurions le dire, pas plus que nous ne sommes en mesure d&rsquo;expliquer la raison de son retour sur la plus rossinienne des plages de l’Adriatique vingt-et-un ans après son dernier passage. Le choix du programme, partagé entre Schubert et Rossini, s&rsquo;il parait dans un premier temps obscur, s’avère en revanche d’une logique imparable.</p>
<p>En 1823, Vienne accueille pour la première fois cette <em>Donna del lago</em> qui occupe avec <em>Ciro in Babilonia</em> et <em>Il turco in Italia</em> l&rsquo;édition 2016 du ROF. Faut-il rappeler l&rsquo;admiration que Schubert portait à Rossini, lui qui n&rsquo;hésitait à affirmer son Figaro « <em>cent fois meilleur </em>» que celui de Mozart ? Du texte de Walter Scott utilisé par l&rsquo;Italien pour composer son opéra, le Viennois tire un cycle de sept mélodies, publié en 1826, dont trois – les chants d&rsquo;Ellen – sont destinés à une voix de femme. Le troisième d&rsquo;entre eux, une prière de l&rsquo;héroïne à la Vierge pour implorer sa protection, a depuis fait le tour de la terre. Son nom : Ave Maria. </p>
<p>Auparavant, en début de concert, « Vedi quanto t’adoro » – les récitatif et aria pour la <em>Didone abbandonata</em>, composé en 1816 sous l’influence d’Antonio Salieri – et deux des <em>Vier Canzonen</em> rappellent l&rsquo;intérêt que portait Schubert à la musique italienne. Si la première pièce lorgne du côté de l’opéra, ne serait-ce que par sa structure, les deux autres dédiées à Franziska Roner von Ehrenwerth – Fanny pour ses amis –, explorent un registre plus intime et n’exigent pas de prouesses vocales exceptionnelles, la dédicataire du cycle n’étant pas une voix virtuose. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="341" src="/sites/default/files/styles/large/public/bacelli2.jpg?itok=v0Dn3Yl-" title="© Amati Bacciardi" width="468" /><br />
	© Amati Bacciardi</p>
<p>Pris en sandwich entre ces deux tranches de schubertiade, des miettes de <em>Péchés de vieillesse</em> clignent malicieusement de l&rsquo;œil. <em>L’orpheline du Tyrol</em> et <em>La chanson de Zora, la petite bohémienne</em>, tirés de l’<em>Album français</em>, illustrent le goût de l’époque pour un exotisme situé quelque part entre Séville et Bagdad. <em>Il resentimento</em> et <em>Sorzico</em> sont deux des innombrables mélodies que Rossini a composées sur le poème de Metastase « Mi lagnero tacendo ».</p>
<p>Ce programme sans grande exigence vocale, Monica Bacelli, souriante, – on a presqu’envie d’écrire amicale – l&rsquo;interprète mieux en italien qu&rsquo;en français, d’un timbre neutre avec une sincérité, une réserve confortable de souffle et quelques aigus filés appréciables tandis que son accompagnateur, <strong>Pietro de Maria</strong> aide à comprendre dans la pièce pour piano seul <em>Klavierstücke</em>, pourquoi l&rsquo;on dit parfois que Schubert est le compositeur des divines longueurs. </p>
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		<title>HAENDEL, Alcina — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-geneve-tirez-lui-la-queue-il-pondra-des-oeufs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Feb 2016 06:59:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme dans la production aixoise de Katie Mitchell, le décor de l’Alcina qui inaugure l’Opéra des Nations à Genève inclut de nombreux animaux empaillés, dont un étrange blaireau ailé, fruit des hybridations monstrueuses auxquelles se livre sans doute la magicienne, tel le docteur Moreau sur son île. Mais cette fois, c’est la partition qui semble &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme dans la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/alcina-aix-en-provence-ruggiero-fais-moi-mal">production aixoise de Katie Mitchell</a>, le décor de l’<em>Alcina</em> qui inaugure l’Opéra des Nations à Genève inclut de nombreux animaux empaillés, dont un étrange blaireau ailé, fruit des hybridations monstrueuses auxquelles se livre sans doute la magicienne, tel le docteur Moreau sur son île. Mais cette fois, c’est la partition qui semble elle aussi avoir fait l’objet de ce traitement de choc. Après l<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://forumopera.com/orfeo-nancy-les-gens-heureux-nont-pas-dhistoire">’<em>Orfeo</em> de Rossi</a> que Raphaël Pichon avait privé de son apothéose finale pour mieux nous laisser face à la douleur du chantre de la Thrace, voici <em>Alcina</em> se concluant sur la détresse de l’héroïne, au prix de coupes, de déplacements de numéros et de réécritures diverses et variées. En ce début du XXI<sup>e</sup> siècle, l’opera seria est comme le cochon pendu au plafond : foin de l’identité esthétique du genre, chacun semble libre d’en faire ce qu’il veut. Tirez-lui la queue, il pondra des œufs. Non que le résultat soit dépourvu d’intérêt, ou de force, bien au contraire. La suppression de bien des <em>da capo</em> fait avancer l’œuvre plus vite, même si elle revient à contourner la difficulté que posent toujours les airs de format A-B-A. Par ailleurs, <strong>Leonardo García Alarcón</strong> a dû composer avec un certain nombre d’obligations propres à cette production. D’abord, les instruments modernes de l’<strong>Orchestre de la Suisse romande</strong>, auxquels il a néanmoins associé un continuo composé de cinq musiciens de sa <strong>Capella Mediterranea</strong> : la greffe prend plutôt bien, avec un enrichissement étonnant de la sonorité dès l’ouverture, à laquelle les continuistes déjà très présents donnent un caractère jaillissant rarement entendu. Ensuite, l’absence de chœur, qui suppose la suppression totale ou partielle des passages prévus par Haendel, notamment vers la fin de l’œuvre, où les solistes se chargent de certaines phrases, mais sans pouvoir évidemment chanter « Io fui belva », « Io sasso », etc. Le compositeur n’avait pas non plus imaginé de finir sur « Mi restano le lagrime », conclusion conforme à une vision plus romantique que baroque.</p>
<p>Quant à la mise en scène de <strong>David Bösch</strong>, si l’on y retrouve quelques détails apparemment piochés ici et là (même si l’on n’aura finalement pas vu cette figurante incarnant « Alcina âgée » mentionnée par le programme, sans doute trop proche de la conception de Katie Mitchell), on remarque surtout qu’elle évacue en grande partie le côté surnaturel de l’œuvre. La « libération » finale ne se matérialise en rien, et l’on ne verra pas revenir les huit figurants représentants les esclaves de la magicienne. Malgré quelques effets « magiques » obtenus par des projections vidéo, en allusion aux pouvoirs de l’héroïne, Alcina n’est en fin de compte qu’une séductrice abandonnée. Mais si elle n’est que cela, pourquoi s’acharne-t-on ainsi contre elle, au point de vouloir mettre le feu à son palais ? Il y a là un mystère sur lequel il vaut peut-être mieux ne pas s’attarder, pour ne retenir que la force dramatique des principales incarnations.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/gtg_78_12.png?itok=hUOiyKUI" title=" © GTG / Magali Dougados" width="468" /><br />
	© GTG / Magali Dougados</p>
<p>Aidée par sa plastique sculpturale et par les ébouriffants costumes de <strong>Bettina Walter</strong> (ah, ces perruques changeantes, et cette première robe mi-sirène, mi-peau de bête !),<strong> Nicole Cabell</strong> fait une entrée d’authentique diva, avant de finir en femme traquée vêtue d’une simple nuisette. Le personnage existe bel et bien, grâce à une voix aux riches couleurs et à un jeu d’actrice très travaillé : « Si, son quella » la fait ainsi passer par toute une série de nuances émotionnelles. Elle trouve en <strong>Monica Bacelli</strong> un Ruggiero à cent coudées au-dessus de l’habituel adolescent un peu falot. La mezzo italienne charge son discours d’intentions, chaque mot est mis en valeur par une intonation spécifique, mais elle passe un peu à côté de « Verdi prati », et « Sta nell’ircana » est pris à un rythme moins allant que souvent. Garante de l’orthodoxie baroqueuse, <strong>Kristina Hammarström</strong> compose une fort belle Bradamante, totalement maîtresse de la vélocité exigée par « Vorrei vendicarmi » ; la mise en scène confère aussi une épaisseur inaccoutumée au personnage, en faisant d’elle une tortionnaire cruelle dès qu’Alcina a été maîtrisée. Déception en revanche avec <strong>Siobhan Stagg</strong>, Morgana sans relief, à la voix dépourvue de toute chair dans l’aigu, à tel point que son premier air fait croire à un problème de déséquilibre acoustique entre la fosse et la scène. « Tornami a vagheggiar » laisse froid, ce à quoi ne remédient ni ses costumes peu seyants ni sa réduction à une figure résolument ridicule. La transformation de son air « Credete al mio dolore » en un duo avec Oronte donne au ténor <strong>Anicio Zorzi Giustiniani</strong> une occasion supplémentaire de charmer les oreilles par son timbre et par sa diction mordante. <strong>Michael Adams</strong> possède une belle voix de baryton, mais Melisso appelle sans doute des graves un peu plus sonores. Le personnage anecdotique d’Oberto a succombé aux coupes nombreuses, mais l’on ne s’en plaindra pas outre mesure, à moins d&rsquo;appartenir à la race des puristes auxquels, de toute évidence, cette production ne s&rsquo;adresse pas.</p>
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