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	<title>Igor BAKAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Igor BAKAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Don Giovanni — Orange</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Aug 2019 15:32:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce vendredi 2 août, la modernité est entrée dans le théâtre antique d’Orange à l’occasion de la première des deux représentations de Don Giovanni à l’affiche cet été. Dès l’ouverture, un taxi jaune new-yorkais déboule sur la scène et se gare avec un sacrilège crissement de pneus, le héros en sort et, grâce au vidéo-mapping &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce vendredi 2 août, la modernité est entrée dans le théâtre antique d’Orange à l’occasion de la première des deux représentations de <em>Don Giovanni</em> à l’affiche cet été. Dès l’ouverture, un taxi jaune new-yorkais déboule sur la scène et se gare avec un sacrilège crissement de pneus, le héros en sort et, grâce au vidéo-mapping qui anime et colore ce que Louis XIV appelait « le plus beau mur de mon royaume », il prend l’ascenseur pour aller rejoindre dans sa chambre une Donna Anna plus que consentante. Quand la situation tourne vinaigre malgré tout, un deuxième véhicule surgit des coulisses, une grosse bagnole noire aux vitres teintées d’où sort un Commandeur aux allures de parrains de la mafia. Duel au revolver, les deux adversaires tirent, et les deux s’écroulent, puis se relèvent, à moins qu’il ne s’agisse de leur double. La mise en scène de <strong>Davide Livermore</strong> pose donc plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, car quand revient le Commandeur à la fin de l’œuvre, pour vraiment re-tuer Don Giovanni – de plusieurs coups de feu, cette fois –, le surnaturel est évacué mais l’on ne sait toujours pas ce qui s’est passé au départ (la scène du duel aura été rejouée pendant l’air du champagne sans que l’on comprenne davantage). A part ça, il faut reconnaître que la voiture, déjà vue dans bien d’autres productions mozartiennes depuis Peter Sellars, est fort bien utilisée, du début à la fin du spectacle : Leporello la conduit, on y culbute les dames sur la banquette arrière, on monte sur le capot ou sur le toit… Ce qui laisse entendre que l’œuvre est transposée de nos jours, malgré quelques costumes vaguement historiques (robes à panier pour les dames, tenue Velasquez pour Don Ottavio), coquetterie de détail qui ne dure pas au-delà du premier acte et qui renvoie vaguement à l’intemporalité du mythe. Les images projetées sur le mur et sur le sol sont assez bluffantes, le tout se laisse voir avec beaucoup de plaisir, à défaut d’éclairer l’opéra d’un jour nouveau, et ces signes extérieurs de modernité sont encore assez rares aux Chorégies pour qu’une partie du public hue le metteur en scène lors des saluts.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/dg-2019-9-c-abadie.jpg?itok=kKXJYuoP" title="© Bruno Abadie" width="468" /><br />
	© Bruno Abadie</p>
<p>Pour servir ce genre de conception, il faut des chanters prêts à s’investir et à porter une bonne partie du drame sur leurs épaules. C’est heureusement le cas et, même si tout n’est pas parfait, la distribution dispense de grands plaisirs pour l’oreille. On connaît bien le Don Giovanni d’<strong>Erwin Schrott</strong>, déjà applaudi plusieurs fois à Paris : bien qu’éprouvé par l’enchaînement de répétitions assurées en plein vent, le baryton-basse uruguayen se donne sans compter, quitte à émettre quelques notes peu orthodoxes. Qu’importe, le jouisseur est d’emblée présent, et l’acteur, d’une habileté diabolique, a l’art de mettre le public dans sa poche, par ses gestes, ses mimiques, par les libertés mêmes qu’il prend dans les récitatifs (le fameux « Zitto, mi pare sentir odor di femmina » est préparé par plusieurs interruptions afin de flairer les lieux, par exemple). Il trouve en <strong>Adrian Sâmpetrean </strong>un quasi jumeau, tant pour le physique que pour la voix – Schrott chante surtout le rôle du maître mais est encore parfois le valet. Dommage pour ce bon Leporello, au jeu très vif et à la diction mordante, que l’attention du public soit détournée pendant l’air du catalogue par les sinistres photos de mortes, victimes du prédateur, qui apparaissent alors sur le décor. Remplaçante de la remplaçant de Nadine Sierra, <strong>Mariangela Sicilia </strong>a déjà un fort beau parcours derrière elle, depuis qu’elle a été lauréate du concours Operalia il y a tout juste cinq ans : la voix est belle, l’actrice est engagée, et la soprano livre un « Non mi dir » irréprochable, applaudi comme il le mérite. « Or sai chi l’onore », en revanche, manque de cette rage concentrée que l’on y attend ; on laissera donc à l’artiste le temps de mûrir encore le rôle. On s’étonne que <strong>Karine Deshayes</strong> continue à se présenter comme mezzo-soprano, tant sont confidentielles les notes graves des premières interventions de Donna Elvira, où l’on peut aussi être gêné par quelques portamento peu mozartiens, mais les aigus brillants laissent pantois et l’on s’incline bien bas devant la totale réussite de son « Mi tradì ». Malgré un Don Ottavio plus que jamais dindon de la farce (Donna Anna et Don Giovanni s’embrassent goulument dès qu’il a le dos tourné), <strong>Stanislas de Barbeyrac </strong>phrase et nuance admirablement ses airs, confirmant une fois de plus son adéquation avec ce répertoire. Face à la Zerline charmeuse de la mezzo <strong>Annalisa Stroppa</strong>, à laquelle on reprochera néanmoins des vocalises un rien hachées à la fin de « Batti, batti », <strong>Igor Bakan</strong>, avec une silhouette à la Bryn Terfel, propose un Masetto bien balourd. Dans son incarnation d’un Commandeur qui n’est à aucun moment statue, <strong>Alexeï Tikhomirov</strong> est aidé par la sonorisation qui fait jaillir de nulle part sa voix déjà puissante lors de la scène de l’invitation.</p>
<p>Si les chœurs de Monte-Carlo et d’Avignon ont vraiment très peu à faire, l’orchestre de l’Opéra de Lyon bénéficie de l’acoustique d’Orange pour mettre en lumière des phrases instrumentales que l’on ne remarque pas toujours, tel trait de flûte ici, telle note de clarinette là. La direction de <strong>Frédéric Chaslin</strong> paraît d’abord très retenue, comme si le plein air imposait certaines précautions, mais les tempos s’allègent bientôt et la soirée se déroule avec une grande fluidité, menant jusqu’à son terme le parcours de celui qui était peut-être bien mort dès les premiers instants de l’opéra.</p>
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		<title>Le Comte Ory</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-comte-ory-en-ermite-ou-en-pelerine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Oct 2018 05:08:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La croisade a privé les dames de leurs époux et le Comte Ory de son père. Les frasques du jeune sont connues et il convoite la Comtesse Adèle, qu’aime le page Isolier. Le travestissement du Comte Ory en ermite, démasqué, puis en pèlerine, avec ses compagnons de débauche (se prétendant poursuivis… par le Comte Ory), &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La croisade a privé les dames de leurs époux et le Comte Ory de son père. Les frasques du jeune sont connues et il convoite la Comtesse Adèle, qu’aime le page Isolier. Le travestissement du Comte Ory en ermite, démasqué, puis en pèlerine, avec ses compagnons de débauche (se prétendant poursuivis… par le Comte Ory), leur permet d’entrer au château par une nuit d’orage. Le retour opportun des maris évitera les outrages et Isolier pourra à loisir jouer Chérubin auprès de la Comtesse.</p>
<p>Opéra comique, comme annoncé par la partition, ou opéra,  puisque dépourvu de dialogues parlés,  voilà qui importe peu pour cette oeuvre singulière. Ignorerait-on que son matériau musical original se réduit à peu, que rien ne laisserait deviner les emprunts, les coutures, les adaptations, les arrangements qui ont présidé à son écriture. Ainsi, la musique et l’action du premier acte, recomposé, ne diffèrent-ils pas de celles du second, original pour l’essentiel. Ni opéra comique, ni opéra bouffe, mais ouvrage singulier, qui sert à merveille le livret du vaudeville qui en précéda la réalisation, <em>le Comte Ory</em> a retrouvé le chemin de nos scènes. Et rien ne justifie qu&rsquo;il demeure encore marginal par rapport aux chefs-d’œuvre de Rossini.</p>
<p>Un Rossini dont, seuls, deux solistes sont d’origine italienne, sans aucun interprète français, bien que chanté dans notre langue, avait de quoi laisser perplexe. Malmö n’est pas Pesaro, encore que… plus l’ouvrage se déroule, plus nos préventions s’amenuisent ou disparaissent, tant les qualités l’emportent sur les faiblesses. Commençons donc par ces dernières. La maîtrise relative de la langue est un handicap qui rend souvent précieux le sous-titrage en français, nous en reparlerons. La distribution va du meilleur au passable (deux seconds rôles), ce qui n’est pas vraiment un obstacle à notre bonheur. Pour le reste, un orchestre splendide, nerveux, nuancé, aux couleurs séduisantes, magistralement conduit par <strong>Tobias Ringborg</strong>, voilà qui est essentiel. Ajoutez une mise en scène inventive à souhait, de <strong>Linda Mallik</strong>, dans des décors géométriques surprenants, mais utilisés judicieusement, des costumes très composites, colorés, où tous les hommes portent une cotte de maille, et les femmes des parures originales et seyantes, sans oublier des éclairages adéquats, et vous aurez déjà d’autres motifs de satisfaction. Des chanteurs, solistes ou artistes du chœur, que la direction mue en d’authentiques comédiens, voilà qui conforte les raisons de notre plaisir. Gardons le meilleur pour la fin : le chant rossinien est servi par les quatre premiers rôles de façon exemplaire. <strong>Leonardo Ferrando</strong>, rare en France, est un Comte Ory parfait, par la voix, le physique et le jeu facétieux. Les nombreux aigus sont clairs, le chant souple et virtuose. Son premier contre-ut est aisé et lumineux, les autres ne seront pas en reste. La séduisante Comtesse Adèle est <strong>Erika Miklosa</strong>, superbe colorature hongroise qui se joue de toutes les difficultés du chant. Son jeu nous rappelle qu’elle ne dédaigne pas l’opérette et l’engagement dramatique qu’il exige. Rôle travesti, Isolier, <strong>Daniela Pini</strong>, et Ragonde, tourière du château, l’autre mezzo, <strong>Irina de Baghy</strong>, ne sont pas moins rossiniennes que les deux précédents. La voix de la première est large, bien timbrée, aux aigus aisés. Le chant de la seconde, Canadienne bien connue en France, est corsé, avec de beaux graves,et sa présence, insuffisante au tout début, s’affirmera sans peine ensuite. La basse, au physique de géant pour chanter le gouverneur, <strong>Lars Arvidson</strong>, et le baryton <strong>Igor Bakan</strong>, Raimbaud, se produisent pour l’essentiel dans les pays germaniques et scandinaves. Leur français incertain constitue un handicap, qui se double de graves limités (le fa de la basse, les la bémol du baryton) et d’une articulation pâteuse (l’air de Raimbaud). L’essentiel n’est pas là, heureusement. N’oublions pas <strong>Danca Milacic</strong>, qui nous vaut une jeune paysanne fraîche et mutine. Les chœurs, réglés à la perfection, participent à ce régal, véritable feu d’artifice vocal.</p>
<p>Les finales, accomplis,  soulèvent l’enthousiasme par leur esprit, leur vigueur et leur précision : celui du premier, emprunté et réécrit du <em>Voyage à Reims</em>, comme le chant de victoire sur lequel s’achève l’ouvrage, rendant à la nuit les désirs inassouvis. Cet hommage indirect aux <em>Nozze di Figaro</em> est un chef d’œuvre où se marient l’humour, la légèreté, la vivacité et la sensibilité la plus juste.</p>
<p>Etrangement, la vidéo, à moins que ce ne soit le montage, laisse parfois entrevoir l’activité de l’arrière-plan et des coulisses durant le premier acte. En dehors de cette observation, le rythme, le cadrage, les gros plans servent l’ouvrage de façon convaincante.</p>
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