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	<title>Cheryl BARKER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Cheryl BARKER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BRITTEN, The Turn of the Screw — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-turn-of-the-screw-strasbourg-jai-reve-lautre-nuit-que-je-retournais-a-bly/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Sep 2016 01:14:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une histoire située dans une grande demeure britannique, où le passé fait retour à travers des personnages morts mais plus présents que les vivants ? Pour un admirateur de Hitchcock comme Robert Carsen, il allait sans doute de soi que la clef du Tour d’écrou était un détour par la Rebecca de Daphné du Maurier : Bly, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une histoire située dans une grande demeure britannique, où le passé fait retour à travers des personnages morts mais plus présents que les vivants ? Pour un admirateur de Hitchcock comme <strong>Robert Carsen</strong>, il allait sans doute de soi que la clef du <em>Tour d’écrou</em> était un détour par la <em>Rebecca</em> de Daphné du Maurier : Bly, c&rsquo;est évidemment Manderley, et la Gouvernante, c’est donc forcément Joan Fontaine dans le film que « Hitch » tira du roman de sa compatriote. Pour ce premier spectacle où le metteur en scène canadien se chargeait aussi des décors et des costumes, monté d’abord en 2011 au Theater an der Wien, tout se passe dans les années 1930 (plutôt que dans ces <em>fifties</em> qui lui sont chères), exclusivement à l’intérieur du manoir, série de pièces où s’ouvrent de très hautes portes et de très hautes fenêtres à guillotine. Le gris est la couleur unique des costumes et des décors, sculptés par des éclairages latéraux, rasants, où les personnages ont l’étrange netteté des modèles du portraitiste mondain Meredith Frampton. La référence à Hitchcock a néanmoins deux inconvénients : le recours aux projections prive le chant de son immédiateté, notamment lorsque la toute première intervention de la Gouvernante est transformée en monologue intérieur, la soprano étant remplacée par un film où son visage exprime infiniment moins d’émotion que sa voix. Deuxième inconvénient à prendre pour inspiration un film où il n’y a pas vraiment de fantôme (Rebecca obsède la nouvelle Mme de Winter, mais elle ne revient jamais de l’au-delà) : le fantastique perd de son inquiétante étrangeté. Peter Quint n’existe sans doute que dans la tête de la Gouvernante, puisque sa physionomie est celle de l’employeur dont elle est éprise, et que Miles lui-même devient à la fin un double de Quint. Aux revenants se substituent d’abord des images projetées par-dessus un décor certes spectaculaire, le lit vu d’au-dessus, mais que Robert Carsen a déjà utilisé le plus à-propos pour sa <em>Femme sans ombre </em>viennoise (1996) et réutilisé pour <em>Roussalka</em> à Paris (2002). La menace, la perversion, ces données semblent étrangement absentes de cet univers très esthétique mais sur lequel le danger ne pèse guère.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="247" src="/sites/default/files/styles/large/public/b_turnofscewonr_photoklarabeck_0378.jpg?itok=cK6cLKuy" title="© Klara Beck" width="468" /><br />
	© Klara Beck</p>
<p>C’est donc surtout de la musique que viendra le frisson. Et on le ressent parfaitement, grâce à la netteté, grâce à l’objectivité clinique avec laquelle <strong>l’Orchestre symphonique de Mulhouse</strong> traduit les combinaisons instrumentales inventées par Britten pour rendre l’oppression créée par Henry James, <a href="http://www.forumopera.com/actu/henry-james-a-lopera">pour la première fois où le romancier était transposé sur une scène lyrique</a>. Cette exactitude, ce tranchant admirable des sonorités rend d’autant plus sensible un moment comme la lettre que la Gouvernante adresse à son employeur, où elle laisse son faible pour lui prendre le dessus, bouffée quasi puccinienne au milieu d’une musique beaucoup plus âpre. A ceux qui connaîtraient seulement l’ardent défenseur de l’opéra français du XIX<sup>e</sup> siècle, <strong>Patrick Davin </strong>montre ici toutes ses affinités avec la musique de notre temps, qu’il avait déjà prouvées notamment en dirigeant <em>Doctor Atomic </em>de John Adams <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/une-terrible-beaute-est-nee">à la tête du même orchestre</a>.</p>
<p>De la distribution viennoise en 2011, <strong>Nikolai Schukoff </strong>est le seul rescapé. Il est intéressant d’entendre le rôle de Quint interprété non par un ténor typiquement « brittenien », d’école britannique, mais au contraire par un chanteur qui se produit aussi dans un répertoire plus traditionnel, plus lourd ; cela va aussi dans le sens d’une vision moins spectrale, puisque ce revenant ne s’exprime pas seulement dans le registre de l’aigu insinuant. Ce fantôme-là a les pieds par terre, il impose (lorsqu’il n’est pas remplacé par un film) une présence tout à fait physique. Elina Makropoulos à Strasbourg en 2011, <strong>Cheryl Barker </strong>est, de son côté, une Miss Jessel très sensuelle, même si l’on regrette que son vibrato transforme un peu les aigus forte en hululements. <strong>Heather Newhouse</strong>, déjà titulaire du rôle <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/psychose-ou-ceremonie-de-linnocence">à Lyon en 2014</a>, offre à la Gouvernante une voix claire et précise, et compose une héroïne bien moins visiblement névrosée que d’autres, fébrile certes, mais surtout tourmentée par son désir amoureux pour l’employeur, et donc pour un Quint fantasmé, et finalement ici pour Miles. Si l’on a connu des Mrs Grose au timbre plus sombre, <strong>Anne Mason</strong> n’en est pas moins à sa place dans cette distribution équilibrée. Les enfants, ce jour-là <strong>Philippe Tsouli </strong>et <strong>Odile Hinderer</strong>, se distinguent par la justesse de leurs interventions et par la qualité de leur anglais. Une belle pierre s’ajoute ainsi à l’édifice carsénien élaboré par Marc Clémeur au fil de ses saisons strasbourgeoises, avant la reprise de <em>La Petite Renarde rusée </em>en décembre prochain.</p>
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		<title>Pure Diva</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/sensible-et-sense/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Ponthir]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Aug 2011 19:54:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bien bel opus en provenance de la maison australienne, Melba Recordings. Plus qu’un récital carte de visite, cet enregistrement se définit en un authentique hommage de Cheryl Barker à son illustre professeur, Dame Joan Hammond. Il n’est pas certain que ce nom évoque encore grand-chose de ce côté de l’océan, pourtant Hammond, sur ses terres &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Bien bel opus en provenance de la maison australienne, Melba Recordings. Plus qu’un récital carte de visite, cet enregistrement se définit en un authentique hommage de <strong>Cheryl Barker</strong> à son illustre professeur, Dame Joan Hammond. Il n’est pas certain que ce nom évoque encore grand-chose de ce côté de l’océan, pourtant Hammond, sur ses terres natales, bénéficie de l’aura affectueuse d’une Nellie Melba ou de la regrettée Dame Joan Sutherland. Hammond fit une brillante carrière internationale, trop tôt contrainte à la retraite, suite à une attaque cardiaque qui restreint ses activités à l’Australie, principalement dans l’enseignement. Elle forma pléthore d’artistes lyriques, dont Cheryl Barker compte parmi les plus reconnues. Hammond était un grand lyrique, une technique impeccable soutenant un instrument de toute beauté au timbre particulièrement crémeux et typique des voix anglophones.</p>
<p> </p>
<p>Cheryl Barker nourrissait depuis longtemps ce projet qui lui tenait particulièrement à cœur. Du cœur, on en trouvera aisément dans cet enregistrement. La maison Melba une fois encore, offre au passionné une présentation riche et solide dans un coffret agréable et exhaustif d’un point de vue linguistique. Un exemple à suivre pour d’autres maisons bâclant en mode économie de bout de chandelle, l’esthétisme de leurs produits. Il y a là pourtant une sérieuse matière à réflexion dans la crise du disque. Car comme les amateurs de beaux livres, les passionnés ne se détourneront jamais du plaisir de manipuler un objet soigné et concret. L’entourage musical emmené par <strong>Guillaume Tourniaire</strong> se montre parfaitement à hauteur de la tâche tant dans l’accompagnement et le soutien de sa soliste que dans la caractérisation des différentes ambiances théâtrales.</p>
<p> </p>
<p>Barker est également un beau lyrique, sans doute naturellement moins large que son illustre <em>Maestra</em>. Si Hammond se caractérisait par une aristocratie sonore, Cheryl Barker elle, possède une rare émotion immédiate dans le timbre, la définissant comme l’idéale interprète de Mimi, Rusalka, Liu ou encore Micaela. N’ayant pas les capacités pyrotechniques des Lucia, Amina ou des Elvira stratosphériques, il est donc remarquable que Barker, au sein d’un programme d’une belle cohésion, parvienne non seulement à caractériser chaque héroïne en quelques minutes, à retenir l’attention tout au long de son programme mais surtout à émouvoir. Musicalement accomplie, on appréciera chez Barker, les qualités vocales d’un médium particulièrement expressif. Hormis l’entrée d’Antonia, la piégeant par son idiome et ses passages, le programme ne souffre d’aucun point faible et on appréciera particulièrement les pages purement lyriques où la cantatrice retrouve les qualités naturelles de sa prime jeunesse.</p>
<p> </p>
<p>La qualité de ce CD est que Cheryl Barker nous dit clairement qui elle est et on découvre une personnalité terriblement attachante. On aimerait évidemment un fini plus fouillé des différentes langues usitées et on pourra regretter que désormais l’aigu recule dans ses sollicitations les plus dramatiques. Le prix à payer sans doute pour l’élargissement progressif du répertoire. Mais la fraîcheur, la simplicité et le bien chanté rares de ces pages sont de toute évidence une belle surprise à recommander.</p>
<p> </p>
<p><strong>Philippe Ponthir</strong></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><strong> </strong></p>
<p> <br />
 </p>
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		<item>
		<title>JANACEK, Věc Makropulos — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-fabuleux-voyage-a-travers-les-siecles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elisabeth Bouillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Apr 2011 15:00:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Irréalisme magique, c’est ainsi que Robert Carsen caractérise L’Affaire Makropoulos (L’Affaire Makropoulos est une traduction erronée. En réalité le mot vĕc désigne l’élixir de longue vie et non le procès intenté par Gregor au Baron Prus). Inspiré par cet ouvrage fascinant, il le met en scène comme le ferait un medium sous la dictée de Janacek. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Irréalisme magique, c’est ainsi que Robert Carsen caractérise <em>L’Affaire Makropoulos</em> (<em>L’Affaire Makropoulos</em> est une traduction erronée. En réalité le mot <em>vĕc </em>désigne l’élixir de longue vie et non le procès intenté par Gregor au Baron Prus). Inspiré par cet ouvrage fascinant, il le met en scène comme le ferait un medium sous la dictée de Janacek. Avec un inconcevable brio et une suite d’images splendides, il nous dévoile les mystères de la longévité d’Elina. A cette fin, il utilise l’une de ses méthodes favorites, la <a href="http://forumopera.com/spectacle/robert-carsen-demiurge-de-la-scene-lyrique">mise en abyme</a>, mais il descend le temps au lieu de le remonter. </p>
<p> </p>
<p>L’action débute en 1589, dans un espace vide, irréel. Au lever de rideau, face au public, une jeune fille de seize ans, Elina Makropoulos, vêtue d’une robe de cour rouge vif, attend en silence qu’on lui apporte un flacon dont elle ingère le contenu (l’élixir de longue vie). A la première mesure de l’ouverture, elle fait demi-tour en direction de la scène d’un théâtre dans le théâtre, à l’arrière plan, dont on distingue la rampe brillamment éclairée ; cette scène ouvre au lointain sur une salle invisible, symétrique de la nôtre. Nous avons en quelque sorte traversé le miroir, comme Alice. Le rideau se referme derrière elle pour se rouvrir presque aussitôt quand elle sort de scène. Une nuée d’habilleuses surgies de nulle part l’entoure pour un changement de costume avant de disparaître comme elles sont venues. Le processus d’ellipse temporelle se répète une bonne douzaine de fois, se calquant sur des motifs musicaux et des rythmes précis, et l’on se retrouve en 1912, date à laquelle commence l’action (selon le livret, Elina est née en 1575 et elle est âgée de 337 ans, ce qui nous amène à 1912).</p>
<p> </p>
<p>Des costumes très élaborés et une sorte de piédestal ornementé monté sur roues mettent en valeur la <em>diva</em>, poursuivie depuis des siècles par des adorateurs, et qui les manipule sans scrupule, les rejetant dès qu’elle a obtenu d’eux ce qu’elle désirait. Autres thèmes récurrents superbement mis en relief par la direction d’acteurs : le contraste entre la frénésie de vivre de ceux qui entourent Emilia Marty et l’épouvantable solitude de celle qui, ayant vu mourir tous ceux qu’elle aimait, ne peut plus s’attacher à personne, à une exception près : Ferdinand Gregor, de son vrai nom Makropoulos, son arrière-arrière-arrière petit fils redevenu le Ferdi qu’elle chérissait du temps où il était son fils, et qu’elle traite avec la tendre familiarité d’une aïeule.</p>
<p> </p>
<p>Elina Makropoulos a dévoilé sa véritable identité. Les habilleuses surgissent une dernière fois et la déshabillent. Son costume rejoint ceux du passé, accumulés sur les portants, résumé saisissant de son fabuleux voyage à travers les siècles. Restée seule (on entend les voix <em>off</em> des autres personnages), en sous-vêtement de soie blanche, tête nue, dépouillée de tout ornement, elle déchire la formule de longue vie après l’avoir proposée au public, par dérision, et rejoint à pas lents le théâtre de l’arrière-scène, devenu le monde d’après la mort. </p>
<p> </p>
<p>Les chanteurs, de très haut niveau, sont galvanisés par leur metteur en scène. <strong>Guy de Mey</strong>, incarne un Vitek très humain que le suicide de Janek et le désespoir de Krista bouleverse. Nous avions déjà apprécié <a href="http://forumopera.com/spectacle/lopera-bastille-a-moitie-vide-ou-a-moitie-plein">à Paris</a> la prestation de <strong>Charles Workman</strong> en Gregor et il ne démérite pas, bien au contraire. Son timbre a gagné en chaleur, sa voix en lyrisme et son personnage en densité. <strong>Enric Martinez-Castignani</strong> (qui fait ses débuts en France), interprète un étrange Kolenatý incroyablement stressé qui, enfermé dans sa bulle, passe à côté de l’évènement le plus important de sa vie. Sa voix bien projetée et sa parfaite articulation ne faiblissent jamais malgré la difficulté de l’écriture musicale, de la langue tchèque et des <em>tempi</em> ultra rapides. Le vieillard <strong>Hauk-</strong><strong>Šendorf</strong> d’Andreas Jäggi, ténor au timbre clair étonnamment jeune, est un vieux fou poétique tout droit sorti de l’échiquier d’<em>Alice à travers le miroir</em>. Excellents également <strong>Martin Bárta</strong> au beau baryton de bronze qui campe un aristocratique Baron Prus et <strong>Enrico Casari</strong> dont la voix mozartienne et flexible convient particulièrement bien au personnage attendrissant de Janek.</p>
<p> </p>
<p><strong>Angélique Noldus</strong>, voix fraîche, timbre pur, incarne avec sensibilité et discrétion ce rôle de jeune fille généreuse et modeste, cruellement déçue par la sécheresse de cœur d’Emilia Marty qu’elle a tant admirée.</p>
<p>L’Emilia Marty de<strong> Cheryl Barker</strong>, portée par une direction d’acteur qui révèle l’essence même du mythe et par un chant d’une expressivité magistrale, atteint au sublime. Nous vivons à travers elle l’inanité d’une vie qui ne veut pas finir, la destruction progressive de la libido, le désintérêt profond, voire la haine pour ce qui l’entoure, enfin l’absurdité de sa recherche de la formule perdue de longue vie alors qu’au fond d’elle-même, elle n’aspire qu’à mourir. </p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Seule ombre au tableau, <strong>Friedemann Layer </strong>ne réussit pas à obtenir de l’orchestre la transparence attendue. Sa palette de nuances s’arrête au <em>mezzoforte</em> tandis que les <em>fortissimi</em> abondent, et il n’évite pas, ça et là, quelques décalages. L’extrême difficulté rythmique et instrumentale de cet ouvrage (l’un des plus difficiles de Janacek), la surabondance des cuivres, la délicatesse des traits aux pupitres des cordes supposent une totale maîtrise technique de la part des instrumentistes comme du chef. Des progrès restent à faire pour y parvenir. Inversement, les voix <em>off</em>, solistes ou choristes, qui créent le mystère, sont impeccablement réglées.</p>
<p> </p>
<p>Le public fait un triomphe mérité à la production et ovationne tout particulièrement Cheryl Barker et Carsen, qui a mis son immense talent au service de l’oeuvre. Un spectacle inoubliable !</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/implacable-mise-a-nu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2009 21:55:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quinze après sa création sous la baguette de Muyng-Wung Chung et plusieurs reprises à l’Opéra Bastille, cette production exemplaire de Robert Wilson fait toujours salle comble. Le système wilsonien a perdu l’attrait de la nouveauté. Des détracteurs reprochent au metteur en scène américain de mettre les œuvres à son service plutôt que l’inverse, mais force &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Quinze après sa création sous la baguette de Muyng-Wung Chung et plusieurs reprises à l’Opéra Bastille, cette production exemplaire de <strong>Robert Wilson</strong> fait toujours salle comble. Le système wilsonien a perdu l’attrait de la nouveauté. Des détracteurs reprochent au metteur en scène américain de mettre les œuvres à son service plutôt que l’inverse, mais force est de reconnaître que cette <em>Madame Butterfly </em>est l’une de ses grandes réussites. Pas seulement à cause de sa stylisation en phase avec l’esthétique japonaise, mais parce qu’en le libérant de toute mièvrerie, elle met à nu l’implacabilité du drame de l’opéra préféré de Puccini.</p>
<p> </p>
<p>Le sobre dispositif scénique, les costumes raffinés et expressifs, les jeux de lumières toujours éloquents et surprenants de beauté, les accessoires parcimonieusement choisis, suffisent à donner l’atmosphère propre à créer la tension psychologique qui mène inexorablement au tragique dénouement. La scène finale, où Cio-Cio San meurt en battant des ailes comme un insecte, a maintes fois été commentée et admirée.</p>
<p> </p>
<p>Tiré d’un fait divers, le livret, se rapprochant également du roman <em>Madame Chrysanthème</em> de Pierre Loti, est dans l’air du temps en 1904. À ce stade de son évolution, bien qu’attaché au réalisme de sujets contemporains, le compositeur italien s’éloigne du vérisme. Sa musique atteint une grande subtilité de couleurs et d’harmoniques. En symbiose avec les voix, l’orchestre participe activement à la narration, il illustre la démarche sautillante de la famille japonaise, il peint les sentiments intimes des protagonistes : impatience, agitation, détente, tendresse, désespoir… Enfin, la partition contient des thèmes recurrents (hymne américain, signal de l’arrivée du consul, mort du père de Cio-Cio San se retrouvant au suicide de Butterfly, etc.)</p>
<p> </p>
<p>Les nombreux changements de styles musicaux et diversions soudaines permettent à l’action de rebondir constamment. Sous la conduite affirmée et précise du chef estonien <strong>Vello Pähn</strong>, l’orchestre de l’Opéra National de Paris cisèle toutes les nuances. Malheureusement l’attention du chef aux chanteurs laisse quelque peu à désirer, surtout envers l’héroïne principale dont la voix est fréquemment couverte par des <em>forte</em> instrumentaux excessifs. Espérons que ce problème se résoudra au fil des représentations. À cause d’une grève le jour de la première, c’est cette deuxième distribution d’excellente tenue qui a ouvert la série.</p>
<p>Plus à l’aise dans la seconde partie, où ses qualités dramatiques s’expriment davantage que dans la légèreté, habile et naïve à la fois, de la jeune geisha, <strong>Cheryl Barker</strong> (Cio-Cio San) se montre à la hauteur du rôle. Fort joliment chanté, son « Un bel di, vedremo » est touchant à souhait. Le timbre est assez agréable, le médium souvent un peu faible, mais les aigus savent être déchirants.</p>
<p> </p>
<p>Dans le duo Butterfly Pinkerton de la fin du premier acte, la voix, très puissante du ténor italien, <strong>Massimiliano Pisapia</strong>, domine trop celle de sa partenaire. Le chanteur est impressionnant, mais l’acteur manque de séduction. Il faut dire que pour la plupart des interprètes, la gestuelle de marionnettes imposée par Wilson paraît une contrainte à laquelle ils doivent prêter une attention excessive. Elle leur confère une raideur qui les déshumanise. Sans parler du peu de contacts autorisés par le metteur en scène à travers des regards ou des rapprochements physiques. Cette remarque vaut également pour l’assez fade Suzuki de <strong>Michele Oncioiu</strong>.</p>
<p> </p>
<p>Bien en voix, Goro (<strong>Andreas Jäggi</strong>), le Prince Yamadori (<strong>Bartlomiej Misiuda</strong>) et le Bonze (<strong>Scott Wilde</strong>) chantent correctement sans paraître embarrassés par ces gestes mécaniques. La palme du naturel dans l’univers wilsonien revient à l’excellent Sharpless, du baryton anglais <strong>Michael Druiett</strong>. Il réussit l’exploit de se déplacer et d’incarner son personnage selon les consignes avec aisance et engagement dramatique tout en chantant fort bien.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Une soirée sans surprise mais qui inspire le respect pour un vrai travail artistique. </p>
<p><strong>    </strong></p>
<p> </p>
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