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	<title>Anastasia BARTOLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Anastasia BARTOLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Zelmira &#8211; Pesaro</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 04:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zelmira, synonyme d’ennui ? – ainsi que l’écrivait Le Globe en 1826 lors de la création parisienne de ce dramma per musica, le dernier des neuf composés par Rossini à l’intention du public napolitain. Retour en 1822. Le Pesarese présente au Teatro San Carlo son nouvel opéra. Le livret d’Andrea Leone Tottola est tiré d’une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Zelmira</em>, synonyme d’ennui ? – ainsi que l’écrivait <em>Le Globe</em> en 1826 lors de la création parisienne de ce <em>dramma per musica</em>, le dernier des neuf composés par Rossini à l’intention du public napolitain.</p>
<p>Retour en 1822. Le Pesarese présente au Teatro San Carlo son nouvel opéra. Le livret d’Andrea Leone Tottola est tiré d’une pièce de théâtre de l’auteur français Dormont de Belloy datée de 1759, elle-même inspirée de Métastase. C’est dire combien l’ouvrage hérite de conventions dramaturgiques qui nous sont devenues étrangères. L’intrigue empile complots et faux-semblants au détriment de la clarté émotionnelle. Devoir et politique prennent le pas sur des passions concrètes, ce qui peut dérouter le spectateur moderne habitué à des récits plus réalistes. Renforcée par l’absence d’exposition et par la primauté accordée à l’éclat musical sur la vraisemblance dramatique, cette difficulté d’accès joue en la défaveur de l’œuvre, sauf à la projeter dans un univers scénique aux codes adaptés à notre sensibilité contemporaine. En ce sens, le choix par le Rossini Opera Festival d’un metteur en scène disruptif et sulfureux comme <strong>Calixto Bieito</strong> se justifie.</p>
<p>Immersive en phase avec l’air du temps, l’approche exploite l’architecture de l’Auditorium Scavolini, une ancienne salle de basket à <a href="https://www.forumopera.com/breve/nouvel-auditorium-a-pesaro-plus-inconfortable-tu-meurs/">l’inconfort hélas inchangé depuis l’an passé</a>. Le public prend place sur des gradins autour d’un plateau central constitué de panneaux de plexiglas rétro-éclairés, dans lequel s’intègre la fosse d’orchestre. Sur l’espace scénique ainsi délimité, les chanteurs se déplacent librement, parfois depuis les allées – renforçant l’impression d’immersion. Absence de décors ; costumes passe-partout ; quelques accessoires à vocation symbolique (un ours en peluche, des fragments de colonne, des casques, beaucoup de casques) : c’est d’abord par le travail sur le geste et sur les corps que se dessinent les rapports entre les protagonistes, jusqu’à la complaisance lorsqu’il s’agit d’utiliser la musculature sculpturale de Gianluca Margheri (notre voisin, abusé par le volume de ses pectoraux, les croira simulés par une cuirasse). Un brin de provocation – de la terre dont on se barbouille ; de l’eau dont on s’asperge… –, des personnages déconstruits (Eacide en ange, le prêtre en couche culotte) stimulent la réflexion mais ne peuvent détourner l’attention du défaut majeur que présente un tel dispositif : la configuration centrale de la scène, en dispersant les voix dans toutes les directions, réduit leur portée. En dépit d’une acoustique favorable, une partie du public se retrouve reléguée à la marge de l’écoute dès qu’un chanteur lui tourne le dos.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/R3A6086_pr-1294x600.jpg" />© Amati Bacciardi</pre>
<p>Cet inconvénient se révèle d’autant plus frustrant qu’il affecte des interprètes de haut vol. A commencer par <strong>Lawrence Brownlee</strong>, stupéfiant dans le rôle d’Ilo conçu aux dimensions extra-terrestres de Giovanni David. La technique, superlative, se joue tant des multiples ornementations que de notes stratosphériques, à la hauteur vertigineuse assumée sans forfanterie, comme s’il s’agissait de contourner de simples graviers sur un chemin caillouteux. Le timbre, d’une fraîcheur inaltérée semble avoir gagné en brillant. L’égalité de la ligne, l’absence de rupture entre les registres renforcent l’impression d’évidence. Une ovation interminable – plus de cinq minutes –salue son air d’entrée, « Terra amica », un des plus redoutables sorti casqué de l’imagination impitoyable de Rossini. Le duo suivant voit le ténor affronter la soprano dans une joute de virtuosité, d’autant plus excitante qu’elle ne cède rien à la gratuité. Déjà formidable en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-ermione-pesaro/">Ermione l’an passé</a>, <strong>Anastasia Bartoli</strong> a encore affûté ses armes belcantistes. La voix reste d’une ampleur impressionnante sur une longueur qui ne l’est pas moins. Les variations échevelées, l’engagement, l’intensité avec laquelle la chanteuse brandit les notes comme des poignards à la lame acérée s’accompagnent de nuances et d’allègements du meilleur effet, offrant un portrait abouti de Zelmira, reine orgueilleuse, épouse fidèle, fille dévouée et mère attendrie. Si on s’avoue moins emballé par le chant d’<strong>Enea Scala</strong>, heurté et trop en force, sa composition d’un Antenore névrosé répond aux intentions du metteur en scène. L’emprise trouble qu’exerce sur lui Leucippo est un des ressorts du drame. Bien que peu servi par la partition qui ne lui concède aucun air, <strong>Gianluca Margheri</strong> endosse d’une voix sonore à la ligne contrôlée la veulerie du conseiller et la place de choix que lui confère le parti pris scénique. À <strong>Marko Mimica</strong> en Polidoro fait défaut un surcroît de musicalité pour que transparaisse la tendresse et l’humanité du père derrière l’autorité du souverain. L’écriture d’Emma, la confidente de Zelmira, paraît de prime abord trop grave pour le mezzo-soprano de <strong>Marina Viotti</strong>. Mais la rondeur enveloppante du timbre alliée au métal incisif d’Anastasia Bartoli donne au duettino du premier acte une intensité singulière. Surtout sa grande aria met en lumière des affinités rossiniennes – revendiquées – faites de souplesse, d’égalité, de maîtrise du souffle et du bon usage d’effets subordonnés à la vérité expressive. Dans le rôle bref d’Eacide, <strong>Paolo Nevi</strong>, jeune ténor ombrien, capte immédiatement l’attention par la projection et la lumière de sa voix.</p>
<p>Sous la direction de <strong>Giacomo Sagripanti</strong>, chœur et orchestre réussissent à surmonter le déséquilibre sonore induit par le dispositif scénique pour faire corps avec le drame. Des tempi vifs mais expressifs révèlent toutes les subtilités de la partition, tissant un flux continu de couleurs, de tensions, d’inflexions qui oppose un démenti flagrant à la critique du <em>Globe</em> : Zelmira, antonyme d’ennui.</p>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-berlin-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Oct 2024 04:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Berlin, Staatsoper, les seconds couteaux sont parfois tellement affilés qu’on les sent prêts à prendre les premiers rôles ! C’est un peu ce qu’on se dit en quittant Unter den Linden à l’issue d’une représentation de Nabucco de très grande classe avec, donc, une sorte de cast B qui en ferait rêver plus d’un. Dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A Berlin, Staatsoper, les seconds couteaux sont parfois tellement affilés qu’on les sent prêts à prendre les premiers rôles ! C’est un peu ce qu’on se dit en quittant <em>Unter den Linden</em> à l’issue d’une représentation de <em>Nabucco</em> de très grande classe avec, donc, une sorte de cast B qui en ferait rêver plus d’un. Dans cette nouvelle production proposée par <strong>Emma Dante</strong>, intéressante à plus d’un titre mais qui pose aussi son lot de questionnements, on le verra, Anna Netrebko (Abigaille) et René Pape (Zaccaria) ont vite cédé la place à <strong>Anastasia Bartoli</strong> et <strong>Mika Kares</strong>, qui ont ébloui une salle où pas un siège n’est resté vide.<br />
Concernant ce dernier, nous l’avions admiré dans le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/">Ring proposé ici même en 2022</a> par Thielemann/Tcherniakov. Tour à tour Fasolt, Hunding et Hagen, sa puissance et ses incarnations en diable nous avaient à l’époque retourné. Ce soir, il est un Zaccaria époustouflant de présence, de puissance et d’intensité. Tout juste s’est-on demandé s’il était suffisamment échauffé pour son « D’Egitto là su i lidi », où la souplesse a pu manquer au tout début de l’aria – les graves du « Timor » final impressionnent en revanche déjà. La cabalette à suivre, reprise avec ornements s’il vous plaît, laisse augurer que la soirée sera belle. Et de fait, Miko Kares déroule ensuite un des rôles de basse verdiens les plus accomplis, avec panache et aisance, fa dièse aigu compris !<br />
Quant à Anastasia Bartoli qui reprend le rôle d’Abigaille, c’est l’émotion de la soirée. Il sera difficile d’être objectif et de trouver à redire à cette prestation absolument achevée, alors soyons honnête jusqu’au bout et disons-le une fois pour toutes : la seule chose qui manque encore à Bartoli c’est la longueur. On aurait aimé que certaines phrases ne finissent pas trop vite, que le plaisir soit prolongé d’entendre l’émotion pure dite à travers les notes. Mais tout le reste y est, et en abondance. La présence tout d’abord ; la tête fière, relevée et comminatoire, ses faux airs de Cruella, l’élégance dans le geste, y compris dans la menace, y compris dans le suicide. Mais surtout cette voix. Elle avait déjà impressionné Antoine Brunetto cet été à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-ermione-pesaro/">Pesaro dans le rôle-titre de <em>Ermione</em></a>. Il l’avait trouvée « incandescente ». C’est exactement cela : elle brûle par la présence et la portée de la voix. Pas une once de faiblesse dans les aigus, pas le moindre relâchement dans la portée des graves, pas de difficulté apparente dans les innombrables cabrioles de sa partie. Comme toujours, Abigaille est attendue en entrée du II. L’arioso est pleinement incarné, l’aria se termine comme une prière irrésistible. Et que dire de la cabalette (avec reprise ornée en sus) qui emporte tout sur son passage et l’enthousiasme bruyant d’un public qui lui réservera au final une ovation dont elle se souviendra certainement.<br />
Voilà donc à quoi ressemble le cast B de ce Nabucco ! <strong>Luca Salsi</strong>, quant à lui, présent dans le rôle-titre depuis la première le 02 octobre dernier, est le troisième larron à récolter aussi bruyamment les <em>vivat</em> du public. Et comme c’est justice. Salsi est aujourd’hui un grand Nabucco parce qu’il est crédible sur toute la longueur, parce que ses états d’âme et son revirement final, il sait entièrement les partager avec la salle. La voix réussit par la nuance à décrire tout ce qu’il faut d’autorité, de force, voire de férocité, mais aussi de tendresse, de pitié et finalement de piété ; du grand art. <strong>Sonja Herranen</strong> est une Anna au soprano impétueux et <strong>Andrés Moreno Garcia</strong> s’acquitte fort bien du modeste rôle d’Abdallo, qui a toute son importance dans le déroulement de l’intrigue. On attendait plus de légèreté en revanche de la Fenena de <strong>Marina Prudenskaya</strong>, plus à l’aise dans les ensembles du début de l’ouvrage que dans son aria du IV (« Oh, dischiuso »), et bien mieux d’un <strong>Ivan Magrì</strong>, plusieurs fois en difficulté dans le rôle d’Ismaele (problèmes de justesse et dureté dans les aigus <em>forte</em>). <strong>Bertrand de Billy</strong>, à la tête de la Staatskapelle, dynamise l’orchestre par un tempo allant, plus qu’allant, nerveux, intense et captivant, notable dès l’ouverture. Ce tempo sera logiquement tenu tout au long de la soirée à l’exception notable de l’aria « Dio di Giuda », pris par contraste très lentement et qui rend cette scène de la conversion de Nabucco d’autant plus saisissante. Ce rythme soutenu a pu entraîner quelques décalages sans conséquence (air d’entrée de Zaccaria), y compris dans les nombreuses parties chorales. Chœur pléthorique avec un « Va pensiero » vibrant à souhait.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_58715_af2b8d5d33932194711de1b149971869_Nabucco_040-1294x600.jpg" alt="" width="686" height="318" />
© Bernd Uhlig</pre>
<p>Reste la question de la mise en scène. La Sicilienne Emma Dante (qui avait proposé <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-barcelone/">Cenerentola en mai dernier</a> à Barcelone) offre une vision atemporelle de <em>Nabucco, </em>en tout cas certainement pas historique, les costumes étant contemporains, les Assyriens tous armés de pistolets. Les Hébreux sont des Juifs orthodoxes : on les voit attentifs à accomplir leurs prières avec soin. Le mur du Temple est omniprésent (et on le voit plusieurs fois attaqué par les Assyriens) ; les symboles juifs sont mis à mal (Nabucco, au I, détruit les Tables de la Loi) et les violences sont bien visibles sur scène.<br />
Mettre en scène <em>Nabucco</em> aujourd’hui peut relever du pari risqué. Montrer des Juifs se faire prendre en otage, se faire brutaliser, exécuter, montrer des cadavres d’enfants arrachés des mains de leurs mères, des corps recouverts de linceuls blancs, montrer des assaillants ivres de sang, sans parler des imprécations contre le peuple juif contenues dans le livret de Temistocle Solera, tout cela renvoie invariablement le spectateur vers une tragique actualité. Faut-il le faire ? Avec un tel réalisme ? Dans le contexte géopolitique actuel ? Dans la note d’intention, Emma Dante se dit consciente que le terrain est glissant : elle l’assume crânement.<br />
Dont acte.</p>
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		<title>ROSSINI, Ermione &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-ermione-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Aug 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ermione, créée en 1819 (année de La donna del lago ou de Bianca e Falliero notamment, qui est également à l’affiche du festival cette année) est une œuvre rare. Elle n’a été montée auparavant que deux fois à l’occasion du Festival Rossini à Pesaro, en 1987 et 2008. La raison ne vient clairement pas d’une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ermione</em>, créée en 1819 (année de <em>La donna del lago</em> ou de <em>Bianca e Falliero</em> notamment, qui est également <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-bianca-e-falliero-pesaro/">à l’affiche du festival cette année</a>) est une œuvre rare. Elle n’a été montée auparavant que deux fois à l’occasion du Festival Rossini à Pesaro, en 1987 et 2008.</p>
<p>La raison ne vient clairement pas d’une faiblesse du livret. Plutôt resserrée (pour un opéra napolitain de Rossini tout du moins !), l’intrigue est portée par les passions non partagées qui dévorent et détruisent les personnages. Andromaque est prisonnière en Epire avec son fils Astyanax, à la cour de Pyrrhus, à la suite de la guerre de Troie. Pyrrhus aime Andromaque qui, elle, le rejette, fidèle à son amour défunt, Hector. Pyrrhus avait auparavant promis d’épouser la princesse Hermione. Cette dernière, face à la trahison de Pyrrhus, est déchirée entre un amour toujours brûlant et une haine violente. Sur ces faits arrive Oreste, qui, au nom des Grecs, demande qu’Astyanax soit tué, car il représente un symbole pouvant ranimer les espoirs des survivants de Troie. La vraie raison de sa présence est cependant qu’Oreste aime inconditionnellement Hermione… inclination encore une fois non partagée ! L’arrivée d’Oreste ne sera que le catalyseur d’une course à l’abîme inéluctable qui aboutira à l’assassinat de Pyrrhus par Oreste, commandité par Hermione.</p>
<p>Il faudrait plutôt chercher les causes de la rareté au niveau de la partition, dont les exigences vocales écrasantes sont à la hauteur des interprètes à la création : rien de moins qu’Isabella Colbran (Ermione), Rosmunda Pisaroni (Andromaque), Andrea Nozzari (Pyrrhus) et Giovanni David (Oreste).</p>
<p>En 1987, le festival avait parié sur Caballé, Horne, Merritt, Blake, et en 2008 sur <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ermione-rendue-au-rof/">Ganassi, Pizzolatto, Kunde, Siragusa</a>, pour faire honneur à l’œuvre. Si le quatuor de cette année recèle des noms moins connus, il assure également au spectateur une grande soirée d’opéra.</p>
<p>Il faut dire que les interprètes sont soutenus et galvanisés par la direction tendue de <strong>Michele Mariotti</strong>, à la tête de l’Orchestra sinfonica nazionale della RAI. Dès l’ouverture, atypique car entrecoupée de plaintes des prisonniers troyens, le rythme est vif, les <em>crescendi</em> millimétrés, et le chef choisit de mettre en avant certains détails, jamais gratuits, qui, loin de suspendre l’action, soulignent les états d’âme et participent au drame qui se déroule sur scène. On applaudit également la qualité de fondu et de mise en place des chœurs del Teatro Ventidio Basso.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Bartoli_Florez_V1A4103-qualite-1294x600.jpg" alt="" />Anastasia Bartoli (Hermione) Juan Diego Florez (Oreste) © Amati Bacciardi</pre>
<p>La grande découverte de la soirée est sans conteste <strong>Anastasia Bartoli</strong> (Hermione). Cette jeune soprane est encore peu connue, mais cela ne devrait pas durer. En matière de tempérament elle a de qui tenir, étant la fille de Cecilia Gasdia (qui a elle-même chanté le rôle-titre). Si l’Hermione de Ganassi en 2008 gardait encore une part de tendresse, ne reste ici qu’une soif auto destructrice nourrie de haine et de rancœur. Anastasia Bartoli peut s’appuyer sur des moyens vocaux rares : voix longue aux aigus puissants mais capable d’agilité, timbre prenant, dont les sombres moirures recèlent des éclats inattendus. L’interprète ne s’économise pas et arrive pourtant à la fin de l’acte deux (qui est quasiment une seule et grande scène de folie), dans un état de fraîcheur étonnant. D’aucuns pourraient regretter une approche peu belcantiste du rôle, mais cette torche brûlante est tellement excitante !</p>
<p>Face à cette performance incandescente, le reste du quatuor ne pâlit pas. <strong>Victoria Varovaya</strong> n’est pourtant pas avantagée par la mise en scène qui fait d’Andromaque une rombière dont on peine à comprendre le pouvoir d’attraction sur Pyrrhus. La chanteuse parvient cependant à prendre toute sa place par son mezzo consistant et sonore, à l’ambitus confortable et à la vocalisation aisée. Les ténors font plus que tenir leur rang. <strong>Juan Diego Flórez</strong> a le métier nécessaire pour rendre justice au rôle d’Oreste. Certes, on sent que les aigus demandent aujourd’hui davantage de préparation, mais ils font toujours leur effet et le chanteur peut compter sur son bagage belcantiste pour dessiner avec finesse le portrait du personnage faible guidé par des passions qui le dépassent. On sent <strong>Enea Scala</strong> plus fatigué en ce soir de dernière, la grande scène de Pyrrhus (« Balena in man del figlio ») le poussant dans ses retranchements. Les notes sont là, ce qui est déjà un exploit dans ce rôle crucifiant de bariténor, les graves sont assurés mais les aigus passent en force et le timbre sonne quelque peu engorgé dans les <em>forte</em>.</p>
<p>Les seconds rôles n’appellent que des louanges, comme souvent à Pesaro. On retient en particulier la basse sonore et bien chantante de <strong>Michael Mofidian</strong> (Fenicio), le Pilade d’<strong>Antonio Mandrillo</strong> au registre aigu percutant et la présence scénique et vocale de <strong>Martiniana Antonie</strong> (Cleone).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Totale_C2A6949-1-qualite-1294x600.jpg" alt="" />Ermione © Amati Bacciardi</pre>
<p>Le festival a confié à <strong>Johannes Erath</strong> la mise en scène, option plutôt osée pour une institution qui parie habituellement davantage sur des productions plus traditionnelles. On a de la transgression ce soir sur scène, les habitants de l’Epire semblant des créatures toutes droit sorties des nuits interlopes et Astyannax étant régulièrement sadisé (frappé, humilié, trainé par les cheveux…). Le même sort est d’ailleurs dévolu au personnage de l’Amour, omniprésent au début, mais qui finira lui aussi dans un sale état. On pourra regretter un certain trop plein visuel, avec la présence permanente de figurants, les projections vidéo, ou l’utilisation des espaces de part et d’autre de l’orchestre qui disperse l’action. On reconnaîtra pourtant un certain sens esthétique à ce décor noir éclairé de lumières crues, à ces costumes bigarrés et scintillants, à ces mouvements de danse inspirés du voguing. La direction d’acteurs est par ailleurs efficace, très physique, les personnages n’hésitant pas à s’empoigner, s’étreindre, se rejeter, à l’image de cette soirée qui bouscule, dérange mais finalement emporte.</p>
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		<title>ROSSINI, Edoardo e Cristina &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-edoardo-e-cristina-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Un discrédit de longue date », pour reprendre l’expression de Marco Beghelli, entoure Eduardo e Cristina. Dès la création l’œuvre était qualifiée de centone, c’est-à-dire de compilation d’extraits de compositions précédentes. Rossini aurait même poussé l’effronterie jusqu’à insérer un air composé par Stefano Pavesi pour ce livret en 1810. Repris et répété sans être &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Un discrédit de longue date », pour reprendre l’expression de Marco Beghelli, entoure <em>Eduardo e Cristina</em>. Dès la création l’œuvre était qualifiée de <em>centone</em>, c’est-à-dire de compilation d’extraits de compositions précédentes. Rossini aurait même poussé l’effronterie jusqu’à insérer un air composé par Stefano Pavesi pour ce livret en 1810. Repris et répété sans être remis en cause, ce jugement à l’emporte-pièce est encore considéré comme la juste sanction de la postérité. L’essai de Marco Beghelli reproduit partiellement dans le programme de salle permet de dissiper nombre de préjugés et d’apprécier plus exactement les mérites de cette partition où le connaisseur s&rsquo;amusera à essayer de reconnaître <em>Ricciardo e Zoraide </em>ou <em>Ermione</em>, quand le profane découvrira de la belle musique.. Mais que raconte le livret ?</p>
<p>Le roi Carlo de Suède a choisi pour gendre Giacomo, le prince héritier d’Ecosse. Il ignore que sa fille Cristina a épousé en secret son meilleur officier, Eduardo, récent vainqueur de la guerre contre l&rsquo;invasion russe, et qu’ils ont eu un fils. Quand il annonce publiquement sa décision, elle résiste obstinément, tant et si bien que le roi revient brutalement à la charge dans l’appartement où il l’a confinée, effrayant l’enfant qui sort de sa cachette et se réfugie dans les bras de sa mère. Au roi furibond Cristina refuse de révéler le nom du père malgré les pires menaces. Alors Eduardo se dénonce pour qu’elle soit épargnée, mais le roi outragé est déterminé à les faire mourir tous trois. Le prince d’Écosse est pragmatique : si Cristina accepte la mort d’Eduardo  il est prêt à l’ épouser et à élever l’enfant. Elle repousse encore cette offre qui lui sauverait la vie. La famille semble condamnée quand une attaque surprise de Russes échappés au massacre change la donne. Giacomo a échoué dans sa controffensive. Les partisans d’Eduardo vont le délivrer dans sa prison et évidemment il sauve une fois encore le royaume. Dès lors le roi ne peut plus qu’admettre la situation et se réjouir avec sa famille.</p>
<p>Tout est bien qui finit bien, c’est la loi du genre à l’époque, Rossini le sait bien depuis l’insuccès du final tragique de <em>Tancredi. </em>Mais <strong>Stefano Poda</strong>, le démiurge qui a réglé mise en scène, décors, costumes, lumières et chorégraphie, en a décidé autrement. Carlo, sauvé une nouvelle fois par Eduardo, renonce bien à noyer dans le sang l’outrage infligé à son autorité, mais il se tient à cour, à bonne distance de sa fille et de son gendre qui sont à jardin, et quand il relâche son étreinte sur son petit-fils, l’enfant s’écroule. Est-il mort étouffé ? Ainsi le final joyeux devient tragique ; d’autant que les parents qui chantent le bonheur retrouvé avec des mines lugubres ne se sont rendu compte de rien. Cette trouvaille couronne une série de choix qui amènent à s’interroger sur les intentions de Stefano Poda, que malheureusement la déclaration rapportée dans le programme n’éclaire pas vraiment.</p>
<p>Que signifie « traiter cette œuvre comme une œuvre d’art contemporaine et la transformer en un poème sur l’altérité » ? Pourquoi adopter un langage hermétique au plus grand nombre ? C’est un nouvel exemple de ces mises en scène qui n’ont pas pour objectif premier de rendre compte de l’œuvre pour ce qu’elle est mais de réaliser, fût-elle à l’opposé de son esprit,  la vision de leur auteur. <em>Eduardo e Cristina </em>n’avait pas l’ambition de rénover le théâtre lyrique. Il s’agissait pour Rossini de fournir le produit qui lui était demandé dans les conditions prévues par le contrat, et c’est chose faite, comme l’explique Andrea Malnati dans l’article où il expose le résultat des recherches pour reconstituer la partition. Et c’est une occasion de plus de déplorer que la décision prise au tournant du siècle de faire de Pesaro un laboratoire de la mise en scène reste encore d’actualité.</p>
<p>Reste un spectacle qui en met plein les yeux, souvent trop car des évènements secondaires viennent parasiter, pour discrets qu’ils se veuillent, les échanges entre les protagonistes qui constituent par essence l’action dramatique. Le décor est gigantesque ; de part et d’autre du plateau de hautes vitrines qui pourraient être aussi bien les réserves d’un musée que des caissons transparents dans une morgue referment des centaines de statues ? mannequins ? cadavres ? Le fond de scène est occupé entièrement par une immense installation qui semble le résultat d’une accumulation maniaque de débris de provenance indéterminée même si certains sont identifiables comme fragments de statues. Un réseau apparemment métallique enserre  ce dispositif, le protégeant et l’emprisonnant. Les éléments de base sont mobiles et seront employés à divers moments, manipulés par qui sera disponible sur le plateau, puisqu’ au deuxième acte le prince héritier d’Ecosse et l’adjoint d’Eduardo s’y astreindront. Le bas du panneau central permet une circulation des personnages et les danseurs, à la fin du spectacle, y composeront discrètement une sorte de frise évocatrice de temples indiens.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/EleonoraBartoli_SBB03350-1-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1692373186157" />Anastasia Bartoli © DR - ROF</pre>
<p>Sur le plateau, justement, figure très souvent, surtout au premier acte, une troupe de dix-huit danseurs et danseuses. La distribution prévoit, selon les didascalies, des prisonniers. Cette fonction représentative est-elle la leur ? Est-ce une contamination du défilé des prisonniers dans <em>Aida </em>? Ils apparaissent à jardin, dévêtus hormis un cache-sexe et traversent la scène en troupe pantelante dont tour à tour tel membre s’effondre et parvenus à cour repartent en marche arrière pour recommencer leur pantomime acrobatique. N’était que leur présence n’apporte souvent rien aux scènes où ils interviennent, à part ressasser que les conséquences de la guerre sont horribles, en les montrant dans une errance apparente tels des ombres malheureuses, victimes d’agressions répétées de la part des Suédois, surtout du roi, on reconnaît très volontiers le grand talent de chorégraphe de Stefano Poda et on loue sans réserve l’engagement de cette troupe de rencontre.</p>
<p>Une conséquence néfaste de ce foisonnement scénique, dont le détailler allongerait encore ce compte-rendu, est une impression de discontinu qui vient à l’appui ceux qui dénient à l’œuvre toute cohérence dramatique. Or celle-ci naît de la cohérence musicale, et l’article de Marco Beghelli  montre lumineusement comment Rossini n’a pas travaillé au forceps mais ajusté aux conditions nouvelles sa partition, avec le souci d’améliorer si possible les musiques « repêchées » et d’adapter les lignes de chant aux nouveaux interprètes. Tous les musiciens de l’époque travaillaient ainsi ; s’en prendre à Rossini à ce propos est un opportunisme de mauvais aloi. Mais si le metteur en scène n’a pas l’humilité de prendre les données de l’œuvre telle quelle on doute qu’il puisse la servir au mieux.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DanielaBarcellona_SBB03978.jpg?&amp;cacheBreak=1692373186157" />Daniela Barcellona © DR - ROF</pre>
<p>Heureusement, si le spectacle, en dépit de sa densité, de la beauté de certains costumes solistes, des oppositions binaires blanc-noir qui n’éclairent pas forcément qui est qui quand les chœurs chantent, de la reconstitution « téléphonée » d’une statue par la réunion des fragments enfermés d’abord dans les vitrines séparées, de l’utilisation des danseurs comme socle mouvant, soumis à des vexations  sadiques et/ou à des abus sexuels, si le spectacle, donc, laisse plus réticent que conquis, les versants musicaux et vocaux prêtent moins à controverse.</p>
<p>L’Orchestre symphonique de la RAI de Turin rutile déjà dans l’ouverture, dont <strong>Jader Bignamini</strong> veille à exalter la dynamique, la variété des couleurs et la séduction mélodique. Il réussira à maintenir la tension sans trop lâcher la bride afin que l’équilibre sonore avec le plateau soit préservé pour l’essentiel. Belle prestation des chœurs du Teatro Ventidio Basso, répartis de part et d’autre de l’orchestre dans la scène finale, comme si la liesse finale n’était qu’une fiction à laquelle le spectateur ne doit pas croire. Dans le rôle secondaire d’Atlei, le second d’Eduardo qui lui reste fidèle dans l’adversité, le ténor <strong>Matteo</strong> <strong>Roma</strong> fait montre d’une voix sonore et expressive. La basse <strong>Grigory Shkarupa </strong>donne au prétendant écossais une présence certaine, tant scénique que vocale, haute taille, voix profonde, bonne diction.</p>
<p>Si le titre met en vedette les éléments d’un couple uni par l’amour, l’homme qui contrarie leur bonheur est malheureux, du moins à en juger par le  jeu de l’interprète dont on peut supposer qu’il suit la direction d’acteurs qui lui a été indiquée. Stefano Poda voit le roi Carlo comme un homme tourmenté, peu capable d’empathie et dont les colères sans limites trahissent sadisme ou impuissance secrète, d’autant plus farouchement niée. <strong>Enea Scala </strong>compose un personnage d’emblée névrotique et saura mener jusqu’au bout la performance d’acteur. Vocalement, le chanteur a la générosité qu’on lui connaît, et elle est sans faille en dépit du nombre des embûches vocales accumulées ; mais quitte à être traité de radoteur, on peut douter que ce type de chant souvent en force aurait ravi Rossini. Cette réserve vaut aussi pour <strong>Anastasia Bartoli</strong>, dont la vigueur vocale débouche sur un chant extraverti où la douceur du personnage, qu’on devrait sentir dans le timbre, n’affleure que rarement, alors que dans la zone supérieure des notes aigües flottent des échos acidulés. Reste l’impact indéniable de la puissance. Quant au personnage de victime, il apparaît d’une résilience inhabituelle.</p>
<p>La vigueur vocale n’a pas fait défaut à <strong>Daniela Barcellona</strong>, si sa voix n’a pas l’impact de celle de sa partenaire. Si on tend l’oreille, c’est pour absorber avidement les plus infimes éléments sonores d’une émission conforme aux canons du chant rossinien, qui comble déjà par là-même et ne cessera d’enchanter l’auditeur enveloppé dans les volutes et les arabesques ou transporté par la justesse des éclats. La noblesse du maintien est devenue une seconde nature et on s’abandonne, ayant enfin atteint enfin au port qu’on espérait.</p>
<p>Le succès est certain, en termes d’applaudimètre. Mais on ne peut passer sous silence le nombre de sièges restés vides. Désaffection circonstancielle ou crise plus profonde ? Il ne faudrait pas que  les habituels satisfecits masquent la proximité de l’abîme.</p>
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		<title>VERDI, Macbeth — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-marseille-lessentiel-est-preserve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Oct 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ouvrir sa saison l’Opéra de Marseille affiche Macbeth dans une production créée in loco en 2016 dans une mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia. Les reprises, outre l’intérêt de nouvelles distributions, peuvent être pour les concepteurs du spectacle l’occasion d’y apporter des modifications susceptibles de l’améliorer. Il y en a eu probablement, au nombre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour ouvrir sa saison l’Opéra de Marseille affiche <em>Macbeth </em>dans une production créée <em>in loco </em>en 2016 dans une mise en scène de <strong>Frédéric Bélier-Garcia</strong>. Les reprises, outre l’intérêt de nouvelles distributions, peuvent être pour les concepteurs du spectacle l’occasion d’y apporter des modifications susceptibles de l’améliorer. Il y en a eu probablement, au nombre desquelles la suppression de la danse lascive de Lady Macbeth autour du pilier descendu des cintres. Peut-être aussi la présence des trois femmes voilées qui remettent à Macbeth les attributs de la royauté, telles des Parques ? Mais le péché originel, celui d’une installation scénique inamovible – décor de <strong>Jacques Gabel</strong> – qui empêche les échanges entre le dangereux espace extérieur, celui de la nature où se déroulent les batailles en revenant desquelles les humains peuvent croiser des sorcières, et l’espace intérieur, a priori celui de la sécurité, au sein duquel les humains vivent et projettent des assassinats, est resté inchangé même si l’option a un alibi culturel.</p>
<p>L’univers des sorcières reste celui d’une grande maison patricienne très délabrée. On y voit un cadre de scène béant, et la référence est claire : le monde entier est un théâtre, dit Shakespeare dans <em>Comme il vous plaira</em>. Et Macbeth déclamera la formule devenue célèbre : « la vie… est un pauvre acteur qui s’agite et parade une heure sur la scène… un récit plein de bruit et de fureur qui ne signifie rien ». Mais la représentation d’une réunion de déments, de handicapés et de laissés-pour-compte, au lieu d’éveiller une curiosité intriguée et amusée – car les sorcières déjantées de Verdi ne sont pas loin d’être comiques – suscite un sentiment d’accablement et de pitié étranger à l’œuvre. La même installation scénique, un panneau mobile étant venu dissimuler le cadre de cette scène fictive, sert de décor au château de Glamis. Est-ce une commodité pour le spectacle ou cela a-t-il une signification ? Reste que les costumes et le mobilier donnent toujours une impression de disparate peu inspiré. Chose certaine, les lumières, signées <strong>Dominique Bruguière</strong>, ont été améliorées, les éclairs enchaînés témoignent à l’évidence d’un orage stationnaire, même si parfois la synchronisation avec les paroles serait à revoir.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/le_banquet_et_le_spectre_de_banquo.jpg?itok=AK9K3_ek" title="Le banquet et l'apparition de Banquo © christian dresse" width="468" /><br />
	Le banquet et l&rsquo;apparition de Banquo © christian dresse</p>
<p>Côté distribution, les seconds rôles sont, comme toujours à Marseille, distribués judicieusement, avec convient-il de le souligner, une rafale de débuts. Si <strong>Jean-Marie Delpas </strong>reprend en grand professionnel les rôles d’utilité qu’il assumait déjà en 2016, la sculpturale <strong>Laurence Janot </strong>incarne pour la première fois la suivante en uniforme strict. Impeccables les prises de rôle de <strong>Néstor Galvàn</strong> en Malcolm et de <strong>Jeremy Duffau </strong>en Macduff, ce dernier passant avec conviction l’émotion de l’évocation paternelle à l’ardeur de qui va s’élancer au combat. <strong>Nicolas Courjal </strong>campe sans mal son premier Banquo, d’une droiture sans détours et à la fibre paternelle émouvante.  </p>
<p>Macbeth est au répertoire de <strong>Dalibor Jenis </strong>et ne lui pose aucun problème particulier en termes d’extension ou d’expressivité ; mais aurait-il des soucis dans le contrôle de l’émission ? Par moments la voix s’engorge brièvement. C’est plutôt le personnage qui n’emporte pas pleinement l’adhésion, peut-être parce qu’on lui impose un jeu d’acteur, dans sa première scène avec Lady Macbeth, où il apparaît excessivement soumis à sa femme. Cette conception existe, mais nous préférons celle où pour pousser son mari au crime elle le bouscule sans toutefois le mépriser.</p>
<p>Or c’est cette impression de tyran domestique que donne l’interprétation d’ <strong>Anastasia Bartoli</strong>. La voix est longue, homogène, le trille discret mais présent,  et les sauts d’octave assurés même si parfois les aigus frôlent la stridence. C’est donc moins la chanteuse que la comédienne qui suscite notre réticence. Dans sa scène d’entrée, les questions se bousculaient  – qui l’a formée ? Son jeu obéit-il aux consignes du metteur en scène ? Est-ce une parodie ? – tant le personnage proposé évoquait pour nous le jeu outré des « actrices » d’émissions quotidiennes de téléréalité, où la surenchère dans l’expressivité des regards et des gestes est l’alpha et l’oméga de la communication. Par la suite ces outrances, réservées aux tête-à-tête avec Macbeth, iront heureusement en diminuant et la scène de somnambulisme sera plutôt sobre. Auparavant le toast était aussi brillant que possible.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/anastasia_bartoli.jpg?itok=bg4J0B1E" title="Lady Macbeth reine d'Ecosse (Anastasia Bartoli) © christian dresse" width="312" /><br />
	Lady Macbeth reine d&rsquo;Ecosse (Anastasia Bartoli) © christian dresse</p>
<p>Elle sera la plus ovationnée des solistes. Ovationnés aussi, à juste titre, les artistes des chœurs et les musiciens. Les premiers confirment, alors que le maître d’œuvre de leur rédemption s’apprête à quitter Marseille pour Bruxelles, le haut niveau de qualité atteint, en particulier dans le morceau de bravoure du quatrième acte. Les seconds n’ont pas mesuré les signes d’approbation à l’endroit de <strong>Paolo Arrivabeni</strong>, à chacune de ses entrées dans la fosse. Sa direction est à la fois précise et prudente, par nombre de mini-pauses il écarte tout éventuel dérapage et compose énergiquement les  tableaux de la fresque, en obtenant les couleurs et les rythmes mûris par Verdi dans cette version de Paris, sans jamais exagérer la fougue ou alanguir la nervosité. Ce sera le mot de la fin ; le chant et la musique ont préservé l&rsquo;essentiel !</p>
<p> </p>
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