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	<title>Adriana BASTIDAS GAMBOA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 07 Nov 2025 19:42:33 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Adriana BASTIDAS GAMBOA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold &#8211; Cologne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 09:22:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le metteur en scène Paul-Georg Dittrich débute sa note d’intention dans le programme à disposition des spectateurs en évoquant le Ring du centenaire (Chéreau-Boulez) et les huées qui ont accueilli les premières représentations à Bayreuth. Avant le triomphe qui s’ensuivra. Pressentiment ? Certainement. Péché d’orgueil ? L’avenir nous le dira. A tout le moins le natif de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le metteur en scène <strong>Paul-Georg Dittrich</strong> débute sa note d’intention dans le programme à disposition des spectateurs en évoquant le <em>Ring</em> du centenaire (Chéreau-Boulez) et les huées qui ont accueilli les premières représentations à Bayreuth. Avant le triomphe qui s’ensuivra. Pressentiment ? Certainement. Péché d’orgueil ? L’avenir nous le dira. A tout le moins le natif de Brandebourg a-t-il conscience que la vision qu’il propose dans cette nouvelle production de l’<em>Anneau</em> <em>du Nibelung</em> qui commence à Cologne va porter à réflexion et, c’est normal à ce stade, poser davantage de questions qu’elle va apporter de réponses ; comme pour toute représentation de la saga des Nibelungen, seule la vision d’ensemble permet de mesurer la pertinence d’une proposition, mais reconnaissons d’emblée que ce Prologue nous donne bien envie de connaître la suite.<br />
La lecture qu’offre Dittrich de l’ensemble des quatre livrets est d’abord et avant tout politique ; elle se base sur la vision critique bien connue du capitalisme dont s’est souvent ouvert Wagner. Le <em>Ring</em> serait ainsi à lire comme une parabole : l’histoire d’un monde ruiné par les vils agissements d’une société qui ne se reconnaîtrait que dans la lutte pour la possession, la violence, la corruption et la destruction de la nature. En allant dans ce sens Dittrich veut revenir à une lecture davantage littérale du livret pour renforcer le message véhiculé : « davantage » dans le sens où il convient, selon lui, de restituer l’univers fantasmagorique des sources originelles de l’histoire sans se départir de ce qui fait tout le sel de l’histoire qui nous est contée. Donc oui, il y aura bien géants, dieux et déesses, crapaud, dragon et autre cape d’invisibilité. Dittrich revendique l’idée d’« une parabole sociétale et politique sous la forme d’un conte pour adultes. » Un conte qui montrerait la « chute » du monde, depuis les origines heureuses en passant par le péché originel et le paradis perdu. D’où l’idée force de cette proposition de considérer le monde de l’enfance, les enfants donc, comme la seule richesse existante : l’innocence et la force en devenir. L’or du Rhin c’est donc cette enfance pure qui, peu à peu, va être pervertie par le monde et les agissements des adultes.<br />
C’est ce qui explique le contraste saisissant des ambiances entre les deux premiers et les deux derniers tableaux. Dans le premier, les enfants jouent avec les Filles du Rhin, l’osmose entre eux va jusqu’à les amener à mimer leurs chants. Arrive Alberich qui va voler l’or et donc littéralement « kidnapper » l’un des enfants. C’est ici qu’il faut situer la « chute », la faute originelle. Dans le deuxième tableau, on est encore dans le conte de fées avec décors à l’avenant : Wotan est juché sur un croissant de lune et pêche à la ligne, Freia et Fricka ont revêtu des costumes de bonnes fées, Fasolt et Fafner arrivent dans un tractopelle en carton-pâte, les lances et autres marteaux sont en plastique grossier mais c’est la fin de l’innocence.<br />
Au troisième tableau, dans les profondeurs du Nibelheim, c’est une toute autre histoire. C’en est fini des décors joyeux et des couleurs criardes ; c’en est fini des enfants simples spectateurs finalement inquiets du monde des adultes. Les décors sont maintenant grisâtres, les enfants sont des ouvriers à la chaîne et Alberich a revêtu ses habits du diable. Des vidéos d&rsquo;enfants blessés, humiliés, en pleurs sont projetées. Wotan et Loge ont eux aussi quitté leurs costumes de joie. Quant au quatrième tableau, l’ambiance est – déjà ! – crépusculaire et l’on retiendra comme unique éclaircie dans ce sombre tableau, la fulgurante apparition d’Erda, tout de blanc vêtue d’une immense robe à panier avec cette magnifique image de ces enfants, perdus maintenant, qui viennent trouver refuge sous le panier protecteur de la mère nourricière. Et à défaut de pont menant au Walhalla, on aura droit à la projection vidéo de fusées dont on se demande si elles n’explosent pas en vol, ce qui ne laisserait rien augurer de bon !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/rheingold_gp_0389_matthias_jung_kopie-1294x600.jpg" />© Matthias Jung</pre>
<p>Les conditions matérielles de cette série de huit représentations sont loin d’être idéales, pour le metteur en scène mais aussi et surtout pour les chanteurs et l’orchestre ; le bâtiment moderne de l’Offenbachplatz, qui abrite habituellement l’Opéra de Cologne, est actuellement en restructuration et, cette saison encore, les représentations se font dans la grande salle de la toute proche Staatenhaus, dont la vocation est d’accueillir les comédies musicales et autres concerts. L’acoustique est d’une rare sécheresse ; qui plus est, l’absence de fosse est fortement préjudiciable et à plusieurs égards : elle renvoie les chanteurs en fond de scène, minimalise l’espace réservé à la mise en scène et surtout rend périlleux l’équilibre entre l’orchestre et les chanteurs.<br />
Placé très près de l’orchestre, nous avons eu du mal à saisir la cohésion de l’ensemble. Les cuivres sont distribués tout à gauche et tout à droite, ce qui ne nous a pas convaincu, le mi bémol grave aux contrebasses est trop vite étouffé par les premiers vents et les cors ont parfois semblé fébriles. La lecture toutefois que propose <strong>Marc Albrecht</strong> à la tête du Gürzenich-Orchester Köln est convaincante. Il insuffle une dynamique dans les tuttis, reste en permanence en écoute des chanteurs et modère les ardeurs de l’orchestre pour que tout reste audible.<br />
La distribution est de belle facture et sans aucun point faible. Les trois <em>Rheintöchter</em> (<strong>Giulia Montanari</strong>,<strong> Regina Richter</strong>,<strong> Johanna Thomsen</strong>) sont vives à souhait ; les voix et les chorégraphies s’entrelacent à merveille comme les courants du fleuve, c’est une réussite. La belle posture de <strong>Bettina Ranch</strong> en Fricka, l’innocence de la Freia d’<strong>Emily</strong> <strong>Hindrichs</strong> et l’apparition convaincante d’<strong>Adriana</strong> <strong>Bastidas-Gamboa</strong> (membre de la troupe) en Erda complètent très heureusement la distribution féminine.<br />
Côté masculin, si <strong>Daniel Schmutzhard</strong> (Alberich) et <strong>Jordan Shanahan</strong> en Wotan ont quelque peu tardé à trouver leurs marques aux tableaux 1 et 2, leur prestation d’ensemble est très solide. Les voix portent lorsqu’il le faut et les applaudissements nourris en baisser de rideau sont mérités. Le Loge de <strong>Mauro Peter</strong> est incroyable de force et d’engagement. On aura envie de revoir <strong>Martin Koch</strong> en Mime dans <i>Siegfried</i> avec un rôle plus conséquent. Les frères de Freia (<strong>Miljenko Turk</strong> en Donner et <strong>Thuomas Katajala</strong> en Froh) et les deux géants Fafner (<strong>Sami Luttinen</strong>) et Fasolt (<strong>Christoph Seidl</strong>) complètent avantageusement cette production d’une grande homogénéité vocale.<br />
Le plus difficile commence maintenant : qu’en sera-t-il de la vision d’ensemble ambitieuse que propose Paul-Georg Dittrich lors du second épisode ? Réponse en mars avec la Première journée, les deux dernières étant programmées lors des deux prochaines saisons au bord du Rhin.</p>
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		<title>BERLIOZ, Les Troyens — Cologne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-cologne-enea-a-cologne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Oct 2022 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Allemagne a toujours entretenu un rapport privilégié à Hector Berlioz, du vivant même du compositeur, dans les années qui suivirent sa disparition et aujourd’hui encore. C’est d’ailleurs en Allemagne, à Karlsruhe en 1890, 21 ans après sa mort, que fut entendue pour la première fois en intégralité (en deux soirées) son œuvre la plus ambitieuse &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Allemagne a toujours entretenu un rapport privilégié à Hector Berlioz, du vivant même du compositeur, dans les années qui suivirent sa disparition et aujourd’hui encore. C’est d’ailleurs en Allemagne, à Karlsruhe en 1890, 21 ans après sa mort, que fut entendue pour la première fois en intégralité (en deux soirées) son œuvre la plus ambitieuse et la plus monstrueuse : <em>Les Troyens</em>. Après Munich au printemps dernier, c’est cet automne au tour de Cologne de mettre en scène le voyage d’Énée des murs de Troie à la rive africaine. Il faut dire d’emblée que présenter ces <em>Troyens</em> à Cologne n’était pas un mince défi pour une maison dont la renommée et les moyens n’égalent pas ceux de l’Opéra de Munich ou d’autres grandes institutions qui ont récemment portés l&rsquo;œuvre sur leur scène (<a href="https://www.forumopera.com/les-troyens-paris-bastille-un-cheval-nomme-enee">l’Opéra de Paris</a>, <a href="https://www.forumopera.com/les-troyens-vienne-staatsoper-la-cite-a-genoux-devant-sa-reine">l’Opéra de Vienne</a>, le Liceu ou la Royal Opera House). Mais à la barre, un chef français permet de relever le défi avec panache : <strong>François-Xavier Roth</strong>, directeur musical de la ville, qui poursuit avec cette production son cycle Berlioz, après <em>Benvenuto Cellini </em>et <em>Béatrice et Bénédict</em>.</p>
<p>On est d’abord un peu inquiet de voir que le plateau, dans une des salles modulables de la <em>Staatenhaus</em> où l’Opéra de Cologne a pris ses quartiers pendant les travaux de sa salle principale (qui durent depuis 2016 et devraient s’achever en 2024), ressemble fortement à celui d’une version de concert. En effet, l’orchestre siège au centre du dispositif scénique, entouré d’une étroite plateforme circulaire, tandis que l’arrière de la scène est occupé par une immense tête de statue brisée et des gradins semblables à ceux où prennent place les choristes dans une salle de concert symphonique. Rapidement, on comprend cependant que ce dispositif mis en place par le metteur en scène <strong>Johannes Erath</strong> est mûrement réfléchi : le circuit surélevé qui encercle l’orchestre se met en mouvement et les personnages sont entraînés inexorablement dans une course qui les dépasse. L’orchestre apparaît comme le moyeu de la mécanique dramatique de l’œuvre – et on sait quel soin Berlioz apporte à l’orchestration ! Les instrumentistes forment un chœur qui soutient et commente les affects que les personnages traversent. Pendant le duo du quatrième acte, l’orchestre lui-même se met à tourner à son tour, dans le sens inverse de la plateforme circulaire où Didon et Énée élèvent leur désir, conférant à cette « nuit d’ivresse et d’extase » une dimension cosmique. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/les_troyens_ohp_0523matthias_jung-1.jpeg?itok=myEPvFDd" title="Adriana Bastidas-Gamboa (Anna) &amp; Nicolas Cavallier (Narbal) © Matthias Jung" width="468" /><br />
	Adriana Bastidas-Gamboa (Anna) &amp; Nicolas Cavallier (Narbal) © Matthias Jung</p>
<p>Cette dimension cosmique est aussi suggérée par la présence tout au long de l’œuvre des dieux de l’Olympe, incarnés par des comédiens ou des chanteurs (Pluton est aussi le chef grec qui surgit à la fin du deuxième acte, Apollon est Hylas et Bacchus une des sentinelles du dernier acte), maintes fois invoqués par les mortels dans le livret, qui influencent les événements du drame et les actions des personnages, et défilent sur le plateau, notamment pendant les scènes de ballet. Une autre bonne idée de cette mise en scène est de nouer à Carthage une relation forte entre la sœur de Didon, Anna, et son ministre Narbal, ce qui nourrit d’enjeux plus riches leurs scènes communes et fait au début du troisième acte apparaître Didon plus seule encore par comparaison. Cependant, la direction d’acteur, un peu leste, a plutôt tendance à rapetisser les enjeux entre les personnages, notamment en ce qui concerne Didon, présentée dans sa fureur plus comme une amante de mélodrame jalouse que comme une reine de tragédie bafouée. De nombreux symboles viennent habiter l’espace scénique avec plus ou moins de clarté et de pertinence (un petit cheval qu’on traîne, une baignoire, une corde, des voiles blancs ou noirs, un éclair lumineux en forme de flèche…). Leur principale fonction est dramaturgique et ils permettent de lier les événements de la Prise de Troie à ceux des amours de Didon et Énée à Carthage. Les éclairages d&rsquo;<strong>Andreas Grüter</strong> différencient très clairement les espaces et les atmosphères propres à chaque scène, tandis que les costumes de <strong>Heike Scheele</strong>, issus de toutes les époques (principalement Grand Siècle et années 30), sont d’une facture inégale.</p>
<p>Le principal atout du dispositif déjà décrit, dans cette salle modulable qui n’a rien d’un théâtre, est que les chœurs, les chanteurs et les instrumentistes peuvent intervenir isolément dans des espaces différenciés, voire sur les côtés de la salle, et même derrière les spectateurs. Les effets de spatialisation impossibles demandés par Berlioz sont ainsi parfaitement respectés et révèlent de manière fulgurante la grandeur et la démesure d’une écriture qui regardent autant vers les formes opératiques passées que vers une modernité d’expression musicale étonnante. Fait assez rare pour être remarqué : la partition est donnée sans coupure, dans la version définitive que Berlioz publia en 1863.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/gp_les_troyens_0193matthias_jung-1.jpeg?itok=uf8daPxk" title="Isabelle Druet (Cassandre) &amp; Enea Scala (Énée) © Matthias Jung" width="468" /><br />
	Isabelle Druet (Cassandre) &amp; Enea Scala (Énée) © Matthias Jung</p>
<p>Le grand triomphateur de cette belle soirée est <strong>Enea Scala</strong>, réussissant avec brio sa prise de rôle d’Énée, incarnation qui lui était pour ainsi dire par son prénom prédestinée ! L’écriture exigeante du rôle est servie avec vaillance et musicalité : son apparition au premier acte, dans le récit escarpé de la mort de Laocoon, est fulgurante. Tout emmêlé qu’il est dans une corde tenue par Pallas, serpentant entre ses membres, il vient à bout de ce récitatif avec une force électrisante. Plein de grâce dans les deux premiers actes des <em>Troyens à Carthage</em>, il donne à son interprétation des accents plus héroïques et déchirants dans le dernier acte, où il atteint ses aigus avec une aisance déconcertante. Le français n’est peut-être pas toujours parfaitement idiomatique et le timbre métallique peut ne pas plaire à toutes les oreilles,mais l’artiste est superbement expressif. Il confère par ailleurs au personnage une certaine tendresse, ce qui ne va pas forcément de soi dans l’incarnation de ce rôle plus ingrat sur le plan dramatique que ceux de Cassandre et de Didon.</p>
<p>Ces deux rôles féminins sont interprétés par des chanteuses qui l’ont déjà à leur répertoire. Dans le cas d’<strong>Isabelle Druet, </strong>c’est même avec François-Xavier Roth qu’elle l’a déjà chanté, à la Côté-Saint-André. On retrouve chez elle ses habituelles qualités de déclamation, même si le timbre a parfois une étoffe qui rend le texte plus ou moins opaque. D’une grande intensité scénique, elle irradie pendant toute la première partie et c’est presque avec nostalgie qu’on la voit réapparaître aux saluts à la fin de l’opéra, sa composition de Cassandre étant éminemment touchante, intimiste et frémissante. On peut certes préférer des portraits plus superbe, d’une plus grande noblesse tragique (comment ne jamais penser à la grandeur altière d’Anna Caterina Antonacci au Châtelet, quand bien même on ne l’a vue qu’en vidéo ?), mais cette Cassandre-là émeut assurément. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/gp_les_troyens_0397matthias_jung.jpeg?itok=wXHwazvp" title="Enea Scala (Énée) &amp; Veronica Simeoni (Didon) © Matthias Jung" width="468" /><br />
	Enea Scala (Énée) &amp; Veronica Simeoni (Didon) © Matthias Jung</p>
<p>C’est moins le cas de la Didon de <strong>Veronica Simeoni</strong>, plus inégale, autant sur le plan musical que sur le plan scénique. Il s’agit peut-être d’une affaire de goût, mais le vibrato très présent indispose souvent, par la manière dont il vient perturber la conduite de tel ou tel phrasé. De plus, sans savoir si cela tient à la direction d’acteurs ou aux choix intimes de l’interprète, le personnage touche moins parce que l’incarnation est plus affectée et tortueuse, plus prosaïque aussi. Elle offre tout de même quelques beaux moments de chant, comme dans son premier air « Chers Tyriens » ou dans le duo d’amour du quatrième acte, et son émission vocale très nette (les passages en voix de poitrine sont quasiment <em>parlando</em> tant elle cherche peu à couvrir et arrondir le son) permet un rapport au texte d’une belle franchise.</p>
<p>Les seconds rôles sont dans l’ensemble très bien tenus et la seule grande réserve générale qu’on peut émettre concerne un français parfois approximatif – le francophone qui ne connaît pas parfaitement le livret doit souvent partir de la traduction allemande des surtitres pour essayer de comprendre ce que tel chanteur vient de dire. Mais l’on sait par ailleurs que le français est une langue difficile à chanter et que la prosodie berliozienne est très accidentée… Le Chorèbe de <strong>Insik Choi</strong> est de haut lignage : la voix est d’une chaleur englobante et la projection péremptoire. La jeune <strong>Adriana Bastidas-Gamboa</strong> est une Anna qui ne semble pas toujours à l’aise scéniquement et c’est peut-être elle qui chahute le plus la prosodie française, mais le matériau vocal est absolument splendide : l’opulence d’un timbre mordoré et plein, ainsi qu’un registre de poitrine captivant de flamboyance, font rendre les armes à tout amateur de beauté vocale. Narbal est interprété par <strong>Nicolas Cavallier</strong>, qui fait là sa prise de rôle. La voix n’a pas perdu de son éclat, et il est parfaitement rompu au style berliozien. Son brio scénique complète ce portrait achevé. Le personnage d’Ascagne intervient assez peu, mais <strong>Giulia Montanari</strong> a un timbre fruité et de belles qualités de diseuse qui se remarquent immédiatement. On retrouve des attributs comparables chez le Iopas de <strong>Dmitry Ivanchey</strong>. Difficile de mentionner tous les autres seconds rôles, qui ne sont présents que dans des ensembles ou de courtes scènes, mais l’on est encore sous le charme du jeune matelot Hylas de <strong>Young Woo Kim,</strong> à l’intervention aussi brève que saisissante. Il cisèle d’une voix puissante et richement timbrée son air « Vallon sonore » au début du cinquième acte et on se prend même à penser qu’il pourrait chanter Énée, tant la voix est souple et les aigus rayonnants.</p>
<p>Au centre du plateau, le <strong>Gürzenich-Orchester Köln</strong> prodigue ivresse et extase perpetuelles. Placés sous la baguette de François-Xavier Roth – grand berliozien devant l&rsquo;Éternel qui a déjà fait entendre des <a href="https://www.forumopera.com/les-troyens-a-carthage-la-cote-saint-andre-un-miracle-dont-seul-le-public-aura-ete-temoin"><em>Troyens</em></a> sur instruments d&rsquo;époque – les musiciens jouent sur instruments modernes, mais l’exécution musicale de l&rsquo;œuvre est informée : on perçoit peu de vibrato chez les cordes et les vents déploient des sonorités plus piquantes que brillantes. Le chef relève avec bonheur des détails d&rsquo;orchestration – le pépiement des vents dans le finale de l&rsquo;acte II, un trait de violoncelle dans le duo Anna-Didon – tout en gouvernant le drame d&rsquo;une battue vive et souple. Sa situation derrière les solistes pourrait créer des décalages, mais même les ensembles les plus exigeants sont menés avec une grande rigueur, sans que la flamme soit mise de côté au profit de l&rsquo;exactitude métronomique. Le <strong>Chor der Oper Köln</strong> est d&rsquo;ailleurs particulièrement impressionnant, toujours en place et sonnant bien, même situé derrière la salle ou sur les côtés des gradins. Les pupitres féminins font montre d&rsquo;un enthousiasme ravageur dans le finale de l&rsquo;acte II et l&rsquo;ensemble des choristes exaltent leurs parties dans « Les Troyens à Carthage », participant à la réussite de cette production, qui ouvre avec panache la nouvelle saison à l&rsquo;Opéra de Cologne, et <a href="https://www.forumopera.com/breve/hein-mulders-nouveau-directeur-de-lopera-de-cologne">le nouveau mandat de Hein Mulders</a>.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>VIVALDI, Catone in Utica — Cologne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/catone-in-utica-cologne-vivica-genaux-et-kangmin-justin-kim-sur-le-ring/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Sep 2016 05:56:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que faire d’un opéra dont la musique du premier acte a entièrement disparu ? C’est l’épineuse question que soulève le Catone in Utica de Vivaldi, créé à Vérone au printemps 1737 sur un livret de Metastasio déjà adapté par Leo, Vinci et Hasse. En 2008, Jean-Claude Malgoire prenait la plume pour écrire des récitatifs à la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Que faire d’un opéra dont la musique du premier acte a entièrement disparu ? C’est l’épineuse question que soulève le <em>Catone in Utica </em>de Vivaldi, créé à Vérone au printemps 1737 sur un livret de Metastasio déjà adapté par Leo, Vinci et Hasse. En 2008, Jean-Claude Malgoire prenait la plume pour écrire des récitatifs à la manière de Vivaldi (bien qu’il usât, en réalité, d’un langage harmonique plus audacieux), et, avec le concours de Frédéric Delaméa, recherchait dans le corpus lyrique du compositeur de quoi rhabiller le texte des airs. Cinq ans plus tard, le musicologue Alessandro Ciccolini préférait exploiter le matériau thématique de certains concertos pour reconstruire l’acte manquant, signant également les cadences et plusieurs variations des <em>Da Capo </em>de cette nouvelle mouture dirigée et enregistrée par <a href="/cd/vivaldiens-ne-pas-sabstenir">Alan Curtis</a>. Option moins ambitieuse, mais également moins risquée, l’Opéra de Cologne, privé de théâtre cette saison et exilé au StaatenHaus, a renoncé à une production scénique pour donner les deuxième et troisième actes sous forme de concert. Si la partition qui a survécu s’ouvre au pathos ainsi qu’au plus langoureux des <em>cantabile</em>, son écriture se révèle surtout brillante, démonstrative et techniquement fort exigeante. Or, la maison rhénane a su relever le gant et réunir un plateau proche de l’idéal, entre stars internationales et étoiles montantes, magnifiquement soutenu par un <strong>Concerto Köln</strong> des grands soirs placé sous la direction du jeune chef <strong>Gianluca Capuano </strong>qui rend justice à la riche parure orchestrale de <em>Catone in Utica</em>.</p>
<p>Bien qu’il donne son nom à l’ouvrage et que son conflit avec César forme le cœur de l’intrigue, Caton se trouve, sur le plan musical, relégué au second plan, éclipsé par son ennemi juré et par l’impressionnante figure d’Emilia, l’épouse de Pompée, dévorée par la haine qu’elle voue au rival de son mari. Limité à deux numéros, dont le second s’avère très court et essentiellement théâtral, ce rôle sollicite autant les ressources de l’acteur que celles du chanteur. L’Opéra de Cologne s’est offert rien moins que <strong>Richard Croft</strong>, dont la présence, quasi fébrile par moments, et l’autorité d’un chant toujours incisif confèrent au sénateur un relief inattendu, soulignant sa nature tourmentée et non pas seulement autoritaire. Dans son affrontement avec César, Emilia a d’abord pour elle le grain éminemment personnel de <strong>Vivica Genaux</strong>, à la fois corsé et nasal, et cette technique non moins singulière qui lui permet des traits d’une vélocité sidérante. Elle s’était déjà frottée aux vocalises rageuses de « Come in vano il mare irato », éblouissante <em>aria di paragone</em>, sur son album Vivaldi ainsi qu’aux arpèges et grands écarts de « Nella foresta leone invitto », plainte ambiguë où la véhémence des cris de douleur nous met en garde contre la férocité de l’animal blessé, mais encore vivant. La projection a beau rester modeste, la performance électrise davantage sur scène et, au fil des récitatifs, le personnage s’anime, une inflexion du regard épousant celle de la voix et rehaussant une composition au scalpel qui fait froid dans le dos. Vivica Genaux n’est peut-être jamais si belle que lorsqu’elle feint la colère.  </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/catone_adriana.jpg?itok=RNYaPocM" title="Adriana Bastidas Gamboa © Paul Leclaire" width="468" /><br />
	Adriana Bastidas Gamboa © Paul Leclaire</p>
<p>Seul protagoniste doté de trois airs, César a lui aussi l’occasion de plastronner et d’affirmer sa vaillance face à cette veuve haineuse, même s’il ne peut tout à fait rivaliser avec elle dans la pyrotechnie. En revanche, il possède d’autres armes : celles de la séduction. Celui dont les légionnaires disaient qu’il était l’homme de toutes les femmes – mais aussi la femme de tous les hommes – adresse une longue et ensorcelante déclaration d’amour à Marzia, « Se mai senti spirarti sul volto », avec cordes en sourdine et force <em>pizzicati</em>. Homme ou femme, difficile de rester de marbre devant la délicatesse et la sensualité qu’y déploie <strong>Kangmin Justin Kim</strong>. Jean-Claude Malgoire avait confié cette partie créée par le castrat Lorenzo Girardi à un sopraniste. A Favart, en 2001, Jacek Laszczkowski dispensait, dans le suraigu, des <em>pianissimi </em>irréels ; par contre, dès qu’il redescendait, l’organe perdait rapidement sa lumière et toute consistance. C’est, hélas, le lot de beaucoup de falsettistes, dont le registre de tête devient inaudible dans le bas médium et qui, quelquefois, basculent brutalement dans un registre de poitrine souvent fruste et mal dégrossi. Au contraire, Kangmin Justin Kim, qui a d’abord <a href="/actu/kangmin-justin-kim-etre-une-bonne-personne-est-le-premier-pas-pour-devenir-un-grand-artiste">découvert et travaillé sa voix de ténor</a>, a pris le temps de développer ses différents registres. L’instrument a gagné en ampleur, il s’est épanoui dans l’aigu, très pur et légèrement velouté, comme dans le grave, nourri et sonore, offrant une plénitude rare dans cette catégorie vocale. Il peut ainsi varier les éclairages et jouer des contrastes, tantôt avec vigueur, tantôt avec un raffinement expressif qui caractérise également son approche des nuances dynamiques.</p>
<p>Marzia tombe sans un pli sur le mezzo chaud et sombre d’<strong>Adriana Bastidas Gamboa</strong>. Applaudie <em>in loco </em>au printemps dans <em>La Cenerentola</em> (Angelina), la chanteuse colombienne ne montre pas chez Vivaldi une agilité renversante ; en revanche, elle sait nous toucher dans l’attendrissant <em>lamento </em>de la fille de Caton (« Il povero mio core »), éprise de César et qui désespère de pouvoir réconcilier les deux hommes. Il y a dans les accents comme dans l’attitude, le port de tête d’Adriana Bastidas Gamboa, une noblesse en même temps qu’une gravité propice aux emplois tragiques où nous espérons la retrouver. En troupe au Wiener Staatsoper, <strong>Margarita Gritskova</strong> a de tout autres moyens et tient à ce qu’on le sache. Coincée dans un emploi de contralto étranger à sa couleur et à sa tessiture, elle s’en échappe grâce à une cadence explosive, qui, reconnaissons-le, cadre avec l’agitation de Fulvio, légat romain déchiré entre son amour pour Emilia et son allégeance à César, et qui imagine le fantôme de Pompée surgissant des enfers pour réclamer vengeance. D’Arbace, enfin, prince numide allié de Caton, à qui elle prête un soprano frais mais gracile, <strong>Claudia Rhorbach</strong> rend palpable le désarroi et la tristesse de n’être pas aimé en retour de Marzia.    </p>
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