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	<title>Julien BELLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Julien BELLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Tosca — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-metz-comme-au-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Feb 2019 07:58:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sardou n’est pas Racine. Pour autant, le livret de Tosca est plus proche que l’on imagine de la tragédie classique. La lecture renouvelée, inspirée, que nous propose Paul-Emile Fourny l’accrédite. Parmi les surabondantes propositions scéniques, la nouvelle production messine, pleinement aboutie, est un régal pour l’œil autant que pour l’oreille. La sobriété, le dépouillement de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sardou n’est pas Racine. Pour autant, le livret de <em>Tosca</em> est plus proche que l’on imagine de la tragédie classique. La lecture renouvelée, inspirée, que nous propose <strong>Paul-Emile Fourny</strong> l’accrédite. Parmi les surabondantes propositions scéniques, la nouvelle production messine, pleinement aboutie, est un régal pour l’œil autant que pour l’oreille. La sobriété, le dépouillement de la mise en scène focalisent l’attention sur les quatre caractères principaux, dont aucun ne survivra à ce drame féroce. Elle emprunte au cinéma, ne serait-ce que pour camper le décor de chaque acte. La Madeleine, blonde (du Titien), que peint Mario, se voit par transparence, projetée sur un rideau.  Les effets dont use la vidéo de <strong>Virgile Koering</strong> donnent du relief, de la profondeur et du mouvement à l’ensemble. Retenons le travelling de la première apparition de Tosca, la désagrégation des portiques de fond de scène à la fin du premier acte, le zoom de Mario se rendant à son exécution, Tosca disparaissant dans un néant vertigineux. C’est à un remarquable film dramatique que l’on assiste, sans jamais tomber dans une outrance expressionniste.  Les lumières témoignent de la maîtrise de <strong>Patrick Méeus</strong>, qui participe à la scénographie. L’action renoue ici avec son cadre originel, mais avec un caractère intemporel, sans pour autant réduire les acteurs à des archétypes. Les costumes, classiques, raffinés, dessinés par <strong>Giovanna Fiorentini</strong>, sont d’une beauté singulière, parfaitement adaptés aux personnages, à leur statut comme à leur caractère. La direction d’acteurs donne une réalité crédible à chacun, l’expression naturelle, juste, rejetant toute gesticulation grandiloquente : pas de peloton d’exécution, Spoletta demeure invisible lorsque Tosca décide de se précipiter dans le vide. Mentionnons la présence constante, discète, de doubles des quatre principaux protagonistes, personnages muets, couleur de muraille, qui paraît gratuite, redondante. On l’oublie sans peine.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/190130n503.jpg?itok=jsbfHpyh" title="Mario (Florian Laconi) et Tosca (Francesca Tiburzi), Grand-Théâtre de Metz © Luc Bertau" width="468" /><br />
	Mario (Florian Laconi) et Tosca (Francesca Tiburzi), Grand-Théâtre de Metz © Luc Bertau</p>
<p>Le second artisan de cette réussite est <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong>, un des meilleurs chefs lyriques du répertoire bel-cantiste et vériste. Le propos orchestral qu’il impose se confond avec le rythme du drame. Toujours attentif à chacun, en scène ou en fosse, sa direction est épanouie, tendue, nerveuse comme lyrique, qui ne laisse aucun temps mort. La traduction est toujours juste, de la vivacité bouffonne du sacristain, à la pompe du <em>Te Deum</em>, comme à la fraîcheur poétique de l’aube romaine. La luxuriance vénéneuse de l’orchestration est bien là, nous rappelant parfois des richesses que la routine avait occultées.</p>
<p>La distribution est homogène, de chanteurs se connaissant bien, accoutumés au jeu collectif, sans faiblesse. On en retiendra les premiers rôles, de grande qualité, dont aucun ne tire la couverture à lui. <strong>Francesca Tiburzi</strong> chante Tosca pour la quatrième fois. La voix est franche, jeune et sonore, avec de belles résonances graves, une égalité de registres rare, au service d’une expression naturelle, débarrassée de toute vulgarité expressionniste. L’amoureuse ardente, palpitante, insouciante, jalouse, douloureuse puis désespérée nous touche par la vérité de son chant comme de son jeu. Ses piani transparents, le sfumato, la grâce et les phrasés caressants comme la projection sont remarquables, dès son premier « Mario ! ». Sa prière du deuxième acte  est bouleversante, bien que dans toutes les oreilles. Sa voix est magnifiée par l’écrin orchestral des cordes, au meilleur niveau. L’émotion nous étreint au finale.</p>
<p> </p>
<p>On attendait la prise de rôle (sauf erreur) de l’enfant du pays, <strong>Florian Laconi</strong> en Mario Cavaradossi. Dès les premiers dialogues, il donne de l’épaisseur au personnage : les récitatifs sont toujours animés, justes. Il a la fougue, la passion, la vaillance, mais aussi la tendresse. Le « Recondita armonia », hymne à la beauté mystique comme sensuelle, est remarquablement conduit. La générosité de la voix se conjugue à la sobriété du geste, l’émission est pure, avec un legato de velours. La force de sa conviction à l’annonce de la victoire républicaine de Marengo (« Vittoria, vittoria ») emporte l’adhésion. Enfin l’ultime lettre à Tosca, « E lucean le stelle », renforce l&rsquo;opinion de chacun : nous tenons là un grand chanteur, en pleine possession de ses moyens.</p>
<p>Pour antipathique qu’il soit,  enveloppant comme autoritaire, le personnage de Scarpia, chanté par <strong>Michele Govi</strong>, a du panache. La voix sait se faire insolente, rigide, impérieuse, sonore. La composition est aboutie. Quant à <strong>Jean-Fernand Setti</strong>, Angelotti, impressionnant, autant par sa stature que la puissance de son émission,  on regrette d’en être privé après le premier acte. Aucun des rôles secondaires ne déçoit, du sacristain de <strong>Julien Belle</strong> au pâtre – fort peu bucolique dans cette mise en scène – de <strong>Déborah Salazar</strong>. Les chœurs, qui  comprennent  les enfants du CRR de Metz, se montrent à la hauteur des ambitions du chef, tant vocalement que dramatiquement. Quant à l’Orchestre National de Metz, il sait se faire incisif, brutal comme frémissant, caressant, voluptueux, avec de remarquables solistes. Une soirée qui laissera des traces dans toutes les mémoires.</p>
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		<title>BENATZKY, L&#039;Auberge du Cheval Blanc — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lauberge-du-cheval-blanc-metz-une-cure-de-bonne-humeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Dec 2017 08:17:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A son nom, les plus âgés associeront inévitablement les productions du Châtelet ou de Mogador, sans doute Bourvil et Galabru, ou encore de vrais chanteurs comme Michel Dens ou Geori Boué, sinon tel ou tel film de l’après-guerre. Les plus jeunes découvriront avec ravissement que l’opérette n’est pas morte, si on veut s’en donner la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A son nom, les plus âgés associeront inévitablement les productions du Châtelet ou de Mogador, sans doute Bourvil et Galabru, ou encore de vrais chanteurs comme Michel Dens ou Geori Boué, sinon tel ou tel film de l’après-guerre. Les plus jeunes découvriront avec ravissement que l’opérette n’est pas morte, si on veut s’en donner la peine. Inusable et désuète, <em>l’Auberge du Cheval blanc</em>, en dehors de Liège, ne se donne plus guère  qu’en province.  L’Opéra-Théâtre de Metz, qu’anime <strong>Paul-Emile Fourny</strong>, nous en propose la version en deux actes, singulière, dépoussiérée, qui mérite pleinement le déplacement. Avec un respect scrupuleux de la partition, le directeur de l&rsquo;institution lorraine – ici aussi metteur en scène – et Pénélope Bergeret ont pris le parti de réécrire les textes parlés en y injectant quelques doses de l’esprit belge. Deux personnages y changent d’identité. Le chef d’entreprise de tricots, marseillais, se mue en producteur belge de pralines. Non seulement,  le chocolat relève d’une belle inspiration en cette période de fêtes, mais c’est aussi le péché mignon de Josefa.  Les parlers,  l’humour, l’autodérision y sont cultivés avec bonheur, avec malice. Le professeur Hinzelmann devient  un célèbre violoniste-chef d’orchestre-entrepreneur de spectacles (le maestro Desgrieux, dont on ne retiendra que la fin du nom) qui se voit gentiment égratigné : le modèle est néerlandais. Les références à Jacques Brel, comme à <em>Bienvenue chez les Ch’tis</em> sont d’excellents moments. Enfin nombre de tableaux auraient pu être signés Hergé tant les images proposées semblent s’en inspirer (les touristes, tout particulièrement). Donc une opérette viennoise, ancrée au Tyrol, qui tourne à l’éloge de la belgitude, voilà qui apporte un vent salutaire sur ce petit monde de conventions.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="296" src="/sites/default/files/styles/large/public/auberge_1.jpg?itok=dN6J4N6-" title="L'Auberge du Cheval blanc, à Metz © Arnaud Hussenot - Opéra-Théâtre de Metz Métropole" width="468" /><br />
	L&rsquo;Auberge du Cheval blanc, à Metz © Arnaud Hussenot &#8211; Opéra-Théâtre de Metz Métropole</p>
<p>Nous sommes à la croisée des chemins : de l’opérette, évidemment, mais aussi du music-hall et de la comédie musicale. Si le chant demeure au cœur de la réalisation, la comédie de boulevard et la danse y prennent pleinement leur part. Le grand spectacle s’était estompé à Mogador en 1999, puis à Massy en 2013 pour un décor unique, sans train, sans bateau.  Ici, un ingénieux dispositif, constitué de deux ailes mobiles, en quart de cercle, permet de créer autant de cadres que requiert l’action : ouvert sur les Alpes tyroliennes et un lac, fermé pour les scènes se déroulant à l’intérieur de l&rsquo;auberge, se chevauchant ou encadrant l’escalier que descend l’Empereur à son arrivée. A ces multiples combinaisons, ajoutons la scène de la cuisine, très habilement conçue avec sa cloison et ses portes de communication et les tableaux pourront s’enchaîner au bon rythme exigé par l’action. Benoît Dugardin nous offre une belle auberge &#8211; à colombages et géraniums &#8211; dont les deux niveaux de chambres  autorisent bien des scènes relevant de la comédie de boulevard. Les couleurs vives, fraîches participent à la gaîté.  Les costumes, signés <strong>Brice Lourenço </strong>et <strong>Valerian Antoine</strong>, sont d’une variété extrême : du déshabillé vaporeux au maillot léopard, aux inévitables culottes de peau, c’est un musée du costume, cent-cinquante au total dit-on, les danseurs changeant jusque six fois de tenue. Elégance, humour, ambiance de music-hall, avec juste ce qu’il faut de plumes.</p>
<p>Tous les chanteurs sont des voix, même les comédiens auxquels sont confiés les textes parlés. Le public est sous le charme, réactif à souhait, et les interprètes, qui le perçoivent  aisément, sont pleinement épanouis. <strong>Michel Vaissière</strong> nous vaut un Léopold Brandmeyer  au caractère bien dessiné. La voix, toujours intelligible, est sonore, solide, aux aigus souples, avec un vibrato assez large qui convient bien au genre. « Adieu, adieu » , mais surtout « Pour être un jour aimé de toi », bien que rengaine, sont chantés avec goût. Josefa, est <strong>Sabine Conzen</strong>, qui lui donne l’autorité sévère de la patronne, mais aussi la sensibilité et la tendresse requises. La voix est bien timbrée, chaude, d’une diction exemplaire, convaincante. <strong>Carl Ghazarossian</strong> est l’avocat, au  charme duquel Josefa n’est pas insensible. Ténor séduisant, et séducteur, il est vocalement très engagé et son chant, comme son jeu, s’accordent parfaitement à son personnage. Le Célestin de <strong>Julien Belle</strong>, jeune arriviste frimeur, est délicieux. « On a l’béguin (…) pour mes chaussettes » est dans toutes les oreilles. Il faudrait citer chacun et chacune des chanteurs. Même si leurs rôles ne sont que parlés, le spectacle doit beaucoup à deux comédiens. <strong>Laurent Montel</strong>, tout d’abord, qui compose un Léon Tonneklinker (littéralement « tonne de mâchefer ») désopilant. La verve, la prestance sont servis par une voix puissante, qui ferait oublier Galabru en Napoléon Bistagne. Puis <strong>Philippe Brunella</strong>, l’Empereur, qui nous dit avec une grande distinction « Ainsi va la vie » sur un soutien orchestral. Quelques beaux duos, des chœurs toujours bienvenus, voilà une musique qui n’a d’autre ambition que de plaire, et remplit parfaitement son office.</p>
<p>Les chorégraphies très professionnelles, parfaitement abouties, clins d’œil à la comédie musicale et à Fred Astaire, et un corps de ballet pleinement investi : <strong>Jean-Charles Donnay</strong>, familier de la comédie musicale, remplit son contrat à merveille. L’orchestre adopte les  lois du genre et passe aisément de la légèreté viennoise aux tyroliennes appuyées comme aux rythmes  de music-hall. <strong>Cyril Englebert</strong>, déjà apprécié dans <a href="https://www.forumopera.com/don-pasquale-metz-deux-gangsters-sinon-rien">un récent <em>Don Pasquale</em></a>, y fait montre de toutes ses qualités.</p>
<p>Un grand spectacle comme il devenu rare, que Reims accueillera la saison prochaine.</p>
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		<item>
		<title>DONIZETTI, Don Pasquale — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-pasquale-metz-deux-gangsters-sinon-rien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Nov 2017 06:31:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis sa création, jamais le succès de Don Pasquale ne s’est démenti. On croyait l’ouvrage à l’abri des interprétations psychanalytiques, philosophiques, politiques, visionnaires, tant l’intrigue est conventionnelle. Pierre-Emmanuel Rousseau – qui signe la mise en scène comme les décors, les costumes et les lumières – renouvelle radicalement sa lecture dramatique. Le propos est clair : « Couple &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis sa création, jamais le succès de <em>Don Pasquale</em> ne s’est démenti. On croyait l’ouvrage à l’abri des interprétations psychanalytiques, philosophiques, politiques, visionnaires, tant l’intrigue est conventionnelle. <strong>Pierre-Emmanuel Rousseau</strong> – qui signe la mise en scène comme les décors, les costumes et les lumières – renouvelle radicalement sa lecture dramatique. Le propos est clair : « Couple de gangsters [Malatesta et Norina], Bonnie and Clyde en dentelles, ils sont les artisans du piège dans lequel Don Pasquale va tomber. Il y a du Merteuil-Valmont chez ces deux êtres cyniques et amoraux ». Si certains passages du livret peuvent autoriser cette interprétation, plus nombreux sont ceux qui l’infirment. Malatesta, « ami de Don Pasquale, très ami d’Ernesto », dévoué, sincère, désintéressé, change radicalement d’identité, achetant les consciences, dissolu et lubrique. Norina n’est plus cette jeune femme romantique, éprise sincèrement d’Ernesto (« franche et affectueuse » écrit Donizetti), c’est une cocotte, friande de jeunes hommes, vénale. Restent Don Pasquale, duquel on cherche l’humanité revendiquée, et le pauvre Ernesto dont on se demande ce qu’il vient faire dans cette galère… N’étaient ces réserves, le jeu valait la peine d’être tenté.</p>
<p>Seul élément fixe du décor : Deux cloisons latérales, en biais, dans lesquelles fenêtres et passages s’ouvrent et se ferment, masqués par un papier peint à motif géométrique.  Un sol et un fond de scène d’un même motif <em>alla</em> Vasarely, que le regard est contraint d’éviter. D’ingénieux panneaux occultant l’arrière-plan, ou créant une perspective très baroque, des éclairages aux tons très kitsch (parme, bleu acide) suffiront à créer l’illusion. Leur mobilité, quasi cinématographique, au fil des séquences, s’accorde bien au rythme de l’ouvrage. Savoureux, le fuchsia de la guêpière de Norina, des accessoires vestimentaires de Malatesta, son complice. Les costumes, d’un XVIIIe siècle de fantaisie, confirment l’appartenance des protagonistes à la commedia dell’ arte : Ernesto en Pierrot, une Norina-Colombine, un  Malatesta-Scapin, un Don Pasquale-Pantalon, un Arlequin, sans oublier un défilé carnavalesque particulièrement bienvenu. C’est une réussite visuelle incontestable. Le dernier acte constitue le point d’orgue, avec sa scène nocturne. La fantaisie, les clins d’oeil captivent autant que le chant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="310" src="/sites/default/files/styles/large/public/dp_2.jpg?itok=cZZM2JaK" title="Ernesto et Norina © Arnaud Hussenot - Grand-Théâtre de Metz" width="468" /><br />
	© Arnaud Hussenot &#8211; Grand-Théâtre de Metz</p>
<p>Même si la partition n’est pas des plus difficiles, le débit exigé des voix d’homme, les aigus, l’abattage de Norina, avec l’héritage rossinien du bel canto, ne sont pas à la portée de tous. Aucun des solistes ne déçoit. Les voix sont solides, familières de ce répertoire. Le Docteur Malatesta, abbé de cour, nouveau Tartuffe, tire les ficelles, entremetteur, corrupteur, une fripouille. <strong>Alex Martini</strong>, dont la projection et la carrure sont impressionnantes, s&rsquo;impose dramatiquement comme le personnage central. La voix est sonore, remarquablement articulée et conduite. Le Don Pasquale de <strong>Michele Govi</strong> est juste de ton. Le parlé et le parlé-chanté , essentiels dans ce répertoire, lui sont naturels : Il excelle à passer insensiblement d’un registre à l’autre, comme au chant. Si le grave fait ponctuellement défaut au dernier acte (« Cheti, cheti, immantinente nel giardino discendiamo ») &#8211; fatigue ou usure de la voix – le chant reste convaincant. On attendait cependant plus de rondeur, tant dans l&rsquo;émission que dans le travestissement, pensons à Falstaff. Le pauvre Ernesto, Pierrot attendrissant, est vocalement superbe, jamais androgyne, servi par <strong>Patrick Kabongo</strong> au mieux de sa forme : « Povero Ernersto… &#8211; Cercherò lontana terra » est toujours juste de ton, servi par une voix claire, aux aigus naturels et aisés, soutenue par un orchestre aux couleurs mozartiennes. Par contre,  son traitement dramatique nous laisse dubitatif : l’agitation, les tremblements grossiers de son désespoir altèrent la sincérité du personnage, à laquelle on veut continuer de croire. Sa sérénade du troisième acte, où la guitare l’accompagne « Com’ è gentil » est superbe, comme le magnifique et dernier duo avec Norina,  au point que l’on en oublie l’humour de la mise en scène (une traversée de scène en une gondole de fantaisie). L’Arlequin, également notaire, de <strong>Julien Belle</strong>, omniprésent, brille déjà par son jeu dramatique. Le catalogue des dépenses de Norina, clin d’œil à son parent Leporello, est bien illustré. Vocalement, on ne l&rsquo;entend guère que dans le quatuor final du deuxième acte, parfaitement assumé.</p>
<p>N’ayant froid ni aux yeux ni ailleurs, la Norina de <strong>Rocio Pérez</strong> apparaît en guêpière fuschia. Rayonnante, d&rsquo;une plastique à damner le diable, leste, sans scrupules, redoutable séductrice, infatigable dévoreuse de jeunes hommes, elle use et abuse de ses charmes vénaux tout au long de l’ouvrage. Ainsi, lorsqu’elle se mue en Sofronia, sainte Nitouche, puis dragon après signature du contrat, la provocation de Don Pasquale fait toujours partie de sa panoplie. Le chant est sensuel, charnu, coloré, conduit avec art dès sa première apparition : la séduction comme l&rsquo;autorité, la fraîcheur et la grâce,à la différence du jeu dramatique souvent dévergondé que lui impose la mise en scène. C&rsquo;est la révélation de cette production : les qualités vocales exceptionnelles, le jeu dramatique forcent l&rsquo;admiration. Les ensembles sont autant de réussites musicales : Duos, trios, quatuor du II, comme le finale de l&rsquo;opera buffa nous réjouissent, sans réserve aucune.</p>
<p>L’ouvrage avait mis un certain temps à démarrer : la belle page symphonique sur laquelle il s’ouvre n’avait pas trouvé spontanément ses marques, son interminable coda n’y étant pour rien. On connaît la facilité d’invention, la verve, le sens dramatique de Donizetti, sa dynamique, ses crescendo-accelerando, hérités de Rossini. <strong>Cyril Englebert</strong>, jeune chef liègeois, dont l&rsquo;expérience lyrique est manifeste, conduit l&rsquo;Orchestre National de Lorraine avec talent, animant avec goût cette musique pétillante, mais aussi sachant lui trouver les couleurs justes, avec un souci constant du chant des solistes. Le chœur de l&rsquo;Opéra-Théâtre n’intervient vocalement, très ponctuellement, qu’au dernier acte : les observations des domestiques, puis les belles capes de carnaval accordées particulièrement au nocturne sont bienvenues et participent à cette apothéose finale.</p>
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