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	<title>Estelle BÉRÉAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Estelle BÉRÉAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BRUCH, Odysseus — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/odysseus-paris-odysseus-de-bruch-enfin-arrive-dans-lithaque-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jul 2022 18:35:01 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Presque 150 ans ! C’est le temps qu’il aura fallu pour qu’<em>Odysseus</em> de Max Bruch connaisse sa création française. L’œuvre qui jouissait d’une popularité certaine en Angleterre et outre-Rhin et à la fin du 19e siècle – et dont une gravure de 1999 avec Camilla Nylund témoigne encore de la survivance – n’aura connu qu’une création en langue française en Belgique en 1907, nous apprend le programme de salle. Il faut donc remercier <strong>Guilhem Terrail </strong>à la direction du Chœur et de l’Orchestre de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, formations non professionnelles, de s’être lancé un tel défi et de le relever avec de nombreuses qualités dans l’enceinte du Grand Amphithéâtre de la Sorbonne. Sans être excessivement difficile, la partition mobilise intensément le chœur tant comme narrateur que personnage(s) de la petite douzaine de scènes de cet oratorio créé en 1873. L’orchestre oscille entre des pages symphoniques ou des transitions orchestrales qui évoquent Beethoven ou Brahms cependant que l’accompagnement et l’écriture vocales évoquent très rapidement une manière de Gluck qui aurait été vitaminée par Berlioz. Ce style hybride, et très certainement déjà daté à la création de l’œuvre, est encore renforcé par le choix de cette version française historique, à la langue un rien ampoulée et à la syntaxe pour le moins baroque.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/30_juin_2022_choeur_odysseus-17.jpg?itok=tAVrmyKy" title="© Ghadir ISMAIL" width="468" /><br />
	© Ghadir ISMAIL</p>
<p>En formation moins fournie que ce qui était prévu par le compositeur, l’orchestre trouve une belle unité sous la baguette de son chef. Les tutti ne manquent ni d’épaisseur ni de volume, ce qui nuit parfois aux chœurs disposés au fond de l’estrade de l’amphithéâtre et dont la précision se perd dans l’acoustique très ronde du lieu. Guilhem Terrail, au-delà de mener tout le monde à bon port souligne dès que possible les lignes force de cet oratorio qui ne manque que d’un livret plus linéaire pour se transformer en opéra. Il s’efforce de montrer les cellules et trouvailles de composition d’une partition qui pourrait lorgner vers Strauss si son romantisme n’était pas autant englué dans du classicisme (y compris dans la structure des scènes avec da capo et reprises). Il peut s’appuyer sur des musiciens aguerris, petite harmonie et cuivre en tête.</p>
<p>Le chœur souffre comme souvent dans les formations non professionnelle d’un manque de parité. Les rangs masculins sont plus clairsemés notamment chez les basses. Ils s’en sortent avec les honneurs, cependant que les alti s’imposent comme le point d’ancrage d’une performance plus qu’honorable tout au long de la soirée. L’ensemble est homogène, nuancé. Peut-être la diction gagnerait à être plus précise mais il se peut que l’acoustique de l’Université nous ai joué quelques tours.</p>
<p>Pour son plateau Guilhem Terrail a fait appel des chanteurs professionnels pour tenir la dizaine de rôles de cet oratorio. L’occasion pour <strong>Tsanta Ratianarinaivo</strong> d’imposer un Mercure claironnant, à l’aigu facile et à la projection claire, et <strong>Olivier Déjean</strong> de faire entendre une voix de basse assez lumineuse et appliquée à donner du corps aux nobles personnages qui lui sont dévolus. <strong>Estelle Béréau</strong> déploie un soprano assez opulent. Elle affronte avec vaillance et nuance les aigus des trois rôles de soprano de l’œuvre. <strong>Anne-Victoria Ahumada</strong> volerait presque la vedette au rôle titre. Déjà, l’intervention d’Anticlée lui permet de faire entendre un timbre chaleureux, un vrai talent de diseuse qui s’incarne avec naturel dans une ligne et un souffle irréprochables. Bien entendu les deux scènes de Pénélope (la lamentation et le tissage du voile) lui permettent de déployer ce chant aussi élégant qu’intelligent avec une intensité encore accrue. <strong>Matthieu Lécroart </strong>tient sans défaillir le rôle de marathonien qu’est cet Ulysse. La diction, le souffle et le volume sont ses atouts maitres. Si l’on aurait aimé un portrait moins marmoréen et héroïque, avec des stations pouvant montrer des états d’âme plus contrastés, force est de constater que le contrat est rempli, et de fort belle manière.</p>
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		<title>ROSSINI, Petite Messe solennelle — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-petite-messe-solennelle-rennes-qui-riait-elle-et-y-sonne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2019 15:35:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On entend d’ici crier au double blasphème. Quoi ! Mettre en scène la Petite Messe solennelle ? L’idée de donner une forme théâtrale aux textes liturgiques n’est pourtant pas nouvelle, et l’on ne s’étonne plus des versions scéniques de la Passion selon saint Mathieu ou du Messie, par exemple. Cependant, la Petite Messe n’est pas un texte &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On entend d’ici crier au double blasphème. Quoi ! Mettre en scène la <em>Petite Messe solennelle</em> ? L’idée de donner une forme théâtrale aux textes liturgiques n’est pourtant pas nouvelle, et l’on ne s’étonne plus des versions scéniques de la <em>Passion selon saint Mathieu</em> ou du <em>Messie</em>, par exemple. Cependant, la Petite Messe n’est pas un texte narratif, en dehors du très bref « récit » de la passion du Christ dans le Credo, et se pose donc la question de ce que l’on peut raconter sur une scène. Les choses se compliquent quand on apprend qu’il s’agit d’un traitement burlesque de ladite Messe. Quoi ! Faire rire avec une œuvre sérieuse de Rossini, lui que l’a France n’a déjà que trop tendance à réduire au versant buffa de sa production ? Mais peut-on vraiment parler de lèse-majesté, quand le compositeur lui-même parlait de « sacrée musique » à propos de cet ultime péché de sa vieillesse ?</p>
<p>Si ce spectacle doit susciter des avis tranchés, celui qu’on va lire ici sera totalement enthousiaste. <strong>Jos Houben </strong>et <strong>Emily Wilson</strong>, à qui l’on devait déjà la mise en scène de <em>La Princesse légère</em>, créée à Lille en décembre 2017 (Jos Houben était aussi le récitant dans <em>Trois Contes</em> de Gérard Pesson, toujours à Lille). Leur idée est cette fois de proposer un foisonnement d’images insolites, un univers de l’absurde quotidien, entre Jacques Tati et les Deschiens. Tout commence par un prologue muet, ou émaillé d’onomatopées et de monosyllabes, où l’on comprend que l’on a affaire à une sorte de vide-grenier se déroulant dans un gymnase : les acheteurs potentiels déambulent parmi les étals couverts d’objets insolites ou kitsch, puis tout à coup la musique se fait entendre. Le plus surprenant, c’est que jusque-là, il n’y a pas moyen de déterminer qui est chanteur, qui est acteur et qui est le chef parmi ce microcosme où se côtoient les individus les plus divers. Le travail réalisé par toute l’équipe donne l’impression d’assister à une véritable pièce de théâtre, dont le texte serait déconnecté de l’action, mais pas aussi totalement qu’on pourrait le croire. D’abord, en un sens, le jeu scénique suit la partition, statique ou mobile selon la musique. Dans le Gratias, l’un des comédiens présents sur scène met en relief les entrées de chacun des membres du trio. Et si la soirée démarre dans le rire, avec ces actes d’héroïsme dérisoire accomplis par les techniciens de surface, ou le sourire, avec ces gestes de gentillesse ordinaire que la musique transcende en exemples de générosité sublime, sans parler du cocasse tableau vivant reconstituant la déposition de croix, l’émotion l’emporte dans la deuxième partie, quand le décor s’ouvre et que le groupe forme désormais un tout.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_petite_messe_solennelle_6_c_laurent_guizard_0.jpg?itok=ZPag0KSH" title="© Laurent Guizard" width="468" /><br />
	© Laurent Guizard</p>
<p>Les seules que l’on identifie d’emblée, ce sont les instrumentistes. <strong>Colette Diard</strong> ne quittera guère son piano, naturellement, mais <strong>Elodie Soulard</strong> est plus mobile avec son accordéon, instrument dont la présence n’a ici rien d’incongru, puisque c’est celui auquel Rossini lui-même avait songé dans un premier temps, avant de se raviser pour lui préférer l’harmonium. Celui qui s’agite d’un bout à l’autre, c’est évidemment <strong>Gildas Pungier</strong>, même si sa première apparition ne laissait nullement deviner qu’il est le chef, dont les chanteurs imitent d’ailleurs les gestes à un moment de réjouissante parodie. C’est de lui que vient l’idée de donner une forme scénique et comique à cette œuvre, et le résultat lui donne mille fois raison, surtout si l’on songe qu’après les ors de l’Opéra de Rennes, cette production se promènera en France dans des lieux où l’art lyrique n’a pas spécialement droit de cité et permettra peut-être d’attirer un public moins familier de cette musique.</p>
<p>L’ensemble <strong>Mélisme(s)</strong> brille ce soir autant par sa musicalité que par sa « théâtralité », ses membres campant de véritables personnages (le monsieur en costume trois pièces rose pâle à nœud papillon assorti, la dame au déambulateur, etc.) au même titre que les trois hilarants comédiens, <strong>Nathalie Baunaure</strong> en sympathique paumée, <strong>Jofre Caraben</strong> en petit fonctionnaire étriqué ou <strong>Marc Frémond</strong>, l’homme aux bottes en caoutchouc qui manie diaboliquement le mètre-ruban métallique. Quant aux solistes, ils sont impressionnants. Si <strong>Ronan Airault</strong> n’est pas la grande basse à laquelle on peut s’attendre, il faut se rappeler que la Petite Messe solennelle, dans l’intimité de sa version originale, n’appelle pas les mêmes formats vocaux que sa version postérieure orchestrée. Et en tant qu’œuvre de la période française de Rossini, il n’est pas non plus indispensable d’y entendre des chanteurs italiens : on apprécie au contraire les couleurs très françaises d’<strong>Estelle Béréau </strong>et de<strong> Violaine Le</strong> <strong>Chenadec</strong>, qui se partagent les interventions de soprano (la seconde chante le O Solitaris), ici métamorphosées en bourgeoises jumelles en manteau de fourrure. <strong>Sahy Ratia </strong>éclate littéralement dans les solos du ténor, par la clarté et le naturel de son émission, et l’on se réjouit d’apprendre qu’il reviendra la saison prochaine sur cette même scène dans un rôle de premier plan du répertoire français (mais chut, c’est déjà trop en dire). Révélation, enfin, avec la mezzo <strong>Blandine de Sansal</strong>, dont le timbre chaud se révèle particulièrement envoûtant dans l’Agnus Dei final.</p>
<p> </p>
<p>Le spectacle sera proposé à Compiègne le 9 janvier, puis à Dunkerque, à Besançon et à Sète cette saison, à Quimper et à Nantes la saison prochaine.</p>
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