<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Dmitri BERTMAN - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/bertman-dmitri/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/bertman-dmitri/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:29:20 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Dmitri BERTMAN - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/bertman-dmitri/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>RUBINSTEIN, Le Démon — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-demon-bordeaux-de-tout-repos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 22:36:23 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/de-tout-repos/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le voici donc ce Démon dont un air popularisé par Dmitri Hvorostovsky entretient aujourd’hui la mémoire, seul rescapé parmi la vingtaine d’opéras composés par Anton Rubinstein, peu représenté en France – sa dernière apparition remonte à 2003 au Châtelet. Le livret s’inspire d’un poème de Lermontov sur un thème cher à la mythologie chrétienne : &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-demon-bordeaux-de-tout-repos/"> <span class="screen-reader-text">RUBINSTEIN, Le Démon — Bordeaux</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-demon-bordeaux-de-tout-repos/">RUBINSTEIN, Le Démon — Bordeaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le voici donc ce <i>Démon</i> dont un air popularisé par Dmitri Hvorostovsky entretient aujourd’hui la mémoire, seul rescapé parmi la vingtaine d’opéras composés par Anton Rubinstein, peu représenté en France – sa dernière apparition remonte à 2003 au Châtelet. Le livret s’inspire d’un poème de Lermontov sur un thème cher à la mythologie chrétienne : le diable et ses diableries. En Géorgie au XVIe siècle, un démon en quête de rédemption tente de séduire la princesse Tamara réfugiée dans un couvent après l’assassinat par les Tartares de son fiancé, le Prince Sinodal (crime auquel les forces du mal ne sont pas étrangères). Echec au tentateur ! Un ange annonce que la jeune fille est sauvée et condamne dans le même temps le démon à la solitude éternelle. Toute ressemblance avec Faust et le Hollandais wagnérien serait purement fortuite. Dans le programme, Piotr Kaminski souligne aussi la parenté de ce démon avec « l’homme inutile » qui hante la littérature russe du XIXe siècle.</p>
<p>Pianiste virtuose, considéré en son temps comme l’égal de Liszt, fondateur du conservateur de Saint-Pétersbourg, compositeur prolifique et touche-à-tout, Anton Rubinstein (1829-1894) fut un des musiciens les plus fameux de son temps. La postérité, encouragée par le jugement sévère de certains de ses contemporains, dont son propre élève Piotr Ilitch Tchaïkovski, s’est montrée moins clémente. « <i>Ce qui me frappe surtout dans la musique de Rubinstein, c’est sa modération</i> », écrivait Reynaldo Hahn dans <i>Le Figaro</i>, au sortir d’une représentation du <i>Démon</i> en 1911 à Paris, à l’occasion de la Saison russe, « <i>Cet homme au regard d’Ugolin, à la crinière hérissée, ce virtuose volcanique et sublime dont les mains étaient pleines de tonnerre et de cataclysmes, écrivait une musique sage, simplette, toujours correcte, parfois expressive, souvent banale, jamais désagréable, une musique enfin “de tout repos” </i>». Et le compositeur français de conclure : « <i>je pense que dans le poème de Lermontov dont fut tiré le livret et qui passe pour un chef d’œuvre, la psychologie satanique est moins simpliste que dans la traduction musicale de Rubinstein, où l’amour du Démon pour la jeune et pure mortelle est exprimée en mélodies aimables, courantes et paisiblement accompagnée de batteries régulières</i> ». Verdict sans appel auquel on est en droit de ne pas souscrire. S’il faut formuler un grief à l’encontre du <i>Démon</i>, c’est d’abord l’absence d’une dramaturgie suffisante pour soutenir le récit. L’œuvre s’apparente à une succession de tableaux prétextes à scènes de genre dans les deux premiers actes et duo d’amour dans le dernier.</p>
<p>À Bordeaux, <b>Dmitry Bertman </b>tente d’unifier la narration au moyen d’un décor unique en forme d’œil – cylindre de bois avec en guise d&rsquo;iris une sphère utilisée comme écran de projection. Le dispositif, contraignant dès qu’il s’agit aux choristes d’entrer ou de sortir, a le bon goût de ne pas altérer la lisibilité de l’intrigue, si mince soit-elle. Le travail sur les lumières et l’usage, intelligent car parcimonieux, de la vidéo sont garants d’une contemporanéité de bon goût. La considérer de « <i>tout repos</i> », à l’exemple de Reynaldo Hahn, sous prétexte qu’elle ne franchit jamais une ligne d’inconfort, serait ne pas tenir compte de son originalité. D’ailleurs, la mise en scène d’opéra doit-elle forcément bousculer ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="/sites/default/files/styles/large/public/ld3.jpg?itok=wER9x9BG" title="© Eric Bouloumié " /><br />
	© Eric Bouloumié<font size="3"> </font></p>
<p>On sait que <i>Le Démon</i> doit à son rôle-titre d’avoir triomphé des ans. Chaliapine notamment en était friand. Souffrant, Nicolas Cavallier doit céder sa place à <b>Aleksei Isaev</b>, familier de la partition pour l’avoir chantée en alternance avec Dmitri Hvorostovsky à l’Helikon Opéra de Moscou en 2016. A l’écoute de cette voix large, puissante, robuste, à laquelle aucune note ne semble résister, et dont le relief épouse naturellement les inflexions du texte, on mesure l’avantage de chanter dans sa langue naturelle, ce qu’une de nos amies résumait par cet aphorisme : « <i>rien de tel que les Russes dans le russe</i> ». Affirmation confirmée par les deux autres protagonistes, l’un et l’autre évoluant avec une évidence innée dans cet univers musical : <b>Alexey Dolgov</b> (Sinodal), ténor à l’ardeur slave avec ce que cela signifie de chaleur et de rugosité ; <b>Eugenia Murareva</b> (Tamara) dont le soprano surmonte les coloratures des deux premiers actes puis s’épanouit dans le lyrisme intense du duo final. Idem pour le mezzo-soprano capiteux de <b>Svetlana Lifar</b>, prédestiné au rôle d’une Nourrice un rien dominatrice.</p>
<p>Pas de conclusion hâtive cependant : les seconds rôles français – <b>Paul Gaugler</b> (le Messager), <b>Luc Bertin-Hugault</b> (le Serviteur) – ou grec – <b>Alexandros Stavrakakis</b> (Goudal) – ne déparent pas l’ensemble. Ce dernier tire profit d’une partition plus saillante pour exposer une voix de basse encore jeune mais déjà prometteuse par la solidité de l’assise. Seule interrogation, qui ne remet pas en cause la valeur de l’interprète : pourquoi avoir confié à un contre-ténor – <b>Ray Chenez</b> – le rôle de l’Ange ? Sans préjuger du sexe des créatures célestes, le volume de la voix ne saurait rivaliser avec celui d’une mezzo-soprano dès qu’il s’agit de dominer la masse orchestrale et chorale.</p>
<p>Des chœurs, il est souvent question, comme souvent dans les opéras russes. Pour l’occasion, Limoges a été appelé en renfort portant le nombre de choristes à plus de soixante. La fusion entre les deux ensembles s’est opérée sans qu’il soit possible d’en deviner le raccord. Pupitres réunis ou divisés, la variété des couleurs est admirable et l’homogénéité du son préservée. A la tête de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, le doigt sur la couture du pantalon, la direction endiablée de <b>Paul Daniel</b> s’emploie à contredire Reynaldo Hahn. De tout repos, la battue rapide (trop même à notre goût), la précision irréprochable malgré les risques de décalage induits par la présence fréquente des chœurs en coulisse ? De tout repos, le magma orchestral derrière lequel on distingue souvent l’ombre envahissante de Wagner, plus d’ailleurs que les silhouettes de Liszt et Schumann, souvent cités à propos de Rubinstein ? De tout repos, <i>Le Démon </i>? A en juger l’enthousiasme de la salle au tomber de rideau, non, vraiment pas.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-demon-bordeaux-de-tout-repos/">RUBINSTEIN, Le Démon — Bordeaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>RIMSKI, Le Coq d&#039;or — Düsseldorf</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-coq-dor-dusseldorf-le-kremlin-samuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Apr 2016 13:02:39 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/le-kremlin-s-amuse/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comme vient de le confirmer l’annonce d’un Sadko à Gand en 2017, Rimski-Korsakov est en train de faire une percée majeure en Occident, dont Düsseldorf a donné le coup d’envoi avec l’une des nouvelles productions du Coq d’or que l’on pourra voir dans les mois prochains. Pour être sûr de ne pas se tromper, le &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-coq-dor-dusseldorf-le-kremlin-samuse/"> <span class="screen-reader-text">RIMSKI, Le Coq d&#039;or — Düsseldorf</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-coq-dor-dusseldorf-le-kremlin-samuse/">RIMSKI, Le Coq d&#039;or — Düsseldorf</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme vient de le confirmer l’annonce d’un <em>Sadko </em>à Gand en 2017, Rimski-Korsakov est en train de faire une percée majeure en Occident, dont Düsseldorf a donné le coup d’envoi avec l’une des nouvelles productions du <em>Coq d’or</em> que l’on pourra voir dans les mois prochains. Pour être sûr de ne pas se tromper, le Deutsche Oper am Rhein est allé chercher le fondateur du désormais célèbre théâtre Helikon de Moscou, <strong>Dmitri Bertman</strong> en personne. Après avoir utilement secoué la routine qui régnait encore sur la scène lyrique russe dans les années 1990, les spectacles de Bertman présentés en Europe rejoignent ceux des metteurs en scène occidentaux, et il n’est pas impossible que ses options dans <em>Le Coq d’or</em> convergent avec celles que prendra bientôt Laurent Pelly pour Bruxelles et Madrid. Du reste, le propos satirique de Rimski-Korsakov, qui lui valut d’avoir maille à partir avec la censure sous Nicolas II, autorise la transposition : dès que l’on renonce au cadre féerique, il est aisé de reconnaître n’importe quel dirigeant en la personne de Dodon, ce tsar fainéant qui rêve de dormir et s’adonne à la luxure. Bertman respecte cependant la composante russe : tout commence dans un sauna, où Dodon batifole avec ses ministres plutôt que ses « fils » au sens propre. On voit ensuite le tsar dans son bureau, où il est harcelé par une série de téléphones de toutes les époques, de Graham Bell au sans-fil. Le champ de bataille où il doit aller défendre son royaume est en fait un cabaret parisien où la reine de Chemakha est danseuse. Au dernier acte, tandis que les babouchkas accueillent les privilégiés qui reviennent d’Occident chargés de victuailles et de produits de marque introuvables en URSS, Dodon est finalement lapidé par la foule. Heureusement, la magie reste présente avec le personnage de l’Astrologue, qui s’apparente ici à un Chinois d’opérette. Belle idée, enfin, que cette scène finale où le peuple brandit des cages vides après la disparition du coq d’or (les photos de la générale laissent deviner qu’il devait initialement s’agir d’un gallinacé en chair et en os, ce qui rendait plus vraisemblable que la nourrice Amelfa le dévore rôti au début du troisième acte), et où le monarque tant regretté dès lors qu’on le croit mort réapparaît in extremis : il y aura toujours un tsar au Kremlin, au grand dam des personnages de music-hall que sont l’astrologue, le coq et la reine.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/coq9.jpg?itok=8aGp39c2" width="468" /><br />
	© Hans Jörg Michel</p>
<p>A la tête du <strong>Düsseldorfer Symphoniker</strong>, le chef <strong>Axel Kober</strong> fait chatoyer l’orchestration de Rimski-Korsakov, qui mêle l’inspiration orientaliste de <em>Schéhérazade</em> pour la reine de Chemakha et la veine « historique » pour les scènes de bataille. Le chœur du Deutsche Oper am Rhein assure bien son rôle vocalement et scéniquement, le travail théâtral de Dmitri Bertman permettant de caractériser les silhouettes au lieu de faire des choristes une masse anonyme.</p>
<p>Malgré un petit accroc sur un de ses aigus, <strong>Cornel Frey </strong>a bien cette voix haut perchée qu’appelle l’Astrologue, que Rimski a voulu proche de la haute-contre à la française pour mieux souligner combien le personnage appartient à un autre monde. Son coq trouve en <strong>Eva Bodorová</strong> une très séduisante interprète, dont le puissant ramage se rapport à l’éblouissant plumage. <strong>Antonina Vesenina</strong> est l’une des deux sopranos coloratures embauchées pour la reine de Chemakha : la virtuosité de l’hymne au soleil ne lui pose aucun problème, mais le suraigu n’est pas exempt de dureté ; pour incarner une danseuse de music-hall qui se double d’une maîtresse SM, l’interprète paraît un peu moins déchaînée que sa compatriote Anna Grechishkina, dont les photos ornent le programme de salle.</p>
<p>Face à ce trio, les simples mortels sont aussi ridicules qu’on peut le désirer. <strong>Renée Morloc</strong> est impayable en secrétaire sensuelle et carnassière, avec tous les graves qu’exige le rôle d’Amelfa. Matteo particulièrement pleurnichard dans <em>Arabella</em>, <strong>Corby Welch</strong> est un Gvidon pleutre à souhait, face à l’Afron plus combattif de <strong>Roman Hoza</strong>. La basse <strong>Sami Luttinen</strong> compose une belle figure de ganache soviétique, bien différenciée vocalement du Dodon de <strong>Boris Statsenko</strong>. Dmitri Bertman explique dans le programme qu’un baryton lui paraît préférable pour le tsar : comment ne pas lui donner raison lorsqu’on entend un chanteur-acteur aussi exceptionnel ? A une expressivité digne des plus grands comédiens du cinéma muet, Boris Statsenko unit une voix puissante et souple, ce qui fait de lui un interprète de tout premier plan que l’on aimerait entendre dans les rôles verdiens qu’il a également à son répertoire. Espérons que les autres théâtres où doit se poser prochainement le coq d’or auront la main aussi heureuse.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-coq-dor-dusseldorf-le-kremlin-samuse/">RIMSKI, Le Coq d&#039;or — Düsseldorf</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>REISE, Raspoutin — Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-grigory/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Dec 2010 21:36:01 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/l-affaire-grigory/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Raspoutine a laissé dans l’imaginaire collectif l’image d’une figure historique forte, qui a fait l’objet d’exégèses romancées à l’infini. Illuminé, au physique bien reconnaissable (cheveux longs, grande barbe et regard pénétrant d’hypnotiseur), vivant dans une époque troublée, intervenant dans les hautes sphères de la politique, il est vite devenu l’archétype du personnage mystérieux et impénétrable, entre &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-grigory/"> <span class="screen-reader-text">REISE, Raspoutin — Massy</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-grigory/">REISE, Raspoutin — Massy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>	Raspoutine a laissé dans l’imaginaire collectif l’image d’une figure historique forte, qui a fait l’objet d’exégèses romancées à l’infini. Illuminé, au physique bien reconnaissable (cheveux longs, grande barbe et regard pénétrant d’hypnotiseur), vivant dans une époque troublée, intervenant dans les hautes sphères de la politique, il est vite devenu l’archétype du personnage mystérieux et impénétrable, entre violence et démesure, susceptible d’être récupéré et décliné par tous les types de médias. Et pourtant, Raspoutine ne semble pas avoir eu la fortune posthume que sa stature semblait devoir lui conférer. On ne relève que quelques films (dont un avec Harry Baur), un dessin animé, quelques bandes dessinées et jeux vidéo, et semble-t-il, seulement deux opéras : <em>Rasputin</em> du Finlandais Einojuhani Rautavaara (2001-2003), et, plus ancien, le présent <em>Rasputin</em> de Jay Reise, composé en 1988 sur une commande dédiée à Beverly Sills du New York City Opera, où il a été créé.</p>
<p>	 </p>
<p>	Le compositeur <strong>Jay Reise</strong>, présent ce soir, est très attaché au domaine du théâtre lyrique, et travaille en ce moment à une adaptation de <em>The Ghost Sonata</em> (<em>Spöksonaten – La Sonate des spectres</em>, de Strindberg, 1907), qui doit être achevée en 2012. Pour l’heure, il est ravi que, pour la création en France de son <em>Rasputin</em>, ce soit la version russe et le théâtre Hélikon qui aient été choisis. Il me confiait à l’entracte aimer beaucoup cette production, car à la fois très russe et très animée, regrettant un peu que la version de la création américaine ait été au contraire un peu trop compassée et statique. </p>
<p>	 </p>
<p>	Il faut dire que la production scénique de la compagnie moscovite bien connue pour ses relectures souvent un peu déjantées des grands classiques lyriques, due à l’excellente équipe mêlant les talents d’<strong>Igor Nezhny, Tatiana Tulubieva </strong>et <strong>Damir Ismagilov</strong>, est particulièrement séduisante. Le plateau, fermé de murs inclinés un peu comme dans les productions de Sergei Eisenstein, qui se colorent différemment au fil de l’action et se peuplent d’ombres animées souvent inquiétantes, est encadré de deux petits escaliers. Tout le centre est occupé par un de ces plateaux alvéolés en carton préformé où les crémiers rangent les œufs vendus au détail. Ici, agrandi à la taille d’une scène de théâtre et incliné sur une tournette, ce plateau reçoit, pendant la plus grande partie de la représentation, d’énormes œufs façon Fabergé à la richesse et aux couleurs flamboyantes, mais dont les envers, cassés et noirs, soulignent l’insondable vanité. Sous le plateau, un espace permet de situer les scènes de l’<em>underworld</em>, et notamment la mort de Raspoutine, ou du moins son long assassinat et son interminable agonie. L’excellente mise en scène de <strong>Dmitri Bertman</strong> marque certainement l’œuvre d’une empreinte forte, et tous les chanteurs endossent sous sa houlette leurs rôles d’une manière à la fois crédible et très puissante.</p>
<p>	 </p>
<p>	Mais ce qui se déroule sur scène est certainement très supérieur à l’histoire racontée. Celle-ci, mêlant faits historique et fantasmes, est en effet simplette, voire simpliste : il semble très dommage que le compositeur n’ait pas fait appel à un librettiste de talent qui aurait pu mieux équilibrer le scénario. Cela aurait permis d’éviter une succession de scènes juxtaposées qui ne facilitent pas vraiment la progression dramatique – pourtant indéniable historiquement parlant – qui culmine en une fin (Lénine sortant d’un œuf pour un discours pontifiant) gommant finalement à la fois le personnage de Raspoutine et sa mort. Car celui-ci, au demeurant inquiétant et peu sympathique, ne parvient pas à devenir un véritable personnage d’opéra au sens scénique, dramatique et théâtral du terme, d’autant que le prince Youssoupov apparaît finalement comme beaucoup plus central. Quant aux protagonistes qui entourent Raspoutine, et qu’il subjugue ou annihile, ce ne sont en fait que de simples pantins s’agitant selon son bon vouloir. Il faut dire que les intentions qui les animent (pour ou contre le tsar, pour ou contre le pouvoir), nous paraissent bien vaines aujourd’hui… De même, les deux prétendues orgies qui se déroulent sous nos yeux n’éveillent par une once d’intérêt…</p>
<p>	 </p>
<p>	En revanche, musicalement parlant, la partition est souvent belle, flamboyante même. Les parti-pris du compositeur font se succéder – entre autres – une citation déstructurée du <em>Lac des Cygnes</em> (dansée de manière également déstructurée par un cygne noir faisant face à un cygne blanc), l’hymne impérial russe, une évocation saisissante et jazzy des boîtes transformistes du Berlin des années folles, et une berceuse écrite en 5/4 et traversée du violent « snap pizz » inventé par Bartok. Éclatement musical et chronologique donc, que le compositeur m’a confirmé revendiquer totalement, dans lequel sa propre musique semble servir de lien entre Picasso, Stravinsky et Schönberg, entre la musique tonale de la cour impériale russe et la musique atonale témoin du chaos de ce XX<sup>e</sup> siècle commençant. Il faut dire que l’œuvre est magistralement défendue par le jeune chef <strong>Constantin Chudovsky</strong> (28 ans) qui, sans même l’aide de la partition, transfigure l’orchestre de l’opéra de Massy – parfois bien terne en d’autres occasions – en une formation de niveau national. En même temps très attentif aux chanteurs, il donne bien tous les départs, et crée un excellent équilibre entre la scène et la fosse. </p>
<p>	 </p>
<p>	Les solistes de l’opéra Hélikon sont tous excellents, à commencer par <strong>Nikolay Galin</strong>, créateur du rôle de Raspoutine à Moscou en 2008, qui met sa voix de basse ample et sonore au service de ce personnage auquel il réussit à s’identifier parfaitement. Face à lui, le trouble Youssoupov, pour lequel Raspoutine semble avoir quelque inclination, est tout aussi magistralement interprété par le ténor <strong>Vasily Efimov</strong>, qui passe tant vocalement que scéniquement, avec une facilité déconcertante, du cabaret où il apparaît travesti, au sous-sol où il va assassiner Raspoutine. Une mention particulière également pour la belle voix de soprano et la prestance de <strong>Natalia Zagorinskaya</strong> (Tsarine Alexandra Fedorovna). Tous les autres chanteurs sont véritablement excellents, tant en ce qui concerne leur prestation vocale que scénique.</p>
<p>	 </p>
<p>	Donc en conclusion un fort beau spectacle, qui mériterait certainement de connaître une beaucoup plus large diffusion internationale.</p>
<p>	<strong> </strong></p>
<p>	 </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-grigory/">REISE, Raspoutin — Massy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
