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	<title>Elena BEZGODKOVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Elena BEZGODKOVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique — Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-dame-de-pique-avignon-un-monde-en-phase-terminale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 May 2022 21:28:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De La Dame de pique, chacun connaît la trame du drame psychologique, social que le fantastique va irriguer puis gouverner. Notre estimé confrère Maurice Salles avait assisté à la première toulonnaise et sa pertinente relation dispense de décrire la mise en scène, reproduite à l’identique (L’obsession de Hermann…ou d’Olivier Py). Au sortir, le malaise est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De <em>La Dame de pique</em>, chacun connaît la trame du drame psychologique, social que le fantastique va irriguer puis gouverner. Notre estimé confrère Maurice Salles avait assisté à la première toulonnaise et sa pertinente relation dispense de décrire la mise en scène, reproduite à l’identique (<a href="/la-dame-de-pique-toulon-lobsession-de-hermannou-dolivier-py">L’obsession de Hermann…ou d’Olivier Py</a>). Au sortir, le malaise est manifeste, particulièrement chez ceux qui ne connaissaient l’opéra qu’à travers Pouchkine. L’amour de la scène lyrique d’<strong>Olivier Py </strong>est connu, aucune de ses productions ne laisse indifférent. Avant de quitter le Festival d’Avignon, il aura eu le plaisir de présenter cette singulière <em>Dame de Pique</em> dans la Cité des papes. Il y voit, à juste titre, comme un « débordement de folie »… Mais sa lecture, très personnelle, cohérente, décapante, virtuose, laisse amer, malgré son art consommé de la direction d’acteurs. Jamais le soleil ne brille, nonobstant le livret, explicite. Les contrastes voulus par la partition sont ainsi estompés, voire gommés. Toute joie, toute insouciance sont bannies, avec un grotesque substitué, souvent trivial.</p>
<p>Conçue et réalisée avant l’invasion de l’Ukraine, sa mise en scène, fait la part belle à ses obsessions, l’homosexualité masculine tout particulièrement. Les uniformes militaires, le soulignement du nationalisme russe, glorifié dès le chœur des petits garçons, dérangent, malgré la présence d’un drapeau ukrainien au premier balcon. Sa constante noirceur, son ironie grinçante, sa laideur délibérée, sa vulgarité, contredisent souvent le livret, et surtout la musique. En effet, celle de Tchaïkovsky, plus et mieux que partout ailleurs, traduit avec finesse les situations, les pensées de chacun des protagonistes. Et, ce soir, ce fut un bonheur constant que d’écouter le nombreux orchestre – fusionnant les musiciens des opéras de Toulon et d’Avignon – insuffler la vie, la beauté et l’émotion à ce chef d’oeuvre. Sa présence, sa transparence, ses rythmes, sa dynamique, ses couleurs participent pleinement au lyrisme de l’ouvrage. Les cordes chambristes, des bois savoureux, mais aussi des accents dramatiques justes, tout concourt à cette plénitude rare. <strong>Jurjen Hempel</strong>, toujours attentif à chacun comme aux équilibres, communique sa ferveur à tous les interprètes. En dehors de quelques petits décalages du premier chœur, vite corrigés, l’ensemble est conduit de main de maître, avec un sens de la ligne, du détail comme de la construction du discours musical. La direction* fascine, romantique comme mozartienne – exquise pastorale du deuxième acte &#8211; , nous offrant une lecture enfiévrée, contrastée, souple, où les enchaînements et les transitions sont aussi soignés que les airs, les ensembles ou les chœurs. Ces derniers, nombreux, sont confiés aux formations fusionnées des deux opéras, c’est-à-dire une soixantaine de chanteurs, sans compter les enfants de la Maîtrise de l’Opéra d’Avignon.  Les qualités d’émission, d’équilibre, de vigueur sont indéniables et n’appellent que des louanges. Tout juste regrette-t-on que l’abondance de l’effectif impose le plus souvent une forme de statisme lorsque les chanteurs sont en scène.</p>
<p>La distribution avignonnaise diffère sensiblement de celle de Toulon : si tous les hommes demeurent, sauf Tchelkalinski (maintenant confié à<strong> Carl Ghazarossian</strong>), seules la Comtesse et Prilepa / Macha sont communes aux deux scènes, Lisa, Pauline et la Gouvernante renouvelant l’équipe.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/ddp609.jpg?itok=x_gt7PWF" title="La Comtesse © Cédric &amp; Mickaël – Studio Delestrade" width="468" /><br />
	La Comtesse © Cédric &amp; Mickaël – Studio Delestrade</p>
<p><strong>Aaron Cawley </strong>est un Hermann d’exception, que le public ovationnera longuement au terme de trois heures d’un engagement sans la moindre faiblesse. La voix est homogène, d’une aisance insolente comme d’une redoutable endurance. Les couleurs gratifiantes de notre ténor héroïque, son égalité dans tous les registres, lui permettent aussi bien la récitation grave de la lettre de Lisa, que la douceur émue et la vaillance de ce Werther exalté, attachant, toujours crédible. Son sens très juste des nuances et des phrasés, ses qualités de comédien emportent l’adhésion. <strong>Elena Bezgodkova</strong>, familière du rôle, découvre cette mise en scène. On lui pardonnera donc son jeu, un peu figé par rapport à celui des ses partenaires. Non seulement sa voix de grand soprano lyrique a cette fraîcheur rare qui sied à l’héroïne, mais elle en a aussi le physique. Souple, noble, corsée, l’émission séduit par sa justesse, son authenticité. Si, avant sa rencontre avec Hermann, son introspection, angoissée, lyrique, nous touche, c’est son air « Minuit approche » qui bouleverse, où le pathétique se mue en lassitude désespérée. L’intelligence du personnage, la progression du chant méritent d’être soulignées, servies par des moyens rares. Les duos, comme le quintette, sont exemplaires. Au plan vocal, tout est là.</p>
<p>Voulu noir, malfaisant par une mise en scène qui le prive de sa jovialité chaleureuse, le Comte Tomski n’en demeure pas moins attachant dans l’incarnation de <strong>Alik Abdukayumov</strong>. Le baryton clair, qui chante également Zlatogor, est ici le détonateur de l’action, dont le chant et la présence s’imposent. La narration de sa ballade, attendue, lui confère toutes ses couleurs fantastiques. La chanson très frivole qu’il accepte de donner à ses amis joueurs, qui lui répondent, perd de son impact dans cet univers désespérément gris, où la boisson, abondante, ne conduit pas à la griserie.</p>
<p><strong>Serban Vasile</strong> est admirable en Prince Eletski : sincère, chaleureux, il nous vaut un cantabile noble, un vrai legato, souple et racé. Pauline (et Milovzor) sont confiés à <strong>Marion Lebègue</strong>, que nous découvrons. La mezzo, aux graves solides, a la rondeur d’émission et les couleurs attendues. L’innocence chaleureuse, espiègle et l’élégance sont au rendez-vous, dès la romance à laquelle elle donne toute son intensité. <strong>Marie-Ange Todorovich </strong>est, à juste titre, une Comtesse réputée. La voix est somptueuse, bien timbrée et sert remarquablement cette vieille aristocrate, sulfureuse et érotomane. Prise très retenue, la romance de Richard Cœur de Lion nous tient en haleine.  Regrettons d’autant plus les outrances que lui impose la direction d’acteur : elles interrogent et altèrent sa crédibilité dramatique.</p>
<p>Aucun des autres chanteurs ne démérite, dont chacun doit être cité. Les deux ténors, Tchekalinski (Carl Ghazarossian) particulièrement au I avec tout le finale du IV, et <strong>Christophe Poncet de Solages</strong>, le maître de cérémonie (et Tchapliski) ; les deux basses aussi, <strong>Nika <strong>Gulishvili</strong></strong> (Sourine) et<strong> <strong>Guy Bonfiglio </strong></strong>(Naroumov). <strong>Svetlana Lifar</strong>, familière de Tchaïkovsky, retrouve la gouvernante, et<strong> Anne Marie Calloni </strong>nous gratifie d’une Prilepa (puis Macha) de belle tenue. </p>
<p>La coproduction, initiée par la Région Sud, va maintenant poursuivre son périple. Les réserves relatives à la lecture provocatrice d’Olivier Py ne doivent pas décourager le lecteur d’assister à cette production, forte, dérangeante, qui vaut déjà par ses interprètes, d’une qualité rare, sinon exceptionnelle. Qui plus est, ce sera l’occasion de se forger une opinion…</p>
<p>* bien que la disposition des fauteuils d’orchestre ne permette pas de le voir, comme la partie inférieure de la scène, masquée par les spectateurs des rangs précédents. Faute de conception lors de la récente rénovation ?</p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique — Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-dame-de-pique-nice-lenifiante-lena/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Feb 2020 16:52:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En un bel exemple de coopération régionale, les Opéras d’Avignon, Marseille, Nice et Toulon, et la Région Sud, avec son opérateur culturel Arsud, ont décidé d’unir leurs forces pour coproduire un ambitieux spectacle. Quand la nouvelle avait été annoncée, Forum Opéra s’en était fait l’écho, et cette Dame de pique est maintenant présenté à Nice, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En un bel exemple de coopération régionale, les Opéras d’Avignon, Marseille, Nice et Toulon, et la Région Sud, avec son opérateur culturel Arsud, ont décidé d’unir leurs forces pour coproduire un ambitieux spectacle. Quand la nouvelle avait été annoncée, Forum Opéra s’en était fait l’écho, et cette Dame de pique est maintenant présenté à Nice, en attendant Toulon en avril, puis en octobre prochain, Marseille et Avignon. Habitué à des mises en scène plus conservatrices, le public marseillais risque d’avoir un choc en découvrant la production signée <strong>Olivier Py</strong>, qui entrelace ses propres obsessions à celles de Tchaïkovski, en associant <em>Le Lac des cygnes</em> au troisième des opéras pouchkiniens du compositeur. Un danseur constamment en scène apparaît comme le cygne noir, attrait de l’interdit, référence à ce que la baronne von Meck appelait le « sale petit secret » de son protégé. Tout se déroule dans une sorte de théâtre à l’abandon, dans un lieu un peu misérable, dostoïevskien, hanté par des personnages vivant déjà dans l’ombre de la mort (le crâne des vanités classiques, sur lequel s’ouvrait Wozzeck à Athènes en janvier, trône à nouveau en bonne place). Le divertissement mozartien voit ses personnages allégoriques adopter l’apparence physique de Lisa, Hermann et Eletski, tandis que la comtesse est une vieille femme fumant le cigare qui revient sur scène après son décès. Et comme l’intrigue se déroule dans un pays en quête de sa propre identité, partagé entre son admiration pour la France et son goût pour les formes artistiques nationales (voir l’intervention de la gouvernante qui reproche aux jeunes compagnes de Lisa de chanter « à la russe » plutôt qu’à la française), des vues d’immeubles staliniens apparaissent par moments, pour nous rappeler que l&rsquo;action se déroule sur les bords de la Léna, ainsi qu’une banderole « 1812-1942 » évoquant les dates de la glorieuse résistance russe à l’envahisseur. Face à ce spectacle très pyeux, une partie du public a réagi par de vigoureuses huées.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="249" src="/sites/default/files/styles/large/public/3802408.jpg?itok=oEHdhVcY" title="Marie-Ange Todorovitch, Oleg Dolgov © DR" width="468" /><br />
	Marie-Ange Todorovitch, Oleg Dolgov © DR</p>
<p>Pourtant, s’il y a un membre de l’équipe artistique qui aurait pu être contesté, c’est plutôt le chef <strong>György G. Ráth</strong>, dont la direction lente et plate dévitalise complètement une partition au romantisme exacerbé. Les qualités de l’Orchestre philharmonique de Nice ne sont pas en doute mais, plombé par les choix de son directeur musical, il est contraint d’offrir une interprétation sans relief et sans énergie. Espérons que les autres étapes de cette coproduction seront plus réussies sur ce plan, l’orchestre et le chef changeant à chaque fois. Du côté des chœurs, Nice et Toulon ont réussi le mariage de leurs effectifs maison, même si les artistes des deux formations restent souvent cachés derrière les portes-fenêtres aux vitres cassées qui constituent la majeure partie du décor.</p>
<p>Quant aux solistes, ils semblent avoir échappé à la léthargie infligée par le chef, à l’exception peut-être du Tomski bien terne d’<strong>Alexander Kasyanov</strong>, dont le récit du passé de la comtesse, au premier acte, passe pratiquement inaperçu. Du personnage ambigu qui est ici le sien vis-à-vis d’Hermann, mi-protecteur, mi-démon, il ne traduit dans son chant que la première facette. Heureusement les autres têtes d’affiche se situent à un niveau bien plus satisfaisant. La voix saine d’<strong>Oleg Dolgov</strong> possède toute la vaillance nécessaire au héros, mais sans basculer dans l’hystérie. En Lisa, <strong>Elena Bezgodkova</strong> parvient à concilier les couleurs juvéniles attendues et la solidité indispensable ; par son chant élégant, <strong>Eva Zaïcik</strong> nous épargne aussi les Pauline-matrones qu’on rencontre parfois, et la mise en scène la fait intervenir bien davantage que le livret ne le prévoit. <strong>Marie-Ange Todorovitch</strong> compose une comtesse assez admirable, poitrinant quand il le faut, distillant avec délicatesse – et bien sûr dans un français limpide – les couplets de Grétry. <strong>Serban Vasile</strong> est un Eletski à la hauteur des exigences de son air, très applaudi, mais l’on remarque surtout la belle noirceur de timbre de <strong>Nika Guliashvili</strong> dans le petit rôle de Sourine. Si <strong>Nona Javakhidze</strong> dessine avec panache sa gouvernante, <strong>Anne Calloni </strong>ne semble pas du tout avoir la voix de Prilepa, où une authentique soprano colorature serait plus à sa place.</p>
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