<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Katharina BIERWEILER - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/bierweiler-katharina/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/bierweiler-katharina/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 06 May 2024 07:21:15 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Katharina BIERWEILER - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/bierweiler-katharina/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>BRITTEN, The Turn of the Screw &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/britten-the-turn-of-the-screw-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 May 2024 06:32:28 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=162216</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Tour d’écrou soulève mille questions mais n’apporte aucune réponse. Chaque question explose au contraire en constellations de mondes possibles. C’est le propre des œuvres vraiment intéressantes&#160;: admettre l’ambiguïté et l’instabilité constitutives de tout problème correctement posé. «&#160;Oui et non sont des mensonges&#160;» écrivait Thoreau. Il n’y a de vérité que pragmatique soutenait William James, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/britten-the-turn-of-the-screw-bruxelles/"> <span class="screen-reader-text">BRITTEN, The Turn of the Screw &#8211; Bruxelles</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/britten-the-turn-of-the-screw-bruxelles/">BRITTEN, The Turn of the Screw &#8211; Bruxelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><em>Le</em> <em>Tour d’écrou </em>soulève mille questions mais n’apporte aucune réponse. Chaque question explose au contraire en constellations de mondes possibles. C’est le propre des œuvres vraiment intéressantes&nbsp;: admettre l’ambiguïté et l’instabilité constitutives de tout problème correctement posé. «&nbsp;Oui et non sont des mensonges&nbsp;» écrivait Thoreau. Il n’y a de vérité que pragmatique soutenait William James, frère d’Henry James, l’auteur de la nouvelle qui inspira l’opéra de Britten. D’où vient le mal&nbsp;? Est-il immanent ou transcendant&nbsp;? En d’autres termes, s’origine-t-il en nous-mêmes ou vient-il d’ailleurs – et, le cas échéant, d’un ailleurs radical&nbsp;? Faut-il faire une lecture psychologique ou psychanalytique de la nouvelle de James ou simplement admettre – même si cela est tout sauf <em>simple</em> – qu’il s’agit d’une «&nbsp;histoire de fantômes pour grandes personnes&nbsp;» (on emprunte la formule à Georges Didi-Huberman, en la sortant honteusement d’un contexte très différent)&nbsp;?</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="689" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Turn-of-the-Screw24_043_©Copyright_BerndUhlig-1024x689.jpg" alt="" class="wp-image-162300"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© BerndUhlig</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">La mise en scène d’<strong>Andrea Breth</strong> se saisit de ces questions en refusant catégoriquement de lever l’ambiguïté. L’ouverture des possibles contenus dans la nouvelle est ainsi très heureusement préservée sur scène. Les fantômes sont là – en chair et en os aimerait-on écrire. Ils chantent, bougent, touchent. Ils existent. Mais peut-être ne sont-ils tout de même qu’une vue de l’esprit. Sur le plateau, les personnages semblent ne jamais pouvoir interagir. Lorsqu’ils dialoguent, c’est toujours dans une position impossible ; une position où la conversation ressemble à un monologue ou à un dialogue intérieur. Peut-être les fantômes ne sont-ils qu’en nous. D’ailleurs, les fantômes sont toujours là, même quand ils ne chantent pas. Il passent, repassent ; forme informe qui structure peut-être toute expérience. Manière de peut-être montrer que le monde de la Gouvernante est habité de visions étranges ; manière aussi peut-être de montrer que le manoir est lui-même habité d’humains inquiétants. La question n’est pas résolue. Simple, la scénographie distingue avantageusement plusieurs plans créant des effets de profondeur intéressants (autant de niveaux de lecture ?). Sur le plan acoustique, le fond de scène semble sonorisé – ce qui est sans doute nécessaire pour les voix d’enfants – et l’on peine à savoir s’il s’agit d’un effet de mise en scène ou d’un détail technique un peu malheureux. Les protagonistes évoluent dans cet environnement, se retrouvant tantôt vers le plafond, tantôt dans des armoires – très présentes –, soit toujours en des lieux singuliers, personnels et étranges. Comme si le monde commun que suppose toute communication se dérobait sans cesse. Breth s&rsquo;engouffre en réalité intelligemment dans les ambiguïtés que recèle la partition : la Gouvernante et Miss Jessel ne sont-elles qu’une seule et même personne ? Pour poser la question autrement : La Gouvernante <em>voit-elle </em>le mal&nbsp;? L<em>’invente-t-elle</em>&nbsp;? L’<em>est-elle</em>&nbsp;? Vocalement, leurs tessitures sont, à peu de choses près, identiques, et certaines lignes de chant presqu’interchangeables. Sans doute faut-il y lire une question plutôt qu’un indice. Foncièrement ouverte, cette mise en scène se définit peut-être mieux par ce qu’elle n’est pas&nbsp;: elle n’est (heureusement) pas historicisante, elle n’est pas à proprement parler psychologique, elle n’est pas littérale, elle n’envisage jamais la possibilité d’une candeur originelle ou retrouvée (les comptines qui sont parfois chantées et montrées de manière naïve sont, ici, d’emblée tourmentées, voire glaçantes).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Turn-of-the-Screw24_006_©Copyright_BerndUhlig-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-162297"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© BerndUhlig</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;"><strong>Antonio Méndez</strong>, à la tête de l’Orchestre de chambre de la Monnaie offre une lecture précise mais peut-être pas assez analytique. La pièce semble envisagée d’un seul tenant, alors que la partition est très clairement structurée en scènes entrecoupées de variations qui forment comme une arche, tant sur le plan de l’intensité que des rapports de tonalité. On identifie mal cette progression qui, sur le plan de l’intrigue figure aussi le resserrement de l’écrou. La lecture est résolument chambriste – ce que la partition exige bien – mais peut-être encore souvent trop intimiste : lorsque Miss Jessel chante « Here my tragedy began, here revenge begins », on aurait aimé que la progression vers le drame suggérée par l’accompagnement prenne une réelle ampleur. Envers de la médaille : la légèreté requise, par exemple, lors de la première exposition de la comptine inventée par Miles (« Malo ») est parfaitement dosée. On salue les interventions du piano et du célesta qui offrent un équilibre parfait entre prise de parole solo et ingrédient de l’éclat d’ensemble (<strong>Alfredo Abbati</strong>).</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Sally Matthews</strong> est une Gouvernante idéale ; désormais une interprète de référence pour ce rôle – ce que <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-turn-of-the-screw-sublimation-de-lambigu/">l’enregistrement de l’opéra</a> auquel elle a récemment participé avec le même orchestre et d’autres artistes de la production préfigurait déjà. Si la voix est ronde mais néanmoins éclatante, très souple et admirablement placée – donnant au texte toute son ampleur –, c’est avant tout par ses qualités d’interprétation que la soprano se distingue. Elle trouve à tout moment le dosage parfait entre intériorité (elle voit des fantômes qui, au fond, ne sont peut-être que ses propres fantômes) et lyrisme contenu, affrontant avec intensité et talent une partition musicalement très exigeante. Plus en retrait – ce que le rôle demande –, <strong>Carole Wilson</strong> est une Mrs. Grose au charme très anglais. La voix est large mais manque à certains égards de souplesse – ce qui n’est peut-être qu’un choix d’interprétation dans la conduite de certaines phrases (par exemple, au début de l’opéra, lorsqu’elle est houspillée par les jeunes Miles et Flora). Le contraste générationnel entre une Gouvernante plus jeune mais pourtant directive et une Mrs. Grose qui, alors qu’elle devrait incarner stabilité et retenue, se laisse entrainer est ici particulièrement réussi. Dans le rôle de Flora, <strong>Katharina Bierweiler </strong>offre une voix déjà bien travaillée, qui est celle d’une jeune femme et non d’une enfant (manière peut-être de signifier que l’innocence fantasmée, thème qui parcourt le livret, est déjà perdue). L’interprétation est sûre et jamais candide, conférant ainsi une réelle cohérence entre mise en scène et interprétation musicale. Partagé entre deux interprètes – pour une raison qui nous échappe encore –, le rôle de Miles est assuré par <strong>Samuel Brasseur Kulk </strong>et <strong>Noah Vanmeerhaeghe</strong>, tous deux membres des Chœurs d’enfants et de jeunes de la Monnaie. Le premier offre une voix claire, bien projetée malgré le timbre léger qui caractérise encore les voix de jeunes garçons. Le second impressionne par un volume et un timbre plus affirmés et déjà une vraie personnalité interprétative. Peut-être ce contraste était-il recherché afin d’explorer ce qui sépare l’innocence d’une certaine incarnation du mal ? En Miss Jessel, <strong>Allison Cook</strong> déploie des graves sonores et un timbre richement coloré qui apporte une ampleur bienvenue aux ensemble dans lesquels elle intervient souvent. À cet égard, on salue une distribution qui, d’une manière générale, présente un équilibre remarquable des timbres et permet ainsi aux nombreux ensembles de l’opéra d’atteindre des sommets d’intensité. Dans ses – rares – interventions solo, Allison Cook convainc peut-être un peu moins. Son « Here my tragedy began, here revenge begins » devrait être l’un des moments les plus dramatiques de la partition – un point à partir duquel l’opéra s’assombrit résolument. Il manque hélas d’ampleur.  Le Peter Quint de <strong>Julian Hubbard</strong> est subtil mais peine à traduire vocalement la noirceur du rôle. La voix est remarquablement projetée et les moments vocalisant – singulièrement lorsqu’il appelle Miles – très bien menés. Enfin, <strong>Ed Lyon</strong> offre un prologue d’excellente facture. La voix est bien accrochée à l’avant du masque, ce qui permet au narrateur de déclamer son texte sans jamais sacrifier ni le timbre, ni la musicalité.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/britten-the-turn-of-the-screw-bruxelles/">BRITTEN, The Turn of the Screw &#8211; Bruxelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>The Turn of the Screw</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-turn-of-the-screw-sublimation-de-lambigu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2022 12:00:10 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-turn-of-the-screw-sublimation-de-lambigu/</guid>

					<description><![CDATA[<p>The Turn of the Screw est certainement un opéra de failles et de fissures, une œuvre où le réel se dilate et où le sens se dérobe irrémédiablement. Une fois la brèche ouverte, la structure largement binaire du monde peut-être réinterrogée. Les oppositions rassurantes et cadrantes volent en éclat au profit d’une ambiguïté qui, dans l’œuvre &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-turn-of-the-screw-sublimation-de-lambigu/"> <span class="screen-reader-text">The Turn of the Screw</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-turn-of-the-screw-sublimation-de-lambigu/">The Turn of the Screw</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>The Turn of the Screw </em>est certainement un opéra de failles et de fissures, une œuvre où le réel se dilate et où le sens se dérobe irrémédiablement. Une fois la brèche ouverte, la structure largement binaire du monde peut-être réinterrogée. Les oppositions rassurantes et cadrantes volent en éclat au profit d’une ambiguïté qui, dans l’œuvre de Britten, se traduit paradoxalement par une remarquable maîtrise de la structure. Le bien et le mal, le réel et l’irréel, le vrai et le faux, les vivants et les morts, les adultes et les enfants, le présent et le passé, l’ici et l’ailleurs, le sujet et l’altérité… ne tiennent plus en place. Seule demeure la certitude d’être immergé dans un milieu qui nous échappe de plus en plus : </p>
<blockquote>
<p>« Perdue dans mon labyrinthe, je ne vois plus la vérité, </p>
<p>mais seulement les murs brumeux du mal qui se referment sur moi.</p>
<p>Oh ! Innocence, tu m’as corrompue, vers quoi me tournerai-je ?</p>
<p>J’ignore tout du mal et pourtant je le crains, </p>
<p>je le sens, pire, je l’imagine. </p>
<p>Perdue dans mon labyrinthe, vers quoi me tournerai-je ? » (la Gouvernante, Acte II, scène I)</p>
</blockquote>
<p>L’œuvre comporte seize scènes entrecoupées de variations autour d’un motif simple, le thème de l’écrou qui, au fil de l’opéra ne cesse de se resserrer.  L’écriture de Britten offre à cet égard une magnifique lisibilité dramaturgique : livret et partition forment une réelle unité. Outre le recours aux variations qui, d’emblée, guident l’auditeur dans la progression du drame, le choix des voix et leur traitement par le compositeur ajoute encore à l’ambiguïté constitutive de l’œuvre. Dans le livret qui accompagne le disque, Klaus Bertisch relève très pertinemment que « le fait que Britten ait d’emblée attribué à plusieurs de ses personnages le même type de voix ne peut […] pas être le fruit du hasard ; au contraire, cela porte la confusion à son comble. Ainsi, dans de nombreux passages, les lignes de chant de la Gouvernante sont interchangeables avec celles de Miss Jessel ou même de Flora, la fillette qui lui a été confiée. Il en va de même pour les rôles de Peter Quint et du Narrateur du Prologue ». On ne sait vraiment, en dernière instance, où s’arrête la personnalité des protagonistes ; on ne sait si les fantômes existent indépendamment des vivants (est-on vivant s’il n’y a pas de morts ?) ou si ce sont ces derniers qui les font exister, on ne sait si les enfants existent indépendamment de leur rapport aux adultes (est-on adulte s’il n’y a pas d’enfants ?)… Ainsi, à la toute fin de l’œuvre, lorsque la Gouvernante et Quint s’adressent en même temps à Miles, on peut légitimement se demander si Quint et la Gouvernante sont une seule personne à la personnalité double, si Quint est en réalité présent dans le seul esprit de Miles ou si, dans une lecture plus littérale, il y a réellement trois protagonistes : </p>
<blockquote>
<p>« Ah ! Miles, vous êtes sauvé, maintenant tout ira bien. </p>
<p>Ensemble, nous l’avons détruit »</p>
<p>« Ah ! Miles, nous avons échoué. </p>
<p>Maintenant, je dois partir. Adieu !</p>
<p>Adieu, Miles, adieu ! » (La Gouvernante et Quint, Acte II, scène VIII)</p>
</blockquote>
<p>L’enregistrement proposé par Alpha Classics sous la direction de <strong>Ben Glassberg</strong> offre une interprétation minutieuse d’une partition qui, il est vrai, comprend des indications très précises. La succession des variations permet d’assigner à chaque moment dramatique une identité sonore particulière. La première exposition du thème offre une rapide synthèse de l’œuvre en un crescendo inquiétant qui annonce l’arrivée de la Gouvernante à Bly. La troisième variation qui précède la première apparition de Quint au-dessus de la tour se veut douce et champêtre avant de très vite se faire un peu plus nerveuse : on sait qu’à ce stade le mal est encore loin. Reste qu’il est déjà présent. La douzième variation, lors de laquelle Quint enjoint à Miles de voler la lettre préparée par la Gouvernante est inquiète, nerveuse et haletante. Ben Glassberg et le <strong>La Monnaie Chamber Orchestra </strong>parviennent à donner à chaque unité dramatique sa couleur propre – rendant ainsi pleinement justice aux intentions du compositeur. Si la partition ne laisse que peu de marge de manœuvre à l’interprète, le travail sur le son – la couleur, les respirations, la direction, l’intensité des vibratos ou des pizzicati… – est remarquable, de même que l’accompagnement des chanteurs dont le phrasé et les appuis sont irréprochables. </p>
<p>L’ouverture du prologue est solennelle, chaque note est minutieusement posée, ce qui, à la première écoute, surprend tant le contraste avec d’autres versions de référence est important. Ce choix apporte toutefois une belle stabilité que le narrateur perturbera dès la première mesure de son intervention. Ce balancement parfaitement maîtrisé entre stabilité rythmique et liberté du phrasé contient déjà l’essence de cet opéra : sur le fond stable de la certitude, quelque chose se dérobe toujours (Wittgenstein l’aurait-il nié ?). <strong>Ed Lyon </strong>offre un timbre clair, une interprétation sans emphase et un accent délicieux, évidemment parfaitement approprié. Les consonnes sont adroitement soulignées, apportant ainsi une structure et une direction sûre à chaque phrase.  </p>
<p><strong>Carole Wilson </strong>est une Mrs Grose  aux médiums et aux graves généreux. Le registre supérieur, malheureusement abondement sollicité par la partition, est toutefois plus fermé et tendu. Il n’empêche que son interprétation est d’une grande intelligence musicale. La Gouvernante de <strong>Sally Matthews</strong> est parfaite à tous points de vue. Le timbre est chaleureux, la voix est ample dans tous les registres, l’interprétation est juste. Elle rend la psychologie très complexe du personnage parfaitement transparente au disque, sans jamais sombrer dans l’excès ou le pathétique. <strong>Julian Hubbard</strong> et <strong>Giselle Allen</strong> campent respectivement un Peter Quint et une Miss Jessel sombres et inquiétants. Ils rendent parfaitement justice à la partition qui fait reposer une large part de la montée en intensité de l’œuvre sur eux, notamment à la fin du premier acte où ils trouvent un magnifique équilibre entre virtuosité vocale et théâtrale. </p>
<p>Les rôles de Miles et Flora sont interprétés par deux jeunes chanteurs issus de la <strong>Cantus Juvenum Karlsruhe</strong>. On ne doute pas que la longue tradition des chœurs de jeunes garçons au Royaume-Uni ait déterminé Britten à confier le rôle de Miles à un enfant plutôt qu’à une soprano. On ne peut que s’en réjouir, tant il est rare d’apprécier ces timbres si particuliers à l’opéra. D’emblée, il importe de souligner la grande maturité et la musicalité naturelle des jeunes chanteurs – en particulier dans une partition d’une telle complexité. <strong>Thomas Heinen</strong> (né en 2007) est un Miles touchant et sensible. La fragilité inhérente à ce type de voix sert ici pleinement l’intrigue et le chanteur assume remarquablement un rôle musicalement exigeant. <strong>Katharina Bierweiler </strong>(née en 2004) campe, quant à elle, une Flora sûre d’elle et vocalement mûre. La souplesse de la voix et la chaleur du timbre laissent augurer le meilleur pour la jeune chanteuse.  </p>
<p>Si l&rsquo;on regrette de ne pas avoir vu la production autrement qu’en streaming  live (COVID toujours), cet enregistrement constitue certainement une belle consolation où chaque moment musical est à la fois un lieu théâtral. </p>
<blockquote>
<p>« J’ignore tout de ces choses. Ce lieu ombragé </p>
<p>est-il le monde du mal, où des choses indicibles peuvent arriver ? » (La Gouvernante, Acte I, scène V)</p>
</blockquote>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-turn-of-the-screw-sublimation-de-lambigu/">The Turn of the Screw</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
