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	<title>Vincent BILLIER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Vincent BILLIER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Tosca (extraits) &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-extraits-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 26 juillet dernier, l’interview de la jeune soprano française Nadège Meden réalisée pour Forum Opéra par Jean-Michel Pennetier nous avait permis d’entrevoir la personnalité, pour le moins forte et complexe, de cette cantatrice dotée d’une voix impressionnante de grand soprano spinto. En effet, elle ne se contente pas de chanter dans les théâtres ou &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 26 juillet dernier, l’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-nadege-meden/">interview de la jeune soprano française <strong>Nadège Meden</strong></a> réalisée pour Forum Opéra par Jean-Michel Pennetier nous avait permis d’entrevoir la personnalité, pour le moins forte et complexe, de cette cantatrice dotée d’une voix impressionnante de grand soprano spinto. En effet, elle ne se contente pas de chanter dans les théâtres ou les salles de concert. Passionnée de langues et de littérature, elle est très engagée dans la diffusion de la culture dans les milieux populaires et tient à faire sortir l’opéra des théâtres afin de le rendre accessible à tous. Ainsi a-t-elle fondé avec la pianiste <strong>Soraya Verdier</strong>, une petite compagnie lyrique « <em>La Lune dans les yeux </em>» qui plante ses tréteaux là où on ne l’attend pas : au pied des immeubles, dans les rues ou les parcs des quartiers excentrés et des banlieues. Les habitants sont alors conviés à participer au spectacle après avoir participé en amont, à des ateliers préparatoires.<br />
Nadège Meden a ainsi mis sur pied une version « de poche » de l’opéra <em>Tosca</em> de Puccini qu&rsquo;elle va présenter dans plusieurs quartiers de la capitale. Dans un décor se limitant à quelques accessoires, les  chanteurs, accompagnés au piano, interprètent une sélection d’airs et duos tandis que la narration du drame est confiée à trois comédiennes.  C’est ce spectacle que le Festival de théâtre de rues <em>Le Courant Passe</em> a présenté sur l’avenue Lamoricière dans le 12e arrondissement de Paris.</p>
<p>Une centaine de personnes, de tous âges, a ainsi assisté à cette <em>Tosca</em> hors normes ! Dans ce lieu, sans acoustique véritable, la sonorisation des interprètes et du piano est nécessaire même si cela ne rend pas forcément justice à la qualité vocale des chanteurs. À ce sujet, un grand bravo à la pianiste Soraya Verdier pour qui ce fut un véritable exploit d&rsquo;accompagner, sans anicroche, les chanteurs qui n&rsquo;avaient guère de contact réel avec elle ! Tout le monde y a mis du sien, la représentation a été réussie, et les spectateurs, dont la plupart découvrait l&rsquo;opéra, ont réservé un accueil chaleureux aux artistes : Soraya Verdier, le baryton <strong>Vincent Billier</strong>, le ténor <strong>Jean Goyetche</strong> qui, souffrant, a tout de même réussi à assurer la représentation et Nadège Meden dont la voix puissante aux aigus vaillants a impressionné le public !<br />
Si les amoureux d’opéra sont un peu restés sur leur faim, c’est donc, à présent, au théâtre qu’ils iront écouter la soprano. Elle a tous les atouts en mains pour mener à bien sa carrière à condition de ne pas trop se disperser, de ne jamais forcer sa voix et de parfaire sans cesse sa technique  : un timbre chaleureux, une voix large et une diction impeccable, sans parler de sa belle présence en scène et de cette générosité fondamentale qui touche immédiatement le public. Son action à la tête de sa petite troupe est admirable : les chanteurs à ses côtés, la pianiste et tous les intervenants de cette représentation méritent avant tout notre respect. Souhaitons donc, à présent, à Nadège Meden un franc succès pour son prochain  disque consacré à des compositrices françaises trop oubliées. Un défi de plus, décidément!</p>
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		<title>DONIZETTI, La Fille du régiment &#8211; Tours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-la-fille-du-regiment-tours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’accueil réservé à cette Fille du régiment est à la hauteur de la température qui règne au Grand Théâtre de Tours en ce dimanche de lendemain de canicule : torride ! Il faut dire que les ingrédients sont réunis pour un cocktail euphorisant : une œuvre pétillante, une production plutôt « traditionnelle » mais enlevée, une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’accueil réservé à cette <em>Fille du régiment</em> est à la hauteur de la température qui règne au Grand Théâtre de Tours en ce dimanche de lendemain de canicule : torride !</p>
<p>Il faut dire que les ingrédients sont réunis pour un cocktail euphorisant : une œuvre pétillante, une production plutôt « traditionnelle » mais enlevée, une distribution équilibrée avec des chanteurs quasiment tous francophones et dont le format est parfaitement adapté à la taille de la salle, et une énergie scénique communicative.</p>
<p>Pour cette reprise de la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-la-fille-du-regiment-versailles/">production créée à Versailles en avril dernier</a>, <strong>Jean-Romain Vesperini</strong> ne cherche en effet pas à révolutionner l’œuvre. Le dispositif scénique, reposant notamment sur des toiles peintes, est élégant et illustratif (on se demande tout de même ce que vient faire un temple grec au Tyrol !) et les costumes, signés <strong>Christian Lacroix</strong>, sont pimpants. La mise en scène, bien réglée et vivante, se permet juste d’insérer quelques chorégraphies qui se coulent parfaitement dans la partition. Tout cela fonctionne fort bien, avec comme seule réserve le traitement un peu trop « archétypal » de certains personnages (on y reviendra).</p>
<p>On ne peut que plussoyer aux louanges adressées par notre confrère à <strong>Jean-Francois Lapointe</strong> (Sulpice), déjà présent à Versailles<strong> </strong>: le galbe du phrasé, le moelleux du timbre, et la tendresse du personnage sont tout simplement confondants.</p>
<p>Le couple d’amoureux est ici renouvelé, charme par sa tendresse et sa fraicheur. <strong>Florie Valiquette</strong> propose un portrait très convaincant de Marie : sachant être bravache avec ses pairs (mais sans le caractère « cartoonesque » tendance Fifi Brin d’acier que lui insufflaient Laurent Pelly et Natalie Dessay), elle n’en oublie pas les aspects plus mélancoliques et touchants de la jeune fille (« Il faut partir »). Tout juste regrettera-t-on un peu trop de retenue dans les passages les plus pyrotechniques (« Salut à la France »). On sent <strong>Phillipe Talbot </strong>(Tonio) plus à son aise dans la douceur de « Pour me rapprocher de Marie » que dans l’héroïsme de son grand tube « Ah mes amis quel jour de fête » (dans lequel il ose d’ailleurs une variation inhabituelle). On comprend aisément comment cette voix claire au timbre chaleureux fait fondre le cœur de Marie, par les demi-teintes caressantes dont le ténor sait avantageusement parsemer son chant.</p>
<p>Le burlesque n’est jamais bien loin dans <em>La Fille du régiment</em>, notamment avec l’hilarante Duchesse de Crakentorp de <strong>Doris Lamprecht</strong>, qui surjoue avec gourmandise de ses origines teutonnes. Entre coups de fouets bien sentis et caresses inattendues (un duo roucoulant avec l&rsquo;Hortensius haut en couleur de <strong>Jean-Gabriel Saint-Martin</strong>), voilà la salle qui rit à gorge déployée. Nous avouerons pourtant avoir été moins sensible au traitement similaire appliqué à la Marquise de Berkenfield (<strong>Éléonore Pancrazi</strong>). On ne peut que se réjouir d’entendre une chanteuse en pleine possession de ses moyens dans ce rôle souvent dévolu à des mezzo plus toutes jeunes. La chanteuse s’en donne d&rsquo;ailleurs à cœur joie, ajoutant un bout de <em>Carmen</em> par-ci et de La <em>Grande-duchesse de Gerolstein</em> par-là. Cependant, choix du metteur en scène ou de la chanteuse, le personnage hystérique et caricatural qui nous est proposé nous a semblé hors de propos : <em>too much,</em> cette marquise agace et n’émeut jamais.</p>
<p>La direction d’<strong>Adrien Perruchon</strong>, bien nuancée, sait rendre justice, à la tête de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours, aux différentes atmosphères de la partition. Tout juste rêverait-on parfois d&rsquo;un peu plus de folie, notamment dans le « Salut à la France ».</p>
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		<title>GAIL, Sérénade &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gail-serenade-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Oct 2024 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Compositrice, chanteuse, femme affranchie – divorcée, mère de quatre enfants, nés de quatre pères différents – Sophie Gail est une figure remarquable de la Restauration. Célèbre en son temps, elle tomba injustement dans l&#8217;oubli jusqu&#8217;à ce que les têtes chercheuses du Palazzetto Bru Zane n&#8217;exhument le dernier ouvrage lyrique de l&#8217;artiste, emportée prématurément par la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Compositrice, chanteuse, femme affranchie – divorcée, mère de quatre enfants, nés de quatre pères différents – Sophie Gail est une figure remarquable de la Restauration. Célèbre en son temps, elle tomba injustement dans l&rsquo;oubli jusqu&rsquo;à ce que les têtes chercheuses du Palazzetto Bru Zane n&rsquo;exhument le dernier ouvrage lyrique de l&rsquo;artiste, emportée prématurément par la tuberculose à 43 ans.<br /><em>La Sérénade</em> est une œuvre d&rsquo;autant plus remarquable qu&rsquo;à une compositrice s&rsquo;associe une librettiste, Sophie Gay. S&rsquo;appuyant sur une pièce de la fin du XVIIe siècle due à Jean-François Regnard – en pleine nostalgie de l&rsquo;Ancien Régime – toutes deux reprennent ici une trame classique du registre de la comédie de mœurs qui n&rsquo;est pas sans évoquer Molière ou Beaumarchais et son<em> Barbier de Séville</em> : Scapin et Marine aident donc leurs maîtres à sortir la jeune Leonore des serres de Monsieur Grifon, barbon qui entend épouser la belle plutôt que de faire le bonheur de son fils, amoureux de celle-ci.</p>
<p>Jean Lacornerie enrichit habilement cette trame convenue d&rsquo;un théâtre dans le théâtre, qui permet d&rsquo;impliquer les spectateurs dans le spectacle en construction sous leurs yeux. Ils assistent à la première lecture de la pièce : distribution des rôles, improvisations sur le plateau avec quelques accessoires de fortune, questionnements des interprètes&#8230; Ce dispositif explicite le contexte de création de l’œuvre, son sous-texte, avec verve, sans lourdeur pédagogique.</p>
<p>L&rsquo;excellent <strong>Gilles Vajou</strong> incarne le metteur en scène qui précise les références musicales et littéraires, détaille les éléments censurés tout en précisant la biographie de la compositrice.<br />Or, cette musique qui relève souvent du pastiche, qui joue de ses héritages, exige la complicité du spectateur. Nous en redonner les codes permet d&rsquo;en goûter tout le sel. L&rsquo;intelligence de la proposition – déjà explorée avec talent dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-chauve-souris-rennes-sortir-du-cadre/"><em>la Chauve-Souris</em></a> – est d&rsquo;utiliser pour ce faire une adresse directe au public ainsi que des outils purement théâtraux qui irriguent toute la représentation.</p>
<p>Les lumières soignées de <strong>Kevin Briard</strong> soulignent la scénographie de<strong> Bruno de Lavenère</strong>, réduite mais très graphique avec ombres chinoises, cyclo&#8230; Un plateau tournant sert habilement le propos : d&rsquo;une part, le temps de la représentation est circulaire puisque nous multiplions les allers-retours entre passé et présent ; d&rsquo;autre part, de travestissements en quiproquos, tout ce petit monde se cherche, se poursuit, se cache ; enfin le mécanisme permet des effets assez rares – et séduisants pour l&rsquo;oreille – comme dans le sextuor, où la rotation met en valeur chaque voix alternativement.</p>
<p>L&rsquo;espace, qui joue des noirs mats et brillants, sublime les pimpants costumes de <strong>Marion Bénagès</strong> qui s&rsquo;amusent brillamment des différents temps de l&rsquo;action et des attaches psychologiques des personnages : éléments XVIIe pour les plus âgés, attachés à l&rsquo;ordre ancien et au temps de la pièce de Regnard ; XVIIIe et couleurs franches pour les figures de la commedia dell&rsquo;arte ; le tout, enfin, mâtiné d&rsquo;éléments contemporains pour habiller les comédiens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/6A7A8949-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-173372"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Laurent Guizard</sup></figcaption></figure>


<p>Crée à l&rsquo;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-serenade-avignon-les-sophie-font-un-malheur/">opéra Grand Avignon en 2022</a>, le spectacle conserve presque tous ses interprètes, animés d&rsquo;un esprit de troupe tout de pirouettes et de joie, au rythme aussi impeccable que la diction. Comédien de haut vol à la prosodie impeccable, au beau timbre velouté projeté avec autorité, <strong>Thomas Dolié</strong> campe un Scapin vibrionnant qui affronte avec détermination une partition acrobatique. Ecrite pour le chanteur Jean-Blaise Martin, qui donna son nom à la tessiture éponyme (celle du baryton Martin) elle exige autant de graves que d&rsquo;aigus, jusqu&rsquo;à la voix de fausset – qui s&rsquo;avère ici un point faible, aisément pardonnable.</p>
<p><strong>Elodie Kimmel</strong> lui donne la réplique en Marine avec un abattage accompli, mâtiné d&rsquo;espièglerie et d&rsquo;un joli jeu de couleurs.<br />Ce duo de valet en volerait presque la vedette au couple d&rsquo;amoureux, <strong>Pierre Derhet</strong> et <strong>Julie Mossay</strong>, pleins de peps et d&rsquo;humour, tandis que <strong>Vincent Billier</strong> et <strong>Carine Séchaye</strong> composent une délectable paire d&rsquo;odieux ancêtres avaricieux, empêcheurs d&rsquo;aimer en rond.<br /><strong>Jean François Baron</strong> complète avantageusement la distribution tandis que l&rsquo;<strong>Orchestre National de Bretagne</strong> – même s&rsquo;il joue sur instruments modernes et se révèle un peu « vert » sur la partition – contraste et colore chaque pupitre sous la houlette très attentive de <strong>Rémi Durupt</strong>.</p>
<p>Cette production, à applaudir jusqu&rsquo;au 5 octobre, s&rsquo;inscrit dans le temps fort <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-rennes.fr/fr/programmation">« femmes compositrices »</a> de l&rsquo;opéra de Rennes avec une exposition et, le vendredi 4 octobre, un récital harpe/voix intitulé « Romances d&#8217;empire » qui donnera à entendre les airs qui ont notoirement participé à la notoriété de Sophie Gail. Un programme gravé au disque par les deux artistes, Maïlys de Villoutreys et Clara Izambert.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gail-serenade-rennes/">GAIL, Sérénade &#8211; Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>GAIL, La Sérénade — Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-serenade-avignon-les-sophie-font-un-malheur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jan 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Composé en 1818, tombé dans un profond oubli depuis 200 ans, La Sérénade est le cinquième ouvrage lyrique de Sophie Gail, sur un livret de Sophie Gay, qui arrangea la comédie de Regnard. Une conjonction singulière (de Debora Waldman à Frédéric Roels, sans oublier Alexandre Dratwicki et bien d’autres) nous vaut cette redécouverte (*). Femme &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Composé en 1818, tombé dans un profond oubli depuis 200 ans, <em>La Sérénade</em> est le cinquième ouvrage lyrique de Sophie Gail, sur un livret de Sophie Gay, qui arrangea la comédie de Regnard. Une conjonction singulière (de <strong>Debora Waldman</strong> à Frédéric Roels, sans oublier Alexandre Dratwicki et bien d’autres) nous vaut cette redécouverte (*). Femme cultivée, ayant reçu une solide formation musicale, Sophie Gail connut la célébrité en son temps, particulièrement à travers ses nombreuses romances, qu’elle chanta en s’accompagnant dans toute l’Europe. Heureux hasard, un récent enregistrement permettait d’en apprécier l’originalité comme la qualité (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/romances-dempire-sophie-gail-rendre-sa-chance-a-la-romance">Rendre sa chance à la romance</a>). Fétis, dont elle avait été l’élève, nous apprend (1837, IV p. 243) : « …Après un repos de plusieurs années, Mme Gail rentra dans la carrière dramatique par l’opéra de <em>La Sérénade</em> (…). Le succès de cet ouvrage fut complet (**) : la musique s’y faisait surtout remarquer par un bon sentiment de l’expression scénique. Ce fut la dernière production de l’auteur. » En effet, elle disparut, terrassée par la tuberculose à 43 ans, un an après la création.</p>
<p>Pour cette re-création courageuse, le parti a été pris de donner l’ouvrage dans toute sa richesse au travers d’une présentation – représentation, animée par notre Monsieur Loyal (que l&rsquo;on retrouvera sous le costume de Champagne), organisateur des festivités. Ainsi, le public est associé dès le début à la composition de l’ouvrage, à son élaboration dramatique et musicale : il est le témoin de la collaboration de la librettiste et de la compositrice, comme des acteurs-chanteurs qui lui prodigueront tant d’occasions de sourire, de rire, d’émotion aussi. L’incessante alternance entre la pièce et son élaboration dramatique et musicale est particulièrement réussie. Elle explicite en outre, avec esprit et intelligence, le contexte de l’écriture et de la réception de l’ouvrage. <strong>Jean Lacornerie</strong>, familier du procédé et du genre, y réussit l’exploit de tenir le public en haleine, avec sa complicité permanente. L’originalité du procédé, qui va bien au-delà de ce que Britten et Eric Crozier avaient pensé pour <em>Le petit ramoneur</em>, est bienvenue pour permettre au plus grand nombre de s’approprier l’ouvrage au moyen de sa participation. L’idéal aurait été de voir et réécouter ensuite <em>La Sérénade</em> dans sa version originale, sans ces ajouts bienvenus. La durée l’interdisait.</p>
<p>Décors (<strong>Bruno de Lavenère</strong>), costumes (<strong>Marion Bénagès</strong>) et lumières de <strong>Kevin Briard</strong> participent efficacement et  harmonieusement à cette volonté de renouer avec les traditions du XVIIIe – ainsi le recours aux ombres chinoises, les nuages etc. – tout en y associant les spectateurs.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="214" src="/sites/default/files/styles/large/public/serenade_ombres.jpg?itok=fZIlhnrv" title="théâtre d'ombres de La Sérénade © Mickaël &amp; Cédric - Studio Delestrade " width="468" /><br />
	théâtre d&rsquo;ombres de La Sérénade © Mickaël &amp; Cédric &#8211; Studio Delestrade </p>
<p>Les textes parlés de la comédie exigent des chanteurs qu’ils se doublent de parfaits acteurs, et le contrat est rempli. La qualité de diction est indéniable et l’engagement dramatique de chacun, constant. Au cœur de l’intrigue, Scapin est incarné par <strong>Thomas Dolié</strong>, magistral d’aisance et de plénitude vocale, d’une vérité dramatique éclatante. L’habile valet de comédie, coquin généreux et vénal, Leporello et Figaro, au chant ample et expressif, toujours intelligible, est le plus sollicité, et chacune de ses interventions est un bonheur, d’autant que son jeu est exemplaire. Marine, <strong>Elodie Kimmel</strong>, est son impertinente et délurée partenaire. Notre soprano, suivante de Madame Argante, se situe au même niveau d’excellence. Sa polonaise, les nombreux ensembles auxquels elle participe, en font le premier rôle féminin. Le jeune Valère, épris de celle que veut épouser son père, est confié à <strong>Enguerrand de Hys</strong>. Dès son duo avec Scapin « Que dis-tu ? Renoncer à l&rsquo;objet que j&rsquo;adore », au sextuor, comme au boléro « Amo te solo » , il donne vie à son personnage, servi par la voix et le jeu que l&rsquo;on apprécie toujours. <strong>Vincent Billier</strong>, solide baryton-basse, chante et joue fort bien Monsieur Grifon, le riche et naïf barbon. En Madame Argante, nous retrouvons avec plaisir <strong>Carine Séchaye</strong>. La mezzo suisse confirme la sûreté de ses moyens et son aisance dans le plus large registre, mais aussi ses talents de comédienne. Promise à Grifon, le père de Valère, Léonore est <strong>Julie</strong> <strong>Mossay</strong>. Le timbre manque de lumière et une certaine gaucherie en altère le jeu. Monsieur Mathieu (<strong>Jean François Baron</strong>) est bien ce filou complice du barbon. Remarquable comédien-chanteur,<strong> Gilles Vajou </strong>campe un truculent Champagne, valet de Mathieu. Il est servi par un jeu exemplaire et une voix sûre. « Boire et ne jamais se griser » mérite de figurer parmi les meilleures chansons bachiques.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/serende_nouvelle.jpg?itok=k2wbq5H1" title="le processus de création de La Sérénade © Mickaël &amp; Cédric - Studio Delestrade " width="468" /><br />
	le processus de création de La Sérénade © Mickaël &amp; Cédric &#8211; Studio Delestrade </p>
<p>Les ensembles, duos, trios (dont la barcarolle <em>O pescator dell&rsquo;onda</em>), le sextuor comme le finale, auquel, ce soir participe le public, sont autant de prouesses d’écriture, toujours séduisante, riche et subtile. Le chœur, masculin, n&rsquo;intervient qu&rsquo;au terme de l&rsquo;ouvrage et n&rsquo;appelle que des éloges. L’ Orchestre national Avignon-Provence donne le meilleur de lui-même, les bois et cors par deux tout particulièrement. Les cordes nous valent de beaux soli. Pleinement investie, Debora Waldman défend l’ouvrage comme si elle l’avait écrit, mimant le chant, précise dans sa gestique claire : un modèle de style pour une musique pétillante, riche à souhait. Encore un grand bravo à tous les artisans de cette extraordinaire redécouverte, que l&rsquo;on souhaite partagée par le plus large public, puisque la production sera reprise à Angers, Nantes, Rennes et Toulon, et sans doute ailleurs.</p>
<p>(*) Musique pétillante, où les citations abondent, subtilement dissimulées dans la trame vocale et instrumentale (Bach, Sacchini, Zingarelli, alors en vogue). Plus qu’à Boieldieu, on pense à Mozart et à Rossini. Ce dernier dès l’ouverture, puis l’air de Scapin, par exemple.<br />
(**) Publiée en 1881, la critique de Félix Clément, qui n’avait pu voir l’ouvrage, ne doit être prise que comme témoignage d’un maître de chapelle misogyne quelque peu tartuffe : « Il est singulier que les femmes qui écrivent pour le théâtre soient moins réservées dans le choix des situations et même dans celui des expressions que les hommes. La pièce de M<sup>me</sup> Sophie Gay, non-seulement offense ce qu&rsquo;on appelle les mœurs dramatiques, mais elle offre des images et des mots qui choquent la bienséance. Valère et Léonore sont épris l&rsquo;un de l&rsquo;autre ; malheureusement c&rsquo;est le père de Valère qui prétend épouser la jeune fille. Il est berné, dupé, trompé et même volé, avec le consentement de son fils, par Scapin et Marine, le valet et la suivante des amoureux. On lui fait payer les frais d&rsquo;une sérénade qu&rsquo;il avait préparée pour sa belle. Que Scapin soit fripon, cela est proverbial. Mais que des enfants désirent la mort de leurs parents pour en hériter, cela ne s&rsquo;est vu que chez les Romains, au temps de Plaute et de Térence. Qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas même dans une pièce le contraste d&rsquo;un sentiment honnête et désintéressé, voilà qui dépasse les limites de la tolérance que comporte ce genre d&rsquo;ouvrages. »</p>
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