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	<title>Pierre-Yves BINARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Pierre-Yves BINARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Soustons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-noces-de-figaro-soustons-funny-eighties/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jul 2018 05:38:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si Le Mariage de Figaro est une comédie de situation, Le nozze di Figaro ne pourrait-il pas devenir une sitcom ? Tel est le pari qu’a fait Olivier Tousis pour sa mise en scène du premier volet de la trilogie mozartienne, qui constitue cette année le plat de résistance du festin lyrique proposé par Opéra des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si <em>Le Mariage de Figaro</em> est une comédie de situation, <em>Le nozze di Figaro</em> ne pourrait-il pas devenir une sitcom ? Tel est le pari qu’a fait <strong>Olivier Tousis</strong> pour sa mise en scène du premier volet de la trilogie mozartienne, qui constitue cette année le plat de résistance du festin lyrique proposé par Opéra des Landes. Alors que certains festivals populaires hésitent à proposer Mozart à leur public – ce n’est pas sans appréhension que le directeur des Soirées lyriques de Sanxay a osé afficher <em>La Flûte enchantée</em> l’été dernier –, le public de Soustons s’est déplacé en masse, comme il l’avait fait il y a quelques années pour <em>Don Giovanni</em>. « Dramma giocoso » ou plutôt « opera buffa », c’est bien à une comédie que l’on a ici affaire, située dans ces années 1980 dont le legs télévisuel ne se résume pas à <em>Dallas </em>ou <em>Dynastie</em>, mais correspond aussi à l’âge d’or des <em>sitcoms</em>. On n’est donc pas très loin de la transposition à la Peter Sellars, avec en plus le regard amusé que permet la légère distance temporelle, comme l’avait osé François Ozon avec <em>Potiche</em>. C’est sur les codes du genre que joue cette production : on évite heureusement les rires en boîte pour ponctuer chaque gag, mais tout se joue autour de l’inévitable canapé – qui se substitue au fauteuil voulu par Beaumarchais au premier acte – et, pour les troisième et quatrième acte, au bord d’une piscine (californienne ?). Le changement à vue qui permet de passer de la chambre de Figaro en chambre de la comtesse est spectaculaire, et métamorphose un espace peu attrayant en luxueux boudoir.</p>
<p>Dans la salle de spectacle de Soustons, pas de fosse, hélas. Deux conséquences à cela : d’une part, la nécessité de recourir à une formation instrumentale limitée, ce qui n’est pas forcément un mal. La réduction pour dix musiciens offre une version agréablement chambriste de la partition, qui se change un peu en concerto pour violon. L’oreille en profite pour redécouvrir des pages pourtant bien familières, où émergent avec plus de relief tel trait du basson, telle ligne du cor, et jamais « L&rsquo;ho perduta » n&rsquo;aura autant ressemblé à un lied de Schubert ! L’autre conséquence, moins heureuse, est la nécessité de placer les instrumentistes à un endroit où ils n’empêchent pas de voir le spectacle, en l’occurrence côté jardin, ce qui prive les chanteurs d’un lien direct avec le chef et entraîne donc quelques décalages inévitables, heureusement sans gravité, malgré toute la rigueur – ou peut-être parfois à cause de la rapidité inattendue – avec laquelle <strong>Jean-Marc Andrieu</strong> conduit son orchestre. Côté cour, le continuo est brillamment tenu par le claveciniste <strong>Denis Radou</strong>. Les chœurs, qui ont très peu à faire dans <em>Les Noces de Figaro</em>, resteront au fond de la salle pour leurs deux brèves interventions.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="265" src="/sites/default/files/styles/large/public/noces.jpg?itok=lZWvgt-L" width="468" /><br />
	 © Myriam Gaudin</p>
<p>Sur le plateau, on retrouve bon nombre d’habitués d’Opéra des Landes, mais aussi quelques nouveau-venus. On commencera par saluer bien bas la superbe prestation de <strong>Khatouna Gadelia</strong>, dont le timbre possède les couleurs idéales pour incarner la Comtesse : ni matrone ni gamine, la voix a l’exact poids du rôle et, tout en conférant un grand relief à tous ses récitatifs, l’actrice sait parfaitement entrer dans la peau d’un personnage délicat à rendre aussi attachant que la musique le veut. Il serait temps que cette soprano, longtemps abonnée à Yniold et à l’Enfant de Ravel, se voie confier les grands rôles dans lesquels elle ne demande qu’à s’épanouir. Autre avantage de cette Comtesse : sa voix s’harmonise à merveille avec celle, beaucoup plus légère, de <strong>Manon Lamaison</strong>, toute jeune Suzanne qui livre une interprétation pleine de dynamisme et de fraîcheur, sans défaillance jusque dans les extrêmes de la tessiture. La mise en place du spectacle a été compliquée par le remplacement du rôle-titre, quelques semaines avant la première : initialement annoncé en Bartolo (logique, il avait été ici même Bartolo du <em>Barbier</em> en 2016), <strong>Marc Souchet</strong> a dû reprendre le rôle de Figaro, qu’il a eu l’occasion de chanter <a href="https://www.forumopera.com/breve/lopera-revient-a-alger">récemment à l’Opéra d’Alger</a>, dans une mise en scène également signée Olivier Tousis, mais complètement différente, et surtout réduite à ses airs : le baryton a donc dû apprendre tous les récitatifs en un temps record, et l’on sent qu’il n’est peut-être pas encore tout à fait à son aise dans un personnage qui, même s’il finit par être berné par les femmes, ne s’en prend pas moins pour le meneur de jeu pendant les trois premiers actes. Heureusement, la beauté du timbre fait oublier quelques incertitudes dans le texte. <strong>Pierre-Yves Binard</strong> manifeste en revanche une incomparable aisance tant vocale que scénique, avec un Comte très aimablement ridicule, qu’on croirait échappé d’une pièce de boulevard retransmise par <em>Au théâtre ce soir. </em><strong>Maela Vergnes</strong> renouvelle en Chérubin le Siébel à casquette de rappeur qu’elle avait offert dans <a href="https://www.forumopera.com/faust-soustons-est-ce-toi-boulgakov-reponds-reponds-vite"><em>Faust</em> en 2016</a>, avec une interprétation parfaitement maîtrisée de ses deux airs.  Marceline relookée en Julieta Serrano dans <em>Femmes au bord de la crise de nerfs</em>, <strong>Laetitia Montico</strong> déploie une fois de plus le talent déjà remarqué en Dame Marthe, avec un numéro digne de cette grande spécialiste des rôles comiques qu’est Jeannette Fischer. Si son  air du quatrième acte est coupé, ce n’est pas le cas pour le non moins hilarant Basilio rockeur de <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong>, qui se contente cette année d&rsquo;un « petit » rôle, après avoir été ici Rodolfo, le duc  de Mantoue, Faust ou Alfredo : quand on a peut compter sur une aussi belle voix, il serait dommage de ne pas lui laisser chanter « Il cuoio d’asino ». Non content de signer la mise en scène, Olivier Tousis est aussi un Antonio délicieusement bougon. Arrivé in extremis, <strong>Matthieu Toulouse</strong> est un Bartolo percutant, tandis qu’<strong>Anaïs de Faria</strong> est une Barberine effrontée, qui n’a plus guère à apprendre du Comte ou de Figaro.</p>
<p>On n’attend plus désormais qu’Opéra des Landes propose <em>Cos</em><em>ì fan tutte</em> pour compléter sa trilogie Mozart-Da Ponte…</p>
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		<title>POULENC, La Voix humaine — Soustons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-voix-humaine-soustons-poulenc-qui-rit-poulenc-qui-pleure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 23:59:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A côté d’un grand titre « populaire », même si Faust ne jouit plus tout à fait du succès planétaire qui fut jadis le sien, Opéra des Landes proposait cette année une autre œuvre on ne peut plus différente. Qu’y a-t-il en effet de commun entre un opéra avec solistes et chœur, qui dure plusieurs heures et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A côté d’un grand titre « populaire », même si <a href="http://www.forumopera.com/faust-soustons-est-ce-toi-boulgakov-reponds-reponds-vite"><em>Faust</em> </a>ne jouit plus tout à fait du succès planétaire qui fut jadis le sien, Opéra des Landes proposait cette année une autre œuvre on ne peut plus différente. Qu’y a-t-il en effet de commun entre un opéra avec solistes et chœur, qui dure plusieurs heures et inclut quelques-uns des airs les plus célèbres du répertoire, et <em>La Voix humaine </em>? C’est bien simple : la langue française, et peut-être rien d’autre. Poulenc aurait-il même décidé de mettre en musique le monologue de Cocteau s’il n’avait pas su pouvoir compter sur sa fidèle Denise Duval ? C’est presque d’une actrice que le compositeur a besoin, autant sinon plus que d’une chanteuse, pour faire vivre ces cinquante minutes où une seule voix dialogue avec l’orchestre. A Soustons, on donne la fameuse <a href="http://www.forumopera.com/cd/la-voix-humaine-la-dame-de-monte-carlo-quand-le-telephone-avait-un-fil">version avec piano</a>, longtemps interdite par ces chers ayant-droits, mais qui a incontestablement de beaux jours devant elle grâce à la légèreté des moyens qu’elle exige. Faut-il même disposer d’une scène ? Une soprano avec son téléphone à la main, debout devant le piano, suffirait peut-être à camper le drame. Difficile, de toute manière, d’inventer une véritable « action » scénique puisque tout, ici, se joue plus que jamais dans la parole. Pour monter l’œuvre, <strong>Olivier Tousis</strong> se fie d’ailleurs avant tout à la puissance de la musique, même s’il s’autorise aussi quelques effets. Plusieurs fois, l’héroïne prend son téléphone posé sur un guéridon côté cour, le porte jusqu’au canapé côté jardin, mais souvent elle s’exprime hors du combiné, parlant tout à coup plus pour elle-même que pour son interlocuteur. L’utilisation des lumières semble aussi vouloir souligner l’alternance entre mensonge et sincérité dans ce soliloque, la vérité l’emportant quand la salle se trouve tout à coup éclairée, tandis qu’un projecteur braqué sur le guéridon crée une ombre gigantesque qui semble écraser le personnage. Ecarlate des pieds à la tête, ses cheveux teints d&rsquo;un rouge aussi éclatant que sa robe, la soprano <strong>Tanya Laing </strong>prête au personnage une voix chaude et vibrante, après s’être notamment produite sur cette même scène en Norma ou en Butterfly. Elle sait éviter toute hystérie pour donner une interprétation d’abord pudique du drame, avant de s’épancher plus librement dans les derniers instants. Sans doute la forte présence pianistique de <strong>Michel Capolongo</strong> n’est-elle pas pour rien dans la densité de cet échange à une seule voix.</p>
<p>En première partie, Poulenc était déjà à l’honneur, l’excellent pianiste se contentant alors du rôle d’accompagnateur, si l’on peut vraiment parler d’accompagnement pour certaines mélodies où la partie de piano est loin de s’effacer derrière le soliste vocal. Vu la veille en Valentin dans <em>Faust</em>, <strong>Pierre-Yves Binard</strong> est un mélodiste raffiné, qui donne à entendre toute une série de compositions représentatives des différentes étapes de la carrière de Poulenc, depuis <em>Le Bestiaire </em>(1919) jusqu’à « Dernier Poème » (1956). A partir de <em>Banalités</em>, à peu près toutes ces mélodies furent créées par – puis pensées pour – Pierre Bernac. Pierre-Yves Binard les aborde, lui aussi, avec beaucoup de retenue, sans jamais forcer le trait comme cela ne serait que trop facile, et comme Poulenc souhaitait surtout qu’on évite de le faire. Le baryton n’hésite pas à recourir souvent à la voix mixte dans l’aigu, pour ne surtout pas alourdir son interprétation. Son « Toréador » se passe fort bien de clins d’œil appuyés, et ses <em>Chansons gaillardes </em>– dommage qu’il ne les ait pas toutes retenues dans son programme – se dispensent de tout soulignement salace (mais « L’Offrande » se termine sur une très réjouissante onomatopée). Dans <em>Banalités</em>, à côté de pages aussi célébrissimes que « Voyage à Paris » ou « Hôtel », le chanteur livre une version fort touchante de « Fagnes de Wallonie », par exemple. Avant de se confronter à la plus âpre <em>Voix humaine</em>, le public, hélas moins nombreux que pour <em>Faust</em>, aura réservé au chanteur de ferventes acclamations.</p>
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		<title>GOUNOD, Faust — Soustons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/faust-soustons-est-ce-toi-boulgakov-reponds-reponds-vite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 02:20:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’Opéra Bastille, depuis quelques années, les metteurs en scène se cassent les dents sur le Faust de Gounod, sans parvenir à en proposer une lecture cohérente qui puisse dignement succéder à celle de Jorge Lavelli, qu’on aurait bien fait de conserver quelques saisons encore. Avec des moyens dont c’est peu dire qu’ils sont sans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’Opéra Bastille, depuis quelques années, les metteurs en scène se cassent les dents sur le <em>Faust</em> de Gounod, sans parvenir à en proposer une lecture cohérente qui puisse dignement succéder à celle de Jorge Lavelli, qu’on aurait bien fait de conserver quelques saisons encore. Avec des moyens dont c’est peu dire qu’ils sont sans commune mesure avec ceux de l’Opéra de Paris, qu’allait donc proposer l’Opéra des Landes, pour la quinzième édition de ce festival implanté à Soustons, près de Dax ? Quand le rideau s’ouvre, on découvre un <em>Faust</em> actualisé, le vieux docteur étant devenu psychanalyste, et lorsque ce disciple de Freud invoque Satan, ce n’est pas une, mais trois créatures diaboliques qui entrent : un chat noir, un homme en noir portant lunettes noires, et un troisième homme en noir ayant « un riche manteau sur l’épaule », le seul à chanter pour le moment. L’inquiétante étrangeté de ces trois intrus se substitue à tout effet fantastique, et le rajeunissement de Faust attendra le deuxième acte. Lors de la kermesse, c’est l’acolyte de Méphistophélès qui interprète la Chanson du Rat, et il est assez piquant que cet autre diable ait alors pour nom Wagner… mais ce deuxième homme en noir se voit aussi confier l’air du Veau d’or. Et c’est alors que la lumière se fait dans notre esprit : le metteur en scène <strong>Olivier Tousis</strong> a lu le roman de Boulgakov, <em>Le Maître et Marguerite</em>, fortement influencé par le <em>Faust</em> de Goethe, où le diabolique magicien Woland est accompagné d’un chat maléfique et de divers autres acolytes. Cette clef de lecture reste néanmoins discrète, en dehors peut-être de la transformation finale de la prison en hôpital psychiatrique, qui sert également de cadre à certains chapitres du roman. Du spectacle réglé à Soustons, on retiendra surtout une admirable maîtrise des scènes de masse, même si l’agitation truculente de la kermesse aurait peut-être pu être estompée lors de moments comme l’air de Valentin ou la rencontre de Faust et Marguerite. Après l’entracte, les tableaux s&rsquo;enchaînent de manière pleinement convaincante, en particulier un chœur des soldats transformé en incroyable défilé réunissant des militaires de toutes sortes, de 1914 à nos jours : après avoir chanté « Gloire immortelle de nos aïeux » avec les mouvements stéréotypés des guerriers, leur ultime geste est de se voiler la face.</p>
<p class="rtecenter"><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_dsc0865.jpg?itok=ABfqFeoS" title="© Michel Carrincazeaux Morceux" width="468" /></p>
<p>Marguerite accueillie au paradis © Michel Carrincazeaux Morceux</p>
<p>Compte tenu des contraintes de la salle utilisée, la partition est donnée dans une réduction pour quatorze musiciens, que dirige avec une tension continue le chef français <strong>Philippe Forget</strong>, régulièrement invité par l’Opéra de Lyon pour des œuvres du XIX<sup>e</sup> siècle ou pour des créations contemporaines. Ainsi dégraissée, la musique de Gounod perd tout sfumato et gagne une netteté de trait qui, revers de la médaille, expose les forces et les faiblesses des instrumentistes devenus autant de solistes. L’Orchestre de l’Opéra des Landes se montre tout à fait à la hauteur de la tâche, hormis quelques quasi-inévitables couacs du côté des cuivres. Après un démarrage qui laissait craindre un léger déficit de puissance du côté des pupitres féminins, le Chœur préparé par Frédéric Herviant s’affirme comme un protagoniste avec lequel il faut compter.</p>
<p>L’avantage des festivals moins richement dotés que les manifestations les plus prestigieuses est de donner à entendre de jeunes chanteurs prometteurs. Le dédoublement de la figure diabolique (le chat noir ne chante pas) nous vaut deux Méphistophélès, mais un seul aurait largement suffi à notre bonheur : <strong>Jesús de Burgos </strong>s’exprime hélas avec un accent à couper au couteau et manque souvent de rigueur rythmique. Son confrère <strong>Nika Guliashvili</strong>, vu à plusieurs reprises au festival de Sanxay, possède un timbre plus opulent et une diction plus correcte, à moins que le souvenir de Boris Christoff ne rende plus indulgent face aux Méphistos slaves ; seul l’aigu gagnerait à être moins couvert, pour éviter des A transformés en O (« Porle ! » semble ordonner le diable à Faust au premier acte).</p>
<p>Heureusement, tous les autres personnages sont confiés à des chanteurs parfaitement francophones. Dotée d&rsquo;un timbre chaleureux, <strong>Maela Vergnes</strong> compose un Siébel extrêmement crédible, en grand jeune homme dégingandé portant casquette à l’envers, tandis que <strong>Laetitia Montico</strong> est une pittoresque Dame Marthe sous son trop lourd chignon.<strong> Pierre-Yves Binard</strong> est un Valentin solide, moins marmoréen que certains barytons qui l’ont précédé dans ce personnage, très émouvant dans sa mort donnée en version complète. <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> est un Faust juvénile à souhait, à l’aigu facile, qui livre une cavatine très maîtrisée, mais qui devra simplement veiller à juguler une tendance à pousser un peu le son dès qu’il monte dans la portée. Superbe prestation enfin de <strong>Cécile Limal</strong>, que la production aide à faire de Marguerite une jeune femme bien moins nunuche que ce n&rsquo;est parfois le cas. Cette soprano s’est jusqu’ici surtout produite à Saint-Céré ou en Italie, mais l’on espère que s’ouvriront bientôt pour elle les portes des théâtres de notre pays, tant elle montre de qualités d’articulation et de phrasé. Même s’il lui manque peut-être encore le trille ouvrant l’Air des bijoux, son aisance vocale en impose dans un rôle d’autant plus exigeant qu’il inclut ici la scène de la Chambre, encore trop souvent coupée sur les plus grandes scènes.</p>
<p>Dernière représentation ce soir à 20h30. Renseignements sur le site d&rsquo;<a href="http://www.opera-des-landes.com/">Opéra des Landes</a>.</p>
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