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	<title>Daniel BLUMENTHAL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Daniel BLUMENTHAL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>INSTANT LYRIQUE Marie-Nicole LEMIEUX  — Paris (Gaveau)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/instant-lyrique-marie-nicole-lemieux-paris-gaveau-la-messagere-du-bonheur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque apparition de Marie-Nicole Lemieux suscite d’emblée la curiosité et l’enthousiasme. Le capital-sympathie est fort car la personnalité est attachante. La voix, généreuse, pose d’emblée à la fois l’autorité de tragédienne et la facétie constante de comédienne, entre drame et commedia dell’arte. S’il est vrai que les rôles opératiques nous permettent d’apprécier ses talents pour le jeu théâtral, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px">Chaque apparition de <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> suscite d’emblée la curiosité et l’enthousiasme. Le capital-sympathie est fort car la personnalité est attachante. La voix, généreuse, pose d’emblée à la fois l’autorité de tragédienne et la facétie constante de comédienne, entre drame et <em>commedia dell’arte</em>. S’il est vrai que les rôles opératiques nous permettent d’apprécier ses talents pour le jeu théâtral, l’art raffiné de la mélodie nous fait découvrir la dimension plus subtile de ses qualités d’interprète. Au fil des ans, elle a  su aussi, et au-delà de sa bouillonnante personnalité, cultiver une plus grande intériorité comme pour conjurer la crainte de se laisser déborder par la générosité de son tempérament extraverti, ce qui lui a été souvent reproché. Ce soir à Gaveau, sous la verrière de la salle Marguerite, dans un programme qui fait la part belle à Goethe et Baudelaire, Marie-Nicole Lemieux, au sommet de son art, nous narre dans un art du dire maîtrisé, les thèmes du voyage idéalisé, mais impossible à accomplir, de l’amour déçu, et de la quête d’une sensualité rêvée. Si elle fait preuve désormais d’une plus grande réserve dans l’exercice du Lied et de la mélodie, elle ne se départit pas pour autant de cette personnalité gourmande, pétrie d’humour, qui interprète les pièces du programme comme on se délecte de mets raffinés.</p>
<p style="font-size: 14px">Avec le Lied « Kennst du das Land » (Connais-tu le pays ?) qui ouvre le programme dans sa version Robert Schumann, Marie-Nicole Lemieux sait faire sien le texte, dans un allemand ciselé. Elle embrasse pleinement chaque mot du « Wie mit innigstem Behagen ». Et le plaisir renouvelé, tendu au public par un sourire aux lèvres ponctuant chaque fin de Lied, témoigne du bonheur de l’artiste d’être là. Le Schumann de Marie-Nicole Lemieux se pare ici presque d’un romantisme extraverti Berliozien, relayé à merveille par le piano de <strong>Daniel Blumenthal</strong> qui offre un soutien subtil à la vocalité pétulante de la chanteuse. Après Schumann, la chanteuse interprète trois Lieder<em> </em>de Schubert. Ses graves généreux, ses aigus sonores remplissant tout l’espace de La Salle Marguerite, dans « Der Musensohn » viennent rappeler les somptueuses possibilités de sa tessiture.</p>
<p style="font-size: 14px">On soulignera la présence au programme de pièces rares de Fanny Hensel-Mendelssohn qui aurait  certainement été une des figures les plus marquantes du romantisme allemand, si sa condition sociale, et l&rsquo;interdiction formelle de son père et de son frère d&rsquo;exercer son art ne lui avaient pas définitivement fermé l’horizon radieux d’un avenir musical prometteur. A la mélancolie du « Harfners Lied <em>»</em> succède le poème « Über allen Gipfeln ist Ruh » dans lequel la voix claire-obscure de Marie-Nicole Lemieux fait merveille. La première partie du récital s’achève sur trois beaux Lieder d’Hugo Wolf méditatifs et sombres. L’instrument de la contralto, fait montre ici d’une belle flexibilité et s’adapte à merveille au contraste des émotions, à la palette d’infinies nuances et de couleurs imposée par le texte et la musique.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_9777.jpg?itok=VWI8nNd7" title="Daniel Blumenthal, Marie-Nicole Lemieux©Brigitte Maroillat" width="409" /><br />
	Daniel Blumenthal, Marie-Nicole Lemieux © Brigitte Maroillat</p>
<p style="font-size: 14px">Après une courte pause, le voyage proposé par l’artiste nous mène de l’Allemagne à la France, du Lied à la mélodie. Curieusement, la contralto semble plus à l’aise en terre germanophone que francophone. En langue française, la voix est superbe, toute en rondeur, mais l’accord entre musique et poésie apparaît toutefois moins profond que sur la plupart des Lieder. La chanteuse semble parfois être à la recherche de la juste adéquation entre la subtilité nécessaire aux mots et la projection des aigus, les son filés, la voix de tête. Mais cette réserve est vite oubliée, devant la très belle évocation de l&rsquo; « Albatros » de Baudelaire, sur les notes de Chausson, qui sied musicalement à la voix de la cantatrice faite d’un timbre splendide et d’une générosité que l’on sent à fleur de peau. Dans « Le Jet d’eau »<em> </em>de Debussy, la voix et l’interprète trouve un écrin idéal : l’instrument se fait sensuel, plus grave et transmet à la perfection l’extase du texte à l’auditoire qui impose soudain dans l’auditoire un silence respectueux. Pour « Recueillement », elle adopte une retenue qui sied à merveille à la gravité du propos.</p>
<p style="font-size: 14px">« L’invitation au voyage » et « La vie antérieure » de Duparc concluent avec panache le programme, dans lequel la chanteuse, véritable messagère du bonheur, se fait poésie incarnée. Marie-Nicole Lemieux demeure, tout comme le public, totalement immergée dans le texte pendant un long moment, après les derniers accords du piano du remarquable Daniel Blumenthal qui tire ici bien des trésors miroitants de son instrument.</p>
<p style="font-size: 14px">Après avoir gentiment houspillé une spectatrice en train d’immortaliser par l’image le récital via son téléphone portable (« On va vivre le moment au lieu de le filmer, n’est-ce pas ? »), Marie-Nicole Lemieux, prolonge le plaisir, en se délectant avec gourmandise, du texte étincelant du « Flacon » de Léo Ferré. Distillant les mots et les notes comme elle jetterait des bouquets de roses à son public, elle offre à ce dernier, une ultime perle, « Connais-tu ce pays ? » cette fois sur la musique d’Ambroise Thomas. Habitant le texte avec sensibilité et poésie, la chanteuse a fait entrer une ultime fois un coin de ciel bleu sous la verrière de la Salle Marguerite. D&rsquo;éclats en fulgurances, la voix de la contralto canadienne se fit ce soir presque opératique dans une implication musicale totale et des nuances et demi-teintes <em>in progress</em>. La soirée fut plus qu’un plaisir partagé, un véritable régal !</p>
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		<title>L’Invitation au voyage —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/linvitation-au-voyage-lennemie-du-bien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jun 2016 05:40:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chanter la mélodie française, c’est bien. La chanter bien, c’est mieux. Et pourtant, ce n’est pas assez, il faut aller plus loin, s’y donner à fond et non pas la susurrer du bout des dents. Avec Marie-Nicole Lemieux, pas de danger de ce côté-là : la mezzo québécoise, qui assume à fond ses excès, sait qu’il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Chanter la mélodie française, c’est bien. La chanter bien, c’est mieux. Et pourtant, ce n’est pas assez, il faut aller plus loin, s’y donner à fond et non pas la susurrer du bout des dents. Avec <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>, pas de danger de ce côté-là : la mezzo québécoise, qui assume à fond ses excès, sait qu’il faut faire davantage que bien chanter ces pages. N’ayons pas peur de le dire : Lemieux est l’ennemie du « bien », car elle pratique le « plus que bien ».</p>
<p>On croit d’abord qu’elle sera sage, quand s&rsquo;ouvre ce récital. Les Verlaine de Fauré sont bien dits, d’une voix nette et précise, débarrassée de l’exigence opératique de produire des décibels, ainsi que du vibrato qui souvent l’accompagne. On pense donc que cette grande voix s’est parfaitement domestiquée, domptée pour ne pas dépasser le cadre contraignant que serait celui de la mélodie française. Après <em>L’Heure exquise </em>en 2005, puis <em>Chansons perpétuelles</em> en 2015, Marie-Nicole Lemieux a prouvé au disque, chez Naïve, qu’elle pouvait s’adapter au genre. Le programme qu’elle présente sous l’égide du Palazzetto Bru Zane mélange le contenu de ces deux CD : aux compositeurs très fréquentés que sont Fauré, Debussy, Hahn et Duparc, elle ajoute le piment des plus rares Lekeu et de Koechlin. Peu à peu, on entend au détour d’une phrase que la Lemieux est toujours là, bien présente, marquant tel accent, soulignant tel mot.</p>
<p>Viennent ensuite les <em>Trois Poèmes</em> de Guillaume Lekeu, qu’elle avait déjà interprétés <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/entre-deux-quickly">à Paris en 2013</a>. La chanteuse, une fois de plus, se compose un masque de circonstance, ainsi qu’elle semble le faire pour chaque mélodie. Après « Sur une tombe » et son climat endeuillé, c’est avec un minois de gamine espiègle qu’elle aborde la « Ronde ». Et là, c’est la révélation, l’irrésistible raz-de-marée qui emporte tout sur son passage, une expressivité, un élan d’ogresse croquant la vie. Par sa faconde théâtrale, Marie-Nicole Lemieux serait-elle l’équivalent féminin d’un Bryn Terfel ? Retour au calme pour les Reynaldo Hahn, enfin, pour les trois premiers, avec le dépouillement d’ « Offrande », notamment. Mais quand sonne l’heure de « Fêtes galantes », éclatent à nouveau les limites du strict « bien chanter ». C’est une expérience orgiaque à laquelle la mezzo nous convie alors. Et si <strong>Daniel Blumenthal</strong> avait pu jusque-là sembler aussi réservé qu’elle est extravertie, sorte de Wagner – Igor, pas Richard – pour cette divine Castafiore, le pianiste sort de sa réserve et se déchaîne à son tour sur son instrument, prolongeant l’entente magique avec celle qu’il accompagne jusque dans sa démesure.</p>
<p>Après l’entracte, les cinq mélodies de Koechlin montrent un compositeur qui supporte sans peine la comparaison avec ses plus illustres contemporains, dans un « Menuet » dont les sonorités évoquent le Ravel des pièces néo-XVIIIe, une très claironnante « Pêche » ou une fantasque « Lune ». De Debussy, Marie-Nicole Lemieux n’a pas choisi les mélodies les plus rabâchées, et elle a fort bien fait. C’est comme en transe qu’elle livre « Les Ingénus », « Le Faune » et surtout un « Colloque sentimental » joué comme un Liedersänger joue « Le Roi des aulnes ». Après cela, les Duparc ne semblent que très beaux, « Phidylé » atteignant néanmoins la même intensité d’incarnation.</p>
<p>Trois bis, pas moins, pour satisfaire un public transporté. D’abord, puisque le Palazzetto Bru Zane a beaucoup honoré Benjamin Godard, la berceuse tirée de son opéra <em>Jocelyn</em>, page jadis ultra-célèbre devenue une scie, mais en laquelle la mezzo révèle un petit bijou. Puis une très jouissive « Villanelle » des <em>Nuits d’été</em>, presque digne de Walt Disney avec tous ses animaux. Et enfin, un infiniment délicat « A Chloris » referme le concert sur Reynaldo Hahn. Décidément, Marie-Nicole Lemieux chante bien mieux que bien.</p>
<p> </p>
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		<title>Le chansonnier de la Lemieux — Lille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-chansonnier-de-la-lemieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Bams]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2009 17:27:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Il est 20h15, les derniers spectateurs arrivent grossir les rangs d&#8217;une salle relativement comble, quand Marie-Nicole Lemieux apparaît, sobrement vêtue mais avec une belle peignure du dimanche, suivie par son fidèle et jovial compagnon de scène, Daniel Blumenthal.   Après quelques petits raclements de gorge &#8211; il fait apparemment un peu frette sur le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>Il est 20h15, les derniers spectateurs arrivent grossir les rangs d&rsquo;une salle relativement comble, quand Marie-Nicole Lemieux apparaît, sobrement vêtue mais avec une belle peignure du dimanche, suivie par son fidèle et jovial compagnon de scène, Daniel Blumenthal.</p>
<p> </p>
<p>Après quelques petits raclements de gorge &#8211; il fait apparemment un peu frette sur le plateau &#8211; l&rsquo;heure est la concentration et pour cause, on démarre fort : <em>Du bist vom Schlaf erstanden</em> &#8230; c&rsquo;est sûr, avec <em>Stille Tränen</em>, on n&rsquo;a pas vraiment le temps de s&rsquo;acclimater. L&rsquo;entrée en la matière est peut-être un peu trop directe, mais elle a le mérite d&rsquo;être osée. </p>
<p>Pour compléter cette substantielle mise en bouche, trois Lieder extraits des <em>Myrthen</em> s&rsquo;enchaînent dans la même atmosphère : la bride est encore un peu serrée mais les repères s&rsquo;installent et la posture comme la voix s&rsquo;assouplissent. Le pianiste est extrêmement attentif aux moindres intentions de la chanteuse.</p>
<p>Les <em>Frauenliebe und Leben</em>, comme au disque, montrent un travail profond et extrêmement précis sur le texte et la musique. Sur la scène, Marie-Nicole sait comment faire oublier le côté un rien désuet du cycle : complètement captivé, on retient son souffle jusqu&rsquo;aux dernières notes&#8230; </p>
<p>On aurait même apprécié le piano ouvert avec la grande canne : la voix, ample et généreuse, aurait alors bénéficié d&rsquo;un enrobage encore plus riche sans craindre l&rsquo;écrasement, car d&rsquo;une part, même ses pianissimi les plus intimes raisonnaient librement dans la salle, d&rsquo;autre part, Daniel Blumenthal, très à l&rsquo;écoute, maîtrisait admirablement la balance du duo. </p>
<p>Après la pause, un premier triptyque de mélodies de Chausson conquiert définitivement le public : Marie-Nicole Lemieux, visiblement plus détendue, montre une fois de plus comme elle excelle dans ce répertoire français qu&rsquo;elle affectionne tout particulièrement. <em>L&rsquo;Albatros</em>, idéal pour déployer des graves impressionnants et des aigus chatoyants, remporte un franc succès à l&rsquo;applaudimètre. La palette de couleurs utilisée par les deux artistes pour les trois mélodies des <em>Fêtes Galantes</em> de Debussy est tout bonnement idéale. </p>
<p>Marie-Nicole Lemieux se montre alors encore plus complice avec son pianiste : pendant les applaudissements, alors que, sentant le public réceptif, elle lui fait comprendre qu&rsquo;on peut rester sur scène, Daniel Blumenthal lui indique qu&rsquo;ils doivent regagner les coulisses, pour aller chercher la suite des partitions&#8230; et Marie-Nicole de partir dans un grand éclat de rire terrien ! </p>
<p>Le très populaire <em>A Chloris</em> de Reynaldo Hahn charme un fois de plus l&rsquo;audience qui, après les dernières mélodies qui clôturent élégamment ce récital, en redemande encore et encore&#8230; </p>
<p>Marie-Nicole qui à l&rsquo;air d&rsquo;adorer ça, ponctuant la présentation des bis par des coquins « mais puisque vous êtes insistants&#8230; », nous offre tour à tour <em>L&rsquo;heure exquise</em>, superbement planante, <em>Die Forelle</em> avec mimes hilarants à l&rsquo;appui, <em>Dein blaues Auge</em> « car si vous le permettez, je vais m&rsquo;faire un p&rsquo;tit plaisir » et enfin un au revoir espiègle avec <em>Vergebliches Ständchen</em>.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Frauenliebe und Leben (Robert Schumann)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/portrait-de-femme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Bams]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2009 20:01:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;opéra, il y a des prises de rôles risquées : quelle soprano n&#8217;a jamais tremblé en campant sa première Violetta et surtout combien auraient mieux fait de s&#8217;abstenir ? Quel chanteur peut réellement se vanter d&#8217;avoir toutes les qualités requises pour un Pelléas ou un Wotan digne de ce nom ?   S&#8217;attaquer à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          A l&rsquo;opéra, il y a des prises de rôles risquées : quelle soprano n&rsquo;a jamais tremblé en campant sa première Violetta et surtout combien auraient mieux fait de s&rsquo;abstenir ? Quel chanteur peut réellement se vanter d&rsquo;avoir toutes les qualités requises pour un Pelléas ou un Wotan digne de ce nom ?</p>
<p> </p>
<p>S&rsquo;attaquer à des monuments comme le <em>Liederkreis</em> opus 39 et les <em>Frauenliebe und Leben</em> relève du même exercice périlleux. Mais force est de reconnaître que la version enregistrée ici par Marie-Nicole Lemieux et Daniel Blumenthal n&rsquo;a rien à envier aux légendes discographiques : on nous offre avec ce disque une autre « heure exquise ».</p>
<p>   </p>
<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=713&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=20">L&rsquo;excellente interview</a> réalisée il y peu par Mehdi Mahdavi nous révélait une artiste, si nous ne le savions pas encore, naturelle, franche, généreuse et honnête. Toutes ces qualités humaines se révèlent dans son chant : dotée d&rsquo;un timbre riche, rond et chaleureux comme une lampée du meilleur des cognacs, Marie-Nicole Lemieux n&rsquo;a rien d&rsquo;un contralto caverneux, engorgé ou dopé à la testostérone. Il suffit d&rsquo;écouter son interprétation planante de <em>Mondnacht</em> pour se délecter de l&rsquo;homogénéité des différents registres et de la plénitude du spectre harmonique.</p>
<p> </p>
<p>Cette voix, c&rsquo;est aussi et avant tout un legato infaillible qui conduit une diction remarquable : trop souvent, les chanteurs francophones font de l&rsquo;allemand une bouillie informe et incompréhensible ou au contraire un hachis de syllabes, coups de glotte intempestifs à l&rsquo;appui&#8230; Marie-Nicole, elle, sait comment modeler les inflexions du texte avec une élégance et une profondeur qui rendent justice à la quintessence poétique.</p>
<p>  </p>
<p>Robert Schumann écrivit à Clara au sujet de son <em>Liederkreis</em> : «  Le cycle d&rsquo;Eichendorff est ma musique la plus romantique et contient beaucoup de toi, ma chérie ». Les douze tableaux successifs n&rsquo;ont pas de progression narrative intrinsèque mais bien une unité dans l&rsquo;atmosphère générale de rêverie baignée d&rsquo;images et de sentiments chers aux romantiques. Et Marie-Nicole Lemieux, tantôt nostalgique, tantôt exaltée, a le don de croquer l&rsquo;instantanéité de chacune de ces miniatures avec ce mélange de grâce qui nous entraîne vers ces contrées lointaines et en même temps d&rsquo;intensité qui nous plonge au plus profond de l&rsquo;émotion.</p>
<p>  </p>
<p>Choisir les <em>Frauenliebe und Leben</em> comme titre à ce disque n&rsquo;est pas anodin. Déjà la couverture, où la chanteuse, les yeux fermés dans une posture de douce rêverie, sourire énigmatique aux lèvres délicatement soulignées de rouge, laisse deviner la naissance de sa généreuse poitrine, suffit à nous suggérer l&rsquo;évidente féminité avec laquelle Marie-Nicole Lemieux va embrasser le destin de cette égérie Schumanienne, le destin ironiquement prémonitoire de Clara. Depuis les premiers émois, en passant par la joie des fiançailles, le bonheur du mariage, la plénitude de la maternité et la fidélité de la veuve éplorée par-delà la mort, la chanteuse incarne tous les visages de cette femme avec une sincérité confondante et une musicalité à fleur de peau qui transcendent littéralement la densité dramatique du cycle. A mon sens, on peut déjà considérer cette interprétation comme une référence. Quel bonheur de savoir qu&rsquo;au vingt-et-unième siècle, l&rsquo;art du Lied continue à être cultivé avec tant de naturel et de bonté.</p>
<p>  </p>
<p>Partenaire de longue date de la chanteuse, Daniel Blumenthal se révèle interprète idéal de ce répertoire. Son jeu est d&rsquo;une clarté miraculeuse et aucun excès ne vient parasiter la projection de la pensée musicale : sous ses doigts, aucun phrasé gonflé, aucune emphase inutile, tout semble évident et la musique coule, vraie, essentielle. Savamment dosés, les pianissimi les plus intimes et les forte orchestraux jamais forcés, comme en témoigne par exemple l&rsquo;admirable <em>Löwenbraut</em>, soutiennent en tout point le chant de Marie-Nicole Lemieux. Le postlude des <em>Frauenliebe und Leben</em> à lui seul nous prouve à quel point nous sommes en présence d&rsquo;un pianiste de tout premier plan.</p>
<p> </p>
<p>Les quatre lieder choisis pour compléter ce disque ne sont pas là par pur remplissage : la puissance narrative de la ballade <em>Die Löwenbraut</em>, joint les deux cycles d&rsquo;un trait d&rsquo;union poignant, quant à <em>Er ist&rsquo;s</em>, <em>die Loreley</em> et <em>Widmung</em>, ils concluent le programme sur une note plus légère mais tout aussi passionnée.</p>
<p> </p>
<p><strong>Lionel Bams</strong></p>
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