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	<title>Albert BOADELLA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Albert BOADELLA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>COLOMER J, El Pintor — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/el-pintor-madrid-pourfendeur-de-merde-bourgeoise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Feb 2018 05:33:13 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr" id="docs-internal-guid-e02a28bf-894c-1467-d6e5-ef453a9334cb">C&rsquo;est ce qui s&rsquo;appelle se prendre les pieds dans le tapis. <em>El Pintor</em>, en création mondiale aux Teatros del Canal et en partenariat avec le Teatro Real de Madrid, réunit le compositeur<strong> Juan J. Colomer</strong> et le librettiste et metteur en scène du spectacle <strong>Albert Boadella</strong> autour du leg artistique de Picasso, élévé au rang de fierté nationale et « pourfendeur de merde bourgeoise » comme se plait à le répéter le choeur de ses admirateurs à la fin de chaque acte. Pourquoi pas ? Mais la lecture du feuillet distribué en guise de programme donne déjà des sueurs froides. Ce n&rsquo;est pas que Picasso (renommé Nicasso dans le livret) soit génial. Non, il signe un pacte avec Mefis – surement pour que tout ça fasse plus opera – pour l&rsquo;aider à répandre le chaos chez les hommes en échange de la gloire et de la fortune. Par chaos, comprendre rupture vers l&rsquo;abstraction. Mais, et c&rsquo;est l&rsquo;aveu du compositeur même toujours dans ce funeste feuillet, Picasso n&rsquo;ayant jamais franchi le pas de l&rsquo;abstraction pure, Juan J. Colomer ne franchira pas celui de l’atonalité, les deux étant forcément associées (la seconde école de Vienne est une fake news semble-t-il). Pourquoi du reste avoir choisi ce peintre ? Pour faire couleur locale et rester dans l&rsquo;entre-soi bourgeois madrilène ? En somme, on pourfendra la merde bourgeoise (la musique mélodique, Wagner, Verdi, Mozart ; Velazquez et Dali même côté peinture) mais point trop n’en faut. On a pas encore entendu une note qu&rsquo;on patauge déjà en plein hors sujet.</p>
<p>	En effet, l&rsquo;œuvre ne se permettra que quelques audaces dissonantes, surtout dans le dernier acte pendant que le livret enchaînera les poncifs manichéens : Picasso toréador seul contre les autres, Picasso se querellant avec Velazquez figure du passé, Picasso seul moderne etc. Et ce n&rsquo;est pas le pied de nez de la vente aux enchères finale où il est coiffé au poteau par Pollock dans la course à l&rsquo;œuvre la plus chère de l&rsquo;histoire qui rattrapera un tel amas de balivernes. De même, ce n&rsquo;est pas un beat de hip hop pour accompagner le choeur et l&rsquo;orchestre qui révolutionnera la musique. Tout comme ériger les graffitis en horizon ultime de l&rsquo;héritage de Picasso prête à rire quand on sait que ceux-ci trouvent à présent leur place aussi bien sur la carlingue des avions de ligne que dans les musées. Tout cela finit de discréditer ce <em>Pintor </em>dans sa réalisation même.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="285" src="/sites/default/files/styles/large/public/elpintor.fotojvillanueva_027.jpg?itok=ueIxFfwF" title="© J. Villanueva" width="468" /><br />
	© J. Villanueva</p>
<p dir="ltr">Satisfaction en revanche avec l&rsquo;orchestre du Teatro Real qui fait vivre avec métier cette partition de bruit et de fureur plus que de chaos. Les transitions et pastiches musicaux (marche militaire, musique de cabaret, espagnolade) sont bien mis en valeur par <strong>Manuel Coves </strong>qui a compris qu&rsquo;en guise de modernité il faudrait se satisfaire de quelques merles dissonants et faire semblant de prendre la vessie du patchwork pour la lanterne de la nouveauté. Le niveau vocal malheureusement n&rsquo;aide pas à défendre la soirée. Le choeur de la Comunidad de Madrid est bien aigre et rigide, <strong>Cristina Faus</strong> (Gertrude Stein) tente de dynamiter sa ligne vocale de fausses notes, <strong>Toni Comas </strong>(Velazquez/Apollinaire) ne propose guère mieux et <strong>Josep Miquel Ramon</strong> (Mefisto) s&rsquo;épuise dans un rôle à l&rsquo;ambitus trop large. <strong>Alejandro del Cerro</strong> a fort à faire avec Nicasso, personnage toujours en scène et lorgnant sur le ténor héroïque. Il s&rsquo;en sort avec les honneurs mais au prix d&rsquo;un chant brut de fondere, sûrement pour rappeler que Picasso ne vaut pas Gonzalez en matière de sculpture. <strong>Belen Roig </strong>(Fernande) et <strong>Ivan Garcia </strong>(chef de tribu) apportent eux toute satisfaction.</p>
<p dir="ltr">La réalisation scénique stimule un tant soit peu l&rsquo;intelligence et le plaisir du spectateur. Plateau et fond de scènes noirs s&rsquo;illuminent de rectangles ou autres formes géométriques en led. Ces cadres de lumières sont les réceptacles de projections vidéos bluffantes qui donnent vie aux œuvres du peintre pendant que le pauvre Alejandro del Cerro agite un pinceau géant dans les airs, tel un épileptique en pleine crise. <strong>Bianca Li </strong>signe d&rsquo;élégantes chorégraphies et assigne à chaque sexe une fonction : les femmes seront des muses et les hommes des obstacles au génie du maître (créanciers, figures des esthétiques dépassées…). Mais la encore, on ne peut s&#8217;empêcher de constater, que pour bien fait, cela ne risque pas d’effaroucher le spectateur, prisonnier de l&rsquo;entre soi, du quatrième mur et de l&rsquo;élégance clinquante à la manière d&rsquo;un magasin de mode. Si, à chaque tentative, la création risque de sombrer dans l&rsquo;académisme toujours en embuscade, alors nos créateurs du jour ont fait la démonstration brillante que tout, absolument tout, finit par devenir académique. Même les échecs. Signe qu&rsquo;on a bien remué tous ces exquis excréments, ce cochon de bourgeois applaudit et en redemande aux saluts.</p>
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		<title>VERDI, Don Carlo — San Lorenzo de El Escorial</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-carlo-san-lorenzo-de-el-escorial-romantiquement-incorrect/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jul 2015 20:33:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Très souvent, un Don Carlos, c’est comme une Ford T : de n’importe quelle couleur pourvu que ce soit noir. Luc Bondy l’avait fait en 1996 avec sa cour d’Espagne tout de noir vêtue, Willy Decker n’avait pas procédé autrement dans sa mise en scène conçue pour Amsterdam en 2004. Pour sa première mise en scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Très souvent, un <em>Don Carlos</em>, c’est comme une Ford T : de n’importe quelle couleur pourvu que ce soit noir. Luc Bondy l’avait fait en 1996 avec sa cour d’Espagne tout de noir vêtue, Willy Decker n’avait pas procédé autrement dans sa mise en scène conçue pour Amsterdam en 2004. Pour sa première mise en scène d’opéra, <strong>Albert Boadella</strong>, illustre homme de théâtre espagnol, a voulu aller à l’encontre de ce qu’on appelle la « légende noire » de son pays, dominée par l’Inquisition, la cruauté de ses rois, l’obscurantisme de ses prêtres. Et pour lutter contre des siècles de fiction, Schiller n’étant qu’un des relais de cette légende, il a choisi de revenir au plus près de la réalité historique, en nous montrant un Don Carlos atteint de divers maux congénitaux, difforme, boiteux, souffrant de démence. Bien entendu, cette décision modifie du tout au tout les relations entre les trois personnages centraux : Philippe II cesse d’être un monarque insensible et Elisabeth ne peut guère éprouver que pitié pour l’infant. Le résultat, pour être historiquement informé, n’en devient pas moins romantiquement incorrect, faute de héros idéalisé, faute d’idylle contrariée. Pas d’amour possible ici, et le duo du dernier acte devient même une sorte de dialogue de sourds, où chacun chante dans sa bulle. Plus gênant, le comportement de Posa et d’Eboli devient difficile à justifier : d’un être visiblement inapte à régner, pourquoi vouloir faire le sauveur de la Flandre ? d’un personnage clairement écarté du trône et au physique aussi disgracieux, pourquoi la belle princesse rêverait-elle d’être aimée ?</p>
<p>Visuellement, cette volonté de retour aux faits se traduit par le choix de somptueux costumes d’époque, celui d’Elisabeth reproduisant le célèbre portrait par Pantoja de la Cruz, et Philippe II échappant au noir, avec notamment une superbe tenue jaune pour l’Autodafé ; à l’inverse, dans un louable souci d’anti-zeffirellisme, le décor opte pour un dépouillement extrême, puisqu’il se réduit à un vaste sol dallé, dont un carré s’ouvre pour former le tombeau de Charles-Quint, ou dont les coins arrières se redressent pour conférer un peu d’intimité au cabinet du roi. Malgré la volonté de laver <em>Don Carlos</em> plus blanc, tout le fond du décor est…noir, et la fidélité historique impose la présence de quelques hérétiques torse nu et coiffés du san-benito, la fumée de leur bûcher asphyxiant les courtisans à la fin de l’acte II. Quant à la partition, c’est la version italienne qui a été retenue, avec néanmoins quelques coupes et ajouts dans l’Autodafé et le tableau de la prison.</p>
<p class="rtecenter"><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="304" src="/sites/default/files/styles/large/public/don4.jpg?itok=SaujEdO-" width="468" /></p>
<p class="rtecenter" style="margin: 0cm 0cm 10pt"><font color="#000000" face="Calibri" size="3">© DR</font></p>
<p>En 1567, lorsqu’il aida le soulèvement des Pays-Bas, Carlos avait 22 ans et il devait mourir l’année suivante. <strong>José Bros</strong> n’a pas vraiment la silhouette d’un jeune homme à peine majeur, mais ce n’est en fait pas un problème dans la mesure où le personnage, criblé de névroses et de tics, n’a pas ici à séduire ; son timbre clair et sonore suffit à conférer jeunesse et ferveur à son Don Carlo. <strong>John Relyea</strong> est un Philippe II altier et à peine quadragénaire, et donc conforme à la réalité historique ; c’est aussi une vraie basse, habituée à incarner les figures maléfiques. Pour ce qui pourrait bien être une prise de rôle, il reste encore à creuser certains aspects du personnage, car l’intérêt du monarque pour l’art, souligné par la mise en scène, ne suffit pas tout à fait à le rendre plus humain et plus sympathique qu’à l’ordinaire. L’Elisabeth de <strong>Virginia Tola</strong> fait une entrée assez peu remarquable : on ne l’entend guère dans les ensembles, et ses adieux à la comtesse d’Aremberg passent inaperçus. A l’inverse, « Tu che le vanità » la montre parfaitement maîtresse de ses moyens vocaux et dramatiques, convaincante du grave à l’aigu. <strong>Ángel Ódena</strong> est un baryton très solide et sonore, même si la justesse semble parfois moins certaine. Scéniquement superbe, <strong>Ketevan Kemoklidze</strong> possède un beau timbre de mezzo, mais la diction pourrait parfois être plus claire. Même privé du premier acte (et de la scène de l’émeute dans la prison), le chœur de la Communauté de Madrid ne manque pas d’occasions de briller. A la tête de l’orchestre, le chef chilien <strong>Maximiano Valdés</strong> impose des tempos généralement rapides, y compris dans les moments les plus solennels.</p>
<p>Produit par les Teatros del Canal, de Madrid, le spectacle sera repris en février prochain dans la capitale, avec une distribution qu’on annonce 100% espagnole.</p>
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		<title>En juillet, Don Carlos sera à l&#8217;Escurial</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/en-juillet-don-carlos-sera-a-lescurial/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2015 17:11:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Franco Zeffirelli rêvait de le faire avec Leonard Bernstein, mais l’autorisation lui avait été refusée. Les 25, 27 et 29 juillet, Don Carlos sera donné à l’Escurial. Enfin, Don Carlo, plutôt, et pas exactement sous les voûtes de pierre des caveaux où Philippe II dort dans son manteau royal, mais à deux pas, au Teatro &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Franco Zeffirelli rêvait de le faire avec Leonard Bernstein, mais l’autorisation lui avait été refusée. Les 25, 27 et 29 juillet, <em>Don Carlos</em> sera donné à l’Escurial. Enfin, <em>Don Carlo</em>, plutôt, et pas exactement sous les voûtes de pierre des caveaux où Philippe II dort dans son manteau royal, mais à deux pas, au Teatro Auditorio de San Lorenzo de El Escorial, salle de 1200 places inaugurée en 2006. Le metteur en scène catalan <strong>Albert Boadella </strong>abordera pour la première fois le genre lyrique : il annonce son intention de revenir à la réalité historique, par-delà la « légende noire », mais sans changer ni le livret ni la partition (ouf). La distribution sera majoritairement hispanophone – José Bros en Carlo, Ángel Ódena en Posa, Virginia Tola en Elisabeth, Simón Orfila en moine – mais inclura aussi quelques prestigieux chanteurs non-ibériques : Ketevan Kemoklidze en Eboli et John Relyea en Philippe II. Max Valdés dirigera l’orchestre et le chœur de la Communauté de Madrid. Cette production sera ensuite présentée dans la capitale même, aux Teatros del Canal en février 2016. Mais en juillet, les spectateurs auront l&rsquo;avantage de pouvoir visiter l’Escurial juste avant la représentation, pour mieux s’imprégner du <em>genius loci</em>.</p>
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