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	<title>Andrei BONDARENKO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Andrei BONDARENKO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Palerme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/richard-wagner-tristan-und-isolde-palerme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Plutôt que de faire des adieux à domicile ou dans une des nombreuses institutions qui ont pavé sa carrière et l’ont décorée – Munich, Vienne, etc. – Nina Stemme donnait ses trois dernières Isolde scéniques à Palerme. Faire ses débuts et dire adieu, peut-être est-ce l’étrange paradoxe d’une artiste qui nous aura affirmé dans les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Plutôt que de faire des adieux à domicile ou dans une des nombreuses institutions qui ont pavé sa carrière et l’ont décorée – Munich, Vienne, etc. – <strong>Nina Stemme</strong> donnait ses trois dernières Isolde scéniques à Palerme. Faire ses débuts et dire adieu, peut-être est-ce l’étrange paradoxe d’une artiste qui nous aura affirmé dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/nina-stemme-je-peux-etre-coriace/">les deux interviews qu’elle nous a accordées</a>, son souhait d’aller de l’avant et de laisser<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/nina-stemme-quel-plaisir-detre-de-retour-a-lopera-de-paris/"> la place aux jeunes</a>. Trente ans au sommet de l’Everest du soprano dramatique, c’est déjà un piédestal dans le panthéon de l’Art Lyrique aux côtés des plus grandes. Pour Nina Stemme, c’est déjà bien assez. Il ne restait qu’une chose à démontrer : son humilité et son intégrité artistique. Une seule chose ? Non, à 61 ans passés – on l’écrit sans goujaterie et empli d’admiration – il n’y a toujours pas de relève à cette Isolde incandescente, amoureuse et qui se rit de toutes les chausse-trappes du rôle.<br />Délaisser ces grandes maisons et aller trouver un dernier refuge sur les rives de la mer tyrrhénienne permettait aussi au soprano suédois de sortir du système de répertoire où le temps de répétition est réduit au strict minimum, et trouver le confort d’une nouvelle production. Débuter et s’en aller. Pour l’occasion, le Teatro Massimo a fait appel à <strong>Daniele Menghini</strong>, étoile montante de la scène italienne. L’angle théâtre dans le théâtre, les chanteurs « en répétition », quelques provocations, les figurants nus, Romeo et Juliette à l’acte deux… on a un temps l’impression d’assister à un collage de toutes les idées – bonnes et moins bonnes – vues dans <em>Tristan und Isolde</em>. En résumé, des chanteurs arrivent dans un théâtre pour une répétition. On devine des tensions entre un homme et une femme. La répétition commence, les danseurs piaffent en attendant leur tour. Des costumes sont enfilés. Isolde revient en habits élisabéthains pour narrer la naissance de son amour et son humiliation par Tantris. Tristan parait enfin, en sosie d’Henry VIII. Le deuxième acte reproduit la scène du balcon de la tragédie shakespearienne, en un élégant parallèle. Marke, que l’on devine directeur du théâtre, est enamouré de l’actrice d’Isolde. Le troisième acte verra le mouvement inverse s’opérer, où les illusions théâtrales quitteront progressivement la scène. Rien de particulièrement novateur dans le parti pris, une esthétique très poétique notamment par le truchement de ce figurant nu ailé, deux ex-machina autant qu’ange inquiétant pour finir en incarnation de l’Amour ailé lorsqu’Isolde se réveille sur le corps de Tristan. Il faudra attendre la <em>Liebestod</em> pour que la proposition prenne tout son sens. Alors que résonnent les premières notes, il ne reste plus que Nina Stemme encore en costume. Une assistante arrive et l’aide à l’ôter. C’est sur le climax qu’elle se retrouve en civil, qu’elle franchit la passerelle au-dessus de l’orchestre sur le « höchste Lust » le plus tendre qu’elle ait jamais chanté, salue les musiciens, vient étreindre l’épaule du chef d’orchestre avant de s’en aller par où elle était entrée en scène quelques heures auparavant… ou peut-être il y a 30 ans. Daniele Menghini n’a pas mis en scène <em>Tristan und Isolde</em>. Il retrace le parcours de Nina Stemme dans toutes les propositions, jusqu’aux plus farfelues, qu’elle a pu incarner sur toutes les scènes du monde et lui offre la possibilité théâtrale <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-berlin-deutsche-oper-nina-stemme-stephen-gould-un-couple-entre-dans-la-legende/">de quitter cette deuxième peau</a> sur les planches, sublimation ultime du rôle de sa vie.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nina-Stemme-Isolde-Violeta-Urmana-Brangane-Tristan-und-Isolde-Teatro-Massimo-Palermo-©-rosellina-garbo-2024-_GRG1850-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164526" width="910" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption">© Rosellina Garbo</figcaption></figure>


<p>Cette soirée restera aussi dans les mémoires car rien ne fait défaut dans l’entourage de Nina Stemme. Les petits rôles excellents, <strong>Miljenko Turk</strong> dessine un Melot fielleux et sonore&nbsp;; <strong>Andrei Bondarenko</strong> a l’élégance de proposer un Kurwenal sans esbrouffe. Le Marke de <strong>Maxim Kuzmin-Karavaev</strong> s’avère racé à défaut d’être complètement incarné. Quelle élégante idée d’avoir convié <strong>Violeta Urmana</strong> – autre Isolde en son temps – pour incarner une Brangäne véritable nourrice prête à accompagner sa collègue dans « l’après ». Pour remplacer un Stephen Gould parti trop vite, c’est le Suédois <strong>Michael Weinius</strong> qui a été appelé. Il endosse le rôle avec une endurance à toute épreuve que quelques nasalités et notes métalliques ne viendront pas entacher. Le directeur musical du Massimo, <strong>Omer Meir Wellber,</strong> fouette un orchestre <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/parsifal-palerme-catherine-hunold-nouvelle-grande-kundry/">déjà remarqué dans Parsifal il y a quelques années</a>. C’est un sans-faute, dans une lecture rapide et tendue, à peine oublieuse de son plateau çà et là.</p>
<p>Jamais Nina Stemme n’a été aussi intense dans son interprétation, comme s’il avait fallu cet ultime hommage pour aboutir à cette interprétation historique, permise par un metteur en scène qui aura imaginé toute une illusion juste pour ce moment, ce soir-là. Dans le public, les gorges sont serrées par une émotion intense et exultent en <em>bravi</em> à peine la dernière note achevée.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/richard-wagner-tristan-und-isolde-palerme/">WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Palerme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Glyndebourne : le riche programme de l&#8217;édition 2023</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/glyndebourne-le-riche-programme-de-ledition-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2022 07:07:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle édition du Festival de Glyndebourne se tiendra du 19 mai au 27 août 2023.  Mariame Clément signera la nouvelle production de Don Giovanni dirigée par le jeune chef américain Evan Rogister. Andrey Zhilikhovsky et Andrei Bondarenko  alterneront dans le rôle-titre. Donna Anna sera interprétée par Venera Gimadieva et Donna Elvira par Ruzan Mantashyan. Oleksiy Palchykov sera &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle édition du Festival de Glyndebourne se tiendra du 19 mai au 27 août 2023. </p>
<p><strong>Mariame Clément </strong>signera la nouvelle production de <em>Don Giovann</em>i dirigée par le jeune chef américain <strong>Evan Rogister.</strong> <strong>Andrey Zhilikhovsky</strong> et<strong> Andrei Bondarenko</strong>  alterneront dans le rôle-titre. Donna Anna sera interprétée par <strong>Venera Gimadieva</strong> et Donna Elvira par <strong>Ruzan Mantashyan</strong>. <strong>Oleksiy Palchykov </strong>sera Don Ottavio. Issu de l&rsquo;Atelier Lyrique / Académie de l’Opéra national de Paris, le jeune (et déjà remarqué) <strong>Mikhail Timoshenko </strong>sera Leporello.</p>
<p>La création <em>in loco</em> de <em>Dialogues des Carmélites </em>risque d&rsquo;être un des must de la saison : elle sera signée par <strong>Barrie Kosky</strong> et dirigée par Robin Ticciati à la tête du London Philharmonic Orchestra. La distribution inclue <strong>Danielle de Niese</strong> en Blanche de la Force et <strong>Katarina Dalayman </strong>en Madame de Croissy. </p>
<p>Ticciati dirigera également une nouvelle reprise de la production de <strong style="font-size: 14px;">John Cox </strong>du <em style="font-size: 14px;">Rake&rsquo;s progress</em> (créée en 1075), avec le London Philharmonic Orchestra, <strong style="font-size: 14px;">Thomas Atkins</strong> (Tom Rakewell), <strong style="font-size: 14px;">Sam Carl</strong> (Nick Shadow) et <strong style="font-size: 14px;">Louise Alder</strong> (Ann Trulove). </p>
<p><em style="font-size: 14px;">L’Elisir</em> <em style="font-size: 14px;">d’amore</em> sera donné dans une reprise de la production d&rsquo;<strong style="font-size: 14px;">Annabel Arden</strong>, transposée dans les années 40. <strong style="font-size: 14px;">Liparit Avetisyan </strong>et <strong style="font-size: 14px;">Matteo Desole </strong>seront Nemorino en alternance, aux côtés de la Norina de<strong style="font-size: 14px;"> Nardus Williams</strong>. <strong style="font-size: 14px;">Biagio Pizzuti</strong> en Belcore et <strong style="font-size: 14px;">Renato Girolami </strong>en Dulcamara complètent la distribution. Le London Philharmonic Orchestra est placé sous la direction de<strong style="font-size: 14px;"> Ben Gernon</strong>.</p>
<p><em style="font-size: 14px;">Semele </em>connaitra aussi sa première scénique locale dans une mise en scène d&rsquo;<strong style="font-size: 14px;">Adele Thomas</strong>. <strong>Václav Luks </strong>dirigera l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightment et une distribution de jeunes chanteurs parmi lesquels<strong> Joélle Harvey </strong>(Semele), <strong>Jennifer Johnston</strong> (Juno), <strong>Stuart Jackson </strong>(Jupiter) et<strong> Samuel Mariño</strong> (Iris).</p>
<p>Enfin, Dalia Stasevska dirigera le  London Philharmonic Orchestra pour une reprise de la production de Peter Hall d&rsquo;<em>A Midsummer night&rsquo;s dream</em>. L&rsquo;opéra de Britten ser interprété par<strong> Liv Redpath</strong> et <strong>Soraya Mafi </strong>(Tytania en alternance), <strong>Samuel Dale Johnson</strong> (Demetrius), <strong>Rachael Wilson</strong> (Hermia) et<strong> Caspar Singh</strong> (Lysander).</p>
<p>Plus d&rsquo;informations sur <a target="_blank" href="https://www.glyndebourne.com/" rel="nofollow">www.glyndebourne.com</a></p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Rachmaninov : Songs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rachmaninov-songs-une-integrale-initiatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Schuwey]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2014 05:05:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De Rachmaninov, on connaît évidemment ses retentissants concertos pour piano, ses symphonies, et certains airs ou pièces isolées qui ont su – hasard du répertoire – se faire classiques, telle la célèbre « Vocalise ». En revanche, on oublie combien sa production de mélodies a été florissante jusqu’à son départ de Russie. Le label écossais Delphian nous &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	De Rachmaninov, on connaît évidemment ses retentissants concertos pour piano, ses symphonies, et certains airs ou pièces isolées qui ont su – hasard du répertoire – se faire classiques, telle la célèbre « Vocalise ». En revanche, on oublie combien sa production de mélodies a été florissante jusqu’à son départ de Russie. Le label écossais Delphian nous le rappelle en proposant le premier enregistrement intégral de ces chefs-d’œuvre. Cette première risque de faire référence un certain temps : loin de se contenter d’être exhaustifs, ces trois disques sont l&rsquo;objet d’un voyage initiatique envoutant au fil de l’une des plus belle production de mélodies du XXe siècle.</p>
<p>
	Des premières compositions de 1890 à celles de 1916, , de mélodies en mélodies, différénts interprètes semblent se passer le témoin au gré de leurs envies. Cette diversité de voix, qui fait ressembler cette intégrale à un opéra sans livret, constitue l’une de ses grandes forces puisqu’elle revitalise sans cesse l’écoute. On y entend ainsi deux sopranos différentes (<strong>Evelina Dobraceva, Ekaterina Siurina</strong>), une mezzo (<strong>Justina Gringyte</strong>), un ténor (<strong>Daniil Shtoda</strong>), deux barytons (<strong>Andrei Bondarenko</strong>, <strong>Rodion Pogossov</strong>) et une basse (<strong>Alexander Vinogradov</strong>) : autant d’artistes de haute tenue au service de la musique de Rachmaninov. Devant une telle cohérence, où c’est le tout qui fait l’œuvre, on hésite à détailler les qualités de chacun, tant elles semblent indissociables de celles des autres. On ne s’abstiendra pas toutefois de relever la voix dorée de <strong>Daniil Shtoda</strong> un ténor dans la plus belle tradition russe, ni de s’émerveiller de sa ligne vocale noble et imperturbable. <strong>Evelina Dobraceva</strong> est aussi convaincante dans les passages les plus tourmentés que dans les moments plus intérieurs, où la voix se fait presque parlée. <strong>Justina Gringyte </strong>surprend agréablement par un timbre de mezzo-soprano étonnant de fraîcheur et de légèreté. C’est pourtant le chant éblouissant, d’une distinction proprement royal de <strong>Ekaterina Siurina </strong>qui s’impose comme l’expérience la plus bouleversante du disque. <strong>Andrei Bondarenko </strong>joue des couleurs luxuriantes, presque débordantes de son instrument auquel répond, en contrepoint, la concentration sonore plus intérieure de <strong>Rodion Pogossov</strong>. Enfin <strong>Alexander Vinogradov </strong>allie des moyens substantiels à une autorité vocale incontestable.   </p>
<p>
	Mais le véritable maître de cette extraordinaire société, c’est le pianiste <strong>Iain Burnside</strong>. En osmose parfaite avec chacun des chanteurs, il se fait tantôt le chantre d’un Rachmaninov orchestral et débordant, tantôt, celui des couleurs délicates et chambristes des printemps russes, des cerises, du Petersbourg d’Anna Akhmatova. L’auditeur n’a plus qu’à fermer les yeux, et à se laisser couleur dans un tourbillon d’harmonies et de sensations, porté, guidé par les interprètes de cette intégrale inspirée, que l’on quitte avec une nostalgie toute slave. </p>
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		<item>
		<title>Le Nozze di Figaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/du-genie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Feb 2014 17:17:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Ce huit-centième enregistrement (au moins) des Noces de Figaro se prétend follement novateur et totalement original. Allons bon. Il suffit de nous dire cela pour qu’on l’écoute avec grande méfiance, voire un certain brin de malveillance. Car prétendre faire la leçon à Kleiber, Karajan, Böhm, Walter, Harnoncourt, Muti, Solti impose des preuves, et plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Ce huit-centième enregistrement (au moins) des <em>Noces de Figaro</em> se prétend follement novateur et totalement original. Allons bon. Il suffit de nous dire cela pour qu’on l’écoute avec grande méfiance, voire un certain brin de malveillance. Car prétendre faire la leçon à Kleiber, Karajan, Böhm, Walter, Harnoncourt, Muti, Solti impose des preuves, et plus vite que ça. Plus qu’on n’écoute, donc, on scrute, on examine, on carotte, on farfouille.</p>
<p>			Et, il faut bien le dire, à la quatorzième audition intégrale de cette nouvelle version, on n’est pas mécontent.</p>
<p>			On se doit même d’avouer une certaine satisfaction face au travail de <strong>Teodor Currentzis</strong> et de son équipe. On n’est pas bien loin de se déclarer conquis. Pour peu qu’on nous y pousse, on se permettra même de confesser un immense bonheur, une joie intense, des transports enthousiastes.</p>
<p>			Bref, en un mot comme en cent, ce type est un génie.</p>
<p>			Ne nous arrêtons pas à l’ouverture : il est presque impossible de la manquer. Disons qu’il la réussit mieux que 99% des chefs, car il y met une sorte d’élan dansant et sensuel irrésistibles. Mais bon, c’est trop facile. Passons à la suite. La suite, c’est … la même chose.</p>
<p>			Cette folle journée est une journée dingue. La tension y monte, y retombe, revient, nous étrangle, nous lâche, nous reprend. L’œuvre s’empare de nous comme une houle, comme un torrent qui nous propulse et nous rend avides de la suite, sans trêve, sans pause.</p>
<p>			Pourtant, Currentzis ne semble pas chercher la hâte : il cherche surtout un pouls. Et nous-mêmes devenons rythme, et parfois transe. Chaque finale est une fête sonore et dramatique. Les déflagrations s’intensifient – n’est-ce pas ce que voulait Mozart ? Mais la tendresse y est, elle est même tout à fait singulière, inouïe peut-être à ce point chez Mozart : car elle est dans la vibration du son – qu’ils soient instrumentaux ou vocaux. Rarement voire jamais aura-t-on entendu un tel raffinement, un tel modelé non des couleurs ou des timbres même, mais du vibrato. <strong>Simone Kermes </strong>est à cet égard exemplaire, avec un « Dove Sono » de sonore dentelle, mais le « Deh vieni » de<strong> Fanie Antonelou</strong> avec cet espèce de souffle sur la voix, volontaire, altérant légèrement le timbre, comme un halo, comme un frisson, est également admirable, comme l’est le pas cadencé du « Non più andrai ». Oui, ce qui vibre vit.</p>
<p>			On pourra certes s’agacer du goût du chef pour l’accentuation systématique sur les premiers temps, mais c’est ce caractère systématique justement qui fait comprendre comment le discours mozartien s’articule, se relance, se nourrit de lui-même, bondit et rebondit, et combien un même procédé, répété cent fois, produit toujours un effet de surprise et non de lassitude.</p>
<p>			A quoi bon détailler ce qui, par mille détails, fait un ensemble neuf ? Allez donc écouter, plongez et ne ressortez qu’une fois terminée l’expérience de cette course aux mille détours. Et vous me direz aussi si vous n’avez pas remarqué qu’une star est née : <strong>Andrei Bondarenko</strong>, tout simplement le meilleur Comte depuis, depuis… depuis très longtemps ! L’aisance, la jeunesse, la fièvre, la fibre mâle, la sensualité, le métal, la brutalité, et ce murmure renversant sur « Contessa perdono », tout est superlatif, mieux : définitif. Il ne sera pas Guglielmo dans le proche <em>Cosi</em>. J’ignore si Currentzis fera de lui son Don Giovanni – mais on ne peut qu’en rêver.</p>
<p>			Bref, une version pour le moins recommandable.</p>
<p>			 </p>
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