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	<title>Vittorio BORRELLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Vittorio BORRELLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Manon Lescaut — Turin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/manon-lescaut-turin-un-opera-de-chef/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Mar 2017 11:40:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La motivation du passionné d’art lyrique le conduit à l’occasion hors de ses pénates vers d’autres contrées. Excité par telle tête d’affiche, metteur en scène, chef d’orchestre (rayez la mention inutile), il choisit avec soin la date de son périple. Hasard de calendrier, c’est la deuxième distribution qui se produit ce samedi 18 mars au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La motivation du passionné d’art lyrique le conduit à l’occasion hors de ses pénates vers d’autres contrées. Excité par telle tête d’affiche, metteur en scène, chef d’orchestre (rayez la mention inutile), il choisit avec soin la date de son périple. Hasard de calendrier, c’est la deuxième distribution qui se produit ce samedi 18 mars au Teatro Regio de Turin, quand des échos enjoués des premiers interprètes bruissent encore. A l’évidence ni <strong>Svetlana Kasyan </strong>ni <strong>Carlo Ventre</strong> ne convainquent. Elle, trop légère pour un rôle dont le centre de gravité l’entraîne bien trop loin de ses facilités dans l’aigu, maintient la cohésion de ses registres de haute lutte. Seuls quelques piani filés viennent enluminer un chant qui reste prosaïque, concentrée qu’elle est à faire les notes. Lui, fruste dans la ligne et le phrasé qu’il émaille de portando, ne parvient à nuancer qu&rsquo;entre mezzo-forte et fortissimo. Là encore, rien de rédhibitoire mais tout cela manque de séduction, de passion… en un mot d’émotion. Les duo enfiévrés ressemblent à des récitations, l’urgence et l’impatience se résument à une question de tempo et la souffrance, l’agonie à une affaire de mimiques scéniques éculées.</p>
<p class="rtecenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="338" src="/sites/default/files/styles/large/public/manon_0156_i_atto.jpg?itok=gUYtyJ0Q" width="468" /></p>
<p>Faute de grives, l’on se rabat affamé sur les merles. Les comprimari tiennent leur rang, notamment  <strong>Fabrizio Beggi</strong> qui brosse un portrait à la fois noble et cauteleux de Géronte de Ravoir. <strong>Dalibor Jenis</strong> connait son Lescaut et le récite avec soin. Le chœur affiche une belle cohésion doublée d’une certaine aisance scénique. Un merle rare pourtant, dont les ailes battent gracieusement ou fouettent les airs selon les situations, transforme la soirée. Toutes ces nuances, la romance, la fièvre, la fuite, le désespoir qui manquent, l’orchestre les prend à son compte. <strong>Gianandrea Noseda </strong>s’appuie sur ses fondamentaux : des tempi vifs bien souvent, des contrastes et l’art de difracter son orchestre pour mettre en valeur simultanément plusieurs plans musicaux, ou des solos (mention pour la harpe, le hautbois et la flûte). C’est ainsi que Puccini retrouve ce qu’il doit à Wagner dans l’enchaînement ou la superposition de motifs. L’<em>italianità</em> des accélérations dans les finals et des suspensions de rythme (le prélude du troisième acte exige une concentration intense des musiciens pour suivre les points d’orgue) vient se marier parfaitement à cet ensemble.</p>
<p>La mise en scène enfin joue la carte du grandiose et de la fidélité. Il ne manque pas un bout au navire du port du Havre, pas un colifichet aux costumes et pas un lacet aux corsets. Si le cadre est visuellement flatteur, la direction d’acteur ne vient aucunement en aide aux protagonistes. Au final, cette débauche nuira au déroulé de la soirée. Ces décors sont lourds et exigent un entracte de vingt-cinq minutes à chaque tombée du rideau. Quatre actes et trois entractes donc : un hachage menu de la partition qui agace tout à fait le spectateur.  </p>
<p>	(<em>Nota bene : les photos d&rsquo;illustration ont été prises avec la première distribution</em>)</p>
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		<title>BELLINI, Norma — Turin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/norma-turin-lordre-apathique-des-palmes-academiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2015 08:09:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Académique » s&#8217;exclamait Maurice Salles à propos de cette production de Norma vue à Séville en février dernier mais créée à Turin en 2002. Nous lui empruntons le mot en élargissant son application au cadre musical de cette reprise motivée par le festival « the best of Italian Opera ». Académique, la direction de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Académique » s&rsquo;exclamait Maurice Salles à propos de cette production de <em>Norma</em> vue <a href="http://www.forumopera.com/norma-seville-confusion-des-valeurs">à Séville en février dernier</a> mais créée à Turin en 2002. Nous lui empruntons le mot en élargissant son application au cadre musical de cette reprise motivée par le festival « the best of Italian Opera ».</p>
<p>Académique, la direction de <strong>Roberto Abbado</strong> avec ses tempi majestueux et son flux discursif coulé dans un marbre inerte. L&rsquo;orchestre et le choeur du Teatro Regio se montrent comme les jours précédents à la hauteur d&rsquo;une partition dont ils connaissent les moindres contours. Il n&rsquo;est cependant pas de leur ressort de transformer le plomb en or.</p>
<p>Académique, l&rsquo;interprétation vocale, irréprochable et même admirable compte tenu de la difficulté de l&rsquo;écriture, mais figée dans un style d&rsquo;une autre époque, comme si plusieurs générations de chanteurs belcantistes n&rsquo;avaient pas renouvelé la manière d&rsquo;appréhender la musique romantique du premier <em>ottocento</em>. Ni variations, ni recherche d&rsquo;effets expressifs. Les notes rien que les notes dans leur implacable exigence, ce qui est déjà énorme mais s&rsquo;avère insuffisant pour donner vie au drame. Pollione gladiateur, invincible, tout de muscle et de projection (<strong>Roberto Aronica</strong>) ; Adalgisa superbe et abimée dans la contemplation d&rsquo;un chant égal et long (<strong>Veronica Simeoni</strong>) ; Oroveso en retrait – <strong>Riccardo Zanellato</strong>, attendrissant dans <em><a href="http://www.forumopera.com/la-boheme-turin-tout-est-bon-dans-la-tradition">La Bohème </a></em><a href="http://www.forumopera.com/la-boheme-turin-tout-est-bon-dans-la-tradition">trois jours auparavant</a>, s&rsquo;abrite derrière les chœurs au premier acte, peine à assumer ses responsabilités de père, de chef militaire et spirituel au second : dur, dur d&rsquo;être un héros – ;  Norma tendre comme une agnelle – <strong>Maria Agresta</strong> n&rsquo;a ni les crocs féroces, ni les griffes aiguisées. Son « Casta diva » éclairé d&rsquo;une lumière uniformément bleutée est un instant de poésie pure qu&rsquo;un « Ah! Bello a me ritorna » désarmé ne relève pas, tout comme plus tard un suraigu affuté ne parvient pas à éperonner ses interventions les plus dramatiques : « Oh, non tremare, o perfido »  bien peu menaçant, « Son miei figli » pâle comme du vin dilué dans l&rsquo;eau , « In mia man » dépourvu de ce petit frisson sadique qui donne la chair de poule, etc.</p>
<p class="rtecenter"><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="337" src="/sites/default/files/styles/large/public/norma_1048.jpg?itok=jBfRJ7Hi" title="© Teatro Regio Torino" width="468" /></p>
<p>Académique enfin, la mise en scène d’<strong>Alberto Fassini</strong>, reprise par <strong>Vittorio Borrelli</strong>. Non les costumes et les décors qu&rsquo;au contraire de Maurice Salles, nous n&rsquo;avons pas trouvé dérangeants – simple affaire de goût –, mais ainsi que le relevait justement notre confrère, la gestion du mouvement qui semble n&rsquo;avoir d&rsquo;autres intentions que la composition de jolis tableaux inanimés. Cette absence de direction théâtrale n&rsquo;aide assurément pas les chanteurs dans leur dure tâche d&rsquo;interprète. Espèrons que Maria Agresta et Riccardo Zanellato, attendus dans ces mêmes rôles en décembre prochain au Théâtre des Champs-Elysées, trouveront dans le travail de Stéphane Braunschweig et de Riccardo Frizza  – le metteur en scène et le directeur musical de la nouvelle production parisienne – davantage matière à se lâcher.</p>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Turin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-turin-retour-a-la-source/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2015 05:10:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qu&#8217;il s&#8217;agisse de La bohème le 9 juillet ou de cette reprise du Barbiere di Siviglia le lendemain – 2e volet du « best of Italian opera » proposé jusqu&#8217;au 26 juillet par le Teatro Regio – Vittorio Borelli, le metteur en scène, ne déroge pas d&#8217;une virgule à la lettre du livret, jusqu&#8217;à replacer &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de <a href="/la-boheme-turin-tout-est-bon-dans-la-tradition"><em>La bohème</em> le 9 juillet</a> ou de cette reprise du <em>Barbiere di Siviglia</em> le lendemain – 2e volet du « best of Italian opera » proposé jusqu&rsquo;au 26 juillet par le Teatro Regio – <strong>Vittorio Borelli</strong>, le metteur en scène, ne déroge pas d&rsquo;une virgule à la lettre du livret, jusqu&rsquo;à replacer l&rsquo;action dans son contexte d&rsquo;origine, à savoir l&rsquo;époque de Beaumarchais avec ses perruques poudrées et ses culottes de soie. La démarche pourrait être taxée de subversive si elle était calculée. Rien de tel ici, on s&rsquo;en doute. Que Figaro soit rappeur ou barbier a de toute façon peu importance, puisque le propos reste fidèle à l&rsquo;esprit de l&rsquo;œuvre. <strong>Antonio Sarasso</strong> en serviteur muet apporte par des mimes habilement dosés le grain de fantaisie nécessaire à la mécanique comique. Pour le reste, la mise en scène s&rsquo;en remet à Rossini et son librettiste. On ne saurait le lui reprocher. Le décor, composé de blocs pivotants montés sur roulette – façade de maisons sévillanes d’un côté, mur décoré de tableaux de l’autre – définissent l&rsquo;espace et permettent de passer par simple rotation de l&rsquo;extérieur à l&rsquo;intérieur de la demeure de Don Bartolo. Tout au long de la représentation, rires et applaudissements – parfois au milieu des récitatifs et même des airs – l&rsquo;attestent : on passe une bonne soirée. D&rsquo;autant que  la partition est proposée dans son intégralité, « Cessa di piu resistere » inclus, et que <strong>Giampaolo Bisanti</strong> mène l&rsquo;ensemble bon train, un peu trop vite à notre goût, notamment lors du finale du premier acte. Orchestre et chœur lui obéissent comme un seul homme et <strong>Giannandrea Agnoletto</strong>, le <em>maestro al piano forte</em> a autant d&rsquo;humour que de dextérité.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="346" src="/sites/default/files/styles/large/public/bds_1236.jpg?itok=9_Xmfksf" title="© Teatro Regio Torino" width="468" /></p>
<p>Côté chanteurs, aucun nuage ne vient troubler un ciel déjà serein, de <strong>Laviana Bini</strong>, bon pied bon œil quand Berta est trop souvent confiée à des chanteuses à bout de voix, à <strong>Antonino Siragusa</strong>, Almaviva malicieux au timbre certes particulier mais un des seuls aujourd&rsquo;hui à pouvoir assumer toutes les facettes du rôle : qu’elles soient virtuoses – « Cessa di piu resistere » donc, assuré crânement dans toutes ses circonvolutions – ou élégiaques – l&rsquo;usage de la voix mixte lors de la sérénade « se il mio nome saper voi bramate » qu&rsquo;il accompagne lui-même à la guitare, en véritable chanteur de charme. <strong>Roberto de Candia</strong> prête à Figaro la rondeur bonhomme de sa silhouette et le soutien de son baryton solide et véloce, dont seul l’aigu abusivement couvert freine la spontanéité. <strong>Nicola Ulivieri</strong> et <strong>Marco Filippo Romano </strong>forment un duo de malfaiteurs d&rsquo;une complémentarité réjouissante, le premier d&rsquo;une noirceur inquiétante dans un air de la calomnie aux effets savamment mesurés, venimeux, insidieux jusqu&rsquo;à un assourdissant « colpo di cannone » ; le second authentique basse bouffe avec tout ce que cela signifie de truculence, de sens du ridicule et de maîtrise du chant syllabique dans le redoutable « A un dottor della mia sorte ». Peu connue en France où elle n’a – sauf erreur de notre part – jamais été invitée à chanter, <strong>Chiara Amarù</strong> nous avait déjà tapé dans l&rsquo;oreille, à <a href="http://www.forumopera.com/festival-verdi-la-forza-del-destino-parme-echec-a-la-crise">Parme</a> dans le rôle pourtant dramatiquement ingrat de Preziosilla, et auparavant à <a href="http://www.forumopera.com/il-barbiere-di-siviglia-pesaro-sempey-et-sans-reproche">Pesaro</a>, en Rosina. Déjà elle proposait de la future Comtesse Almaviva un portrait accompli, tant dans l&rsquo;esprit – mutin – que dans la voix avec un mezzo-soprano charnu qui, par l&rsquo;égalité des registres et la variété des couleurs n&rsquo;est pas sans rappeler Teresa Berganza. De nouveau, nous voilà sous le charme de ce timbre original, difficile à définir, velouté, capiteux, enivrant qu&rsquo;une maîtrise accomplie du style rossinien – avec notamment des variations inédites dans sa fameuse cavatine – projette ce soir encore au premier plan.</p>
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		<title>PUCCINI, La Bohème — Turin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-boheme-turin-tout-est-bon-dans-la-tradition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2015 01:27:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Échaudés par le raffut autour de Guillaume Tell à Londres ? Agacés par ces metteurs en scène qui s&#8217;autorisent à détourner le propos d’une œuvre pour mieux asséner leurs vérités ? Excédés par les profanateurs de didascalies ? Courez à Turin ! L&#8217;exposition universelle de Milan a motivé du 9 au 26 juillet un festival &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Échaudés par le raffut autour de <em>Guillaume Tell </em>à Londres ? Agacés par ces metteurs en scène qui s&rsquo;autorisent à détourner le propos d’une œuvre pour mieux asséner leurs vérités ? Excédés par les profanateurs de didascalies ? Courez à Turin ! L&rsquo;exposition universelle de Milan a motivé du 9 au 26 juillet un festival intitulé « The best of Italian opera » – en anglais dans le titre pour attirer un public le plus international possible. On y reprend <em>La bohème</em> mise en scène par <strong>Vittorio Borrelli</strong>, d&rsquo;une fidélité quasi zeffirellienne au livret : mansarde, Café Momus, Barrière d&rsquo;Enfer fidèlement représentés et habilement enchaînés au moyen d&rsquo;une tournette dans un parti pris esthétique inspiré par Poulbot auquel il est permis de ne pas adhérer. Tout aride qu’il puisse parfois paraitre, le dépouillement conceptuel a pour vertu de reposer l&rsquo;œil. La gestion du mouvement obéit à la même règle scrupuleuse, soucieuse de conformer chaque geste à la situation décrite littéralement et musicalement. C&rsquo;est alors <em>La bohème</em>, traditionnelle, éternelle, qui se rejoue devant un public conforté dans ses habitudes et, à en juger par l&rsquo;enthousiasme final, ravi de l&rsquo;être.</p>
<p>A moins de trente ans, <strong>Andrea Battistoni</strong> est encore un gamin. Sa direction n&rsquo;en expose pas moins une maturité, réjouissante par la précision et l&rsquo;exaltation de sonorités à la magie préservée. Faut-il rappeler que l&rsquo;œuvre vit le jour il y a plus d&rsquo;un siècle dans ce même théâtre – détruit par un incendie et reconstruit depuis ? Chœurs et orchestre semblent s&rsquo;en souvenir tant la musique s&rsquo;écoule naturelle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="390" src="/sites/default/files/styles/large/public/boheme_0239.jpg?itok=WS0B3dmn" title="© Teatro Regio Torino" width="468" /></p>
<p>Les chanteurs ont passé l&rsquo;âge de perdre leurs illusions mais possèdent suffisamment de métier pour rejouer une histoire qu&rsquo;ils connaissent par cœur. <strong>Riccardo Zanellato</strong> est ce Colline à la voix enveloppante dont le vieux manteau, salué tendrement, continue de faire couler une larme. <strong>Maria Teresa Leva</strong> chante encore Musetta sans l&rsquo;ombre d&rsquo;une difficulté quand son soprano ample et généreux évoque à présent Mimi – qu’elle devrait d’ailleurs interpréter à Cremone en octobre, en attendant Violetta l’année prochaine à Liège. <strong>Markus Werba</strong> interprète un Marcello juvénile, trop presque dans ce contexte. Rodolfo ne correspond plus exactement à la voix de <strong>Stefano Secco</strong> depuis que le ténor a alourdi son répertoire. Le timbre s&rsquo;est durci, l&rsquo;aigu atteint ses limites et les nuances se font rares mais la sincérité demeure. Surtout, <strong>Barbara Frittoli</strong> en remontre à tous ceux qui seraient tentés d&rsquo;ironiser sur une Mimi plus expérimentée que ne le veut l’histoire. Le vibrato est maîtrisé, les couleurs automnales participent à l&rsquo;interprétation et la richesse des inflexions – le soin porté à chaque mot, la juste utilisation du volume et des appuis – prouve que la soprano fait désormais partie du petit clan de celles dont chaque intervention se transforme en leçon de chant.</p>
<p>Expérience et tradition : les deux mamelles de l&rsquo;opéra d’un autre temps ? Pourtant, le public en ce soir d&rsquo;ouverture du festival est beaucoup plus jeune que la veille à Orange et l&rsquo;avant-veille à Aix. Voilà qui apportera de l&rsquo;eau au moulin des contempteurs de la modernité scénique, sans nous convaincre cependant de rallier leur camp.</p>
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