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	<title>Michelle BRADLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Michelle BRADLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Aida — Nancy</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Sep 2018 15:44:10 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Aida</em> opéra intimiste sur lequel ont été plaqués quelques scènes de foule, <em>Aida</em> triangle amoureux qui se passe fort bien de palmiers, de chameaux et d’éléphants : la chose n’est pas nouvelle. Que <strong>Staffan Valdemar Holm</strong> pense avoir inventé la roue en proposant de dépouiller <em>Aida</em> de ses oripeaux zeffirelliens, soit. Ce qu’on lui pardonne plus difficilement, c’est d’avoir par la même occasion privé l’œuvre d’une grande partie de son sens, et surtout d’avoir réglé un spectacle terriblement plat. Qu’importe que l’intrigue se déroule dans l’Egypte ancienne ou dans celle des années 1960 (à en juger d’après les robes et les coiffures des dames de la cour). Le problème, c’est qu’il ne se passe à peu près rien dans cette Egypte-là. Les personnages passent la plupart du temps assis ou plantés à l’avant-scène, le pire étant le fameux moment du Triomphe, où la production cherche désespérément à meubler, faute de danseurs ou de figurants : les membres du chœur – en costume-cravate sombre ou en robe blanche d’imam pour les messieurs, en uniforme de femme de chambre ou en robe du soir pour les dames – vont et viennent à travers la scène, et leurs déplacements paraissent particulièrement longs et vains, même quand une danseuse vient se planter dans un coin pour s’y agiter toute seule. Dans ce décor constitué d’une dizaine de colonnes colossales, le tombeau est finalement représenté par une chaise d’écolier où s’assied Radamès ; quelques instants après, Aïda arrive, tenant sa propre chaise, ayant troqué sa robe de servante contre un boubou imprimé, puis c’est Amneris qui vient s’asseoir à côté d’eux, également munie de sa chaise.</p>
<p>Musicalement, les choses commencent plutôt très bien, grâce au travail de <strong>Giuliano Carella</strong> dans la fosse. Sous sa baguette experte et soucieuse du détail, Verdi respire sans peine dans la salle de l’Opéra de Lorraine, aux dimensions bien plus modestes que les stades et autres arènes où l’on a pris l’habitude de voir relégué <em>Aida</em>. L’orchestre symphonique et lyrique de Nancy se montre habile à respecter une partition bien moins clinquante qu’on ne le croit. La réunion des chœurs de Nancy et de Metz s’opère sans heurts, et la masse vocale ainsi obtenue impressionne favorablement.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/aida4_1.jpg?itok=relxLdMv" title="© C2images pour Opéra nationa de Lorraine " width="468" /><br />
	© C2images pour Opéra nationa de Lorraine </p>
<p>Parmi les solistes, tous ne procurent pas un égal bonheur. <strong>Michelle Bradley</strong> maîtrise les notes extrêmes du rôle-titre, ce qui est déjà beaucoup, mais cela ne suffit pas tout à fait, dans la mesure où sa prestation peine à susciter l’émotion qui devrait constamment affleurer dans son discours ; l’aigu est atteint mais n’est pas très séduisant, et le texte s’y réduit à des voyelles, tandis qu’on déplore une certaine uniformité de couleurs dans le reste de la tessiture. Tout le contraire d’<strong>Enkelejda Shkosa</strong>, Amneris totalement investie et éloquente, d’une <em>italianità</em> totale, d’un volume sonore puissant, tant dans des graves appuyés juste ce qu’il faut que dans des aigus glorieux. La grande-prêtresse de <strong>Jennifer Michel</strong> déçoit par les notes trémulantes qu’elle émet dans l’hymne à Ptah, comme si la voix de cette jeune artiste était prématurément fatiguée. Bien que l’acteur soit souvent un peu raide, <strong>Gianluca Terranova</strong> ne manque pas d’atouts, même si « Celeste Aida » sent l’effort et se conclut sur un si bémol qui n’essaye même pas de se risquer du côté du diminuendo. L’Amonasro de <strong>Lucian Petrean</strong> étonne par un manque certain d’expressivité ; paradoxalement, sa voix prend des accents de « méchant » alors qu’il devrait être en train d’enjôler sa fille en lui dépeignant les forêts embaumées de son pays natal. Rien de tel chez <strong>Jean Teitgen</strong>, superbe Ramfis à la voix pleine d’autorité. Le roi d’<strong>Alejandro López</strong> s’acquitte correctement du peu qu’il a à chanter.</p>
<p>Pourquoi diable l’Opéra de Lorraine est-il allé chercher ce spectacle créé à Malmö en 2015 ? Un metteur en scène français aurait certainement pu rater aussi bien une nouvelle production.</p>
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		<title>Festival international des Académies lyriques, Metropolitan Opera de New York — Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/festival-international-des-academies-lyriques-metropolitan-opera-de-new-york-paris-chatelet-la/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jan 2017 16:54:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque artiste est unique. Sabine Devieilhe, si exceptionnelle soit-elle, n’effacera pas le souvenir de Natalie Dessay tout comme l’histoire démontra il y a une cinquantaine qu’Elena Soulioutis n’était pas la nouvelle Callas. C’est pourtant Jessye Norman que rappelle étrangement Michelle Bradley, invitée mardi soir dernier par le Théâtre du Châtelet à participer à la première &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p>Chaque artiste est unique. Sabine Devieilhe, si exceptionnelle soit-elle, n’effacera pas le souvenir de Natalie Dessay tout comme l’histoire démontra il y a une cinquantaine qu’Elena Soulioutis n’était pas la nouvelle Callas. C’est pourtant Jessye Norman que rappelle étrangement <strong>Michelle Bradley</strong>,<strong> </strong>invitée mardi soir dernier par le Théâtre du Châtelet à participer à <a href="http://www.forumopera.com/breve/les-grands-chanteurs-de-demain-au-chatelet" target="_blank" rel="noopener">la première (et dernière ?) édition du Festival international des Académies Lyriques</a>.</p>
<p>Même physique, même profil, même sourire sybarite, même coiffure à l’antique, même vocalité généreuse, même velours pourpre et même sentiment de plénitude enivrante procuré par l’écoute d’un chant radieux. Originaire du Texas, Michelle Bradley a rejoint il y a deux ans The Lindemann Young Artist Development Program, un centre de formation artistique créée à New York en 1980 par James Levine, alors directeur du Metropolitan Opera, qui vise à accompagner les premiers pas de celles et ceux que dans le monde des affaires on appelle les « hauts potentiels ». Durant le cycle d’apprentissage, les jeunes chanteurs sont autorisés à assister aux répétitions des opéras représentés sur la première scène new yorkaise. L’opportunité leur est aussi offerte de se frotter aux planches, comme doublure ou dans des seconds rôles. C’est ainsi que Michelle Bradley fera ses débuts au Met cette saison en Grande Prêtresse dans <em>Aida </em>et en femme crétoise dans<em> Idomeneo</em>. Un tel programme porte ses fruits si l’on en croit YouTube où quelques vidéos datées d&rsquo;un ou deux ans offrent de la jeune soprano une image vocale qui n’est que le pâle reflet de son chant aujourd’hui.</p>
<p>Non « D’amor sull’ali rosee », drapé dans une étoffe somptueuse que l’on voudrait davantage ouvragée – le trille insuffisamment marqué, l’attaque encore lourde, le trait simple – mais des Lieder de Straus éblouissants , dont la triomphale « Cäcilie », extirpés de leur salon rococo et projetés puissamment d’une voix voluptueuse comme s’il s’agissait d’airs d’opéra. L’on entrevoit La Maréchale que Michelle Bradley compte à son répertoire et plus encore Ariane que l’on rêverait d’entendre sur scène chantée ainsi. « Depuis le jour » démontre que, contrairement à l’impression laissée par l’air du <em>Trouvère</em>, la chanteuse sait filer les sons et alléger l’émission tandis que « Mercè, dilette amiche » évoque non plus Norman mais Cerquetti, dévoilant un grave luxurieux et rappelant dans un flot de vocalises ciselées avec précision qu’opulence et agilité ne sont pas antinomiques. Les <em>spirituals</em>, dont le premier chanté a capella, auraient pu être anecdotiques. La soprano les replace en quelques mots dans un contexte culturel et personnel. Enseignés par ses parents, les chants religieux des esclaves noirs lui donnent aujourd’hui du courage. Et du courage, on sait combien il en faut pour envisager une carrière lyrique. Michelle Bradley a déjà franchi pas mal d’étapes. Si elle continue sur cette trajectoire, elle ira loin.</p>
<p>Inévitablement, l’autre chanteuse de la soirée, elle aussi issue du Lindemann Young Artist Development Program, pâtit de la confrontation avec sa partenaire. Diplomée de l’Université de Montréal, récompensée déjà par plusieurs prix, <strong>Rihab Chaieb</strong> est une mezzo-soprano dotée d&rsquo;un timbre duveteux, d&rsquo;une voix longue, égale et d&rsquo;un certain courage si l’on en juge à son regard volontaire et à son programme. Attaquer par <em>Banalités</em>, cinq mélodies à l’humeur capricieuse composée par Francis Poulenc en 1940, relève de l’inconscience lorsqu’on ne maîtrise ni la prononciation de la langue française, ni l’esprit de cette musique. « Una voce poco fa » n’est pas non plus sans risque et de fait, l’interprétation de la cavatine de Rosine expose moins les forces que les faiblesses d’un chant qui, à trop jouer avec le feu, frôle l’accident. Est-ce une question de langue ? Lizst et Schubert s&rsquo;épanchent avec plus de naturel. C’est cependant lorsque la voix de la mezzo se mêle à celle de la soprano, qu’on l’apprécie davantage. Les deux timbres ont des couleurs complémentaires, dans le duo entre Poppée et Néron extrait de <em>L’incoronazione di Poppea</em>, dans une poignée de Lieder en début de deuxième partie, ou en bis, dans une inévitable barcarolle des <em>Contes d’Hoffmann</em>, joliment balancée par <strong>Valeriya Polunina</strong>, pianiste complice de l&rsquo;une et l&rsquo;autre des deux chanteuses tout au long de la soirée. </p>
<p>Prochain rendez-vous du Festival international des Académies lyriques le mercredi 25 janvier avec des jeunes voix russes cette fois, en provenance du Young Artists Opera Program du Bolchoï.</p>
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