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	<title>John BRANCY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 30 Apr 2026 21:42:20 +0000</lastBuildDate>
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	<title>John BRANCY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Les Noces de Figaro – Strasbourg</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la prise de risque dans la programmation d’opéras rares tels que Le Miracle d’Héliane et le Roi d’Ys, remarquables et de très haute qualité, qui ont tout de même trouvé leur public grâce notamment au bouche-à-oreille, on ne s’étonnera pas de voir à l’Opéra national du Rhin un classique du répertoire avec des Noces &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la prise de risque dans la programmation d’opéras rares tels que <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/korngold-le-miracle-dheliane-strasbourg/">Le Miracle d’Héliane</a></em> et le <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lalo-le-roi-dys-strasbourg/">Roi d’Ys</a></em>, remarquables et de très haute qualité, qui ont tout de même trouvé leur public grâce notamment au bouche-à-oreille, on ne s’étonnera pas de voir à l’Opéra national du Rhin un classique du répertoire avec des <em>Noces de Figaro</em> qui affichent complet sans qu’il soit besoin de quelque tam-tam que ce soit. Pour rendre l’œuvre encore plus affriolante et proche d’un public juvénile (30 % des spectateurs ont moins de 28 ans à l’OnR), le directeur <strong>Alain Perroux</strong> a fait le choix de la jeunesse, tant dans la sélection des interprètes que de celui de la metteuse en scène et de la cheffe. Et cela se ressent fortement dans un spectacle qui pétille et fourmille d’idées mettant en valeur la création de Mozart et Da Ponte.</p>
<p>La Britannique <strong>Mathilda du Tillieul McNicol</strong> réussit une mise en scène pertinente et clairement lisible avec le parti pris de contemporanéiser le propos, tout en s’inspirant d’hommes de pouvoir actuels et de leur transposition cinématographique. Elle revendique des influences comme celles de Paolo Sorrentino (<em>Loro</em> ou <em>La Grande Bellezza</em>) ou de Ruben Östlund (<em>Sans filtre</em>), mais on peut également y voir toutes sortes de références iconiques telles la salle rouge de David Lynch dans <em>Twin Peaks</em> ou le mobilier de type Ikea amélioré dans les séries de tout bord. Cela dit, la satire reste plutôt lisse, gentille et visible par tous les publics, même si les allusions sont bien plus agressives si l’on pense aux modèles choisis : critique des rapports de classe, de la cruauté mentale, de la violence domestique ordinaire ou du « renversement des rapports de force lorsque l’ordre établi vacille », pour citer un passage de l’excellent programme édité par la maison, très éclairant sur les choix de l’équipe de création. On apprend ainsi que le tableau de Nikoleta Sekulovic suspendu dans la chambre de la comtesse représente <em>Gorgo</em>, reine de Sparte, l’une des rares souveraines de l’Antiquité ayant eu une importance politique capitale du fait de sa très vive intelligence. Par ailleurs, la chanson de Nina Simone entendue juste avant l’air de Barberine, « L’ho perduta », est un hymne féministe et une ode à l’émancipation et la fierté de soi dont on retrace la genèse dans la publication déjà citée. Le personnage de Barberine est volontairement étoffé et incarne la jeunesse confrontée au passage dans le monde adulte, notamment à travers une liaison affichée de la jeune adolescente sous l’emprise du comte, liaison présentée dès le début de l’opéra, ce qui fait largement sens. De façon générale, la mise en scène est efficace, fluide et jouissive. Le fait que Mathilda du Tillieul McNicol soit également musicienne et compositrice n’y est sans doute pas étranger. Le décor malin de <strong>Basia Bińkowska</strong> est judicieusement utilisé pour rendre plausibles les quiproquos situationnels de l’intrigue, y compris dans la scène finale du jardin pas facile à gérer (ici grâce à la table du repas de noce riche de sous-entendus possibles). Tout cela est vif, alerte et dynamique et la responsable des mouvements <strong>Sacha Plaige</strong> y est pour beaucoup, notamment dans une mémorable scène où la foule danse au ralenti.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSF2965presse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212718"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Du côté du plateau vocal, on note, en ce soir de première, une nette domination des femmes. On apprend avant le lever de rideau qu’un méchant virus a circulé au cours des répétitions et a touché un peu tout le monde. <strong>Alexander Vassiliev</strong>, l’interprète de Bartolo, est souffrant, mais chante malgré tout. La prestation scénique est parfaite, mais les moyens vocaux sont limités. Si les seconds rôles masculins sont impeccables, les deux personnages principaux nous laissent sur notre faim. <strong>Lysandre Châlon</strong> est un Figaro mieux que convaincant pour la performance théâtrale, mais qui manque de caractère dans le médium comme dans les graves. Sans doute va-t-il s’affirmer dans les jours qui viennent. Comme en écho, <strong>John Brancy</strong> est lui aussi en deçà de ce qu’on pourrait attendre d’un Comte Almaviva dans la force de l’âge et de l’autorité. Certes, la mise en scène le montre acculé, pressé et mis à mal de toutes parts. Là encore, l’acteur est magnifique. Mais la voix peine à passer la rampe, ce qui est surprenant, surtout si l’on compare à ce que le baryton américain avait déployé dans le mémorable <em>Picture a Day like This </em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/benjamin-picture-a-day-like-this-strasbourg/">ici même</a>. Stress de la première ou suites des atteintes du virus déjà mentionné ? Il serait utile de voir les prochaines représentations pour se rendre compte. Du côté du plateau féminin, en revanche, pas de problèmes apparents. <strong>Camille Chopin</strong> est une Susanne tout en malice, perspicacité et sens de l’à-propos parfaitement en phase avec son personnage. L’émission est claire, la voix bien timbrée, agile et radieuse. <strong>Juliette Mey</strong> est un Cherubino délicieux, mélancolique et nostalgique, quoique décidé et avec des relents d’impertinence, polisson adorable en somme. Technique et musicalité sont au service de ce personnage amoureux de l’amour qu’incarne la jeune mezzo, qui avait séduit <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-chemins-de-lamour-juliette-mey-le-palais-royal-paris/">Christophe Rizoud</a> il n’y a pas si longtemps… En épouse blessée, trompée et décidée à ne pas se laisser faire sans opposer une farouche résistance, <strong>Andreea Soare</strong> est une comtesse noble et digne, aux moyens vocaux très amples, qui la font dominer très nettement la distribution. Remarquée récemment dans le <em>Don Giovanni </em>d’Agnès Jaoui à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-toulouse/">Toulouse</a>, elle confirme ses qualités de mozartienne accomplie. Dans le rôle très important, dans cette mise en scène, de Barberine, <strong>Jessica Hopkins</strong> est admirable. La jeune membre de l’Opéra Studio qu’on a déjà appréciée cette saison dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jones-schmidt-les-fantasticks-strasbourg/">Les Fantasticks</a> </em>et <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-les-mamelles-de-tiresias-mulhouse/">Les Mamelles de Tirésias</a></em> tire son épingle du jeu et se révèle décidément plus que prometteuse. Les autres chanteurs, tout comme les artistes des Chœurs, complètent harmonieusement la distribution.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Les-noces-de-Figaro-GP-7669presse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212705"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>À la tête de l’<strong>Orchestre national de Mulhouse</strong>, <strong>Corinna Niemeyer</strong> semble ne pas être en phase avec la formation, pourtant généralement à l’aise avec le répertoire mozartien. On note quelques décalages, mais dans l’ensemble, la sauce prend et le spectacle se laisse voir avec plaisir, les qualités l’emportant largement sur les défauts. Si l’on pouvait en douter, la réaction d’un public enthousiaste qui ovationne avec conviction la production achèverait de s’en persuader.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES NOCES DE FIGARO | Bande-annonce" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/cpql5ZdnTEQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES NOCES DE FIGARO | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/F5KWT1mRN2c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>BENJAMIN, Picture a Day Like This – Paris (Opéra comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/benjamin-picture-a-day-like-this-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2024 08:18:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le dernier opus de George Benjamin poursuit sa marche triomphale initiée au festival d’Aix en Provence en 2023, poursuivie à Londres puis Strasbourg le mois dernier et qui conquiert aujourd’hui Paris dans les murs de l’Opéra Comique. Deux fois déjà donc, nous avons salué l’économie remarquable de cette œuvre lyrique. En tout premier lieu, un &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le dernier opus de <strong>George Benjamin</strong> poursuit sa marche triomphale initiée au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/benjamin-picture-a-day-like-this-aix-en-provence/">festival d’Aix en Provence en 2023</a>, poursuivie à Londres <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/benjamin-picture-a-day-like-this-strasbourg/">puis Strasbourg</a> le mois dernier et qui conquiert aujourd’hui Paris dans les murs de l’Opéra Comique.</p>
<p>Deux fois déjà donc, nous avons salué l’économie remarquable de cette œuvre lyrique. En tout premier lieu, un livret tout à fait opératique où la concision n’a d’égale que sa poétique simple et sa capacité à faire avancer inéluctablement les scènes en répétant le même procédé. <strong>Martin Crimp</strong> créé de fait une connivence avec l’auditeur qui attend le « mais », ce moment où l’espoir de Woman sera déçu par l’aveu de faiblesse de ceux sur qui elle compte. Le final de l’œuvre reste ainsi irrésolu : il n&rsquo;a pas trouvé la sortie de cette boucle éternelle où l’espoir se fracasse nécessairement sur le réel et/ou même l’imaginaire (le jardin de Zabelle) n’est qu’une échappatoire temporaire. Chaque scène est l’occasion d’une gradation parfaite dans la tension, ressort dramatique redoutable qui rive le spectateur à la scène.</p>
<p>George Benjamin n’a qu’à suivre les linéaments subtils de cette écriture millimétrée : des tons clairs et des aplats lumineux pour les premières parties de dialogue, quand Woman espère encore que les personnages de sa liste pourront l’aider à faire advenir le miracle : la résurrection de son fils. Une note aux cuivres, parfois un accord brusque marque la rupture vers une écriture musicale plus tourmentée, au cordeau de la scène qui déraille et de notre héroïne qui cherche tant bien que mal à se départir de sa rencontre inutile : un amant insistant, un artisan usé et suicidaire, une compositrice égocentrique, un collectionneur névrosé… Seule la scène avec Zabelle inverse ce rapport et Woman devient la suppliante finale, ce qui permet au compositeur de donner une des clés de l’œuvre : l’étrange jardin est un miroir fantasmé. Les transitions orchestrales trouvent cette fois des saveurs vénéneuses qui rappellent certaines partitions du début du siècle dernier. Enfin, les deux monologues de Woman jouissent d’une écriture aussi excellente que difficile. George Benjamin opère lui-même dans la fosse où il tire le meilleur de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, rutilant de couleurs et de tons.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="692" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2-Picture-a-day-like-this-DR-S.-Brion-1024x692.png" alt="" class="wp-image-175449"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© S. Brion</sup></figcaption></figure>


<p>Les représentations parisiennes retrouvent la distribution de la création à Aix-en-Provence. Les rôles semblent définitivement taillés sur mesure pour chacun des interprètes. <strong>Beate Mordal</strong> dispose des deux extrêmes nécessaires pour incarner l’amante extatique puis furieuse, avant de donner à entendre la compositrice désabusée. La voix est claire et le registre supérieur de la tessiture d’une solidité à toute épreuve. <strong>Cameron Shahbazi</strong> lui donne la réplique dans les deux scènes et trouvent lui aussi deux opposés tout à propos : une sensualité sirupeuse en amant gourmand et une rigidité rythmique en assistant déshumanisé. J<strong>ohn Brancy</strong> se voit confier la dure tâche de faire vivre deux rôles différents mais dont le ressort dramatique et vocal reste le même : passer de la joie à l’angoisse existentielle. Il y parvient en donnant des accents violents à son artisan et des notes plus désespérée au collectionneur. On l’imagine sans mal inverser son interprétation, le texte le lui permettrait. Zabelle est un rôle court et <strong>Anna Prohaska</strong> fait un sort à chaque note, avalant sans mal le vaste ambitus exigé. Le timbre conserve un duvet mordoré à la séduction immédiate. Il est surtout le reflet requis aux sucs un rien acidulés de <strong>Marianne Crebassa</strong>. La mezzo-soprano épouse totalement une écriture vocale taillée sur mesure. La voix conserve sa rondeur et sa chaleur une heure durant cependant. Le jeu simple et l&rsquo;interprétation sans affect inutile émeuvent de plus en plus à chaque étape, jusqu’à une scène finale déchirante.</p>
<p>Servis par un tel entourage, la tâche aurait pu être simple pour <strong>Daniel Jeanneteau</strong> et <strong>Marie-Christine Soma</strong>. Encore fallait-il faire de cette boucle constituée de quatre rencontres répétitives et du même point de rupture (ce « mais » où le bonheur déraille), une réussite visuelle. C’est chose faite avec un dispositif efficace et des marqueurs scéniques simples : le tapis roulant, symbole de la course à la gloire effrénée de la compositrice qui s’arrête quand Woman lui affirme qu’elle doit être si heureuse. L’incroyable et toxique jardin de Zabelle, qui inverse les points cardinaux de la scène, donne lui aussi à sa façon &nbsp;les clés d’interprétation d’un opéra certainement promis à des reprises.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/benjamin-picture-a-day-like-this-paris-opera-comique/">BENJAMIN, Picture a Day Like This – Paris (Opéra comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>BENJAMIN, Picture a Day like this – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/benjamin-picture-a-day-like-this-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Sep 2024 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne peut que se réjouir de voir enfin une œuvre de George Benjamin à l’Opéra national du Rhin et s’enorgueillir de ce que l’opéra en question soit précisément une commande de l’institution alsacienne, en co-commande avec d’autres maisons de premier plan (le Festival d’Aix, Covent Garden, l’Opéra-Comique, Luxembourg, Cologne et le San Carlo de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On ne peut que se réjouir de voir enfin une œuvre de <strong>George Benjamin</strong> à l’Opéra national du Rhin et s’enorgueillir de ce que l’opéra en question soit précisément une commande de l’institution alsacienne, en co-commande avec d’autres maisons de premier plan (le Festival d’Aix, Covent Garden, l’Opéra-Comique, Luxembourg, Cologne et le San Carlo de Naples, dans une réjouissante coopération européenne…). Le compositeur britannique est l’un des plus importants de ce siècle (on pense notamment à son sublime <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/sur-les-ailes-dun-desir-ecorche-vif/"><em>Written on Skin</em></a>) et son travail pour l’opéra ne peut être dissocié de celui de son librettiste, <strong>Martin Crimp</strong>. La création mondiale de notre œuvre a eu lieu en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/benjamin-picture-a-day-like-this-aix-en-provence/">juillet 2023 à Aix</a> et nous retrouvons ici la même équipe, à quelques différences près, les deux rôles principaux féminins ayant changé.</p>
<p>L’histoire racontée dans <em>Picture a Day like this</em> est inspirée de plusieurs récits qu’on peut lire dans le programme édité par la maison strasbourgeoise (on ne se lasse pas de dire du bien de ces catalogues au format poche, passionnants et instructifs de bout en bout). Les grands lecteurs que sont George Benjamin et Martin Crimp se sont donc inspirés de légendes et histoires dont la réflexion et la quête du bonheur sont au centre de thématiques où l’on lorgne également du côté du conte de fées ou du récit initiatique, le tout adapté à notre monde contemporain. Une Femme vient de perdre son enfant et la douleur est incommensurable. On lui propose de partir à la quête d’une personne véritablement heureuse et de se procurer un bouton de sa manche, afin qu’un miracle puisse se produire et l’enfant éventuellement revenir à la vie. En sept scènes, la Femme rencontrera diverses personnes dont le bonheur n’est qu’apparent (deux Amants, une Compositrice et son Assistant, un Artisan et un Collectionneur) avant de croiser Zabelle, sorte de miroir inversé de la Femme, qui l’aidera (peut-être ?) à vivre son deuil ou à exercer le miracle, bouton en main, dans une fin cependant très ouverte. Il faut saluer le texte précis, subtil et infiniment riche de possibles de Martin Crimp, jusque dans son titre, <em>Picture a Day like this </em>(imaginez, figurez ou encore dépeignez un jour comme celui-ci). Chaque mot, chaque phrase de cet opéra dense et court (un peu plus d’une heure à peine) font sens et s’instillent dans l’imaginaire de l’auditeur, soulignés avec virtuosité et savoir-faire par le compositeur, dont chaque note accompagne la parole chantée en parfaite harmonie (ou intéressantes dissonances). Texte, chant et musique s’équilibrent ainsi à la perfection, plongeant le public dans les affres vécues par cette Femme refusant l’inéluctable, acharnée dans sa quête qui résonne pertinemment à nos oreilles. Si l’effectif de l’orchestre est réduit à 22 musiciens, la richesse sonore produite par les instruments nous introduit de plain-pied dans la détresse et les tourments de la malheureuse, mais aussi dans l’évolution du personnage.</p>
<p>Le quatrième opus du tandem Benjamin/Crimp est donc un opéra compact, complexe et touffu. Ce nouveau chef-d’œuvre est mis en scène par le scénographe <strong>Daniel Jeanneteau</strong> et la créatrice lumière <strong>Marie-Christine Soma</strong>. Tous deux proposent un dispositif sobre, sorte de maison de poupée à une seule pièce, mais vide, où les protagonistes évoluent devant des surfaces diversement réfléchissantes dans une pénombre délibérée, sculptée par la lumière de celle qui a croisé Henri Alekan, le grand chef-opérateur de <em>La Belle et la Bête</em>. Certes, cette neutre simplicité, que les concepteurs comparent eux-mêmes à une morgue, un ascenseur ou une réserve de musée qui est en fait un espace mental, permet au spectateur de s’immerger totalement dans cet univers. On pourra regretter de ne pas avoir droit à des représentations mentales plus évocatrices en lieu et place de cet univers très abstrait. Les amateurs et connaisseurs de musique contemporaine y trouveront largement leur compte, mais il n’est pas sûr que les néophytes puissent facilement s’y adapter. Cela dit, la rencontre finale avec Zabelle offre la vision stylisée d’un jardin paradisiaque et l’on a fait appel à l&rsquo;artiste <strong>Hicham Berrada</strong> et ses aquariums. Le résultat est fascinant : des éléments colorés chutent dans un liquide et se transforment en lianes ou circonvolutions fantastiques, fleurs vénéneuses ou bourgeons zoomorphes. Ce que le spectateur ne sait pas, c’est qu’il s’agit de substances toxiques qui produisent cet effet, dans l’idée de montrer une image vaine et fausse, pour un jardin certes extraordinaire dans lequel il n’est cependant pas possible de vivre. Ce travail plastique, agrandi et projeté sur scène, est admirable et éclaire d’un jour très particulier ce qui précède.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Picture-a-day-like-this7850HD-livretpresse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-172202"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est de haut vol. <strong>Ema Nikolovska</strong> hérite d’un rôle écrasant, avec la Femme, rôle dont elle se tire avec les honneurs. Le compositeur a tressé une partition où l’orchestre la sert et met en valeur une voix pleine et équilibrée, où la moindre nuance déclenche un élan d’empathie&nbsp;: âpres regrets, désespoir absolu jusqu’à l’effacement ou au moins une blancheur de timbre, espoir ou détermination, la mezzo-soprano inspire le respect. En regard, <strong>Nikola Hillebrand</strong> est une superbe Zabelle, incarnation réelle ou fantasmée d’une autre mère dont on soupçonne qu’elle a connu le pire. La soprano allemande rayonne, mystérieuse et séduisante, tant dans le timbre radieux que dans l’aspect. Le contre-ténor <strong>Cameron Shahbazi</strong> déploie les différentes facettes de son talent dans ses deux dôles d’Amant et d’Assistant avec une très grande maîtrise. La soprano norvégienne <strong>Beate Mordal</strong> tire elle aussi son épingle du jeu dans deux rôles contrastés, ceux de l’Amante et de la Compositrice, d’où ressortent les qualités de projection et le sens de la caractérisation. Enfin, le baryton américain <strong>John Brancy</strong> s’impose en Artisan puis Collectionneur, avec une puissance qui impose le respect, mais d’où sourd le désespoir et l’amertume de ses deux personnages incarnés avec conviction et brio.</p>
<p>Au service de l’écriture de Benjamin qu’il connaît très bien, le chef <strong>Alphonse Cemin</strong> réussit à magnifier les savantes alchimies de l’œuvre de Benjamin avec la complicité du <strong>Philharmonique de Strasbourg</strong>. À la fin du beau texte de Martin Crimp, on trouve les mots suivants : « cette page est arrachée du grand livre des morts – perforée par le chagrin – cousue avec du fil humain – personne ne peut la modifier. Maintenant, comprends-tu ? » Cet opéra de poche n’a pas fini de nous donner du fil à retordre, car il appelle de nouvelles écoutes et analyses actives. Un œuvre exigeante et foisonnante, déjà à ranger parmi les classiques.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | PICTURE A DAY LIKE THIS | Bande-annonce" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/YoBLSakfe_0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>BENJAMIN, Picture a Day Like This &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/benjamin-picture-a-day-like-this-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Jul 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’y a peut-être rien de plus terrible que la mort des enfants. Si les végétaux meurent avant de renaître et de fleurir à nouveau, pourquoi un enfant parti ne pourrait-il pas revenir&#160;? Pourquoi un miracle ne pourrait-il pas survenir&#160;? La question est tant morale que métaphysique. Et si le miracle survient, ramène-t-il vraiment l’enfant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il n’y a peut-être rien de plus terrible que la mort des enfants. Si les végétaux meurent avant de renaître et de fleurir à nouveau, pourquoi un enfant parti ne pourrait-il pas revenir&nbsp;? Pourquoi un miracle ne pourrait-il pas survenir&nbsp;? La question est tant morale que métaphysique. Et si le miracle survient, ramène-t-il vraiment l’enfant (on sait que non) ou permet-il simplement de continuer de vivre avec l’absence&nbsp;?</p>
<p>Pour leur quatrième opéra, <strong>George Benjamin</strong> et <strong>Martin Crimp</strong> explorent les thèmes de l’absence, du bonheur, de l’illusion, de la possibilité du bonheur suite à la catastrophe. Façon de parler d’une résurrection. Suite à la perte de son enfant, une femme reçoit une liste de personnes à rencontrer. Si elle parvient à ramener un bouton du vêtement d’une personne authentiquement heureuse, un miracle pourra se produire. Reste que le bonheur n’est souvent qu’une apparence ou une illusion. Au mieux, un très fragile équilibre. Au terme de sa quête, la femme rencontrera Zabelle, dont on ne sait si elle est finalement parfaitement heureuse parce qu’elle a elle-même réussi à accepter l’inacceptable&nbsp;: la mort des enfants et la culpabilité. Peut-être la femme se rencontre-t-elle elle-même, peut-être Zabelle n’existe-t-elle pas.</p>
<p>Le texte de Martin Crimp est puissant parce que simple et elliptique. Il permet au compositeur d’insuffler un rythme jamais rompu à une musique harmoniquement et rythmiquement complexe qui, toutefois, ne renonce jamais à la clarté de la ligne de chant et où la perfection formelle ne sacrifie rien à l’intensité émotionnelle. Les rencontres sont l’occasion d’ensembles d’une grand beauté mélodique qui, parfois, prennent des accents baroques. C’est le cas du duo des amants – première rencontre – qui chantent leur félicité sur un piédestal qui les présente comme une sculpture baroque où le mouvement des deux corps efface toute individualité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-135949 alignright" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Picture-a-day-like-this-Festival-dAix-en-Provence-2023-©-Jean-Louis-Fernandez_4-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200"></p>
<p><strong>Daniel Jeanneteau </strong>et <strong>Marie-Christine Soma </strong>situent l’action dans un cadre neutre, à la fois universel et hors du monde. On pourrait y voir un musée, sorte de <em>white cube</em> fait de murs d’aluminium, où défilent espoirs, illusions et déceptions. Seule la rencontre avec Zabelle verra advenir un monde onirique, somptueux en apparence mais terrifiant lorsqu’on sait que, dans le cadre de ses œuvres vidéo, <strong>Hicham Berrada</strong> reproduit l’action d’agents chimiques qui rendent leur milieu plastiquement éblouissant mais impropre à toute vie. Comme si le bonheur parfait n’était qu’une apparence mortifère ou comme s’il n’était possible de renaître qu’en sublimant les ruines.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-135946 alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Picture-a-day-like-this-Festival-dAix-en-Provence-2023-©-Jean-Louis-Fernandez_1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200">Composée pour les interprètes de sa création, l’œuvre est servie par une distribution idéale. <strong>Marianne Crebassa </strong>est une Woman anéantie mais résolue, sorte de <em>Pietà</em> à la recherche du miracle d’une dimension supérieure. On connaît son timbre chaud, sa voix ronde, sa projection exemplaire et ses graves nourris. En retrait quand le texte l’exige, le son s’ouvre quand la douleur se fait plus vive. <strong>John Brancy </strong>sert les rôles de l’Artisan et du Collectionneur par un registre impressionnant et une technique imperceptible mais à l’évidence maîtrisée. Le baryton est à l’aise tant dans le très grave que le très aigu, ce qui permet de placer ses personnages dans une sphère irréelle. <strong>Beate Mordal</strong>, qui incarne la Compositrice et l’Amante, offre une projection plus incisive et une voix bien accrochée, souple et légère qui contraste remarquablement avec le caractère dramatique des deux autres rôles féminins. Le contre-ténor <strong>Cameron Shahbazi</strong>, dans les rôles de l’Amant et de l’Assistant de la compositrice, signe une prestation sensuelle, tant au niveau du jeu que de la rondeur du timbre. Enfin, la Zabelle d’<strong>Anna Prohaska </strong>est mystérieuse comme il sied. Son timbre et celui de Marianne Crebassa, s’ils sont très différents, présentent une homogénéité de couleur qui suggère le destin commun que le livret leur prête.</p>
<p>Avec le <strong>Mahler Chamber Orchestra</strong> qu’il dirige pour l’occasion, le compositeur a pu ciseler sa partition. La formation semble en effet capable de rendre compte des nuances de couleur et des jeux de timbres les plus subtils. Il assure, avec la femme, la cohérence d’une œuvre qui combine continuité et discontinuité, trajectoire individuelle et destins singuliers. Quand les chances de voir advenir le miracle semblent lointaines, l’orchestre reprend systématiquement un même motif, une sorte de glas joyeux, la possibilité d’une fin heureuse quand tout est sombre. L’orchestre suit l’évolution psychologique des protagonistes, la musique ou son interprétation se déstructure et se délite avec les sentiments mais conserve toujours, en dernière instance, une cohérence formelle remarquable au service d’une grande charge émotionnelle.</p>
<p>Opéra intime (peut-être pourrait-on parler d’opéra de chambre), conçu pour un lieu intime – le Théâtre du jeu de paume –, <em>Picture a Day Like This</em> touche de très près les plus belles questions métaphysiques. Preuve que l’opéra n’a pas besoin de démonstrations de virtuosité pour atteindre la nécessité la plus vive &nbsp;: celle de vivre <em>malgré tout</em>.</p>
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		<title>Finale du Concours Musical International de Montréal édition 2018 — Montréal</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/finale-du-concours-musical-international-de-montreal-edition-2018-montreal-triomphe-des-voix-males/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jun 2018 05:27:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Concours Musical International de Montréal, fondé en 2002, est organisé en éditions successivement dédiées au chant, au violon et au piano. Richement doté, il attire de nombreux candidats et l’édition 2018 a battu des records avec pas moins de 358 chanteurs inscrits en provenance de 59 pays. Un riche mécène de Toronto désireux de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Concours Musical International de Montréal, fondé en 2002, est organisé en éditions successivement dédiées au chant, au violon et au piano. Richement doté, il attire de nombreux candidats et l’édition 2018 a battu des records avec pas moins de 358 chanteurs inscrits en provenance de 59 pays. Un riche mécène de Toronto désireux de promouvoir l’art de la mélodie s’étant depuis cette année associé à la manifestation, une nouvelle série de récompenses a été créée, d’un montant identique à celles destinées aux concurrents de la catégorie Aria. Les premiers prix de chaque catégorie sont ainsi assurés de pouvoir continuer à se perfectionner sans le souci immédiat du lendemain, puisqu’aux 30 000 dollars canadiens sont adossées des bourses de « développement de carrière » s’élevant à 50 000 dollars et une « résidence artistique » de 2500 dollars.</p>
<p>Les épreuves du concours Mélodie se déroulent avant celles du concours Aria et le résultat n’est proclamé que le soir de la finale de cette catégorie. C’est au baryton <strong>John Brancy</strong>, 29 ans, originaire des Etats-Unis, qu’échoit la récompense suprême du volet Mélodie, dénommée Léopold Simoneau, du nom du grand ténor mozartien disparu en 2006. Les épreuves du concours de mélodies s’étant déroulées avant notre arrivée, nous n’avons pu apprécier les qualités qui lui ont valu de se voir attribuer aussi le prix spécial Mélodie française (5000 dollars). Mais comme cet artiste déjà en carrière – il a chanté entre autres à Nancy – concourrait aussi dans la catégorie Aria, nous avons pu apprécier la qualité d’une voix souple, ferme, étendue, très bien projetée, d’une émission très nuancée, et d’une interprétation à la sensibilité vibrante quoique contenue, à laquelle il a peut-être seulement manqué un rien d’incisivité dans l’extrait de <em>Castor et Pollux</em>, un rien de coloration dans l’air final de Posa, mais dont le « Ya vas lyublyu » de <em>La dame de Pique </em>était en soi un chef d’œuvre d’intensité et de musicalité.</p>
<p>C’est un autre baryton, représentant la Nouvelle Zélande et le Royaume-Uni, <strong>Julien van Mellaerts</strong>, qui se voit attribuer le deuxième prix (15 000 dollars) appelé Maureen Forrester en mémoire du célèbre contralto canadien ; il remporte par ailleurs le prix spécial du Lied allemand (5 000 dollars). On se prend évidemment à se demander ce qui se serait passé pour ces deux barytons si le récent vainqueur du Concours-Reine-Elisabeth-de-Belgique, Samuel Hasselhorn, qui était inscrit, n’avait dû annuler sa participation pour des raisons familiales.</p>
<p>Le troisième prix (10 000 dollars) porte le nom de Lois Marshall, une chanteuse canadienne qu’une poliomyélite cantonna au concert et il est attribué à <strong>Clara Osowski</strong>, mezzosoprano originaire des Etats-Unis, qui reçoit en outre le prix du public Radio-Canada (3 000 dollars).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/vainqueurs_volet_aria.jpg?itok=BPhjQNTo" title="Emily D'Angelo, Mario Bahg et Konstantin Lee © Tam Lan Truong" width="468" /><br />
	Emily D&rsquo;Angelo, Mario Bahg et Konstantin Lee © Tam Lan Truong</p>
<p>Six candidats avaient été retenus pour la finale de la catégorie Aria, cinq hommes, trois ténors, un baryton, une basse et une femme, mezzosoprano. Elle avait survolé de si haut sa demi-finale qu’elle ne pouvait qu’être au palmarès. <strong>Emily D’Angelo</strong> s’y retrouve en effet, à une deuxième place qui a pu la décevoir, après cinq premiers prix d’affilée dans différentes compétitions. Le jury souverain a décidé, les modalités des décisions étant strictement précisées dans les modules d’évaluation, comme nous l’expliquait la directrice générale et artistique Christiane LeBlanc, afin de réduire au maximum les dérives possibles. Des trois extraits que nous avons pu entendre, un pataquès de billetterie nous ayant privé de « Una voce poco fa », nous retiendrons la largeur de l’éventail expressif, avec un merveilleux extrait de <em>Vanessa</em>, de Samuel Barber, flottant, coloré et subtilement mélancolique, la qualité du français et la tenue de la ligne dans « Cœur sans amour » de la <em>Cendrillon</em> de Massenet, et les élans passionnés du Compositeur d’<em>Ariadne auf Naxos.</em> Emily D’Angelo se voit aussi décerner le prix du meilleur artiste canadien (3 000 dollars) ainsi que le prix du public Radio-Canada de la même importance.</p>
<p>Le troisième prix revient à <strong>Konstantin Lee</strong>, un ténor sud-coréen de moins de trente ans. Chacun des trois extraits qu’il interprète – « Ah ! Lève-toi, Soleil », « E la solita storia del pastore » et « De’miei bollenti spiriti » – est un modèle de diction et de style, tant tout est pesé, ciselé, nuancé, tout semble profondément compris et maîtrisé. Mais cette qualité formelle suffit-elle ?  A ce chant  suprêmement élégant mais peut-être un rien empesé le jury a préféré la vitalité soigneusement canalisée par sa musicalité de <strong>Mario Bahg</strong>, sud-coréen lui aussi, au tempérament extraverti et au mental apparemment très solide, car la veille de la finale il participait à une croisière sur le Saint-Laurent avec de grands rires d’enfant malgré ses 28 ans. Chanté par lui, l’air d’Alfredo retrouve la plénitude de la chair dont l’ascèse de Konstantin Lee l’avait partiellement privé. Le chant devient l’effusion même de la sensibilité, donnant l’illusion d’un épanchement naturel et faisant oublier la technique. Souplesse, reprise vibrante, aigu final brillant et tenu, on attend son Trovatore. Auparavant il avait donné  « Il mio tesoro intanto », avec une ductilité et une musicalité irréprochables, et  osé « Salut demeure chaste et pure », avec une maîtrise quasiment complète des pièges de la prononciation du français – la beauté de l’aigu sur la nasale de « présence » – qui en disait long sur ses aptitudes et sur la qualité de sa formation. A ce premier prix s’ajoute le prix spécial attribué par l’Opéra de Montréal d’un montant de 5 000 dollars.</p>
<p>Le ténor canadien <strong>Andrew Haji</strong> avait ses supporters ; il chante bien mais peut-être de manière un peu trop générique. Est-ce un aigu étranglé à la fin de « Che gelida manina » qui l’a exclu des grands prix ? Il recueille néanmoins celui de l’oratorio, d’un montant de 5 000 dollars, pour son extrait d’<em>Elijah</em> de Mendelssohn.</p>
<p>Accueilli avec faveur, ce palmarès ne suscite aucune dissension  perceptible et  c’est dans un tonnerre d’applaudissements qui englobe le concours de l’Orchestre Symphonique de Montréal et la direction précise et vigilante de <strong>Graeme Jenkins</strong>, rompu à l’exercice à Cardiff, Toulouse ou Munich, et force ovations pour les lauréats que s’achève une soirée où le très haut niveau de ce concours s’est confirmé avec un éclat indiscutable.</p>
<p>Transmises en direct sur le site web du concours (concours-montreal.ca/live) les épreuves sont disponibles sur demande sur sa chaîne YouTube. Une émission spéciale sera diffusée le 9 juillet sur les ondes d’ICI MUSIQUE et sur la radio numérique ICI MUSIQUE Classique. Entretemps les meilleurs moments seront présentés par Ben Heppner le 16 juin dans l’émission qu’il anime <em>Saturday Afternoon at the Opera.</em></p>
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		<title>Belvedere 2017 : Aigul Akhmetshina crée la surprise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/belvedere-2017-aigul-akhmetshina-cree-la-surprise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Jul 2017 05:42:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Moscou comme ville d&#8217;accueil de la 36e International Hans Gabor Belvedere Singing Competition, l&#8217;expression est plus que jamais de circonstance. Qui aurait misé un kopeck sur Aigul Akhmetshina alors que de nombreux candidats parmi les 15 finalistes nous semblaient mieux placés pour rafler la mise ? Pourtant, la jeune mezzo-soprano russe emporte le premier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec Moscou comme ville d&rsquo;accueil de la 36<sup>e</sup> International Hans Gabor Belvedere Singing Competition, l&rsquo;expression est plus que jamais de circonstance. Qui aurait misé un kopeck sur <strong>Aigul Akhmetshina</strong> alors que de nombreux candidats parmi les 15 finalistes nous semblaient mieux placés pour rafler la mise ? Pourtant, la jeune mezzo-soprano russe emporte le premier prix, devant le seul ténor encore en course, <strong>Kang Wang</strong>, qui se place en deuxième position. Troisième sur la ligne d&rsquo;arrivée, le baryton sud-africain <strong>Mandla Mndebele</strong> reçoit aussi le prix du public tandis que le jury de la presse internationale couronne le baryton américain, <strong>John Brancy</strong>. Compte rendu détaillé d&rsquo;une compétition serrée à venir et diffusion le 9 juillet à 21h (heure de Paris) sur <a href="https://tvkultura.ru/article/show/article_id/180812">tvkultura.ru</a>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="214" src="/sites/default/files/styles/large/public/image002_1.jpg?itok=n5rv_UiH" title="© Helikon Opera" width="323" /><br />
	© Helikon Opera</p>
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		<title>36e édition International Hans Gabor Belvedere Singing Competition  — Moscou (Helikon Opera)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/36e-edition-international-hans-gabor-belvedere-singing-competition-moscou-helikon-opera-palmares/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jul 2017 16:42:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme les voies du Seigneur, les choix du jury des grandes compétitions vocales internationales sont impénétrables. Pour comprendre les raisons de leur décision, il faudrait avoir suivi épreuve après épreuve chacun des candidats. A Moscou, sous le dôme de l’Helikon Opera, scène lyrique alternative au Bolchoï située en plein cœur de la capitale russe, quinze &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme les voies du Seigneur, les choix du jury des grandes compétitions vocales internationales sont impénétrables. Pour comprendre les raisons de leur décision, il faudrait avoir suivi épreuve après épreuve chacun des candidats. A Moscou, sous le dôme de l’Helikon Opera, scène lyrique alternative au Bolchoï située en plein cœur de la capitale russe, quinze finalistes prétendaient au premier prix de la 36<sup>e</sup> International Hans Gabor Belvedere Singing Competition. Comme chaque année, ils ne disposent que d’un seul air pour passer de l’ombre à la lumière. Que le meilleur gagne ! Pas forcément.</p>
<p>La sélection, impitoyable, a écrémé 1125 chanteurs dans 70 villes du monde entier. Sur quels critères ? Une fois parvenu à un certain niveau, particulièrement élevé dans le cas de cette 36<sup>e</sup> édition, l’objectivité laisse place à des considérations personnelles. Ainsi ceux qui comme nous, apprécient un art du chant où la nuance et l’expression prennent le pas sur la démonstration retiendront le nom de <strong>John Brancy</strong>, baryton américain âgé de 27 ans, formé à la Juilliard School, Harlekin dans <em><a href="https://www.forumopera.com/ariadne-auf-naxos-nancy-elektra-chez-fragonard">Ariadne auf Naxos à Nancy</a></em> pas plus tard que cette saison. L’air de Yeletski dans <em>La Dame de pique</em> n’est pas de ceux qui exigent une technique d’acier mais la sincérité de l’aveu amoureux lorsqu’il est ainsi douloureusement exprimé prime sur le reste. La voix est belle, d’un grain subtil, non pas héroïque mais suffisamment solide pour ne pas flancher sous les quelques coups portés par la partition. La ligne est suffisamment soignée pour que la mélodie soit déroulée d’un trait avec toute la noblesse qu’impose l’état princier du personnage. Surtout l’interprète sait dépasser le cadre scolaire de la compétition pour donner à voir et comprendre les enjeux émotionnels de l’aria.</p>
<p>Raconter une histoire : le secret est là et peu s’acquittent de la tâche, absorbés par l’ampleur et la multiplicité des défis qu’il leur faut relever. Outre John Brancy, récompensé à juste titre par le prix du jury de la presse internationale, l’on pourrait citer <strong>Rocio Perez</strong> si cette soprano colorature espagnole aux suraigus ébouriffants, grisée par sa propre facilité, n’offrait une Olympia proche de la caricature. Tout est une question de mesure. L’autre candidat ibérique, <strong>Carles Pach</strong><strong>ón</strong> ne nous a pas semblé démériter. Au contraire. Doté d’une voix raffinée, juste d’intention, libre dans ses gestes et dans l’émission, souple et déliée, élégant et ironique, un rien dandy comme on imagine Malatesta, le baryton fait partie des oubliés du palmarès. Est-ce parce que « Bella siccome un angelo » n’est pas un air suffisamment saillant pour une finale de compétition ? Dans ce cas, présenter la scène de <em>Iolanta</em>, « Otchego eto prezhde ne znala », dépourvue de climax relève de la démission. <strong>Oksana Sekerina</strong> ne s’en relèvera pas, si grandes soient les qualités d’un soprano prenant dont les moirures et l’égalité ne sont pas les moindres des atouts.</p>
<p>L’interprétation est également une des préoccupations de <strong>Vasilisa Berzhanskaya</strong>, mezzo-soprano russe qui chantait Melibea à Pesaro l’an passé. Rossini lui est familier. Le vibratello n’est pas gênant. Les notes les plus graves possèdent un reflet sombre auquel il est difficile de se montrer insensible, l’aigu, émis en force est moins envoutant, l’ornementation peut paraitre raisonnable. A vrai dire, on essaie de trouver ce qui ne nous a pas séduit dans cette « voce poco fa » trop souvent entendue. Est-ce justement le trop grand nombre de comparaisons possibles ? Ou plutôt, un portrait de Rosina, trop éloigné de celui que l’on a en tête sans que la proposition, narcissique et canaille voire provocante, ne nous invite à reconsidérer nos positions. A l’opposé, par sa jeunesse, physique mais aussi vocale avec dans l’étoffe une légèreté et une fraîcheur toute relative s’agissant d’une voix de basse, <strong>Sava Vemic </strong>nous change des Gremine aux cheveux grisonnants, au pas lourd et au manteau épais ourlé de loutre sombre. New York l’a déjà repéré. Ses débuts en grand prêtre dans <em>Nabucco</em> sur la scène du Metropolitan datent de cette saison.</p>
<p>La subjectivité intervient peu dans l’impression laissée par <strong>Pavel Chervinsky</strong> ou <strong>Alexander Roslavets</strong>. Leur italien est trop mâtiné de russe pour ne pas évoquer Don Profondo imitant l’accent de Libenskof dans <em>Il viaggio a Reims</em>. Les années sauront – souhaitons-le – compléter leur formation. <strong>Jihyun Cecilia Lee </strong>et <strong>Josevane De Jesus Santos</strong> sont deux chanteuses avec lesquelles, en revanche, on aimerait compter prochainement. Bien que coréenne, la première possède un français toujours intelligible ainsi qu’un soprano ample, charnu et des aigus dont on apprécie le tranchant, preuve s’il était nécessaire que Micaëla n’est pas forcément une oie blanche. Il ne manque à la seconde, mezzo-soprano brésilienne, qu’un trille plus affirmé et un surcroît d’engagement dramatique pour que son interprétation de la grande scène de Sesto dans <em>La clemenza di Tito</em> l’impose sur les plus grandes scènes.</p>
<p><strong>Nela Saric</strong> dans le grand air de <em>La traviata</em> et <strong>Boris Prygl</strong> dans la romance d’Aleko ne nous ont pas semblé avoir choisi les partitions les mieux à même de mettre en avant leurs qualités. Voilà deux chanteurs que l’on aurait voulu entendre davantage pour se forger une opinion plus assurée. Idem pour <strong>Kang Wang</strong> même s’il ne s’agit pas dans son cas d’une question de répertoire mais d’un essai à transformer. Les voyelles ouvertes font le chant plat. La quinte aigüe rayonne jusqu’à ce que le contre-ut trahisse l’appréhension. Le deuxième prix est-il justifié ? Il faudrait une nouvelle écoute dans un autre air pour en avoir le cœur net. Pour l’instant, il faut s’en remettre à un curriculum vitae qui compte Narraboth dans <em>Salomé</em> à New York. Excusez du peu.</p>
<p>Puis il y a les vainqueurs qui, on l’a compris, ne faisaient pas partie de nos favoris. Mais le chant très physique de <strong>Mandla Mndebele</strong> à tout pour séduire ceux pour qui comptent d’abord le muscle et le courage, dussent Ford, dépourvu de second degré, se montrer féroce jusqu’au contresens et la parole venir au secours du chant lorsque ce dernier, épuisé par tant de violence, vient à ne plus se suffire. Estomaqué, le public lui décerne son prix et le jury le place en troisième position. Plus incompréhensible encore est la palme décernée à <strong>Aigul Akhmetshina</strong>, à côté de la plaque en Cenerentola, sauf à se dire qu’en hissant cette jeune mezzo-soprano d’à peine 22 ans sur la première marche du podium, le jury a misé sur une jolie voix doublée d’un tempérament. Est-ce suffisant pour bâtir une carrière ? L’avenir seul le dira.</p>
<p>A la tête des forces de l’Helikon Opera, <strong>Eugene Brazhnik</strong> impulse, à des tempi parfois déstabilisants pour les chanteurs, son rythme à la soirée, retransmise ce soir à 21h (heure de Paris) sur <a href="https://tvkultura.ru/article/show/article_id/180812">tvkultura.ru</a>.</p>
<p>1st Prize: AIGUL AKHMETSHINA, Mezzo-Soprano, Russia<br />
	Donated in memoriam KS Teresa Stich-Randall<br />
 <br />
2nd Prize: KANG WANG, Tenor, Australia<br />
	Donated by Jan Meulendijks and Bart Schuil<br />
 <br />
3rd Prize: MANDLA MNDEBELE, Baritone, South Africa<br />
	Donated by Valentin and Anni Leitgeb Foundation<br />
 <br />
Prize of the International Media-Jury: JOHN BRANCY, Baritone, USA<br />
	Donated by Brigitte &amp; Georg Stradiot, Stetteldorfer Akzente and Wiener Silber Manufaktur<br />
 <br />
Prize of the Audience: MANDLA MNDEBELE, Baritone, South Africa<br />
	Donated by Dr. Madeleine Kim, South Korea<br />
 <br />
Special Prizes:<br />
 <br />
Hans-Gabor-Prize: CECILIA LEE awarded by Prof. Yasuko Mitsui to a singer of her choice – Euro 800<br />
 <br />
Wil-Keune-Prize: VASILISA BEREZHANKAYA donated by Ms Jane Carty, Ireland, for a young singer of real potential, born after 1990, Euro 500.-<br />
 <br />
Prizes awarded by the jury-members:<br />
 <br />
DEUTSCHE OPER BERLIN: ALEXANDER ROSLAVETS<br />
	awarded by Operndirektor Christoph SEUFERLE<br />
 <br />
SÄCHSISCHE STAATSOPER DRESDEN – SEMPEROPER: ROCIO PEREZ<br />
	awarded by Künstlerischer Betriebsdirektor Björn PETERS<br />
 <br />
DEUTSCHE OPER AM RHEIN DÜSSELDORF-DUISBURG: BORIS PRYGL<br />
	awarded by Generalintendant Christoph MEYER<br />
 <br />
PRIZE THEATER ERFURT: MANDLA MNDEBELE<br />
	awarded by Generalintendant Guy MONTAVON<br />
 <br />
PRIZE TEATRO REAL MADRID: ROCIO PEREZ<br />
	awarded by Artistic Director Joan MATABOSCH<br />
 <br />
PRIZE HELIKON OPERA MOSCOW: AIGUL AKHMETSHINA<br />
	awarded by General Director Dmitri Bertman<br />
 <br />
BOLSHOI THEATER MOSCOW: KANG WANG<br />
	awarded by Casting Director Olga KAPANINA<br />
 <br />
WEXFORD FESTIAL IRELAND: <em>Winner will still be nominated</em><br />
	awarded by Artistic Director David AGLER</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/36e-edition-international-hans-gabor-belvedere-singing-competition-moscou-helikon-opera-palmares/">36e édition International Hans Gabor Belvedere Singing Competition  — Moscou (Helikon Opera)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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