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	<title>Alexander BRIGER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Alexander BRIGER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>JANACEK, Kát&#039;a Kabanová — Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/katia-kabanova-toulon-entree-reussie-au-repertoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2015 06:39:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Jenufa en 2008 l’opéra de Toulon affiche pour la première fois Katia Kabanova. A l’entrée dans la salle le spectateur est accueilli par un visage christique qui depuis le rideau de scène plonge son regard dans le sien. Est-ce une allusion au mysticisme de l’héroïne ou l’annonce que l’histoire de sa passion adultère est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>Jenufa</em> en 2008 l’opéra de Toulon affiche pour la première fois <em>Katia Kabanova. </em>A l’entrée dans la salle le spectateur est accueilli par un visage christique qui depuis le rideau de scène plonge son regard dans le sien. Est-ce une allusion au mysticisme de l’héroïne ou l’annonce que l’histoire de sa passion adultère est aussi celle d’une Passion ? En tout cas cette image s’accorde aux premières mesures de l’ouverture, dont les accents contenus d’oratorio s’élèvent comme une confidence, avant que les mesures successives n’en clament la douleur.</p>
<p>L’ouvrage est donné sans entracte. On découvre d’abord la plaine au bord de la Volga, dont un petit remblai marque la berge sinueuse au-dessus de laquelle flottent des brumes ; le décor intérieur de la maison Kabanov descend des cintres et y remonte selon les nécessités scéniques. Ce dispositif signé <strong style="line-height: 1.5">Emmanuelle Favre </strong>résout habilement le problème des changements de lieu et permet d’éviter toute déperdition éventuelle de la concentration des spectateurs ou des musiciens. De ces derniers on perçoit physiquement le plaisir qu’ils prennent à s’approprier une œuvre jusque-là étrangère à leur répertoire et on sent qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes pour répondre à la direction extrêmement fouillée d’<strong style="line-height: 1.5">Alexander Briger</strong>, Quelques débordements sonores rendent çà et là la vie difficile au plateau, mais toutes les subtilités d’harmonies et de timbres rendent quasiment palpable  la progression inéluctable du drame.</p>
<p>Curieusement, on la perçoit moins dans ce que l’on voit. La mise en scène de <strong style="line-height: 1.5">Nadine Duffaut</strong> transpose l’œuvre au XXe siècle, peut-être dans les années 50 à en juger par les costumes féminins. Est-ce une bonne idée ? Ces bigotes qui sortent des vêpres en procession, la charité vantée de la Kabanicha, les souvenirs des heures passées à l’église et des exaltations mystiques de Katia, pour nous en tenir là, relevaient de la réalité sociale contemporaine du compositeur qu’il entendait bien décrire et dénoncer. Pour goûter sans arrière-pensée les belles images qui nous sont proposées, auxquelles les costumes de <strong style="line-height: 1.5">Danièle Barraud </strong>et les lumières de <strong style="line-height: 1.5">Jacques Chatelet </strong>participent évidemment, il faudrait faire abstraction de ce que l’on sait des évolutions survenues après 1945 dans cette aire géopolitique. Or de celles-ci on ne voit rien. N’est-ce pas, d’une certaine façon, trahir les intentions de Janacek ? Par ailleurs certaines didascalies sont ignorées, par exemple lors du départ de Tikhon, alors qu’elles révèlent chez Katia un trouble intérieur déjà très fort,  beaucoup mieux que le baisemain  adopté ici. Ce choix semble plus s’accorder au féminisme de l’auteure de la mise en scène qu’à la conception de Janacek.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/23012015-_red0151.jpg?itok=H_ti3fIi" title="Kouliguine (Sébastien Lemoine) et Katia Kabanova (Christina Carvin) ©Frédéric Stephan" width="468" /><br />
	Kouliguine (Sébastien Lemoine) et Katia Kabanova (Christina Carvin) ©Frédéric Stephan</p>
<p>C’est peut-être en fonction de cette conception que la Katia de <strong style="line-height: 1.5">Christina Carvin </strong>ne nous a pas entièrement convaincu malgré l’excellente composition vocale. Dans la scène d’intimité avec Varvara on fait le lien entre son corps épanoui et la frustration du personnage. Mais est-ce son propre bonheur de jeune femme enceinte ou la direction d’acteur qu’elle a reçue, nous n’avons pas senti suffisamment  l’emportement que déclenche chez Katia l’évocation de son mysticisme juvénile. Du coup il semble de l’ordre du souvenir, alors que c’est sa permanence, même assourdie, qui déclenchera sa confession publique. Sa belle-mère inlassablement insultante est campée par <strong style="line-height: 1.5">Marie-Ange Todorovitch</strong>, dont le tempérament bien connu garantit une composition forte ; elle garde malgré tout une sobriété, tant vocale que scénique, bien que Kabanicha soit empressée auprès de la topette de Dikoï, qui correspond pour le personnage aux années vécues dans le corset de la respectabilité. Dans le rôle de Varvara, <strong style="line-height: 1.5">Valentine Lemercier </strong>est aussi délicieuse à voir qu’à entendre et donne une séduisante impression de naturel. Son amoureux Kudriach, interprété par <strong style="line-height: 1.5">Elmar Gilbertsson</strong>, l’emporte nettement sur les autres interprètes masculins . Doté d’une voix de ténor assez proche des couleurs d’un baryton, bien posée et bien projetée, il a une grande aisance scénique qui lui permet de chanter au deuxième acte de façon très nuancée tout en zigzagant sur son vélo. L’amoureux de Katia était-il dans un mauvais jour ? Le Boris de <strong style="line-height: 1.5">Ladislas Elgr</strong> manque de facilité vocale, l’émission est tantôt engorgée, tantôt serrée, et un accident survient alors qu&rsquo;il pousse sans mesure. Le rôle du mari de Katia, le timoré Tikhon, n’offre guère à <strong style="line-height: 1.5">Zwetan Michailov</strong> l’occasion de se démarquer. En revanche <strong style="line-height: 1.5">Mikhail Kolelishvili</strong> donne toute son épaisseur au négociant Dikoï. Même les rôles très brefs, comme Kouliguine (<strong style="line-height: 1.5">Sébastien Lemoine</strong>)  Glacha (<strong style="line-height: 1.5">Caroline Meng</strong>) et Fekloucha (<strong style="line-height: 1.5">Elisabeth Lange</strong>) sont servis remarquablement, et les chœurs s’acquittent au mieux de leurs rares interventions. Rien d’étonnant donc, compte tenu de la qualité musicale et vocale, qu&rsquo;artistes et musiciens aient longuement été fêté  par le public , ravi de cette découverte qui enrichit encore le répertoire de l&rsquo;Opéra de Toulon.</p>
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		<title>ADAMS, I Was Looking at the Ceiling and Then I Saw the Sky — Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dans-cette-partition-est-cache-un-compositeur-dopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2013 17:01:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Malgré la réorientation de sa programmation vers la comédie musicale, le Théâtre du Châtelet reste fidèle à un compositeur dont on a pu voir sur cette même scène une des œuvres dès 2000. Après Nixon in China la saison dernière, et avant The Flowering Tree, dont on vient d’apprendre qu’il sera donné en création &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Malgré la réorientation de sa programmation vers la comédie musicale, le Théâtre du Châtelet reste fidèle à un compositeur dont on a pu voir sur cette même scène une des œuvres dès 2000. Après <em>Nixon in China</em> la saison dernière, et avant <em>The Flowering Tree</em>, dont on vient d’apprendre qu’il sera donné en création française en mai 2014, le Châtelet offre donc au public parisien <em>I Was Looking at the Ceiling and I Saw the Sky</em>, qui avait jadis été accueilli par la MC93 de Bobigny, haut lieu de la défense de John Adams en France. Mais à la différence de la plupart des œuvres lyriques de John Adams, celle-ci n’est ni un opéra, ni un oratorio, mais un musical. Loin de l’inspiration historico-politique de ses deux premières œuvres scéniques, loin de la religiosité de ses actions bibliques, il s’agit ici d’un <em>songplay</em>, où l’on serait tenté de voir l’équivalent direct du <em>singspiel </em>allemand, à la différence près que les morceaux musicaux s’enchaînent sans jamais laisser la place au dialogue parlé. Au cours des 23 numéros que compte la partition, Adams aborde tous les styles de la musique populaire d’aujourd’hui : rythmes latino-américains, « soul à la Stevie Wonder », « Hard blues à la Joe Cocker », hommages au jazz et au rock. Le pastiche est très réussi, à tel point qu’on croit souvent ne plus du tout entendre la musique si inventive de l’auteur de <em>The Death of Klinghoffer</em>, mais de la sympathique variétoche plus ou moins inspirée. Non que la partition soit dénuée de moments forts – qui se trouvent souvent être ceux ou le style personnel d’Adams remonte à la surface – mais rares sont les <em>songs </em>qui emportent vraiment l’adhésion, comme le trio des femmes, « Bad Boys », où ces dames jouent sur les différents noms américains de l’organe viril (<em>bone, fish, flower</em>…), auquel répond le très enthousiasmant blues « Sweet Majority Population of the World », dans lesquelles les quatre hommes chantent le sexe dit faible, mais de façon infiniment moins crue.</p>
<p>			Pour monter ces œuvres qui se rangent finalement auprès des autres musicals programmés par le Châtelet cette saison, il a été fait appel à un homme de théâtre auquel cette salle doit l’une de ses grandes réussites : <strong>Giorgio Barberio Corsetti</strong>, qui avait collaboré avec Pierrick Sorin pour une mémorable <em>Pietra del paragone</em> (qui sera reprise l’an prochain). Cette fois, entouré d’une équipe italienne, le metteur en scène italien propose un spectacle où l’on admire la totale maîtrise de la vidéo, toujours utilisée à bon escient pour varier les atmosphères d’un numéro à l’autre, avec notamment des effets comiques très réussis. Les décors, très mobiles, sont réussis, avec un spectaculaire effondrement lors de la scène du séisme. On en vient presque à regretter que tant d’art, tant de talent soit déployé pour servir un livret aussi banal que celui de la poétesse jamaïcaine June Jordan. Qu’est devenue Alice Goodman, auteur du texte des deux premiers opéras de John Adams ? Le ragoût de bons sentiments qui nous est ici servi est assez fade et a du mal à transcender l’anecdote (un jeune noir arrêté injustement est libéré par le tremblement de terre de Los Angeles en 1994). Quant à la partition, on l’a dit, si virtuoses que soient les huit instrumentistes admirablement dirigés par <strong>Alexander Briger</strong>, qui présidait déjà aux destinées de <em>Nixon in China</em> l’an dernier, elle laisse plus d’une fois l’auditeur sur sa faim.</p>
<p>			   <br />
			La distribution, évidemment sonorisée, est assez homogène. Les trois voix de femmes sont souples et chaleureuses, comme il convient pour cette musique où la maîtrise du style compte finalement plus que les performances vocales. La mezzo <strong>Wallis Giunta</strong> est une actrice très convaincante dans son rôle de présentatrice du journal télévisé, <strong>Hlengiwe Mkhwanazi</strong> touche en immigré salvadorienne et mère de multiples enfants, tandis que <strong>Janinah Burnett,</strong> vue au Châtelet dans <em>Treemonisha </em>et enregistrée récemment dans la même œuvre, se taille un beau succès. Parmi les hommes, le ténor Joël O’Cangha semble avoir la voix parfois un peu légère, malgré une belle agilité ; confronté à une partition parfois tendue, le baryton <strong>Jonathan Tan</strong> est réduit à glapir quelques aigus. Rien à redire en revanche aux prestations de <strong>John Brancy</strong>, en policier troublé par la découverte de son homosexualité, ni de <strong>Carlton Ford</strong>, héros solaire (« I’ve got sunlight », chante-t-il au début et à la fin de l’œuvre) et convaincant. John Adams voulait composer un musical, il l’a fait, et il est heureusement passé à autre chose depuis.</p>
<p>			 </p>
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