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	<title>Brittany Olivia LOGAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Brittany Olivia LOGAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, La Walkyrie &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-la-walkyrie-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 May 2024 14:15:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après trois heures et demie de musique, quand le baryton Brian Mulligan sort des Adieux de Wotan retenant à peine ses larmes après avoir embrassé sur le front la Brünnhilde d&#8217;airain de Tamara Wilson, et qu&#8217;on est soi-même bien près d&#8217;être en pleurs, il est clair qu&#8217;on a vécu un moment exceptionnel. A fortiori quand &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après trois heures et demie de musique, quand le baryton <strong>Brian Mulligan</strong> sort des Adieux de Wotan retenant à peine ses larmes après avoir embrassé sur le front la Brünnhilde d&rsquo;airain de <strong>Tamara Wilson</strong>, et qu&rsquo;on est soi-même bien près d&rsquo;être en pleurs, il est clair qu&rsquo;on a vécu un moment exceptionnel. <em>A fortiori</em> quand l&rsquo;équipe artistique dans sa totalité a brillamment rendu justice au chef-d’œuvre qu&rsquo;est cette première journée du <em>Ring</em>, avec en cadeau la prise de rôle réussie d&rsquo;un de nos plus grands ténors français en Siegmund, <strong>Stanislas de Barbeyrac.</strong> Les moments d&rsquo;émotion profonde n&rsquo;auront pas manqué tout au long de la soirée.</p>
<p>Dès le prélude, <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong> obtient de l&rsquo;Orchestre Philharmonique de Rotterdam, dont il est chef honoraire, une sonorité idéale, équilibrée, luxuriante, il sait recréer ce que Wagner entendait par « une voix de feu ». Le placement des pupitres d&rsquo;une centaine de musiciens exploite intelligemment la configuration de la scène du TCE.&nbsp; Il a pris soin au demeurant de placer les violoncelles sur le bord de scène, face aux violons, et on sait l&rsquo;importance de ces pupitres dans l&rsquo;opéra. Dès l&rsquo;abord donc, la tempête chassant Siegmund chez Hunding se déchaîne en une fresque magnifique peinte aux couleurs des sublimes graves de l&rsquo;orchestre. Tout au long de l&rsquo;opéra, le chef canadien va tantôt en exalter la puissance, tantôt en révéler les riches arrière-plans psychologiques, affectifs et prophétiques. Si le directeur musical actuel de l&rsquo;orchestre du Met n&rsquo;est pas un peintre métaphysicien, il sait comme personne servir la légende en offrant une des plus belles palettes coloristes jamais entendues. Enluminant chaque épisode (avec les fameux fondus enchaînés de timbres, les solos introspectifs lancés de tous les pupitres, les métamorphoses motiviques ou la fluidité d&rsquo;accords toujours étonnants, entre nombreux sortilèges orchestraux), il n&rsquo;oublie pas pour autant de bâtir de passionnants arcs dramatiques, acte après acte avec un enthousiasme se communiquant aux musiciens, très engagés. On le sent, ces derniers seraient prêts à le suivre partout, dans les enfers des Nibelungen ou au Walhalla, et le public aussi. C&rsquo;est la marque des grands.</p>
<p>La distribution de chanteurs qu&rsquo;il a méditée atteint des sommets également. A l&rsquo;acte un, la prise de rôle de Siegmund par <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> se révèle délectable. Connaissant parfaitement les tours et détours de son rôle (à part une petite erreur commise sur une phrase mélodique sans conséquence au premier tiers de l&rsquo;acte), le ténor français a l&rsquo;intelligence de construire petit à petit son personnage, dosant son chant et ses effets en respectant le déroulement des péripéties et révélations qui émaillent ses retrouvailles avec Sieglinde. On peut regretter que son extrême concentration et son engagement entier dans son personnage l&#8217;empêchent de former un duo passionné avec sa partenaire, l&rsquo;excellente <strong>Elza van den Heever</strong>, au soprano lyrique somptueux et au vibrato dans l&rsquo;ensemble bien maîtrisé, qui ne s&rsquo;épanouira vraiment qu&rsquo;au deuxième acte (vivement encouragée par <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong>). S&rsquo;il n&rsquo;est pas assez l&rsquo;être des regards incendiant celui de sa soeur-épouse, de fait <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> soulèvera l&rsquo;enthousiasme de la salle (comme l&rsquo;évolution psychologique de Siegmund le veut) à chacune de ses interventions (par exemple « Ein Schwert verhieß mir der Vater » avec ses « Wälse » à la note superbement tenue). La noblesse de ton lui est naturelle et son timbre précieux que les ans ont quelque peu assombri chatoie, jouant entre ombres et lumières (jusqu&rsquo;à la mort de Siegmund au deuxième acte) entre éclats mâles et piani introspectifs renversants.</p>
<p>Face à la Brünnhilde superlative de <strong>Tamara Wilson (</strong>vêtue d&rsquo;une robe qui rappelle fort opportunément l&rsquo;armure de la Walkyrie), une de ces rares sopranos au timbre d&rsquo;airain pleinement <em>hochdramatisch</em>, et une des plus impressionnantes qu&rsquo;on puisse entendre aujourd&rsquo;hui (avec sa vaillance, sa juvénilité, sa longueur de souffle, la sûreté de ses aigus comme de ses graves), comblée de tant de dons qu&rsquo;elle donne l&rsquo;impression de&nbsp; pouvoir chanter les trois journées dans la même soirée, le Wotan de <strong>Brian Mulligan</strong> semble terriblement humain, et même déjà failli. Non que la jeune soprano américaine ne soit capable d&rsquo;alléger ses lignes vocales pour marquer l&rsquo;évolution de son personnage : de la vierge guerrière (son entrée au deuxième acte est marquée par un exploit vocal, puisqu&rsquo;elle passe avec une aisance confondante du registre grave au contre-ut avec ses fameux « Ho-jo- to-ho ») et fille obéissante à la walkyrie révoltée qui prend le parti des Wälsungen.</p>
<p>Le Wotan du baryton américain, quant à lui, déploie un médium et des graves de toute beauté, mais semble avoir un problème de gestion du souffle parfois, par exemple dans cet énorme récit rétrospectif et prospectif (« Den Nacht gebar ») embrassant tout le développement historique du Ring, face à Brünnhilde. Torturé comme il se doit, lui « le moins libre de tous », ce Wotan au débit précipité peine quelque peu à atteindre l&rsquo;aigu attendu sur le mot « das Ende ». Certes, ce n&rsquo;est guère l&rsquo;autorité qui le caractérise, mais ses fureurs et sentiments touchent toujours juste. Face à la souveraine Fricka de <strong>Karen Cargill</strong> prodigieuse (très bonne actrice au mezzo triomphant), il ne peut être que défait. Outre un groupe de walkyries au chant luxueux, on notera le Hunding de la basse <strong>Solomon Howard</strong>. La projection impeccable et la puissance de ses interventions auraient largement suffi ; fallait-il vraiment le faire intervenir dépoitraillé, faisant de l&rsquo;ennemi des Wälsungen un Mr Muscle un peu frimeur ?</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 May 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 30 avril 2022, le Festspielhaus de Baden-Baden entamait un Ring avec l’Or du Rhin dirigé par Yannick Nézet-Séguin. Donnée en version de concert, l’œuvre avait été entendue au TCE quelques jours plus tôt où elle avait été l’objet d’un immense succès, ce qu’avait rapporté Christophe Rizoud ici-même. Las, nous n’étions pas disponibles à l’époque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 30 avril 2022, le Festspielhaus de Baden-Baden entamait un Ring avec l’<em>Or du Rhin </em>dirigé par <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong>. Donnée en version de concert, l’œuvre avait été entendue au TCE quelques jours plus tôt où elle avait été l’objet d’un immense succès, ce qu’avait rapporté Christophe Rizoud <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-paris-tce-a-un-pas-du-walhalla/">ici-même</a>. Las, nous n’étions pas disponibles à l’époque pour assister dans la salle badoise à la redite du triomphe, ce dont ont attesté les privilégiés présents. Mais il était hors de question de manquer le deuxième épisode du cycle de tous les superlatifs de Wagner. C’est donc avec ferveur que le Rhin a été traversé pour cette <em>Walkyrie </em>programmée en plein milieu de l’après-midi, à 15h, ce qui a pu permettre à un public repu d’aller se remettre de ses émotions à 20h autour d’une bonne table et parler de ce moment d’exception jusqu’à plus soif.</p>
<p>Que dire d’une représentation où l’on s’est mise à pleurer dès le début du premier acte, pour achever en sanglots au terme de cinq heures de délices violentes et délicates, électrisée, embrasée et épuisée de tant de sollicitations sonores et émotionnelles&nbsp;? Tout d’abord, l’envie de remercier collégialement tous les interprètes de nous avoir gratifiés de tant de beauté. Et bien sûr, le besoin de souligner le rôle essentiel du chef d’orchestre, formidable <strong>Yannick Nézet-Seguin</strong>, directeur musical de Metropolitan Opera, mais qui retrouvait ici son ancienne formation du Rotterdam Philharmonic Orchestra. Manifestement, le courant passe entre eux et la partition de Wagner a été servie merveilleusement par chacun des interprètes. Certains pointilleux auront sans doute, ici et là, entendu quelque note mal positionnée. Qu’importe… L’auditeur a été largement comblé, pris par la main dans les vastes étendues au cours de la fuite éperdue de Sigmund, bercé et choyé par la délicieuse Sieglinde, houspillé par une irascible Fricka, soufflé par une extraordinaire chevauchée de créatures majestueuses et bouleversé par un Wotan anéanti de condamner l’élue de son âme, une Brünnhilde éblouissante et inoubliable. L’absence de mise en scène était à peine perceptible, tant cet orchestre a pu produire des équivalences visuelles que les interprètes ont su merveilleusement sublimer.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Walkuere_192-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-161854"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Andrea Kremper</sup></figcaption></figure>


<p>D’ailleurs, le choix des tenues portées par les chanteurs, s’il était peut-être aléatoire, avait l’air d’être plus que concerté. Robe lamée vif-argent et fausse armure à la <em>Excalibur </em>de John Boorman pour l’interprète de Brünnhilde, vêtement couleur bronze sur la peau idoine du sculptural Hunding, atours noir de jais pour les fières guerrières, motif écru et noir à la Matisse pour l’épouse tout en duplicité et robe fleurie printanière pour la jumelle désespérée qui s’éveille à l’amour à la fois pur et vénéneux, tout un univers visuel a pu jaillir de cette production époustouflante. Chaque instrument semble avoir pu s’exprimer à l’égal de chacun des solistes.</p>
<p>Venons-en, à ces solistes d’exception&nbsp;: à qui donner la préséance&nbsp;? Sans doute à <strong>Tamara Wilson</strong>, extraordinaire Brünnhilde, dont l’autorité et la précision vocale met encore davantage en valeur le caractère juvénile de son interprétation du personnage. La soprano américaine a su insuffler à la guerrière toute une palette de sentiments et d’émotions dont émergent une sagesse et une maturité impressionnantes. <strong>Brian Mulligan</strong> confère à son Wotan une délicatesse doublée de fragilité particulièrement touchantes. Ce dieu aux pieds d’argile est terriblement humain, dépassé par ses propres contradictions. Le timbre séduisant du baryton transcende les colères et atermoiements d’un personnage attachant au possible. S’il incarne Siegmund pour la première fois, <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> semble avoir tout compris de ce rôle qui lui sied comme un gant. À ses côtés, la fabuleuse <strong>Elza van den Heever</strong> illumine une Sieglinde tour à tour effacée et puissamment amoureuse et déterminée. Elle nous avait, sur cette même scène, fait chavirer en impératrice dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-baden-baden/">Die Frau ohne schatten</a></em>, nous avait profondément émue en Chrysothemis dans la récente <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-elektra-baden-baden/">Elektra</a></em> et nous éblouit encore. Puisse-t-elle continuer longtemps à briller au Festspielhaus… En habituée du rôle, l’Écossaise <strong>Karen Cargill</strong> restitue toute la puissance pernicieuse d’une déesse qui est également une épouse trahie et humiliée avec brio et aisance. Par ailleurs, <strong>Soloman Howard</strong> en Hunding est un époux irritable et maléfique d’une sensualité rare. Son physique avantageux taillé à la serpe lui confère une séduction violente de superhéros échappé des <em>300</em> qui se met en accord avec une voix de bronze aux nuances délicates. Enfin, les huit guerrières forment un octuor dont on se souviendra longtemps… La diction reste à peaufiner chez l’une ou l’autre d’entre elles, mais toutes sont formidables et très prometteuses.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="552" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Walkuere_Applaus_010-1024x552.jpg" alt="" class="wp-image-161855"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Andrea Kremper</sup></figcaption></figure>


<p>Ces solistes et leur chef auront donc produit une très grande impression au bord du Rhin, faisant presque oublier la fabuleuse <em>Walkyrie </em>donnée sur la scène du Festspielhaus en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-baden-baden-au-doigt-et-sans-baguette/">2016</a>. On espère pour le public parisien que le miracle puisse se reproduire ce samedi 4 mai au TCE, avec la même distribution. Un rendez-vous à ne surtout pas manquer ! On attend les deux prochains épisodes avec une immense impatience…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-baden-baden/">WAGNER, Die Walküre – Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; New-York (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-new-york-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jan 2024 08:22:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2001, la production de Nabucco signée Elijah Moshinsky avait déjà fait l’objet d’une diffusion dans les cinémas en janvier 2017 avec la même soprano et la même basse. La présence de Placido Domingo dans le rôle-titre qui lui avait valu quatre ans plus tôt un triomphe à Londres où il avait déjà Ludmilla &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 2001, la production de Nabucco signée <strong>Elijah Moshinsky</strong> avait déjà fait l’objet d’<a href="https://www.forumopera.com/breve/placido-domingo-infatigable-dans-nabucco-a-new-york/">une diffusion</a> dans les cinémas en janvier 2017 avec la même soprano et la même basse. La présence de Placido Domingo dans le rôle-titre qui lui avait valu quatre ans plus tôt un triomphe à Londres où il avait déjà Ludmilla Monastyrska comme partenaire, constituait l’intérêt majeur de cette retransmission. Cette fois, on peut se demander ce qui justifie ce choix puisqu’il ne s’agit pas d’une nouvelle production et qu’il n’y a parmi les personnages principaux aucune prise de rôle susceptible d’attirer les foules. Le Met nous propose donc une soirée de routine qui distille un sentiment de déjà vu et surtout de déjà entendu, après les magnifiques découvertes qu’il nous a offertes à l’automne dernier. Mais au Met, même la routine n’est pas dénuée d’intérêt. Si aucun des rôles de premier plan ne réserve de véritable surprise, c’est parmi les personnages secondaires que nous aurons découvert une révélation prometteuse.</p>
<p>L’intrigue est située dans l’antiquité, les costumes d’<strong>Andreane Neofitou </strong>n’évoquent aucune époque précise, les choristes sont vêtus de couleurs claires, tuniques et pantalons larges pour les hommes, robes modestes pour les femmes, certaines portent bizarrement une charlotte sur la tête. Abigaille arbore des tenues bien plus seyantes qu’en 2017. En revanche on se demande pourquoi lorsqu’elle s’installe sur le trône elle tient dans ses mains les attributs dévolus aux pharaons d’Egypte. Placés sur une tournette, les décors de John Napier représentent d’un côté le temple de Jérusalem figuré par d’énormes blocs de granit de couleur claire, de l’autre le palais de Nabucco constitué d’un grand escalier surmonté d’une statue dorée représentant une idole païenne. La direction d’acteurs, minimaliste, se contente de propoposer aux protagonistes des gestes convenus.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="606" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco.-Marty-Sohl.-Met-Opera-.2-1024x606.jpg" alt="" class="wp-image-153854"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Nabucco, © Marty Sohl / Met Opera</sup></figcaption></figure>


<p>Familier du rôle de Nabucco qu’il a déjà chanté à Orange et Vérone notamment, <strong>George Gagnidze</strong> propose une vision monolithique du roi de Babylone. Les moyens semblent importants, la ligne vocale soignée, le legato impeccable mais l’interprète demeure placide et ses accès de colère n’impressionnent pas. Seules ses interventions au dernier tableau où il clame son repentir et son amour paternel distillent une émotion palpable. En 2013 à Londres, <strong>Liudmyla Monastyrska</strong> avait fait sensation en incarnant une flamboyante Abigaille qui semblait se jouer des difficultés d’une partition réputée périlleuse. Au Met, en 2017, les moyens étaient toujours là mais la soprano ukrainienne avait paru gênée aux extrémités de la tessiture. Cette fois, si elle parvient encore à rendre justice à la partition en dépit de quelques vocalises savonnées, l’effort est palpable dans le suraigu et le grave est exagérément poitriné. Reste un beau legato dans son grand air du deuxième acte « Anch&rsquo;io dischiuso » et une incarnation toujours convaincante comme en témoignent les gros plans d’<strong>Habib Azar</strong>. <strong>Dmitry Belosselskiy</strong> incarne un Zaccaria imposant et solennel. Le timbre est profond et le legato souverain dans son air « Vieni o levita ». Il affronte crânement les difficultés de sa grande scène du premier acte « Sperate o figli » mais se trouve à cours de grave dans « O chi piange ». Soulignons, les interventions pleinement convaincantes de <strong>Scott Scully</strong> en Abdallo, ainsi que de <strong>Brittany Olivia Logan</strong> et <strong>Le Blu</strong>, respectivement Anna et Le Grand prêtre de Baal, tous deux membres du <em>Lindemann Young Artist Development Program</em> et gardons pour la fin, les prestations captivantes de <strong>Seokiong Baek</strong> et <strong>Maria Barakova.</strong> Le ténor sud-coréen effectuait des débuts remarqués sur la scène du Met. Le timbre est clair, la projection apparemment idéale et le style adéquat. Son interprétation tout à fait émouvante d’Ismaël lui a valu de chaleureux applaudissements au rideau final. Dotée d’un physique de jeune première, la mezzo-soprano russe a constitué la révélation de la soirée. Son indéniable présence, la beauté de son timbre délicatement fruité et la justesse de son incarnation ont été saluées par une ovation méritée de la part du public.</p>
<p>A la tête d’un Orchestre du Met en grande forme, <strong>Daniele Callegari</strong> a proposé une direction magistrale, à la fois précise et énergique. Le chef italien se plait à accélérer le tempo dans les scènes de foule afin de produire un effet spectaculaire et à ralentir dans les airs où les personnages s’épanche pour mieux souligner leurs émotions.</p>
<p>Le samedi 27 janvier prochain le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live, une nouvelle production de <em>Carmen</em> signée Carrie Cracknell avec Aigul Akhmetshina et Piotr Beczala.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-new-york-streaming/">VERDI, Nabucco &#8211; New-York (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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