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	<title>Jane BUNNEL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>I pagliacci&#124;Cavalleria rusticana — New York</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jan 2018 06:31:21 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis un premier couplage (inversé) au Metropolitan Opera en décembre 1893, <em>Cavalleria rusticana</em> et <em>Pagliacci</em> sont généralement donnés l&rsquo;un à la suite de l&rsquo;autre, mais plus rarement avec le même ténor. Turiddu est plutôt distribué à des ténors <em>spinto</em> à la voix large, tandis que Canio peut être chanté par des voix plus lyriques. <strong>Roberto Alagna</strong> fait partie des rares chanteurs capables d&rsquo;assurer les deux rôles dans la même soirée. En Turiddu, le ténor affiche une voix toujours aussi fraîche, sans problèmes de projection et à l&rsquo;aigu brillant mais quand même moins percutant que celui d&rsquo;un <em>spinto</em>. La diction est impeccable, avec une belle musicalité. Dramatiquement, Alagna tente de renouveler le personnage. Turiddu n&rsquo;est plus un joli coeur macho, égoïste et sans beaucoup de scrupules. C&rsquo;est plutôt un jeune homme sincèrement désolé des peines de Santuzza, mais irrésistiblement attiré vers Lola. Effectivement, on peut voir la situation dramatique comme cornélienne : Lola et Turridu s&rsquo;aimaient avant le départ de ce dernier pour l&rsquo;armée ; à son retour, la place est prise mais on ne peut pas lutter contre l&rsquo;amour. Après tout, ce serait la situation de Roméo et Juliette si la jeune fille avait eu le temps d&rsquo;épouser Tybalt. Le choix reste tout de même discutable, tant la musique nous semble davantage correspondre à des instincts plus prosaïques (en témoigne la ballade de Lola, digne de l&rsquo;allumeuse qu&rsquo;elle est, puisque c&rsquo;est la jalousie envers Santuzza qui l&rsquo;a conduite à séduire à nouveau Turridu). En revanche, ce parti cadre bien avec l&rsquo;approche musicale du ténor français. A ses côtés, <strong>Ekaterina Semenchuk </strong>ne semble pas avoir de telles préoccupations intellectuelles : le personnage est générique, certes pas romantique, mais pas davantage vériste. Le mezzo biélorusse peut compter sur un timbre superbe et une voix d&rsquo;une qualité égale sur toute la tessiture, mais les aigus ne sont guère percutants : or, dans ce style de musique, ils n&rsquo;ont pas une fonction décorative, mais bien dramatique. Le désespoir ou la colère finissent ici par être exprimés de manière insuffisante. <strong>George Gagnidze</strong> campe un Alfio scéniquement bien caractérisé, mais le chant manque de variété, de couleurs. La Lola de <strong>Rihab Chaieb </strong>offre un beau timbre, une parfaite musicalité et un engagement scénique impeccable. <strong>Jane Bunnell</strong>, en revanche, campe une Mamma Lucia trop discrète. La mise en scène de <strong>David McVicar </strong>est excessivement stylisée. Dans l&rsquo;opéra vériste, il est assez incongru de voir danser sur la musique (ce qui est déjà souvent insupportable dans le Rossini bouffe !) . Le metteur en scène cède également à la mode de actuelle de représenter hommes et femmes comme des ennemis, situation à laquelle nous aurons droit à nouveau le lendemain pour <em>Il Trovatore</em> (on se demande dans quel monde ces gens vivent). Plastiquement, le décor est sobre et superbe, subtilement éclairé, mais l&rsquo;ouvrage semble se passer la nuit&#8230; et non le matin de Pâques (à moins que l&rsquo;action ne soit transposée dans l&rsquo;hémisphère sud).</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="340" src="/sites/default/files/styles/large/public/cavp_2188a_-_copie_2.jpg?itok=_ts1nNo2" title="© Ken Howard/Metropolitan Opera" width="468" /><br />
	© Ken Howard/Metropolitan Opera</p>
<p>Pour <em>Pagliacci</em>, McVicar utilise le même fond de décors, de jour cette fois et, effectivement, entre ces deux opéras, c&rsquo;est le jour et la nuit à tous points de vue. L&rsquo;action est transposée après guerre. McVicar y ajoute des éléments burlesques, dont trois rôles muets, calqués sur les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.cinechronicle.com/wp-content/uploads/2010/12/The-Three-Stooges1.jpg">Three Stooges</a>, qui animeront avec drôlerie le spectacle final. On est moins convaincu par l&rsquo;apparition de Tonio en costume à paillettes, micro à la main, pour le prologue devant le rideau. Ici, McVicar fait la même erreur que Zeffirelli dans la production précédente : c&rsquo;est Leoncavallo qui s&rsquo;exprime au travers de de Tonio dans une géniale mise en abyme. Son apparence physique ne doit pas évoquer celle d&rsquo;un artiste, mais la banalité de tout un chacun. Scéniquement,  Alagna renouvelle ici encore l&rsquo;approche classique. Son Canio est un artiste fragile, presque bipolaire, touchant dans ses pitoyables imitations chaplinesques, d&rsquo;une fausse jovialité quand il discute avec les villageois (qui sont avant tout de possible clients qu&rsquo;il tente de séduire). Vocalement, la réussite est indéniable, la voix se moulant parfaitement dans le personnage. Dans l&rsquo;absolu, la voix d&rsquo;<strong>Aleksandra Kurzak</strong> manque un peu de largeur, mais la musicalité et l&rsquo;intelligence de la soprano emportent l&rsquo;adhésion. Scéniquement, le personnage est impeccablement caractérisé. George Gagnidze campe là encore un personnage scéniquement assez subtil, mais l&rsquo;interprétation vocale reste plus sommaire. Vocalement, le Beppe d&rsquo;<strong>Andrew Bidlack </strong>est sympathique, sonore, mais avec un aigu un peu à l&rsquo;arrachée. Leoncavallo n&rsquo;a pas gâté l&rsquo;interprète de Silvio, et il faut un chanteur exceptionnel pour faire passer certains tunnels. Remplaçant Alessio Arduini souffrant, <strong>Alexey Lavrov </strong>fait le job. La direction de <strong>Nicola</strong> <strong>Luisotti</strong> nous a paru un peu trop raffinée, offrant des douceurs là où l&rsquo;on attenddu piment. Très sollicités, les choeurs du Metropolitan sont absolument royaux. </p>
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