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	<title>Dashton BURTON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Dashton BURTON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-paris-philharmonie-de-la-scene-au-concert-avec-le-meme-succes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Apr 2017 05:41:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Représentée en mars à l’Opéra de Dijon dans une mise en scène de David Lescaut, La Flûte enchantée dirigée par Christophe Rousset à la tête des Talens lyriques est reprise à la Philharmonie de Paris en version de concert avec la même distribution. Le fait qu’elle ait été donnée au théâtre procure davantage de liberté &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Représentée <a href="http://www.forumopera.com/la-flute-enchantee-dijon-laffaire-sarastro-une-flute-">en mars à l’Opéra de Dijon</a> dans une mise en scène de David Lescaut, <em>La Flûte enchantée</em> dirigée par Christophe Rousset à la tête des Talens lyriques est reprise à la Philharmonie de Paris en version de concert avec la même distribution. Le fait qu’elle ait été donnée au théâtre procure davantage de liberté aux interprètes qui, débarrassés de leurs partitions, évoluent sur scène avec une aisance et une spontanéité réjouissantes. Le plateau, constitué de jeunes chanteurs talentueux et enthousiastes, dotés de physiques avenants, est dominé par l’éblouissant Tamino de <strong>Julian Prégardien</strong>. Le ténor allemand possède une voix bien projetée, un timbre radieux qui séduit d’emblée, un phrasé élégant et un art de la déclamation impeccable. Son prince racé et viril ne manque pas d’atouts et se situe bien au-dessus de ceux que l’on a pu écouter récemment. Sur les mêmes cimes se hisse La Reine de la nuit de <strong>Jodie Devos</strong>. Loin des rossignols mécaniques que l’on entend parfois dans ce rôle, la jeune soprano offre un portrait complet de son personnage, touchante dans son premier air, animée d’une rage vengeresse dans le second, avec une voix ample qui se joue avec brio des difficultés techniques de la partition et remplit sans peine le vaste espace de la Philharmonie. <strong>Siobhan Stagg</strong> campe une Pamina délicate et sensible, son « Ach, ich fühl’s » pris dans un tempo retenu, capte l’attention du public qui l’écoute dans un silence recueilli avant de l’applaudir avec enthousiasme. Plus charmeur que froussard, le Papageno de <strong>Klemens Sender</strong> se démarque par sa bonhommie et son charisme. La voix est solide, le timbre agréable et l’acteur convaincant, en particulier dans les dialogues parlés. Ses mimiques ne manquent pas de déclencher les rires du public. A ses côtés <strong>Camille Poul</strong> est une exquise Papagena au timbre joliment fruité. L’orateur noble et solennel de <strong>Christian Immler </strong>en impose davantage que le Sarastro de <strong>Dashon Burton</strong> qui, malgré un physique altier et un timbre de bronze, se trouve partiellement handicapé par un registre grave confidentiel, notamment au second acte. Il faut dire que le diapason baroque ne lui facilite pas la tâche. Le timbre un rien nasal de <strong>Mark Omvlee</strong> lui permet de composer avec conviction un personnage à la fois pleutre et déplaisant. Enfin les trois Dames, malicieuses et espiègles, possèdent des voix parfaitement assorties d’où émerge le joli soprano <strong>Sophie Junker</strong>, tandis que les trois enfants tirent leur épingle du jeu sans trop malmener la justesse.</p>
<p><strong>Christophe Rousset</strong> propose une direction chatoyante et théâtrale avec des tempos généralement rapides qui alternent avec des passages extrêmement lents, comme en suspension, où l’émotion affleure, par exemple dans les airs de Tamino et Pamina. On peine à croire qu&rsquo;il s&rsquo;agit de sa première <em>Flûte enchantée</em> tant sa conception de l&rsquo;ouvrage est aboutie. Les Talens lyriques en grande forme, rondeur des cordes, précision de vents, ainsi que les excellents chœurs de l’Opéra de Dijon concourent à la réussite de cette soirée longuement ovationnée par une salle archi-comble.  </p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-flute-enchantee-dijon-laffaire-sarastro-une-flute-qui-interroge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Mar 2017 00:53:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De la fable magique, enfantine, au drame sacré, la polysémie du livret de La Flûte enchantée a invité l’imaginaire des metteurs en scène à nous proposer les lectures les plus diverses, voire les plus opposées. L’approche de David Lescot est résolument novatrice dans la mesure où elle réfute ces deux extrêmes. Ni merveilleux, ni rituel maçonnique, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De la fable magique, enfantine, au drame sacré, la polysémie du livret de <em>La Flûte enchantée</em> a invité l’imaginaire des metteurs en scène à nous proposer les lectures les plus diverses, voire les plus opposées. L’approche de <strong>David Lescot</strong> est résolument novatrice dans la mesure où elle réfute ces deux extrêmes. Ni merveilleux, ni rituel maçonnique, il nous entraîne sur une troisième voie, surprenante. Le temps de l’ouverture lui permet d’expliciter l’histoire qu’il nous propose et d’introduire l’action de façon cohérente. Sarastro et la Reine de la nuit se sont aimés d’amour tendre. Passée la naissance de Pamina, le couple s’est lézardé puis déchiré, avec une seconde naissance, celle de… Papageno, voué à l’abandon (naissance non-désirée ? adultérine ?). Un phylactère projeté explicite cet avant, vieux de vingt ans – assorti de gros plans vidéos qui nous familiarisent aux traits des deux personnages – quand se lève le rideau. Entre-temps, notre vieux monde a été détruit par un cataclysme, et les survivants, réfugiés sous terre, sont les protagonistes de cette singulière <em>Flûte</em>. Le premier acte se déroule ainsi dans un décor désertique, brûlé par le soleil le plus ardent, le second dans les ruines d’un complexe commercial. Le trash, le morbide, la laideur de la plupart des costumes, d’un paysage vitrifié ou de lugubres ruines – assortis de la pénombre ou de l’obscurité – réduisent, ou altèrent singulièrement l’ouvrage dont la lumière est une des données fondamentales. Le public vient-il pour retrouver les images de Tchernobyl, d’Alep ou du Dombass ?  Le propos de David Lescot se veut politique, au sens noble. Il nous interroge, quitte à susciter la désapprobation ou le rejet. Incontestablement, sa lecture permet une approche renouvelée de la relation – fraternelle en l’occurrence – de Pamina et de Papageno tout au long du premier acte. Mais simultanément, son parti pris dérange, de modifier la fonction de Sarastro – devenu démagogue autoritaire, chef de secte – et la psychologie de Papageno qu’il imagine rebelle plus que <em>Naturmensch</em>, hédoniste. L’ensemble fonctionne, incontestablement, mais l’esprit en est perverti.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/l1000414_la_fluite_enchanteie_2017_ac_gilles_abegg_opeira_de_dijon.jpg?itok=uxID70Io" title="Pamina, Tamino encadré par les deux hommes d'armes © Gilles Abbeg - Opéra de Dijon" width="468" /><br />
	© Opéra de Dijon &#8211; Gilles Abbeg</p>
<p>L’émerveillement et l’émotion seront donc exclusivement musicaux. En dehors d’une ouverture et de la marche des prêtres qui débute le second acte, prosaïques, dépourvues de toute sacralité, conformément au projet de David Lescot, c’est un grand bonheur que cette <em>Flûte</em> revisitée par <strong>Christophe Rousset</strong>. Sans jamais retomber dans une reconstruction muséographique, il met tout son art au service d’une sorte de retour aux sources, au texte et à l’esprit. Tout concourt à cette réussite. Les équilibres entre la fosse et le plateau sont subtils et idéaux. Des tempi, dont on n‘est pas forcément familiers, concourent à une force dramatique, à une authentique émotion. La retenue extrême des airs chargés d’émotion (« Dies Bildnis », « Ach ich fühl’s », tout particulièrement), l’animation d’autres entraînent notre adhésion. Le souffle dramatique est bien là, avec des récitatifs souples, où la métrique s’estompe au profit du verbe. Les articulations, les phrasés et nuances nous font proprement redécouvrir ce chef-d’œuvre. Il est servi par ses <em>Talens lyriques</em> au mieux de leur forme, et par une distribution d’excellence : jeune, pleinement engagée, avec des voix sonores, fraîches, familières de l’allemand, y compris dans les passages parlés, ce qui ne gâte rien.</p>
<p>Qui citer en premier ? Certainement la Reine de la Nuit idéale de<strong> Jodie Devos</strong>, dont les moyens superlatifs sont au service de l’émotion. Son premier air est une plainte, sa douleur est vraie, tout comme le second celui d’une furie. Malgré l’abondance des interprètes que l’on garde en mémoire, son interprétation force l’admiration. On oublie la pyrotechnie – bien réelle – pour la vérité d’une femme blessée et humiliée. Tamino, <strong>Julian Prégardien</strong>, partage cette vérité dramatique, avec, lui aussi, la voix idéale pour ce rôle, rayonnant dans toutes ses interventions, chantées comme parlées. Sa Pamina (<strong>Siobhan Stagg</strong>) beauté vocale radieuse, voix longue et colorée nous émeut. Chacun de leurs airs, tout comme leur duo final avec le chœur sont des moments forts. Les trois dames sont exceptionnelles par leur vie, leur harmonie et leurs couleurs (<strong>Sophie Junker, Emilie Renard, Eva Zaïcik</strong>). <strong>Klemens Sander</strong> chante Papageno, rôle très lourd, tant vocalement que dramatiquement. Les moyens, la diction, la présence sont au rendez-vous, mais, corseté dans la conception du rôle par le metteur en scène, il se trouve privé d’une part de ses atouts. Le comique comme le tragique (la tentative de pendaison) sont écrasés, hélas, et ne produisent pas les effets attendus. Délicieuse, à croquer est la Papagena de <strong>Camille Poul</strong>. Le Monostatos est remarquablement campé par <strong>Mark Omvlee</strong>,  voix claire, sonore et agile. Il nous propose un remarquable « Alles fühlt der Liebe Freuden ». Malgré une émission faible des graves, le Sarastro puissant, viril, de <strong>Dashon Burton</strong> offre de belles couleurs. Il souffre aussi de la conception imposée par David Lescot, qui le fait aboyer dans son dialogue avec l’Orateur, et le prive ainsi de vraisemblance. <strong>Christian Immler</strong> est un orateur impressionnant, animé, juste, puissant. Les petits rôles ne connaissent aucune faiblesse. Loubards et/ou moines inquiétants, encapuchonnés, les prêtres circulent dans la pénombre. Leur chant nous réserve des moments forts, les seuls qui nous donnent quelques gouttes de l’esprit de <em>Parsifal</em> dans ce monde lugubre. La plastique des phrases, les couleurs de l’émission atteignent le plus haut niveau.</p>
<p>Le chef-d’œuvre sera l’enregistrement audio, pas la vidéo, propre à susciter bien des débats et des réserves.</p>
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		<title>RAMEAU, Castor et Pollux — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/castor-et-pollux-toulouse-le-bonheur-etait-dans-la-fosse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2015 04:41:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Hippolyte et Aricie et Les Indes Galantes, que le Capitole programme Castor et Pollux ne pouvait que réjouir, d’autant que le tandem Christophe Rousset-Mariame Clément était a priori garantie de haute qualité artistique. Le premier, qui fréquente Rameau depuis des lustres, en est à sa troisième production de cet ouvrage, et quant à la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>Hippolyte et Aricie </em>et <em>Les Indes Galantes</em>, que le Capitole programme <em>Castor et Pollux</em> ne pouvait que réjouir, d’autant que le tandem Christophe Rousset-Mariame Clément était a priori garantie de haute qualité artistique. Le premier, qui fréquente Rameau depuis des lustres, en est à sa troisième production de cet ouvrage, et quant à la deuxième depuis ses débuts à Lausanne son intelligence et sa sensibilité sont pour nous indiscutables. Pourquoi, alors, ce spectacle ne nous a-t-il pas entièrement comblé ?</p>
<p>Dès ses débuts la tragédie lyrique à la française a eu une vocation idéologique. A de très rares exceptions près, elle finit toujours bien : un deux ex machina intervenant in extremis change le destin des héros, qui échappent ainsi au seul malheur irrémédiable, la mort, pour trouver la récompense de leur piété et de leur vertu. Dans la version de 1737 comme dans celle de 1754 qui nous occupe ici <em>Castor et Pollux </em>répond à ce schéma. Sauf qu’en en leur accordant la vie à tous deux  le maître du monde n’agit pas selon son « bon plaisir », selon l’expression consacrée du pouvoir absolu, mais entérine le mérite de  héros mutuellement généreux et altruistes jusqu’au sublime. Ce dénouement n’est donc pas une fin mais un commencement : celui d’un avenir commun où ils seront égaux. Et dans ses deux versions l’œuvre se termine par des réjouissances universelles.</p>
<p>C’est là pour nous que le bât blesse dans la mise en scène de <strong>Mariame Clément</strong>. Il nous semble en effet évident que l’œuvre parle, aujourd’hui comme à la création, du bonheur qui peut naître de la fraternité, de sang ou d’élection, vécue comme un engagement total et réciproque, et le propose donc comme un objectif exaltant, à poursuivre par amour et/ou par raison. Or la mise en scène rattache sans cesse les héros à leur passé, enfance ou adolescence, et donne pour conclusion au spectacle un cortège funèbre et le désespoir d’une survivante prisonnière pour l’éternité (?) de ses inutiles regrets. Sans nier le moins du monde la force prégnante des images proposées et l’habileté consommée avec laquelle les « temps morts » que la musique des danses constitue dans cette production sont meublés – par ces doubles qui représentent des épisodes du passé des héros –ce n’est pas l’œuvre qui nous parle, mais ce qu’en dit Mariame Clément. Sans vouloir l’offenser cela nous semble moins important que les données choisies par le librettiste et le compositeur. A insister sur le poids du passé, par les épisodes liés à l’enfance et aux figures paternelle et maternelle – celle-ci brillamment réitérée – elle évacue l’héroïsme. Les obstacles semblent surgir de la mémoire, les conduites naître moins d’une volonté que d’une nostalgie, et cela escamote la portée philosophique de l’œuvre.  De plus, l’absence de chorégraphie aboutit à transformer radicalement le climat de maintes scènes – les Ombres Heureuses semblent sortir de chez Madame Tussaud – jusqu’à trahir le livret. Sans doute cette « adaptation » allait-elle de soi pour le Theater an der Wien où la production a été créée, car il n’a pas de troupe de ballet, et le décor de <strong>Julia Hansen</strong> a probablement été conçu en fonction de cette absence. Il nous est difficile, à Toulouse, de surmonter la frustration, d’autant plus que du 2 au 5 avril le Ballet du Capitole propose un spectacle où il dansera, entre autres, sur de la musique de Rameau ! Cela dit, le décor monumental mais assez austère où le personnel semble sorti des cuisines de Downton Abbey  est exploité magistralement et répond vraisemblablement aux intentions de Mariame Clément. Les costumes, également signés Julia Hansen, constituent une transposition dans les années 1960 (?) dont la nécessité n’apparaît pas évidente et grince assez souvent avec l’archaïsme du texte. (On peut supposer que la dysphorie de la tenue de Phébé exprime son état d’âme). Le film signé <strong>Momme Hinrichs</strong> et <strong>Torge Moller</strong> concourt à insister sur la prégnance du passé. Quant aux lumières de <strong>Bernd Purkrabek</strong> elles paraissent surtout fonctionnelles.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_59p1465_dxo.jpg?itok=VZk_ZbTd" title="Antonio Figueroa (Castor) ©Patrice Nin" width="468" /><br />
	Antonio Figueroa (Castor) © Patrice Nin</p>
<p>Heureusement, si le spectacle nous laisse insatisfait malgré la rigoureuse cohérence de la conception, l’exécution musicale et vocale est de haut vol. Le chœur maison triomphe de la complexité harmonique conçue pour ses interventions et participe activement à la mise en scène. Chez les solistes, <strong>Konstantin Wolff </strong>est presque plus éloquent en apparition muette qu’en Grand Prêtre de Jupiter à la voix un peu étouffée. <strong>Sergey Romanovsky </strong>fait sensation dans l’ariette pour un athlète dont la tessiture étendue et le brillant semblent conçus pour faire la nique aux partisans de l’opéra italien. <strong>Dashon Burton </strong>impressionne presque davantage par sa stature que par sa voix mais il donne ainsi à Jupiter l’autorité requise par le rôle. <strong>Hasnaa Bennani </strong>passe avec rapidité d’un rôle à l’autre, figure maternelle support de la tendresse et de la nostalgie qui nourrit d’ambigüité les incitations de l’Ombre heureuse. <strong>Gaëlle Arquez, </strong>qui rappelle dans <a href="/actu/gaelle-arquez-je-fonctionne-a-coups-de-claques-artistiques">l’entretien qu’elle a accordé à Laurent Bury</a> son approche du répertoire baroque, surprend dans sa première scène par un vibrato très prononcé et quasiment incessant, ainsi que par une emphase déclamatoire quelque peu outrée, eu égard aux dimensions de la salle. La présence dramatique en revanche est impeccable. Il en est de même pour <strong>Hélène Guilmette</strong>, dont la grâce et la sensibilité sont intactes depuis les <em>Indes galantes </em>sur la même scène, et dont les piani flottants ensorcellent. A ses limites dans le grave en quelques endroits, <strong>Aimery</strong> <strong>Lefèvre</strong> est le Pollux sensible, voire indécis, qu’on lui a demandé d’incarner ; il serait malvenu dans ces conditions de lui reprocher de manquer un peu de noblesse et de fermeté. <strong>Antonio</strong> <strong>Figueroa</strong> enfin inquiète d’abord un peu parce qu’on attend plus de dynamisme et d’éclat pour les fusées de son ariette de la scène 5 ; mais son interprétation colle à cette conception scénique qui estompe  le côté mâle et guerrier des deux frères.</p>
<p>Sublimant le plateau, la magnifique interprétation des <strong>Talens Lyriques </strong>conduits par un <strong>Christophe</strong> <strong>Rousset </strong>à l’apogée de sa maîtrise, qui fait de cette soirée une volupté sonore constante et nous amène à une interrogation lancinante : pourquoi ne joue-t-on pas davantage Rameau ? Dans ces conditions, avec un riche effectif instrumental et des musiciens virtuoses, la musique suffit déjà à griser ! Il reste à souhaiter ardemment que, pour le prochain opéra de ce génie, le Capitole mettra en jeu toutes ses ressources !</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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