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	<title>Daniele CALLEGARI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 01 Jun 2026 07:39:26 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Daniele CALLEGARI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Aida &#8211; Palerme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-aida-palerme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En visite à Palerme, au sortir de la villa Malfitano, dont la première propriétaire, Tina Scalia Whitaker, fut elle-même cantatrice à la fin du XIXe siècle, l&#8217;on se surprend à remonter le temps dans le riche écrin du Teatro Massimo alors que le rideau se lève sur une Aida qui n’aurait pas démérité à l&#8217;époque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En visite à Palerme, au sortir de la villa Malfitano, dont la première propriétaire, Tina Scalia Whitaker, fut elle-même cantatrice à la fin du XIXe siècle, l&rsquo;on se surprend à remonter le temps dans le riche écrin du Teatro Massimo alors que le rideau se lève sur une <em>Aida</em> qui n’aurait pas démérité à l&rsquo;époque ou encore une génération plus tard dans le catalogue de la Metro Goldwyn Mayer.</p>
<p>Le choix d&rsquo;une production totalement classique à l&rsquo;orientalisme aussi assumé pourrait effrayer, mais ici, pas de naphtaline tant l&rsquo;équipe artistique a concerté ses talents au service d&rsquo;un plateau lyrique de haute volée. Les costumes étonnement évocateurs de l&rsquo;âge d&rsquo;or d&rsquo;Hollywood, créés par<strong> Ilaria Ariemme</strong> comme la scénographie d&rsquo;<strong>Antonella Conte</strong> sont sublimés par les lumières subtiles imaginées par <strong>Andrea Ledda</strong>, sans oublier les chorégraphies vivantes et joyeuses dues à <strong>Luigia Frattaroli</strong>.</p>
<p>Le choix étrange des pyramides de Gizeh en toile de fond est, espérons-le, simple clin d&rsquo;œil à la création de l&rsquo;opéra au Caire plutôt qu&rsquo;une erreur, puisque à côté de Memphis, prévaut la pyramide à degrés.</p>
<p>Cet ancrage pré-<em>Regietheater</em> pique finalement la curiosité du spectateur hexagonal. Ici, la mise en scène est ni plus ni moins qu&rsquo;une mise en images sans autre propos que celui de l&rsquo;histoire, sans thèse ni métaphores. Voilà qui s&rsquo;avère aussi littéral que troublant, mais pas déplaisant tant tout ici est fait avec panache.</p>
<p>Les Palermitains sont sur leur trente-et-un, les sièges du parterre incroyablement larges, rembourrés et le spectacle a tout d&rsquo;une superproduction hollywoodienne. Le <strong>chœur</strong> pléthorique – fort sollicité dans cet opus verdien – est d&rsquo;une formidable qualité tout comme l&rsquo;excellent <strong>orchestre du Teatro Massimo</strong>. Tous suivent comme un seul homme la battue étonnement sobre de<strong> Daniele Callegari</strong>. Si le chef n&rsquo;accumule pas les effets de manche, en revanche, il sait parfaitement doser les couleurs, les nuances : en dépit de l&rsquo;impressionnante masse sonore présente sur scène, l&rsquo;art consommé du pianissimo porte tout autant au frisson.</p>
<p>Autre hommage à l’école de chant italienne, la distribution vocale est dominée par l’exceptionnelle Amnéris de <strong>Daniela Barcellona</strong> : l&rsquo;abattage est proverbial, le focus exceptionnel, la technique parfaite avec une agilité dans le passage en voix mixte proprement époustouflante. L&rsquo;étoffe damassée du timbre régale tout autant que l&rsquo;incarnation prenante, profondément émouvante. L&rsquo;on vibre avec Amnéris, on adhère à son déchirement.</p>
<p>Face à elle, <strong>Maria José Siri</strong> pour sa cent dixième Aïda (!) accuse plus de fatigue vocale. Si l&rsquo;ambition est fort grande, les aigus glorieux, le travail des nuances se heurte parfois à des limites techniques bien que l&rsquo;intention soit sans reproche. Déjà applaudie à la Scala à plusieurs reprises, notamment dans ce même rôle, elle y a également été appréciée l&rsquo;an dernier dans les colossales arènes Vérone en remplacement de Marina Rebeka. C&rsquo;est dire si ses moyens sont importants. La cantarice n&rsquo;en abuse pourtant pas, avec des demi-teintes de toute beauté dès « Ritorna Vincitor » auquel les jolis <em>piani</em>, délicatement posés apportent une grande élégance tandis que « Numi, Pietà » en dépit de pianissimi fragiles n&rsquo;en demeure pas moins fort touchant tout comme « O patria mia », éminemment raffiné.</p>
<p>La confrontation des deux femmes, vocalement splendide, se trouve néanmoins desservie par le jeu de la soprano, un peu en dessous. Les deux femmes partagent avec <strong>Angelo Villari</strong> – l&rsquo;objet de leur désir – expressivité et sens de la ligne vocale. Les ensembles portent d&rsquo;ailleurs les qualités des solistes à leur meilleur et les voix s&rsquo;accordent idéalement.</p>
<p>Le ténor sicilien s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;un instrument tout de brillant et de vaillance, qui pour autant connaît la valeur de sons plus retenus et apporte beaucoup d&rsquo;humanité à son Radamès, car c&rsquo;est un excellent comédien. Bravoure de la projection, beauté du timbre sont patents dès le « Celeste Aïda ». Dommage que les aigus soient souvent interrompus d&rsquo;un coup de glotte, mais quelle richesse dans les harmoniques !</p>
<p>Le père de notre esclave éthiopienne est incarné par <strong>Claudio Segura</strong>, que les auditeurs français connaissent puisque, outre une importante carrière internationale, il a notamment été apprécié à Paris et à Lyon en 2024, dans la <em>Fanciulla del West</em>. On pourra lui reprocher une légère tendance au surjeu qui risque de faire basculer le personnage de la noirceur méphistophélique à un certain ridicule. Il offre en revanche un intéressant contraste avec le souverain d’Égypte tout de noblesse et de retenue proposé par <strong>Manuel Fuentès</strong>.</p>
<p>Après neuf représentations palermitaines, cette importante coproduction avec le Théâtre National Croate de Zagreb, où elle a été jouée en février et mars, sera reprise la saison prochaine en Hongrie, au Théâtre National de Debrecen.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>MASCAGNI, Iris &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-iris-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À 36 ans, Pietro Mascagni connait le triomphe avec son tout premier opéra, Cavalleria Rusticana (1890). Malheureusement pour lui, cet accueil critique et populaire ne se renouvellera pas et, sur une quinzaine d’ouvrages ultérieurs, aucun n’aura une destinée comparable. Certains titres connurent un succès relativement durable, encore qu’on ne les donne plus aussi régulièrement aujourd’hui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À 36 ans, Pietro Mascagni connait le triomphe avec son tout premier opéra, <em>Cavalleria Rusticana</em> (1890). Malheureusement pour lui, cet accueil critique et populaire ne se renouvellera pas et, sur une quinzaine d’ouvrages ultérieurs, aucun n’aura une destinée comparable. Certains titres connurent un succès relativement durable, encore qu’on ne les donne plus aussi régulièrement aujourd’hui :  <em>L’Amico Fritz</em> (et son aimable <em>Duo des cerises</em>) ou encore récemment<em> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-il-piccolo-marat-angers/">Il Piccolo Marat</a></em> (quasi inchantable pour les ténors actuels). D&rsquo;autres subirent en revanche des chutes mémorables, ainsi d&rsquo;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-le-maschere-wexford/"><em>I Maschere</em></a>, comédie créée simultanément à la Scala de Milan (avec Caruso, excusez du peu), Gênes, Parme, Rome, Venise, Vérone (au Teatro Filarmonico) et, deux jours plus tard à Naples. Comme quoi il ne suffit pas toujours d’une bonne idée markéting pour vendre le produit. Mascagni est donc aujourd&rsquo;hui l&rsquo;homme d&rsquo;un seul opéra. Il partage cette étrange fatalité avec son collègue Leoncavallo : le compositeur d’<em>I Pagliacci</em>, ouvrage régulièrement couplé avec <em>Cavalleria rusticana</em> (sauf dans les théâtres qui veulent faire leur intéressant (1)), eut même encore moins de succès dans la suite de sa carrière de compositeur.<br />Si <em>Cavalleria rusticana</em> reste un archétype de l’opéra vériste, Mascagni toucha à d’autres genres, comme on l’a vu avec<em> I Maschere</em>. <em>Il Piccolo Marat</em> est un drame historique, <em>Sì</em> une opérette&#8230; <em>Iris</em> fait partie de la veine symboliste. Le livret lui en a été proposé par Luigi Illica après le refus d&rsquo;Alberto Franchetti (qui dédaignera aussi le livret de <em>Tosca</em> !). À l’époque, on lui doit déjà de spendides réussites, seul ou accompagné : <em>La Wally</em>, <em>La bohème</em> (écrit avec Giuseppe Giacosa) ou <em>Andrea</em> <em>Chénier</em>, et plus tard <em>Tosca</em> et <em>Madama Butterfly</em> avec Giacosa dans les deux cas). Quand il travaillait en duo avec Giacosa, Illica se consacrait d&rsquo;abord à l&rsquo;architecture du livret, à sa progression dramatique, à son découpage, tandis que son acolyte intervenait ensuite pour reformuler les dialogues et offrir une versification plus harmonieuse, propice à la composition. Ces succès étaient de bon augure, mais, comme on dit à la Bourse, « Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ».</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="713" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0245-1024x713.jpeg" alt="" class="wp-image-201122"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>L’ouvrage commence par un saisissant prologue choral. Cette page est communément et improprement connue comme l’<em>Inno al sole</em> (<em>l’Hymne <strong>au</strong> soleil</em>) alors qu’il s’agit en fait de l’<em>Hymne <strong>du</strong> soleil</em>, l’astre étant ici symbolisé par le chœur. Iris est la très jeune fille d’un vieil aveugle. Simple et heureuse, elle en est encore à l&rsquo;âge des poupées. Alors qu’elle vient de faire un affreux cauchemar où, justement, sa poupée allait périr, elle remercie le soleil d’avoir dissipé son terrible songe. Sans le savoir, elle a attiré l’attention d’Osaka, jeune homme d’une riche famille noble. Osaka exige de son âme damnée Kyoto qu’il lui obtienne la jeune fille. Kyoto est un proxénète à la tête d&rsquo;une maison de geishas. Un chœur de lavandières se fait entendre. Iris chante les fleurs de son jardin. En dépit de son infirmité, son père remercie les divinités qui lui ont donné Iris pour le soutenir dans son malheur. Osaka et Kyoto, déguisés en comédiens ambulants, paraissent dans la rue, accompagnés d&rsquo;un cortège de musiciens, de geishas et d&rsquo;acrobates. Kyoto invite la foule à assister à leur spectacle de marionnettes : le Fils du soleil y viendra au secours d&rsquo;une belle et malheureuse jeune fille, Dhia. La représentation commence. Dhia a perdu sa mère. Elle a la voix d&rsquo;une des geishas de Kyoto. Elle est tourmentée par son père qui la maltraite et qui veut la vendre au marché (voix de Kyoto). Celle-ci est désespérée. Jor, le « Figlio del sole », apparait et lui lance, avec la voix d&rsquo;Osaka : « Veux-tu mourir ? Je te ferai mourir, mais je te ferai mourir embrassée par le soleil, puis je te conduirai à la terre éternelle où, ô ma fille, tu seras aimée ! ». Iris est débordée par l’émotion. Osaka prend la place de la poupée pour le dénouement final. Au milieu des danses, la jeune fille est enlevée par un comparse déguisé en vampire. Iris, pensant vivre un rêve, ne se débat même pas. Kyoto laisse au père aveugle une note (écrite !) accompagnée de quelques pièces, lettre dans laquelle il lui laisse croire que sa fille l’a abandonné de son plein gré. Le père maudit sa fille. Acte II : à Yoshiwara, le quartier tokyoite des geishas et des prostituées, « où le soleil ne pénètre jamais ». On entend la voix d&rsquo;une geisha qui chante une triste mélopée sans parole. Elle est interrompue par Kyoto. Le proxénète séquestre Iris dans sa maison de geishas. Kyoto et Osaka observent Iris dans son sommeil. Le jeune homme chante son amour pour la jeune fille. Iris se réveille et son chant confus démontre que la jeune fille est convaincue qu’elle est morte et qu’elle est au paradis. Osaka tente vainement de la séduire. Malheureusement pour lui, Iris associe sa voix à celle de Jor, le Fils du soleil : elle refuse les avances du jeune homme qu’elle persiste à confondre avec ce « Figlio del sole ». Elle demande à revoir son père, sa maison et son jardin. Dans l&rsquo;<em>aria della piovra</em> (<em>l&rsquo;air de la pieuvre</em>), elle se rappelle avoir vu, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;était qu&rsquo;une toute jeune fille, des dessins dans un temple représentant une enfant se faisant violer et tuer par un poulpe (étonnante allusion à une forme typique de pornographie japonaise, les <em>tentacules érotiques</em>, où les pires horreurs sont montrables dès lors que l&rsquo;un des participants n&rsquo;est pas totalement humain). Osaka embrasse la jeune fille, s&rsquo;attendant à ce qu&rsquo;elle se livre à lui, mais la jeune fille ne demande à nouveau qu&rsquo;à retrouver son père, sa maison et ses fleurs. L&rsquo;impatient jeune homme finit par se lasser et, considérant le cas d&rsquo;Iris comme désespéré vis-à-vis de ses projets, il exige de Kyoto que celui-ci le débarrasse d’Iris. Le souteneur choisit de revendre la jeune fille pour en tirer bénéfice. Avec violence, il a vite fait de la mettre au pas. Il la menace de rappeler le vampire. La malheureuse enfant est mise à l’encan, exposée sur le balcon de la maison de geishas. Pris de remords, Osaka revient sur les lieux et clame son amour pour elle. Simultanément, venu retrouver sa fille, son père la reconnait à sa voix, la maudit, et lui jette de la boue à la figure (!). Iris, qui se croit toujours au paradis, est désemparée par cette réaction. Elle se jette dans le puits des égouts. Acte III : dans l&rsquo;égout, des chiffonniers dépouillent Iris de ses riches vêtements. Elle revient à elle, la raison définitivement perdue (mais a-elle jamais été très nette ?). Elle croit entendre Osaka, Kyoto, puis son père, se moquer d’elle sur un ton égoïste. L’aurore commence à poindre. Iris se réjouit de sentir sur elle les chauds rayons du soleil levant. Elle meurt. Sous le baiser du soleil, son corps est transformé en iris. Une myriade de fleurs élèvent alors son âme au paradis (y retrouvera-t-elle un pote âgé ?), tandis que retentit à nouveau l’<em>Hymne au soleil</em>. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="814" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0153-1024x814.jpeg" alt="" class="wp-image-201123"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>A côté de celui d&rsquo;Iris, le sort de Madama Butterfly ferait donc presque figure de partie de plaisir. Le drame d&rsquo;Iris, c&rsquo;est que sa candeur, sa jeunesse, sa bonté naturelle, sa douce passivité, libèrent de fait les barrières mentales de ses bourreaux, à la manière de Claggart envers Billy Budd. Dans son retour en rêve, Osaka lance d&rsquo;ailleurs à Iris : « Il tuo gentile vezzo (&#8230;) è un&rsquo;umana tortura » (« Ton doux charme est une torture pour les hommes » ). Dans cet opéra à la charnière du vérisme et du symbolisme, l&rsquo;héroïne incarne la pureté, la nature, et elle est associée à la lumière et au soleil. Elle est comme tombée accidentellement dans un monde qui n&rsquo;est pas le sien. Osaka et Kyoto symbolisent la civilisation moderne, urbaine, la corruption et la nuit. On supposera que c&rsquo;est à dessein que ces patronymes ont été choisis parmi des noms de grandes villes : Osaka est un nom de famille rare, et Kyoto encore plus (une centaine de personnes) et par dessus le marché il se prononce&#8230; Miyakoto ! Comme nous l&rsquo;avons vu plus avant, Yoshiwara est désigné par Illica, dans les commentaires un brin pompeux qui accompagnent le livret, comme le quartier « où le soleil ne pénètre jamais ». Le père aveugle, dépourvu de la moindre compassion pour sa fille, pourrait aussi se rattacher à ce monde de la nuit. Sa voix se joint d&rsquo;ailleurs à celles d&rsquo;Osaka et Kyoto au dernier acte, chacun des trois hommes s&rsquo;exprimant égoïstement dans le dernier rêve d&rsquo;Iris. En dépit de sa mort, immolation d&rsquo;une âme pure, Iris n&rsquo;est pas non plus une figure christique : sa fin ne sauve personne. Pire : à l&rsquo;acte III, elle est déjà complètement oubliée, la nuit une fois passée. Personne n&rsquo;est venu à son secours. Elle meurt invisible de tous, dans un sacrifice vain et caché et seul le chœur lui répond. On est pourtant loin du miracle déchirant qui clôt <em>Suor Angelica. </em>Sa transmutation finale est d&rsquo;une beauté essentiellement formelle : venue de la lumière, elle retourne à la lumière après son court passage terrestre. Iris n&rsquo;était simplement pas de ce monde, de notre monde. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="750" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0097-1024x750.jpg" alt="" class="wp-image-201129"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>Il est probable que Mascagni ne voulait pas se contenter de variations faciles sur son premier succès et qu&rsquo;il souhaitait au contraire diversifier sa palette, ce qui est tout à son honneur. Il est probable aussi que le public attendait strictement l&rsquo;inverse : <em>Iris</em> fut un relatif succès à sa création, notamment critique, et fut repris dans quelques villes, mais l&rsquo;œuvre ne tarda pas à disparaitre de l&rsquo;affiche. En dépit d&rsquo;une indéniable richesse mélodique, l&rsquo;absence de grands airs immédiatement mémorisables eut probablement un impact négatif sur l&rsquo;accueil à long terme du grand public. Illica se refuse aux effets dramatiques faciles. De fait, l&rsquo;opéra ressemble parfois à un oratorio. Il ne se passe étrangement rien ou presque au premier acte, l&rsquo;enlèvement intervenant au bout de près de quarante-cinq minutes sur les cinquante de la première partie. Encore est-il suivi de la réaction assez apathique du père, qui appelle longuement et mollement sa fille disparue avant d&rsquo;apprendre les raisons (mensongères) de ce départ : on est très loin du <em>climax</em> verdien à la fin de l&rsquo;acte II de <em>Rigoletto </em>(mais peut-être cette absence d&rsquo;effet est-elle due au format concertant de la représentation). Alors qu&rsquo;à l&rsquo;entracte on se demande un peu ce qu&rsquo;on fait là, l&rsquo;ouvrage se met en place en seconde partie et devient captivant, notamment dans le contraste avec son démarrage, jusqu&rsquo;à une scène finale prenante sur laquelle nous reviendrons. La partition est par ailleurs d&rsquo;un grand intérêt musical. Mascagni s&rsquo;était lancé préalablement dans l&rsquo;étude de la musique japonaise, mais il sait éviter toute contrefaçon japonisante, contrairement à Puccini. Au passage, on se demande quelques fois si ce dernier ne se serait pas servi de quelques motifs de Mascagni pour des ouvrages ultérieurs. La musique offre de nombreuses originalités : le duo d&rsquo;Iris et de son père aveugle (l&rsquo;une chantant, l&rsquo;autre déclamant) ; le faux duo d&rsquo;amour qui est plutôt une suite de courts airs indépendants ; le sinistre air de la pieuvre d&rsquo;une étrange animation ; des danses qui préfigurent étonnamment celles de <em>Salome</em> sept ans plus tard ; les interventions rêvées chantées en coulisse ; le prélude aux cordes de l&rsquo;acte III ; et, finalement, le puissant chœur initial, dont la reprise créée l&rsquo;émotion qui nous est refusée dans la mort de l&rsquo;héroïne. Pour l&rsquo;anecdote, on signalera que l&rsquo;hymne a été utilisé à l&rsquo;occasion de l&rsquo;ouverture des Jeux Olympiques de Rome en 1960 et que le Met l&rsquo;avait choisi pour mettre en valeur ses forces chorales à l&rsquo;occasion de son gala du centenaire. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="718" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0008-718x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-201125"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>L&rsquo;ouvrage réserve l&rsquo;essentiel de la musique à Iris. <strong>Ermonela Jaho</strong> offre ici une magnifique composition dramatique, évoquant avec justesse les différentes émotions de la jeune fille : sa joie simple et pure initiale, la terreur (culminant dans l&rsquo;air de la pieuvre, longuement applaudi), le désespoir et finalement la résignation. La projection n&rsquo;est pas très puissante, mais Mascagni épargne le plus souvent à son héroïne les déchainements d&rsquo;un orchestre par ailleurs puissant, et cette fragilité convient bien à l&rsquo;héroïne. Bien utilisé, le léger vibrato de la chanteuse apporte même un surcroit d&rsquo;émotion. Le timbre, chaud et coloré, est idéal, les piani et pianissimi sont de toute beauté, dramatiquement en situation, au service d&rsquo;une interprétation frémissante. Le rôle d&rsquo;Osaka correspond parfaitement à la <em>vocalità</em> actuelle de <strong>Gregory Kunde</strong>. On pourrait même parler d&rsquo;une promenade de santé tant le ténor américain semble dominer sans effort cette tessiture tendue, avec une voix d&rsquo;une incroyable jeunesse. Le haut médium est très sollicité et les aigus <em>spinto</em> du ténor font vibrer les murs. Alors que le personnage est totalement antipathique, le chanteur essaie de l&rsquo;adoucir par son jeu, suggérant un amour et un remords sincères. <strong>Germán Enrique Alcántara</strong> offre un Kyoto au chant agréablement naturel, avec une voix chaude et puissante. Le baryton argentin campe un souteneur plus amoral que maléfique, oscillant entre l&rsquo;espiègle et l&rsquo;inquiétant. <strong>Jongmin Park</strong> déploie une impressionnante voix de basse, au timbre riche et profond et au noble phrasé. Après sa courte intervention à l&rsquo;acte II (il lit le message pour le père d&rsquo;Iris). <strong>Pablo García-López</strong> a davantage l&rsquo;occasion de briller dans l&rsquo;assez longue intervention du chiffonnier au début de l&rsquo;acte III, avec une voix bien posée, un aigu facile et un bon phrasé. On aura également apprécié la voix chaude et bien conduite de <strong>Carmen</strong> <strong>Solís</strong>, en particulier le mélancolique air de la geisha. Le <strong>Chœur du Teatro Real</strong> est impressionnant, homogène, sonore tout en restant musical. Les différents plans de la polyphonie de l&rsquo;Hymne au soleil sont rendus avec précision et clartés. Deux artistes du chœur, <strong>Iñigo</strong> <strong>Martín</strong> et <strong>Alexander</strong> <strong>González</strong>, interviennent en tant que solistes dans les rôles de deux autres chiffonniers avec des voix bien timbrées et qui passent la rampe malgré leur éloignement en fond de scène. Sous la baguette attentive et dévouée de <strong>Daniele Callegari</strong>, l&rsquo;<strong>Orchestre du Teatro Real</strong> rend parfaitement justice à la luxuriante orchestration de Mascagni et son éventail de couleurs. Le chef italien sait être attentif aux chanteurs et privilégie ici la douceur et la poésie sur les accents plus vifs ou dramatiques.</p>
<p>En dépit de la rareté de l&rsquo;œuvre, somme toute assez difficile, surtout en concert, le spectacle affiche complet ou presque. Le public est attentif et connaisseur, applaudissant par exemple les quelques airs aux bons endroits, et réserve un accueil chaleureux aux artistes au rideau final, dont une standing ovation bien méritée pour Ermonela Jaho.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="569" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0141-1024x569.jpeg" alt="" class="wp-image-201124"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>Quelques heures plus tôt, près du Théâtre Royal, dans la rue Hileras, un ancien bâtiment en cours de transformation en hôtel s&rsquo;est effondré. Près de 40 ouvriers travaillaient sur le chantier et plusieurs d&rsquo;entre eux ainsi que l&rsquo;architecte du projet étaient recherchés sous les décombres. Les causes de l&rsquo;accident ne sont pas encore connues et le bilan est actuellement de quatre morts. Avant le début du spectacle, un message de solidarité a été lu : « Les artistes et les employés du Théâtre Royal qui participent au concert de ce soir expriment leur solidarité avec toutes les personnes touchées par l&rsquo;accident survenu dans la rue Hileras. Merci beaucoup. »</p>
<ol>
<li>
<pre>L’initiative en revient au Metropolitan Opera. Il faut dire que leurs autres couplages laissent songeurs.<em> Cavalleria rusticana</em> fut créé par la compagnie dès 1891 à l’occasion d’une tournée à Chicago, en première partie... du premier acte de <em>La Traviata</em> ! L'ouvrage fut ensuite associé à <em>Orfeo ed Euridice</em>, à la création locale de <em>Philémon et Beaucis</em> de Gounod, et enfin à <em>I Pagliacci</em> (le 22 décembre 1893) sans que ce couplage ne s’impose d’ailleurs immédiatement : ultérieurement, il fut encore joué avec <em>Philémon et Beaucis</em> (avec la scène de folie d’<em>Hamlet</em> en bonus), l’acte II de<em> L’Amico Fritz</em>, <em>La Traviata</em> (complète cette fois),<em> Lucia di Lammermoor</em>, les deux premiers actes de <em>Carmen</em>... De son côté,<em> I Pagliacci</em> y pouvait être associé à<em> Orfeo ed Euridice</em>,<em> Lucia di Lammermoor</em>, <em>La Fille du Régiment</em> ou donné tout seul. Ces couplages divers, parfois complètement baroques, avec des opéras ou des ballets, ont bien sûr eu lieu à travers le monde et pas seulement au Metropolitan qui offre le mérite d'avoir des archives en ordre !</pre>
</li>
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		<title>MASCAGNI, Cavalleria rusticana / LEONCAVALLO, I Pagliacci – Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-cavalleria-rusticana-leoncavallo-i-pagliacci-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cavalleria rusticana (1890) et I Pagliacci (1892) ont initialement fait chambre à part jusqu&#8217;à ce que Metropolitan Opera décide de les réunir pour une même soirée, le 22 décembre 1893 (dans l&#8217;ordre inverse toutefois : l&#8217;ordre actuel sera de rigueur à partir du 2 mars 1894). Ce mariage arrangé dure toujours, à de rares exceptions &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Cavalleria rusticana</em> (1890) et <em>I Pagliacci</em> (1892) ont initialement fait chambre à part jusqu&rsquo;à ce que Metropolitan Opera décide de les réunir pour une même soirée, le 22 décembre 1893 (dans l&rsquo;ordre inverse toutefois : l&rsquo;ordre actuel sera de rigueur à partir du 2 mars 1894). Ce mariage arrangé dure toujours, à de rares exceptions près : ainsi, à Paris, on a vu <em>I Pagliacci</em> suivre <em>Il Tabarro</em> (1982) ou <em>Erzsebet</em> (1983), et <em>Cavalleria rusticana</em> précéder <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-sancta-susanna-paris-bastille-le-triomphe-des-mezzos/"><em>Sancta Susanna</em></a> (2016). <em>I Pagliacci</em>, plus souvent que <em>Cavalleria</em>, a plusieurs fois vécu sa vie en solitaire : Londres (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/pagliacci_londres.htm">Domingo, 2003</a>), Turin (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/i-pagliacci-turin-la-musique-au-secours-du-theatre/">de Leon, 2017</a>), Bologne (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/leoncavallo-i-pagliacci-bologne/">Kunde, 2024</a>) ou encore Venise la saison prochaine. Quoique les deux ouvrages n&rsquo;aient rien en commun en termes d&rsquo;unité d&rsquo;action, plusieurs metteurs en scène ont tenté de les rapprocher dramatiquement. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/plusieurs-grandes-voix-et-une-revelation/">À Bastille (2012)</a>, Giancarlo Del Monaco déplaçait le prologue d&rsquo;<em>I Pagliacci</em> (sorte de manifeste du vérisme) avant le début de <em>Cavalleria</em>. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-i-pagliacci-londres-roh-contre-vents-et-marees/">À Londres</a>&nbsp;et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-pagliacci-bruxelles-la-monnaie-triple-meutre-a-bruxelles/">à Bruxelles</a>, Damiano Michieletto maria beaucoup plus intimement les deux ouvrages dans une production devenue une référence, avec une unité de temps et quasiment de lieu (fête de Pâques le matin, spectacle de clowns le soir dans le village voisin, personnages d&rsquo;une œuvre apparaissant muettement dans l&rsquo;autre). Tout brillant qu&rsquo;il soit, l&rsquo;exercice restait toutefois artificiel.</p>
<p>Pour cette nouvelle production, créée un peu plus tôt dans la saison et reprise pour le festival, <strong>Francesco Micheli</strong> va encore plus loin, en faisant de Turridu (<em>Cavalleria</em>) et de Canio (<em>Pagliacci</em>) un seul et même personnage. Il transpose l&rsquo;action dans les années 60-70, période selon lui de forte immigration de la population italienne (historiquement, les années 60 marquent au contraire la fin du phénomène). Pour le metteur en scène italien, c&rsquo;est «&nbsp;l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme qui a perdu ses racines dans <em>Cavalleria</em> et qui, dans <em>Pagliacci</em>, essaie de recréer ses liens d&rsquo;origine au sein d&rsquo;une nouvelle communauté, mais qui y échoue lamentablement ». Mais pour ce faire, il faut sacrément tordre le livret puisque Turridu est supposé mourir dans le duel avec son rival Alfio&#8230;&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025__c__Geoffroy_Schied__3_-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194401" width="911" height="607"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Geoffroy Schied</sub></figcaption></figure>


<p>Pendant la musique du prologue, nous assistons (avec beaucoup de libertés) aux événements censés s’être déroulés avant le lever du rideau. Devant un carte postale géante « Estate 1960 », Turridu et Lola font leurs adieux en flirtant sur la plage. Le jeune homme va émigrer en Allemagne afin de gagner l’argent qui lui permettra de demander la jeune fille en mariage (dans le livret, il était parti pour l&rsquo;armée). Un petit wagon, estampillé « Palermo &#8211; München », l&#8217;embarque avec sa petite valise rouge. De temps à autres, on verra un double de Turridu, avec la même valise mais aussi un visage blanc et un nez rouge, assister aux événements. En l’absence de son amant, Lola est violée par le mafieux local, Alfio, et ses sbires. Elle est contrainte de l’épouser. Un an plus tard (« Un anno dopo » s’affiche en fond de scène), Turridu revient au village (cette fois le wagon affiche « Munchen &#8211; Palermo »). Il remet à sa mère émue une liasse de billets de banque, mais celle-ci lui apprend le mariage de Lola en son absence. Confrontée, la jeune femme tente de retrouver l’amour de Turridu mais, par dépit, il se venge d&rsquo;elle en séduisant Santuzza. Quand le père de celle-ci découvre la situation, et essaie de le contraindre au mariage, sous la menace d’une hache, il s’enfuit (« Palermo &#8211; München »). Fin du prologue. Six mois plus tard, (« Sei mesi dopo »), Santuzza est enceinte et vêtue de noir, elle attend devant l’église. Turridu est revenu (« Munchen &#8211; Palermo »). La foule est uniformément en blanc, arborant un bizarre costume folklorique. Les acolytes d’Alfio ont le visage maquillé de rouge, marqué d&rsquo;une croix blanche. Ils seront munis d&rsquo;ailes d&rsquo;ange pendant la musique de la procession. Scéniquement, les chœurs sont toutefois à peu près immobiles, disposés sur deux rangées sur les côtés ou en fond de scène. Aucun réalisme non plus dans le dispositif scénique : carte postale et wagons disparus, une gigantesque roue noire descend des cintres et devient un plateau tournant légèrement surélevé. Sur ce dispositif, on distingue le lit de Lola, ainsi qu’un amas de tables et de chaises. Tout est noir zébré de blanc (à moins que ce ne soit l’inverse). Souvent, tandis qu’un protagoniste chante sur le devant de la scène, le personnage à qui il s’adresse a le temps de faire un tour complet (Mamma Lucia sur sa chaise, Lola dans son lit). Des suspensions éclairent la scène : lumière blanche pendant la procession, jaune quand la trahison est révélée, rouge au moment du duel. Le décor est totalement ouvert et les voix des chanteurs ont tendance à se perdre en l&rsquo;absence de surfaces pour les renvoyer vers la salle. Après avoir provoqué Alfio en lui jetant son verre de vin à la figure, Turridu fuit le village et repart vers l’Allemagne (« Palermo &#8211; Munchen »), Mamma Lucia ayant elle-même préparé la valise rouge pour son départ. Le cri d&rsquo;une femme anonyme, « Hanno ammazzato compare Turiddu! » (« Ils ont tués compère Turridu ! »), est remplacé par une voix <em>off</em> sonorisée qui clame, un rien pompeuse « Il est mort pour les siens ! ». Le plateau tournant s&rsquo;élève à la verticale et le mobilier glisse bruyamment sur la scène. Ajoutons à cela qu&rsquo;un double de Canio (même valise rouge et faux nez assorti) vient hanter le plateau à plusieurs reprises, ajoutant une certaine confusion.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_Pagliacci_2025_W.Koch_E.Buachidze__c__Geoffroy_Schied__2_-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-194404"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Geoffroy Schied</sub></figcaption></figure>


<p>Il est malheureusement difficile d’être touché par un tel dénouement. Si la scène finale de <em>Cavalleria</em> nous émeut ordinairement, c’est parce que le paroxysme de la musique illustre la mort de Turridu, l&rsquo;horreur de la femme qui crie la nouvelle, l&rsquo;évanouissement de Santuzza, l&rsquo;effondrement de Mamma Lucia : tout un champ de ruines est entraîné par cette disparition. Ici, on aura en revanche un peu de mal à écraser une larme : sur le même fond sonore, Turridu est probablement en train de composter son billet pour Munich. Quid de la « Chevalerie campagnarde » dans cette lâcheté finale ?&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_J.Kaufmann_A.Perez__c__Geoffroy_Schied__4_-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194405" width="911" height="607"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>Dans le prélude de <em>Pagliacci</em> (« Dix ans plus tard »), nous retrouvons le double en question (Turridu échappé de Sicile et devenu Canio) en discussion avec Tonio. Celui-ci se rend aussi à Munich, pour aller travailler dans le restaurant italien de Silvio. Il propose à Canio d&rsquo;assurer les animations des dîners-spectacles. Entre temps, Canio a recueilli Nedda. Dans cette seconde partie, les wagons retournés (on voit désormais l&rsquo;intérieur) vont devenir des lieux de l&rsquo;action : bureau de Silvio, bar, cuisine du restaurant. Le plateau tournant est à nouveau utilisé (avec le même mobilier), mais les costumes sont cette fois bigarrés. Les rapports hiérarchiques sont bousculés : normalement, Silvio est un villageois anonyme d&rsquo;une cité voisine et pas le patron de Canio, Tonio est un employé de ce dernier et pas un commis de cuisine, etc. Difficile aussi d&rsquo;imaginer Silvio prêt à abandonner son affaire pour enlever Nedda à son époux.</p>
<p>Autant <em>Cavalleria</em> était plutôt statique et monochrome, autant la mise en scène de <em>Pagliacci</em> est plus colorée et théâtrale. Alors que le premier opus était extrêmement stylisé, sans référence à la Sicile, à la cérémonie religieuse, etc., le second évoque une immigration italienne à la limite du cliché. La mise en scène fourmille toutefois de détails bien venus. Le spectacle doit se tenir après les vêpres : en guise de cérémonie religieuse, le chœur regarde sur une télé géante la demi-finale de la Coupe du monde de football (Italie &#8211; Allemagne de l&rsquo;Ouest, Mexico, 17 juin 1970). C&rsquo;est assez bien vu. Canio leur bloque un instant la vue pour leur rappeler l&rsquo;horaire : il termine son « A ventitré ore! » par un diminuendo en même temps qu&rsquo;il s&rsquo;écarte sur la pointe des pieds pour ne plus déranger. Au restaurant, Nedda prépare une omelette quand elle est importunée par Tonio. Au lieu d&rsquo;un coup du fouet réel, il se prend un coup de fouet&#8230; de cuisine (!) : puis Tonio jure de se venger alors qu&rsquo;il n&rsquo;a guère reçu que du jaune d&rsquo;œuf dans l&rsquo;œil. Ayant appris son infortune conjugale, et après un moment d&#8217;emportement, Canio semble prêt à fuir une fois de plus, avant que Tonio ne l&rsquo;en dissuade. Le célébrissime « Vesti la giubba » nous renvoie ici à plusieurs degrés de lecture. Quel est le déguisement de Canio ? Celui du clown qui doit faire rire quand son âme pleure ? Celui du fugitif qui change d&rsquo;identité pour échapper au châtiment de son crime ? Celui du migrant mal intégré dans sa nouvelle patrie et qui retrouve les réflexes patriarcaux du « crime d&rsquo;honneur », un peu malgré lui du reste (c&rsquo;est Tonio qui l&rsquo;y pousse : son premier réflexe était de lâcher l&rsquo;affaire et de fuir encore) ? L&rsquo;interlude qui suit voit le retour de notre double « Sept ans plus tard » : porteur d&rsquo;un brassard de deuil, il vient visiter Mamma Lucia qui vient de mourir. Une petite fille veille la vieille dame. Santuzza ne semble pas reconnaître son ancien amant. La suite est plus classique. Nedda et Silvio seront poignardés par Canio après que Tonio (qui fait un peu penser au Joker dans <em>Batman</em>) aura fourni le couteau fatal. Le rideau se referme devant une foule relativement indifférente, tandis que Canio reste, valise rouge à la main, sur le devant de la scène. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_W.Koch_G.Musliu_A.Perez__c__Geoffroy_Schied-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194412"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>La double distribution est source de confusion face au concept du metteur en scène (mais on sait que les chanteurs sont toujours engagés très en amont de la finalisation d&rsquo;une nouvelle production). Ici, il aurait fallu que Turiddu et Canio soient interprétés par le même chanteur. Or, non seulement ce n&rsquo;est pas le cas, mais le double muet (qu&rsquo;on voit dans les deux ouvrages) ressemble plutôt au jeune Kaufmann, bouclettes comprises (alors que pour ce soir, le ténor allemand a au contraire des cheveux lisses). Wolfgang Koch incarne classiquement deux rôles : Alfio et Tonio. Ainsi, alors que dans cette production Turiddu et Canio sont censés être une seule et même personne, ils ont deux (et même trois) visages différents, et alors qu&rsquo;Alfio et Tonio sont supposés être deux personnages distincts, ils ont ici la même tête. Tout cela est sans doute inutilement compliqué. Pour citer le sculpteur Constantin Brâncuși : « La simplicité n&rsquo;est pas un but dans l&rsquo;art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s&rsquo;approchant du sens réel des choses. »</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_A.Perez__c__Geoffroy_Schied-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-194407"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>Le Turridu ardent de <strong>Jonathan Tetelman </strong>domine <em>Cavalleria rusticana</em>. Le jeune ténor américain, étonnamment clivant, ne manque ni de détracteurs, ni d&rsquo;admirateurs. Les premiers lui reprochent d&rsquo;en faire trop, de ne pas ménager sa voix, et de disposer d&rsquo;un appui technique insuffisant. C&rsquo;est un peu ce qu&rsquo;on disait à propos de Domingo quand il était jeune. Les seconds apprécient justement cet engagement, une voix qui dépote comme celle de peu de ténors aujourd&rsquo;hui, et pour certain(e)s, un physique plutôt avenant. Nous avons apprécié ici un investissement dramatique intelligent, un chant passionné mais pas débridé, une démonstration de puissance sous laquelle perceraient certaines fêlures : on pense ainsi à Neil Shicoff, ténor passionnant, aussi viril que tourmenté. Remplaçant Ksenia Dudnikova, <strong>Anna Pirozzi</strong> campe une Santuzza simple et sensible, un peu maternelle, bien chantante, à laquelle il manque seulement un peu de puissance. Alors qu&rsquo;on a davantage l&rsquo;habitude ces dernières années d&rsquo;entendre <strong>Wolfgang Koch</strong> dans le répertoire germanique, celui-ci se révèle un Alfio épatant, scéniquement impayable en mafieux, et à la voix d&rsquo;une étonnante fraîcheur. <strong>Rosalind Plowright</strong> est une Mamma Lucia émouvante, pleine de retenue, dans un état vocal étonnant du haut de ses 76 printemps. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-rihab-chaieb-je-sais-que-carmen-un-flop-mais-si-seulement-ils-mavaient-connue-a-lepoque-rires/"><strong>Rihab Chaieb</strong> </a>offre un timbre riche et une superbe musicalité. Son aisance scénique est tout aussi remarquable. Difficile de comprendre pourquoi cette artiste n&rsquo;est pas davantage présente pour de grands rôles.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_W.Koch_A.Perez__c__Geoffroy_Schied-2-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-194408"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>Pour le <em>Pagliacci</em> qui suit, <strong>Jonas Kaufmann</strong> reste un grand Canio, en dépit d&rsquo;une certaine usure de ses moyens (légitime après une carrière de plus de trente ans où il aura fréquenté quelques uns des rôles les plus difficile du répertoire). L&rsquo;aigu reste vaillant et la projection confortable. La voix est miraculeusement préservée de tout vibrato excessif. Le timbre est toujours séduisant. De temps à autres, toutefois, une note accroche fugitivement dans le médium au détour d&rsquo;une phrase. Dramatiquement, le chanteur offre une interprétation tout en finesse, où les effets vocaux sont toujours en adéquation avec la situation dramatique, avec un grand sens du détail et une exceptionnelle présence scénique. Même s&rsquo;il sort ses griffes pour la scène finale, on sent l&rsquo;artiste moins libre qu&rsquo;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-creee-la-surprise-en-baryton/">à Vienne</a> il y a quelques mois, dans une production antique du répertoire. <strong>Wolfgang Koch&nbsp;</strong>est encore plus étonnant en Tonio qu&rsquo;en Alfio, offrant même de splendides la bémol et sol naturel conclusifs, notes traditionnelles non écrites. L&rsquo;incarnation dramatique est particulièrement réussie, avec un point de bascule au moment du coup de fouet de Nedda : de pauvre type, Tonio devient alors une sorte de psychopathe qui se réjouit d&rsquo;avance du carnage qu&rsquo;il va provoquer. <strong>Ailyn Pérez</strong> est une Nedda au timbre coloré, mais manquant un peu de largeur dans le grave. La chanteuse fait preuve de musicalité et son interprétation dramatique est pleine de nuances (il faut voir son visage passer par tout une gamme d&rsquo;émotions quand elle finit par se laisser convaincre par Silvio de tout quitter pour lui). Chanteur générique, <strong>Andrzej Filończyk</strong> est un Silvio à la voix saine mais sans éclat particulier. <strong>Granit Musliu</strong> retient l&rsquo;attention avec son Beppe à la voix corsée.&nbsp;</p>
<p><strong>Daniele Callegari</strong> offre une direction efficace, attentive aux chanteurs. Malheureusement, l&rsquo;orchestre est moins concentré que la veille dans <em>Don</em> <em>Giovanni</em>, et connait quelques accidents. Les chœurs n&rsquo;en font un peu qu&rsquo;à leur tête, avec des décalages fréquents.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="724" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_A.Perez__c__Geoffroy_Schied__4_-2-1024x724.jpg" alt="" class="wp-image-194434"/></figure>
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		<title>Trouvère musclé à New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/trouvere-muscle-a-new-york/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Dec 2024 06:12:14 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=178465</guid>

					<description><![CDATA[<p>«&#160;Plaisir des yeux ????&#160;», avertit sur les réseaux sociaux le Metropolitan Opera de New York, reconverti en entreprise de chippendales le temps d’une série de représentations du Trouvère dirigées par Daniele Callegari. Au début du deuxième acte, dans la mise en scène de David McVicar, des bodybuilders se substituent aux artistes du chœur supposés battre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Plaisir des yeux ????&nbsp;», avertit sur les réseaux sociaux le Metropolitan Opera de New York, reconverti en entreprise de chippendales le temps d’une série de représentations du <em>Trouvère</em> dirigées par<strong> Daniele Callegari</strong>. Au début du deuxième acte, dans la mise en scène de <strong>David McVicar</strong>, des bodybuilders se substituent aux artistes du chœur supposés battre en mesure leurs marteaux sur les enclumes – les basses à temps, les ténors à contretemps, spécifie le livret. Dans une courte vidéo, ces enfants du Bronx exhibent leurs pectoraux en expliquant la pression qui pèse chaque soir sur leurs épaules, suffisamment carrées pour supporter un tel poids. <em>Thanks God</em>&nbsp;!</p>


<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DDFoMWrxoXe/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/reel/DDFoMWrxoXe/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank" rel="noopener"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; margin-bottom: 6px; width: 100px;"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; width: 60px;"></div></div></div><div style="padding: 19% 0;"></div> <div style="display:block; height:50px; margin:0 auto 12px; width:50px;"><svg width="50px" height="50px" viewBox="0 0 60 60" version="1.1" xmlns="https://www.w3.org/2000/svg" xmlns:xlink="https://www.w3.org/1999/xlink"><g stroke="none" stroke-width="1" fill="none" fill-rule="evenodd"><g transform="translate(-511.000000, -20.000000)" fill="#000000"><g><path d="M556.869,30.41 C554.814,30.41 553.148,32.076 553.148,34.131 C553.148,36.186 554.814,37.852 556.869,37.852 C558.924,37.852 560.59,36.186 560.59,34.131 C560.59,32.076 558.924,30.41 556.869,30.41 M541,60.657 C535.114,60.657 530.342,55.887 530.342,50 C530.342,44.114 535.114,39.342 541,39.342 C546.887,39.342 551.658,44.114 551.658,50 C551.658,55.887 546.887,60.657 541,60.657 M541,33.886 C532.1,33.886 524.886,41.1 524.886,50 C524.886,58.899 532.1,66.113 541,66.113 C549.9,66.113 557.115,58.899 557.115,50 C557.115,41.1 549.9,33.886 541,33.886 M565.378,62.101 C565.244,65.022 564.756,66.606 564.346,67.663 C563.803,69.06 563.154,70.057 562.106,71.106 C561.058,72.155 560.06,72.803 558.662,73.347 C557.607,73.757 556.021,74.244 553.102,74.378 C549.944,74.521 548.997,74.552 541,74.552 C533.003,74.552 532.056,74.521 528.898,74.378 C525.979,74.244 524.393,73.757 523.338,73.347 C521.94,72.803 520.942,72.155 519.894,71.106 C518.846,70.057 518.197,69.06 517.654,67.663 C517.244,66.606 516.755,65.022 516.623,62.101 C516.479,58.943 516.448,57.996 516.448,50 C516.448,42.003 516.479,41.056 516.623,37.899 C516.755,34.978 517.244,33.391 517.654,32.338 C518.197,30.938 518.846,29.942 519.894,28.894 C520.942,27.846 521.94,27.196 523.338,26.654 C524.393,26.244 525.979,25.756 528.898,25.623 C532.057,25.479 533.004,25.448 541,25.448 C548.997,25.448 549.943,25.479 553.102,25.623 C556.021,25.756 557.607,26.244 558.662,26.654 C560.06,27.196 561.058,27.846 562.106,28.894 C563.154,29.942 563.803,30.938 564.346,32.338 C564.756,33.391 565.244,34.978 565.378,37.899 C565.522,41.056 565.552,42.003 565.552,50 C565.552,57.996 565.522,58.943 565.378,62.101 M570.82,37.631 C570.674,34.438 570.167,32.258 569.425,30.349 C568.659,28.377 567.633,26.702 565.965,25.035 C564.297,23.368 562.623,22.342 560.652,21.575 C558.743,20.834 556.562,20.326 553.369,20.18 C550.169,20.033 549.148,20 541,20 C532.853,20 531.831,20.033 528.631,20.18 C525.438,20.326 523.257,20.834 521.349,21.575 C519.376,22.342 517.703,23.368 516.035,25.035 C514.368,26.702 513.342,28.377 512.574,30.349 C511.834,32.258 511.326,34.438 511.181,37.631 C511.035,40.831 511,41.851 511,50 C511,58.147 511.035,59.17 511.181,62.369 C511.326,65.562 511.834,67.743 512.574,69.651 C513.342,71.625 514.368,73.296 516.035,74.965 C517.703,76.634 519.376,77.658 521.349,78.425 C523.257,79.167 525.438,79.673 528.631,79.82 C531.831,79.965 532.853,80.001 541,80.001 C549.148,80.001 550.169,79.965 553.369,79.82 C556.562,79.673 558.743,79.167 560.652,78.425 C562.623,77.658 564.297,76.634 565.965,74.965 C567.633,73.296 568.659,71.625 569.425,69.651 C570.167,67.743 570.674,65.562 570.82,62.369 C570.966,59.17 571,58.147 571,50 C571,41.851 570.966,40.831 570.82,37.631"></path></g></g></g></svg></div><div style="padding-top: 8px;"> <div style=" color:#3897f0; 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margin-bottom:0; margin-top:8px; overflow:hidden; padding:8px 0 7px; text-align:center; text-overflow:ellipsis; white-space:nowrap;"><a href="https://www.instagram.com/reel/DDFoMWrxoXe/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" color:#c9c8cd; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:normal; line-height:17px; text-decoration:none;" target="_blank" rel="noopener">Une publication partagée par The Metropolitan Opera (@metopera)</a></p></div></blockquote>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; New-York (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-new-york-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jan 2024 08:22:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2001, la production de Nabucco signée Elijah Moshinsky avait déjà fait l’objet d’une diffusion dans les cinémas en janvier 2017 avec la même soprano et la même basse. La présence de Placido Domingo dans le rôle-titre qui lui avait valu quatre ans plus tôt un triomphe à Londres où il avait déjà Ludmilla &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 2001, la production de Nabucco signée <strong>Elijah Moshinsky</strong> avait déjà fait l’objet d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/placido-domingo-infatigable-dans-nabucco-a-new-york/">une diffusion</a> dans les cinémas en janvier 2017 avec la même soprano et la même basse. La présence de Placido Domingo dans le rôle-titre qui lui avait valu quatre ans plus tôt un triomphe à Londres où il avait déjà Ludmilla Monastyrska comme partenaire, constituait l’intérêt majeur de cette retransmission. Cette fois, on peut se demander ce qui justifie ce choix puisqu’il ne s’agit pas d’une nouvelle production et qu’il n’y a parmi les personnages principaux aucune prise de rôle susceptible d’attirer les foules. Le Met nous propose donc une soirée de routine qui distille un sentiment de déjà vu et surtout de déjà entendu, après les magnifiques découvertes qu’il nous a offertes à l’automne dernier. Mais au Met, même la routine n’est pas dénuée d’intérêt. Si aucun des rôles de premier plan ne réserve de véritable surprise, c’est parmi les personnages secondaires que nous aurons découvert une révélation prometteuse.</p>
<p>L’intrigue est située dans l’antiquité, les costumes d’<strong>Andreane Neofitou </strong>n’évoquent aucune époque précise, les choristes sont vêtus de couleurs claires, tuniques et pantalons larges pour les hommes, robes modestes pour les femmes, certaines portent bizarrement une charlotte sur la tête. Abigaille arbore des tenues bien plus seyantes qu’en 2017. En revanche on se demande pourquoi lorsqu’elle s’installe sur le trône elle tient dans ses mains les attributs dévolus aux pharaons d’Egypte. Placés sur une tournette, les décors de John Napier représentent d’un côté le temple de Jérusalem figuré par d’énormes blocs de granit de couleur claire, de l’autre le palais de Nabucco constitué d’un grand escalier surmonté d’une statue dorée représentant une idole païenne. La direction d’acteurs, minimaliste, se contente de propoposer aux protagonistes des gestes convenus.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="606" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco.-Marty-Sohl.-Met-Opera-.2-1024x606.jpg" alt="" class="wp-image-153854"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Nabucco, © Marty Sohl / Met Opera</sup></figcaption></figure>


<p>Familier du rôle de Nabucco qu’il a déjà chanté à Orange et Vérone notamment, <strong>George Gagnidze</strong> propose une vision monolithique du roi de Babylone. Les moyens semblent importants, la ligne vocale soignée, le legato impeccable mais l’interprète demeure placide et ses accès de colère n’impressionnent pas. Seules ses interventions au dernier tableau où il clame son repentir et son amour paternel distillent une émotion palpable. En 2013 à Londres, <strong>Liudmyla Monastyrska</strong> avait fait sensation en incarnant une flamboyante Abigaille qui semblait se jouer des difficultés d’une partition réputée périlleuse. Au Met, en 2017, les moyens étaient toujours là mais la soprano ukrainienne avait paru gênée aux extrémités de la tessiture. Cette fois, si elle parvient encore à rendre justice à la partition en dépit de quelques vocalises savonnées, l’effort est palpable dans le suraigu et le grave est exagérément poitriné. Reste un beau legato dans son grand air du deuxième acte « Anch&rsquo;io dischiuso » et une incarnation toujours convaincante comme en témoignent les gros plans d’<strong>Habib Azar</strong>. <strong>Dmitry Belosselskiy</strong> incarne un Zaccaria imposant et solennel. Le timbre est profond et le legato souverain dans son air « Vieni o levita ». Il affronte crânement les difficultés de sa grande scène du premier acte « Sperate o figli » mais se trouve à cours de grave dans « O chi piange ». Soulignons, les interventions pleinement convaincantes de <strong>Scott Scully</strong> en Abdallo, ainsi que de <strong>Brittany Olivia Logan</strong> et <strong>Le Blu</strong>, respectivement Anna et Le Grand prêtre de Baal, tous deux membres du <em>Lindemann Young Artist Development Program</em> et gardons pour la fin, les prestations captivantes de <strong>Seokiong Baek</strong> et <strong>Maria Barakova.</strong> Le ténor sud-coréen effectuait des débuts remarqués sur la scène du Met. Le timbre est clair, la projection apparemment idéale et le style adéquat. Son interprétation tout à fait émouvante d’Ismaël lui a valu de chaleureux applaudissements au rideau final. Dotée d’un physique de jeune première, la mezzo-soprano russe a constitué la révélation de la soirée. Son indéniable présence, la beauté de son timbre délicatement fruité et la justesse de son incarnation ont été saluées par une ovation méritée de la part du public.</p>
<p>A la tête d’un Orchestre du Met en grande forme, <strong>Daniele Callegari</strong> a proposé une direction magistrale, à la fois précise et énergique. Le chef italien se plait à accélérer le tempo dans les scènes de foule afin de produire un effet spectaculaire et à ralentir dans les airs où les personnages s’épanche pour mieux souligner leurs émotions.</p>
<p>Le samedi 27 janvier prochain le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live, une nouvelle production de <em>Carmen</em> signée Carrie Cracknell avec Aigul Akhmetshina et Piotr Beczala.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-new-york-streaming/">VERDI, Nabucco &#8211; New-York (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>PUCCINI, La Bohème &#8211; Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-boheme-nice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=132727</guid>

					<description><![CDATA[<p>A toutes les sauces, traditionnelles, alla Menotti ou Ponnelle, grandiose alla Zeffirelli, ratée par Michieletto, transposée durant les années folles, sous l’Occupation, dans du béton contemporain ou dans une capsule spatiale, qu’elle meure phtisique, du cancer ou du VIH, Mimi nous fera toujours pleurer : Puccini survit à tous les traitements. Le COVID avait interdit &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A toutes les sauces, traditionnelles, alla Menotti ou Ponnelle, grandiose alla Zeffirelli, ratée par Michieletto, transposée durant les années folles, sous l’Occupation, dans du béton contemporain ou dans une capsule spatiale, qu’elle meure phtisique, du cancer ou du VIH, Mimi nous fera toujours pleurer : Puccini survit à tous les traitements. Le COVID avait interdit la nouvelle production, programmée en 2021. Nous en profiterons ce soir. Evidemment, comme attendu, elle a drainé les foules, et le splendide Opéra de Nice fait le plein.</p>
<p><strong>Kristian Frédric</strong> a signé plus d’une demi-douzaine de mises en scène d’ouvrages lyriques, dont de multiples créations contemporaines. Pétri de culture cinématographique et de références contemporaines, le réalisateur semble découvrir l’ouvrage et ses spécificités. Manifestement, il sous-estime le substrat culturel du public en justifiant sa démarche de transposition par la nécessité de lui permettre de s’approprier <em>La Bohème </em>au travers d’une lecture contemporaine (1). Ainsi le titre est-il précédé de «&nbsp;Les flocons de neige des derniers souffles&nbsp;», qui introduit un prélude ajouté et des intermèdes de la même esthétique, les projections intervenant durant les changements de décors. Celles-ci, textes, vidéos, bribes d’interviews, nous plongent dans ce microcosme désabusé, jouisseur, qui brûlait la chandelle par les deux bouts, des années où le VIH faisait rage. Le roman, le théâtre, les séries télévisées se sont emparés très tôt du sujet. Alors, pourquoi pas l’opéra&nbsp;?&nbsp;Une bande son associe ainsi bruitages, voix synthétiques dans une sorte de mix minimaliste alla Zappa. La dissonance flagrante avec la musique de Puccini déstabilise l‘écoute, pour le moins. La réalisation, qui réserve d’authentiques moments d’émotion, à mesure qu’elle avance, se révèle inaboutie, prosaïque, superficielle, trop fréquemment forcée (2). L’esprit parisien, léger et grave, que le livret inspire, a été gommé.</p>
<p>La mansarde du I et du IV est un loft où cohabitent nos joyeux larrons et une jolie fille, ajoutée, qui sortira nue de la couche en arrière-plan. Elle réapparaîtra ensuite, séductrice, illustrant le propos de Benoît, pour un simulacre de relation lesbienne avec Musette, sur le bar de Momus et jusqu’au terme de l’ouvrage. Marcello, bien que peintre, photographie ses sujets sur un drap, éclairé par deux projecteurs. Rodolfo tape à la machine à écrire. Le brasero, où Rodolfo sacrifie sa pièce, ne convainc pas. Essentiel dans le livret comme dans la musique, le froid – comme l’obscurité –&nbsp;est fictif, absent des corps.&nbsp; Comme il faut des chandelles, l’électricité sera coupée à l’arrivée de Mimi, pour revenir ensuite. L’artifice est constant. Ainsi, la religiosité de 1830, en filigrane (Mimi dit prier régulièrement, Musette invoque la Vierge lors des derniers moments de son amie), devient-elle incongrue dans le contexte voulu par le metteur en scène. Durant les deux premiers actes, seule la musique est porteuse d’émotion. Le public, bon enfant, applaudit les airs qui sont dans toutes les oreilles, mais le compte n’y est pas, et quelques huées se feront entendre durant les projections entre les actes, particulièrement après le I, où le traitement de l’image fera se décomposer lentement un visage, soulignant la progression inexorable du mal. Le deuxième acte, chez Momus, fait bousculade. L’abondance des intervenants, depuis Parpignol et les enfants, avec la foule, le défilé, est malaisée à gérer. La complexité des scènes, leur enchevêtrement, ne traduisent pas ici la liesse attendue. Le comique induit par Alcindoro et Musette est occulté pour un exhibitionnisme hors de propos, non par pudibonderie, mais par vraisemblance. La chair est triste. Au III, c’est une sortie sordide de boîte de nuit qu’offre le décor&nbsp;: containers à ordures, sdf avec son caddie chargé de ses collectes, rien ne nous est épargné. Les fêtards, homos et hétéros, imbibés, s’enlacent, se battent. Les douaniers sont devenus videurs. Enfin le dernier acte empruntera le cadre initial, mais assorti d’un lit médicalisé (Colline est atteint et peine à se déplacer). Mimi, sous perfusion, apparaît pour vivre ses derniers moments. Et là, la qualité du chant et du jeu, celle de l’orchestre aussi, emportent pleinement l’adhésion&nbsp;: on a oublié les contorsions des actes précédents pour l’émotion attendue. Décors, lumières et costumes sont à l’avenant. L’obscurité est mal exploitée, les couleurs, chez Momus, particulièrement, sont décevantes.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="525" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PHOTO2-1-1024x525.jpg" alt="" class="wp-image-132739" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Dominique Jaussein</sup></figcaption></figure>


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<p>Aucune prise de rôle, semble-t-il, dans la distribution. Peut-être est-ce la raison de l’impression d’une juxtaposition de personnalités plus que d’une complicité partagée, notamment  par nos quatre drilles, même si les ensembles sont millimétrés (un beau quatuor). La Mimi que campe<span class="apple-converted-space"><b> </b></span><strong>Cristina Pasaroiu</strong><span class="apple-converted-space"> </span>interroge. Se prêtant au parti pris de la mise en scène, sa première apparition, en robe canari, laisse perplexe.  La fraîche et candide brodeuse a fait place à une sainte-nitouche qui, délibérément, perd sa clé pour rester auprès de Rodolfo. Si ses moyens impressionnent, la progression psychologique attendue est réduite à néant par la réécriture de l’ouvrage. Il faudra attendre les deux derniers actes pour qu’enfin son chant nous émeuve, servi par une voix ronde, pleine, égale et sonore, qui use de toute la palette expressive avec art. Un nom à retenir. La Musette-Marylin de<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Melody Louledjian</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>vaut autant pour son jeu de sex-symbol et sa plastique que pour sa voix. Si cette dernière reste un peu en-deçà des attentes dans son « quando me’n vo soletta », elle s’épanouira ensuite, particulièrement durant toute la fin de l’ouvrage, irrésistible de vérité. En Rodolfo,<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Oreste Cosimo</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>ne démérite pas. Il a les moyens du rôle, sinon toute la puissance. La ligne est remarquable, les aigus aisés, et le timbre chargé de séduction Comme ses partenaires, ce n’est que passé le deuxième acte qu’il donnera la pleine mesure de ses moyens et concourra à la force du dénouement.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Serban Vasile</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>nous vaut un grand Marcello, au souffle puissant. L’émission est ample, la projection et l’intelligibilité servent un jeu de qualité. Dès le deux, avec la scène de jalousie, il est touchant. Nous découvrons avec bonheur<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Jaime Pialli</strong>, solide Schaunard<strong>.</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>Le philosophe, Colline, d’<strong>Andrea Comelli</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>est servi par une voix chaude qui s’accorde bien à celle de ses acolytes.</p>
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<p>Benoît, comme Alcindoro ne sont pas gâtés par la direction d’acteurs, et la manière dont ils sont bernés peine à nous faire sourire. Dommage, car la voix de<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Richard Rittelmann</strong><span class="apple-converted-space"><b> </b></span>est, elle, convaincante pour camper le propriétaire, d’une touchante naïveté. Le notable corpulent, en costume croisé, protecteur de Musette, confié à<strong> Eric Ferri</strong>, serait juste dans un contexte plus près de l’esprit du livret. Pas une once de truculence pour le Parpignol<strong> </strong>de<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Gilles San Juan</strong>. Il surprend, chargé par la mise en scène d’incarner une sorte de Thanatos, inquiétant, sinistre, sans charrette de jouets, mais avec une grande poupée de son qui accompagnera Mimi dans la mort.</p>
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<p>Les chœurs extrêmement variés du deuxième acte sont vocalement admirables, y compris ceux des enfants. Par contre leur statisme imposé par le cadre de scène et par la direction d’acteurs réduit leur rôle dramatique.</p>
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<p><strong>Daniele Callegari</strong><span class="apple-converted-space"> </span>est dans son élément. Il obtient de l’orchestre de belles textures, particulièrement durant la seconde partie de l’ouvrage. Il évite tant le prosaïsme que le pathos. Les accents sont justes et tragiques. Les deux premiers actes, d’une excitation fébrile en lieu de poésie et de joie débridée, souffrent de l’absence de respirations. La balance avec le plateau ne s’effectuera que progressivement, la délicatesse chambriste étant réservée aux actes III et IV. Il faut souligner l’extrême attention du chef à chacun, et la précision des ensembles et des chœurs, jamais prise en défaut.</p>
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<p>La proposition, inscrite dans l’air du temps, aura conquis certains, interrogé beaucoup, et rebuté d’autres (quelques sièges vides après l’entracte). Pour notre part, on tousse. Une occasion manquée. Solistes et public méritaient mieux.</p>
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<pre>(1) «<span class="apple-converted-space"><i> L</i></span><em>a tuberculose, ou la phtisie (…) ce sont des maladies qui ne disent plus rien à nos contemporains » ; « je cherche juste à raconter [l’œuvre] avec des références qui puissent parler plus pleinement aux gens d’aujourd’hui</em><span class="apple-converted-space"><i> </i></span>». (note d’intention de Kristian Frédric).</pre>
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<pre><span lang="FR"><span lang="FR">(2)<span class="apple-converted-space"> </span><em>« Certaines scènes du spectacle pourraient (…) heurter la sensibilité des plus jeunes »,</em><span class="apple-converted-space"><i> </i></span></span></span><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">prévient le programme. Elles sont relativement nombreuses et explicites.</span></pre>
<div> </div><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-boheme-nice/">PUCCINI, La Bohème &#8211; Nice</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Macbeth — Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-nice-laddition-ne-fait-pas-la-somme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 May 2022 17:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La mise en scène de Daniel Benoin, familier de la scène niçoise, ne lésine pas sur les moyens : le luxe est la règle, jusqu’au moindre détail, la démesure aussi, que peut justifier le drame. Elle est gouvernée par l’entrelac de deux thèmes : la place éminente que les femmes conquirent il y a un siècle, à la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La mise en scène de <strong>Daniel Benoin, </strong>familier de la scène niçoise<strong>,</strong> ne lésine pas sur les moyens : le luxe est la règle, jusqu’au moindre détail, la démesure aussi, que peut justifier le drame. Elle est gouvernée par l’entrelac de deux thèmes : la place éminente que les femmes conquirent il y a un siècle, à la faveur de la guerre qui les priva de la présence des hommes, avec la transposition de l’action dans les années vingt. Ainsi Macbeth et Banco rentrent de guerre et découvrent que le pouvoir industriel et social leur a échappé. Les sorcières, personnage central, sont devenues les ouvrières d’une usine sidérurgique. Nicola Raab avait déjà exploré une thématique voisine à Dijon, en novembre dernier (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/macbeth-dijon-ah-que-je-naime-pas-les-militaires">Ah ! que je n’aime pas les militaires</a>). Oublions donc les sorcières, la forêt de Birnam, le château. Le metteur en scène justifie sa démarche en écrivant que cette époque est « plus apte à faire mieux comprendre l’opéra en question ». Acceptons le postulat, même si cette mode de la transposition en fonction des préoccupations du moment questionne. Mais alors comment expliquer que le constant régal pour les yeux (*) – hormis quelques effets vidéo – et que la beauté de la réalisation musicale n’aboutissent pas à nous convaincre pleinement ? L’addition ne fait pas la somme. Le projet, cohérent, est introduit, avant même le prélude, par l’obsédant martèlement d’une pluie fine, que l’on retrouvera régulièrement au long de l’ouvrage (**).  Passée la surprise, l’effet paraît gratuit lors des redites.</p>
<p>Des corons encadrant l’entrée d’une fonderie au splendide intérieur art nouveau, les décors sont remarquables, pleinement mis en valeur à la faveur d’éclairages renouvelés et inventifs. Tout juste doute-t-on que l’auteur ait jamais vu une coulée de fonte et ses rougeoiements. D’autant que la masse visqueuse ressemble davantage à du laitier, que les sorcières-ouvrières manipulent… à la pelle. La beauté des costumes de <strong>Nathalie Bérard-Benoin</strong>, leur variété, leur recherche très personnalisée méritent d’être soulignées. Des tenues de Lady Macbeth à celles des invitées du banquet du deuxième acte, la réussite est magistrale.</p>
<p>	<img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="282" src="/sites/default/files/styles/large/public/macbeth_4.jpg?itok=msYd8S6P" title="Les hallucinations de Macbeth © Dominique Joussein" width="468" /><br />
	Les hallucinations de Macbeth © Dominique Joussein</p>
<p>Le metteur en scène met l’accent sur l’aspect cauchemardesque de la dérive qui affecte le couple diabolique. Pour ce faire, les éclairages et la vidéo nous transportent dans un monde fantastique, onirique, dont l’efficacité dramatique s’avère incertaine. Plus convaincantes sont les projections, pastiches réussis de films tournés sur le front durant la Grande guerre, qui nous renvoient à l’horreur que vit l’Ukraine. La combinaison de ces projections – réalistes – avec le décor, comme avec les vidéos s’avère virtuose. Jusqu’à la fin du II (hallucination de Macbeth), on adhère. Ensuite, le parti pris de la réalisation dramatique trouve vite ses limites et on peine à suivre. Autant la multiplication obsessionnelle des poignards tombant du ciel est bienvenue, autant la réitération de ces traînées vaporeuses, avec le sentiment de déjà vu, altère la démarche. </p>
<p>La volonté de nous gratifier du ballet (écrit pour Paris) est appréciée, même si nous sommes privés de la pantomime d’Hécate, et que son caractère artificiel est patent. Les gesticulations organisées des sorcières-ouvrières en guise de chorégraphie accentuent cette désagréable impression. Tout interroge ou consterne. Aucun surnaturel dans ce chœur de sorcières qui ouvre le III. La mise en scène n’en retient que le premier vers (« trois fois miaule la chatte en chaleur ») pour justifier l’exhibition des dessous que portent les sorcières-ouvrières sous leur blouse, avant qu’un boiteux s’efforce à les remettre au travail, avec l’aide de cinq garde-chiourmes qu’elles maîtriseront après les avoir séduits. Grotesque. On oublie la beauté musicale et dramatique des voix de Macbeth et de lady Macbeth dans leur grand duo « Ora di morte », tant sa traduction visuelle tourne au Grand guignol, assortie du coup de feu final que tire le roi imposteur et criminel.</p>
<p>Dès le lever du rideau, le chœur des sorcières, animé, puissant, clair, d’une articulation exemplaire, endiablé dans l’<em>allegro brillante</em>, augurait bien des satisfactions. La promesse musicale sera pleinement tenue. Les hommes, messagers, sicaires, ne seront pas en reste. Le chœur de l’Opéra de Nice, préparé par <strong>Giulio Magnanini</strong>, est digne des plus grandes scènes. Le « Patria oppressa » qui ouvre le dernier acte est toujours aussi attendu que le « Va, pensiero », de Nabucco. Même altérée par la déambulation d’hommes porteurs de linceuls qui évacuent les cadavres devant l’usine, l’émotion musicale est intense, où l’orchestre et les chanteurs ne font qu’un.</p>
<p>La distribution, luxueuse elle aussi, ne comporte aucune faiblesse. <strong>Dalibor Jenis</strong>, verdien reconnu, nous vaut un Macbeth nuancé, complexe. Il trouve les accents les plus justes, sincères et émouvants pour « Pietà, rispetto, onore », la conduite de la ligne est admirable. Lady Macbeth est confiée à <strong>Silvia Dalla Benetta</strong>, valeureuse soprano lyrique, familière du rôle. Son brindisi (« Si colmi il calice ») impose le personnage, même si l’incarnation trouve ensuite ses limites. L’autorité dramatique et vocale est indéniable, servie par un instrument solide, aux graves assurés, à l’aise dans tous les registres, mais insuffisamment nuancé. Si la grande scène du somnambulisme, à laquelle assistent, impuissants, le médecin (un <strong>Geoffroy Buffière</strong> imposant et placide) et la suivante (<strong>Marta Mari</strong>), n’atteint pas l’émotion attendue, ni l’engagement, ni le chant ne sont en cause. <strong>Giacomo Prestia</strong>, puissante basse, campe un magnifique Banco, l’ami sacrifié. Le timbre est sombre comme le legato inébranlable. Macduff – <strong>Samuele Simoncini</strong> – est poignant, chantant <em>a cappella</em> sa douleur après l’assassinat de sa femme et de ses enfants (« Ah, la paterna mano »). L’autre ténor, <strong>David Astorga</strong>, est Malcolm, fils de Duncan. La voix, plus ronde, se marie fort bien à celle du premier, dans leur duo, vigoureux, frémissant d’ardeur. Un beau moment.</p>
<p>La théâtralité de l’orchestre, animé par son chef principal, <strong>Daniele Callegari</strong>, est patente dès le prélude. Il se montre ce soir sous son meilleur jour : puissant, coloré, d’une singulière dynamique, ductile, trouvant les couleurs intimes comme effroyables. La direction, à vif, révèle le moindre détail sans jamais sacrifier à une dynamique implacable. Tout juste remarque-t-on, ici et là, quelques attaques imprécises, liées aux tempi imposés par le chef, vétilles qui seront balayées au fil des représentations, n’en doutons pas. L’attention constante de celui-ci au chant se traduit par une fusion exemplaire des voix et de l’orchestre.</p>
<p>Malgré le plaisir des sens, on éprouve un sentiment d’inabouti au sortir de cette luxueuse production, où chacun a donné le meilleur de lui-même, sans que l’ensemble trouve vraiment sa cohérence.</p>
<p> </p>
<p>(*) ponctuellement, dans les scènes où les ouvrières sont groupées devant l’usine, on pense au <em>Ring</em> de Chéreau, à ses tons et à ses éclairages de <em>Götterdämmerung</em>.<br />
(**) ainsi, la vidéo qui accompagne la bataille finale nous présente une forêt illuminée d’un ciel parfaitement bleu. Or, la pluie est dense, que l’on entend comme un rappel.</p>
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		<title>VERDI, Rigoletto — Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-barcelone-galop-dessai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Espagne, au contraire de la France, aurait-elle repris le chemin des salles de concert ? L’affluence ce dimanche à l’entrée du Liceu laisse le supposer. Encore s’agit-il de la première d’un opéra parmi les plus populaires – Rigoletto, 375 levers de rideau au compteur local depuis 1853 – dans une mise en scène qui a fait ses &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Espagne, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/situation-sanitaire-alerte-a-lopera">au contraire de la France</a>, aurait-elle repris le chemin des salles de concert ? L’affluence ce dimanche à l’entrée du Liceu laisse le supposer. Encore s’agit-il de la première d’un opéra parmi les plus populaires –<em> Rigoletto</em>, 375 levers de rideau au compteur local depuis 1853 – dans une mise en scène qui a fait ses preuves au même endroit il y a trois saisons, proposée cette fois avec trois distributions différentes dont la plus prestigieuse ouvre la série des représentations. Ceci peut expliquer cela.</p>
<p>Qualifier de minimaliste l’approche de <strong>Monique Wagemakers</strong>, comme on a pu le lire, sous prétexte que le décor ne s’embarrasse pas d’accessoires apparaît réducteur. Le drame s’articule autour d’une simple plateforme rectangulaire montée sur levier. Soit. Mais ingénieusement utilisé, ce dispositif apparemment sommaire s’avère idéal pour répondre aux impératifs d’un livret qui demande souvent de voir sans être vu. Voici la cour du Duc de Mantoue, enfermée dans ce quadrilatère dont seul Rigoletto ose enjamber la bordure. Une fois le plateau surélevé et transpercé d&rsquo;un immense escalier, voici la demeure de Gilda contre laquelle les courtisans pourront naturellement apposer leur échelle et, voici en dessous le bouge de Sparafucile que le bouffon et sa fille observeront juchés sur le promontoire. Voici enfin le ring à l’intérieur duquel au deuxième acte, Rigoletto livre combat telle une bête enragée. La chorégraphie des mouvements dont aucun n’est laissé au hasard, le soin porté aux lumières et aux couleurs à travers l’usage de costumes souvent grotesques apportent aussi un indéniable démenti à l’accusation de simplicité. Seule concession au monde d’après, les artistes du chœur sont masqués, sans que la contrainte imposée par la situation sanitaire n’altère l’impression d’excellence.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/t21_rigoletto_i_056.jpg?itok=hlUPR3yC" title="© David Ruano" width="468" /><br />
	© David Ruano</p>
<p>On aimerait en écrire autant de l’orchestre du Liceu brusqué par une direction dont on avoue ne pas avoir compris les intentions. Après avoir mené le prélude à train de sénateur, <strong>Daniele Callegari</strong> adopte un parti inverse et accélère le tempo jusqu’à égarer chœur et solistes dans ce qui s’apparente moins à une fatale malédiction qu’à une vaine agitation. De cette course contre la montre résultent de fréquents décalages. Tel est souvent l’inconvénient des premières. Un nombre insuffisant de répétitions ajouté à trop de pression empêchent la représentation de décoller comme on le voudrait.</p>
<p>Les débuts <em>in loco</em> de <strong>Benjamin Berheim</strong>, annoncés au portevoix par bon nombre de médias, en font aussi les frais. Le Duc de Mantoue est-il le rôle le mieux adapté à un tempérament sanglé dans une élégance étrangère au personnage ? Amoral, animal, lubrique : à d’autres ! Le ténor offre d’abord au libertin verdien un phrasé admirable, nuancé et tracé d’une encre égale. C’est beaucoup mais est-ce assez ? L’image de Faust ou de Des Grieux, dans la chasuble noire qui lui tient de costume chez Gilda, s’impose au détriment de celle du prédateur frivole et jouisseur. Fatigue, stress ou conséquence de ce hiatus, la projection paraît limitée et l’aigu s’avère fragile au point de ne pouvoir éviter l’accident.</p>
<p><strong>Olga Peretyatko</strong>, au contraire, dessine une Gilda sans faiblesse, si ce n’est l’ampleur d’une voix qui semble s’être amincie depuis sa récente maternité – à moins qu’il ne s’agisse des méfaits d’un volume orchestral insuffisamment bridé. Les stratosphères dans lesquelles évoluent la tessiture ne prennent jamais en défaut la précision du trait et la belcantiste transparaît derrière l’usage du souffle et de figures de style appropriées. On a beau dire : rien de tel qu’une Gilda qui sait triller à la fin de « Caro nome ». Et quel effet, dans le numéro final, que cette note exhalée qui ne semble jamais vouloir s’achever, petite flamme inextinguible dont la pâle lumière éclaire une dernière fois les ténèbres insondables de l’âme paternelle. </p>
<p><strong>Christopher Maltman</strong>, lui, a de la puissance à revendre, ce qui dans cet opéra de duos qu’est <em>Rigoletto </em>n’est pas sans provoquer de dommageables déséquilibres. La vigueur avec laquelle le baryton empoigne la marotte du bouffon emporte l’adhésion sans occulter quelques défauts d’intonation et le nécessaire évitement de notes trop élevées – qui, à sa décharge, la plupart du temps ne sont pas écrites. </p>
<p>Poussé au crime par la Maddalena racoleuse de <strong>Rinat Shaham</strong> et le Sparafucile déjà solide de <strong>Grigory Shkarupa</strong> – une jeune basse russe de 32 ans dont la voix est chargée de promesses –, ainsi court à sa perte Rigoletto, au galop, comme si cette volonté de vitesse voulait masquer certaines insuffisances qui à n’en pas douter s’estomperont au cours des prochaines représentations. </p>
<p> </p>
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		<title>« Réunion de famille » enfin possible à Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/reunion-de-famille-enfin-possible-a-nice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Sep 2021 07:50:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi 11 septembre prochain à 20h, l&#8217;Opéra Nice Côte d&#8217;Azur pourra enfin proposer sa « Réunion de famille », annulée l&#8217;an passé en raison des contraintes sanitaires. Une occasion pour le public de rencontrer le nouveau chef principal de l’Orchestre Philharmonique de Nice, Daniele Callegari, qui assurera la direction musicale de cet événement conçu par Bertrand Rossi, le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi 11 septembre prochain à 20h, l&rsquo;Opéra Nice Côte d&rsquo;Azur pourra enfin proposer sa « Réunion de famille », annulée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/les-renouveautes-de-lopera-de-nice-devront-encore-attendre">l&rsquo;an passé en raison des contraintes sanitaires</a>. Une occasion pour le public de rencontrer le nouveau chef principal de l’Orchestre Philharmonique de Nice, <strong>Daniele Callegari</strong>, qui assurera la direction musicale de cet événement conçu par Bertrand Rossi, le directeur de l’Opéra, pour mettre en valeur les forces vives de la maison. Le spectacle consiste en une quinzaine de tableaux composés de musiques, de danses, de chants et ponctués de lectures, destinées à présenter les grands moments de la saison 2021-22 sous l&rsquo;angle lyrique, symphonique et chorégraphique. Réservation et information sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-nice.org/fr/evenement/637/reunion-de-famille">opera-nice.org</a>.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, I lombardi alla prima crociata — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/i-lombardi-alla-prima-crociata-monte-carlo-le-verdi-des-lombardi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2021 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Je vous écris d’un pays où des gens continuent à aller à l’opéra et où l’on entend de vrais applaudissements à la fin du spectacle. Cela procure un vrai bonheur. Ce pays est la Principauté de Monaco. On y a donné pour la première fois les Lombardi  alla prima crociata de Verdi. Pour la première &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/i-lombardi-alla-prima-crociata-monte-carlo-le-verdi-des-lombardi/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, I lombardi alla prima crociata — Monte-Carlo</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Je vous écris d’un pays où des gens continuent à aller à l’opéra et où l’on entend de vrais applaudissements à la fin du spectacle. Cela procure un vrai bonheur. Ce pays est la Principauté de Monaco. On y a donné pour la première fois les <em>Lombardi  alla prima crociata</em> de Verdi. Pour la première fois, oui. Depuis sa création en 1843, l’œuvre n’y avait jamais encore été représentée !</p>
<p>L’histoire est celle d’une tragédie amoureuse sur fond de première croisade avec son lot de personnages torturés, d’amants séparés et d’amours impossibles. Composé aussitôt après <em>Nabucco</em> dans l’espoir d’en rééditer le triomphe, cet ouvrage est d’une inégale qualité. Il y a des airs, des ensembles et des chœurs de toute beauté, mais d’autres où Verdi a manqué d’inspiration, s’est contenté d’utiliser les formules stéréotypées de la musique lyrique de son époque. Ces moments-là, bien sûr, ne sont pas les plus nombreux !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="273" src="/sites/default/files/styles/large/public/lombardi.jpg?itok=MhTX8e-Y" title="comme un peplum moyen-âgeux (PHoto Eric Devaux- Opéra de Monte-carlo)" width="468" /><br />
	©  Eric Devaux- Opéra de Monte-Carlo</p>
<p>Au plan musical, politico-religieux et patriotique, le Verdi des <em>Lombardi </em>est proche de celui de <em>Nabucco</em>. Le choeur du IVe acte « O Signore dal tetto natio » fait écho au « Va pensiero ». Les chœurs, parlons en. Celui de l’Opéra de Monte-Carlo a excellé. Il est peut-être le personnage principal du spectacle.</p>
<p>La distribution n’en est était pas moins brillante, dominée par la soprano géorgienne <strong>Nino Machaidze</strong> et la basse italienne <strong>Michele Pertusi.</strong> La première passe magnifiquement de l’humilité de la prière à l’ardeur de la guerrière. Sa voix est ample et souple. Elle explose sans crier, frémit sans faiblir, porte aux nues son personnage de Griselda. Michele Pertusi n’est pas une découverte. Il s’impose depuis des années sur les plus grandes scènes. Il n’a pas failli à sa réputation, offrant le beau bronze de sa voix au personnage de Pagano – l’assassin devenu ermite. Nous avons été moins convaincu par le ténor <strong>Arturo Chacón-Cruz</strong> dans le rôle d’Oronte – l’amant converti au christianisme. Il perd en musicalité à vouloir trop forcer dans les aigus. Dans un rôle certes  plus réduit que le précédent – celui d’Ascanio, frère ennemi de Pagano – l’ « autre » ténor <strong>Antonio Coriano</strong> a été tout à fait convaincant. Nous avons été très touchés par la soprano bel cantiste <strong>Cristina Gianelli</strong>, mère de Griselda. Le reste de la distribution était sans défaut.</p>
<p>Dans ce beau spectacle en costumes historiques, semblable à un peplum moyen-âgeux, les décors ont été remplacés par des projections. Les allusions photographiques aux génocides du monde moderne nous ont paru inutiles, tout comme la référence au tableau « Guernica » de Picasso. Nous n&rsquo;avons pas aimé non plus le sinistre défilé d’éclopés qui prit place sur le solo de violon censé évoquer, à ce moment de l&rsquo;opéra, la béatitude religieuse. Cruelle distorsion entre ce que l’œil voit et ce que l’oreille entend ! L’orchestre fut admirable sous la direction de <strong>Daniele Callegari</strong>. (Violon solo : David Lefèvre).</p>
<p>Et c&rsquo;est ainsi que les Lombardi ont triomphé au pays des Grimaldi.</p>
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