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	<title>Caroline WENBORNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 23 Feb 2025 15:57:35 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Caroline WENBORNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Milan (Scala)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/__trashed-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Scala de Milan poursuit son nouveau Ring, le premier depuis dix ans, avec une nouvelle production de Die Walküre par David McVicar. Après un Prologue qui nous avait laissé une impression mitigée, le metteur en scène nous offre cette fois une première journée pleinement aboutie et convaincante, visuellement spectaculaire et théâtralement fouillée. Les amateurs &#8230;</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die-walkure-der-ring-des-nibelungen-8--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183657"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p>La Scala de Milan poursuit son nouveau <em>Ring</em>, le premier depuis dix ans, avec une nouvelle production de <em>Die Walküre</em> par David McVicar. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-milan-scala/">Après un Prologue qui nous avait laissé une impression mitigée</a>, le metteur en scène nous offre cette fois une première journée pleinement aboutie et convaincante, visuellement spectaculaire et théâtralement fouillée. Les amateurs de relectures décapantes dussent-ils s’en arracher les cheveux, le metteur en scène britannique choisit, comme à son habitude, de laisser s’exprimer naturellement le drame wagnérien au travers d’une proposition assez littérale. On ne trouvera donc ici ni costumes-cravate, ni attaché-case, ni autres accessoires traditionnels de la mise en scène contemporaine. Le parti &nbsp;visuel se réfère moins à l’univers des mangas que le précédent <i>Rheingold </i>mais reste très spectaculaire et plus homogène, et moins audacieux que celui du prologue.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-6-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183678"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">La <a href="https://www.youtube.com/watch?v=oTCtRpIaL6c"><em>Chevauchée des Walkyries</em></a>&nbsp;est ici particulièrement réussie, avec jeunes hommes torses nus montés sur des sortes d’échasses à ressort qui simulent de manière étonnante des chevaux piaffant d’impatience. On verra même Fricka apparaitre tirée par des béliers, comme le prévoit le livret, occurrence presque aussi rare que des éléphants dans <em>Aida</em> (1). Contrairement au <em>Rheingold</em>, les éclairages sont cette fois moins violents et contribuent à une atmosphère un brin oppressante. Le dernier décor présente une gigantesque tête (celle d’Erda ?) qui s’entrouvre pour accueillir le sommeil de Brünnhilde au milieu de flammes. Après avoir fait quelques tours du rocher, le cheval de la Walkyrie s’arrête pour l’attendre fidèlement, tandis que Wotan revêt l’habit « traditionnel » du Wanderer, image proprement sublime tant elle se marie idéalement avec la musique. Outre les « chevaux », de nombreux figurants animent le plateau : Hunding fait ainsi irruption au premier acte comme le chef de meute qu’il est, entouré de ses acolytes, aussi déjantés que lui-même. Certains pourront justement regretter que la mise en scène ne creuse pas le mythe, mais elle n’en demeure pas moins d’une grande efficacité et d’une superbe beauté plastique, adaptée à un public moins familier de l&rsquo;ouvrage.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183673" width="913" height="608"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Nous l’avons écrit par le passé,<strong> Camilla Nylund</strong> n’a pas exactement la projection vocale des grandes wagnériennes. Bénéficiant ici de l’acoustique favorable de la Scala, le soprano voit en revanche ses qualités propres particulièrement mises en valeur. Le timbre est agréable, moiré, le soprano colorant intelligemment l’émission en fonction du texte. La musicalité est impeccable. La voix est d’une belle fraîcheur, sans vibrato intempestif. L’interprétation est intelligente et sensible, d’une grande finesse. Nylund crée un vrai personnage, bien à elle, accentuant ici le côté « jeune fille » par rapport à celui de « guerrière » plus souvent mis en avant, notamment par des interprètes plus matrones. Sur ce dernier aspect, l’ardeur de Brünnhilde apparait ainsi davantage comme l’effet de la juvénilité plutôt que d’une force sauvage mal maitrisée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die-walkure-der-ring-des-nibelungen-5--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183665"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">À 65 ans, <strong>Michael Volle</strong> force l’admiration avec un Wotan proprement anthologique, même si la voix n’a plus la même souplesse (ce Wotan a des heures de Volle&#8230;) : l’aigu est parfois un peu moins projeté, la projection est économe à certaines occasions, quand l’orchestre est moins présent (par exemple, dans le duo avec Brünnhilde à l’acte II), ce qui d&rsquo;ailleurs sied à l&rsquo;intériorisation des sentiments du personnage. Toutes les notes sont toutefois bien en place, le, chanteur est parfaitement audible et il sait déployer l’énergie attendue dans les moments les plus dramatiques et les plus exposés. Mais l’essentiel est ailleurs. Volle offre un art du chant qui est d’abord le fruit d’années d’expérience, une double leçon de maîtrise vocale et d’interprétation, les deux étant ici intimement liées. Le baryton allemand sait transmettre les émotions les plus intimes et les plus diverses du personnage par l&rsquo;articulation du texte d&rsquo;une part et, sur le plan vocal, grâce à toute une gamme de colorations : du clair-obscur exprimant le désarroi du dieu, à l’émission franche, claire et nette exprimant au contraire sa puissance. Son duo final avec Camilla Nylund et ses <em>Adieux</em> sont proprement poignants.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die-walkure-der-ring-des-nibelungen-6--1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-183659" width="911" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">On ne reviendra pas sur la sempiternelle question de l’adéquation de <strong>Klaus Florian Vogt</strong> au répertoire wagnérien héroïque. Avec son timbre haut perché et ses graves discrets, il n’est pas le <em>Heldentenor</em> que l’on attend typiquement dans ce rôle. Mais le chanteur a aussi progressé. On appréciera ainsi une voix dont le spectre est devenu plus large (seuls les graves de la dernière scène de l’acte II lui font encore défaut). Sans être particulièrement vaillant, l’aigu répond toujours à l’appel, en un peu moins brillant. Le <em>legato</em> s’est également beaucoup amélioré, avec une émission plus déliée, et une parfaite maîtrise de l’émission forte et de la voix mixte. La puissance est au rendez-vous et le chanteur tient sans problème la distance. La composition dramatique est intéressante, celle d’un jeune homme innocent, manipulé, en proie à des enjeux qui le dépassent. </p>

<p style="font-weight: 400;">Pour ses débuts dans le rôle, <strong>Elza van den Heever</strong> choisit d’offrir une Sieglinde victime expiatoire de bout en bout. Son chant sait superbement exprimer cette longue souffrance. Actuellement dans la plénitude de ses moyens, le soprano remplit l’auditorium de sa voix percutante, homogène sur toute la tessiture. Musicalement on pourra toutefois préférer des voix plus amples et plus fruitées, au timbre moins pincé, mais le soprano nous convainc d’abord par la justesse de son interprétation.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-3-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183676"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Le Hunding de <strong>Günther Groissböck</strong> est particulièrement réjouissant. On sent un peu d’effort dans les notes les plus aiguës, mais le grave est puissant et l’émission homogène. Scéniquement, de par son physique impressionnant, Groissböck campe un parfait bad boy, à la fois attirant et tête-à-claque, de par l’affichage d’une masculinité débridée et décomplexée, renforcée d’ailleurs par la mise en scène (Sieglinde est ici clairement destinée au « repos du guerrier »).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-5-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183677"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">La Fricka d’<strong>Okka von der Damerau </strong>nous a davantage convaincu ici que dans le <em>Rheingold</em>. La voix est toujours aussi magnifique mais l’interprétation plus fouillée. C’est ici une Fricka toujours amoureuse qui peut fendre l’armure à l’occasion. Les Walkyries sont globalement correctes.</p>

<p style="font-weight: 400;"><strong>Alexander Soddy</strong> offre une approche cohérente de l’ouvrage dont il maintient tout du long l’arc dramatique, sans chutes de tension. Il opte plutôt pour un tempo assez vif (un peu moins de 3h40 de musique, soit 5 minutes de moins que Simone Young qui dirigeait les premières représentations), ce qui vient apporter un supplément de dynamique à l’ouvrage, <em>Die Walküre</em> étant peut-être la journée la plus statique du cycle. Nous aurions toutefois préféré une battue plus retenue dans les passages les plus désespérés, en particulier dans les <em>Adieux de Wotan</em>, un peu menés au pas de charge, alors qu’on voudrait que le temps y soit comme suspendu. Le chef britannique est également un authentique chef de théâtre, attentif au plateau. Sachant qu’Alexander Soddy n’a que 42 ans, il sera intéressant de voir évoluer sa conception de l’ouvrage au fil des années, en espérant que les théâtres aient l’intelligence de lui en donner l’opportunité.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-8-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183680"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p>L’orchestre est souvent somptueux, avec une sonorité toujours unique. On en regrette d’autant plus une sérieuse baisse de régime côté cuivres à la fin de l’acte II, pendant tout l’échange entre Siegmund et Brünnhilde, pollué par de nombreux accrocs.</p>
<p><a href="https://www.teatroallascala.org/en/ring-des-nibelungen.html">La Scala proposera deux <em>Ring</em> complets en mars 2026</a>, le premier sous la baguette d&rsquo;Alexander Soddy et le second sous celle de Simone Young (l&rsquo;alternance se faisait jusqu&rsquo;à présent dans l&rsquo;ordre inverse pour <em>Rheingold</em> et <em>Die Walküre</em>).</p>
<ol>
<li>
<pre>Sauf erreur de notre part, à Bayreuth, même Peter Hall avait renoncé à faire figurer des béliers dans sa production littérale de 1983, laquelle succédait à celle de Patrice Chéreau avec l’ambition de revenir au respect strict du livret. En ce qui concerne les éléphants dans <em>Aida</em> en revanche, c’est comme les baisses d’impôts : tout le monde en parle pour s'en plaindre mais personne ne les a jamais vus.</pre>
</li>
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			</item>
		<item>
		<title>STRAUSS, Der Rosenkavalier – Milan (Scala)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-milan-scala/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Nov 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le public milanais a la réputation d’être souvent exigeant. Ce 29 octobre, à l’occasion de la dernière représentation de la série, c’est pourtant à une véritable déclaration d’amour que nous avons assisté. Lancer de fleurs et applaudissements sans fin d’une salle jusqu’au bout quasiment pleine, Kirill Petrenko a été longuement fêté. Cet accueil est d’autant &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le public milanais a la réputation d’être souvent exigeant. Ce 29 octobre, à l’occasion de la dernière représentation de la série, c’est pourtant à une véritable déclaration d’amour que nous avons assisté. Lancer de fleurs et applaudissements sans fin d’une salle jusqu’au bout quasiment pleine, Kirill Petrenko a été longuement fêté. Cet accueil est d’autant plus remarquable que le <em>Rosenkavalier</em> n’est pas exactement l’opéra favori du public scaligère. Et ce n’est pas faute d’y avoir mis les moyens : le théâtre peut en effet s’enorgueillir d’avoir accueilli Herbert von Karajan (1952), Karl Böhm (1961), Carlos Kleiber (1976) et plus récemment Jeffrey Tate (2003, au Teatro degli Arcimboldi pendant la fermeture de la Scala) ou encore Zubin Mehta (2016), sans parler des représentations antérieures en italien, dont la création sous la baguette de Tullio Serafin en 1911, soit quelques semaines après la première mondiale à Dresde. De plus, Richard Strauss dirigea lui-même son ouvrage à la Scala en 1928. Le cru 2024 marque donc un retour à un certain âge d’or orchestral et n’a pas manqué d’apparaitre comme l’un des événements les plus attendus de la saison, d’autant plus que, depuis sa nomination à la tête de la Philharmonie de Berlin, les apparitions du chef austro-russe à la tête d’autres formations et, plus particulièrement, dans la fosse d’un théâtre, sont devenues beaucoup plus rares.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="626" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/024_096A3831.ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x626.jpg" alt="" class="wp-image-175544"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub><sup>Photo : Brescia et Amisano ©Teatro alla Scala</sup></sub></figcaption></figure>


<p>Créée<em> in loco</em> en 2016 (après Salzbourg en 2014, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/der-rosenkavalier-salzbourg-le-texte-transcende-par-limage/">où elle a été filmée pour un DVD commercial</a>), la mise en scène de <strong>Harry</strong> <strong>Kupfer</strong> (décédé en 2019) est ici reprise par <strong>Derek</strong> <strong>Gimpel</strong>. Celui-ci se révèle attentif à mettre en place un jeu d’acteur fouillé et crédible. Les décors de <strong>Hans Schavernoch</strong> combinent en arrière-plan d’immenses photos d’une Vienne désertée, et des éléments architecturaux épurés (une porte, un lit, des meubles&#8230;). Ces derniers, mobiles au fil de l’action, contrastent par leur semi-réalisme avec des projections un brin fantomatiques. Ce parti permet de varier visuellement le plateau tout au long d’un acte, même quand le livret ne requiert pas vraiment de changement de décors. Au négatif, les déplacements sont un peu bruyants, et on se serait bien passé des grincements qui suivaient le sublime final. Par sa beauté spectaculaire, et du fait de la transposition, la scénographie élude toutefois la description d’une société ancienne un brin décadente. Ici, le nouveau monde, celui de la fortune industrielle, a déjà gagné, mais il n’a pas non plus encore ébranlé l’ancien monde aristocratique. Le spectacle est sage, d’une certaine beauté, bien mené et vivant, d’une belle économie de moyens. La scène de l’auberge de l’acte III, nous a toutefois semblé peu convaincante : la transposition au début du XXe siècle rend peu crédible les farces dont Ochs est la victime et qui seraient sensées le terroriser. Difficile également d’imaginer que la Maréchale puisse troquer son amant Octavian contre son page Mohammed comme le laisse penser la dernière scène muette.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/162_GN1A0495-Devieilhe-Lindsay-Stoyanova-ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-175548"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub><sup>Photo : Brescia et Amisano ©Teatro alla Scala</sup></sub></figcaption></figure>


<p>Cette reprise réuni une distribution solide et équilibrée à défaut d’être exceptionnelle. Familière du rôle, <strong>Krassimira Stoyanova</strong> a fait ses premiers pas en Maréchale <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/der-rosenkavalier-salzbourg-le-texte-transcende-par-limage/">dans cette même mise en scène à Salzbourg</a>. Le soprano bulgare offre une interprétation de belle allure mais à qui il manque un je ne sais quoi pour être vraiment mémorable. Ainsi la voix n’a pas les aigus aériens d’une Renée Fleming, et pas davantage le médium opulent d’une Régine Crespin. La chanteuse reste ainsi dans une sorte d’entre-deux et on rappellera que la chanteuse est d&rsquo;abord excellente dans <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/krassimira-stoyanova-verdi-un-verdi-bien-en-chair/">Verdi</a> et Puccini. La projection n’est pas non plus spectaculaire, d’autant que le soprano ne cherche jamais à forcer ses moyens : au positif, à 62 ans, la voix est dans un état de conservation remarquable, avec un timbre intact et sans vibrato intempestif (ceci explique cela). Ces réserves faites, la chanteuse sait transmettre avec subtilité et finesse une gamme variée d’émotions en variant les couleurs. Dramatiquement, son interprétation est sensible et intéressante : sa Maréchale semble déjà avoir baissé les bras (mais n’est-ce pas déjà un peu le cas, quand le livret lui fait dire à son coiffeur « Hippolyte, comme vous m’avez fait un visage âgé aujourd’hui&#8230; » ?). <strong>Kate Lindsey</strong> est un Octavian scéniquement très crédible (au point qu’à l’acte III les avances du baron à ce qu’il croit n’être qu’une servante en deviennent troublantes). Ses moyens vocaux l’obligent toutefois à forcer son émission, le registre <em>forte</em> étant trop souvent sollicité pour passer l’orchestre, pourtant attentif aux voix. La première partie de l’acte III, où Octavian est déguisée en servante, la voit d’ailleurs peu audible quand elle doit contrefaire sa voix. <strong>Sabine Devieilhe</strong> est un rêve en Sophie dont elle incarne la fraicheur et la spontanéité avec un naturel qui fait rendre les armes. La voix manque un peu de largeur et de puissance pour une salle de cette dimension, mais la chanteuse est toutefois toujours parfaitement audible. Plus important, le phrasé est constamment admirable ainsi que la capacité à amener de l’émotion en colorant le son ou en jouant sur le souffle. Devieilhe est ainsi sans conteste la chanteuse la plus émouvante du plateau.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/098_GN1A0273.Groissboeck-ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-175547"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub><sup>Photo : Brescia et Amisano ©Teatro alla Scala</sup></sub></figcaption></figure>


<p><strong>Günther Groissböck</strong> campe un baron Ochs physiquement atypique, loin des vieux barbons odieux dont nous avons l’habitude (on songe initialement à Thomas Hampson dans <em>Arabella</em>). Spontanément, on s’attend à un Don Juan sûr de lui (et qui aurait quelques raisons de le croire), mais la composition vocale ne vient pas confirmer la prestance visuelle du chanteur. Celle-ci reste on ne peut plus classique : on attendait Hampson, ce fut Depardieu. Au positif, le chanteur a le mérite de ne pas trahir Hofmannsthal (Karl Perron, le créateur du rôle n’était plus un perdreau de l’année en 1911). Ces talents d’acteurs sont indéniables, et il maîtrise parfaitement le rôle, sans donc toutefois y apporter la touche de renouvellement qu’on pouvait espérer. Vocalement, Groissböck offre la plus grosse projection du plateau, de beaux graves, mais aussi des aigus un peu courts voire parfois détimbrés. Doté lui également d’une belle projection, <strong>Michael Kraus</strong> campe un Faninal idéal, excellent acteur lui aussi. Pour incarner le chanteur italien, les ténors ne manquent pas dans les environs de Milan : sur le papier, le choix de <strong>Piero Pretti</strong>, familier des premiers rôles dans la péninsule, semblait un luxe, mais le timbre blanc et l’émission sèche du chanteur ne ruisselle pas vraiment d’<em>italianità</em> et manque de <em>morbidezza</em>. Les voix des autres rôles secondaires ont l’inconvénient de se perdre dans l’immensité de la salle, mais l’ensemble est toujours musicalement bien en place et impeccable dramatiquement. Le chœur, y compris les voix blanches, est parfait.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="711" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/051_096A4079-Stoyanova-.ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x711.jpg" alt="" class="wp-image-175545"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub><sup>Photo : Brescia et Amisano ©Teatro alla Scala</sup></sub></figcaption></figure>


<p>Sous une autre baguette, la représentation aurait déjà été très correcte, mais la direction de<strong> Kirill Petrenko</strong> vient sublimer la soirée. L’introduction orchestrale de l’acte I est passionnée, dessinant la nuit d’amour enflammée qui se tient derrière le rideau. On retrouvera cette liberté sautillante tout au long de la soirée. L’orchestre est débarrassé des lourdeurs que lui infligent d’autres directions, avec des cors et contrebassons plus discrets qu’à l’ordinaire. On retrouvera aussi cette légèreté dans un admirable prélude à l’acte III, mais c’est toute la partition qui est ainsi abordée, Petrenko magnifiant l’orchestration par petites touches : tempos, sonorités, sans jamais pour autant oublier les voix, à l’inverse de ces chefs essentiellement symphoniques qui oublient le plateau. Le chant conversationnel est ainsi admirablement soutenu. Il n’est pas anodin de rappeler que Petrenko dirigea à la Wiener Volksoper avant de devenir directeur musical de la Komische Oper Berlin, y faisant l’apprentissage simultané du théâtre et de l’opérette. De même, à leur époque, de futurs grands chefs du répertoire « sérieux » germanique <a href="https://www.youtube.com/watch?v=FP9GyQcElPc.">ne dédaignaient pas non plus la musique légère</a>, que ce soit par goût ou par obligation. &nbsp;Les milanais peuvent féliciter Dominique Meyer d’avoir su convaincre Kirill Petrenko de faire ici ses débuts à la tête de l’Orchestre de la Scala, ici proche de la perfection, et dont les couleurs sont parfaitement en phase avec l&rsquo;approche de Petrenko. Il reste au public scaligère à espérer que ces débuts ne sont qu&rsquo;un prélude à une collaboration dans la durée en dépit du prochain départ de l&rsquo;actuel surintendant.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-milan-scala/">STRAUSS, Der Rosenkavalier – Milan (Scala)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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