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	<title>Rocco CAVALUZZI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 29 Jul 2024 07:34:49 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Rocco CAVALUZZI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROTA, Aladino e la lampada magica &#8211; Martina Franca</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rota-aladino-e-la-lampada-magica-martina-franca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jul 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1926, l’année de la création de Turandot, Nino Rota a 15 ans et il compose un opéra, Il Principe porcaro* d’après un conte d’Andersen. C’est la manifestation d’un goût pour le fantastique qui ne le quittera pas, comme en témoignent Lo scoiatolo in gamba*, en 1959, sur un livret d’Eduardo di Filippo, et Aladino &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1926, l’année de la création de <em>Turandot</em>, Nino Rota a 15 ans et il compose un opéra, <em>Il Principe porcaro</em>* d’après un conte d’Andersen. C’est la manifestation d’un goût pour le fantastique qui ne le quittera pas, comme en témoignent <em>Lo scoiatolo in gamba*</em>, en 1959, sur un livret d’Eduardo di Filippo, et <em>Aladino e la lampada magica</em> créé en 1968 après deux années de composition – de 63 à 65 – suivies de retouches et de révisions jusqu’en 1967.<br />
Pourquoi un opéra et pourquoi choisir ce conte des Mille et une nuits ? Et pourquoi pas ? Le renom de Nino Rota comme compositeur de musiques pour le cinéma est tel qu’on ignore – en France – à peu près tout de sa contribution au genre lyrique. <em>Le chapeau de paille d’Italie</em> est considéré comme un heureux accident de parcours dans une carrière somme toute moins noble, car c’est un préjugé répandu qu’écrire pour le cinéma, c’est plus facile qu’écrire pour l’opéra. De là à penser que Nino Rota est un compositeur du second rayon il n’y a qu’un pas. Pourtant certains chefs d’orchestre se souviennent de leur confusion lorsque, appelés à diriger de la musique symphonique de Nino Rota sans avoir lu la partition, ils découvrirent la complexité de l’écriture.<br />
Car c’est une des découvertes que favorise la proposition du Festival de la Valle d’Itria, Nino Rota, à l’époque de la composition – et il semble que ce fut toujours vrai tout au long de sa vie de compositeur – n’a jamais suivi les modes, se bornant à écrire ce qui lui plaisait, prenant çà ou là des éléments à insérer dans son discours sans s’assujettir à une quelconque chapelle. Oui, on peut entendre tel fragment mélodique, tel accord, telle combinaison de timbres, qui vont rappeler Puccini, Gershwin, Bernstein ou Richard Strauss, mais on peut exclure l’intention d’imiter un filon. Plutôt, comme Rossini lui-même et plus tard Stravinsky, le réemploi de stylèmes dépourvus de signification intrinsèque mais adaptables à un contexte nouveau.<br />
Le découpage du conte donne une structure en trois actes. Au premier, Aladin est abordé par le mage maghrébin, qui lui raconte être son oncle et l’entraîne dans une quête mystérieuse au terme de laquelle le Génie d’un anneau magique aidera Aladin à échapper à la mort.  Au deuxième acte, alors qu’il va vendre la lampe pour se procurer de quoi subsister, sa mère la nettoie et un autre Génie apparaît, qui peut lui procurer tout ce qu’il peut désirer. Tombé amoureux de la fille du Roi il envoie sa mère la demander en mariage, et il aura satisfaction car le Génie de la lampe accumule les richesses exigées par le cupide souverain. Au troisième acte, alors qu’il est à la chasse, le méchant magicien revient dans l’intention de se rendre maître de la lampe. Il y parvient et transporte le palais et la princesse en Afrique. A son retour, Aladin désespéré invoque le Génie de l’anneau, qui le met en présence de la princesse, à laquelle il demande de séduire le magicien et de lui faire boire un narcotique. En fait il mourra, Aladin récupérera la lampe, et retournera avec son épouse au pays qui est le leur. Il reviendra au chœur d’enfants – dirigé par <strong>Angela Lacarbonara</strong> – qui avait ouvert la représentation de la refermer puisque le fil conducteur du spectacle est cet enfant qui s&rsquo;est attardé dans la bibliothèque à lire le conte d&rsquo;Aladin et qui s&rsquo;y retrouve quand il a lu tout le conte, environné des personnages auxquels sa lecture a donné vie.<br />
Une chose surprenante est la taille de l’orchestre. Nino Rota le voulait massif, et le spectacle de  l’effectif des musiciens du Teatro Petruzelli de Bari suscite chez notre voisin une exclamation : mais c’est berliozien ! Il faut également un chœur d’hommes, un chœur de femmes, un chœur d’enfants, autant dire que ce spectacle réclame beaucoup de moyens humains, ce qui influe sur le coût de la production. Est-ce pour cela que la mise en scène s’est privée d’outils techniques qui auraient pu rendre spectaculaires les épisodes de la caverne, les défilés à travers la ville ou le palais du Roi ? Et que les chœurs masculins et féminins restent invisibles dans les avant-scènes à jardin et à cour, une facilité pour la mise en scène, délivrée du souci de gérer les mouvements, et une économie pour les costumes ?<br />
Quand les fonds sont comptés l’inventivité doit seconder la sobriété. Conçu par <strong>Leila Fteita</strong>, un élément de décor unique percé de deux portes représente les rayons d’une bibliothèque publique entièrement garnis de livres du sol au plafond. Certains des panneaux de ce décor sont mobiles et permettront de dévoiler l’entrée de la caverne ou de révéler le palais magique. Au devant s’étend un plan incliné jusqu’à l’avant-scène qui sera l’espace de jeu. A jardin et à cour, deux espaces latéraux permettent l’apparition du chœur d’enfants, ou l’arrivée de personnages secondaires, les choristes adultes étant dans les caches aux deux extrémités de la scène.<br />
Des accessoires servent à caractériser les lieux et les étapes de l’action : tapis, cageots, pour la place du marché, meubles succincts pour le logis d’Aladin, baignoire et rideau tendu pour le bain de la princesse, coussins et tapis pour la palais du Roi. Petites déceptions,  pourquoi rassembler des brindilles, comme le demande le pseudo-oncle pour faire un feu qui ne s’enflamme pas ? Pourquoi les pierreries dont il est dit qu’elles sont énormes sont-elles invisibles ? Et pourquoi les plateaux précieux que l’orfèvre paie sans rechigner ne sont-ils pas plus grands et plus nombreux ? Le lecteur peut imaginer, mais le spectateur demande à voir !</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ALadino_Marco-Ciaponi_c-ClarissaLapollaph18092-1294x600.jpg" alt="" width="677" height="314" />
© Clarissa Lapolla</pre>
<p>Du récit de Shéhérazade l’adaptation a conservé l’essentiel, au prix d’ellipses qui peuvent déconcerter qui n’est pas informé des étapes du conte. Une bonne part de l’appréhension du récit par le public passe par les costumes. Leila Fteita renonce à l’option chinoise – le lieu où est censé se dérouler l’aventure –  et habille à l’orientale tous les personnages, avec des pantalons bouffants particulièrement réussis, et une touche d’excentricité particulière pour les deux génies, très colorés. Très réussie, grâce aux lumières de <strong>Francesco Siri</strong>, la première intervention du magicien maghrébin, qui fige les personnages par la puissance de son verbe.<br />
C’est <strong>Marco Filippo Romano</strong> qui l’incarne, donnant à sa voix la noirceur qui révèle celle de son âme, le mielleux du trompeur ou le rogue de l’autorité impatiente, jusqu’à la mièvrerie de l’amoureux berné ; s’il semble parfois à la corde pour les notes les plus basses, en revanche il est très à son aise dans le rôle du Roi, esclave de sa cupidité et de sa gourmandise, véritable marionnette du Grand Ministre. Cette versatilité confirme un talent bien connu.<br />
L’autre grand rôle est celui d’Aladin, incarné par le ténor <strong>Marco Ciaponi</strong>. Passée la légère déconvenue de ne pas voir l’adolescent espéré – car tel est le personnage du conte – on adhère à son engagement. L’écriture ne mettra vraiment en valeur l’étendue de sa voix que lors de ses effusions avec la princesse mais elle est homogène, la projection est bonne et les intentions expressives sont justes.<br />
Deux rôles féminins se détachent, celui de la mère et celui de la princesse, dans l’ordre de leur apparition. La première, incarnation de l’amour maternel, dévoué, indulgent et jamais tranquille avec un garnement comme Aladin, trouve en <strong>Eleonora Filipponi </strong>une interprète nuancée. La seconde, <strong>Claudia Urru, </strong>que la mise en scène soumet à une pantomime en ombre chinoise pour la scène du bain, révèle son lyrisme dans les scènes d’amour avec Aladin, l’écriture ne poussant jamais sa voix ronde dans ses retranchements.<br />
Les autres interprètes, <strong>Rocco Cavalluzzi </strong>en Grand Ministre et <strong>Omar Cepparolli</strong>, l’orfèvre, sont sans reproches, même si le second a semblé un peu fatigué. Bonnes prestations des compagnons de jeu d’Aladin, les trois ténors <strong>Pepe Hannan</strong>, <strong>Davide Zaccherini</strong> et <strong>Zachary McCulloch. </strong>Mention spéciale pour <strong>Anastasia Churakova </strong>dans le rôle de la servante agent momentané du destin de la lampe.<br />
Quant aux deux génies, leurs courtes interventions sont impeccables de tenue, tant pour <strong>Alexander Ilvakhin </strong>– l’anneau – que pour <strong>Giovanni Accardi – </strong>la lampe.<br />
Il serait particulièrement regrettable de ne pas mentionner les interventions chorégraphiques virtuoses d’ <strong>Emanuela Boldetti</strong> et <strong>Samuel Moretti </strong>; elles s’insèrent remarquablement dans le spectacle sans le moindre hiatus, ce n’est pas un mince exploit !<br />
<strong>Francesco Lanzillota</strong>, dont deux enfants chantent dans le chœur des voix blanches, aime manifestement cette partition, et c’est probablement le cas des instrumentistes, qui la font briller, des délicats accents de la harpe primitive aux accents menaçants et mystérieux aux abords de la grotte, cuivres étincelants qui annoncent le cortège de la princesse, brouhaha de la salle d’audience, solennité bruyante de la marche festive vers le palais, sombres accords de la tristesse de la princesse, le riche tissu mélodique et harmonique de la musique de Nino Rota est déployé avec amour.<br />
L’écriture vocale n’a pas pour objet de ressusciter le bel canto pas plus que l’écriture musicale ne cherche à reproduire le passé ou à se conformer à une actualité de son temps. Dans le conte, pour Nino Rota, le plus important n’est pas de dire quelque chose, mais de raconter. C’est pourquoi il est des niveaux de lecture différents, du divertissement pour enfants au récit initiatique à l’image de <em>La Flûte enchantée</em>, certains analysant les péripéties comme les étapes d’une initiation, une quête de vérité  libératrice car débouchant sur la lumière, à l’image d’Aladin qui retrouve le jour après être descendu aux Enfers. Quelle que soit la conclusion à laquelle on s’arrête, reste le plaisir d’avoir découvert l’intégralité d’une œuvre dont la France ne connaît encore que la version très largement abrégée qui fut donnée à Colmar, Mulhouse et Strasbourg à l’initiative de Vincent Monteil, ainsi qu’à Saint-Etienne et à l’Opéra-Studio – sauf erreur.</p>
<p><span style="white-space: pre-line;">*<em>Le Prince porcher / L&rsquo;écureuil astucieux</em></span></p>
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		<title>Lucrezia Borgia</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lucrezia-borgia-borgia-chez-visconti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jun 2021 04:22:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les enregistrements de Lucrezia Borgia sont rares… et le passé intimidant. Il est difficile de chanter un tel ouvrage en faisant oublier des artistes telles que Leyla Gencer, Montserrat Caballé ou Joan Sutherland. Renée Fleming y laissa quelques plumes à la Scala (assez injustement) tandis que June Anderson y réussit, hélas sans lendemain et dans un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les enregistrements de <em>Lucrezia Borgia</em> sont rares… et le passé intimidant. Il est difficile de chanter un tel ouvrage en faisant oublier des artistes telles que Leyla Gencer, Montserrat Caballé ou Joan Sutherland. Renée Fleming y laissa quelques plumes à la Scala (assez injustement) tandis que June Anderson y réussit, hélas sans lendemain et dans un cadre relativement confidentiel. Edita Gruberová apporta sa pierre à l&rsquo;édifice, avec ses défauts et ses qualités. Avec <strong>Carmela Remigio</strong>, il faut bien reconnaitre que nous sommes loin de l&rsquo;âge d&rsquo;or. La voix manque de largeur, d&rsquo;insolence, de mordant, le timbre, cristallin, faisant penser à une Gruberová sans suraigus. La version choisie n&rsquo;est pas des plus faciles à chanter non plus puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un mixte entre la version de la création de 1833 et de la version de Paris (1840). Lucrezia Borgia ne chante qu&rsquo;un couplet de « Come è bello » mais donne la rare cabalette (pas très inspirée d&rsquo;ailleurs) avec reprise et variations, et un seul couplet de la cabalette finale, sans suraigu ni variations. Carmela Remigio s&rsquo;en tire avec les honneurs, grâce à son indéniable professionnalisme et à un véritable engagement. <a href="/lucrezia-borgia-bergame-ladhesion-lemporte">L&rsquo;impression à la scène est sans doute différente</a>, mais cette interprétation ne nous transporte jamais particulièrement à l&rsquo;enregistrement. Les moyens naturel de <strong>Xavier Anduaga </strong>sont à la hauteur du rôle de Gennaro, particulièrement difficile dans la version retenue. Le jeune ténor chante ici l&rsquo;air additionnel  « Anch&rsquo;io provai le tenere », écrit pour le ténor Mario dans la version de Paris. Rarement donné, l&rsquo;arioso est sans doute un peu moins payant que le « T&rsquo;amo qual s&rsquo;ama un angelo » (composé à l&rsquo;attention de Nicola Ivanoff, pour une version censurée de 1838 intitulée <em>Eustorgia da Romano,</em> un cheval de bataille d&rsquo;Alfredo Kraus). La page est toutefois encore plus exigeante, culminant au contre ré que le ténor offre ici piano et en voix de poitrine, exploit assez inédit. Il est toutefois dommage que le chanteur manque encore de variétés dans les couleurs et, passé la satisfaction d&rsquo;entendre de tels moyens, une certaine monotonie s&rsquo;installe dans le chant. Défaut de jeunesse assurément. <strong>Mirko Mimica </strong>ne nous a pas semblé capté au meilleur de sa forme. Le timbre profond convient à ce rôle très noir, mais la voix est un peu instable. Après un prologue où on la sent un peu gênée par une tessiture trop grave, <strong>Varduhi Abrahamyan </strong>se rattrape et offre un beau <em>Brindisi</em> avec des beaux aigus et des variations originales. Les multiples petits rôles sont ici parfaitement remplis. Composant avec un orchestre de jeunes musiciens et des solistes occasionnellement à la peine,<strong> Riccardo Frizza</strong> adopte des tempi parfois vifs, mais parfois exagérément mesurés et non exempts de lourdeurs.</p>
<p>L&rsquo;époque du drame n&rsquo;était pas particulièrement pudique. Pour le troisième mariage de Lucrezia (avec Alfonso, justement), on régala l&rsquo;assemblée (qui comptait une cinquantaine de courtisanes) du spectacle d&rsquo;étalons montant des juments en chaleur au sein même du Vatican. Une production doit-elle traiter un tel ouvrage au travers de son historicité supposée, ou en référence au drame de Victor Hugo, à la musique de Gaetano Donizetti, et à leur époque ? Le metteur en scène, <strong>Andrea Bernard</strong>, choisit la première solution, en version édulcorée toutefois. Pendant la musique du prologue, le pape lui-même vient enlever le bébé de Lucrezia. La Princesse Negroni (qu&rsquo;on ne voit normalement pas) s&rsquo;exhibe dans une danse provocante. Gennaro pelote Lucrezia. Orsini embrasse Gennaro. Le metteur en scène joue de la confusion entre amour maternel, amitié et sexualité. Au final, on se croirait chez Visconti mais sans folie décadente, et on est en décalage constant avec la musique et le texte, et surtout avec l&rsquo;esprit de l&rsquo;œuvre. Les moyens du Festival Donizetti étant réduits, les décors y sont souvent stylisés : celui-ci n&rsquo;évoque pas plus Venise que Ferrare, lieux de l&rsquo;action, mais reste élégant dans sa noirceur. La captation est globalement bonne mais, s&rsquo;agissant d&rsquo;un enregistrement sur le vif, il faudra à l&rsquo;occasion supporter des bruits de pas bruyants et des pages de partition qui se tournent. Avec ses qualités et ses défauts cet enregistrement vient toutefois compléter la connaissance d&rsquo;un ouvrage pour lequel Donizetti écrivit de multiples versions.</p>
<p> </p>
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		<title>DONIZETTI, Lucrezia Borgia — Bergame</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lucrezia-borgia-bergame-ladhesion-lemporte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Nov 2019 11:19:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Bergame il se passe toujours quelque chose : si Lucrezia Borgia est à l’affiche du festival 2019 c’est parce qu’une nouvelle édition critique vient de paraître, sous le patronage de la ville et de la Fondation Teatro Donizetti. Qu’en attendre ? Ce qu’elle peut apporter. Faute de découvertes qui changeraient radicalement la connaissance de l’œuvre, Roger &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A Bergame il se passe toujours quelque chose : si <em>Lucrezia Borgia </em>est à l’affiche du festival 2019 c’est parce qu’une nouvelle édition critique vient de paraître, sous le patronage de la ville et de la Fondation Teatro Donizetti. Qu’en attendre ? Ce qu’elle peut apporter. Faute de découvertes qui changeraient radicalement la connaissance de l’œuvre, <strong>Roger Parker</strong>, cosignataire avec Rosie Ward, rappelle que les éditions critiques ont toujours pour rôle d’amener à scruter encore des œuvres pourtant réputées bien connues. Il lui suffit pour convaincre d’énumérer les neuf versions successives qui de 1833 à 1842 furent établies par Donizetti lui-même en fonction de théâtres et d’interprètes divers. Sur la base de ces informations et après consultation du comité scientifique de la Fondation Teatro Donizetti Riccardo Frizza, le directeur musical du festival, a décidé de proposer la version de 1833, celle de la création, et d’y insérer une partie des modifications réalisées par le compositeur en 1840 pour le Théâtre Italien à Paris. Ainsi la deuxième strophe du cantabile « Come è bello » est remplacée par une cabalette, et le texte de l’arioso de Gennaro « Madre, se ognor lontano » est identique à celui de Londres (1839) tandis que la cabalette finale de Lucrezia est ramenée à une seule strophe.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="272" src="/sites/default/files/styles/large/public/fdt_do_2019_lucrezia_borgia_ph_rota_gfr_95001.jpg?itok=sQ4X6Oo1" title="Prologue. Au centre au premier plan Maffio Orsini (Varduhi Abrahamyan)" width="468" /><br />
	Prologue. Au centre au premier plan Maffio Orsini (Varduhi Abrahamyan) © DR</p>
<p>Aucun spectacle ne naît en dehors de contingences. Qu’elles aient été financières ou techniques – deux productions devant se succéder d’un jour à l’autre sur le même plateau – on suppose qu’elles ont influencé la réalisation du décor et de la mise en scène. Est-ce un plafond doré à caissons, qui surplombe à cour de façon oblique le plan de la scène ? Quand il pivote il montre une surface lisse, comme un mur où l’on peut lire en lettres capitales BORGIA. C’est ingénieux, cela permet d’enchaîner sans précipités le prologue et le premier acte, mais cela suffit-il à caractériser Venise et Ferrare ? D’autant que le monticule qui occupe l’arrière-scène, à jardin, n’est guère compatible avec la topographie vénitienne, comme l’actualité le démontre tragiquement.</p>
<p>Cette interrogation sur les éléments du décor – signé <strong>Alberto Beltrame –</strong> on se la pose dès le prélude car le metteur en scène <strong>Andrea Bernard </strong>a choisi d’y montrer une pantomime où une femme se penche sur un berceau, soulève un nourrisson, l’allaite, le recouche, et semble l’image de la maternité heureuse. Toute à ses pensées, elle ne voit pas s’approcher, surgi en fond de scène à jardin, un homme enveloppé dans une grande cape dorée et coiffé de la tiare papale qui enlève furtivement l’enfant et s’en revient d’où il était venu. Désespérée elle reste prostrée près du berceau vide quand elle est submergée par l’irruption d’un troupe de fêtards, avec laquelle commence la première scène du prologue, et elle subit leurs débordements avant de disparaître tandis que le berceau brisé reste en place.</p>
<p>On peut supposer que cette proposition vise à éclairer le spectateur sur la violence subie par la mère et sur le statut exceptionnel du père, le pape Borgia – car sinon pourquoi enlèverait-il l’enfant ? Pour éloigner la preuve d’un inceste doublement scandaleux ? Mais alors cette mère est-elle Lucrezia elle-même ? Sa présence en victime éplorée quand surgit le groupe au sein duquel figure son fils adulte fait se télescoper deux époques séparées d’au moins vingt ans. Il n’est pas sûr que le spectateur lambda s’y retrouve.</p>
<p>Au-delà de ce problème de clarté il y a celui des choix concernant les personnages, qui déterminent la direction d’acteurs. Quand ils parlent de sentiment, à propos d’amour ou d’amitié, la mise en scène débouche systématiquement sur un assaut physique, forcément sexuel. Gennaro dit à Lucrezia qu’il l’aime autant qu’il est permis – sous-entendu par les bonnes mœurs – mais il essaie de la trousser, son duo avec Orsini devient un tête-à-tête homoérotique qui frôle le scabreux, et il tentera encore de posséder Lucrezia dans la dernière scène. Le duc fait de même, mais on pourra objecter qu’il est dans son droit. Cette généralisation indistincte – même la princesse Negroni s’exhibe dans une danse provocante – néglige à tort, à notre avis, la notion de pureté qui est au cœur des personnages et de leurs relations : nostalgie lancinante pour Lucrezia, candeur ingénue pour Gennaro, gratitude inébranlable pour Orsini et on peut y rattacher la suspicion dynastique du duc.  </p>
<p>Cela dit, on s’incline devant la maîtrise des masses, et on admire le travail des lumières, jusqu’à la dernière image où la mort de Lucrezia semble, comme celle de Phèdre, rendre « au jour&#8230; toute sa pureté ». On sera légèrement plus réservé quand aux choix effectués pour les costumes de Lucrezia.</p>
<p>Réserves, donc, sur les aspects visuel et dramatique. L’idéal serait qu’ils se fondent avec la musique et le chant. A défaut, on se console aisément par la qualité d’une interprétation musicale et vocale de très haut vol, à commencer par la direction de <strong>Riccardo Frizza</strong> et la réponse de l’orchestre. Dès le prélude on est happé par des tempi dont la justesse s’impose. Ils introduisent aussitôt dans le drame, excluant toute emphase mais faisant naître et croître la tension, entraînant sans la moindre fluctuation dans un univers où couleurs et rythmes sont ressentis comme des évidences. C’est une lecture d’une admirable efficacité dramatique où les accents ont le tranchant d’arrêts du destin mais où les effusions des cantabile étreignent le cœur.</p>
<p>Ces émotions que l’on vient chercher à l’opéra, la distribution vocale les dispense aussi généreusement. On retrouve avec plaisir l’irréprochable chœur de Piacenza souvent présent à Martina Franca. Des comparses qui entourent Maffio Orsini on ne distinguera personne mais tous sont dignes de leur emploi tant vocal que scénique. C’est aussi le cas de <strong>Rocco Cavalluzzi</strong>, efficace espion de Lucrezia , et d’ <strong>Edoardo Milletti</strong>, Rustighello chef des sbires du duc qui le traite sans ménagement. Le personnage du duc est soumis lui aussi à l’uniformisation de la violence, ce qui le prive arbitrairement de noblesse et de grandeur. Car s’il espionne la duchesse, c’est moins en mari jaloux qu’en souverain bien décidé à ne pas devenir un cocu ridicule. <strong>Mirko Mimica </strong>lui prête sa voix profonde et sa stature, qui, mystérieusement, paraît en scène plus haute qu’elle ne l’est réellement, ce qui lui donne une prestance bienvenue.  </p>
<p>A la création à Milan, l’air d’Orsini « Il segreto per essere felice » fut le plus applaudi. Il fait toujours son effet, surtout quand il est interprété avec la verve nécessaire. <strong>Varduhi Abrahamyan </strong>ajoute-t-elle le, personnage à son répertoire ? En tout cas elle se tire avec les honneurs de cette pièce qu’au siècle dernier des voix célèbres ont enregistrée et marquée ainsi de leur empreinte. Dès son entrée, dans le récit de la bataille de Rimini, elle incarne le personnage avec un aplomb scénique qui ne faiblira pas. Vocalement elle doit recourir pour quelques notes au registre de poitrine mais elle n’en abuse pas et la ligne conserve une fluidité et une élégance des plus appréciables. On lui aurait volontiers épargné la pantomime qu’elle doit jouer face à l’acteur qui incarne l’apparition évoquée dans le récit, pour nous fort peu nécessaire, ni alors ni plus tard.</p>
<p>Le guerrier généreux qui a sauvé naguère Orsini n’apprécie pas que ce dernier le raconte indéfiniment. Modestie ? Ce calme qui contraste avec l’exubérance de ses compagnons, on devrait le ressentir dans sa voix. Celle de <strong>Xabier Anduaga</strong> est-elle trop belle, trop sonore, trop éclatante ? Nous l’avons d’abord ressentie ainsi, pour nous délecter ensuite de cette pulpe charnue et brillante. L’acteur joue le jeu qui lui est demandé et c’est peut-être parce que nous ne sommes pas convaincu de son bien-fondé que le personnage ne nous convainc pas entièrement, alors que le chanteur nous a séduit.</p>
<p>Prise de rôle à risque pour <strong>Carmela Remigio, </strong>dont le tempérament artistique évoque pour nous celui de Mireille Delunsch, dans cette démarche consistant à prendre des risques, à oser aller à ses limites. L’écho des devancières illustres est trop présent pour qu’il ne constitue pas une pierre d’achoppement. De cette entreprise où la nouvelle Lucrezia affronte à la fois les écueils du rôle et les souvenirs prégnants, Carmela Remigio peut sortir la tête haute : elle est venue, elle a chanté et elle a triomphé. Certes, elle n’a pas fait oublier des voix plus larges, des accents plus percutants, des inflexions plus saisissantes, mais le temps de sa présence en scène elle a captivé par sa musicalité et l’intensité de son engagement. Forte de sa technique elle a affronté victorieusement la cabalette écrite par Donizetti pour la Grisi en 1840, qui accumule difficultés techniques et exigences expressives à la manière d’un défi. Cette bravoure, alliée à un engagement scénique rigoureux, lui vaut un triomphe aux saluts. Ainsi se termine cette représentation, où l’adhésion l’emporte largement sur les désaccords.</p>
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