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	<title>Aaron CAWLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Aaron CAWLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>CHAUSSON, Le Roi Arthus — Erl</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-roi-arthus-erl-entre-shakespeare-et-wagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jul 2022 14:15:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le passé est-il la nouveauté ? Quand un metteur en scène respecte le texte, les personnages et la dramaturgie, comme le fait ce soir la metteuse en scène Rodula Gaitanou, que l’on se sent bien ! Non pas qu’il faille rejeter toutes les transpositions, certaines sont fort bien venues. Mais ce soir, on retrouve avec bonheur l’esprit &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le passé est-il la nouveauté ? Quand un metteur en scène respecte le texte, les personnages et la dramaturgie, comme le fait ce soir la metteuse en scène <strong>Rodula Gaitanou</strong>, que l’on se sent bien ! Non pas qu’il faille rejeter toutes les transpositions, certaines sont fort bien venues. Mais ce soir, on retrouve avec bonheur l’esprit de Jean Vilar et de Guy Rétoré. Ringard, me direz-vous ? Les soldats ont des lances faites de manches à balais, les méchants ont l’air de vrais méchants, et les gentils de vrais gentils. Les costumes de <strong>takis</strong> sont uniformément gris, usés et salis où il faut et comme il faut, sauf Genièvre et sa longue chevelure rousse, et Merlin tout de blanc vêtu. Quant au praticable, également du talentueux <strong>takis</strong>, il est tout à fait années 60, mais quelle efficacité dans ce cercle éclairé par <strong>Simon Corder</strong>, qui enserre les personnages, et les tient prisonniers jusqu’à la mort. Donc rien de bien nouveau dans tout cela, sinon une redoutable efficacité. C’est du vrai théâtre, une mise en perspective et en abîme par des moyens artificiels, par une évocation d’une réalité historique recréée, par une imagerie restructurée à l’aune de notre propre imagination collective.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/10_knig-arthus_tiroler-festspiele-erl_xiomara-bender_42_52235751404_ocorr.jpg?itok=m4Wgr5RO" width="468" /><br />
	© Foto Xiomara Bender</p>
<p>Mais il faut convenir que l’œuvre s’y prête tout particulièrement. La publicité du festival d’Erl mise sur une œuvre wagnériste : c’est Chausson reconnu au sein du « Bayreuth autrichien ». Et c’est bien connu, Chausson, qui est allé plusieurs années de suite à Bayreuth, était un grand admirateur de Wagner. Des impressions, pour ne pas dire des citations, rappellent notamment <em>Parsifal</em>, <em>Tristan et Yseut</em> (quant à <em>La Walkyrie</em> on en retrouve l’idée scénique avec le cercle de feu final)<em>. </em>Mais dans le même temps, on ne peut pas ignorer tout ce que la musique de film a emprunté aux compositeurs français, et l’on ne peut entendre les cuivres retentissants sans penser aux reconstitutions historiques hollywoodiennes des années 50 : l’ombre de Robert Taylor plane sur la représentation.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/14_knig-arthus_tiroler-festspiele-erl_xiomara-bender_60_52235959390_ocorr.jpg?itok=YFm2CIEh" width="468" /><br />
	© Foto Xiomara Bender</p>
<p>L’autre grande qualité de la création de cette nouvelle production est sa grande unité de ton. Le jeu des chanteurs y est strictement contrôlé, le moindre geste, la moindre intonation ont leur raison d’être, c’est vraiment l’union intime du théâtre joué et du théâtre chanté. Quand des interprètes se donnent à fond dans ce jeu d’illusion, alors c’est le bonheur complet, et la troupe réunie ce soir y réussit brillamment. La distribution est dominée par <strong>Aaron Cawley</strong> (Lancelot), dont Yvan Beuvard vient de saluer la récente performance dans le rôle d’<a href="https://www.forumopera.com/la-dame-de-pique-avignon-un-monde-en-phase-terminale">Hermann de <em>La Dame de Pique</em> à Avignon</a>. On le retrouve ce soir en très grande forme : la puissance de sa voix est impressionnante, son endurance à l’avenant, sa prononciation du français et sa capacité à varier les registres jusqu’à la plus grande douceur, en font un ténor héroïque avec lequel il va falloir compter. À ses côtés, <strong>Anna Gabler</strong>, habituée des œuvres wagnériennes, chante une Genièvre tout en finesse, avec bien sûr quelques éclats, mais aussi en parfaite adéquation avec le jeu de ses partenaires. Même la scène de son suicide (elle se pend à l’aide de sa longue chevelure) passe ici en douceur, devenant ainsi presque plausible. Le roi Arthus de <strong>Domen Križaj</strong>, plein de tact et d’émotion comme toute la mise en scène, assure de sa voix forte et posée l’équilibre général. On ne peut citer tous les autres chanteurs, qui concourent au haut niveau de cette représentation, avec une mention spéciale pour le Merlin de<strong> Kabelo Lebyana </strong>et pour le fidèle écuyer Lyonnel d’<strong>Andrew Bidlack</strong>. Les chœurs sont excellents, de même que l’orchestre, mené de main de maître par le chef <strong>Karsten Januschke</strong> qui a su retrouver les plus belles sonorités de la partition de Chausson.<br />
	Une magnifique représentation, en tous points exemplaire, saluée par un triomphe public particulièrement mérité.</p>
<p>	Signalons que la production, prévue à l’origine dans le Festspielhaus, a été déplacée au <em>Passionsspielhaus </em>du fait de la reprogrammation à de nouvelles dates de <em>Bianca e Falliero</em>, la lourdeur des dispositifs scéniques ne permettant pas de programmer dans le Festspielhaus les deux œuvres deux jours de suite.</p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique — Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-dame-de-pique-avignon-un-monde-en-phase-terminale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 May 2022 21:28:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De La Dame de pique, chacun connaît la trame du drame psychologique, social que le fantastique va irriguer puis gouverner. Notre estimé confrère Maurice Salles avait assisté à la première toulonnaise et sa pertinente relation dispense de décrire la mise en scène, reproduite à l’identique (L’obsession de Hermann…ou d’Olivier Py). Au sortir, le malaise est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De <em>La Dame de pique</em>, chacun connaît la trame du drame psychologique, social que le fantastique va irriguer puis gouverner. Notre estimé confrère Maurice Salles avait assisté à la première toulonnaise et sa pertinente relation dispense de décrire la mise en scène, reproduite à l’identique (<a href="/la-dame-de-pique-toulon-lobsession-de-hermannou-dolivier-py">L’obsession de Hermann…ou d’Olivier Py</a>). Au sortir, le malaise est manifeste, particulièrement chez ceux qui ne connaissaient l’opéra qu’à travers Pouchkine. L’amour de la scène lyrique d’<strong>Olivier Py </strong>est connu, aucune de ses productions ne laisse indifférent. Avant de quitter le Festival d’Avignon, il aura eu le plaisir de présenter cette singulière <em>Dame de Pique</em> dans la Cité des papes. Il y voit, à juste titre, comme un « débordement de folie »… Mais sa lecture, très personnelle, cohérente, décapante, virtuose, laisse amer, malgré son art consommé de la direction d’acteurs. Jamais le soleil ne brille, nonobstant le livret, explicite. Les contrastes voulus par la partition sont ainsi estompés, voire gommés. Toute joie, toute insouciance sont bannies, avec un grotesque substitué, souvent trivial.</p>
<p>Conçue et réalisée avant l’invasion de l’Ukraine, sa mise en scène, fait la part belle à ses obsessions, l’homosexualité masculine tout particulièrement. Les uniformes militaires, le soulignement du nationalisme russe, glorifié dès le chœur des petits garçons, dérangent, malgré la présence d’un drapeau ukrainien au premier balcon. Sa constante noirceur, son ironie grinçante, sa laideur délibérée, sa vulgarité, contredisent souvent le livret, et surtout la musique. En effet, celle de Tchaïkovsky, plus et mieux que partout ailleurs, traduit avec finesse les situations, les pensées de chacun des protagonistes. Et, ce soir, ce fut un bonheur constant que d’écouter le nombreux orchestre – fusionnant les musiciens des opéras de Toulon et d’Avignon – insuffler la vie, la beauté et l’émotion à ce chef d’oeuvre. Sa présence, sa transparence, ses rythmes, sa dynamique, ses couleurs participent pleinement au lyrisme de l’ouvrage. Les cordes chambristes, des bois savoureux, mais aussi des accents dramatiques justes, tout concourt à cette plénitude rare. <strong>Jurjen Hempel</strong>, toujours attentif à chacun comme aux équilibres, communique sa ferveur à tous les interprètes. En dehors de quelques petits décalages du premier chœur, vite corrigés, l’ensemble est conduit de main de maître, avec un sens de la ligne, du détail comme de la construction du discours musical. La direction* fascine, romantique comme mozartienne – exquise pastorale du deuxième acte &#8211; , nous offrant une lecture enfiévrée, contrastée, souple, où les enchaînements et les transitions sont aussi soignés que les airs, les ensembles ou les chœurs. Ces derniers, nombreux, sont confiés aux formations fusionnées des deux opéras, c’est-à-dire une soixantaine de chanteurs, sans compter les enfants de la Maîtrise de l’Opéra d’Avignon.  Les qualités d’émission, d’équilibre, de vigueur sont indéniables et n’appellent que des louanges. Tout juste regrette-t-on que l’abondance de l’effectif impose le plus souvent une forme de statisme lorsque les chanteurs sont en scène.</p>
<p>La distribution avignonnaise diffère sensiblement de celle de Toulon : si tous les hommes demeurent, sauf Tchelkalinski (maintenant confié à<strong> Carl Ghazarossian</strong>), seules la Comtesse et Prilepa / Macha sont communes aux deux scènes, Lisa, Pauline et la Gouvernante renouvelant l’équipe.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/ddp609.jpg?itok=x_gt7PWF" title="La Comtesse © Cédric &amp; Mickaël – Studio Delestrade" width="468" /><br />
	La Comtesse © Cédric &amp; Mickaël – Studio Delestrade</p>
<p><strong>Aaron Cawley </strong>est un Hermann d’exception, que le public ovationnera longuement au terme de trois heures d’un engagement sans la moindre faiblesse. La voix est homogène, d’une aisance insolente comme d’une redoutable endurance. Les couleurs gratifiantes de notre ténor héroïque, son égalité dans tous les registres, lui permettent aussi bien la récitation grave de la lettre de Lisa, que la douceur émue et la vaillance de ce Werther exalté, attachant, toujours crédible. Son sens très juste des nuances et des phrasés, ses qualités de comédien emportent l’adhésion. <strong>Elena Bezgodkova</strong>, familière du rôle, découvre cette mise en scène. On lui pardonnera donc son jeu, un peu figé par rapport à celui des ses partenaires. Non seulement sa voix de grand soprano lyrique a cette fraîcheur rare qui sied à l’héroïne, mais elle en a aussi le physique. Souple, noble, corsée, l’émission séduit par sa justesse, son authenticité. Si, avant sa rencontre avec Hermann, son introspection, angoissée, lyrique, nous touche, c’est son air « Minuit approche » qui bouleverse, où le pathétique se mue en lassitude désespérée. L’intelligence du personnage, la progression du chant méritent d’être soulignées, servies par des moyens rares. Les duos, comme le quintette, sont exemplaires. Au plan vocal, tout est là.</p>
<p>Voulu noir, malfaisant par une mise en scène qui le prive de sa jovialité chaleureuse, le Comte Tomski n’en demeure pas moins attachant dans l’incarnation de <strong>Alik Abdukayumov</strong>. Le baryton clair, qui chante également Zlatogor, est ici le détonateur de l’action, dont le chant et la présence s’imposent. La narration de sa ballade, attendue, lui confère toutes ses couleurs fantastiques. La chanson très frivole qu’il accepte de donner à ses amis joueurs, qui lui répondent, perd de son impact dans cet univers désespérément gris, où la boisson, abondante, ne conduit pas à la griserie.</p>
<p><strong>Serban Vasile</strong> est admirable en Prince Eletski : sincère, chaleureux, il nous vaut un cantabile noble, un vrai legato, souple et racé. Pauline (et Milovzor) sont confiés à <strong>Marion Lebègue</strong>, que nous découvrons. La mezzo, aux graves solides, a la rondeur d’émission et les couleurs attendues. L’innocence chaleureuse, espiègle et l’élégance sont au rendez-vous, dès la romance à laquelle elle donne toute son intensité. <strong>Marie-Ange Todorovich </strong>est, à juste titre, une Comtesse réputée. La voix est somptueuse, bien timbrée et sert remarquablement cette vieille aristocrate, sulfureuse et érotomane. Prise très retenue, la romance de Richard Cœur de Lion nous tient en haleine.  Regrettons d’autant plus les outrances que lui impose la direction d’acteur : elles interrogent et altèrent sa crédibilité dramatique.</p>
<p>Aucun des autres chanteurs ne démérite, dont chacun doit être cité. Les deux ténors, Tchekalinski (Carl Ghazarossian) particulièrement au I avec tout le finale du IV, et <strong>Christophe Poncet de Solages</strong>, le maître de cérémonie (et Tchapliski) ; les deux basses aussi, <strong>Nika <strong>Gulishvili</strong></strong> (Sourine) et<strong> <strong>Guy Bonfiglio </strong></strong>(Naroumov). <strong>Svetlana Lifar</strong>, familière de Tchaïkovsky, retrouve la gouvernante, et<strong> Anne Marie Calloni </strong>nous gratifie d’une Prilepa (puis Macha) de belle tenue. </p>
<p>La coproduction, initiée par la Région Sud, va maintenant poursuivre son périple. Les réserves relatives à la lecture provocatrice d’Olivier Py ne doivent pas décourager le lecteur d’assister à cette production, forte, dérangeante, qui vaut déjà par ses interprètes, d’une qualité rare, sinon exceptionnelle. Qui plus est, ce sera l’occasion de se forger une opinion…</p>
<p>* bien que la disposition des fauteuils d’orchestre ne permette pas de le voir, comme la partie inférieure de la scène, masquée par les spectateurs des rangs précédents. Faute de conception lors de la récente rénovation ?</p>
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