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	<title>Jan CHALUPECKY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jan CHALUPECKY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Un ballo in maschera — Prague (Théâtre National)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-ballo-in-maschera-prague-theatre-national-oscar-mene-le-bal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Feb 2018 09:06:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la version de Stockholm d&#8217;Un ballo in Maschera que nous propose l’opéra de Prague. Il nous sera donc donné de voir un roi assassiné sur scène, ce que l’on avait refusé en son temps à Verdi. Cela l’avait conduit, bien malgré lui, à contourner l’obstacle et à transposer l’intrigue à Stettin, à Boston, Naples &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la version de Stockholm d&rsquo;Un ballo in Maschera que nous propose l’opéra de Prague. Il nous sera donc donné de voir un roi assassiné sur scène, ce que l’on avait refusé en son temps à Verdi. Cela l’avait conduit, bien malgré lui, à contourner l’obstacle et à transposer l’intrigue à Stettin, à Boston, Naples ou Stockholm&#8230;<br />
	Un bal masqué fatal donc, subtilement préfiguré d’emblée par un superbe pavage en trompe-l’œil qui couvre toute la scène; il sera comme le fil conducteur de l’action jusqu’au III, où il se mariera magnifiquement avec les éclatants décors de la scène de bal (superbes et riches costumes de <b>Marek Spin</b>). Le signe du trompe-l’œil est omniprésent et pas seulement au bal où il s’agit bien sûr de reconnaître qui est l’autre, de ne pas se tromper de cible quand le coup fatal va partir. <br />
	Mais ce fil conducteur dans le décor dit aussi l’équivoque des sentiments. La faute est-elle là où on le pense ? Ne nous trompons-nous pas sur l’autre ? Quand, sur son trône de mort, Gustav non seulement pardonne à Renato mais révèle à tous qu’il n’a pas attenté à l’honneur d’Amelia, Renato mesure son erreur fatale qui l’aura poussé au régicide. <b>Dominik Benes</b> nous livre ainsi une mise en scène très soignée, intelligente et attentive aux méandres d’une intrigue somme toute plurielle.</p>
<p>Décidément l’orchestre de l’opéra de Prague aura encore démontré une certaine inconstance. Pourquoi diable le chef <b style="font-size: 14px">Jan Chalupecky</b> ne s’occupe-t-il pas de diriger les choristes lorsque ceux ci décalent (premier acte), tout affairé qu’il est à suivre solistes et orchestre ? Cela nous vaudra quelques approximations dont on se serait bien passé. Le choix des tempi n’est pas toujours judicieux; de plus l’orchestre est parfois trop puissant. Malgré ces réserves non négligeables, il accompagne correctement le plateau.</p>
<p><b>Michal Lehotsky</b> est Gustav III. Rôle d’une rudesse qu’il ne faut pas sous-estimer, avec de forts moments de tensions qui sollicitent énormément le ténor. On a aimé chez Lehotsky la volonté de n’esquiver aucune des difficultés de la partition (d’autres n’ont pas toujours eu cette délicatesse&#8230;). Il les surmonte toutes, disons-le d’emblée, même si c’est parfois au forceps. Il possède au demeurant le même problème d’élocution qu’un certain &#8230;Mario del Monaco (la comparaison s’arrêtera là!), ce qui, finalement, une fois qu’on s’y est habitué, n’est pas sans lui ajouter un certain charme. Son air du I,2 (« Di’ tu se fedele ») nous montre l’étendue de sa tessiture et notamment de jolis graves. En tout cas il aura fait preuve d’une belle endurance tout au long de la soirée.</p>
<p>Le Renato de <b>Svatopluk Sem</b> possède un baryton correct. Il a la puissance nécessaire, l’amplitude, et il figure bien le secrétaire fidèle, le mari décomposé puis le comploteur déterminé. Que lui manque-t-il alors ? Outre une musicalité qui lui fait parfois défaut (peut-être est-il tout simplement trop appliqué dans les passages corsés) , il nous manque les ténèbres, le cuivre, ce soupçon de noirceur aussi dans la voix qui caractérise le baryton-Verdi qu’assurément Sem n’est pas. Son « Eri tu » du III nous déçoit de ce fait forcément un peu, et d’autant plus que l’accompagnement de l’orchestre est, sur cette aria, bien décevant. Un tempo trop rapide, une excessive mise en avant des cuivres (dans l’arioso introductif) qui donne à l’ensemble un côté trop martial et nous renvoie vers les – mauvaises – habitudes d’orchestration du Verdi des années 1840.<br />
	On avait entendu il y a peu <b>Maria Kobielska</b> dans le rôle titre de <a href="https://www.forumopera.com/rusalka-prague-theatre-national-tout-est-poesie"><i>Rusalka</i></a>. Elle nous avait ému par son engagement et sa fluidité. Son apparition en Amelia dans la seconde scène du I est décevante. La voix est lourde, le vibrato envahissant, le legato totalement absent (le trac ?). Heureusement sa scène du II, pourtant difficile, est mieux entamée et son duo avec Gustav nous rappelle certaines de ses belles qualités. Son « Ebben, si, t’amo » ne donne peut-être pas la chair de poule, mais il nous redit que cette jeune femme a d’indéniables talents d’actrice. Dans son «Morrò, ma prima in grazia » du III elle met toute son énergie et un indubitable engagement.<br />
	L’Ulrica de <b>Veronika Hajnová</b> a plus de la devineresse que de la sorcière. Malgré un timbre plaisant, la voix n’est pas assez sombre, pas assez charpentée, pas assez tonique non plus. Pas sûr, au final que Hajnová soit ici bien distribuée. Elle possède en revanche un jeu élégant et subtil. On aimerait l’entendre  dans Charlotte (<i>Werther</i>) qu’elle a déjà jouée. Un mot sur les comploteurs<b> Jirí Hajek</b> et <b>Oleg Korotkov</b>; noirs à souhait, dans leurs costumes et dans leurs voix, ils forment au III un trio convaincant avec Renato. </p>
<p>Mais la reine d’un soir, c’est&#8230; Oscar ! <b>Marie Fajtová </b>mène le bal d’une façon époustouflante, et pas seulement au troisième acte. Dès son air du I (« Volta la terrea »), elle fait feu de tout bois, se jouant des multiples difficultés d’un air compliqué pour une entrée de scène et qu’elle expédie avec une maestria confondante. Et tout au long de la soirée, elle brillera de mille feux, rendant ses apparitions littéralement captivantes. Le public ne s’y est pas trompé en lui réservant les applaudissements les plus nourris. On aimera l’entendre dans des rôles plus trapus, elle est à coup sûr de l’étoffe de celles qui peuvent envisager une belle carrière, si toutefois elle sait être raisonnable dans ses choix. Marie Fajtová a quelques jolis rôles à son actif. Elle sort d’une longue série de <i>Traviata</i> à Helsinki. Son répertoire est déjà copieux, citons :  Donna Anna, Donna Elvira, ou encore Norma. Un nom à suivre.</p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni — Prague (Théâtre National)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-prague-theatre-national-vite-fait-mal-fait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Feb 2018 10:24:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a une réjouissance particulière et anticipée à voir Don Giovanni au théâtre d’Etat de Prague, ce joyau classique miraculeusement épargné par la Seconde Guerre mondiale. Un écrin magnifique et surtout, pour le mélomane, l’amoureux de Mozart, le vertige de se replonger 230 ans en arrière et se dire que là, dans cette même &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a une réjouissance particulière et anticipée à voir <i>Don Giovanni</i> au théâtre d’Etat de Prague, ce joyau classique miraculeusement épargné par la Seconde Guerre mondiale. Un écrin magnifique et surtout, pour le mélomane, l’amoureux de Mozart, le vertige de se replonger 230 ans en arrière et se dire que là, dans cette même fosse d’orchestre, le divin Wolfgang en personne était à la manœuvre et créait l’un des plus grands chefs-d’œuvre jamais sorti de l’esprit humain. <br />
	Tout cela n’est pas rien et vous motive pour entendre encore et comme pour la première fois ce <em>capolavoro assoluto</em>. <br />
	On arrive donc en avance, la salle est donnée pour comble et on s’en réjouit. On s’étonne juste que sur le programme la fin du spectacle soit prévue à 22h alors qu’il débute à 19h (les Pragois sont des couche-tôt mais quand même). Une erreur, se dit-on, une coquille, qu’importe.<br />
	Trois heures plus tard pourtant, et même avant, on se retrouve sur le pavé pragois, comme groggy dans un froid pourtant supportable. Comment en est-on arrivé là ? Qu’a-t-on fait à Mozart ? On pense à Cesbron et à son mauvais roman mais vite on essaie de comprendre.</p>
<p>Tout commence mal : une ouverture où l’on retrouve<b> Jan Chalupecky</b> et l’orchestre de l’opéra de Prague à nouveau bien sec; et puis d’emblée ce couac du cor dans un passage mezzo forte qui nous met mal à l’aise. Mais après tout cela arrive. Malheureusement il y a aura encore deux ou trois occurrences (cette mandoline qui manque sa dernière note dans « Deh vieni alla finestra », ces mauvaises synchronisations) du plus mauvais effet. </p>
<p>Le premier acte, pour le dire simplement, est expédié en une heure quinze ! Récitatifs à la hussarde, passages tronqués, « Il mio tesoro » omis. On s’étonnera aussi au second acte de la disparition du « Vedrai carino » de Zerlina qui ne réserve pourtant pas de difficulté particulière. </p>
<p>Les mauvaises langues de ce soir là pourront dire qu’il vaut mieux omettre une aria que la massacrer. Que penser alors de ce « Dalla sua pace » extirpé péniblement à un <b>Martin Srejma</b> totalement dépassé et qui ne trouve pourtant rien de mieux que d’orner systématiquement la reprise, alors que le pauvre avait déjà eu fort à faire avec la première partie.</p>
<p>Nous n’aurons pas la cruauté de poursuivre une vaine énumération des passages ou des arias d&rsquo;Anna (<b>Jana Srejma Kacirkova</b>) ou d&rsquo;Elvira (<b>Pavla Vykopalova</b>) qui transportent l’auditeur dans l’infini malaise de voir ainsi s’escrimer sur scène des artistes qui, au final, ne devraient pas accepter de porter des rôles trop lourds pour eux.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="322" src="/sites/default/files/styles/large/public/don-giovanni-df-1121web_0.jpg?itok=z0iMzllM" title="Don Giovanni, Leporello, Le Commandeur © Théâtre National de Prague" width="468" /><br />
	Don Giovanni, Leporello, Le Commandeur © Théâtre National de Prague</p>
<p>Et pourtant, il faudra le dire, il y eut de belles choses dans ce <em>Don Giovanni</em>. La mise en scène du duo SKUTR (<b>Martin Kukucka</b> et <b>Lukas Tripovsky</b>) fourmille d’idées. Celle de départ est que le Commandeur se relève immédiatement après sa mort, laisse sur place des &#8230; cendres qu’Anna va amoureusement emporter et que l’on retrouvera tout au long de la pièce, jusqu’au repas final où elles serviront de festin !<br />
	Du coup le Commandeur est omniprésent sur scène, interrogeant sans cesse du regard et Anna et Don Giovanni, et nous mêmes sans doute sur notre relation avec le père. </p>
<p>Les femmes, dans cette vision des choses, sont toutes follement amoureuses du libertin. Cela les pousse à des extrémités fantasques : Zerline, par exemple,  enlève d’elle-même sa culotte – rouge, s’il vous plaît – pendant le duo « La ci darem la mano » ; Masetto la lui fera remettre avant que Don Giovanni la lui arrache à la fin du I ! Bref, beaucoup d’imagination dans cette conduite d’acteurs, tout n’est pas toujours du meilleur goût mais a le mérite de proposer une vision suivie d’une pièce tellement protéiforme.</p>
<p>Le rôle titre et son consort jouent juste, chantent bien. <b>Jirí Hajek</b> et <b>Milos Horak</b> possèdent deux belles voix de baryton. On saluera particulièrement un « Air du champagne » bien enlevé et un « Air du catalogue » tout en nuance. Ces deux là se démènent avec une vivacité qui fait plaisir à voir. On avait déjà vu il y a peu <b>Yukiko Kinjo</b> dans <a href="/turandot-prague-opera-detat-crescendo-puccinien">le rôle de Liu</a>. Elle est mieux distribuée ici et son « Batti, batti » nous aura fait regretter de ne pas entendre son air du II. <b>Roman Vocel</b> possède toutes les qualités pour être un parfait Commandeur : stature, jeu de scène, voix ample et inquiétante. Il n’aura que moyennement réussi son entrée, mais parfaitement assuré la scène finale. Le Masetto enfin de <b>Pavel Svingr</b> (bien trop affairé dans une partition surdimensionnée) ne contribuera pas à nous réconcilier avec une soirée que nous devrons bien vite oublier.</p>
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